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20 July 2017

Sur fond de crise de légitimité L’aile Bouchachi a tenu le 3e congrès de la LADDH

Par : Hafida Ameyar, Liberté, 27 mars 2010

La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), présidée par Mustapha Bouchachi, a finalement organisé son troisième congrès, les 25 et 26 mars derniers, à Alger. Placé sous le thème “Agissons pour la levée de l’état d’urgence”, celui-ci ne s’est pas tenu, comme prévu, à la Mutuelle des matériaux de construction de Zéralda, mais à la Maison des syndicats, à la Glacière (Hussein-Dey). Jeudi, lors d’un point de presse, le porte-parole du congrès, Aïssa Rahmoune, a révélé que ce n’est qu’à moins de 24 heures du congrès que le refus des autorités de la wilaya d’Alger a été signifié “sans aucun motif”.
“On avait élaboré deux plans, A et B. Avec l’interdiction de tenir le congrès à la Mutuelle de Zéralda, on a alors utilisé le plan B, c’est-à-dire le siège de la Maison des syndicats”, a-t-il précisé. M. Rahmoune n’a pu échapper à la question de la crise qui secoue la LADDH, divisée en deux ailes, celle de Hocine Zehouane, élu en septembre 2005, et celle de Mustapha Bouchachi. En réalité, la crise de légitimité s’est installée, à partir de novembre 2007, à la suite de l’élection de Me Bouchachi à la présidence de la Ligue, par un conseil national d’urgence, en présence de Me Ali Yahia Abdennour.
Depuis cette date, les deux parties en conflit se rejettent la responsabilité et se disputent le droit de représenter la Ligue. Le 3e congrès de la LADDH, aile Bouchachi, a réuni quelque 154 délégués. Il a vu la présence du FFS, de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, du Conseil national tunisien du respect des droits de l’homme, du réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme et de la Fédération internationale des droits de l’homme, ainsi que des représentants du corps diplomatique en Algérie (France, États-Unis, Suède et Canada) et le délégué de l’Union européenne, également ambassadeur d’Espagne à Alger. Dans son intervention, Me Bouchachi a estimé que l’arrêt du processus électoral, en 1992, a été “fatal pour les libertés et les droits de l’homme” en Algérie. Il a également souligné que la décennie 1990 s’est distinguée par des “atteintes massives aux droits de l’homme”, des “arrestations arbitraires” et des “tortures”, pointant un doigt accusateur en direction des services de sécurité. Il a aussi abordé le problème des disparus et la nécessité de faire connaître la vérité.
Pour Me Bouchachi, depuis l’année 2000, “il y a moins de tortures, mais il y en a encore”. De plus, a-t-il noté, il y a “un verrouillage du champ politique”, des “atteintes aux libertés politiques et syndicales”, sans omettre de parler des violations à la liberté de la presse. “Si nos aînés ont récupéré le territoire (algérien), notre devoir à nous est de libérer les hommes, les femmes et les jeunes”, a-t-il indiqué. Plus tard, le président sortant de la LADDH est revenu sur la crise de la Ligue, déplorant que Me Zehouane ait “refusé de se plier aux textes de la LADDH et aux choix des militants”. “Nous sommes la Ligue légitime”, a-t-il appuyé, sous des applaudissements.
Le discours du président d’honneur de la LADDH, Yahia Abdennour, a été plus virulent. L’ancien ministre sous Boumediene s’en est pris violemment contre le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, soutenant que Yazid Zerhouni “s’est acharné contre la LADDH” durant la décennie écoulée, faisant ainsi “revivre le temps de la colonisation”.  Me Abdennour a, à son tour, abordé le problème des deux branches de la LADDH, rappelant que Me Bouchachi a été élu, en 2007, par “une majorité de plus de trois quarts de ses membres (du Conseil national)”. Il a ensuite attaqué le régime politique algérien, considérant que celui-ci traverse aujourd’hui “l’épreuve la plus dure depuis son installation par la violence, en 1962”. Ce membre fondateur du FFS a, en outre, fait part de ses appréhensions quant à l’avenir de la société, estimant que l’année 2010 “est à la fois celle de tous les dangers et de tous les espoirs”. L’autre intervention remarquée est celle du secrétaire général du FFS, Karim Tabbou.
Réitérant son appui à l’aile Bouchachi, ce dernier a indiqué que le combat de son parti et celui de la LADDH “se confondent”, puisqu’il s’inscrit dans le cadre de “la construction d’un État démocratique et d’un Maghreb démocratique”.


