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26 July 2017

Les proches de la victime témoignent «Hamza a été tué de sang-froid»

25 Avril 2010, Le Temps d’Algérie Les traces de l’émeute à côté de la cité universitaire de 2000 lits de Zemmouri sont encore visibles. Des barricades et des pneus brûlés font le décor de cette paisible localité située à quelque 50 km à l’est de la capitale. C’est ici qu’ont eu lieu les affrontements entre les jeunes de la cité et les policiers, secondés par les éléments de garde communale. Des jeunes qui se sont révoltés contre la bavure policière qui a emporté Belarbi Hamza. Le jeune homme avait fêté il y a 10 jours seulement son 22e anniversaire, Moussa est l’ami intime du jeune Hamza. Il était avec lui le jour du drame. Il raconte : «Nous étions assis à la cafétéria El Bahdja dans la forêt Essahel, c’est un parc qui date des années 1970, où des familles viennent chaque week-end pour prendre l’air. En attendant le café qu’il a demandé, Hamza s’est levé pour se laver les mains. A ce moment, un homme fait irruption dans la salle et demande à Hamza de s’arrêter. Ce dernier n’avait rien entendu puisque le bruit de la musique résonnait fort. L’homme en civil a alors pris son arme, un pistolet, et a tiré un coup de feu en l’air. Comme le bruit de la détonation était assourdissant, tous les gens qui étaient dans le café et en dehors ont pris la fuite, chose qui est légitime, et là l’homme tire une balle dans le dos de Hamza. Ce dernier a couru malgré la blessure, avant qu’un policier posté dehors lui balance une rafale sans savoir de quoi il s’agit…» L’ami de la victime éclate en sanglots. Il s’arrête un moment pour reprendre son souffle avant de continuer : «Je vous disais donc, le policier ayant tiré le premier coup de feu sur Hamza le poursuit et le crible de balles, à environ 10 mètres de la cafétéria. Hamza tombe et il réussit à articuler péniblement au policier : «Aâlah aâlah, wach dert ?» (pourquoi, pourquoi, qu’est-ce que j’ai fait ?) De sang-froid, le policier lui loge une dernière balle entre les yeux, le laissant sans vie». Moussa est sans voix, il s’adosse à un mur et tape dessus avec ses mains en pleurant la perte d’un ami cher. Un autre ami de la victime reprend : «Hamza est un sportif, il ne fume pas, il ne chique pas. C’est un garçon qui est estimé et adoré par tous ceux qui le connaissent à Zemmouri. Pourquoi tuer un garçon comme lui en le criblant de 7 balles dans le corps et la dernière à bout portant entre les yeux ?» Il ajoute : «En plus, le jour du drame, Hamza était vêtu d’un survêtement, d’un pull serré et une paire de sandales, tout était visible en lui, il n’avait rien. Le pire c’est que même les collègues du policier quand ils sont arrivés ont commencé à crier sur l’assassin en lui disant ‘pourquoi tu l’as tué, il n’a rien fait, il n’a rien d’un voyou’ et le policier assassin lui-même s’est écroulé par terre en pleurant». La huitième balle ! «Ils ont emmené le corps de la victime et ils ont écrit qu’il était non identifié, pire encore, il a été répertorié sous X avec la mention ‘terroriste non reconnu’ !» La dépouille de la victime a été emmenée en premier lieu au commissariat central de Boumerdès et transférée ensuite à la morgue de l’hôpital de Thenia pour autopsie. Le jeune Hamza Belarbi a été inhumé avant-hier, son enterrement a drainé des milliers de gens venus l’accompagner à sa dernière demeure. Au parc Es-sahel où Hamza a été froidement exécuté, nous avons rencontré son oncle chez qui il travaille comme serveur dans sa cafétéria. Boualem Belarbi est sous le choc : «One two three viva l’Algérie. Hé oui, Hamza est mort donc je dois prendre le relais non ?» L’homme était choqué et encore sous l’effet de ce tragique accident qui a emporté son enfant, puisque ce dernier n’a ni femme ni enfant et que le seul être cher pour lui est le jeune Hamza. «Hamza a été à Oum Dormane au Soudan pour supporter les Verts et il préparait son voyage en Afrique du Sud, il travaille chez moi et bricole ailleurs pour réunir la somme d’argent, un tel supporter de son pays peut-il être un terroriste ?», s’est-il exclamé en furie. «Mon neveu est ravi à la fleur de l’âge et à 2 mètre du centre de vacances de Batimatec, y a-t-il un centre de vacances au maquis ? Et au moment où l’assassin lui tire la dernière balle, mon neveu lui parle «Aâlah aâlah, wach dert ? et ce policier qui lui tire une dernière balle entre les yeux, c’est un film d’horreur.» Sur la situation de ce parc, Boualem explique : «Je vis ici depuis 20 ans, cet espace a été créé par l’Etat durant les années 1970. Même durant la période du terrorisme des années 1990, jamais, mais alors jamais je n’ai vu de terroriste dans ce parc, à l’époque déjà les familles venaient se reposer dans ce lieu, regardez, c’est un lieu paradisiaque.» L’âme ne s’achète pas Après l’odieux assassinat du jeune Hamza et le soulèvement de la population, les éléments de la police ont accentué les descentes de nuit et ont embarqué 34 personnes, toutes jeunes et connaissant la victime. Amar raconte : «Nous avons été embarqués par la police et au commissariat, les policiers nous ont demandé de témoigner comme quoi la victime avait des liens avec les terroristes. Mais nous avons refusé un tel mensonge. Le lendemain, des cadres de la police sont venus au domicile de la victime et ils ont emmené son père au siège de la wilaya et ils lui ont proposé de l’argent en contrepartie d’appeler les émeutiers au calme !» Fait d’ailleurs que le père de la victime nous a confirmé. Le frère de la victime, Mohamed Belarbi, son père et sa mère nous ont reçu au bas de l’immeuble dans un quartier populaire de Zemmouri, en jurant : «Nous n’allons pas pardonner, nous allons ester l’assassin de mon frère en justice et nous espérons que la justice algérienne fera la lumière», a déclaré le frère avant que sa mère l’interrompe : «On m’a volé une rose de mon jardin et jamais je ne pardonnerai, mon fils est unique et tout le monde peut en témoigner.» Les citoyens de la ville de Zemmouri n’arrivent pas à faire le deuil du jeune Hamza. Ils ne demandent qu’une seule chose : que justice soit rendue à sa famille. Elias Melbouci


