Édition du
22 July 2017

Grave pénurie de réactifs dans les hôpitaux Malades en danger de mort

La polémique sur cette pénurie fait rage entre l’Institut Pasteur et la Pharmacie centrale des hôpitaux.

11 Mai 2010, L’Expression

La polémique autour du manque de réactifs dans les hôpitaux enfle. Trois voix discordantes confirment cet état de fait: la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) l’Institut Pasteur d’Alger (IPA) et les praticiens spécialistes.

Alors y a-t-il vraiment pénurie ou s’agit-il d’un dysfonctionnement dans la distribution du produit? «Il n’y a pas de pénurie de réactifs de sérologie», a tranché, hier, le Pr Mohamed Tazir, directeur général de l’Institut Pasteur, joint par téléphone. Claire, nette et précise, cette déclaration se voulait une mise au point à ce qui a été dit et écrit, ces derniers jours, sur cette pénurie.

«Je n’arrive pas à cerner les tenants et aboutissants de cette rumeur», s’offusque encore le Pr Tazir. «Une rumeur», le mot est lâché! Mais, la messe est loin d’être dite. Preuve en est, au niveau de la PCH, un autre son de cloche se dégage. «Cette rupture ne concerne pas uniquement les réactifs de sérologie. Elle s’étend à d’autres médicaments», a affirmé Mme Tatai, chargée de communication à la PCH.

Sans détour, cette dernière a situé le maillon faible. Il s’agit de…l’Institut Pasteur!. «Le problème se situe au niveau de cet institut», a maintenu Mme Tatai.

La réaction du Pr Tazir ne s’est pas fait attendre. «L’Institut Pasteur ne détient pas le monopole de distribution des réactifs et des autres médicaments», a-t-il insisté. Pour ce dernier, les réactifs de sérologie sont disponibles en quantité suffisante.
«J’ai en ma possession la liste des centres sanitaires et hôpitaux qui ont bénéficié de ces produits.

Je peux vous assurer que sa distribution a été assurée à l’échelle nationale», a déclaré le premier responsable de l’Institut Pasteur. Seulement, au niveau des hôpitaux, le constat établi par les médecins est sans appel: le réactif se fait de plus en plus rare. Et cette situation dure depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. L’exemple le plus patent est celui des hôpitaux d’Alger.

«Oui, il y a pénurie de réactifs», a confirmé le Pr Mohamed Bernarbadji, néphrologue à l’hôpital de Beni Messous. Pour pallier ce manque, des mesures d’urgence ont été prises. En premier lieu, les analyses et bilans des malades ont été espacés. «Nous sommes passés des bilans quotidiens aux analyses étalées sur une période allant de 7 à 15 jours», a révélé le Pr Benarbadji.

Dans le cas extrême, les malades sont orientés vers des laboratoires privés. «Nous ne pouvons mettre en danger la vie de nos malades», a argué le néphrologue.
La situation est inquiétante mais pas alarmante. Du moins, c’est ce qui ressort des déclarations du Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique.

«Il n’ y a pas lieu de s’alarmer, mais les pouvoirs publics doivent prendre la situation en charge au plus vite», a-t-il averti.
Selon les spécialistes du secteur de la santé, la pénurie des réactifs serait l’une des incidences des orientations de la loi de finances en matière d’importation du médicament. La nouvelle procédure oblige l’acquéreur du produit médical à payer le fournisseur avant de recevoir la marchandise.

Au niveau de l’Institut Pasteur, le paiement se fait auprès des banques. «De notre côté, nous avons déjà payé les banques concernées par cette opération», a assuré le Pr Tazir. Toutefois, ce dernier s’est refusé à faire endosser toute responsabilité aux institutions bancaires.

Ces derniers jours, l’IPA fait face à des tirs croisés. Il est reproché à ses responsables d’être à l’origine de la pénurie des réactifs. Pénurie ou dysfonctionnement dans la distribution de ce produit, le malade est le seul à en subir les retombées.

Dans toute cette situation, une voix est restée muette. C’est celle du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière. Nous avons tenté, maintes fois, de joindre le responsable de la communication du ministère, pour avoir des éclaircissements sur ce dossier, en vain. Tomber malade est devenu chose facile, mais se faire soigner est une longue histoire.

Mohamed Sadek Loucif


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UN COMMENTAIRE

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  • BRAHIM
    13 mai 2010 at 20 h 44 min - Reply

    S’il fallait donner une licence d’importation pour acheter des biscuits, des bonbons, du chocolat ou des vêtements de Dubai ou de Turquie, toute de suite l’enveloppe aurait été « budgétisée » par la banque extérieure sur ordre d’en haut. Pour les médicaments, il faut attendre encore un peu chers malades. Votre tour c’est dans l’au-delà.




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