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24 March 2017

30e anniversaire du printemps berbère : Identité, vos papiers !

El Watan 16 avril 2010

Dimanche 20 avril 1980. « A 4hl5 du matin, alors que tout le monde s’était endormi à l’issue d’une longue réunion jusqu’à 3h, plusieurs compagnies d’agents des forces de l’ordre (gendarmes mobiles, CRS) donnent l’assaut. Ils sont casqués et armés de fusils, baïonnette au canon, matraques, grenades lacrymogènes… Ils ne tirent pas de balles mais, en revanche, ils pénètrent violemment dans les chambres de la cité universitaire et matraquent tout le monde. Coups de crosse et de baïonnette pleuvent sur les étudiants. » Le témoignage de Rachid Chaker, enseignant en économie à l’université de Tizi Ouzou à l’époque, témoigne de la férocité de la répression qui s’est abattue sur les acteurs de la première révolte populaire de l’Algérie indépendante.

Raison directe de la colère officielle : l’invitation faite à Mouloud Mammeri de tenir une conférence sur la poésie kabyle. Mais derrière se cachait une raison d’Etat : le refus de toute voix indépendante de l’orthodoxie officielle. Qu’est-ce qui a changé depuis, 30 ans plus tard ? Presque rien. Le régime sort toujours ses vieilles rengaines aux allures de marches militaires : la matraque, la « main de l’étranger », l’« union sacrée », les « constantes nationales », « espèces de harkis ! », etc. Selon le dogme dominant, on est Algérien, musulman et Arabe ou on ne l’est pas. Car personne ne croit plus aux discours des officiels autour de l’identité amazigh tant que cette dimension de l’Algérien (du Maghrébin) n’est soutenue par aucun dispositif légal ou académique.

Et le déni de la multiculturalité des Algériens frappe au quotidien. Quand un ancien chef de gouvernement proclame le malékisme comme seul et unique rite pour les Algérien. Quand on traque les chrétiens algériens comme des criminels. Quand on folklorise les cultures des Touareg. Quand on déclare apostasie toute liberté de pensée ou de croyance. Quand un climat malsain imposé par le discours bigot favorise les insultes impunies contre les juifs, les athées, les femmes, les homosexuels, les francophones, les binationaux… Est-ce de l’extrapolation ? Non, car fermer les yeux sur un seul déni ouvre la voie à toutes les dérives, à tous les fascismes. Et nous sommes sur la bonne voie : on ne peut parler d’identité dans un climat liberticide où même les salons du livre et les galas dans les cités U sont surveillés comme des maquis hostiles.

L’Algérien, bafoué quotidiennement dans ses droits, peut-il être à l’aise avec son identité ? L’Algérie est un pays fragile, construit sur des mythes exclusifs et des arsenaux répressifs. L’Algérie a raté l’occasion de devenir un pays fort, riche de sa multiculturalité et de la confiance des Algériens en leurs gouvernants.

Par Adlène Meddi


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11 Commentaires sur cet article

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  • bouyilès
    16 avril 2010 at 20 h 00 min - Reply

    Anecdote pour l’Histoire ou les batailles perdues de notre célèbre équipe ‘Sport et Musique’:
    Une revue ronotypée paraissait durant le printemps 80 et le tirage se faisait de nuit au niveau du campus de Oued Aissi.Nos supers Dribbleurs et champions en infiltration des 18 ne trouvaient toujours pas les auteurs à l’origine des publications.Ils savaient que des ronéos sont volées et que le tirage se faisait au niveau du campus.Ils ont décidé de convoquer une réunion d’urgence de tout les personnels d’encadrement pour soit disant les sensibiliser en vue de retrouver les objets,le lieu et les auteurs du délit.Cette réunion s’est tenue autour de la grande table (de 8 m environ) couverte d’une belle nappe verte et entourée de plusieurs fauteuils en skai.Mais le but n’a pas été marqué ce jour,bien qu’ils aient pénétré dans les 6 mètres.Les ronéos,les revues Tafsut non encore distribuées et les paquets de stencils étaient juste à leurs pieds,dans le grand caisson suupportant les ouvrants de la grande table ovale. Il faut dire que les gaz lacrymogènes leur avaient bouché le pif ce jour-là.
    Maladrese quand tu nous tiens!Qui nous a parlé d’une équipe professionnelle de métier?




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  • SAID
    16 avril 2010 at 23 h 09 min - Reply

    Ce 30 ième anniversaire devrait etre un moment de vraie reconciliation nationale.
    Je lance un appel à tous ceux qui se considerent solidaires de la kabylie, de marquer ce douloureux souvenir, dans leurs regions respectives.
    Quelle belle leçon pour la maffia des assassins qui nous tienne en otage. Un tel evenment celebré dans tous les coins d’Algerie, fera trembler le pouvoir assassin qui fait tout pour marginaliser la kabylie.
    Allez courage !!!!