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9 Commentaires sur cet article

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  • Guerrière de la lumière
    25 avril 2010 at 15 h 15 min - Reply

    ان لله و ان اليه راجعون…
    وين أتروح يا قاتل الروح…

    « ALLAH ALLAH …WACH DERT? »

    Ton seul crime mon petit frère HAMZA, c’est d’être un algérien intégre! un algérien de plus, un algérien de trop!

    AHHH YA YEMA LAAZIZA, CH’KOUNE TABKI OU CH’KOUNE T’KHALI?

    Que Dieu ai ton âme petit frère HAMZA et t’acceuille dans son vaste paradis…

    Que Dieu nous donnes patience et endurance ……




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  • SAID
    25 avril 2010 at 15 h 45 min - Reply

    L’impunité mène au crime, à la corruption généralisée ! ce systeme politique est « une association de malfaiteurs doublée de criminels ». Hier GUERMAH MASSINISSA et aujourd’hui HAMZA BELARBI. Le premier a été traité de voyou par ZERHOUNI le deuxième de terroriste ! Tandis que leurs enfants se la coulent douce avec les devises du peuple aux USA et en EUROPE.
    Oui il faut se révolter contre ce systeme, c’est le seul langage qu’il va comprendre !




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  • mohamed Nassim
    25 avril 2010 at 18 h 41 min - Reply

    Hamza n’est pas le seul a etre assassine par des forces qui servent un pouvoir assassin. Oui on connait leur musique: c’est un terroriste il n’ya pas de plus terroriste que le regime illegitime d’Alger. Et n’esperer pas de justice de ces tueurs d’enfants, de femmes et de vieillards.




