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25 March 2017

Lutte contre la contrefaçon : « Le classement de l’Algérie à la 3e place n’est pas étonnant »

El Watan, 8 mai 2010
Encore une claque ! Un rapport annuel établi par les services du représentant au commerce international américain (USTR) classe, en 2009, l’Algérie à la 3e place, sur une liste rouge de onze pays dits « de surveillance prioritaire ».

Après la Chine et la Russie, l’Algérie serait le pays qui lutte le moins contre la contrefaçon, selon les conclusions dudit rapport. Depuis 21 ans, cet organisme américain dresse annuellement une liste de pays dits « mauvais élèves » en matière de lutte contre la contrefaçon. Si le gros des remontrances accable la Chine, pays dans lequel « la contrefaçon a atteint un seuil inacceptable », ce classement peu reluisant de l’Algérie confirme de plus en plus le désarroi des opérateurs économiques. Interrogé sur cette inextricable problématique, Amor Zahi, professeur de droit, spécialisé en propriété intellectuelle, se dit non surpris par cette mauvaise notation. « La contrefaçon est un fléau international, c’est dire quelle est pratiquée un peu partout dans le monde avec plus ou moins d’intensité. Le classement de l’Algérie en troisième position n’est pas étonnant en raison de l’absence et/ou de l’insuffisance de la production nationale dans divers domaines d’activité et sa conséquence directe, le développement de l’économie parallèle », déplore-t-il dans une déclaration à El Watan. Entres autres conséquences néfastes de ce mauvais classement, ce sont les négociations de l’Algérie en prévision d’une éventuelle adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, qui risquent de choper un sérieux discrédit.

Et M. Zahi ne manque pas d’ailleurs de confirmer ce préjudice notable au processus de négociations, encore tâtonnant. « Il est clair que cette mauvaise position va influer sur les négociations en prévision de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC dont le système est fondé sur la libre concurrence, mais une concurrence loyale basée sur la seule compétitivité », argue notre interlocuteur. Il va sans dire que malgré les efforts entrepris par les services de contrôle dans la lutte contre ce fléau, dont la Douane, les services du ministère du Commerce ou d’autres institutions, le phénomène de la contrefaçon continue de progresser dangereusement. A titre d’exemple, les saisies des produits contrefaits importés frauduleusement ont concerné 1,64 million d’articles en 2009 contre 1,59 million en 2008, selon les chiffres de la Douane. Les cigarettes viennent en tête de liste des articles saisis (41,36 %) durant l’année dernière, suivies par les produits cosmétiques (30,18%). Ces produits proviennent essentiellement de Chine qui reste toujours en tête des pays pourvoyeurs de l’Algérie en produits contrefaits, avec 62,5% des produits saisis, suivie des Emirats arabes unis (18,75%), de France et du Niger (6,25% chacun), de la Turquie et de la Thaïlande (3,12% chacune). Face à cette déferlante de produits contrefaits inondant le marché national, M. Zahi propose, pour plus d’efficacité, « le renforcement en moyens humains et surtout techniques, adaptés à l’évolution technologique savamment exploitée par les contrefacteurs ».

Par H. L.


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