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24 July 2017

Arbitrairement suspendu : La Nation, ce trouble-fête

El Watan 04 avril 2010

Si, depuis la libéralisation du champ médiatique, les titres de la presse indépendante se sont multipliés, de nombreux journaux, par contre, ont disparu en cours de route, et souvent pour des raisons politiques.

La presse d’opinion est celle qui en a fait les frais, dans la plupart des cas. L’un des titres qui a symbolisé cette presse a été incontestablement l’hebdomadaire La Nation. Un journal qui a été suspendu, en décembre 1996, non pas pour des raisons financières comme voulait le faire accroire le pouvoir de l’époque. Mais il s’agit tout simplement d’une suspension politique. Tout le monde se rappelle le communiqué du ministre de l’Intérieur, Abderrahmane Meziane-Chérif, annonçant la suspension de la publication dirigée par Salima Ghezali. L’argument du ministère de l’Intérieur ? « Parce qu’il portait atteinte à la quiétude publique », a-t-il justifié. Comble de l’arbitraire ! « La Nation a été un journal à part dans un contexte de guerre. Il s’est inscrit à contre-courant de l’ambiance qui dominait l’espace politique et médiatique de l’époque », se rappelle un des anciens journaliste du canard. La Nation avait fait un choix éditorial aux antipodes du discours dominant.

« Chaque semaine, le journal provoque la rage et la fureur de la confrérie (pouvoir), car au moment où tout le monde plaidait la cause du pouvoir, sous prétexte de s’opposer au péril vert, nous, nous défendions clairement la paix. Nous avons clairement affiché notre soutien à la réconciliation nationale, ce qui n’était pas du goût des maîtres du moment », a-t-il ajouté. Pour lui, La Nation se voulait être un journal d’opinion, mais sans pour autant négliger le travail journalistique classique de collecte d’informations. « Contrairement aux autres journaux, qui imposaient à la société une seule lecture des événements, à La Nation nous faisions un travail de pédagogie. Dans une ambiance de confusion, on a insisté sur le devoir du rétablissement des mots qui avaient complètement perdu leur sens. Tous les journaux étaient des journaux d’opinion, seulement certains assumaient courageusement leur choix, d’autres non », se plaît-il à rappeler. Très radical dans sa critique à l’égard du pouvoir, la Nation est devenue une voie discordante et dérangeante qu’il fallait étouffer. 15 ans après son injuste suspension, la corporation ne semble pas encore prête à débattre sereinement de la manière avec laquelle la presse a évolué. Saïd Djafar, un des principaux journalistes de La Nation, a, pour sa part, estimé que « la presse algérienne n’a pas encore évalué cette période. Il faut qu’on ouvre un débat sérieux pour dire comment nous avons travaillé dans un contexte de guerre. Si on ne se parle pas, on ne pourra pas avancer », car il y va de l’avenir du pays et de la démocratie.

Par Hacen Ouali


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14 Commentaires sur cet article

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  • Rédaction
    4 avril 2010 at 9 h 30 min - Reply

    El Watan 04 avril 2010

    Le crépuscule forcé du Matin

    La disparition du quotidien le Matin et l’emprisonnement de son directeur, Mohamed Benchicou, ont été sans doute les deux événements qui avaient sonné le glas de l’espoir de la liberté d’expression.

    Ce journal, qui avait pourtant soutenu les tendances lourdes du régime lors de l’arrêt du processus électoral et la lutte contre le terrorisme, a fini par subir les foudres du pouvoir de Bouteflika. Fondé en 1991 suite à une scission du journal Alger républicain, le Matin a su se faire rapidement une place dans le nouveau paysage médiatique naissant. L’Algérie est plongée dans une violence au lendemain de l’arrêt des élections législatives de 1991, la société est scindée, bon gré mal gré, en deux camps. Eradicateurs contre réconciliateurs. Le Matin, ayant choisi le premier camp pour lequel il se faisait passer pour la voix médiatique. Les figures de l’opposition sont souvent traînées dans la boue… Le terrorisme a atteint son paroxysme et les journalistes sont devenus une cible privilégiée des groupes armés. Le Matin a vu trois de ses journalistes assassinés. Le célèbre chroniqueur, Saïd Mekbel, le 3 décembre 1994. Puis Ameur Ouagueni et Saïd Tazrout durant l’année 1995. Le journal ne recule pas.

