Édition du
26 March 2017

Hiziya, une chanson emblématique de la musique bédouine.

Hizia, le nom d’une jeune femme issue de la famille dominante des Bouakkaz de la puissante tribu des Dhouaouda (descendants, selon certains dires, des tribus des Beni Hilal qui avaient envahi le Maghreb vers le XIe siècle ap. J. C. venant d’Arabie) qui régnait en ce 19eme siècle sur toute la région du Zab et dont les terres de parcours et de transhumance s’étendaient des riches plaines de Sétif au Nord jusqu’à l’oasis de Ouled Djellal au Sud, et bien plus loin encore si l’on jugeait par l’influence de son Cheikh el Arab (titre donné à son chef qui signifie littéralement : Chef des Arabes) à l’époque.
Hizia, fille d’Ahmed ben el Bey, était amoureuse de son cousin Saïyed, orphelin recueilli dès sa tendre enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de Hizia.
Benguitoun, dans son poème, fixe la date de la mort de Hizia à 1295 de l’Hégire, soit 1878 de l’ère chrétienne. Elle avait alors 23 ans, nous dit-il. Hizia serait donc née en 1855.
La cause de son décès fut et reste encore une énigme. Le poème ne nous révèle rien sinon qu’elle fut subite : un mal soudain entre deux haltes, à Oued Tell (une localité à 50km au sud de Sidi Khaled) au retour de la tribu de son séjour saisonnier dans le Nord.
La vérité, bien sûr, on ne la saura jamais !

Saiyed eut recours, trois jours après la mort de Hizia, aux services du poète Benguitoun pour écrire un poème à la mémoire de sa bien-aimée. Plus tard, d’après certains dires, le malheureux cousin s’exilera loin de sa tribu et vivra en solitaire dans l’immensité du désert des Ziban jusqu’à sa mort.
Quoiqu’il en soit, le poème est là pour témoigner de cet amour fou qu’avait porté un jeune homme pour une jeune femme qui valait, à ses yeux, tout ce qu’il y avait de précieux en ce monde et que le poète a chanté avec les paroles du bédouin, langue pure du vécu, langue vivante de tous les jours.
A travers les yeux de Saïyed, le poète Benguitoun a chanté la beauté de cette femme et décrit les merveilles de son corps, osant lever le voile sur des jardins secrets et nous offrir, à travers les âges, un hymne à l’Amour, un hymne à la Beauté, un hymne à la Femme.
Voilà ce qui, en dernier lieu, pourrait rester de Hizia jusqu’à l’éternité, tant qu’il y aura des poètes pour chanter ce nomadisme existentiel propre au commun des mortels…
Par Kachina(http://www.skytopic.com/1173348468-bengouitoun-poete-de-hizia)

Interprétée, avec une rare talent, par Abdelhamid Ababsa, cette chanson est emblématique de la musique bédouine algérienne.
Traduction en français: http://www.skytopic.com/4762425778-histoire-de-hizia


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23 Commentaires sur cet article

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  • moufdi
    14 avril 2010 at 22 h 20 min - Reply

    salam, merci frere DB pour avoir poster la plus belle chanson algerienne de tous les temps-je voudrais juste dire (mon opinion personnelle) la version Khelifi Ahmed est beaucoup plus originale,et puis Khelifi est sahraoui ,merci encore




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  • MOhamed123
    15 avril 2010 at 2 h 16 min - Reply

    @Moufdi, tu n’exagères pas un peu lorsque tu affirmes qu’il s’agit de la plus belle chanson algérienne de tous les temps ?




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  • batni
    15 avril 2010 at 3 h 17 min - Reply

    Un véritable chef d’oeuvre de la musique Algérienne, un produit du terroir. Toute la richesse de l’Algérie dans sa diversité. Un pur produit Hillalien mais il est né chez nous on peut lui faire confiance.




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  • jila
    15 avril 2010 at 7 h 06 min - Reply
  • moufdi
    15 avril 2010 at 9 h 43 min - Reply

    salam mohamed123,peut etre oui mais j ai bien precise -opinion perso.merci




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  • js
    15 avril 2010 at 10 h 02 min - Reply

    Notre culture est riche voici un article d’El Watan sur celui qui est considéré comme le dernier des poetes du Melhoun.

    Mais avant voici ce qu’il dit du poeme Hizia:
    « « La musique sahraoui (saharienne) est la plus répandue du fait qu’elle concerne une population qui occupe les hauts plateaux, de l’est à l’ouest du pays, et une grande partie du Sahara; elle couvre exactement le terrain de parcours des tribus nomades d’origine arabe.

    Basée sur la poésie des différentes tribus, la chanson saharienne dont les origines remontent aux sources de la musique arabe s’apparente au sawt hidjazien et au hida (ou hoda) antéislamiques – une mélopée de conducteurs de chameaux – et est ainsi la musique la plus authentiquement arabe de toutes celles que l’on connaît en Algérie.

    Le chanteur, qui chantait ses propres poèmes, s’appelait fahsi, déformation du mot fassih (éloquent). Tous les chanteurs du début de notre siècle étaient, comme leurs prédécesseurs, des poètes. De la fin du 17ème siècle nous pouvons citer Hadj Aissa Laghouati, un des plus grands du genre, spécialisé dans le madih (chant à la louange du Prophète ou des saints de l’islam). On le cite aussi parmi les poètes soufis (mystiques). Plus près de nous, citons les cheïkhs Smati et Benguitoun – contemporains de l’émir Abdelkader – El Arjani et Mohamed Belkhir* (ce dernier était, à la fin du siècle dernier, le chantre de la tribu des Ouled Sid’ech Chikh). Au début de notre siècle Abdallah BenKerriou et Hadj Aissa Ben Allal. Tous ont laissé d’importants recueils de poèmes dont une grande partie est chantée régulièrement par les chanteurs du genre malhoun (poésie populaire). Ces poèmes sont aussi chantés dans les genres voisins comme le gharbi. Le cheïkh Hamada n’a-t-il pas chanté, dans son propre style, le plus grand succès du genre sahraoui, « Gamr ellil  » d’Abdallah Benkerriou, comme s’il voulait nous prouver qu’il n’y a aucune frontière ni entre les genres bédouins ni entre ces genres et le hawzi ou le chaâbi qui découlent, eux, de la musique andalouse.

