Édition du
24 March 2017

Moi, j’y crois!

Par H. Adel

A chaque fois, la même question lancinante, comme « el waswas el khannas » qui paralyse et démobilise, remonte à la surface : est-il possible de sortir notre pays du gouffre ; notre pays peut-il devenir un pays « normal » où la majorité se sent bien et « coule des jours heureux sous le soleil » ?

Dévorant jour après jour tout ce que les acteurs de notre histoire récente et les historiens ont écrit sur notre pays et sa Révolution, j’essaie de comprendre comment tout cela s’est mis en place et a duré, pour finir, avec le triple mandat de boutef, en un vaste marécage puant infesté de vipères et de crocodiles et où l’on risque de sombrer à chaque pas.

C’est toujours la même réponse qui s’impose à moi : tout un peuple a été mis sur la touche et progressivement perverti jusqu’à ce qu’il en arrive à tout oublier : qui il est, d’où il vient, ce qu’il veut, ce qu’il peut… Il ne sait plus travailler. Il ne sait plus s’indigner. Il ne sait plus vivre en communauté.

Nous devons réapprendre tout.

Mais d’abord, il faut que les fauteurs de trouble partent. Le plus loin possible. Les toufiq, nezzar, boutef, ouyahia, belkhadem et consorts doivent absolument quitter la scène, car leur seule vue réactive automatiquement tous les mauvais réflexes : la peur, l’angoisse, « elleguiya », comme on dit si bien à Alger. Partez, partez vite, on ne veut plus de vous. Vous avez échoué mille fois, en français et en arabe, de gauche à droite et de droite à gauche, à l’endroit et à l’envers. Vous avez tout bousillé : le passé, le présent et l’avenir.

Une fois que vous serez partis, on ouvrira toutes les fenêtres et on respirera un grand coup : que c’est bon d’être enfin libre ! Respirons profondément…Relaxe, cool, tout va bien…

Et puis on se mettra au travail. Tous les partis – agréés ou non – se réuniront et formeront un gouvernement d’union nationale qui sera chargé de remettre de l’ordre dans la maison dans un délai d’un ou deux ans. Quand on travaille sincèrement, tout devient facile. Tout est question de confiance. « Enniyya essafia ». Ceux qui seront dans ce gouvernement devront donc rétablir la confiance par un gigantesque effort de communication : expliquer, vulgariser, dialoguer, convaincre. Des tables rondes, des débats contradictoires, des reportages dans toutes les langues nationales dans les douars les plus reculés sur des dizaines de chaines de télé et de radio. Des journaux et des magazines à profusion. Nous devons vider toutes nos rancœurs et nous purifier.

Ensuite chacun à son poste, les Algériennes et Algériens prendront l’engagement de faire chaque jour un peu plus d’efforts. Amélioration continue, voila la première clé du succès. Effort graduel est la seconde. Nous ne voulons être ni les meilleurs d’Afrique, ni les premiers du Maghreb, ni les plus révolutionnaires, ni les plus islamisés ; nous voulons seulement être des gens normaux qui travaillent et reconstruisent leur pays. Le gouvernement fera établir par nos experts un tableau de bord, secteur par secteur, mettant bien en évidence tout ce qui est au rouge. Les objectifs stratégiques sont déjà connus : ne plus dépendre des hydrocarbures, réduire la dépendance alimentaire, résorber la crise de logement, etc. Créer de la richesse et des emplois.

On pourra par exemple mettre en place des cercles d’amélioration de la productivité dans toutes les entreprises et administrations : les travailleurs seront appelés à donner leur avis et proposer des solutions. Dans tous les quartiers, des comités d’amélioration du cadre de vie seront également installés. Chasse aux immondices, aux vieilles carcasses, aménagement d’espaces verts…Nous avons déjà connu cela me direz-vous. Oui, mais c’était du temps de Chadli, le roi fainéant. C’était du « khorti ». Et tout le monde le savait. Cette fois, c’est pour de vrai, car c’est la démocratie véritable avec une Justice indépendante, la liberté d’expression, des partis politiques dignes de ce nom. Tout est question de confiance, je vous dis.