    Usant d’un ton corrosif, ce quotidien s’est illustré par son impertinence et son courage dans le traitement des différents dossiers. Avec l’avènement de Bouteflika, en 1999, le journal de Benchicou en a fait son sujet de prédilection. Régulièrement, le chef de l’Etat et ses proches sont « descendus » dans ses colonnes. La publication du livre Bouteflika, une imposture algérienne, par le directeur du journal, Mohamed Benchicou, a été pour le chef de l’Etat « une ligne à ne pas franchir ». On sort la grande artillerie. Le livre saisi s’ensuivit d’une cabale judiciaire contre l’auteur du livre. Poursuivi en justice pour une histoire de bons de caisse, Benchicou est condamné le 14 juin 2004 à deux ans de prison ferme. Un mois après, son journal est suspendu par les autorités. Une décision qui a suscité l’indignation de l’opinion mais également une mobilisation importante. Ceux qui étaient attaqués par le Matin, dix ans plus tôt, se sont ainsi retrouvés en première ligne de la défense du journal et de son directeur incarcéré. Après avoir purgé sa peine, Benchicou a tenté vainement de relancer son journal. Le Matin aura vécu.

    Par H. O.




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  • amedeus
    4 avril 2010 at 21 h 10 min - Reply

    Vous ne nous donnez pas le prétexte exact de l’interdiction de l’hebdomadaire LA NATION,pourtant si je comprends bien,ce journal a toute sa place dans le contexte réconciliationniste inauguré à l’ère Bouteflikienne.

    ==================
    Quel est à votre avis le « prétexte exact » de l’interdiction arbitraire de cet hebdomadaire?
    La Rédaction de LQA




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  • Zineb Azouz
    4 avril 2010 at 22 h 06 min - Reply

    @amedeus
    Ce que vous dites à propos du journal LA NATION est inadmissible et faux ! Salima Ghozali, à travers son journal mérite mieux que d’être classée dans ce cloaque que vous appelez « le contexte réconciliationniste inauguré à l’ère Bouteflikienne. »

    Ce journal était la seule expression citoyenne à défier le pouvoir, jamais au grand jamais il n’aurait cautionné « la mousalaha », cette odieuse loi de l’amnésie et des contre vérités.
    LA NATION qu’aucun journal soit disant indépendant n’a soutenu était le seul à oser parler droits de l’homme pendant que d’autres jubilaient devant les massacres des sympathisants du FIS, c’est un journal qui a dénoncé la mascarade électorale de Zeroual dans laquelle les pseudo démocrates ont accepté de jouer aux lièvres pour cautionner une fois de plus, les militaires.
    LA NATION, défendait un principe qui aurait pu épargner la vie de milliers d’innocents, celui de l’égalité devant le droit et celui du droit à la vie. nous avons voulu gérer un drame et une guerre en ôtant aux jusqu’au droit à être des victimes, même lorsqu’elles étaient égorgées et brulées vives.
    ZA




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  • Fahem D.
    4 avril 2010 at 22 h 23 min - Reply

    Salima Ghezali,

    She ‘s a LADY. For the good.

    Re7ma 3la Weldik.

    Dziri normal.




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  • ali
    4 avril 2010 at 23 h 19 min - Reply

    @Amadeus et les autres

    Vous pouvez retrouver SALIMA GHEZALI SUR medi 1.
    il vous suffit de taper sur google  » MEDI 1 POINTS DE VUE « et vous pourrez vous delecter de ses delicieuses chroniques.
    essayez vous ne le regretterez pas




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  • Si Salah
    5 avril 2010 at 10 h 24 min - Reply

    « Usant d’un ton corrosif, ce quotidien s’est illustré par son impertinence et son courage dans le traitement des différents dossiers »…

    Disons « courage sous protection fictive ».

    En 2002-2004, un Benchicou euphorique et dominateur a été jeté dans la gueule du loup, puis, quand les vents ont tourné, on l’a sacrifié en disant: « nos promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire »…

    Je me rappelle un des ses articles pathétiques alors qu’il prenait l’eau: « Tewfik et Lamari, maintenant vous savez »…ca veut tout dire!

    On se rappellera aussi pour la postérité le summum du journalisme d’égouts par un(e) cerain(e) Inés Chahinez…

    Rien de tout ca dans l’article. C’est vrai, chez nous meme les journalistes reecrivent l’histoire, pas seulement le FLN.

    Pour le pouvoir DRS, les journalistes, c’est du Kleenex, gratuit qui plus est. Je vois bien que la lecon Bench n’a pas été retenue.

    Si Salah




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  • Ammisaid
    5 avril 2010 at 17 h 15 min - Reply

    La nation était un journal qui était du côté de la vérité, de la justice, de la liberté d’expression et de la démocratie qu’il voudrait portée par le peuple. Et,c’est pour ces raisons qu’il a été liquidé comme ont été liquidé plus d’une centaines de journalistes qui défendaient la liberté de penser et de l’exprimer, la liberté d’écrire la liberté et la liberté de dire au DRS nous refusons d’être manipulés, instrumentalisés, négrétisés et achetés pour servir ceux qui nous ont spoliés de notre indépendance, de notre dignité, de notre fraternité et nos richesses matérielles, spirituelles et intellectuelles. Je me souviens avoir commencé à collectionner certains articles et ensuite à garder chaque exemplaire qui était édité et, cela, pour une seule et unique raison, la nation parlait un langage que rare étaient les journaux qui le parlaient. La nation était comme sont maintenant LQA et Algérie politique sur la toile qui nous informe sur l’Algérie avec une grande objectivité. Merci à la nation et aux journalistes qui y travaillaient et j’espère qu’un jour nous aurons une autre occasion de lire des plumes qui l’avaient fait existé où de nouvelles plumes qui auraient la même sincérité et qui diraient la même vérité. La vérité qui traversera les siècles sans que personne ne soit capable de l’altérée.
    Fraternellement