    Le chant sahraoui se caractérise par une introduction en solo ponctuée par des vocalises sur les deux syllabes « Aï ! Aï !  » extériorisant la douleur physique ou morale du poète. La métrique de la poésie sahraouie offre au chanteur une grande liberté qui lui donne la possibilité de mettre en relief son esprit d’invention et son habileté d’improvisateur bien que son improvisation se fasse dans le cadre fixé par la tradition où entrent en jeu le genre du poème, sa construction, et même le rythme sur lequel il va se développer. Nous pouvons citer quelques-uns de ces cadres ou modes, très différents les uns des autres, qui donnent aux professionnels aussi bien la tonalité que le rythme sur lequel doit se chanter le poème. Citons parmi les modes le srouji, mode utilisé dans « Guelbi tfakkar orban rahhala  » de Hadj Aissa Ben Allal, le ghates, utilisé dans « Ya cham’a » d’El Arjani, le saihi, le babouri. Il existe encore d’autres modes qu’il serait trop long d’évoquer dans ce modeste travail de vulgarisation.

    La structure du poème (qacida) et son contenu littéraire confirment l’origine essentiellement arabe du chant sahraoui. [voir la traduction du poème de Hizia faite par C. Sonneck et aussi par Souhel Dib].

    Le poème débute en général par l’évocation d’un campement abandonné comme dans les plus beaux poèmes de l’époque antéislamique, ou bien par un tableau de la vie quotidienne du nomade, ou encore par l’éloge de la tribu et de ses hauts faits. Viennent ensuite le portrait de la bien-aimée ou la description d’un festin dans une pure tradition bacchique qui souligne la grande générosité de la tribu pour ses hôtes. Autre début possible: une supplique adressée au Prophète ou au saint patron de la région afin qu’ils aident le poète à parfaire son oeuvre. Cette façon de commencer un chant sahraoui est empruntée aux chants du genre madih, chants très rythmés utilisés dans les confréries mystiques pour les danses extatiques.

    Cette musique utilise les instruments traditionnels de la chanson bédouine: les différents types de flûte de roseau, longue pour les hommes, courte pour les femmes (plus proche de leur tessiture vocale) – les flûtes vont généralement par paire, l’une jouant la mélodie, l’autre faisant le bourdon, une note tenue donnant la note principale du mode choisi; pour la partie rythmée qui vient en fin de qacida, on utilise les tbal-s (tambours à deux membranes, frappés par deux baguettes), les bendir-s (tambours à une membrane, frappés par les mains). Pour le chant bédouin des régions ouest, on utilise en outre le gallal (tambour long à une membrane dont le corps est creusé dans un tronc d’aloès.). A la place des flûtes on peut utiliser des ghaïta-s (sortes de hautbois) quand il s’agit de chants de fêtes religieuses ou profanes et surtout pour rythmer les innombrables danses sans lesquelles une fête ne serait qu’un spectacle sans liesse populaire. Citons le saâdaoui, le heddaoui et l’abdaoui, du nom des marabouts (saints) devant les tombeaux desquels ces danses ont été créées, le mertah (danse paisible), le baroudi (danse des fusils), le khayyali (danse des cavaliers), le tawsi (danse du paon, typiquement féminine, inspirée de la démarche de ce beau volatile).

    […] Des versions écourtées de ce même poème (Hizia de Benguitoun) avaient […] été enregistrées antérieurement, la première par El Hadj Benkhlifa, l’oncle maternel de Khelifi Ahmed, déjà dans la carrière au début des années 30, la seconde dans les années 40, par une autre célébrité de la chanson sahraoui Smaïn Elboussaâdi. Il aura pourtant fallu attendre la fin des années 40 pour voir enfin, comme il se doit, populariser par Abdelhamid Ababsa une oeuvre d’un si grand intérêt en ce qui concerne la littérature populaire et l’histoire des moeurs en usage au début du siècle dernier.»

    * Ce poète fut exilé et emprisonné en Corse par l’armée coloniale de l’époque (cité par Ahmed el Amin « Hizia : l’épopée algérienne » Dar el Misbah, Alger 1991). D’autres poètes de cette époque furent exilés en Nouvelle Calédonie (C. Sonneck « Chants arabes du Maghreb » Maisonneuve, Paris 1902)
    source:http://membres.multimania.fr/cheikh07000/hizia/chanteurs.htm

    ————

    Article d’El Watan.

    La culture algérienne Mohamed El Habib Hachelaf

    Né en octobre 1924 à Djelfa, il a baigné très jeune dans le patrimoine oral algérien et les textes de ses bardes tels Mostefa Ben Brahim, Sidi Lakhdar Bekhlouf ou Ben M’sayeb pour ne citer que ceux-ci. Hachelaf est une figure centrale mais pourtant peu connue de la culture populaire algérienne.

    En dehors des artistes et des connaisseurs, sa contribution précieuse à la poésie et à la musique algériennes demeure souvent ignorée du grand public. Considéré comme un grand — sinon le dernier —maître de la poésie melhoun, ses écrits figurent au répertoire de grands interprètes. Il a ainsi apporté son concours à El Anka, Abderrahmane Aziz, Cheikh El Hasnaoui, Seloua, Dahmane El Harrachi, Nora, Driassa, etc. comme à plusieurs artistes marocains ou tunisiens. Il est entre autres l’auteur de la chanson Djazaïria , écrite à l’indépendance et interprétée par Mohamed Lamari sur une musique de Djillali Haddad.

    Pendant plus de quarante ans, en tant que producteur de plusieurs émissions radiophoniques, dont une pour les enfants, il a œuvré inlassablement à la sauvegarde et à la dynamisation de la culture populaire algérienne. On peut affirmer qu’il a sauvé de l’oubli des pans entiers de ce patrimoine par son activité médiatique mais surtout ses publications. On lui doit une Etude sur le djafr dans la poésie populaire maghrébine, un recueil intitulé Nouba rahouia , un ouvrage sur Les confréries musulmanes en Algérie, une Anthologie de la musique arabe ainsi que plusieurs autres écrits et contributions dont un Dictionnaire des sommités de la poésie populaire .

