Édition du
25 July 2017

"IMAZIGHEN A-SSA"

Par Saïd Radjef

L’Algérie est riche de sa diversité ; elle doit sauvegarder et perpétuer son patrimoine, car notre histoire ne date pas du 1er novembre 1954 ou de juillet 1830. Elle remonte à si loin dans le temps.

Les séquelles des différentes colonisations qui se sont succédées à travers les siècles, le manque d’éducation politique de nos dirigeants et la falsification de l’histoire pour des raisons aussi stupides que les auteurs qui l’ont orchestrée, ont d’une manière ou d’une autre contribué a occulter  une dimension essentielle de notre personnalité. L’amazighité, au même titre que l’islamité et l’arabité, fait partie intégrante de l’héritage qui façonne désormais notre algériannité.

Autant nos ancêtres sont tombés sans faire de résistance dans les bras de l’Islam, autant l’Islam n’a jamais été un frein à l’épanouissement et à la promotion de tamazighit ddi lakkul.La revendication identitaire en dépit de son caractère légitime, est perçue par le pouvoir militaire comme une remise en cause de son autorité. Le régime qui a succédé à la colonisation sait s’il cède à la revendication identitaire, il ne pourra plus désormais faire marche arrière devant la revendication démocratique et citoyenne du peuple algérien. Pour cela , le pouvoir ne cesse d’instrumentaliser l’Islam, la revendication identitaire et de manipuler les groupes extrémistes des deux bords  en jouant sur la cupidité et l’ignorance des uns et des autres.

Que peut-on dire du vingt avril après trente ans ? Peut-on le célébrer de la même manière ? A-t-il toujours la même signification et la même « saveur »? … Mais avant tout, quelle est la place de ce mouvement dans l’histoire contemporaine algérienne ? Autrement dit, quelles sont les raisons directes et indirectes qui ont conduit à cette épisode dramatique qu’a connu la Kabylie et par ricochée, quelques régions de notre cher pays ? Autant de questionnements pour tenter de comprendre le processus historique des événements du « printemps berbère ».

De prime a bord, il y a lieu de signaler, qu’à notre sens, le mouvement d’avril quatre vingt, est le couronnement de toutes les formes de luttes et de revendications pour la reconnaissance de l’identité amazigh de notre pays. Ainsi, pour l’historien ou le chercheur qui s’intéresseraient à une telle problématique,  devraient remonter inéluctablement au début du siècle dernier, voire, plus loin encore. Au risque d’oublier d’autres contributions dans ce domaine, nous  commencerons par  Boulifa qui a consacré quelques ouvrages à la question de la dimension amazigh de la partie nord africaine. Parallèlement à cela, plusieurs auteurs ont consacré des écrits à cette question. Parmi eux, on trouve des interprètes, des militaires, des orientalistes, des linguistes, des missionnaires, des instituteurs… Pour s’en convaincre, il faudrait consulter en guise d’exemple, « La Revue Africaine » (bulletin de la Société Historique Algérienne qui a paru pendant près d’un siècle et demi). Bien sur, ceci n’enlève en rien aux témoignages historiques de toutes les contributions de cette dernière. La plupart des écrits de ses auteurs étaient dominés, pour une raison ou une autre, par une vision ethnographique. D’ailleurs, d’après les spécialistes du domaine, l’Algérie n’a pas été étudiée d’un point de vue sociologique.

Par ailleurs, il faudrait rappeler un épisode quand- bien même crucial dans le processus historique de la revendication identitaire amazigh. A ce sujet, des différents ont opposé le PPA au MTLD, plus particulièrement entre les Messalistes et les Centralistes, ce qui a donné naissance entre autres, à « La crise berbériste » de 1949. Ce que d’aucuns ont qualifié de véritable tournant historique dans la quête de l’identité de notre pays, étant donné qu’il allait peser de tout son poids sur le mouvement de libération nationale et même après l’indépendance.

Une année après le recouvrement de notre indépendance, la Kabylie entre de plein fouet dans une nébuleuse qui a coûté la vie à quelques 300 victimes. Une conséquence directe de la quête de la démocratie, mais encore une fois, la « Particularité Kabyle », rentre en action comme toile de fond.

Puis, il fallait attendre « L’affaire du journal El-Moudjahed », pour que le mouvement identitaire reprenne  de nouveau du « poil de la bête ». En effet, les poseurs des bombes ont été traduits devant la cours de sûreté de l’Etat, avant d’être envoyés au bagne.

Ce sont là les principales étapes de l’histoire de la revendication identitaire amazigh. Néanmoins, d’autres moyens de cette revendication étaient toujours à l’avant-garde, tels que la chanson, les effets vestimentaires, le port de bijoux particuliers à l’effigie de la lettre « z » en amazigh, les cheveux longs et bouclés avec une barbe à la Massinissa… En gros tout était mobilisé pour affirmer une certaine appartenance à l’amazighité, sans rien renier de l’islamité et de l’arabité de l’Algérie.