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  • batni
    5 avril 2010 at 17 h 59 min - Reply

    Je me rappelle de cette période ou en pouvant lire La Nation et L’hebdo-libéré, 2 hebdomadaires dont les lignes éditoriales sont diamétralement opposées, mais qui faisaient des analyses profondes et recherchées. J’aimais lire les 2 hebdos pour avoir 2 avis opposés sur un meme sujet




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  • Kader
    5 avril 2010 at 23 h 05 min - Reply

    La Nation s’est abstenu d’hurler avec les loups. C’est un journalisme de combat qui y a été mené, pour la liberté, la vérité, l’égalité entre tous les algériens et pour le droit à la vie. Ses journalistes se souviennent bien des attaques dont ils étaient l’objet de la part de leurs « confrères » politiquement aligné. Alignés, ils le sont encore aujourd’hui à observer le pays et la nation en train de se déliter. L’histoire de la presse contemporaine est à écrire. Faudra faire gaffe aux faussaires qui feront tout pour que certaines archives de presse disparaissent, car trés édifiantes. Qui écrivait quoi ? Voilà une nouvelle question médiatique.




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  • toubib
    11 avril 2010 at 21 h 46 min - Reply

    « la nation »restera un journal de reference pour la democratie et la liberte d expression quand a SALIMA GHZALI ,je pense qu elle depasse de loin les pseudoplumes actuelles




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  • malik
    20 juin 2010 at 20 h 19 min - Reply

    a la suite de la suspension de la nation, el watan rapporte l’information que ce journal avait des problemes financiers.bien sure il a occulte la verite.parce que la nation ne caussionne pas les crimes contre le peuple perpetres par le pouvoir.




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  • GODEL LE MYSTIQUE
    20 juin 2010 at 22 h 52 min - Reply

    J’ai des questions que j’aimerai poser:avant 1993 ou 93 il y avait un journal qui s’appelait LE QUOTIDIEN D’ALGÉRIE que je lisait beaucoup.
    -Y a t’ il une relation de ce journal avec l’équipe de LQA?
    -les causes de son arrêt ou suspension?
    -Sa ligne à l’époque ressemble beaucoup à LQA si je ne me trompe pas(j’était un peu très jeune a l’époque),avait tout prévu de ce qu’il allait se passer après 91.réponse s’il vous plait.

    ============
    LQA n’a aucune relation avec le journal Le quotidien d’Algérie du début des années 90.
    La Rédaction LQA




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  • Hacene
    25 juin 2010 at 11 h 43 min - Reply

    Bonjour la redaction
    a mon avis et j’espere me tromper .
    le jounal la nation a paye’ les frais de son soutien au contrat de saint egidio ( Qui aurais pu etre a une vraie soultion a la crise algerienne en eaprgnant des vies humaines)bref
    en plus le courant reformateur  » de linterieur ‘ du FLN dirige’ par Mr HAMROUCHE n’a pas pu imposer son point de vue aux autres courant ultra conservateurs du FLN ( eux ,beaucoup plus prochent , du pouvoir militaire)
    on se souvient de l’operation chirugicale de retablissement du parcour revoultionnaire menee’ par un certain HAJJAR juste pour torpiller l’ancienne equipe dirigee’ par Mr mehri , etait d’une minutie exenplaire .
    quand au fallacieux argument de dettes de la presse indepemndantes aupres des societes d’impressions de l’etat , n’est qu’un jocker que le pouvouvoir museler la presse qui le derrange .la preuve a lepoque des election de zeroual ,je me souvien d’un jeune directeur competent croyant faire son travail ,qui a convoque’ ,tous les editeurs sans excepetion ( ENTRE AUTRE UN JOURNAL D’UN EX GENERAL DES SERVICES DE SECURITE DE L’EPOQUE). c’est fait limoge’ par le president du holding de l’epoque par un simple coup de telephone.juste par ce que ledit jounal ne voulait pas payer comme tout les autres journaux .
    vive la prochaine republique
    et j’epspere me tromper




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  • majid
    25 juillet 2010 at 20 h 47 min - Reply

    gloire a la nation .gloire a essah afa.nous avons bien fait un excellent depart.mais malheureusement les soit disant democrate comme el watan et consort ne veulent pas de concurent.




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  • Congrès du Changement Démocratique