Édition du
22 July 2017

Libérons l’ENTV !

Communiqué:
Nous célébrons ce 3 mai la journée internationale de la liberté de la presse. Force est de constater à cette occasion le recul effrayant accusé dans notre pays sur le plan des libertés en général, et de la liberté de la presse en particulier. La censure sévit dans tous les secteurs de l’expression. La liberté de ton prêtée à la presse écrite,
et qui a toujours servi de vitrine au régime pour jouer la comédie de la démocratie, se trouve aujourd’hui considérablement rétrécie et soumise à un musèlement sans précédent.  Mais c’est surtout au niveau de la presse audiovisuelle que la profession journalistique est le plus persécutée. Plus que la voix de son maître, l’ENTV est l’organe central du régime. C’est une effroyable machine de propagande au
service de Bouteflika qui s’est érigé en « rédacteur en chef » attitré de tous les médias publics. Le JT de l’Unique passe pour être l’un des plus « brejnéviens » de la planète. C’est un anachronisme pour le moins stupéfiant à l’heure de l’explosion des bouquets satellites et de l’offre audiovisuelle. L’Algérie, convient-il de le souligner, est
l’un des pays les plus fermés dans ce domaine, portant ainsi atteinte à un droit des plus précieux qui est le droit à l’information. Le pouvoir justifie le verrouillage du champ audiovisuel par le peu de « maturité du peuple algérien » face à un tel média. Il est vrai que la critique est nocive au système…Aussi, l’ENTV, média « très » lourd et vieillissant terriblement aseptisé par la censure et la langue de bois, se complait dans un rôle peu glorieux, elle qui passe son temps à mentir aux Algériens avec l’argent du contribuable. Le JT s’évertue à longueur de panégyriques et de superlatifs à louer l’action du gouvernement et à faire l’étalage de l’agenda présidentiel en imposant un black-out hermétique à tout ce qui agite la société, en faisant
l’impasse sur les affaires de corruption, sur les scandales qui secouent le régime, sur les atteintes récurrentes aux libertés et aux droits humains, sur les dégâts sociaux de la politique économique d’Ouyahia, sur Diar Echems  qui est juste en face, sur les mouvements sociaux, sur les grèves des enseignants, sur les activités de
l’opposition démocratique, et sur tout ce qui est susceptible de troubler la tranquillité factice du sérail. Et quand notre chère « Unique » daigne « prêter l’oreille au Réel, c’est pour aussitôt le déformer et le rendre lisse.
A l’occasion donc de cette journée fort symbolique au point de vue de la lutte pour les libertés, nous, collectif de citoyens portés par les idéaux démocratiques pour lesquels avait âprement combattu sa vie durant la défunte Baya Gacemi, grande journaliste digne qui vient de nous quitter, invitons les Algériennes et les Algériens à se mobiliser
pour exiger l’ouverture du champ audiovisuel aux initiatives libres, lever le contrôle sur les médias publics, libérer l’image et le son et rendre la télévision algérienne aux Algériens de façon à ce qu’elle puisse remplir une vraie mission de service public. Il est temps également de permettre aux Algériens de créer des chaînes alternatives
qui sauront mieux les représenter et refléter la réalité politique et sociale de notre pays.
Nous appelons à un rassemblement citoyen pacifique devant le siège de la télévision le lundi 3 mai à partir de 11 heures.
Tous unis contre la censure !
Pour un vrai service public des  médias publics !
Alger le 29 avril 2010
Premiers signataires :
Hakim Addad
Kader Farès Affak
Mustapha Benfodil
Adlène Meddi
Chawki Amari
Saâd Lounès

Nombre de lectures : 2840
8 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Yacine
    29 avril 2010 at 20 h 48 min - Reply

    Il manque à l’appel Kamel Daoud, le darrijiste, et l’inventeur du colonialisme horizontal. Ils n’avaient ce courage sous Zeroual et sous le règne des généraux… Ce groupe multiplie les kherjates. Ils sentent la bête blessée, en dirait, ou bien ont-ils reçus des assurances.

    Une autre face de la guerre des clans peut-être

    L’un d’eux a même encensé et a présenté comme une personne paisible à l’âme généreuse, le plus grand génocidaire de l’histoire de l’Algérie.




    0
  • Si Salah
    29 avril 2010 at 21 h 38 min - Reply

    Vous faites fausse route les gars. Vous voulez lutter contre les symptomes alors que c’est la maladie qu’il faut eradiquer. L’ENTV, Boutef, Said Sindika, etc ne sont que des manifestations grotesques de la police politique (DRS). Quand est-ce que des gens apparement intelligents finiront-ils par comprendre cela?