Mais le point culminant du processus de revendication amazigh, était sans conteste, le printemps quatre vingt. Des événements qui ont secoué la Kabylie et quelques régions du pays pendant près de 6 mois à la suite de l’arrestation de l’écrivain et chercheur Mouloud Mammeri qui devait animer au cours du mois de mars 1980 une conférence à l’université de Tizi-ouzou . Avec cette fois-ci, une nouveauté : la dimension culturelle et démocratique viennent se greffer et se conjuguer une fois pour toute, à la dimension identitaire, jusqu’à inspirer par la suite quelques programmes de partis politiques. Comme conséquences directes du mouvement, au regard du grand tribut chèrement payé au prix du sang et de la torture, le discours officiel change de ton et de méthodes. C’est dire que dorénavant, en politique, il n’y a plus de place au sacré. C’est ce qui a d’ailleurs facilité les choses au mouvement du 5 octobre 1988, aux événements liés à l’assassinat du chantre de la chanson kabyle, Matoub, et aux événements du « Printemps noirs ».  D’autres événements non moins tragiques, continuent telles des secousses telluriques a secouer à ce jour l’Algérie indépendante.

Aujourd’hui, trente ans après quatre vingt, que reste-t-il de ce mouvement ? Que sont devenus ses principaux auteurs ? Quels sont les acquis identitaires et culturels ? Sait-on toujours ce que l’on veut ? sait-on où l’on va ? Fait-on la part des choses entre la politique politicienne et le culturel tout court ? S’inquiète-on pour l’enseignement de Tamazight ?  Ecrivons-nous correctement Tamazight ? Publions-nous assez en Tamazight ? Pratiquons-nous assez Tamazight ? Rêvons-nous en Tamazight ? A défaut, il nous est permis de dire sans sourciller : « un certain quatre vingt, tant d’espoir mais en vain ».


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31 Commentaires sur cet article

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  • citoyen
    17 avril 2010 at 22 h 25 min - Reply

    imazighen assa azzeka, hommages a tout les martyrs de cette noble cause.respects silence.




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  • D B
    17 avril 2010 at 23 h 07 min - Reply

    Il faut rendre un hommage distingué à tous ces jeunes qui sont tombés sous les balles du régime. Ces Algériens, comme leurs autres compatriotes assassinés lâchement, et ravis à l’amour des leurs, au printemps de leur vie, ont droit à notre respect, et à notre reconnaissance. Dans ce contexte particulier du printemps kabyle, ces jeunes militants ont voulu protester contre le déni d’identité qui était fait à tout un pan, le plus important, de notre identité collective. La berbérité, ou l’amazighité comme on l’appelle aujourd’hui, est un patrimoine qui nous est commun. Même si les vicissitudes de l’histoire ont fait que nombre d’entre nous n’est plus berbérophone, nous gardons en nous les gênes de nos ancêtres qui ont su garder intact cet héritage millénaire qu’est leur langue, notre langue. Personnellement, je m’estime redevable à l’endroit de tous les berbérophones algériens, pour nous avoir gardé intact l’héritage de nos pères. Personnellement, je suis arabe de père, et chaoui de mère. Et je suis fier de mes deux appartenances. Ma fille est mariée à un Kabyle, et je suis particulièrement fier de cette alliance, puisque mes petits enfants sont Kabyles. Pardon de vous avoir infligé mes histoires familiales, mais c’était juste pour vous dire combien nos liens étaient intimement imbriqués, les uns aux autres. Tout à l’heure j’ai suivi une émission sur Arte, sur Al Andalous, et j’ai été ému de redécouvrir le rôle éminent qui a été joué par les berbères musulmans du Maghreb, dans l’Histoire universelle.
    En cette occasion de la commémoration du printemps noir, je salue avec sincérité la mémoire de nos jeunes compatriotes qui sont morts pour leurs idées, ainsi que les nombreux autres qui ont été blessés, torturés, emprisonnés, de façon souvent atroce. Et je dis, haut et clair, que toute la vérité doit être faite sur ces circonstances tragiques.
    La Kabylie est chère à nos cœurs. Ne laissons personne la meurtrir plus qu’elle ne l’a été.
    DB




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  • Mohamed Jabara.
    18 avril 2010 at 9 h 00 min - Reply

    L’Algérie est à tous ses fils, son peuple est un et indivisible, la culture amazighe lui est commune assagui nagh azekka, il doit la promouvoir et promouvoir toutes ses cultures sans distinction aucune.

    Comme dit @D.B. les brassages sociaux ne peuvent plus permettre de distinguer dans notre société sur des bases ethniques qui est qui, les migrations et la stabilisation des parlers dans certaines régions font que celui qui s’y établit voit sa descendance les parler et au bout de quelques générations elle s’y identifie.

