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30 March 2017

Poursuivis pour dilapidation de deniers publics : L’actuel et l’ancien PDG du port d’Alger en prison

El Watan 24 avril 2010

Branle-bas de combat jeudi à l’Entreprise portuaire d’Alger (Epal). Toute l’équipe dirigeante a été convoquée au parquet de Sidi M’hamed pour une affaire liée à l’exercice « illégal » de trois sociétés privées de manutention à l’intérieur du port, et ce, depuis des années. Une lutte d’intérêts entre les responsables de ces dernières a été à l’origine de l’ouverture d’une enquête menée par les services de la police judiciaire du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), qui a duré moins de quinze jours, à l’issue de laquelle toute l’équipe dirigeante de l’Epal, ainsi que les trois patrons de sociétés privées ont été déférés au tribunal.

Après une journée d’audition, le magistrat instructeur a inculpé et placé sous mandat de dépôt l’ancien directeur général de l’Epal, Ali Farah, son successeur (actuel) à ce poste, Abdelhak Bourouai, ainsi que l’adjoint de ce dernier et les trois dirigeants des sociétés privées de manutention. Le magistrat a placé sous contrôle judiciaire trois autres directeurs généraux adjoints chargés de l’exploitation des conteneurs, dont un occupe le poste de président du conseil (mixte) de Dubai Port World Algérie, et un commandant de la capitainerie du port.

Des opérateurs privés impliqués

Les chefs d’inculpation retenus contre les mis en cause sont, entre autres, « dilapidation et complicité de dilapidation de deniers publics et association de malfaiteurs ». L’affaire concerne en fait les conditions dans lesquelles les trois opérateurs privés ont été autorisés à exercer au sein du port, depuis près de dix ans, dans la manipulation et la manutention des containers, alors que la réglementation, selon toujours nos interlocuteurs, ne le permet pas. Plus grave, un des opérateurs avait importé un engin – Stark Aire – et a entamé son exploitation dès son débarquement du navire, sans aucune autorisation ou document douanier. Certains de ces opérateurs sont actifs depuis 1999, à l’époque où Ali Farah était premier responsable du port et leurs contrats n’ont pas été résiliés par l’actuelle direction, à sa tête le PDG, Abdelhak Bourouai, qui a pris les rênes de l’EPAL il y a moins de deux ans. Les responsables du port se défendent en affirmant que « l’ouverture de ce segment d’activité portuaire est certes non prévue par les textes, mais a été autorisée dès 1999, vu le manque de moyens dont disposait l’Epal à cette époque. Ces opérateurs étaient des prestataires de services. L’Epal prenait les trois quart des revenus, ce qui était important pour la trésorerie de l’entreprise ». Ceci et d’ajouter, en ce qui concerne l’opérateur qui exerçait clandestinement pendant une longue période  : « Dès que l’entreprise s’est rendu compte de cette situation, elle a mis fin à cette situation en présence d’un huissier de justice. » Vraisemblablement, l’affaire semble aussi grave qu’elle se présente, vu la manne financière générée par la manipulation des containers au niveau du port d’Alger.

Important préjudice

Selon nos interlocuteurs, un seul container peut connaître au moins six opérations de manutention depuis son débarquement du navire jusqu’à son chargement sur un moyen de transport pour quitter l’enceinte portuaire. Le prix minimum de chacune de ces opérations avoisine les 7000 DA. Avec 5000 containers/jour manipulés au niveau du port, il est aisé de savoir l’importance du préjudice. Pour nos sources, les colossaux revenues de cette activité « n’ont pas tellement profité à l’entreprise portuaire si l’on se réfère aux bilans de celle-ci. C’est en fait ce qui est reproché aux cadres dirigeants de l’Epal, d’autant que l’activité en question est sa principale mission. Sa cession au privé dans des conditions douteuses porte atteinte à sa survie, surtout que l’entreprise avait les moyens d’acheter des engins et d’éviter de recourir aux privés ». En tout état de cause, l’affaire risque de connaître des rebondissements dans les jours à venir, dans la mesure où personne ne s’attendait aux lourdes décisions du juge, lors de la présentation. Maintenant que l’Epal a été décapitée, qu’adviendra-t-il de l’entreprise, surtout qu’elle est liée aujourd’hui à l’entreprise émiratie Dubai Port, dans l’exploitation des containers. Affaire à suivre…

Par Salima Tlemçani


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10 Commentaires sur cet article

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  • Kamel Bouras
    24 avril 2010 at 16 h 48 min - Reply

    Le recours au privé au port d’Alger a lieu depuis…1999 et c’est maintenant que Toufik
    s’en apercoit. Ca prend 11 ans pour un information
    pour parvenir du port d’Alger aux Tagarins…

    Et cette Tlemcani qui a l’air de decouvrir la chose…
    Ils nous prennent pour des c…ou quoi?

