Édition du
23 March 2017

Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik libéré

LEMONDE.FR avec AFP | 27.04.10

Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik a été libéré, mardi 27 avril, après six mois d’emprisonnement. Taoufik Ben Brik, 49 ans, a quitté la prison de Siliana, à 130 kilomètres de Tunis, où il avait été transféré après sa condamnation en première instance le 26 novembre 2009. Il devait regagner son domicile tunisois en fin de matinée. Ecroué le 29 octobre, il a été condamné en appel le 30 janvier à six mois de prison pour « coups et blessures volontaires, dégradation des biens d’autrui et atteinte aux bonnes mœurs » à la suite de la plaine d’une femme qui l’accuse d’avoir embouti sa voiture et de l’avoir frappée et insultée. Auteur d’écrits satiriques ciblant le président tunisien et parus dans les médias français, le journaliste et ses défenseurs ont dénoncé une machination destinée à le faire taire.

‘’Il a été relâché après avoir purgé la totalité de sa peine, pas un jour de moins ! » a annoncé son épouse, Azza Zarrad, qui venait de recevoir un appel téléphonique de son mari libéré. « C’est une affaire injuste, nous n’avons rien pu faire face à l’oppression et à la complicité internationale », a poursuivi Azza Zarad, qui avait plaidé la cause de son mari au Quai d’Orsay et au Parlement européen à Strasbourg. « Nous rappelons que ces six mois de détention étaient six mois de trop, tant il est évident que Taoufik a été victime d’une affaire montée de toutes pièces, payant ainsi le prix de sa liberté de pensée », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF, dans un communiqué. Pour son avocat français, Me Bourdon, cette affaire montre la « très grande rigidité du pouvoir tunisien » mais aussi qu’« en France on est encore loin du discours de Nicolas Sarkozy, qui avait promis de mettre les droits de l’homme au cœur de sa politique étrangère ».

« PROCÈS D’OPINION »

« Je suis de nouveau libre et je compte aller à Paris avant le 3 mai pour fêter avec mes amis la journée mondiale de la liberté de la presse », a-t-il déclaré à l’AFP, peu après son arrivée à Tunis en provenance de Siliana. « Je vais revoir mes amis, tous ceux qui m’ont soutenu, mon avocat Me (William) Bourdon et mes éditeurs », a-t-il dit, évoquant un ouvrage en préparation sur la prison de Siliana, « la plus sinistre », selon lui.

Durant son procès, il a lui-même répété être la cible d’un « procès politique » dans le cadre d’une « affaire fabriquée par les services spéciaux » pour le punir de ses écrits. « J’ai été arrêté deux heures après la parution d’une interview imaginée » avec le chef de l’Etat, au moment de sa candidature pour sa réélection en octobre dernier, disait-il à la Cour d’appel. Taoufik Ben Brik n’est pas publié en Tunisie mais avait fait paraître en France des articles et chroniques hostiles à la réélection de Ben Ali pour un cinquième quinquennat d’affilée.

Très suivi en France et dénoncé comme un « procès d’opinion », son jugement avait suscité quelques crispations diplomatiques entre Tunis et Paris, où Me William Bourdon a demandé son intervention au président Nicolas Sarkozy. M. Ben Ali avait laissé entrevoir avant le premier procès une possibilité de grâce, en réponse à un appel de Jean Daniel du Nouvel Observateur, auquel collabore M. Ben Brik.

Sa libération avait été évoquée lors d’une visite, le 15 avril à Tunis, du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, à l’occasion d’une réunion des pays du pourtour méditerranéen. Le journaliste est atteint d’une maladie dégénérative de ses défenses immunitaires. Sa famille craignait une prolongation de sa détention. Interrogé sur les risques encourus par lui à Paris, où il est sous le coup d’une instruction judiciaire pour une autre affaire de « violence » sur plainte d’une autre Tunisienne, le journaliste a dénoncé une « machination de même acabit ».


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UN COMMENTAIRE

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  • Azoumba
    27 avril 2010 at 19 h 05 min - Reply

    Azul, tres content de lire la bonne nouvelle , encore 1 journaliste victime d 1 regime retrograde et dictatoriale, et comme par hasard d expression arabe et de religion musulmane(le regime bien sure).
    1 coment en passant, il vas feter en france avec ses amis etc etc esperons que les mauvaises langues et la radio israelienne ne vont pas dire qu il roule pour la france.

    ==============
    La victime est aussi d’expression arabe et de religion musulmane.
    La Rédaction LQA




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