Édition du
26 July 2017

Et si, pour changer, on éteignait l'obscurité, et qu'on allumait la lumière:


KATEB yassine « el Keblouti »
Je garderai le regret éternel de ne pas avoir fait la connaissance de Kateb Yassine, alors que je résidais à Sidi Bel Abbès, en cette période où il avait été, en quelque sorte, banni par Boumediène. Tous les artistes de la troupe de Kateb Yassine étaient mes amis. Parmi eux Mahfoud, Smaïn, et tous les autres. Mais aussi Sid Ahmed Benaïssa qui était à Alger, mais qui venait souvent à Sidi Bel Abbès, sa ville natale. Tétanisé à l’idée de rencontrer l’auteur de Nedjma, je reportais à chaque fois l’occasion d’aller lui rendre visite à Tenira, à 30 km de Sidi Bel Abbès, où il vivotait dans un petit appartement. Je regrette d’avoir raté cette chance de rencontrer cet homme de génie, empli de ses convictions de gauche, et qui avait fini par désespérer de tout, sauf de l’Homme.
DB


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6 Commentaires sur cet article

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  • still
    12 mai 2010 at 8 h 50 min - Reply

    Ne regrette rien DB.On ne peut tout voir,ni tout avoir.Tu aurais peut-être du voir Kateb, et il t’aurait sans doute fascine par sa simplicité,mais tu ne le fit pas pour une raison tout aussi fascinante : tu l’estimais au point de ne pouvoir l’approcher.Ce sens de mesure qui se raréfie de nos jours, te dicta cette attitude qui vous honore tous les deux : l’orfèvre reconnait les métaux précieux.




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  • radjef said
    12 mai 2010 at 10 h 09 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Interrogé par ses amis N Arnaud,B Nariman, B Mediene, D Timsit et Ali Zammoum sur ce qu’il pensait de l’Algerie trente ans apres son independance, Yacine eut cette reponse: » L’histoire de l’Algerie est comme l’histoire de ce cochon à qui on a donné du miel. Au lieu de le manger, il le traine dans son fumier pour l’abandonner ensuite ». Yacine, mais quel gachis!




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  • ali
    13 mai 2010 at 13 h 03 min - Reply

    j’apprecie une de ses reparties à propos du maghreb.Il disait on parle de l’Afrique du Sud mais pas d’Afrique du nord.
    il faut croire que l’Afrique a perdu le nord.




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  • Amar Ouerdane
    13 mai 2010 at 16 h 38 min - Reply

    Kateb Yacine a honoré mon livre (Thèse en sciences po.) par sa préface qu’il finit par :.

    Amar Ouerdane




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  • Liesl
    16 mai 2010 at 2 h 24 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    @ Frère D.B

    Une petite contribution de ma part pour secouer cet état d’assoupissement qui s’est emparé de moi.

    C’est aussi une occasion mabrouka, pour saluer la rédaction et dire bonjour à nos amis (es) internautes.

    Concernant Kateb Yacine à qui tu rends un vibrant hommage avec le regret ne l’avoir pas rencontré alors qu’il se trouvait à ta portée, il me semble que c’est souvent une attitude pudique à laquelle on s’oblige devant des hommes ou des femmes envers lesquels on a un respect et une considération sans faille.

    Il était justement une bougie de savoir, de bonté et de vérité et d’HUMILITÉ qui voulait éclairer les siens, mais les siens ne l’avaient pas reconnu.

    Le pouvoir, toujours égal à lui-même en matière de médiocrité et d’iniquité, n’a pas su profiter de son génie créateur et de sa vision avant gardiste.

    L’école dont la mission est la formation des nouvelles générations savantes et saines, a été confié aux fondamentalistes ramenés du moyen orient et aux tolbas et imams locaux.

    Kateb Yacine et ceux qui éclairent par leurs connaissances universelles et leur sagesse éprouvée, ont, soit été ignorés, soit combattus.
    Et la dérive continue encore de nos jours.

    Le développement, comme la souveraineté, comme la gouvernance, signifient tout autre chose que ce que croit le pouvoir.