    Après son décès, en août 2005, les éditions Alpha ont publié à titre posthume son fameux ouvrage El Haoufi, chants de femmes d’Algérie dans lequel il apporte un hommage et un éclairage extraordinaires sur ce genre et bat en brèche bien des préjugés misogynes. On peut lire notamment en introduction : « Pour des raisons inavouées, il y a des gens qui s’efforcent de faire admettre que la société algérienne est une société d’hommes dans laquelle la femme vit loin de toute activité culturelle (et politique). »

    Mohamed Hachelaf a été membre du conseil de l’Office national des droits d’auteur où il a défendu avec rigueur le patrimoine et les artistes. Il a été également membre fondateur de l’Association de la protection du patrimoine musical algérien et du festival de Sidi Lakhdar Bekhlouf, poète mystique dont il était un admirateur et un irremplaçable connaisseur. Sa mémoire prodigieuse, alliée à une pratique constante de l’écriture, lui ont permis, avec une grande discrétion et une rare droiture, de se positionner comme un homme de culture de premier plan.

    La publication de l’ensemble de ses œuvres serait aujourd’hui à la fois une reconnaissance envers lui et une contribution non négligeable à la culture algérienne.




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  • nomade
    15 avril 2010 at 10 h 50 min - Reply

    une legende de l’algerie profonde.




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  • Résigné
    15 avril 2010 at 14 h 28 min - Reply

    Quelqu’un peut-il nous mettre les paroles en arabe.
    Je n’arrive pas à comprendre toutes les paroles du poème chanté, peut être à cause de l’enregistrement.
    La mélodie est envoûtante.




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  • SAID
    15 avril 2010 at 15 h 47 min - Reply

    Quelqu’un peut-il nous en donner une traduction ?

    La chanson a été reprise et traduite en kabyle : elle est magnifique.




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  • amar
    15 avril 2010 at 16 h 20 min - Reply

    vive l’algerie algerienne




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  • torjmane
    15 avril 2010 at 20 h 00 min - Reply

    «Traduire, c’est trahir» dit-on, mais voici une des traductions faites du poème «Hiziya» :
    « Amis, consolez-moi; je viens de perdre la
    reine des belles. Elle repose sous terre.
    Un feu ardent brûle en moi !
    Ma souffrance est extrême. Mon coeur s’en
    est allé, avec la svelte Hiziya.
    hélas ! Plus jamais je ne jouirai de sa
    compagnie. Finis les doux moments,
    où, comme au printemps, les fleurs des
    prairies, nous étions heureux.
    Que la vie avait pour nous de douceurs !
    telle une ombre, la jeune gazelle a
    disparu, en dépit de moi !
    Lorsqu’elle marchait, droit devant elle, ma
    bien-aimée était admirée par tous.
    Telle le bey du camp qui s’avance un
    cimeterre à la ceinture.
    Entouré de soldats et suivi de cavaliers qui
    sont venus à sa rencontre, pour lui
    remettre chacun un présent;
    Armé d’un sabre d’Inde, il lui suffit de
    faire un geste de la main, pour
    partager une barre de fer, ou fendre
    un roc.
    Il a tué un grand nombre d’hommes,
    ennemis du bien. Orgueilleux et
    superbe, il s’avance fièrement.
    C’est assez glorifier le bey ! Dis-nous,
    chanteur, dans une nouvelle chanson
    les louanges de la fille d’Ahmad ben
    al-Bey.

    Amis, consolez-moi; je viens de perdre la
    reine des belles. Elle repose sous terre.
    Un feu ardent brûle en moi !
    Ma souffrance est extrême. Mon coeur s’en
    est allé, avec la svelte Hiziya.

    Lorsqu’elle laisse flotter sa chevelure, un
    suave parfum s’en dégage. Ses
    sourcils forment deux arcs bien
    dessinés, telle la lettre noun, tracée
    dans un message.
    Ton oeil ravit les coeurs, telle une balle de
    fusil européen, qui aux mains des
    guerriers, atteint sûrement le but.
    Ta joue est la rose épanouie du matin, et
    le brillant oeillet; le sang qui l’arrose
    lui donne l’éclat du soleil.
    tes dents ont la blancheur de l’ivoire, et,
    dans ta bouche étincelante, la salive
    a la douceur du lait des brebis ou du
    miel qu’apprécient tant les gourmets.
    Admire ce cou plus blanc que le coeur du
    palmier. C’est un étui de cristal,
    entouré de colliers d’or.
    Ta poitrine est de marbre; il s’y trouve
    deux jumeaux, que mes mains ont
    caressés, semblables aux belles
    pommes qu’on offre aux malades.
    Ton corps a la blancheur et le poli du
    papier, du coton ou de la fine toile de
    lin, ou encore de la neige, tombant
    par une nuit obscure.
    Hiziya a la taille fine; sa ceinture, penche
    de côté, et ses tortis entremêlés
    retombent sur son flanc repli par
    repli.
    Contemple ses chevilles; chacune est
    jalouse de la beauté de l’autre;
    lorsqu’elles se querellent elles font
    entendre le cliquetis de leurs
    khelkhals, surmontant les
    brodequins
    Quand nous campions à Bazer1, je me
    rendais auprès d’elle le matin; alors
    nous goûtions les joies de ce monde.
    je saluais la gazelle; j’observais les
    présages; heureux comme un homme
    fortuné, possédant les trésors de
    l’univers.
    La richesse n’avait pour moi aucune
    valeur, comparée au tintement des
    khelkhals de Hiziya, quand je
    franchissais les collines pour aller la
    rencontrer.
    Lorsqu’au milieu des prairies, elle
    balançait son corps avec grâce, et
    faisait résonner son khelkhal, ma
    raison s’égarait; un trouble profond
    envahissait mon coeur et mes sens.

