Édition du
20 July 2017

L'EFFET DIAR ECHEMS

par K.Selim, Le Quotidien d’Oran, 20 mars 2010

A Diar Echems, des Algériens vivant dans des conditions affligeantes se sont rebellés et ont obtenu d’être relogés ailleurs. Des années d’attente et de supplications ont été vaines, quelques journées de protestation, au cœur de la capitale, ont fait de l’effet. Les politologues qui s’intéressent au « système» algérien peuvent trouver dans ce cas une illustration quasi caricaturale de la rupture des liens entre l’Etat et les citoyens. Aucune médiation ne fonctionnant, c’est le recours à la manifestation qui sert de moyen pour montrer que l’on existe et exiger que l’on soit écouté. Techniquement, cela signifie que le système tourne à vide. Diar Echems n’était pas différente des jacqueries ordinaires qui font l’actualité routinière d’une Algérie sans médiation et où les seules institutions vivantes sont des syndicats autonomes dont l’existence même est contestée par les pouvoirs publics. La différence de Diar Echems est qu’elle n’est pas très loin du siège du pouvoir et que son émeute faisait trop désordre. Cela a largement expliqué l’issue heureuse pour les habitants de Diar Echems qui, il faut quand même le souligner, ont attendu très longtemps. Il reste un effet Diar Echems qui commence à agiter d’autres bidonvilles où l’on désespère de sortir de l’indignité. Ces deux derniers jours, l’un des plus gros bidonvilles de la capitale a été le théâtre d’affrontements. Les habitants des bidonvilles ne s’intéressent pas au congrès du Parti, ils se sont intéressés par contre à l’affaire Diar Echems. Ils en ont tiré la seule conclusion possible : si on ne se manifeste pas, on est irrémédiablement oubliés. Si on attend qu’une vague autorité communale ou wilayale prenne une initiative pour trouver une issue à une humanité plongée dans la peine, l’on risque d’attendre longtemps. Il y a dans ces constats matière à profonde réflexion politique sur la fragilité d’un Etat où les institutions ne sont qu’un décorum et où les forces de sécurité doivent, par la répression, suppléer à toutes les carences. Une démocratie spécifique ne pouvant jamais donner une juste représentation de la société, que l’on ne s’étonne pas que les médiations agréées n’aient aucun rôle dans des situations de conflit ou de crise. Le découplage entre le pays réel et le pays officiel n’est pas près de prendre fin. Il faut néanmoins espérer que dans cette Algérie officielle, on ne se mette pas à chercher ou à inventer des agents de la subversion qui seraient derrière cette mauvaise humeur des bidonvilles. Ce genre de discours, d’un irréalisme consternant, a déjà été entendu pour les grèves menées par les syndicats autonomes. Pourtant, la résistance de ces syndicats montre qu’ils répondent à une réelle demande des personnels concernés et qu’ils n’ont pas besoin d’incitation extérieure. Les insupportables conditions de vie des habitants des bidonvilles, c’est cela la subversion. Elle n’a pas besoin d’agents extérieurs pour exister.


Nombre de lectures : 1019
2 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • thirga
    21 mars 2010 at 7 h 15 min - Reply

    Les agents de la subversion, cette main étrangère tant décriée existent bel et bien. C’est tous les agents, les chefs et les ministres qui ont créé deux Algérie: celle d’en haut, des nantis, shab el matrag et l’Algérie d’en bas, celle où un jeune de 27 ans est retrouvé mort dans une cage à Souk Ahras,mangé par des rats(info donnée par El watan). La révolte est le dernier recours des marginalisés, des victimes de l’injustice. L’exemple de la wilaya délégué de Dar El-beida est l’exemple de l’injustifiable. L’inamovible wali qui ne reçoit même pas le courrier est Fier d’avoir un aéroport international avec une vue classée dans les grandes atteintes à la nature: des bidonvilles allant de la mer jusqu’à l’aéroport sur les berges de l’Oued El Hamiz. La main étrangère existe, ce walou en est un exemple.