Ainsi, jour après jour, chaque secteur améliorera ses performances. Le but de l’Etat sera d’assurer la transparence, pas le camouflage. Les institutions seront au service du citoyen, pas l’inverse. La vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Nous avons soif de vérité. Dehors tous les menteurs-tricheurs-voleurs. Il n’y aura plus de toufiq enfermé dans son blockhaus, ni de zerhouni avec sa tête d’enterrement. boutef et son « festi » sera dans les oubliettes de l’histoire. C’est important, ça.

Moi, j’y crois.

Il suffit de les déloger de leurs trous et de les jeter dehors.


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7 Commentaires sur cet article

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  • mwajik rwapa
    19 mars 2010 at 23 h 16 min - Reply

    pardonnez moi ,mais je crois devoir vous reveiller.des tewfik,des boutefs des zerhounis et meme des belkhadem,toute cette racaille,n’est que le reflet de notre « glorieux peuple ».pour vous eclairer,degaule dans ses memoires,disait:dans trente ans regnera le chaos en algerie.fin de citation,c’etait en 1958,et en 1988,le comte est bon,le chaos a commence.degaule n’a pas fait de premonition,mais savait de quoi il parlait,c’etait son agenda,celui de la france.Ordo Ab Chaos,vous connaissez,ce presume chaos en algerie,n’est pas le fruit du hasard,c’est un plan du neocolonialisme ,ou l’occupant ,par procuration,est issu du meme milieu que l’occupe.dans la tete de chaque agent du drs somnolle un futur tewfik,dans la tete de chaque « commis de l’etat »,somnolle un boutef,un zerhouni ou un belkhadem en puissance…le probleme mon ami est en nous ,regardez autour de vous ,regardez tous les dictateurs arsabes et tous ces peuples morts,sauf quand il s’agit d’un match de foot ,vous avez vu l’hysterie collective de deux peuples »freres »a cause d’un match de foot.s’ils avaient utilise la moitie de leur haire,ils aurraient pu faire deloger les doictateurs qui les menent vers l’abatoire caque jour un peu plus.votre reve mon ami est merveilleux ,comme tt les reves du reste,dans les reves tout est merveilleux…car c’est des reves c’est tout.la realite est autre.il est toujours d’actualite l’adage quidit ,que tout peuple n’a pour gouverneur que ce qu’il merite.oui on ne merite pas mieux,car dans le fond nous pires qu’eux.ils beaucoup plus de viol contre les femmes dans les pays pretendant etre musulman que les autre,beaucoup plus de vol qu’ailleurs.regardez le prix de la viande et autre a la veille du moi du Ramadhan…alors que chez les autres, ala veille des fetes c’est les soldes,pas vrai.nous devrions construire des murs de l’amentation dans toutes nos villes et aller chaque matin pleurer notre sort.nous sommes tout simplement faux.dans vascillant entre l’hypocrisie et le fanatisme,nous ne connaissons pas le milieu,c’est l’extremisme de tout bord qui de gauche qui de droite,qui laic qui religieux.il est temps de nous reveiller,cafait mal la realite mais il faut s’assumer.ce jour dont vous y croyez tant n’est pas pour demain,je dirais meme qu’il n’arrivera jamais ,car ca va pas ,et ca va de mal en pis.




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  • citoyen
    20 mars 2010 at 1 h 28 min - Reply

    quel beau reve, c super sa allez on ferme les yeux on rouvre c fini voila la nouvelle algerie ahesra, l amerique des siecles de sacrifice la france et la grande breatgne non parle en pas non monsieur sa ne se passe pas comme sa un cancer on lampute ou sinon c les metastases,et celui la est particulierememnt virulent alors regardé en face et en avant.




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  • bouyilès
    20 mars 2010 at 11 h 40 min - Reply