    Après avoir passé l’été dans le Tell, nous
    redescendîmes vers le Sahara, ma
    belle et moi.
    Les litières étaient fermées; la poudre
    retentissait; mon cheval gris
    m’entraînait vers Hiziya.
    Ils ont conduit les palanquins des belles, et
    ont campé à Azal, face à Sidi
    Lahcen et à Zerga.
    Ils se sont dirigés vers Sidi Said vers al-
    Matkaouak, puis sont arrivés le soir
    à M’Doukal.
    Ils sont repartis de bon matin, au lever de
    la brise, vers Sidi Mohammed,
    ornement de cette paisible contrée.
    De là, ils ont conduit les litières à
    al-Makhraf. Mon cheval, tel un aigle,
    m’emporte dans les airs,
    en direction de Ben Seghir, avec la belle
    aux bras tatoués.
    Après avoir traversé l’Oued, ils sont passés
    par Al Hanya. Ils ont dressé leurs
    tentes à Rous at-Toual, près du désert.
    L’étape suivante mène à Ben Djellal.
    De là, ils se sont dirigés vers El Besbes, puis
    vers El-Herimek, avec ma bien-aimée
    Hiziya.
    A combien de réjouissances avons-nous
    pris part ! Mon cheval gris,
    disparaissait presque dans l’arène,
    (derrière un rideau de poussière); on
    aurait dit un fantôme.
    Ma belle était grande comme la hampe
    d’un étendard; ses dents, lorsqu’elle
    souriait, formaient une rangée de
    perles; elle parlait par allusions, me
    faisant ainsi comprendre (ce qu’elle
    voulait dire).
    La fille de Hmida brillait, telle l’étoile du
    matin; elle éclipsait ses compagnes,
    semblable à un palmier qui seul,
    dans le jardin, se tient debout, grand
    et droit.
    Le vent l’a déraciné, il l’a arraché en un
    clin d’oeil. Je ne m’attendais pas à
    voir tomber ce bel arbre; je pensais
    qu’il était bien protégé.
    mais j’ignorais que Dieu, souverainement
    bon, allait la rappeler à Lui. Le
    Seigneur a abattu (ce bel arbre).