    Un algérien arabophone n’est pas nécessairement arabe et un Algérien berbérophone n’est pas nécesairement berbère sauf chauvinisme de leur part ce qui pour nous tous Algériens est une manière d’etre..

    Mais le creuset initial de ce pays est berbère et un respect particulier doit etre reconnu à ce creuset qui nous rassemble tous, arabophones ou berbérophones.

    Vive l’Algérie, amazighe, arabe et musulmane et gloire à ceux vivants ou morts qui ont oeuvré dans un souci rassembleur de la nation Algérienne à promouvoir cette culture au profit de toute l’Algérie.




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  • akli
    18 avril 2010 at 9 h 23 min - Reply

    Bonjour,merci pour cette synthése historique sommaire .J ajoute que vous auriez pu mentionner Dda Mohand Said LECHANI comme pionnier des études berbères et Rachid ALI YAHIA l’homme qui a posé la question bebère sous un angle politique s’opposant à l’arabo islamisme négateur du courant nationaliste incarné par Messali et ses compagnons.AKLI




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  • benamina
    18 avril 2010 at 12 h 19 min - Reply

    Sans prétention de le défendre,je crois qu’il ne faut pas toujours tout rejeter sur le pouvoir qui peut avoir joué sur cette fibre sensible(de l’identité et la langue)comme a joué à fond le colonialisme français. Dans toute société humaine lorsqu’il y a une langue et une culture dominantes (nombre d’individus qui s’y identifient, nombre de locuteurs, niveau de développement et de rayonnement de la langue et la culture)il y a réactions de défense et même de rejet de la part de certains locuteurs et ‘porteurs’ de la langue et la culture minoritaires. il n y a qu’à voir la réaction parfois violente et démesurée de certains de nos arabophones par rapport à la langue française et culture occidentale.les conflits ouverts et parfois, malheureusement, les déchirements et drames qui peuvent dégénérer de cette situation sociologique sont toujours liées à des manipulations et manœuvres politiciennes (de part et d’autre). pour le sujet qui nous concerne, je crois avoir déjà écrit sur ce même site que cette quête identitaire légitime, dès le départ (dans les années 40s du siècle dernier)s’était posée en termes ‘non-rassembleurs’, voire même de manière maladroite , pour ne pas dire autre chose qui peut choquer certains compatriotes. c’est ce qui a fait qu’elle a été reçue avec circonspection, méfiance et rejet par ceux-là même qui pouvaient y trouver une affinités ou une empathie.




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  • Guerrière de la lumière
    18 avril 2010 at 13 h 32 min - Reply

    Hommage à toutes les victimes algériennes sans distinction aucune. L’unité fait la force. Unissons nous maintenant pour reconstruire l’Algérie de demain. Paix de Dieu soit sur ceux qui se sacrifient pour nous éclairer le chemin à l’image de la bougie qui se consume pour éclairer nos nuits obscures pleines d’angoisses et d’incertitudes.
    Demain est déjà un autre jour…




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  • KIFKIF
    18 avril 2010 at 16 h 54 min - Reply

    dans quels termes aurait-il fallu poser la question de l,amazighite pour qu,elle soit rassembleuse ?
    on veut une esquisse.
    en termes folkloriques peut etre ?
    il y a un proverbe kabyle qui dit:
     » ula dhenvi azdafen thachrurth » en francais ca donne a peu prés ca :  »meme pour le prophete, qlssl, ils colleront des casserolles »




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  • Arezki Nait Amar
    18 avril 2010 at 21 h 37 min - Reply

    Hommage à toutes les victimes du régime totalitaire et sanguinaire qui règne en Algérie depuis 48 ans.C’est la preuve que le clan d’Oujda qui nous gouverne par la force durant cette période est le digne héritier du régime coloniale connu pour ses méthodes répressives et barbares.
    Gloire à nos martyrs ! La lutte continue jusqu’au recouvrement de la souveraineté du peuple algérien !




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  • Mohamed Jabara
    18 avril 2010 at 21 h 37 min - Reply

    sauf chauvinisme de leur part ce qui pour nous tous Algériens est une manière d’etre..




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  • Adel
    18 avril 2010 at 22 h 30 min - Reply

    @radjef saìd

    Bonjour,

    «Aujourd’hui, trente ans après quatre vingt, que reste-t-il de ce mouvement ?»

    Le 20 avril 1980, a été le jour où la jeunesse de Kabylie a vaincu la peur et dit «Halte au déni identitaire! Nous ne voulons plus nous taire!» Et depuis ce jour, la cause de l’amazighité ne fait que progresser, lentement, peut-être, dans la douleur, certainement, mais elle progresse quand même et il n’est pas loin le jour où tous les Algériens reconnaîtront cette partie d’eux-mêmes et la revendiqueront haut et fort sans complexe. Bien qu’arabophone de naissance, j’ai grandi dans une cité d’Alger entouré d’amis qui parlaient le kabyle et, avec le temps, je suis parvenu à comprendre suffisamment cette langue sans la parler correctement hélas. J’ai longtemps gratté la guitare dans ma jeunesse en chantant Avava inouva ou Essendou. Je suis certain que si, dès l’indépendance, les dirigeants algériens avaient opté pour une conception moins centralisatrice et monolithique de l’État et de la culture, bien des déboires auraient été évités.

