Édition du
28 March 2017

Monsieur le ministre de l’Intérieur, vous dérapez !

Ali Yahia Abdenour

Sur le refus arbitraire de la tenue du troisième congrès de la LADDH
Monsieur le ministre de l’Intérieur, vous dérapez !
El Watan, 27 mars 2010
Face à une crise sociale qui s’installe dans la durée, face à une chute réelle du pouvoir d’achat, les Algériens demandent une amélioration de leurs conditions de vie et un partage équitable des richesses du pays. Plus de 60% de nos concitoyens, les pauvres, les retraités, les travailleurs, les couches moyennes, ont des fins de mois difficiles. L’Algérie est divisée entre ceux qui souffrent de la faim et ceux qui souffrent d’indigestion.

Le refus est incompréhensible, inacceptable, intolérable. Il y a dérapage du ministre de l’Intérieur sur la question des libertés et des droits de l’homme. La méthode inquisitoire qui place la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) dans son collimateur est une intrusion dans la vie associative pour l’instrumentaliser et la mettre sous tutelle. La grande ligne de démarcation est celle qui sépare les associations sécrétées par le pouvoir et encouragées par lui, dociles baudruches flasques et sans contenu qui se réduisent à des appareils vivant en vase clos lui servant de courroie de transmission, et la LADDH, ligue indépendante, souveraine dans ses décisions et ses orientations.
La LADDH, un contre-pouvoir nécessaire

Le ministre de l’Intérieur s’est acharné contre la LADDH durant la décennie écoulée, a tenu ses dirigeants sous surveillance policière permanente, a traqué ses militants dont l’objectif principal est d’ouvrir un boulevard des droits de l’homme aux Algériens. Cette atteinte à la dignité humaine que la Ligue ne cesse de proclamer, de défendre, de protéger davantage, est une valeur universelle. Il resserre son étau sur les forces de contestation, veut faire accréditer l’idée que ceux qui ne s’intègrent pas dans les clans du pouvoir et ne véhiculent pas le discours officiel, n’ont pas droit de cité dans ce pays. Mais il ne parviendra pas à mettre entre parenthèses la LADDH qui défend la liberté et la justice qui sont les fondements de la vie sociale.

Lorsqu’une tyrannie pénètre jusqu’aux tréfonds de l’esprit, du cœur et de la conscience des militants des droits de l’homme qui luttent contre le despotisme et l’injustice, elle entre dans l’univers intolérable de l’arbitraire. Le totalitarisme, avec son machiavélisme politique confinant à l’intransigeance et à l’intolérance, c’est-à-dire la négation des libertés – ce qui engendre l’obéissance et la soumission par la peur – a fait surgir des profondeurs de la nation humiliée, après une décennie d’un etat policier omniprésent et omnipotent qui a dépouillé le peuple de ses droits, un immense besoin de démocratie, de liberté et de justice. Il y a beaucoup d’émotion, d’indignation et de colère qui chauffent les esprits et les cœurs des militants de la LADDH mobilisés pour assurer le succès de leur 3e congrès.

Ils réaffirment leur volonté d’exercer un contre-pouvoir sur le plan des libertés, de toutes les libertés. La démocratie, c’est la séparation et l’équilibre des pouvoirs, et la présence de contre-pouvoirs. Et qui dit contre-pouvoir, dit qu’il va falloir sortir du politiquement correct. Les droits pour tous et pour chacun, il faut les inscrire dans les faits de manière tranquille, mais résolue et déterminée. Le peuple algérien, absent de la scène politique, est réduit au rôle de spectateur alors que la vie n’est pas un spectacle.
Le ministère de l’Intérieur : Une « machine de guerre »

Les militants de la LADDH, scandalisés, choqués, indignés par cette machine de guerre que représente le ministère de l’Intérieur qui refuse d’ouvrir le jeu politique à toutes les voix discordantes, affirment leur détermination à ne pas être réduits au silence et expriment leur volonté de défendre tout ce qui est politique, économique, social et culturel conformément à la doctrine des droits de l’homme. Enfermer l’Algérie dans un corset de fer est une erreur vite payée par l’éclatement de l’armature elle-même. Cette exclusion va certainement produire des effets opposés à ceux attendus par le ministère de l’Intérieur et renforcera la position de la Ligue qui poursuivra ses activités avec calme, précision et fermeté.