    je reprends mon récit. Nous avons campé
    ensemble sur l’Oued Ithel; c’est là que
    la reine des jouvencelles me dit
    adieu. C’est cette nuit-là qu’elle passa
    de vie à trépas; c’est là que la belle
    aux yeux noirs quitta ce monde.
    Elle se tenait serrée contre ma poitrine,
    lorsqu’elle rendit l’âme. Les larmes
    remplirent mes yeux, et s’écoulaient
    sur mes joues.
    Je pensais devenir fou, et me mis à errer
    dans la campagne, parcourant tous
    les ravins des montagnes et des
    collines.
    Elle a ravi mon esprit et enflammé mon
    coeur la belle aux yeux noirs, issue
    d’une race illustre.
    On l’enveloppa d’un linceul, la fille de
    notable; ce spectacle a augmenté ma
    fièvre, et ébranlé mon cerveau.
    On la mit dans un cercueil, la belle aux
    magnifiques pendants d’oreilles. Je
    demeurais stupide, ne comprenant
    pas ce qui m’arrivait.
    On l’emporta dans un palanquin, embelli
    par des ornements, la belle, cause de
    mes chagrins, qui était grande telle la
    hampe d’un étendard.
    Sa litière était ornée de broderies
    bigarrées, scintillantes comme les
    étoiles, et colorées comme un arc-en-
    ciel, au milieu des nuages, quand
    vient le soir.
    Elle était tendue de soie et tapissée de
    brocart. Et moi, comme un enfant, je
    pleurais la mort de la belle Hiziya.
    Que de tourments j’ai endurés pour
    celle dont le profil était si pur ! Je ne
    pourrai plus vivre sans elle. Elle est
    morte du trépas des martyrs, la belle
    aux paupières teintées d’antimoine !
    On l’emporta vers un pays nommé
    Sidi Khaled.
    Elle se trouva la nuit sous les dalles du
    sépulcre, celle dont les bras étaient
    ornés de tatouages; mes yeux ne
    devraient plus revoir la belle aux yeux
    de gazelle.
    Ô fossoyeur ! ménage l’antilope du désert;
    ne laisse point tomber de pierres, sur
    la belle Hiziya ! Je t’en adjure, par le
    livre saint, ne fais point tomber de
    terre sur celle qui brille comme un
    miroir. S’il fallait la disputer à des
    rivaux, je fondrais résolument sur
    trois troupes de guerriers.
    Je l’enlèverais par la force des armes aux
    ennemis. Dussé-je le jurer par la tête
    de la belle aux yeux noirs, je ne
    compterais pas mes adversaires,
    fussent-ils au nombre de cent.
    Si elle devait rester au plus fort, je jure
    que nul ne pourrait me la ravir;
    j’attaquerais, au nom de Hiziya, une
    armée entière.
    Si elle devait être le trophée d’un combat,
    vous entendriez le récit de mes
    exploits; je l’enlèverais de haute lutte,
    devant témoins.
    S’il fallait la mériter au cours de rencontres
    tumultueuses, je combattrais durant
    des années, pour elle.
    Je la conquerrais au prix de persévérants
    efforts, car je suis un cavalier
    intrépide.
    Mais puisque telle est la volonté de Dieu,
    maître des mondes, je ne puis
    détourner de moi cette calamité.
    Patience ! Patience ! J’attends le moment
    de te rejoindre : je pense à toi, ma
    bien-aimée, à toi seule !
    Amis, mon cheval me fendait le coeur,
    lorsqu’il s’élançait en avant (attristé
    par la perte de Hiziya).
    Après la mort de ma bien-aimée, il s’en est
    allé, et m’a quitté.
    Mon cheval était plus rapide que tous les
    autres chevaux du pays; dans les
    échauffourées, on le voyait en tête du
    peloton.
    Quels prodiges n’accomplissait-il pas sur le
    champ de bataille !
    Il se montrait au premier rang. Sa mère
    descendait du fameux Rakby2. (Nom d’un étalon célèbre amené du Maroc par si Ahmed Tidjani )
    Combien il excellait dans les joutes entre
    les douars, à la suite de la tribu en
    marche; je tournoyais avec lui
    insouciant de ma destinée ! Un mois
    plus tard, il m’avait quitté; trente
    jours après Hiziya.
    Cette noble bête mourut; le voilà au fonds
    d’un précipice; il ne survécut pas à
    ma bien-aimée. Tous deux sont partis
    pour toujours.
    Les rênes de mon cheval gris sont tombés
    de mes mains.
    Ô Douleur ! Dieu, en les rappelant à lui,
    m’a enlevé toute raison de vivre.
    Mon âme est près de s’éteindre, après leur
    cruelle perte.
    Je pleure cette séparation, comme pleure
    un amoureux.
    Mon coeur se consume chaque jour
    davantage; ma vie n’a plus de sens.
    Pourquoi pleurez-vous mes yeux ? Nul
    doute que les plaisirs du monde vous
    raviront. Ne me ferez-vous point
    grâce ?
    la belle aux cils noirs a ravivé mes
    tourments; celle qui faisait la joie de
    mon coeur repose sous la terre.
    Je pleure la belle aux dents de perles; mes
    cheveux ont blanchi; et mes yeux ne
    peuvent supporter cette séparation.
    Le soleil qui nous a éclairé, est monté au
    Zénith, se dirigeant vers l’Occident; il
    s’est éclipsé après avoir été le sommet
    de la voûte céleste, au milieu du jour.
    La lune qui se montre à nous, a brillé
    pendant le mois du Ramadhan, puis
    a disparu du ciel, après avoir fait ses
    adieux au monde.
    Ce poème, je le dédie à la mémoire de la
    reine du siècle, fille d’Ahmed, et
    descendante de l’illustre tribu des
    Douaouda.
    Telle est la volonté de Dieu, mon Maître
    Tout-Puissant. Le Seigneur a manifesté
    sa volonté, et a rappelé à lui Hiziya.
    Mon Dieu ! Donne-moi la patience;
    mon coeur meurt de son mal,
    emporté par l’amour de la belle, qui
    a quitté ce monde.
    Elle vaut deux cents chevaux de race, et
    cent cavales issues de Rakby.
    Elle vaut mille chameaux; elle vaut une
    forêt de palmiers des Ziban.
    Elle vaut tout le pays du Djérid; elle vaut
    le pays des noirs, et des milliers de
    Haoussas.
    Elle vaut les Arabes du Tell et du désert,
    ainsi que tous les campements des
    tribus, aussi loin que puissent
    atteindre les caravanes, voyageant à
    travers les cols des montagnes.
    Elle vaut ceux qui mènent la vie
    bédouine, et ceux qui habitent les
    continents.
    Elle vaut ceux qui se sont installés dans
    des demeures permanentes et mènent
    une vie de citadins.
    Elle vaut les trésors, la belle aux beaux
    yeux; et si cela ne suffit pas, ajoutes-y
    les habitants des villes.
    Elle vaut les troupeaux des tribus, les
    bijoux, les palmiers des oasis, le pays
    des Chaouias.
    Elle vaut ce que renferment les océans;
    elle vaut les Bédouins et citadins
    vivant au delà du Djebel Amour, et
    jusqu’à Ghardaïa.
    Elle vaut, elle vaut le Mzab, et les plaines
    du Zab, hormis les saints et les
    marabouts.
    Elle vaut les chevaux recouverts de riches
    caparaçons, et l’étoile du soir; cela est
    peu, trop peu, pour ma bien-aimée,
    unique remède à mes maux.
    Je demande pardon au Seigneur; qu’il ait
    pitié de ce malheureux !
    Que Mon Seigneur et Maître pardonne à
    celui qui gémit à ses pieds ! Elle avait
    23 ans, la belle à l’écharpe de soie.
    Mon amour l’a suivie; il ne renaîtra
    jamais dans mon coeur.
    Consolez-moi de la perte de la reine des
    gazelles. Elle habite la demeure des
    ténèbres, l’éternel séjour.
    Jeunes amis ! Consolez-moi de la perte du
    faucon.
    Elle n’a laissé que le lieu où sa famille a
    campé, et qui porte son nom.
    Bonnes gens ! Consolez-moi de la perte de
    la belle aux khelkhals d’argent pur; on
    l’a recouverte d’un voile de pierre
    reposant sur des fondations bien
    bâties.
    Amis ! Consolez-moi de la perte de la
    cavale de Dyab3 qui n’eut d’autre (l’un des principaux héros de la geste des banou Hilal )
    maître que moi.
    J’avais de mes mains, tatoué de dessins
    quadrillés, la poitrine de la belle à la
    fine tunique, ainsi que ses poignets.
    Bleus comme le col du ramier, leurs traits
    ne se heurtaient pas; ils étaient
    parfaitement tracés, quoique sans
    plume; seules mes mains avaient
    exécuté ce travail.
    J’avais dessiné ce tatouage entre ses seins,
    lui donnant d’heureuses proportions.
    Au-dessus des bracelets qui paraient ses
    poignets, j’avais écrit mon nom.
    Même sur ses chevilles, j’avais figuré un
    palmier !
    Que ma main l’avait bien dessiné ! Ah ! La
    vie est ainsi faite !
    Saiyed, toujours épris de toi, ne te reverra
    plus; le seul souvenir de ton nom, lui
    fait perdre ses sens. Pardonne-moi,
    Dieu compatissant; pardonne aussi à
    tous les assistants; Saiyed est triste; il
    pleure celle qui lui était si chère. Aie
    pitié de l’amoureux, et pardonne à
    Hiziya; réunis-les dans le sommeil,
    Seigneur !
    Ô Dieu, le Très-Haut. Pardonne à
    l’auteur, qui a composé ce poème; son
    nom est formé de deux mim, d’un ha
    et d’un dal (Mohamed).
    Ô Toi qui connais l’avenir ! Donne la
    résignation à cet homme, qui est fou
    (de douleur); je pleure comme un
    exilé; mes larmes apitoieraient même
    mes ennemis.
    Je ne mange plus; toute nourriture m’est
    devenue insipide; mes paupières ne
    connaissent plus le sommeil.
    Cette pièce a été composée trois jours
    seulement après la mort de celle qui
    me fit ses adieux, et ne revint plus
    vers moi.
    Ô vous qui m’écoutez !Mon coeur est parti avec la svelte Hiziya !»




    0
    • sonia
      25 septembre 2014 at 18 h 40 min - Reply

      Ce poème me remplit d’émotions il est fort et remplit de sensualité envers la belle Hiziya Quelqu’un pourrait il me le traduire en phonétique ne sachant pas lire l’arabe malheuresement j’aimerais pouvoir saisir quelques mots et vocabulaire
      Merci du fond du coeur!