    Rendons hommage à tous ceux et toutes celles qui ont donné leur vie ainsi que ceux et celles qui ont connu la prison et la torture pour que l’amazighité de l’Algérie ait enfin droit de cité et qu’elle ne soit plus reléguée au rang de folklore en voie d’extinction.

    La Kabylie a toujours été une terre de luttes et de sacrifices. Elle a donné naissance à des hommes et des femmes braves et fiers comme ses montagnes, mais aussi généreux, sincères et fraternels. Mais les clichés ont la peau dure, hélas…

    Amicalement




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  • Zehira Houfani
    18 avril 2010 at 23 h 11 min - Reply

    Bonsoir tous,
    @ M. Radjef
    Encore une fois, l’anniversaire qui marque le 30e du dramatique printemps kabyle survient dans une triste conjoncture autant pour la kabylie que pour toute l’Algérie. Merci M. Radjef pour ce résumé de l’histoire mouvementée (tourmentée) de notre chère Kabylie, malheureusement encore sous le joug des mêmes faiseurs du drame algérien. Les pro. de la manip et la division, devenues les béquilles du pouvoir titubant. Mais les kabyles ne sont pas dupes et savent que leur combat est celui de tous les Algériens qui aspirent à la liberté et à la dignité dans un État de droit. La région frondeuse n’a rien sacrifié de son héritage (amazighité, islamité et arabité) qui façonne, effectivement notre algériannité à tous. Je m’en rends compte à l’émotion qui m’envahit quand j’entends des sons de chez moi, tout chez moi, d’est en ouest et du nord au sud.

    Merci aussi de me donner l’occasion de saluer la mémoire des vaillants qui ont porté haut et fort cette révolte payée de leurs vies. L’Algérie ne l’oubliera pas car la Kabylie en sera le cœur, comme elle l’a toujours été.




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  • l.leila
    18 avril 2010 at 23 h 15 min - Reply

    ALLAH yarham tou(te)s les compatriotes, jeunes et moins jeunes, victimes du régime des haggarines, assoiffés de pouvoir.
    Et que vive l’Algérie humanisée !




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  • Ammisaid
    19 avril 2010 at 0 h 15 min - Reply

    A la revendication de la reconnaissance de tamazighith a été toujurs associé les revendications suivantes: liberté d’expression, liberté individuelle et collective, justice sociale, des élections libres et indépendantes,le respect des droits de l’homme…pour toute l’Algérie. Malheureusement, le pouvoir avait tout fait pour stigmatiser la kabylie, l’isoler et la rendre detestable aux yeux des autres Algériens et il avait favoriser les opportunistes (qui sont,actuellement, tous bien placés), il avait inflitré certains groupes et il avait retourné d’autres à son profit. Le pouvoir avait tout explosé et tout détruit comme il avait cotume de le faire à chaque fois que son hégémonie sur l’Algérie et ses richesses est menacée. Le prix payé par la jeunesse de la kabylie était très fort et la Kabylie est progressivement saccagée sur tous les plans. Le pouvoir continue à la détruire, à la manipuler, à l’éloigner du reste de l’Algérie, à la terroriser en permanence pour l’empêcher de se reconstruire et de relever et à la surcharger de tous les maux possibles et inimaginables. Allah yarhem tous ceuxet toutes celles qui s’étaient sacrifiés sans désirer autre chose qu’une Algérie libre, diverse,démocratique et résolument orienté vers la modernité dans son identité la plus la plus large et la plus authentique.
    Fraternellement




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  • hamza
    19 avril 2010 at 6 h 29 min - Reply

    Salam

    texte à méditer du Président BEN KHEDDA Rahimahou Allah
    La France en occupant l’Algérie, a entrepris, comme on sait, une politique systématique de dépersonnalisation en s’attaquant au socle sur lequel repose la société algérienne : l’Islam. L’histoire du pays et de son peuple a été détournée et asservie à ce vaste dessein. En réhabilitant le passé latin de l’Afrique du Nord, en glorifiant plusieurs siècles où l’Eglise y était implantée, en occultant l’importance de l’apport islamique, cette histoire, dûment dénaturée, a été l’un des instruments de la colonisation culturelle en Algérie. Elle fait volontiers référence, à l’époque anté-islamique pour souligner, par exemple, les vertus guerrières de la Kahéna1, et conforta sa légende uniquement parce qu’elle a combattu l’Islam. La période musulmane est, au demeurant, assimilée sans vergogne aux “siècles obscurs” d’un Maghreb dominé par “l’éternel conflit arabo-berbère”, et cette grossière contrevérité a malheureusement laissé des séquelles visibles surtout chez nombre de nos intellectuels francophones.