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  • Rédaction
    27 mars 2010 at 15 h 39 min - Reply

    La LADDH accuse Zerhouni et répond à Ksentini

    par M. Aziza, Le Quotidien d’Oran, 27 mars 2010
    Le troisième Congrès de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) s’est déroulé jeudi dernier, et ce, malgré « les inattendus et l’attendu ».

    Prévu initialement à la Mutuelle de construction de Zeralda, le congrès a été déplacé par les membres de LADDH vers la Maison des syndicats à El-Harrach, et ce, après le refus de la wilaya d’Alger de l’autoriser. Pourtant, disent les organisateurs de ce congrès, la demande d’autorisation a été déposée le 24 février dernier, et la réponse négative n’a été donnée que la veille de la tenue du congrès, aux environs de 20h10.

    Les membres de la ligue ont pu tout de même tenir leurs assisses nationales en présence de 105 congressistes, de l’ambassadeur d’Espagne en Algérie et représentant de l’Union européenne, les représentants de l’ambassade du Canada, des Etats-Unis, de France ainsi que des militants des droits de l’Homme tunisiens et le représentant du réseau euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme. Maître Mustapha Bouchachi, président de LADDH a dénoncé cette interdiction «non justifiée décidée par un régime totalitaire qui veut étouffer toute voix discordante».

    Maître Ali Yahia Abdenour, président d’honneur de la Ligue a pointé du doigt le ministre de l’Intérieur. «En tentant d’empêcher le tenue de ce congrès, Yazid Zerhouni agit comme un consul romain d’il y a 22 siècles», a-t-il lancé en précisant «que notre pouvoir n’a pas encore compris que l’Algérie de 2010 n’est pas l’Algérie de 1962, ou celle des années 80 et des années 90». Il poursuit «il faut que tout le monde comprenne que le peuple algérien a évolué, l’Algérien veut être traité comme un citoyen et non pas comme un sujet». Le représentant de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme a condamné «l’attitude inadmissible des autorités algériennes». Celui du Conseil national des libertés et de la protection des droits de l’Homme tunisien dira, pour sa part, «qu’en Tunisie les choses sont plus complexes». Il ajoute que si la ligue algérienne a pu tenir son congrès dans des conditions difficiles, la ligue et le conseil des droits de l’Homme en Tunisie n’ont pu avoir cette chance. «On se bat depuis 10 ans pour la tenue de notre congrès, mais on n’arrive pas», a–t-il dit en précisant que les membres de la ligue et du conseil n’ont même pas le droit d’accéder à leurs bureaux, qui sont encerclés par la police tunisienne 24h/24. Et d’affirmer que les plus tenaces parmi les Tunisiens contre les intimidations et les pressions policières, sont appelés «Algériens». Le porte-parole de la Ligue algérienne des droits de l’Homme, Aissa Rahmoune, a affirmé que deux agents tunisiens en civil se sont déplacés à la Maison des syndicats pour suivre les travaux des assises nationales, mais ils ont quitté les lieux après le refus des organisateurs du congrès de les autoriser à assister. Condamnant à l’unanimité l’interdiction de la tenue du congrès « sans motifs », les congressistes et certains invités ont abordé quelques « points noirs qui ne font pas l’honneur d’un pays qui a sacrifié un million et demi de martyrs pour son indépendance ».