      0
  • BRAHIM
    15 avril 2010 at 20 h 50 min - Reply

    Cela me rappelle un ami du Sud (on l’appeler le tigre, je ne sais plus pourquoi), à l’époque universitaire de la fin des années soixantes, qui nous organiser des méchouis dans sa ville natale à la porte du désert, pendant les vacances. Après une extraordinaire hospitalité et un repas dans la pure tradition du Sud, il nous déclamer ce genre de chanson ou carrément des poèmes « succulents » de cette formidable région. … Ehmoume Akouiya, comme dirait l’autre !!! Vive l’Algérie dans sa richesse diversifiée !




    0
  • mourad
    16 avril 2010 at 8 h 59 min - Reply

    ça me rappelle mon enfance…d’ailleurs, ici en Europe je me suis rappeler de cette chanson et je l’ai chercher sur youtube pour l’écouter 🙂
    ce que je constate, c’est que je ne suis pas le seule dans ce cas…bonne écoute à tous…
    Il nous reste que les souvenirs en Europe 🙁 triste vie…




    0
  • ali
    16 avril 2010 at 10 h 03 min - Reply

    C’etait a la fin des 70. J’etais entrain d’ecouter cette chanson qui passait sur les ondes de la chaine 3, quand mon père entra dans ma chambre. Par pudeur j’ai fais le getst pour eteindre la radio. Il m’a dit EDJITS (laisse la).
    Je suis sorti et je l’ai laissé seul .Il l’a ecouté jusqu’a la fin .il ne comprenait pas les paroles.




    0
  • SAID
    16 avril 2010 at 16 h 32 min - Reply

    Merci beaucoup torjman pour cette traduction !




    0
  • Mohamed Jabara
    16 avril 2010 at 21 h 11 min - Reply
  • Nightingale
    16 avril 2010 at 22 h 51 min - Reply

    @ Torjmane

    merci pour la traduction que tu as proposee, malheureusement ca ne reflete pas le sens original. je ne sais pas qui a fait cette traduction mais elle est tres imparfaite et contient bcp d’erreurs.. par exemple a propos de ses seins
    il ne dit pas: des pommes qu’on offre au malades. mais des pommes qui causent la maladie [tufaah asqaam, les pommes du mal] c’est dire ses seins rendaient les hommes malades.. voir la difference de sense! la traduction a tout perdu.
    encore il na pas dit « que j’ai caresse » c trop faible et un cliche.. mais il a dit que j’ai faconne avec mes mains.. « sawaah yadiya » sawa en arabe c’est faconner et perfectionner. encore la difference de sens entre caresser et faconner est enorme, faconner non seulement indique une intention artistique mais aussi indique que leur relation etait longue depuis l’adolesence peut etre

    defois la traduction non seulement est fausse mais bizarre ou le traducteur original a inventer des choses, par exemple le poete n’a jamais dit « comme un fusil europeen » ce qu’il a dit est tres claire et simple a traduuir… il a dit « qurtaass souri » cartouche syrienne.. pkoi le traducteur a choisi de remplacer syrien par europeen? est il un europeen? ou un algerien europeanise? le dimension ideologieque de la traduction ici est tres claire, il a voulu montre que l’imaginaire collective des algerien etait coupe de l’orient et plutout rempli par des objects et entites europennes

    bon maintenant je vais me taire et laisser le poet parler.. voila le poeme de hiziya dans sa langue originale:

    اللازمة )
    عزوني يا ملاح في رايس البنات * سكنت تحت اللحود ناري مقديا
    يــاخي أنـــا ضرير بيــــا ما بيــا * قلبي سافر مع الضامر حيزيــا

    1- الوقوف على الطلل والحنين
    يا حسراه على قبيل كنا في تاويل * كي نوار العطيل شاون نقضيــــا
    ما شفنا من دلال كي ظي الخيـال * راحت جدي الغزال بالزهد عليــا
    و إذا تمشي قبـال تسلب العقـــال * أختي باي المحال راشق كميـــــــا
    جاب العسكر معاه و القمان وراه * طلبت ملقـــاه كل الاخر بهديـــــــا
    ناقل سيف الهنود يومي غي بـاليـد * يقسم طرف الحديد و اللي صميـــا
    مــا قتل من عباد من قوم الحســــاد * يمشي مشي العنــــاد بالفنطازيـــا
    ما نشكرش البــــاي جرد ياغــــــناي * بنت احمد بالباي شكري و غنايـــا

    2- النسيب و الوصف
    طلقت ممشوط طاح بروايح كي فــــاح * حاجب فوق اللماح نونين بريــــــــــا
    عينك قرد الرصاص حربي في قرطاس * سوري قياس في يدين الحربيــــــــــا
    خدك ورد الصباح و قرنفل وضــــــاح * الدم عليـــــه ساح وقت الصحويــــــا
    الفم مثل عــــاج المضحـــــك لعـــــــاج * ريقك سـي النعاج عسله الشهايـــــــــا
    شوف الرقبة خيار من طلعت جمـــــــار * جعبـــــة بلار و العواقيد ذهبيــــــــــا
    صدرك مثل الرخـــــــام فيه اثنين تـــــوام * من تفـــــــــاح السقام مسوه يديـــــــا
    بدنك كاغط يبان القطن و الكتــــــــــــــان * و الا رهدان طاح ليلـــة ضلميــــــــا
    طلقت بشرور مــــال و مخبل تخبــــــــال * على الجوف تدلال ثنيــة عن ثنيـــــــا
    شوف السيقـــــــان بالخلاخل يا فطـــــــان * تسمع حس النقران فوق الريحيــــــــــا
    —————————
    في بــارز حاطين انصبـح ع الزيــــــــن * واحنا متبسطين في حال الدنيــــــــا
    نصبح في الغزال نصرش للفــــــــــــال * كي اللي ساعي المال و كنوزهريـــا
    ما يسواش المال نقحات الخلخــــــــــال * كـي نجبى عن الاحيال نلقى حيزيــة
    تسحوج في المروج بخلاخيل تســـوج * عقلي منها يروج قلبي و اعضايـــــا
    في التل مصيفين جينـا محدوريـــــــــن * للصحراء قـــاصدين انا والطوايـــا
    و جحـاف مغلقين و البـارود ينيــــــن * الأزرق بي يميل لسـاحة حيزيـــــــــا
    ساقوا جحــــاف الدلال حطوا في أزال * سيدي الأحسن قبال والزرقاء هيـــــا
    قصدوا سيدي سعيد والمتكـعوك زيــــد * و مدوكال الجريد فيهــا عشيـــــــــــا
    رقوا شاو الصباح كي هبوا الريــــاح * سيدي محمد قناق و أرضه معفيــــــــا
    منه ساقوا جحاف حطوا في المخراف * الأزرق لكــان ساف يتهوى بيـــــــــــــا
    بن صغير قصاد بموشــم الأعضـــاد * بعد ان قطعوا الواد جاو مع الحنيـــــــــا
    حطوا رؤوس الطوال في ساحة الأرمال * وطني جلال هي عنــــــاق المشيـــــــــا
    منها رحلوا الناس حطـوا في البسباس * بن الهريمك قيــاس بأختي حيزيـــــــــا
    ماذا درنا عراس، الأزرق في المرداس * يدرق بي خلاص كي الروحانيـــــــــا
    في كل ليلة نزيد عندي عرس جديد * في كل نهار عيد عندي زهويــــــــــــا
    تاقت طول العلام جــوهر في التبسـام * و تمعنـي فـي الكلام و تفهم فيـــــــــــا
    بنت حميدة تبـان كضي الومـــــان * نخلــة بســــــتان غي وحدها شعويــــــــا
    وزند عنهـــا الريح قلعهــــا بالميــــح * مـــا نحسبها اطيح دايم محضيـــــــــــا
    واضرن ذيك المليح دار لها تسريــح * حرفهـــــا للمسيح ربي مولايــــــــــــــــا