    Le + drole est que certains des premiers signataires travaillent pour un journal DRS qui a appris l’art supreme de l’autocensure alimentaire (voir interview DRScisée de Djamel Zenati)…

    C’est drole et triste à la fois…

    Si Salah




    0
  • Mohamed J.
    30 avril 2010 at 0 h 23 min - Reply

    @Si Salah

    Pourquoi venir nous saper le moral, en détruisant nos espoirs par des affirmations aussi peu vérifiables? Quels son les premiers signataires qui travaillent pour le DRS ? Si vous avez des preuves mettez les en ligne et donnez nous le lien. Si vous le dites sans preuves ce serait de la diffamation pure et simple. Si vous ne le dites pas pourquoi en avoir parlé pour semer le doute dans l’esprit des gens.

    Voila ls vraies questions !




    0
  • D B
    30 avril 2010 at 5 h 26 min - Reply

    Je signe: D.Benchenouf
    Par ailleurs, je prie tous nos amis qui émettent des avis sur cet espace qui est le leur, de ne pas porter atteinte, inutilement, à ceux qui adhèrent à cette initiative. Toutes les bonnes volontés doivent être saluées. Merci
    DB




    0
  • Yacine
    30 avril 2010 at 12 h 56 min - Reply

    @ M. Benchenouf

    J’ose espérer que les internautes jouissent toujours de la même liberté d’expression qu’ils ont trouvée sur le site depuis fort longtemps, quelles que soient leurs opinions. Les injonctions font entrave à cette liberté.

    Ma ligne de conduite est très simple et je ne la troquerai pas quitte à me faire censurer. C’est en votre âme et conscience. Pour moi la ligne de démarcation c’est les massacres des Algériens lors de la décennie rouge. Ceux qui ont participé de près ou de loin à ces massacres sont des monstres et d’immuables créatures. Or il se trouve que le général Smaïn Lamari en est l’un des principaux instigateurs des GIA. Il les a créés et les a manipulés. Vous l’avez vous-même soutenu à plusieurs reprises. Les journalistes ou les politiciens qui ont apporté, par leur écrit ou leur déclaration, leur soutien aux généraux génocidaires ne sont pas mieux lotis que les montres.
    Il se trouve que parmi les signataires de l’article il y a un journaliste qui a encensé le général Lamari dans l’article que je joins ci-après. Je ne me souviens pas que ce journaliste s’est donné la peine de vérifier les témoignages qui incrimine le général. Son attitude est déshonorante au même titre que celle de M. Ksentini. Ils couvrent des criminels, tuent une seconde fois les victimes des massacres et les disparus et font outrage à leur mémoire. On ne met pas la main dans la main d’un poltron. S’il ne pouvait rien écrire sur le vrai malheur algérien, il devait se taire.

    Les bonnes volontés peuvent très bien se révéler comme un plat empoisonné. Les bonnes volontés des tyrans ne manquent pas.

    Merci

    Voici la pièce matérielle sur ce que j’avance.

    « Vingt-cinq, rue Mustapha Chergou, Hassan Badi (ex-Belfort). Cette adresse est celle de la résidence harrachie de feu le général-major Smaïn Lamari.

    La villa est fermée. Un fourgon de police a pris position dans une rue en face. L’annonce du décès du général explique cette mobilisation, selon les riverains. « C’est un enfant du quartier. C’était un homme bon, serviable et d’une très grande modestie. C’est une grande perte pour nous », dira d’emblée l’un de ses anciens voisins. En réalité, la villa est de construction relativement récente. Feu Smaïn Lamari l’a quittée pour Hydra, pour d’évidentes raisons de sécurité. Les anciens du quartier précisent que la famille de Smaïn Lamari est arrivée très tôt ici.
    «Ses parents vivaient du côté du Lotissement, pas loin d’ici», dit Mme Lila Dahache, une autre voisine de Smaïn Lamari. Nous l’avons rencontrée dans l’immeuble où le jeune capitaine Lamari s’est installé au début des années 1960 après avoir quitté le domicile familial. L’immeuble est situé au 5, rue Mohamed Hattab, à Belfort toujours. La bâtisse de deux étages abrite six familles, dont celle de l’écrivain Aziz Chouaki. Ici aussi, la consternation est profonde. Des femmes reviennent du domicile mortuaire où elles ont présenté leurs condoléances à Mme Lamari avec laquelle, disent-elles, elles continuent d’entretenir d’excellents rapports. « Smaïn s’est installé ici en 1965 », se souvient Mme Dahache. « Nous étions une même famille. Il était très affectueux. Quand il croisait nos enfants dans les escaliers, il les invitait chez lui et les faisait manger sur ses genoux. Ses enfants ont grandi dans notre giron. Il avait cinq filles et un garçon. Ils ne nous ont jamais oubliés. Chaque fois qu’ils partent à l’étranger, ils nous ramènent des cadeaux. » Mme Zohra Boudour poursuit : « Même lorsqu’il a quitté l’immeuble, il a construit juste à côté. Après, il est parti à Hydra.