    Mustapha Bouchachi a réclamé au nom des défenseurs des droits de l’Homme, la levée de l’Etat d’urgence en Algérie, affirmant qu’il n’a pas sa raison d’être », d’autant que les choses se sont beaucoup améliorées du point de vue sécuritaire. En de s’interroger sur les raisons du maintien de cette mesure ? « On ne peut pas tourner la page sans connaitre la vérité » Mustapha Bouchachi a évoqué en outre « la torture exercée encore dans les prisons et dans les commissariats de police ». Bouchachi a affirmé que « la torture est beaucoup moins pratiquée par rapport aux années précédentes et par rapport aux années sanglantes, mais elle existe encore». Il poursuit, « du moment que l’Algérie a ratifié de nombreux traités et conventions contre la torture et autres peines, traitement inhumains ou dégradants, elle est obligée de bannir à jamais ces pratiques». Revenant sur l’interruption du processus électoral et « les violations des droits de l’Homme», il dira qu’aucun pays ni en Afrique, ni en Asie, n’a enregistré autant de morts (200 000 morts) après un arrêt de processus électorale». Tout en reconnaissant qu’il n’y a plus d’exécutions extrajudiciaires, et de disparitions forcées, Bouchachi affirme que le pouvoir en place doit régler des dossiers épineux comme celui des disparus « resté en suspens ». Tout en rendant hommage aux familles de ces derniers, il a affirmé que sans vérité sur le sort des victimes, personne ne pourra « tourner la page ». Et Ali Yahia Abdenour d’enchaîner « sans vérité et justice personne ne peut tourner la page ». Ali ajoute que le pouvoir algérien a mis la paix avant la justice, alors qu’il fallait commencer par la justice pour asseoir une paix « durable ». Des représentants de familles de disparus, présents au congrès, ont qualifié les dernières déclarations de Farouk Kesentini selon lesquelles « il est impossible de connaître la vérité en raison de l’absence des fichiers des disparus» de contradictoires. «Il n’y a pas longtemps, il avait affirmé que la gendarmerie a un fichier de 7.000 disparus», ont-ils déclaré. Et d’ajouter «nous avons remis au service concerné 24 dossiers ficelés avec tous les détails, mais sans réponse. Ils nous demandent de tourner la page». Ils poursuivent «on ne peut tourner la page sans connaître la vérité». Les travaux du congrès se sont poursuivis hier, tard dans la soirée, avec des débats sur notamment le droit économique et social et sa relation avec les droits de l’Homme, développement et stratégie de LADDH, et l’adoption d’un statut et règlement intérieur. Une conférence de presse sera animée aujourd’hui samedi par la LADDH.




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  • Rédaction
    27 mars 2010 at 15 h 48 min - Reply

    Le 3e congrès de la LADDH s’est poursuivi hier sans autorisation
    Quand les droits de l’homme bravent l’état d’urgence
    El Watan, 27 mars 2010
    Les assises du 3e congrès de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme se sont poursuivies hier à la Maison des syndicats.

    Le congrès, qui a commencé ses travaux jeudi dernier, devait se clôturer hier soir par l’adoption des statuts de la Ligue, l’élection d’un nouveau conseil national pour finir avec l’élection du président de la LADDH. Il faut souligner que ce troisième congrès a été marqué par quelques péripéties organisationnelles, et pour cause : à la toute dernière minute, la wilaya d’Alger a notifié aux organisateurs la non-autorisation (pour ne pas dire l’interdiction) du congrès. Malgré cela, les délégués issus de 34 wilayas ont fait le déplacement. Les congressistes, qui devaient se réunir à la Mutuelle de la construction, à Zéralda, se rabattront in extremis sur la Maison des syndicats, une salle située dans un petit immeuble à Bachdjarrah, et qui devient décidément un espace hautement citoyen que les militants associatifs, syndicaux et autres sollicitent de plus en plus, faute d’espaces d’expression.

    Des policiers en civil et même des agents tunisiens

    Bien sûr, la question qui turlupinait tous les journalistes qui ont couvert le congrès était : ce changement de domiciliation mettait-il la Ligue à l’abri d’une intervention policière pour en empêcher les travaux ? « Nous avons juste reçu la visite de quelques policiers en civil, mais nous avons su les gérer », a indiqué Me Aïssa Rahmoune, porte-parole du congrès. Fait cocasse : Me Rahmoune nous apprend dans la foulée que deux « flics » tunisiens se sont invités discrètement, sans doute pour « superviser » l’intervention de représentants d’ONG tunisiennes qui ont pris part à cet important rendez-vous. « Dites à Mme Sihem Bensedrine que nous l’avons évidemment invitée, mais les autorités ont empêché sa venue », a lancé le président du bureau du congrès, le docteur Kamel Daoud (ne pas confondre avec le célèbre chroniqueur) à l’adresse d’un invité tunisien. On l’aura deviné : l’ambiance est bon enfant malgré ces couacs « bureaucratico-policiers », malgré l’enjeu, malgré la « guéguerre » qui oppose la Ligue à son ex-président, Me Hocine Zehouane. Et surtout : malgré Zerhouni. D’ailleurs, Me Ali Yahia Abdenour chargera avec véhémence le très impopulaire ministre de l’Intérieur qu’il qualifie de « machine de guerre » dans une contribution qu’il nous a remise. « Le refus est incompréhensible, inacceptable, intolérable. Il y a dérapage du ministre de l’Intérieur sur la question des libertés et des droits de l’homme. La méthode inquisitoire qui place la LADDH dans son collimateur est une intrusion dans la vie associative pour l’instrumentaliser et la mettre sous tutelle », écrit-il (lire en page 2 la contribution de Me Ali Yahia dans son intégralité). Sur les murs sont placardées des affiches qui donnent le ton : « Malgré l’interdiction, nous continuerons d’exister. » Me Rahmoune qualifie la situation de « semi-clandestinité ». La notification de la wilaya d’Alger survint la veille du congrès, « à 20h10 », précise Me Bouchachi, « alors que nous avons déposé la demande depuis un mois ». Une manière de mettre les congressistes devant le fait accompli. « Mais heureusement que nous avions prévu un plan B », se félicite Aïssa Rahmoune.
    « Mon fils a l’âge de l’état d’urgence »