    L’histoire domestiquée par l’idéologie coloniale a systématiquement dénigré le passé arabo-musulman de l’Afrique du Nord. Elle a délibérément nié sa fécondité et sa richesse civilisatrice. Elle ne s’est pas fait faute de passer sous silence certaines de ses figures illustres, tel Tarek Ibnou Ziad, qui a ouvert l’Espagne et par voie de conséquence l’Europe, à la civilisation musulmane. Ni d’entretenir une véritable conspiration du silence à propos des grandes dynasties : Celle des Mourabitoune (Almoravides) avec Youcef Ibn Tachfine, celle des Mouwahidoune (Almohades) avec El Mahdi Ibn Toumert et Abdelmoumen Ibnou Ali. Et pour cause, parce que ces empires prestigieux et ces noms emblématiques ont correspondu à l’âge d’or du Maghreb qui formait alors avec l’Espagne un seul Etat, puissant et prospère, où brillaient de tout leur éclat le savoir et la culture
    les origines du premier novembre. Ben Youcef BEN KHEDDA




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  • hamza
    19 avril 2010 at 6 h 34 min - Reply

    salam
    Je remet ici le commentaire qui me parait plus adapté au topic
    « Parmi ses signes, il ya la création des cieux et de la terre , la diversité de vos langues et de vos couleurs » Coran XXX, 22
    La période islamique du Maghreb que les berberomaterialistes veulent court circuiter est l’une des périodes les plus fastes e les plus fructueuses vécu par les peuples du maghreb.. c’est durant cette phase islamique de l’histoire que le berbère motivé essentiellement par l’islam apparait pour la première fois comme acteur de l’histoire à travers la succession des états Rostomide, Idrisside, Fatimide, Almoravide, Almohade jusqu’a l’avènement de la régence turque au XVI siècle. Cette période apparait comme la plus importante en durée et surtout en termes de valeurs et d’activité historique intrinsèque . En effet contrairement aux phases précédences ou le berbère n’est mentionné que dans une relation externe. Les minutes de la phase islamique sont directement prise en charge dans une relation interne par les berbères eux même et ce au triple point de vue religieux politique et scientifique .C’est pourquoi la défiance vis à vis de l’Islam qui émane des travaux de recherche sur l’identité berbère n’est que la conséquence d’une conditionnement de la conscience par le modernisme et la pensée laïque . C’est le dualisme cartésien qui nourrit l’attitude d’exclusion comme si la berbérité est avant tous une différence quasi absolue et non l’une des expressions de l’universalité. . En sorte que pour cette vison restrictive de l’identité , soit l’islam est évoqué évasivement puis mis en marge de tout son intérêt au profit de la dérive existentielle moderne soit l’histoire berbère correspondant à l’islam est assimilée à un phénomène adventice presque comme une sorte d’hypocrisie revêtue par le berbère pour traverser l’histiore . Soit le désir légitime d’intégrer l’histoire d’avant l’islam pour corriger une amnésie rétrograde qu’au prix d’une amnésie antérograde c »est à dire en occultant et en passant outre la même histoire avec l’islam. Soit enfin en brandissant l’héritage collectivoancestral comme la preuve que l’islam au maghreb n’a pas pénétré la profondeur de l’homme….




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  • radjef said
    19 avril 2010 at 15 h 00 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. C’est quoi l’interêt superieur de la nation? Est ce que dresser les berberistes contre les islamistes releverait de l’interêt superieur du pays? Et d’abord pourquoi les islamistes et les berberistes doivent-ils à tout prix s’affronter? Cela profite à qui? Pourquoi notre identité doit-elle être source d’affrontements et de violences et non une amorce au dialogue, à la concertation, au savoir, à la science et à la solidarité? Pourquoi je dois à tout prix hair Abassi Madani,A Haddam et Ali Belhadj? En quoi transcrire tamazighit en arabe, en chinois ,en bourguignon ou en occitan est-il une menace pour le berbere? L’Islam a t-il empêcher Mouloud Mammeri de porter haut la revendication amazigh?…Non messieurs de la presse! Ce n’est pas en dressant les uns contre les autres que vous arriverez a maquiller la mediocrité, la peur et les defaillances de la junte au pouvoir. Ce n’est pas en denaturant le cours de l’histoire par des minorités extremistes que vous allez promouvoir l’ordre citoyen, intellectuel et politique en Algerie. La seule façon de rehabiliter le talent , l’art et le savoir est de renvoyer l’ANP dans les casernes.