    Et même là, il ne nous a pas oubliés. Lorsque ses filles se sont mariées, il nous envoyait un chauffeur spécialement pour nous associer à ses fêtes. » Lila enchaîne entre deux poussées de larmes : « Il est resté attaché au quartier de son enfance. C’est ici qu’il est né et c’est d’ici qu’il a pris le maquis sous le nom de guerre de Si Noureddine. » Naïma, technicienne supérieure en santé et employée à l’hôpital Parnet, dira : « C’était quelqu’un de généreux. Il a rendu service à plein de jeunes. Il leur a trouvé du travail. Moi-même, c’est grâce à lui que j’ai été embauchée. » Un peu plus bas, nous voici au café Chihab situé sur l’artère principale de Belfort, un café populaire que Smaïn Lamari avait beaucoup fréquenté. C’est le cercle sportif d’un club de football éponyme. Un avis de décès tracé à la craie sur un tableau annonce : « La famille Lamari a la douleur de faire part du décès de Smaïn Lamari. » Le rideau est baissé en guise de deuil. Les habitués du café attroupés sur le trottoir ont la gorge nouée. Ammi Amar, 68 ans, rappelle que le jeune Smaïn était un bon joueur de foot. « C’était un bon défenseur », dit-il. Il souligne que c’est grâce à lui que le cercle a rouvert. « C’était un homme d’une grande humilité. Il venait parfois jouer ici à la belote avec nous », rappelle un autre habitué du café. « C’était quelqu’un de populaire, à tel point qu’il nous faisait oublier qu’il était général. »
    Par Mustapha Benfodil, El Watan 29 août 2007 »




    0
  • rachid 2
    30 avril 2010 at 15 h 52 min - Reply

    ENTV est et a été toujours l’outil de propagande du regime et je suis sur que le seul moyen de la contrer et de diffuser la vraie information et de denoncer ce pouvoir mafieux est de creer ou de permettre a une chaine satallitaire comme rached tv de voir le jour et d’etre regardé par tous les algeriens toute classe sociale confondue parce que si changement il y a il ne peut se faire de l’interieur …




    0
  • moh ali
    3 mai 2010 at 12 h 27 min - Reply

    C’est un appel généreux qu’il faut encourager!Basta la télé propagande et vivement une télévision libre ouverte,une télé fenêtre sur le monde, une télé libératrice et émancipatrice.
    Que les journalistes gominés tirés aux quatre épingles et rondelets qui ne savent que lire et s’entendre parler arrêtent de nous châtier les oreilles dans leur langage en arabe classique incompris de la majorité.
    On s’étonne pourquoi les algériens zappent, alors que la raison est évident.Je connais beaucoup plus les ministres français, leurs programmes que les notres. CELA ME FAIT MAL MAIS QUE FAIRE?t




    0
  • kader fares affak
    4 mai 2010 at 17 h 14 min - Reply

    Qui n’a pas intérêt aux changements est qui sèment le doute sur toutes les initiatives accusant tout le monde d’être du DRS ?
    Tous les protagonistes de l’économie informelle et parallèle, les couches prédatrices et parasitaires, féodales et précapitalistes, les partisans d’un capitalisme retardataire et dépendant, mais aussi certaines catégories sociales déclassées qui vivent de la rente sous divers ses formes, et même dans les couches traditionnellement classées comme objectivement progressistes comme dans les milieux des travailleurs, et des cadres, y compris chez certaines élites d’obédience rentière bureaucratique qui jouent un rôle conservateur, tout en en étant victimes.
    En effet, certaines couches et catégories sociales sont, par rapport à la rente, dans un double statut, à la fois victimes et récipiendaires, même si elles n’en bénéficient qu’à des niveaux subalternes, inférieurs et dérisoires. Ce statut ambivalent les met dans des contradictions permanentes, les pousse à l’hésitation entre le soutien et l’opposition ; bref, les neutralise. Ce qu’il faut noter d’essentiel c’est que la rente, avec l’idéologie et la morale déliquescentes qu’elle diffuse, favorise un climat d’anomie contagieux qui tend à se généraliser et qui explique les nombreuses hésitations et l’état de démobilisation ou même de nihilisme et d’incivisme dans la société.
    Au fond, si les opposants aux changements sont conscients des enjeux en présence et de leurs intérêts propres, il n’en est pas ainsi des force qui ont objectivement intérêt aux réformes, les enjeux et les intérêts étant lourdement obscurcis par la complexité des termes de la contradiction apparente entre les intérêts immédiats et les intérêts à long terme, les intérêts stratégiques et les intérêts tactiques
    Kader fares affak




    0
  • Congrès du Changement Démocratique