    Le gouvernement agit sur ce qui est physique, or ce qui est physique se corrompe ou se dégrade et finit par mourir ou devenir obsolète et inutile.

    Le gouvernement doit agir en bien sur l’âme et l’esprit des algériens, en procurant la paix, la justice, en adaptant les lois (presque toutes scélérates présentement) afin de les faire concourir au bien des hommes et des femmes, sans distinction ni exclusive.
    Le reste suivra automatiquement.

    Les ténèbres ont peur de la lumière.

    Quelle que soit l’immensité des ténèbres, la lumière même naissante et infiniment petite finit toujours par triompher d’eux.

    Il suffit juste de savoir l’entretenir.

    Entretenir la flamme qui éclaire et qui réchauffe et ne pas la laisser s’éteindre est le meilleur gage de garantir la vie et la pérenniser.

    Dans chaque endroit ténébreux et obscure ou on ne sait point ce qui s’y cache, tu introduis la lumière au moyen d’une lampe, d’une torche ou d’une bougie, ou tout autre flambeau éclairant et les ténèbres reculeront.

    Symboliquement la lumière signifie la Vérité et les ténèbres, le mensonge.

    La différence entre les deux :

    C’est que, quand tu marches dans la lumière tu ne trébuches pas, car sachant ou mettre les pieds.

    Devant la lumière, les dangers les plus menaçants s’estompent et finissent par disparaitre et la sécurité s’installe.

    Il n’en est pas de même pour celui qui marche dans les ténèbres, il se cogne la tète, trébuche, tombe et ne se relève que pour retomber de nouveau, il se blesse à tous les endroits de son corps et son âme est prise de panique et d’effroi, ses yeux ne lui sont d’aucune utilité, tout son feeling et ses mains ne lui servent qu’à tâtonner.

    Il avance péniblement en tournant en rond ne sachant quel chemin véritablement salutaire emprunter; désarmé de toute conviction, il finit dans le gouffre de la perdition.

    Voila ce que coûte de marcher dans les ténèbres et de se complaire dans le mensonge.

    Si les Français ont un problème avec leur égo, et que les américains adeptes de la libre entreprise ont un problème avec tout ce qui rappelle le communisme, nous en Algérie nous avons un problème avec la Vérité.

    Mais là c’est un autre sujet que je vais développer plus tard, si Dieu le veut.

    NB : je voulais juste, commenter et en même temps rendre hommage à ce grand homme qu’est Kateb Yacine. Le premier paragraphe aurait suffi, sauf que je me suis retrouvé entrainé par la force libératrice de cette LUMIÈRE qui, malheureusement, doit cruellement manquer à notre cher pays.

    Fraternellement.




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  • Mohamed J
    16 mai 2010 at 17 h 24 min - Reply

    Des gens de la trempe de Kateb Yacine, de Malek Bennabi et autres géants qui font la fierté de notre ALgérie, doivent être honorés et constituer des valeurs de refuge pour notre culture et nos convictions.

    Lorsque nous respecterons le savoir et qu’il aura autorité sur nous, nous connaitrons l’humilité et avancerons sur le sentier de la lumière.

    Kateb Yacine et autres génies, ne sont pas qu’une simple bougie ( Ce n’est pas pour te contredire mon cher Liès), ce sont des soleils flamboyants qui éclairent la route de toute l’humanité et leur lumière est tellement éclatante qu’elle éblouit. On ne la perçoit qu’après que nos yeux et nos esprits se soient adaptés à sa magnificence.

    Le tribut que les génies paient à la nature, parce qu’ils sont hors normes, c’est de vivre et de mourir incompris, jusqu’à ce que leur société arrive à les rattraper, dans un laps de temps plus ou moins long, souvent bien tard, alors que généralement ils ne sont plus là.

    Ce sont ces gens là qui sont les héritiers des prophètes et leur savoir, qui est presque de la prescience, atteint des sommets ou ils sont seuls à pouvoir monter (j’allais dire grimper).




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