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  • Résigné
    19 avril 2010 at 16 h 48 min - Reply

    Je viens de lire un autre article de LQA, juste en haut, à droite dont le titre est: -Chronologie du printemps berbère 1980-, et ou, à ce temps-là déjà, le pouvoir et ses relais traitaient les initiateurs du mouvement de berbéro-marxites. j’ai jeté un coup d’oeil à la liste des 24 détenus en bas de l’article et je n’ai décelé aucun bérbéro-marxistes.
    En 2010, des suppôts du pouvoir allergiques à cette revendication n’ont rien trouvé de mieux pour brocarder ses défenseurs que de substituer  »berbéromatérialistes » à  » berbéro-marxistes »
    j’aimerais juste savoir en quoi: revendiquer que ses enfants étudient dans leur langue maternelle à l’école, regarder les programmes télé dans sa langue, se défendre en justice dans sa langue maternelle et rêver dans sa langue maternelle soit en quoique ce soit en contradiction avec notre foi musulmane.
    À force d’opposer l’Islam à cette revendication légitime, on bonifie les évangélistes, qui contrairement aux 24 détenus, sera très difficile de taxer de bérbéromatérialistes, mais je ne désespère pas, ce ne sont pas les épithètes qui manqueront.




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  • Ali
    19 avril 2010 at 19 h 01 min - Reply

    @ Rajef Said

    faire l’éloge d’un Boulifa est trés exagéré. Je vous laisse méditer sur la conclusion de son ouvrage sur l’histoire du djurdjura…

    Boulifa : Le Djurdjura à travers l’histoire… 1925.

     » La vielle France, maîtresse de l’Afrique du Nord, réservoir d’énergie et d’intelligence, peut dans cet avenir éventuel jouer le beau rôle. Le berbère soutenu guidé par elle, suivant l’esprit traditionnel, et de sa race, pourra porter haut et loin le drapeau du progrès et de la civilisation et ce, pour l’honneur de la France, comme pour la gloire de l’humanité, qui ne veut pas que les génies des vielles et belles races s’anémient et disparaissent. La berbérie, devenue la Grande République Fédérative, saura par sa sève débordante, par son activité et son intelligence, régénérer et garder en son sein le souvenir du génie libérateur de la Tutrice bénie.
    Le Berbère aujourd’hui, quoique peu ou mal connu, est aussi jeune, aussi vigoureux et actif qu’au temps des Massinissa ou Juba, peut faire pour le génie de la France, sa mère adoptive, ce que ces aînées ont fait pour la civilisation Carthaginoise, romaine et arabe, C’est-à-dire faire de la civilisation française le flambeau de la lumière, le foyer de Justice et de Vérité dans les futurs Etats libres et indépendants civilisée et affranchie de l’avenir. »




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  • hamza
    19 avril 2010 at 20 h 01 min - Reply

    Salam à tous
    Le berbérisme ou le baathisme ou le kemalisme Voilà des conséquences direct de l’Humanisme séculier et marchand. L’obscurantisme humaniste continu à tyranniser les esprits de l’ élite musulmane qui se contente de reproduire le modèle politique et philosophique de l’occident moderne. Ainsi Toute voie menant à l’émancipation intellectuelle est obstruer
    L’identité psychologique est présentée comme une fin en soi, est confinée au domaine psycholinguistique et l’affirmation de la différence référée exclusivement à la langue et à l’héritage collectivo-ancestrale. C’est exaltation d’une identité psychologique berbére ou arabe se suffisant à elle-même ; coupée de ses prolongements supérieur expose à des conséquences graves.
    Au sein du courant humaniste le dualisme cartésien débouche sur L’évacuation pure et simple de l’esprit au motif qu’il est une simple abstraction théorique. L’existence humaine est reléguée à son cours zoologique
    Par opposition L’identité spirituelle est le rattachement explicite a une tradition régulière pour en assumer le dogme le rite et la loi.
    Les valeurs spirituelles passent au premier plan pour reléguer en arrière les barrières raciales, psychologiques linguistiques et géographiques. ici la spiritualité à l’état latent est disponible pour toute identité psychologique apte à l’assumer. C’est ainsi que l’histoire de l’islam est un jalonnement ou un édifice dont chaque pierre est la réflexion spécifique produite successivement par les identités psychologique qui ont eut a l’assumer comme motivation existentielle à l’instar des arabes, des berbères des perses des Mongols des turcs et les negro africains. Socialement et historiquement ces identités psychologiques expriment toutes et chacune à sa façon la vérité islamique une, assumée comme mode de vie et comme support nécessaire et suffisant vers le but suprême de tout homme la réalisation spirituelle et l’accès à l’immortalité.
    L’ arabité et la berbérité doivent s’inscrire obligatoirement dans cette perspective islamique qui perpétuent aisni la continuité des traditions régulières abrahamiques assumées par les peuples du Maghreb durant les siècles antéislamiques .




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  • radjef said
    19 avril 2010 at 20 h 29 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@Ali, bonsoir. Boulifa est cultivé et il ne porte pas sur ses mains le sang d’algeriennes et d’algeriens innocents. Ce qui n’est pas le cas de ceux qui nous dirigent aujourd’hui…Des tirailleurs toujours en service.