    3- حضور المنية
    في واد « يتل » نعيد حاطين سمـاط فـــريد * رايســة الغيد ودعتني يا خويــــــــــــــــا
    في ذا الليلــة وفات عادت في الممــــات * كحل الرمقات ودعت دار الدنيــــــــــــا
    لضيتها لصدري ماتت في حجــــري * و دمعة بصري على خدودي مجريــــــــا
    واسكن راسي جـذاب نجري في الاعـلاب * ما خليت شعـــاب من كاف و كديــــــــــا
    خطفت عقلي راح مصبوغـــة الألمـاح * بنت النـــــاس الملاح زادتني كيــــــــــــــا
    حطوهــــا في كفــان بنت على الشـــان * زادتني حمان نفضت مخ حجايـــــــــــا
    داروها في النعاش مصبوغـة الارماش * راني وليت باص واش اللي بيـــــــــــا
    جابوهــــا في جحاف حومتها تنظـــاف * زينة الأوصاف سبتي طويلة الرايـــــــا
    في حومتهـــا خراب كي مرضى الكوكـاب * زيد قدح في سحاب ضيق العشويـــــــا
    حومتهــــا بالحرير كمخـة فوق سريــــر * وانـــــــــا نشبر مهلكتني حيزيــــــــــا
    كثرت عني هموم من صافي الخرطـــوم * مــــا عدت شي نقوم في دار الدنيــــا
    ماتت موت الجهاد مصبوغة الأثــــمــــاد * قصدوا بهـــــا بلاد خالد مسميــــــــا
    عشات تحت اللحـاد موشومة الأعضــــاد * عين الشراد غـابت على عينيــــــــــا
    ياحفــــار القبور ســــايس ريــــم القـــــــور * لا تطيحش الصخورعلى اللي بيا
    داروها في القبر والشــــــــــــــــاش معجر * تضوي ضي القمر ليلة عشريــــا
    داروها في اللحود ، الزين المقدود * جبارة بين سدود وسواقي حيا
    قسمتك بالكتــــاب و حروف الوهـــــــاب * لا تطيح التراب فوق أم مرايـــــــا
    لوان تجي للعناد ننطح تلث عقـــــــــــــاد * نديها بالزنـــــاد عن قوم العديــــــا
    واذا نحلف و راس مصبوغة الأنعـــــاس * مـا نحسبشي الناس لو تجي ميـــــا

    لوا أن تجي للذراع نحلف ما تمشــــي ذراع * ننطح صرصور قاع باسم حيزيـــا
    لو أن تجي للنقـــــار نسمع كان و صـار * لن نديها قمـار و الشهود عليــــــــــا
    لو أن تجي للزحــــام نفتن عنهــا اعـــوام * نديهـا بالدوام نابو سهميـــــــــــــــا
    كي عـــاد أمر الحنين رب العــــالميــــن * لا لقيت لهــــا من اين نقلب حيـــــا
    صبري صبري عليك نصبر أن نـاتيـــــــك * نتفكر فيك يا ختي غير انتيــــــــــــــــا
    4- موت الفرس بعد الحبيبة
    هلكني يــــــا ملاح الأزرق كي يتــــلاح * بعد اختي غي زياد يحيا في الدنيـــــا
    عودي في ذا التلول رعـــى كل خيــــــــــول * و اذا والى الهول شـــــاو المشليــــــــــــــا
    ما يعمل ذا الحصان في حرب الميــــــــدان * يخوح شــــــاو القران امــــه ركبيـــــــــــا
    آش لعب في الزمول اعقاب المرحــــــول * انا عنه نجول بيـا مــــــا بيـــــــــا
    بعد شهر مــــا يدوم عندي ذا الملجــــوم * نهــــــار ثلاثين يوم وراء حيزيـــا
    توفى ذا الجواد ولــــى في الاوهـــــــــــاد * بعد اختي ما زاد يحيــا في الدنيــــا
    صدوا صد الـــوداع و اختي قـــــــــاع * طاح من يدي سراح الازرق آه ديــا
    ربي اجعل الحيــاة ووراها الممـــــات * منهم روحي فنـــات الاثنين رزيـا

    5-الصورة الجنائزية
    نبكي بكـي الفراق كبكي العشـــــــــــــــاق * زادت قلبــــي حراق خوضت مايـــا
    يــــا عيني واش بيك اتنوح لا تشكبــــــل * زهو الدنيـــا يديك ما تعفى ش عليــا
    زادت قلبي عذاب مصبوغـة الأهـــداب * سكنت تحــــت التراب قرة عينيــــــا
    نبكي و الراس شاب عن مبروم النــــاب * فرقـــــة الأحباب مـــا تصبر عينيـــا
    الشمس الى ضوات طلعت و تمســـات * سخفت بعد أن سوات وقت الضحويــا
    القمر الى يبان شعشع في رمضـــــــان * جــاه الميســـان طلب وداع الدنيــــــــا
    هذا درتو مثيل عن رايســــة الجيـــل * بنت احمد صيل شايعـــــة ذواديـــــــــا
    هذا حكم الا له سيدي مول الجــــاه * ربي نزل قضـــــاه و ادى حيزيــــــــــا
    صبرني يـــــا الله قلبي مــات ابـــداه * حب الزينــــة اداه كي صدت هيــــــــــا