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  • moufdi
    25 avril 2010 at 18 h 46 min - Reply

    salam,
    La DGSN en majorite est un CORPS DE VOYOUS ET DE REPRIS DE JUSTICE…en voici encore une preuve!l’assassinat(par 8 balles) d’un jeune citoyen au vu et au su de tout le monde pire encore demander a tous les jeunes du quartier ,qui ont ete embarque,pour intimidation de temoigner qu’il avait des liens avec des terroristes et plus grave encore ,essayer d’acheter le silence de ses parents .
    est ce la main de l’etranger encore zerhouni ?je presente mes condoleonces les plus sinceres a toute sa famille qu’Allah lui reserve son vaste paradis .




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  • Alilou
    25 avril 2010 at 23 h 52 min - Reply

    Salam,

    Allah Yarahmou wi Djibe E’sbar a la famille.

    Combien de Hamza doivent mourrir encore ?????

    35 Millions de Hamza doivent crever la gueule ouverte pour que leurs boys vivent dans le luxe ailleurs.

    jusqu’a quand on doit tenir avant de crier a tue tete notre rage de ce regime.

    Meme feraoune Dieu l’a terrassé, on doit attendre peut-etre la venu du Messaih.

    Y’en a marre du sang des innocents.




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  • el-amel
    26 avril 2010 at 21 h 31 min - Reply

    Win trouh ya katal arouh! voilà un thème pour le 2eme colloque international qui est prévu le 27 et 28 avril à Alger. Une démonstration de la culture de la violence: lâche assassinat de Hamza par la police de zerhouni.




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  • l.leila
    26 avril 2010 at 22 h 58 min - Reply

    Rahima ALLAH la victime. Un jeune fauché à la fleur de l’âge. Mes sincères condoléances à sa famille. Rabi ysabbarhom.
    C’est quoi ces monstres qui tuent de sang-froid tels des objets téléguidés? Remarquons, des individus pareils peuvent même assassiner leurs proches parents!Yahasrah 3laouled el-djazayer.




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  • amie de HAMZA
    27 avril 2010 at 12 h 15 min - Reply

    allah yarahmak mon frere hamza wallah tu nous manque graaaave…ton sourir ta propreté ton grand coeur qui aime tout lmonde mais allah ghaleb ton destin été tracé comme sa.jai assister a la janaza de HAMZA wallah endirais quon est a la palistine…. jai pas pu retourner chez moi tellement yavait des emeutes mais vous penser que si HAMZA ete un terro comme ils disent on aurais fait pour lui tte ces emeutes!!!!! mais franchement comment peux tons faire confiances aux flic dalgerie!!en les ramene pour nous proteger ils finissentpar nous tuer!!!!!mais bon sang ke dit ons daurais navons chaqun pour sois et DIEU pour TOUS.




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  • D B
    27 avril 2010 at 16 h 53 min - Reply

    Combien de belles roses, au printemps de leur vie, ont été arrachées du jardin de leur maman, comme Hamza ? Ces jeunes vies qui égayaient le cœur de leurs parents, qui faisaient refleurir la branche qui leur a donné la vie, qui portaient des promesses étincelantes au milieu de leurs sourires d’enfants. Des brutes leur ont ôté la vie, puis ils ont tenté de salir leur mémoire, de flétrir jusqu’à leur souvenir. Demander justice contre ces brutes n’est pas justice. Car ces brutes ne sont rien, que des animaux dressés à tuer, en toute impunité. Certains parmi ces tueurs ont des dizaines, et parfois des centaines de victimes à leur actif. Certains ont arrêté de compter, parce qu’ils ne savaient plus compter. Demander justice, pour un peuple digne de ce nom, c’est de se lever, tous ensemble, pour exiger la démission du Ministre de l’Intérieur, et tous ceux qui ont « piloté » cette « opération ». Mais je divague….




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