La LADDH attire l’attention de l’opinion politique nationale et internationale qui est le stade suprême de la démocratie sur cet abus de pouvoir qui est un procédé atypique de la pensée unique. Chacun/chacune doit sortir de sa réserve et, au nom de la responsabilité à laquelle il/elle ne peut se dérober, parler, écrire et dénoncer. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme ne souffre d’aucun problème interne. Le deuxième congrès, qui s’est tenu à Boumerdès les 22 et 23 septembre 2005, a retenu, après un débat contradictoire sanctionné par un vote, que le président ne serait pas élu par le congrès. Ce dernier a élu un conseil national de 41 membres, seul souverain entre deux congrès, et le conseil a désigné à son tour un comité directeur de 9 membres qui, après répartition des tâches en son sein, a désigné le président de la Ligue.

La LADDH a fait face à un problème qu’elle a tranché sur-le-champ par l’application de ses statuts. Le conseil national, réuni en session extraordinaire, a remplacé le président de la Ligue par Me Mustapha Bouchachi à une majorité de plus des trois quarts de ses membres. Ceux qui ont suivi l’ex-président se comptent sur les doigts d’une main. Le sujet est clos. L’opinion publique a vu s’étaler à travers quelques journaux, et de façon cynique, l’injure, le mensonge et les contrevérités d’un personnage qui demande au pouvoir de ne pas autoriser la tenue du 3e congrès de la LADDH. François Mitterrand écrivait : « Sur le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser ».
Une politique d’un autre âge

Le ministre de l’Intérieur a fait revivre le temps de la colonisation qu’il garde dans sa tête. Si le colonialisme français n’a pas compris que l’Algérie de 1930 – un centenaire a célébré avec faste – n’est pas l’Algérie de 1937, de 1945, de 1948, encore moins celle de 1954, lui n’a pas compris que l’Algérie de 2010 n’est pas celle de 1962, de 1980, de 1990 ni de 1999. Cette politique est celle d’un autre âge, appliquée à une autre société. Combien de fois faut-il commettre les mêmes fautes sans tenir compte des leçons de l’histoire ? Le ministre de l’Intérieur est un produit du système politique issu de la guerre de Libération nationale qui s’est métamorphosé en force d’oppression, toujours prêt à rétablir l’ordre des prisons et la paix des cimetières. Il est arrivé au pouvoir par les urnes le 15 avril 1999 et a justifié sa volonté de pérenniser cette domination par le coup d’Etat constitutionnel de novembre 2008.

Le sentiment d’être indispensable et irremplaçable est inhérent à toute fonction d’autorité. Il domine le peuple algérien comme a voulu le faire un proconsul romain en Numidie il y a 22 siècles et demi. Il ne connaît pas bien ce pays, en définitive ; un pays qu’il n’a pas pris le temps d’apprendre par ses racines, son histoire, sa culture, ses langues. 11 ans à la tête du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales permet de porter un jugement sur sa politique. Mettre en relief l’intégralité de ses propos maladroits serait une œuvre gigantesque qui intéresserait une thèse de doctorat. Quand il improvise, il ne sait pas éviter les dérapages et les excès de ton. Un peu de sobriété serait davantage en accord avec les exigences de sa fonction. De tels propos ne méritent ni attention ni considération. Je me contenterai d’en énumérer quatre.

Le ministre de l’Intérieur porte la responsabilité d’avoir fait tirer à balles réelles en avril, mai et juin 2001, sur les manifestants de Kabylie, faisant 128 morts, des centaines de handicapés à vie et des milliers de blessés. Il a présenté le jeune lycéen de 18 ans, Guermah Massinissa, assassiné le 18 avril 2001 par le gendarme Mestari Merabet à l’intérieur de la gendarmerie de Béni Douala, comme un délinquant de 26 ans. Il ne se voit pas annoncer une autre victoire que celle de son ami Bouteflika. Il a déclaré qu’il « ne signerait jamais l’agrément du parti Wafa ».