    Au congrès des Cloueurs de Bec et Suceurs de Pétrole.
    C’est une réunion gigantesque qui les a tous regroupés.Dans une coupole,une sorte de soucoupe volante sans ouvertures.Il faut dire qu’elle était gigantesque elle-aussi pour contenir tout ce beau monde.Et du monde il y en a eu ,et même beaucoup,et de quel gabarit !Le parterre était réservé aux personnages importants,tous bedonnants,gros et ventrus,et même moustachus pour certains d’entre eux.Les tribunes du fond étaient réservées aux femmes et aux suceurs de moindre envergure qui n’avaient pas encore atteint le grade de cloueur de bec.
    Ils étaient tous là.Il y avait même un Cloueur en Chef des années noires.Lui ,il revient de loin .Aussi il a été placé tout seul,sur une chaise royale,bien en évidence.
    Les Cloueurs en service et en poste étaient placés en première ligne ,en brochette,pour bien les exposer aux caméras.Il y avait des Supers-Cloueurs et Grands Suceurs de pétrole qui faisaient tout pour se montrer et se faire voir.Il faut dire qu’ils avaient l’habitude des perchoirs.Comme on distinguait plusieurs Supers-Cloueurs- Etoilés et Suceurs invétérés.Bref,l’affiche était complète dans ce tableau où certains figurent déjà depuis 62.
    Il y avait une seule personne qui manquait au décor de ce superbe paysage encoupolé dans une soucoupe volante :c’est le Cloueur-Suceur en Chef Régnant et intrônisé sous le pseudo majestueux CS-III pour ne pas être en reste des célébrissimes M-VI ou JP-XXIII,mais passons ,le problème n’est pas là.
    Le problème c’est qu’il est gravement malade,ce qui justifie tout à fait son absence.D’ailleurs sa maladie est tellement sérieuse qu’elle éxige une transplantation,ça venait de la bouche même de l’homme-orchestre en chef ,Cloueur de Bec et Suceur à travers les décades,qui déclare que sa majesté CS-III avait besoin d’une greffe d’estomac et demande à l’assistance s’il y avait un donneur volontaire.Que tous ceux qui veulent sauver sa majesté se proposent à main levée pour offrir leur estomac.Aucune main ne s’est levée.Tout le monde est resté au garde-à-vous,quel affront.Pourtant depuis 62 ils sont si prompts à lever les deux mains.Aujourd’hui rien,aucune main de levée.Il faur dire que l’estomac c’est un organe sensible.On aurait demendé un rein,un poumon et même un cœur,il n’y aurait pas eu de problème,mais un estomac !Vous vous rendez compte,non on ne nous la fait pas celle-ci.Et puis,il faut qu’il soit transplantable.Or il ont tous des gros et des biens ronds,et celui de sa majesté est tout petit,il y a donc un problème d’adaptation.
    Devant ce refus,on décide donc de tirer le donneur à la courte paille.L’Homme-orchestre fait cette proposition à l’assemblée et tout le monde accepte à l’unanimité,tous les bras se sont levés.Sur le coussin qu’il utilisait pour se prélasser après les discours fleuve et harassants,l’Homme-orchestre Cloueur des bec et Suceur de son état des décades durant,prend une plume d’édredon et la lance en l’air.La plume retombera surement sur quelqu’un et la maudite tête de turc sur laquelle elle se posera deviendra le donneur volontaire.
    Et la plume se mit à voltiger dans l’air.Ne voilà-t-il pas que dans la grande salle en forme de soucoupe un vent pas du tout ordinaire s’est soulevé.Tout l monde s’est mis à souffler et ça produisait du vent.Personne ne souhaitait que la maudite plume lui tombe sur la tête.Les plus gros souffleurs sont les ventrus,il faut reconnaitre qu’ils ont de la reserve dans la panse.Un moment la plume se dirigeait vers les tribunes ,à l’arrière.Mais les Petits Suceurs,pas encore Cloueurs de bec,répondirent en force.Ils soufflèrent tellement fort qu’ils la repoussèrent vers le plafond.
    Je vous l’avais dit au début :la coupole n’avait pas d’ouvertures,et la force du vent c’est de l’énergie.Et l’énergie ça fait bouger le chose,d’autant plus qu’elle est d’origine fossile (le pétrole).
    Resultat des couses 1 :La soucoupe s’est envolée par la force de l’énergie produite par les Suceurs de pétrole et néanmoins Gros Souffleurs d’air.Aux dernières nouvelles,on nous annonce qu’elle est déjà au voisinage de la Lune en se dirigeant vers Saturne.
    Résultat des courses 2 :Au lendemain de cet évènement la capitale de Bledmik est sereine et respire la santé et le bienêtre.Il fait beau,le soleil est printanier,l’air n’est plus pollué.Toute la vermine qui dégageait les gaz polluants ,et souffleurs de leur état ,est en voyage vers Saturne.
    Résultat des courses 3 :On ne nous a pas encore dit si sa majesté SC,le troisième du nom,est vivante ou morte pour défault de transplantation d’estomac.