    11h. La salle de la Maison des syndicats autonomes est archicomble. Les invités de la LADDH arrivent les uns après les autres : Karim Tabbou, premier secrétaire du FFS, l’ambassadeur d’Espagne et représentant de l’Union européenne, Gabriel Busquets, une représentante de l’ambassade des Etats-Unis, sans oublier les émissaires de certaines ONG internationales (la FIDH, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme, ou encore la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme). Notons également la présence de Hassan Ferhati de SOS Disparus arborant un portrait de son frère Mustapha enlevé à Kouba en 1998. Il est accompagné de familles de disparus brandissant elles aussi des portraits de leurs enfants, victimes de disparitions forcées. La cérémonie d’ouverture verra défiler le micro entre plusieurs intervenants. Me Bouchachi ouvre le bal. « Mon fils a aujourd’hui dix-huit ans. Il est né sous l’état d’urgence et il ne connaît que l’état d’urgence », attaque l’imposant avocat dans un arabe délicieux. Son plaidoyer contre l’état d’urgence fait ouvertement écho au slogan officiel de ce 3e congrès : « Agissons ensemble pour la levée de l’état d’urgence ».

    Dans la foulée, il dresse un réquisitoire sans concessions contre le régime et ses « dérives totalitaires » (voir encadré). Le très charismatique Me Ali Yahia Abdennour lui emboîte le pas. Avec sa modestie habituelle, il se présente comme un vieux briscard du combat pour les droits humains. Sa harangue alterne colère, tendresse et ironie. Comme en témoignent ces mots truculents qu’il eut à l’endroit des femmes. Exhortant la direction de la Ligue à intégrer plus de femmes dans ses instances, il a cette féroce métaphore : « La vie, c’est comme un avion. Il lui faut deux ailes pour voler. Mais chez nous, les hommes ont tous les pouvoirs. Notre pays est un avion avec une seule aile. Il ne pourra jamais décoller. » Me Ali Yahia Abdennour aura droit à une standing ovation digne de sa stature et de son aura. Suivront quelques mots de soutien et de solidarité prononcés par les différents invités, avant que le président du bureau, Dr Kamel Daoud, ne lève cette première séance. Le 3e congrès est officiellement étrenné. Il est sur les rails et les dés sont jetés. Pour achever de camper le décor, quatre commissions de travail sont installées. La suite du programme sera dédiée à des conférences en rapport avec le sujet : « Pour un Maghreb des droits de l’homme », « La levée de l’état d’urgence, une urgence nationale » ou encore « Les droits économiques, sociaux et culturels en débat ». La journée d’hier a été plus « technique » et devait être couronnée donc par l’élection du président de la LADDH. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme a été créée, rappelle-t-on, en 1985 et fut officiellement agréée en 1989. Elle compte aujourd’hui environ 2200 adhérents.

    Par Mustapha Benfodil

    Ils ont dit

    – Me Mostefa Bouchachi (président de la LADDH) : « Après l’arrêt du processus électoral, l’Algérie a connu ce qu’il plaît à certains d’appeler ‘la décennie noire’ ou la ‘décennie rouge’. 200 000 victimes ont fait les frais de l’arrêt du processus démocratique. Il y a eu de très graves atteintes aux droits de l’homme, avec des exécutions extrajudiciaires, des milliers de disparus et de personnes torturées. A partir de 1999-2000, force est de reconnaître que la pratique de la torture et les disparitions forcées ont sensiblement diminué, quoi que la torture est toujours pratiquée. Il ne reste que la rue, en définitive, comme espace d’expression non structuré, ce qui pourrait conduire à une explosion populaire qui ne servira ni la démocratie ni les droits de l’homme. Le régime ne veut pas laisser la possibilité aux Algériens de lutter d’une façon pacifique. »