    Kamel




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  • le kabyle
    24 avril 2010 at 17 h 24 min - Reply

    Bien dit et bien vu Kamel Bouras ! Sur cette  »journaliste » qui semble découvrir si soudainement une chose qui a de tout temps existée en Algérie. Elle nous prend sûrement pour des canards sauvages…

    En fait, cette salima tlemçani alias Zineb oubouchou ou plus encore appelée par ses collègues  »général » est l’honorable correspondante du DRS auprés duquel elle émarge depuis des lustres. Allez sur le site du MAOL et vous lirez comment s’est fait son recrutement par les services du DRS… vous aurez des surprises à lire les noms de belhouchet et autres… c’est quelque chose de vraiment démentiel !

    Thanmirth.




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  • citoyen
    24 avril 2010 at 17 h 34 min - Reply

    sonatrach, epa, mobilis, tout les pdg en prison allez faire dire ou faire a ce qui reste en poste de prendre des risques ou te booster un qulconque projet c l immobilisme absolu, triste pays.




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  • un roturier
    24 avril 2010 at 20 h 46 min - Reply

    Ferrah Ali, un vrai Chaoui, integre intelligent competent, Un vrai Chaoui quoi! Vous en faites pas pour lui, c’est comme son frère Ferrah Abdellali qui a était emprisonné par la France coloniale, Un vrai Moudjahid quoi!
    Ce n’est pas la première fois qu’on lui cherche des poux et même si on ne trouve rien, on peut inventer des accusations… Pauvres Chaouis, tous evincés des rouages de l’administration !




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  • adam
    25 avril 2010 at 8 h 58 min - Reply

    Quand j’ai vu le titre « arrestation du PDG du port d’Alger » sur la presse, j’ai applaudit. Enfin, me suis-je dit, on s’attaque à un foyer majeur de la corruption. Je découvre finalement que c’est une opération partielle et sélective et que les pratiques maffieuses connues de tous, à savoir la chippa imposée sur chaque container qui sort du port n’intéresse pas nos enquêteurs, ni d’ailleurs le train de vie de nos augustes douaniers et autres fonctionnaires du port. Hacha quelques derniers mohicans, s’il en existe encore.




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  • samir
    25 avril 2010 at 11 h 37 min - Reply

    le DRS veut se faire une nouvelle virginité.comme par enchantement,ce régime corrompu se trouve aujourd’hui les qualités de justicier.ou bien c’est encore un scenario de la lutte sourdine entre tewfik et boutef.cela ne doit en aucune façon nous detourner de la réalité à savoir que les chiens ne se mangent pas entre eux.




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  • afroukh
    25 avril 2010 at 16 h 25 min - Reply

    bonjour,si le DRS ferait le même nettoyage dans le domaine juiciaire,on peut lui tirer chapeau!!!




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  • ryad
    21 septembre 2010 at 21 h 54 min - Reply

    Excusez moi cher monsieur, mais j’ai rien compris a cette affaire, pourquoi le pdg doit trafiquer et être complice alors que c’est lui qui donne les autorisations.
    si des sociétés ont travaillé sans autorisations depuis des années, comment ça se fait que toutes les autorités: service de sécurités du port, police , douanes, Drs, ….., n’ont pas remarqué ça, dites leurs svp d’arreter de nous faire avaler n’importe quoi.
    ce que je ne comprend pas , l’epal est une spa, les prestataires sont aussi des entités commerciales, donc le moindre litige relève du tribunal commerciale.
    Aussi, je voudrai savoir qui a déposé plainte, et quel est le préjudice du moment que l’état s’est désisté au privés et a libéré cette activité , comme ça se passe dans tous les pays du monde, et pourquoi choisir 3 sociétés parmi une cinquantaine.
    Par contre, je suis sur d’une chose, ça sent le coup fourrée, complot et règlement de compte




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  • samir
    26 septembre 2010 at 1 h 40 min - Reply

    elle ne tiens pas la route cette affaire, une des sociétés a sauvé plusieurs fois l’EPAL, c’est le 1er opérateur privé de manutention au port d’Alger, dites plutôt qu’ils veulent le casser,on commence a prendre habitude. c’est comme ça que l’Algérie sacrifie ses enfants et casse son économie.




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  • Larbi Anti-DRS
    26 septembre 2010 at 11 h 05 min - Reply

    Même l’entreprise émiratie Dubai Port n’a rien investi comme le stipule son contrat. Elle ne fait que génère’ des bénéfices qu’elle exporte comme Djezy et Mital et, et, et. Plus que ca les Emirati ont eu plusieurs « lots fonciers » sur tous le territoire d’Algérie qu’ils ont acquis pour assiette d’investissement. Ils n’ont rien investit et ils attendent qu’ils « liquide »sur le marche’ les lots de terrain de 10 a 100 fois la valeurs qu’ils ont déboursé.
    Cette affaire du port est bien réel, les noms cite’ sont bien plus corrompus et criminels, l’affaire et bien plus grave que ne la décrit la plumard de la DRS, Salima Tlemcani. Elle montre comment fonctionne l’Algérie depuis 1990. Ceux qui ont sauvez l’Algérie du développement et de la volonté’ de ses habitants (citoyens) sont responsables.




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  • Congrès du Changement Démocratique