Son devoir n’est pas d’avoir des états d’âme, de ne rien concevoir en dehors de ses propres idées, de se placer au-dessus des lois et de faire la loi. Son devoir est d’appliquer la loi, seulement la loi, toute la loi. Pour le ministre de l’Intérieur : « L’assassinat du directeur général de la DGSN Ali Tounsi est une affaire de deux personnes, un crime sans témoins. » La réplique de la famille du défunt est toute de dignité : « Il est affirmé à travers toute la presse que le crime a été commis sans témoins, et qu’il s’agit d’un problème personnel. Contrairement à ces informations infondées, le défunt a été assassiné froidement, lâchement et en toute conscience dans son bureau. »
Ceux qui souffrent de faim et ceux qui souffrent d’indigestion

L’année 2010, qui est à la fois celle de tous les dangers et celle de tous les espoirs, est chargée en événements graves qui secouent le pays dans ses profondeurs, et dont les conséquences sont à venir. Le régime politique traverse l’épreuve la plus dure depuis son installation par la violence en 1962, et certains indices montrent qu’il est à bout de souffle, en phase finale, en fin de règne. Les clans du pouvoir ont éclaté. Parviendront-ils comme d’habitude à se remettre en ordre, ou bien la rupture est-elle trop profonde et nécessite une opération chirurgicale ? Quand le pouvoir n’est pas l’émanation et l’incarnation des gouvernés, il gouverne mal.

Le clanisme n’est qu’une autre facette du tribalisme. Il ne reconnaît que les intérêts de ses membres. Une atmosphère de méfiance, de déception, de peur s’installe dans le pays. La société est figée, bloquée. Elle a besoin d’être remise en marche. Les Algériens s’interrogent sur leur proche avenir à un moment où chacun se dit qu’une grande échéance est proche, que des ruptures à coup sûr, peut-être une redistribution des rôles, sont imminentes et inévitables.

Le sentiment nationaliste et patriotique est utilisé en toutes circonstances par le pouvoir comme forme de mobilisation pour souder la communauté nationale et faire oublier les accumulations de ses fautes de gestion et ses erreurs politiques. Il est temps pour le régime de réaliser que la manière totalitaire de gouverner le pays est devenue anachronique, que la doctrine de la sécurité nationale qui implique le contrôle permanent de la société par les services de sécurité qui ont l’œil à tout, qui dirigent le destin des Algériens de la naissance à la mort, ne fait qu’aggraver la dégradation politique et morale des institutions du pays. A la fin de sa visite à Cuba, Gorbatchev dit à Fidel Castro : « Il faut changer tout ce qui a été fait avant. » La réponse de Fidel Castro était : « C’est moi qui étais déjà avant. »

L’enjeu social trop négligé devient un enjeu politique. Les syndicats autonomes bénéficient de la légitimité sociale. Face à une crise sociale qui s’installe dans la durée, face à une chute réelle du pouvoir d’achat, les Algériens demandent une amélioration de leurs conditions de vie et un partage équitable des richesses du pays. Plus de 60% de nos concitoyens, les pauvres, les retraités, les travailleurs, les couches moyennes, ont des fins de mois difficiles. L’Algérie est divisée entre ceux qui souffrent de la faim et ceux qui souffrent d’indigestion. Le travail définit la condition humaine, notamment le droit à la liberté syndicale et l’adhésion libre sans que les réunions syndicales et autres ne soient prohibées, et les manifestations publiques brutalement réprimées. La corruption est chronique.

La manne pétrolière qui est le sang et la liberté du peuple, multiplie les corrupteurs et les corrompus. Elle défie l’imagination, est devenue un mode de vie et de gouvernement, va du vol pur et simple aux contrats bidon, aux surfacturations et aux grands brigandages financiers. Il faut barrer la route à ceux qui ont pillé le pays et s’apprêtent à le faire encore davantage, et freiner des quatre fers la course individuelle à l’enrichissement illicite.

