Édition du
28 July 2017

Une femme du Sahara, qui moud du grain…

Je me rappelle, comme d’hier, de ces femmes qui ont peuplé mon enfance, qui tissaient, qui barattaient le lait dans une chekoua, qui se servaient de meules, comme celles de la photo, héritées de pratiques millénaires. Elles travaillaient généralement à deux, pour s’entraider à faire tourner la lourde pierre, et chantonnaient des airs d’une infinie tendresse, qui évoquaient des épopées héroïques, ou des histoires merveilleuses…
DB


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9 Commentaires sur cet article

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  • bouyilès
    25 avril 2010 at 16 h 57 min - Reply

    Oui DB,les traits communs,les pratiques communes,les us et les coutumes,les chants,la musique,la langue:du ciment pour l’Algérie (j’aurai aimé dire pour Tamazgha),en veux tu,en voilà,à l’infini…et sans aucun subterfuges s’il vous plait.Tout est net et clair.Moi ,tout ce qui est ‘made de chez-nous’j’adore.Je ne consomùme jamais l’importé.En tout cas avec toutes tes petites touches minutieuses et pleines de génie, tu nous a rassasiés.Merci.




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  • Zineb Azouz
    26 avril 2010 at 13 h 27 min - Reply

    Merci cher Djamal Eddine, nous avons tous la nostalgie du pays.
    C’est fou, je me rends compte que les femmes ne chantonnent plus,ne récitent plus de poésie et ne connaissent aucun conte.
    Surtout ne nous prive pas de tes photos et de tes impressions.
    Zineb.




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  • Adel
    26 avril 2010 at 16 h 41 min - Reply

    En ce temps-là, la vie était dure – une lutte continue contre la faim et le froid – et les hommes étaient rudes et souvent brutaux avec leurs femmes. Ces dernières n’avaient pas un instant de répit, de l’aube jusqu’à une heure avancée de la nuit : moudre le grain, remplir les jarres d’eau, nettoyer l’étable, piocher, planter, pétrir, cuisiner, laver, carder la laine, tisser, aimer, enfanter, consoler, prier et pleurer les nombreux enfants emportés par la maladie ou la guerre.

    Qui se souvient pourtant de ces êtres anonymes dont nul historien ne consignera les prouesses? Leurs gestes chargés de sens jusqu’à en devenir sacrés sont-ils moins nobles que les actes de bravoure des héros?




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  • Mounir
    26 avril 2010 at 17 h 15 min - Reply

    Mes chers, je ne crois que cette photo illustre fidèlement la vie quotidienne de nos mères et grand-mères. Il s’agit tout simplement d’un montage fait par l’un des photographes colonialistes qui projette ses fantasmes sur la femme musulmane. Ils étaient nombreux ces photographes et peintres qui louaient les services de prostituées pour vendre en Occident des produits photographiques ou des peintures, où l’intimité musulmane a été pénétrée…
    C’est l’équivalent artistique de la pénétration militaire du gininar Bigeou…




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  • Mounir
    26 avril 2010 at 17 h 19 min - Reply
  • D B
    26 avril 2010 at 18 h 08 min - Reply

    @Mounir
    D’abord merci pour le lien. De très belles photos, que nous ne manquerons pas de relayer.
    Pour ce qui de la photo que vous commentez, et sans vouloir vous contredire, elle illustre parfaitement les femmes algériennes que j’ai connues dans mon enfance. Elles étaient exactement comme vous la voyez sur cette photo. A l’intérieur de leurs maisons, bien sûr. Je parle ici, de la femme Aurassienne et Saharienne bien sûr. Ma grand mère paternelle était exactement comme cette photo. Avec son guennour sur la tête, vêtue d’une melhfa, et le visage tatoué.
    Ma grand mère maternelle, une Constantinoise était très différente, avec sa cornette en velours sur la tête, entourée de foulards en soie, et retenue par une mentonnière en pièces d’or soltani. DB




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  • bouyilès
    26 avril 2010 at 18 h 46 min - Reply

    Autant j’admire la clairvoyance et l’ouverture d’esprit de DB,autant un certain esprit réducteur de certains me fait entrevoir un couloir sombre sans aucune issue de secours dans lequel on veut nous engoufrer.
    Y aura-t-il encore polémique même à propos de cette photo? Vivement que non.




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  • Zineb Azouz
    26 avril 2010 at 19 h 22 min - Reply

    @Mounir,
    Certes beaucoup de femmes prostituées ont été utilisées comme modèle pour les photos, les archives françaises en sont pleines, mais pensez vous que Djamal Eddine et nous tous qui avons apprécié ce beau visage et ce geste ancestral de mouture de grain, soyons aveugle à ce point ?
    Le peintre Dinet qui a laissé des toiles hors paire à propos des femmes du Sahara, ce formidable peintre converti à l’islam et qui a refusé d’être enterré à Paris, ferait il, lui aussi aussi partie de ces photographes colonialistes utilisant des prostituées dénudées pour vendre l’intimité des musulmanes à l’occident ?




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  • Hocine
    27 avril 2010 at 11 h 59 min - Reply

    Certes les sentiments éveillés par la nostalgie d’antan sont toujours une belle chose et il est tout à fait légitime à DB ou quiconque de publier une photo pour illustrer ces sentiments là; seulement voilà c’est de la pertinence du choix de la photo qu’il est question dans ces commentaires.

    Je ne sais pas de quelle Algérie il est question ici mais dans l’Algérie ou je suis né ainsi que tous mes ancêtres, l’Algérie toutes ères confondues aussi loin que puisse remonter l’histoire, la femme à toujours eu comme premier ornement sa pudeur innée et cultivée; qu’elle fut juive, chrétienne ou musulmane.

    Alors ne venez surtout pas me dire qu’une algérienne des Aures ou du Sahara taxée de toute façon d' »Arabe » en période coloniale eu exposé son sein à un photographe, « Gaouri » de surcroit.

    @Zineb Azouz et @DB, entres autres, « expliquent » la beauté de l’images par des ressemblances avec la réalité de l’époque en évitant à chaque fois le point centrale qui fait fausse note et que même Molière, l’âme de la comédie française de la renaissance, aurait relevé en s’écriant dans Tartuffe « Cachez ce sein que je saurais voir! ». C’est l’indice, l’erreur qui trahit tout le faux de cette photo.

    Elle n’est ni naturelle ni authentique, la posture de cette jeune femme à l’expression triste montre à quelle point ce geste de la mouture du grain lui est étranger. Le contraste entre sa coiffe, son habit et sa poitrine dénudée en disent long sur la détresse que dégage son regard.

    N’en déplaise à @Mounir je ne crois pas qu’on ait affaire ici à une fille d charme mais plutôt à l’exploitation de pauvres algériennes dans la misère qu’un ignoble photographe venu d’une nation malade essaie de faire valoir pour quelques sous.

    Mon sentiment premier aurait été de jeter un voile protecteur sur ce désarroi et non pas une quelconque remontrance ou une contribution à son exposition.

    Je regrette monsieur DB ce ne peut pas être l’image de votre grand mère ainsi présentée ni la mienne ni celle de Mme Azouz.

    L’exil à contre-cœur, la douleur du spectacle offert par notre pays, l’état poussiéreux de nos souvenirs troublés par le quotidien greffé à la hâte nous font surement manquer de discernement quand il s’agit de sentiments nostalgiques; mais c’est là que nous reconnaissons la valeur des repères pour ne pas se perdre .. j’allais dire .. dans le repère de nos Valeurs.




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