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  • Djamel Eddine
    20 mars 2010 at 11 h 56 min - Reply

    En Algerie réelle, il n’y a pas de gouverneurs mais des agents. Les agents ne partent pas de leur grès, mais se chassent de leurs postes par leurs patronat: Le peuple algérien




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  • radjef said
    20 mars 2010 at 19 h 30 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.Moi aussi,j’y crois. Demain je vous dirai pourquoi.




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  • Adel
    20 mars 2010 at 21 h 17 min - Reply

    @mwajik rwapa

    Bonjour,

    Tout changement commence par un rêve. Le rêve devient réalité lorsqu’il y a suffisamment de volonté et de force pour le porter.

    Il faut y croire. C’est notre seule chance.

    Peut-être que de Gaulle avait raison. Mais ce qu’il avait prédit, ce n’était pas l’incapacité du peuple algérien à se prendre en charge, mais la faillite d’une certaine conception du pouvoir, celle de Ben Bella et Boumediene, celle qui nous a menés à l’impasse. Tout observateur averti serait arrivé à la même conclusion en voyant le lamentable spectacle de nos futurs dirigeants se déchirant pour le pouvoir.

    La plupart des protagonistes de 62 sont ou bien morts ou bien trop âgés pour peser sur les événements. Leur manque de clairvoyance nous avait fait prendre un mauvais départ en 62.

    Voulons-nous prendre un nouveau départ, le bon cette fois, ou continuer à subir les ouyahia, belkhadem et autres nains politiques perchés sur les epaules de leurs mentors du drs?




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  • radjef said
    21 mars 2010 at 13 h 52 min - Reply

    Bonjour tout le monde.Deux foyers algériens sur trois possedent un vehicule. Dans une petite ville de 22 000 habitants dans le nord du pays, sans la moindre activité industrielle, on a denombré avec quelques amis universitaires plus de 80 boucheries et autant de fast foods et de debits de boissons alcoolisées. Cette petite ville du nord n’est pas la seule a les compter. D’autres villes et communes de l’interieur du pays, en dépit d’un taux de chomage qui touche plus de 80% de la population, ont un niveau et un genre de vie qui feraient perdre le nord aux meilleurs economistes et sociologues de notre epoque. Cependant 9 algériens sur dix, se disent insatisfaits et malheureux. Malheureux au point de se transformer en kamikazes et en haragas.
    Pourquoi donc ces algériennes et ces algériens qui peuvent se permettre sans travailler un rythme de vie aussi luxueux que celui des pays scandinaves, sont-ils si malheureux? Qu’esperent donc ces algériens pour être satisfaits et heureux? L’algerien n’est pas un automate. Il ne rêve pas seulement d’un confort social au detriment de son humanisme et de son humanité. Il refuse de perdre sa liberté de penser et sa liberté d’entendre sa propre raison. Il refuse de perdre sa dignité, ses valeurs qui le distinguent des autres peuples, son identité et surtout il refuse de brader sa citoyenneté, son confort intellectuel et culturel si necessaires à l’edification d’un Etat de droit, pour assouvir la soif d’un pouvoir qui a fait du chantage, de la corruption, de la terreur, de l’usurpation, de la complaisance et du mensonge une obligation d’acces au confort social. Quelle lecture peut-on donner aux 800 foyers d’emeutes qui ont accompagné l’année 2009, sachant que 8 enseignants sur dix ont un vehicule, un logement ou plus, alors que 9 medecins sur dix ont toutes les commodités sociales dont rêve un cadre moyen europeen? Qu’est ce qui a amplifié cette contestation qui a debordé au dela de ces deux corporatins? Que veut donc l’algérien? L’imaginaire collectif auquel on a voulu-de façon democratique-coller et substituer de fausses revendications sociales par de fausses et criminelles lectures et interpretations, veut rompre avec un systeme archaique, schizophrène qui trouve ses comptes dans le chantage. En un mot l’algerien dit ceci aujourd’hui: Je ne veux pas de tuteur, je suis majeur et je sais ce que je veux. Je sais penser et choisir ce qui me convient le plus. Je refuse de jouer au complice d’un pouvoir maitre chanteur.




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  • Congrès du Changement Démocratique