Édition du
21 July 2017

Un barbier à El Mahroussa(Alger la protégée de Dieu)

Photo envoyée par Zineb Azouz

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Repère et légende historique : À propos d’El- Djazair « El-Mahroussa » .

La défaite militaire était complète de l’Empereur Charles Quint en Octobre 1541 dans la baie d’Alger. Il  avait perdu 150 navires, environ 10 000 hommes et toute sa cavalerie. Depuis ce jour, Alger est devenue une ville « gardée divinement », mais ce jour surtout, allait être le premier d’une ascension irrésistible.

Dans cette fabuleuse victoire où des éléments météorologiques étaient venus en aide à leur courage et détermination, les Algérois avaient vu une protection providentielle. Tandis que chacun se réjouissait et remerciait  le Ciel à sa façon, telle que la communauté juive qui célébrera jusqu’à 1962 cette victoire sous le nom de « Pourim d’Alger ».

Au sein de la population avait couru d’innombrables légendes : Le soir de la bataille par exemple, on avait vu s’éclairer le sanctuaire de Sidi Betka, mort pourtant depuis plusieurs années, et l’on avait colporté bien d’autres prodiges, comme quoi que c’était Sidi Ouali Dada s’avançant dans la mer en frappant les flots de son bâton pèlerin lequel avait soulevé les vagues à des hauteurs monstrueuses, ou bien le fait de Sidi Bouguedour qui avait lancé, une à une dans l’eau, tout un stock de poteries entreposé au port, et que chaque assiette cassée correspondait à un bateau coulé.

Chacun y  rajoutait une merveille à l’histoire, parce que ne pouvant encore croire à ce fait bien plus miraculeux qu’Alger avait mis en déroute la plus grande armée de la chrétienté !

Dorénavant qui pourrait l’abattre ? Méritante désormais le surnom d’El-Mahroussa, « la bien gardée », la ville allait poursuivre une prodigieuse fortune, enviée et crainte par tous, imposant de plus en plus sa loi et son dictat sur la mer, s’agrandissant, se gonflant de richesses, jusqu’à devenir avant la fin du siècle (15ème), la plus puissante des villes neuves de la méditerranée.

A.By


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5 Commentaires sur cet article

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  • A.By
    19 avril 2010 at 3 h 17 min - Reply

    @ Zineb Azouz
    Franchement merci pour la photo, je serai curieux de savoir où est ce que vous l’avez déniché (sourire).
    Cela me donne le goût aussi d’écrire sur ce que je sais sur la légende. Cela date bien plus avant que le temps de la prise de cette photo.
    Amicalement.




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  • ZIneb Azouz
    20 avril 2010 at 20 h 25 min - Reply

    @A.By
    Tout le plaisir est pour moi !
    Je n’avais pas visité Alger depuis des années, j’y suis revenue ce 10 Mars, il faisait très beau mais les regards étaient tellement tristes.
    l’obscénité des officiels et l’outrage qu’ils faisaient à la baie ne m’ont pas laissée insensibles, les enseignes de Delsey et Quick dans la rue Larbi Benmhidi n’ont rien arrangé à ma déprime, jusqu’à ce que je tombe sur un jeune Algérois qui s’était discrètement installé un petit coin avec un paquet de photos disposées sur une table de fortune et protégées par un simple film.
    Ce monsieur dégageait le respect et l’honneur et pour tout l’or du monde je ne me serais pas détournée de cette galerie !
    Très cultivé, amoureux de sa ville, passionné d’histoire, ces photos étaient visiblement sa seule source de revenus.

    J’en ai acheté plusieurs, mais celle ci était la plus parlante, la plus défiante, la plus Algérienne, il faut la tenir entre les mains et voir de près tous les petits détails, la cruche, les savates et bien sûr le cadre sur lequel est écrit « El Jazair El Mahmia Bi Allah », ce fût la réponse que je cherchais à mon désarroi, à ces hommes dignes qui survivaient au jour le jour avec la certitude inébranlable qu’un jour la ville sera purifiée.

    Désolée de m’être étalée ainsi, mais si vous voulez, j’en ai une autre qui devrait aussi vous plaire.

    Merci d’avoir à ce point apprécié.
    ZA




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  • Junayd
    20 avril 2010 at 22 h 48 min - Reply

    إنّ الجزائر في أحوالها عجب و لايدوم بها للنّاس مكروه
    ماحلّ عسربها أو ضاق متسع إلاّ ويسر من اللّه يتلوه

    الشيخ عبد الرّحمان الثعالبي رحمه اللّه




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  • Abdelkader DEHBI
    20 avril 2010 at 23 h 22 min - Reply

    Cet épisode historique a eu lieu le Vendredi 21 Octobre 1541 – 02 Radjab 948 Hég. — Grisés par l’or pillé dans les Amériques et ramené par bateaux entiers en Espagne et encouragés par la défaite du dernier bastion musulman de Grenade, l’Empereur Charles Quint projeta d’occuper Alger en installant son camp sur les hauteurs de la ville – à l’endroit où se trouve aujourd’hui Notre-Dame de Bouzarréah — A la vue de l’imposante armada et de milliers de soldats, les algérois prirent peur. La prière du Vendredi 21 Octobre, fut l’occasion pour les notables de la ville et les dignitaires religieux de haranguer les fidèles pour organiser la résistance de la ville. Cependant, avant le coucher du soleil, le ciel s’obscurcit subitement au-dessus du gros de l’armada, ancrée dans l’est de la baie d’Alger et un violent ouragan se déclencha durant plus de deux heures, balançant violemment les embarcations les unes sur les autres. Plus d’une centaine de navires de tous tirants, prirent de l’eau et coulèrent corps et biens. Terrorisés par ce qui venait de leur arriver, les officiers rescapés se sont rendus auprès de l’Empereur à Bouzarréah, pour l’informer de la catastrophe et de l’impossibilité de déclencher la moindre attaque contre Alger. Ils le trouvèrent prosterné en prière. Il se releva quand il les vit et, sans attendre leurs explications, il s’écria : « Que la Volonté de Dieu s’accomplisse ! »




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  • A.By
    21 avril 2010 at 3 h 24 min - Reply

    @ Zineb Azouz
    Merci pour votre récit, bien au contraire c’était court…(sourire).
    Comme dit l’ancien jargon chinois : une photo vaut mille mots, j’en ferai parvenir quelques unes à la rédaction pour votre plaisir et celui des autres.
    Amicalement




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