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  • SAID
    18 avril 2010 at 11 h 51 min - Reply

    Cet article ne suscite pas l’engouement des participants de LQA prompts à dégainer leur plume au moindre commentaire.
    Alors, messieurs, cet evenement ne vous inspire rien ? Toute la kabylie s’apprete à marcher pour marquer le 20 avril 1980, Ain Benian vient d’exprimer sa solidarité en programmant une marche pour le 24 . Et vous autres du 19 mars, vous ne faites rien ? Vous ne dites rien ? celà ne vous concerne pas ?
    Marquer un évenement aussi douloureux dans la vie d’un pays, c’est avant tout pour la memoire, pour l’histoire. Pour que pareille injustice ne se repete pas : agression, repression des étudiants parce qu’ils ont invité MOULOUD MAMERI à faire une conference sur notre amazighité !
    Dites quelque chose, meme si vous etes contre ! Quelqu’un a bien lancer un debat sur : » clarifions sans exclusive ». Alors clarifiez vos positions sur cette question. Le debat sera interessant.




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  • Guerrière de la lumière
    18 avril 2010 at 14 h 15 min - Reply

    Gloire et Paix sur tous nos martyrs!!!
    Nos coeurs sont meurtris et attendent la délivrance…
    Pas un algérien de plus ne doit mourir à cause de cette mafia…trop c trop.

    « EFEGH AYAJRADH TAMOURTHIW
    EL KHIR ITOUFITH ZIK YEKFA
    MAA DEL KADI IKI ZENZEN
    AWID LAAKED MAA ISSAHA

    ………
    YAKHLAT YIMCHOUBEK YEKHFISS
    DEG GHILIF HAFDHEN OUARECHE
    OURYAAKAL BABASS EMISS
    CHAREND IL KOUM ERBAATACH
    WIDHEK ITSEDOUNE AKETRISS »




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  • el-amel
    18 avril 2010 at 17 h 07 min - Reply

    Les Militants de Mhenni s’attaquent à Saïd Saadi, « Toumi est arrivée au pouvoir sur les cadavres des jeunes kabyles. »
    Le Docteur Said Sadi et les militants du MAK, Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, de Ferhat Mhenni, se sont disputés lors du meeting qui a été animé, hier, par le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, le RCD, à la résidence universitaire « 17 octobre 1961 », à Béjaia, autour des objectifs de deux marches, le 20 avril prochain, à l’occasion de la célébration du Printemps Berbère.
    Le Docteur Said Sadi a animé un meeting populaire auquel un grand nombre d’étudiants a assisté, dont la plupart portaient les couleurs de son rival Ferhat Mhenni, président du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie.
    Cela a fait perdre la raison aux militants du RCD et à leur secrétaire général, qui ont qualifié cela de tentative du MAK de gâcher leur rassemblement, dans lequel le SG du RCD s’apprêter à présenter son nouvel ouvrage intitulé « le colonel Amirouche, une vie deux morts un testament ».
    Le docteur Saadi n’a également pas échappé aux sympathisants de Bouteflika qui l’ont accusé de trahison envers le président et de ne pas avoir suivi l’exemple de Khalida Toumi qui est parvenue à atteindre les plus hautes sphères du pouvoir. En ripostant à ces provocations, le Docteur Sadi s’est sévèrement attaqué à un étudiant universitaire, sympathisant du mouvement de Mhenni et l’a appelé à chercher d’autres chats à fouetter en dehors du RCD.
    A propos de Khalida Toumi, M. Said Sadi a estimé qu’elle est parvenue au pouvoir après avoir piétiné les dépouilles des jeunes victimes des événements de la Kabylie.
    Par ailleurs, le docteur Said Sadi a exprimé son entière disposition à abandonner son immunité parlementaire dans le but d’affronter la famille de l’ex président de l’Algérie, feu Houari Boumediene. Il a, dans ce cadre, expliqué qu’il n’a aucun problème avec la famille de Boumediene et qu’il n’a fait que citer des étapes que l’Algérie a traversées, d’un point de vue historique ni plus ni moins. Le Docteur Said Sadi a démenti avoir été contacté par la famille de Boumediene.
    El-Khabar »
    Béjaïa, la ville de l’art et de la culture se transforme en arène de combat, les militants de Mhenni, à l’assaut de Saïd Saadi, deux acteurs en service commandé, le représentant d’une caste franco-berbère et le psychiatre qui se trompe de cible. Ils occupent l’espace médiatique permettant aux affairistes de poursuivre le programme de bradage des richesses. Un exemple de mode de gouvernance dans la capitale des Hammadites : lorsque des oliviers, des figuiers et des ruches partent en fumée suite à un incendie ; quels sont les projets mis en place? ce sont « des cycles d’apprentissage des techniques de traitement et de conservation des dérivés de la figue, tels que le jus et la confiture. Ces cycles de formation gratuits seront assurés par un groupe de femmes françaises, invitées dans le cadre d’une action de jumelage entre l’association des producteurs de la figue de la wilaya de Béjaïa et l’association des agriculteurs de Montpellier. »
    Et ainsi vont les affaires, ni culture, ni identité, ni papiers, ni démocratie : une religion, celle du business