    0
  • samir
    22 mars 2010 at 2 h 22 min - Reply

    notre souveraineté retrouvée en 62 plongea tous les algerie dans une euphorie collective laissant présager des jours meilleurs que ceux que
    nous avons subis depuis 132 ans.enfin l’algérie avait retrouvé sa place naturelle dans le concert des nations.enfin ce sera nos fréres qui allaient
    mettre en place une justice ou tous les algeriens seraient egaux devant elle.enfin les richesses de notre pays allaient nous revenir de droit.
    enfin on ne verrait plus ces petits yaouled condamnés à devenir cireurs de chaussures pour subvenir aux besoins de leurs familles.enfin l’heure de
    l’avilissement de tout un peuple était révolu:désormais on allait être fiére d’être algerien.qu’en est il depuis 50 ans que notre drapeau flotte
    à nouveau dans le vent?paul,jean,martinez sont partis pour laisser la place à abdelazziz,mediene,lamari,chadli,et toute la clique de voyous qui
    a vite fait de s’accaparer le pouvoir (c’est à dire les richesses du pays ) alors que le sang des martyres n’avait pas encore secher.cette clique de voyous
    a su jouer sur la fibre patriotique de tout un peuple afin d’assoir sa légitimité.comment aurait il pu en être autrement alors que notre peuple
    croyait en eux?comment pouvions nous douter une minute que des algeriens comme nous oseraient nous prendre en otage pendant un demi siecle?le bilan
    est plus que catastrophique.le vecu quotodien des algeriens vaut mieux qu’un long discours sur notre situation.une misére galopante s’est
    emparrée des algeriens.nul n’y échappe à part ceux qui ont accépté de se débarrassé de tout principe moral.ce régime s’est donné comme mission premiére
    d’avilir tout un peuple en pratiquant une politique d’intimidation et d’appauvrissement.comment ne pas ressentir de haine lorsqu’on voit des fortunes
    s’etallés ostensiblement sans retenue aucune alors que des algeriens vivent avec des rats pour voisinage?comment expliquer qu’en 50 ans d’independance
    alors qu’en 62 les familles dites bourgeoises se contaient sur les doigts de la main, comment expliquer donc que de telles fortunes fassent leur apparition
    alors que nous sommes trés loin d’avoir des acteurs economiques sources de richesse.ces richesses se sont elles faites grace au boum des nouvelles technologies?
    soyons sérieux: ce régime en institutionalisant la corruption a permis à certains de s’enrichir au détriment de l’immense majorité du peuple.
    cela nous fait penser à ces régimes feodaux du moyen age ou le seigneur s’approprié les richesses qui lui tombait sous la main tout en favorisant
    la caste des nobles et ce au detriment du peuple.le colonialisme et ce régime c’est la même chose:seul les noms des colons a changé.il est inconcevable
    que des algeriens vivent dans cette situation ou joindre les deux bouts en fin de mois, voir même au milieu du mois, devient un enfer pour les familles.
    il est inconcevable que des algeriens travaillant pires que des serfs vivent dans des taudis avec des rats alors que d’autres ce sont approriés des richesses
    qui ne leur appartient pas.il est inconcevable que nos jeunes et moins jeunes ne puissent acceder à un travail sans donner un pot de vin pour cela.
    il est inconcevable que notre systeme d’education nationale soit obsolete favorisant ainsi l’ignorance du peuple alors que les enfants des hauts fonctionnaires
    poursuivent leurs etudes à londres ou à geneve.il est inconcevable que ces hauts fonctionnaires aillent se faire soigner à l’etranger pour un rhume
    alors que des algeriens souffrant de maladie grave ne peuvent être pris en charge chez eux.jusqu’à quand allons nous accepter cette situation de sous êtres?
    est ce une fatalité pour les algeriens de vivre miserablement?132 ans + 50 ans n’est ce pas assez?combien faudra t il sacrifier de generations encore
    pour qu’un jour nous puissions voir le bout du tunnel?ce sont nos enfants et nos petits enfants qui en paierons le prix.allons nous encore accepter
    que des filles,des algeriennes se prostituent pour nourrir leur famille?allons nous encore assister longtemps à cette decadence des moeurs
    qui gangrene notre societe?ou est donc passée notre fierté d’algeriens?elle se manifeste uniquement lors des matchs de foot et vite récuperer
    par ces voyous au pouvoir.on ne trouvera jamais assez de mots pour exprimer ce que nous ressentons comme haine envers ce régime.on ne peut pardonner
    cette gestion de l’algerie depuis 62.plus que jamais une révolution est necessaire pour en finir.pas de negociation,pas de partage de puovoir avec ces voyous.
    qu’une réelle opposition se crée et appel au soulevement populaire.qu’une réelle opposition se crée et appel l’armée à se joindre au peuple pour
    liquider cette racaille.le pouvoir est faible face à la vindicte populaire.le peuple a le pouvoir de tout faire basculer.ce régime perdure car
    il a su nous diviser.laissons de côté nos querelles partisanes et occupons nous de l’essentiel.Il y va de l’avenir des generations futures.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique