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24 July 2017

L’Algérie classée troisième en Afrique : Les transferts illicites ont atteint 25,7 milliards de dollars

El Watan, 29 mars 2010
L’Algérie est classée troisième en Afrique en matière de flux financiers illicites dont le montant a atteint 25,7 milliards de dollars entre 1970 et 2008, selon un rapport de l’organisation non gouvernementale, Global Financial Integrity (GFI) sur ce fléau en Afrique.

Le Nigeria vient en tête de la liste établie par cette ONG avec 89 milliards de dollars, suivi de l’Egypte (70 milliards de dollars). L’Algérie devance le Maroc et l’Afrique du Sud, qui cumulent respectivement 25 milliards et 24 milliards de dollars de flux financiers illicites. Le montant global en Afrique de ces transferts illégaux dépasse 854 milliards de dollars, dont la moitié a été effectuée entre 2000 et 2008. Ce montant passerait du simple au double si l’on comptabilise les flux qui concernent les services, note GFI. L’Afrique aurait perdu en réalité 1800 milliards de dollars durant la période de référence de ce rapport. Ces sommes représentent deux fois les dépenses publiques pour l’aide au développement, souligne la même source. Cette hémorragie est donc l’un des obstacles au développement du continent noir. L’Afrique subsaharienne se taille la part du lion avec plus de 600 milliards de dollars.

Les transferts illégaux dans les pays exportateurs de pétrole ont frôlé les 355 milliards de dollars, dont 219 milliards durant la décennie écoulée. En extrapolant les conclusions sur le phénomène à travers le monde sur l’Afrique, il ressort que 3% du montant global provient de la corruption. L’argent généré par les pratiques criminelles telles que le trafic de drogue, le racket et la contrefaçon représente 30 à 35% des transferts. La palme revient cependant à l’évasion fiscale qui totalise, à elle seule, entre 60 et 65% de ces flux illicites. GFI estime le manque à gagner à 1767 dollars de capital à investir par habitant dans les régions d’Afrique du Nord (Algérie, Egypte, Libye, Maroc et Tunisie) durant les 39 dernières années, à 1334 dollars en Afrique de l’Ouest et à 1313 en Afrique centrale. Les flux financiers illicites ont augmenté de manière substantielle durant cette période avec un repli pendant les années 1990, et ce, en dépit des taux élevés de croissance démographique sur tout le continent, relève le rapport.

« Ce flux massif d’argent illicite hors de l’Afrique est facilité par un système financier mondial opaque qui encourage les paradis fiscaux, les juridictions secrètes, les sociétés écrans, les comptes en fiducie anonyme, les fausses fondations, la mauvaise évaluation des prix du commerce et les techniques de blanchiment d’argent », souligne GFI. D’après cette organisation, l’impact de ce phénomène et les fonds qu’il déplace en dehors de l’Afrique est stupéfiant. Ainsi, ce flux épuise les réserves en devises, accroît l’inflation, réduit les rentrées fiscales, bloque l’investissement et compromet le libre-échange. Le plus grand impact est ressenti par les personnes au bas de l’échelle des revenus dans leur pays. Ces ressources qui échappent au contrôle des gouvernements « pourraient être utilisées pour la lutte contre la pauvreté et la croissance économique en Afrique », conclut GFI.

Par Nora Boudedja


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3 Commentaires sur cet article

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  • Si Tchad
    29 mars 2010 at 20 h 05 min - Reply

    26 milliards….puisque c’est Global Financial Integrity qui le dit, ca fait serieux…et il n’y a pas l’ombre d’une remise que cause dans l’article…

    Il me semble qu’un ancien premier ministre avait dit la meme chose,à la virgule prés, mais les journaux l’ont vite ridiculisé et depuis le pauvre est appellé « Abdelhamid la Science »…

    Ah si seulement il s’appellait Global Financial Integrity…A quand l’istiqlal des consciences?

    Si Tchad




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  • el-amel
    29 mars 2010 at 21 h 15 min - Reply

    Khalifa pour Bouteflika et Rebrab pour le DRS qui continue à avancer pour occuper la première place.




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  • El Houari
    2 avril 2010 at 19 h 07 min - Reply

    les informations donnees par nos quotidiens sont effarants dans ce domaine il suffit de ce rappeler quelque unes:

    Le montant global des devises transférées illégalement par des sociétés syriennes, activant sur le territoire national dans le domaine du textile, est estimé à plus de 18 millions d’euros et 20 millions de dollars

    Deux personnes en possession de 1,85 million d’euros et 10.000 dollars américains ont été arrêtées lundi par la gendarmerie algérienne dans la région d’Oum El Bouaghi. Les deux personnes, à l’intérieur d’un véhicule envisageaient d’acheminer l’argent frauduleusement vers la Tunisie

    Les services des Douanes poursuivent une centaine de personnes 900 millions d’euros transférés illégalement vers l’Espagne Cinq wilayas sont actuellement concernées par ce scandale, à savoir Tlemcen, Oran (port et aéroport), Alger (port et aéroport), Annaba et Bejaïa

    CEVITAL transfert des milliards pour acheter du sucre pour se sucrer deux fois sur le dos des Algériens une fois a l’achat et une deuxième fois à la revente a 140 da le kg au détail. Pour lui, l’Algérie qui produit le double de ce qu’elle consomme, n’a plus besoin d’importer, Le sucre.

    Mais elle produit quoi au fait ?

    Mr Rebrab déclare «L’Algérie ayant un grand déficit hydrique aura difficilement la possibilité de produire de la canne à sucre ou de la betterave sucrière qui sont des cultures grandes consommatrices d’eau. Il est plus rentable pour notre pays d’importer du sucre brut, plutôt que de produire de la canne ou de la betterave ».

    Ce super PATRON doit mettre à jour ses connaissances pour faire des déclarations qui ne veulent rien dire.

    « N’oubliez pas que pour investir, il faut faire sortir les devises. Pour cela, il faut une autorisation de la banque d’Algérie. Nous avons plusieurs projets d’investissement à l’extérieur mais malheureusement nous n’avons pas obtenu les autorisations de banque d’Algérie même pour des projets qui accompagnent nos exportations

    Comment a fait ce monsieur pour «les sites installés récemment à Trinità, en Italie, et Valence, en Espagne Pour exporter la production CEVITAL de Fruits et de légumes, D’huile d’olive Du verre-plat à destination des marchés européens ».

    Selon ses déclarations ou encore de prendre des actions dans ce bureau d’études Allemand DESERTEC qui compte attirer 400 milliards d’euros.

    Je penche plutôt pour exporter ses devises ?

    A quant la visite des inspecteurs des impôts pour arrêter ce massacre et les élucubrations de ce monsieur, son groupe ceux qui se cachent derrière.




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  • Congrès du Changement Démocratique