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  • Guerrière de la lumière
    19 avril 2010 at 11 h 04 min - Reply

    Voila une très belle tentative de diversion et de division.
    au MAK+RCD : DEL AIB FELLAWEN ! shame on you! Honte à vous! عيب عليكم
    Nous n’avons pas besoin de ca ni de vous,
    L’heure est au receuillement et à l’union de tous les algériens intégres et sincères pour nous sauver du déluge. L’heure est grave, est très grave!!!
    Ne parlez pas en mon nom,
    je suis libre dans mon coeur et dans mon esprit et point besoin de gens comme vous pour me représenter.
    Ras le bol de vous! vos places sont dans un asile de fous.




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  • Mohamed Jabara
    19 avril 2010 at 14 h 28 min - Reply

    @ Guerrière de la lumière.

    « AWID LAAKED MAA ISSAHA »

    Ne serait ce que ce vers sortide son contexte et qui devrait nous servir de phare dans nos discussions. Point d’avis sans argumentation et point d’argumentation sans preuves.




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  • SAID
    20 avril 2010 at 21 h 20 min - Reply

    Les gens qui font de la politique ont des convictions. Bonnes ou mauvaises à chacun d’apprécier et de les partager ou pas.
    Le RCD a son programme, le MAK a le sien. et chacun a ses raisons et ses fondamentaux.
    Quant à certains jugements de valeur et à certaines divagations de certains … ça ne fait pas avancer le debat sur le changement du systeme. Personne ne force personne à adherer à tel ou tel parti politique.
    N’en déplaise à certains, SADI et MHENNI sont des hommes de conviction et des hommes respectables meme si on n’est pas d’accord avec leurs visions politiques.




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  • Mohamed Jabara
    21 avril 2010 at 9 h 00 min - Reply

    @ Said.

    Ce que tu dis est vrai par certains aspects, à savoir qu’il faut garder mesure et ne pas dévaloriser la personne humaine ni l’insulter.

    Mais un homme politique n’est il pas exposé à voir ses actes critiqués justement parcequ’il fait de la politique, c’est à dire qu’il s’immice par ce biais dans la vie des gens ou risque de le faire ?

    Pourquoi parlerions nous de Zerhouni et pas de Ferhat Mehenni ? Paceque Zerhouni et au pouvoir ?

    Et alros, il faut attendre que les hommes soeint au pouvoir et nous fassent réellement des misères pour pouvoir en parler ? N’avons nous pas le droit de leur faire barrage lorsque nos convictions ne concordent pas ?

    L’attitude de Ferhat Mehenni par exemple qui affirme que la Kabylie est une nation est elle partagée par tous les Kabyles ? Qu’est ce qui lui permet de faire pareille affirmation ?

    Les Kabyles dans leur majorité sont ils d’accord avec lui ou ne reconnaissent ils que la nation Algérienne ? Si on ne peut plus parler des hommes qui font de la politique, on ne peut plus parler de politique et donc on n’a plus rien à dire sur ce site.

    Fraternellement.




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  • bouyilès
    21 avril 2010 at 12 h 14 min - Reply

    Je constate un anti-berbérisme primaire et à travers cela une oppsition farouche à la modernité et aux idées de progrès chez certains et qu’ils croient masquer par de belles paroles à la façon des prêcheurs de mosquées ou des arracheurs de dents.Tout est clair quand on prend les analyses développées par ces gens là à longueur de commentaires sur ce site ou ailleurs.Ces gens ,qui n’arrêtent pas d’encenser tout ce qui est islamiste et qui justifient même certaines actions extrêmistes par simple esprit de clan et en tirant du livre saint qu’ils pensent maitriser les arguments nécessaires,se plaisent à créer des réseaux de connivences par le biais de cet espace et de pleurnicher sur leur sort dès qu’ils sont attaqués par quelques internautes sincères mais néanmoins directs et pas du tout hypocrytes.
    Il ne sert à rien de philosopher ou d’apporter la contradiction à des personnes entièrement acquises à certaines idées et qui interviennent ici dans le seul but de noyer les débats avec leur thèse partisanes.Et dire qu’ils vont même jusqu’à se refugier derrière les principes fondateurs du mouvement du 19 mars.




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  • SAID
    21 avril 2010 at 21 h 14 min - Reply

    Mon cher Mohamed, un homme politique est un homme public. Bien sur qu’on puisse en parler. Mon propos est seulement d’éviter les termes blessants et futiles pour le debat.
    Le F




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  • Congrès du Changement Démocratique