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  • Mokdad
    19 avril 2010 at 20 h 44 min - Reply

    Bonjour à tous
    Excellent texte Si Hamza tu voles très haut Ya Sahbi!!!
    Effectivement l’occident encourage Tous les particularismes et les contrôle dans le seul but d’éviter le ressourcement par l’islam
    Le berbérisme ou la revendication berbériste est une exaltation identitaire et psychologique a forte connotation séculière et de forts relents antisilamiques La contamination marxiste et féministe est évidente pour celui qui a un peu de discernement

    Par ailleurs Il ne faut pas confondre l’arabité de Benbadis avec l’arabisme batthiste séculier Le primat de l’islam comme motivation existentielle nécessaire et suffisante et la référence à la langue arabe se justifie exclusivement en tant que support linguistique de la révélation et non en tant que support d’une affirmation biologique naturaliste.




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  • moura
    19 avril 2010 at 22 h 51 min - Reply

    @Radjef
    je m’excuse je n’ai pas lu ton texte ainsi que ceux des intervenants(tres fatigué et …),j’interviendrai apres;mais je voudrai le dire aujourdhui,ne seraice que pour moi meme,il ya trente ans(21 avril 1980) nous avons occupé l’université de bab ezzouar (on etait à deux,vivants jusqu’a au moins une semaine) à 6heure du matin,c’est la deuxieme université apres celle de tizi ouzou(occupé par les crs) à etre occupée,c(est parti de ma chambre universitaire de bab ezzouar la K29):oui j’ai donné mon nom et mon prenom à ceux qui nous font ch..,mais je m’en tape.




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  • batni
    20 avril 2010 at 4 h 30 min - Reply

    A @hamza,
    Vous n’êtes jamais intervenu pour nous éclairer avec vos connaissances lorsque plusieurs articles sur ce site nous parle d’arabe, de monde Arabe ETC… Je vois que ce qui bon pour les uns n’est pas bon pour les autres.
    Pour paraphraser notre ami Said Radjef en quoi la Langue berbere peut gener l’islam?

    A Mokdad,
    Pour te paraphraser je dirais que la langue berbere se justifie exclusivement en tant que support linguistique des échanges verbales des habitants de cette contrée et non une affirmation extra-terrestre et martienne.




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  • moura
    20 avril 2010 at 11 h 01 min - Reply

    @ Radjef
    Mohammed harbi disait qu’il faut decoloniser l’histoire,il faut qu’on dise aussi qu’il faut desetatiser ou denasionaliser l’histoire et c’est aux historioen de le faire.bien sur en tant que citoyen dire la verité si on la connait,dire que les imazighen sont « tombes  » sans faire de resistance n’est pas une verité.
    @ Ali
    le texte que vous proposez (vous avez bien fait de citer la date 1925) doit etre placer dans le contexte de l’epoque ou editer est une gajure,boulifa a eu le merite de nous informer de son terroir à sa maniere.




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  • LE GRAND MAGHREB
    20 avril 2010 at 12 h 41 min - Reply

    CHEIKH IBNOU BADIS A DEFINIT LE PEUPLE ALGERIEN EN DISANT CHAABOU ALJAZAIRI MOUSSLIMOUNE WA ILA AL OUROUBATI YANTASSIB C’EST TRES CLAIR.




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  • karima
    20 avril 2010 at 17 h 50 min - Reply

    @Hamza,je ne sais pas si vous vivez en Algerie ou ailleurs,Je vous certifie que la majorite des fondements et principes des societes occidentales sont inspires de cette religion ( l’Islam) consciemment ou inconsciemment.Moi je dirai plutot les deux mais je ne serai pas surprise de savoir que le modele occidental dans la gestion des societes est le derive d’un raisonnement logique.Le contenu du Coran est une science qui precede toutes les scienceS.le developpement intellectuel ou materiel dans les societes avancees n’est que le fruit d’un acharnement a vouloir avancer et la curiosite scientifique qui a pousse pas des scientifiques dans ces societes a questionner la nature et l’evironnement.




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  • karima
    20 avril 2010 at 17 h 56 min - Reply

    @ Grand Maghreb, merci pour la solution, c’est bon on doit cloturer le dossier.Quelle simplicite point d’exclamation.