    6- رثاء الحبيبة
    تسوى ميتين عــود من خيـل الجويـــد * و ميــــة فرس زيد غير الركبيـــــــــــا
    تسوى من الابل عشر مايـة مثيــل * تسوى غابــــة النخيل عند الزابيــــــــــــا
    تسوى خط الجريـد قريب و بعيــــد * تسوى بر العبيد حاوســـــا بالفيــــــــــا
    تسوى مال التلول و الصحرا و الزمول * مــــا مشات القفول عن كل ثنيـــــــــــــا
    تسوى اللي راحلين و اللي في البرين * تسوى اللي حاطين عادوا حضريــــــــا
    تسوى كنوز المال بهيـة الــــخلخال * و اذا قلت قلال زيــــــد البلديــــــــــــــا
    تسوى مال النجوع و الذهب المصنوع * تســـــــــــوى نخل الدروع عند الشاويـا
    تسوى اللي في البحوروالبادي وحضور * اعقب جبل عمور و اصفا غردايــا
    تسوى تسوى مزاب و سواحـل الزاب * حاشا ناس القباب خاطي انا الوليــــا
    تسوى خيـل الشليل و نجمة الليــل * فاختي قليل قليل طبـي و دوايـــــــا
    نستغفـــــر للجليـل يرحم ذا القليـل * يغفر للي يعيل سيدي و مولايــــــــــا
    ثلاثة و عشرين عـام في عمر أم حرام * منها راح الغرام ما عاد شي يحيـــــا
    عزوني يــــا اسلام في ريمـــــة الاريــــام * سكنت دار الظلام ذيك الباقيــا
    عزوني يا صغار في عارم الاوكــــار * ما خلات غير دار عادت مسميـــا
    عزوني يــــا رجال في صافي الخلخـــــال * داروا عنهــــا حيال للسـاع مبنيـــــا
    عزوني يــــا حباب فيها فرس ديـــــــاب * مـــــا ركبوها ركاب من غير انايــا
    بيدي درت الوشــام في صدر أم حــزام * مختـم تختام في زنود طوايــــــــــــا
    ازرق عنق الحمام ما فيهشي تلـطام * مقدود بــــلا قلام من شغل يديــــــــــا
    درتــــه بين النهود نزلتـــــه مقــدود * فوق سرار الزنود حطيت سمايــــــا
    حتى في الساق زيد درت وشــام جريد * ما قديتـو باليد ذا حال الدنيـــــــــــا
    سعيد في هواك مـــــا عادش يلقـــــاك * كي يتفكر اسماك تديـــه غميـــــــــا
    اغفـــــــــر لي يا حنين انا و الاجمعين * راه سعيد حزين بيــه الطوايــــــــــــــا
    ارحم مول الكلام و اغفر لام حزام * لاقيهم فالمنـام يا عالي العليــــــــا
    و اغفر اللي يقول رتب ذا المنــــــزول * ميمين و حاودال جاب المحكيـــــا
    يــا علام الغيوب صبّر ذا المســــــــــلوب * نبكي الغريب و نشف العديــــــــا
    مـا ناكلش الطعـام سامط في الافـــــــوام * و احرم حتى المنـام وخطى عينيـــــــا
    بين موتها و الكلام غي ثلاث أيـــــــــام * بقاتني بالسلام و مــا ولات ليــــــــــا
    تمت يـا سامعين في الالف و ميتـــــين * كمل التسعين ، زيد خمسة باقيـــا
    كلمـة براس الصغير قلنهـــــــا تفكــــــــير * شهر العيد الكبير فيــه الغنايـــــا

    في خــالد بن سنـان بن قيطون فـــــــلان * قالت على اللي زمـــان شفناها حيــــا

    وقلبي سافر مع الضامر حيزية




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  • MOhamed123
    17 avril 2010 at 18 h 47 min - Reply

    @Moufdi

    Salam Moufdi. Je l’avais bien compris…




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  • Résigné
    17 avril 2010 at 20 h 23 min - Reply

    @nightingale

    Merci de nous avoir posté le poème en arabe




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  • Malek
    16 septembre 2010 at 11 h 18 min - Reply

    Concernant l’utilisation du mot « essouri », il avait aussi le sens de « roumi » ou même « français ». je confirme son utilisation, avec ce sens, encore dans les années soixante sur les hauts plateaux de l’est algérien où je vivais (et né). Les tunisiens l’emploient encore avec le sens décrit plus haut. A l’époque de la rédaction du poème, la Syrie s’appelait encore « Bilad echam » en arabe (qui regroupait bien sur plus que la Syrie actuelle). On ne trouvera pas de texte en arabe parlant de « souria » ou alors donnez-moi une référence ….




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  • Malek (encore)
    16 septembre 2010 at 11 h 28 min - Reply

    Voici un extrait d’un article de la presse tunisienne qui emploie le mot « essouri » avec le sens de mon post précédent :
    Ailleurs, il parle de «la population qui avait subverti inconsciemment l’unicité de la Mosquée en Médina et de l’Eglise en Bled Essouri». Il y a encore cette formule quelque peu sophistiquée : «la talonner de tout le poids de son talent dramatique».
    Voir le site http://www.lapresse.tn/26052010/6143/propos-sur-lhistoire-dans-la-litterature-francophone-de-tunisie-iii.html




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  • jamai dhahbi
    23 mars 2017 at 15 h 02 min - Reply

    je ne peux retenir mes larmes en ce moment en reecoutant la chanson de Hizia c est l emotion bien sur mais il y aurait toujours un secret en moi envers hizia du fais que je suis d origine algerienne et plus haut marocaine et encore plus haut arabe ainsi que berbere alors la ou se trouve l enigme hizia pourrait etre une cousine perdue




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  • Congrès du Changement Démocratique