Me A. Y. A : Président de la LADDH

Par Maître Ali Yahia Abdenour


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9 Commentaires sur cet article

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  • citoyen
    27 mars 2010 at 16 h 15 min - Reply

    respect monsieur ali yahia,mais ce regime ne tiens nullement en compte les appels a la sagesse qui lui sont lancés son leitmotiv cest:la repression-justice-prison le reste pour lui c de la litterature j ai vecut les annés 2001en kabylie j ai vu de quoi leur »gendarmes » sont capables.




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  • Fahem D.
    27 mars 2010 at 18 h 10 min - Reply

    Sa7itu,

    Le seul fait d’avoir réussi à tenir le congrès est une grande victoire. Le combat sur le terrain de toutes et de tous les militant(e)s de la dignité et des droits humains vient de faire franchir un nouveau seuil au peuple algérien, impensable il y a à peine quelques mois. Les tenants des interdictions scélérates, sous couvert d’un état d’urgence qui n’a plus aucune raison d’être, viennent de subir une cinglante défaite. L’état d’urgence doit être levé au plus tôt. Aucune excuse ni prétexte ne peuvent être invoqués pour le faire perdurer. Le déni démocratique qui va de pair avec, à la fois en tant que cause et conséquence doit immédiatement cesser. Le peuple algérien qui mérite pleins respect et considération est prêt depuis toujours. Que la transition commence.
    Honneur et gloire à celles et ceux, civils et miltaires, de l’intérieur et de l’exil, qui luttent sincèrement pour l’émancipation réelle de leur peuple et de leur société.
    Merci la LADDH.

    Dziri normal




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  • moufdi
    27 mars 2010 at 21 h 57 min - Reply

    merci maitre Ali yahia abdennour ,merci la LADDH.




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  • brahmi16
    28 mars 2010 at 10 h 00 min - Reply

    Mais, maitre Ali yahia ABDENNOUR, à qui vous vous adressez?Ces gens qui n ‘ont pas hesités un instant à assassinés et traumatisés des centaines de milliers d’ innocents, rien que pour rester au pouvoir et piller les richesses de ce pays,croyez vous qu’ ils possèdent une quelconque conscience ou des etats d ame?Ces gens au pouvoir qui n’ ont pas hésites un seul instant à detruire la vie à vie des millions de citoyens, rien que pour preserver leurs privilèges, croyez vous qu ‘ils vont vous ecouter? ces gens au pouvoir qui n’ont pas hesites à transformer le pays en un vaste camp de concentration ou la famine,la souffrance et la misere ,accablent des millions d’ algeriens, alors que la nomenklatura et leur sbires se pavanent dans les paradis fiscaux avec l ‘argent qui ne leur appartient pas.Croyez vous maitre que vous vous adressez à des etres humains?




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  • samir
    28 mars 2010 at 13 h 13 min - Reply

    cher maitre.ce dont l’algerie a besoin aujourd’hui c’est une mobilisation citoyenne autour d’un objectif commun à savoir rendre la dignité au peuple algerien.vous êtes une figure historique de notre pays,par consequent vous êtes appelé à jouer un rôle mobilisateur.je propose en tant que simple citoyen que vous lancier un appel pour la création d’un front anti-régime qui regrouperait toutes les tendances politiques algerienne.Ce mouvement pour des raisons evidentes de securité devrait voir le jour à l’exterieur de l’algérie et aurait comme plateforme de travail l’appel de novembre 54.aujourd’hui plus que jamais il devient évident que le régime en place ne cedera pas un pouce de terrain.il est aussi évident que le partage de pouvoir n’est plus d’actualité tant la corruption s’est institutionnalisée.cette clique de voyous au pouvoir n’ecoute que ces demons.il est de votre devoir en tant que figure historique de notre mouvement national d’agir dans ce sens.je suis persuader que tous les avis parfois contradictoires de notre societe n’hesitera pas un instant de repondre à votre appel car vous faites parti de ces rares sages dont l’algerie a tant besoin




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  • Mohamed123
    29 mars 2010 at 1 h 43 min - Reply