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  • radjef said
    20 avril 2010 at 18 h 26 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@moura, bonsoir. C’est a Med Harbi de se decomplexer devant l’histoire, lui qui revendique le statut d’historien, et de nous dire comment les choses se sont réellement passées. Les berberes n’ont jamais rejeté l’Islam, bien au contraire ils l’ont fortifié sans toutefois delaisser la science et le savoir…Nos camarades berberistes d’ici et d’ailleurs qui pensent que l’Islam ne peut pas être un espace pour l’eclosion du savoir et de la science, ne savent pas ce qu’ils disent et font sans le savoir le jeu de la junte…Qu’ils se posent la question qui est Mouloud Mammeri, qui est cheikh Mohand El Mokhtar, qui est Cheikh Ben Aderahmane?…Les precurseurs de la revendication identitaire ont-ils tenté de combattre l’Islam?…




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  • mokdad
    20 avril 2010 at 19 h 48 min - Reply

    Le cheikh Ibn Badis dans un article retentissant rappela : « Les fils de Ya’rub (les Arabes) et les fils de Mazigh (les Berbères) sont unis par l’Islam depuis plus de dix siècles. Et tout au tout au long de ces siècles, ils n’ont pas cessé d’être étroitement liés les uns aux autres, dans la mauvaise et la bonne fortune, dans les jours de joie et les jours d’épreuves, dans les temps heureux comme dans les temps difficiles de sorte qu’ils forment depuis les âges les plus reculés, un élément musulman algérien dont la mère est l’Algérie, et le père l’Islam.

    Les fils de Ya’rub et ceux de Mazigh ont inscrit les marques (ayat) de leur union sur les pages de l’histoire avec le sang qu’ils ont versé, sur les champs d’honneur pour assurer la suprématie de la Parole de Dieu et avec l’encre qu’ils ont coulée au service de la science.

    Après cela, quelle force est-elle capable de les séparer ? Ils ne se sont point divisés du temps qu’ils étaient les plus forts ; comment pourraient-ils alors que ce sont d’autres qu’eux qui détiennent le pouvoir ? Par Dieu, non. Et toute tentative pour les diviser ne fera que renforcer leur union et consolider leurs liens »




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  • moura
    24 avril 2010 at 8 h 40 min - Reply

    @ Radjef
    mea culpa: harbi etait au coeur de la revolution,souvent redacteur du gpra,cce et autre,deputé de la premiere assemblée(il a vite claqué la porte),opposant,notamment avec hadjeres et zehouane contre le coup d’etat de 1965,il a ecrit et co ecrit avec stora et d’autre tres peut d’algeriens ont ecri sur la revolution et sur le mouvement national,il continu à ecrir(en se remettant des fois en cause);pour moi c’est un historien de grande probité avec mohand cherif sahli,mahfoud khadache,mostapha lacheref.c’est un grand temoin de nos « histoires » et de grande probité.
    que la verité et la justice soient mes guides.




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  • Adel
    24 avril 2010 at 15 h 56 min - Reply

    @hamza

    Bonjour,

    Être musulman signifie-t-il renoncer à toute spécificité culturelle? Le Marocain, l’Iranien et l’Indonésien, musulmans, sont-ils en tout point semblables? La langue, les chants, les danses, la manière de s’habiller, de se nourrir, et tant d’autres choses encore, sont des traits distinctifs qui font la richesse du monde. Les différences de religion aussi. Les voies de la spiritualité sont multiples et chaque peuple chérit les siennes (qui sont diverses même au sein de l’islam).

    Ce sont là des vérités élémentaires que tout un chacun comprend d’instinct. La revendication amazighe est l’expression de la résistance des populations amazighophones à l’arabisation (au sens de la langue) décrétée par le pouvoir politique en 1962 de manière unilatérale et sans consulter ces populations. Ceux qui refusent de renoncer à leur langue maternelle amazighe ne remettent nullement en question l’islam. Ils nous rappellent seulement que la Nation algérienne s’est constituée à travers les siècles sur le domaine amazigh, par l’interaction continue entre l’élément autochtone (amazigh) et l’apport arabe et islamique venu du Moyen-Orient.

    La seule question qui mérite d’être débattue est de savoir comment peuvent cohabiter harmonieusement dans un même pays des populations qui parlent plusieurs langues. Pour ce qui est des autres aspects de la culture, l’Algérie, du Nord au Sud, et de l’Est à l’Ouest, est très riche de ses traditions, qu’elles se rapportent à la musique, aux chants et danses, aux costumes, à l’artisanat ou à la gastronomie.

    L’arabité et l’amazighité se sont fécondées et enrichies mutuellement à travers les âges. Aujourd’hui, les populations de certaines régions parlent un dialecte amazigh et d’autres un dialecte arabe. Chaque région a ses traditions, et Khelifi Ahmed nous touche autant que Aissa Djarmouni, Cheikh Hamada ou Cherif Khaddam. Les Kabyles ne sont pas différents des autres Algériens, mais ils ne veulent pas renoncer à leur langue. Que celle-ci recoive tout l’intérêt qu’elle mérite et le berbérisme disparaîtra de lui-même.

    Les revendications d’ordre politique exprimées par le mouvement berbère sont celles de tous les Algériens : démocratie, respect des droits de l’Homme, justice sociale, répartition équitable des richesses nationales, etc. Les luttes pour la reconnaissance de la langue amazighe ont naturellement donné naissance à un cadre organique qui sert aussi à exprimer les revendications communes à tous les Algériens. C’est en cela seulement que la Kabylie se distingue des autres régions.

    Cordialement




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  • Congrès du Changement Démocratique