    – Karim Tabbou (premier secrétaire du FFS) : « Ce pouvoir a réussi à organiser une métastase maffieuse. Il faut, dès lors, opérer une reconstitution cellulaire. Nous nous joignons au combat noble et légitime qu’est celui de la LADDH. Le FFS s’est toujours engagé dans la cause des droits de l’homme. Nos deux combats se confondent. Il y a des complots ourdis pour vous détruire et vous normaliser. A cela, nous disons : ça suffit ! Que ces gens-là sachent que nos valeurs sont inoxydables. Le pouvoir se découvre dans toute sa faiblesse. Sachez chers camarades que le FFS vous soutient dans tout ce que vous allez entreprendre. »

    – Hassan Ferhati (SOS Disparus) : « L’Etat reconnaît qu’il y a 7200 disparus. Farouk Ksentini a recensé 14 853 disparus. Il vient de déclarer qu’il faut tourner la page. Une femme a 5 enfants disparus et on lui dit tournez la page ? C’est indécent ! Nous, nous avons des dossiers ficelés avec nom et prénom des agents impliqués. Et on vient nous parler argent. On ne veut pas de leur argent. Nous, ce qu’on veut, c’est la vérité ! »

    – Gabriel Busquets (ambassadeur d’Espagne et représentant de l’Union européenne) : « L’Union européenne prête beaucoup d’attention à la question des droits de l’homme en Algérie. Elle porte un intérêt spécial au travail que font la LADDH et d’autres ONG dans le domaine des droits de l’homme. »

    – Amine Mohamed Abbou (Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie) : « Nous, en Tunisie, nous n’avons pas connu la guerre civile, la violence, les attentats et les tueries. Cependant, les militants des droits de l’homme en Tunisie vivent sous une étroite surveillance policière. Si bien que la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme ne parvient toujours pas à tenir son congrès, contrairement à vous qui, malgré toutes les pressions, êtes arrivés à le faire. Bravo ! »

    Par M. B.




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  • js
    27 mars 2010 at 17 h 16 min - Reply

    Question: Il y a combien de ligues des droits de l’Homme en Algérie ?

    Réponse :Il y en a tellement qu’apparemment c’est le pays des droits de l’Homme !




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  • IDIR
    27 mars 2010 at 17 h 43 min - Reply

    Lors des assises du 3e congrès de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, Me Bouchachi rappelle pour la énième fois : « Agissons ensemble pour la levée de l’état d’urgence ». Il déclare, également, « Mon fils a aujourd’hui dix-huit ans. Il est né sous l’état d’urgence et il ne connaît que l’état d’urgence ».

    L’état d’urgence, instauré le 9 février 1992 en Algérie pour un an, fut reconduit l’année suivante pour une durée indéterminée. A ce jour, il n’a jamais été levé.

    En effet, l’état d’urgence peut être déclaré, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique. Aujourd’hui, il n’y a pas lieu de prolonger un état d’urgence à l’égyptienne.

    Avec la participation de Me Bouchachi, pouvons-nous lancer, un débat sérieux, approfondi et honnête, au sein du journal, LQA – et d’autres médias – pour la levée de cette mesure anti-constitutionnelle qui sera le premier pas, d’une manière effective, vers un état de droit, en Algérie. Devons-nous rappeler que le gouvernement ne cesse de répéter depuis une dizaine d’années que le terrorisme est vaincu et que l’heure est à la réconciliation nationale.
    Fraternellement




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  • fakou
    27 mars 2010 at 19 h 13 min - Reply

    Fellag avait raison de dire dans un de ses monologue
    (en algerie il y a plus de ligues des droits del’homme
    que des droits , donc pourqoui ne pas exporter les ligues et importer les droits)




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  • Fahem D.
    27 mars 2010 at 21 h 45 min - Reply

    Sa7itu,

    Le seul fait d’avoir réussi à tenir le congrès est une grande victoire. Le combat sur le terrain de toutes et de tous les militant(e)s de la dignité et des droits humains vient de faire franchir un nouveau seuil au peuple algérien, impensable il y a à peine quelques mois. Les tenants des interdictions scélérates, sous couvert d’un état d’urgence qui n’a plus aucune raison d’être, viennent de subir une cinglante défaite. L’état d’urgence doit être levé au plus tôt. Aucune excuse ni prétexte ne peuvent être invoqués pour le faire perdurer. Le déni démocratique qui va de pair avec, à la fois en tant que cause et conséquence doit immédiatement cesser. Le peuple algérien qui mérite pleins respect et considération est prêt depuis toujours. Que la transition commence.
    Honneur et gloire à celles et ceux, civils et miltaires, de l’intérieur et de l’exil, qui luttent sincèrement pour l’émancipation réelle de leur peuple et de leur société.
    Merci la LADDH.

    Dziri normal




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  • Congrès du Changement Démocratique