    Cher Me Ali Yahia, je rejoins le poste de Samir et ceux qui le précèdent. L’appel aux voyous qui dirigent ce pays ne sera jamais entendu, vous le savez sans doute.La seule solution c’est d’arracher la liberté et de reconquérir l’indépendance confisquée par la force parce que les voyous ne connaissent que la force! Votre responsabilité et celle des gens honorables comme vous est historique. Qu’un appel soit lancé à tous ceux qui sont épris de liberté comme vous pour fonder un front rassemblant toutes les sensibilités nationales pour une seule cause: se débarrasser de ces harkis et les renvoyer là d’où ils sont venus. Des voix se font de plus en plus entendre, il suffit d’un souffle pour rallumer les étincelles de la révolution mise en veilleuse par tant d’années de mépris et d’humiliation. Les Algériens n’attendent qu’un signal des gens de votre trempe pour les guider dans la conquête de leur aspiration la plus chère soit celle de mettre fin à ce régime honni et leur restituer leur liberté. Sommes-nous condamnés à vivre éternellement sous le joug de la hogra ? Oh que non!




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  • rachid quebec
    29 mars 2010 at 18 h 37 min - Reply

    la seule demarche pour deloger ce système c est bien de trouver une solution pour acquerir une station de television et pour ce faire il faut une adhesion de tous les fils de l algerie se trouvant a l etranger pour creer une association apolitique et provoquer des debats pour y arriver a cette fin c est la seule arme efficace qui nous reste pensez y, 35 millions au moins 30 millions seront informe des activites de la mafia politico financiere depuis 1962,les crimes exct.. et dire que le peuple ne se revolte pas.




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  • Abdelkader DEHBI
    1 avril 2010 at 5 h 59 min - Reply

    Cher Maître Si Ali-Yahia : Reprocher à M. Zerhouni de déraper c’est comme si vous reprochiez à votre voisin de respirer. Car, sur quoi et en quoi,ce policier dans l’âme, né fils de gendarme, n’aurait-il pas encore dérapé, tout au long de sa triste carrière ?




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  • zarhoni contre islam
    20 avril 2010 at 18 h 37 min - Reply

    السلام عليكم و رحمة الله وبراكته
    يا مسلمين يا من له العزة و غيور على دينه وبلده و نصرة الاسلام

    اعلن كامتك في كل المواقع الانترنات و خاصة داخل الجزائر و اكتب على قصصات من الورق
    وألسقها في كل مكان نرفض القانون الذي يجبرنا على وضع الصورة في جواز السفر و البطاقة التعريف
    بدون حجاب ونرفض اضهارالاذن و لا تحفيف ولاتخفيف ولامس و لاشعرة من اللحية انه يمس بشرفنا وشخصيتنا أين الد يمقراطية الشعبية الجزائرية
    نرفض الاملاءات من أمريكا و لا من فرنسا و لا من اي بلد اي ان كان وخاصة الكفار و الذين يتبعون الاملاءات الخارجية كلهم اعداء الله و رسول والاسلام
    اجباري ام اختياري « ‬البيومتري‮ »هل النساء أمريكا واروبا سيظهرن الأدنين في الصورة الجواز السفر
    الايام ستكشف انه انما هو ضد الحجاب و أصحاب اللحية ضد الاسلام و المسلمين. ليس من اجل التطوير التكنولوجية
    لفائدة العالم افعل شيئا الاسلام لا تقعد ساكنا المسلم القوي خير و احب الى الله من المؤمن الضعيف
    الإسلام‮ « ‬البيومتري‮ » ‬الجزائري؟‮!‬ انه ‬البيومتري أمريكي يغزوا العالم و بالأخص الجزائر و الجزائرين المسلمين و يمس بشرفهم و دينهم و بالقوانين الوطنية التكنولوجية في خدمة المواطن الجزائري وتطويره ليس ان نكون تبعا لغيرنا والعولمة العالمية .
    اللهم اخذل من خذل الاسلام و المسلمين و لم يرد لهم الخير في الدنيا
    اللهم اخذل من خذل الاسلام وحارب الحجاب و اللحية وخاصة الوزير الداخلية ومن معه




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  • Congrès du Changement Démocratique