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26 July 2017

Débrayage à la cimenterie LAfarge à M’Sila se corse : Les travailleurs congédient le personnel et occupent les lieux

El Watan 13 mai 2010
Le personnel étranger du groupe Lafarge, représentant une quinzaine de cadres, exerçant au niveau de la cimenterie de M’sila, a été congédié lundi vers 20h par plus de 200 travailleurs, après l’échec des discussions préliminaires qui se sont déroulées au lendemain de la prononciation, le 9 mai, du verdict suspendant le mouvement de grève.

Le point de discorde qui a tout chamboulé était l’intransigeance de la direction de Lafarge à vouloir exclure 3 syndicalistes qui, selon le directeur de l’usine, rencontré à l’hôtel, sont à l’origine de la perte de 84 000 tonnes durant ces six jours de grève. A cette condition non négociable de la direction, les travailleurs ont brandi une autre également non négociable, celle de la mise à la porte de tous les étrangers qui exercent dans l’usine, tant que les 3 syndicalistes ne seront pas acceptés comme les représentants des travailleurs et que leur suspension soit annulée. La nuit a été agitée pour ces cadres, à savoir le directeur industriel, Xavier Saint Martin Tillet, qui est Français, le directeur de l’usine Ion Trofin (Roumain), le DRH (Jordanien), le directeur de la production (Kenya), un Marocain, un Saoudien et des Algériens de la DG, pris de panique par la tournure brutale des événements et la descente massive de travailleurs en furie au siège de la direction et se voyant menacés ont quitté dans la précipitation l’usine, sans même prendre leurs bagages pour élire domicile à l’hôtel Qalaâ (La citadelle) à M’sila.

A 22h, l’hôtel grouillait du personnel de la cimenterie. Un agent de sécurité raconte qu’il était derrière les persiennes de sa fenêtre et avait assisté à l’arrivée des travailleurs. « Environ 100 ou 120 travailleurs sont arrivés devant le pavillon, 5 personnes se sont détachées du groupe et ont demandé à ce que tous les étrangers quittent l’usine. » Après le départ du personnel d’encadrement étranger pour l’hôtel Qalaâ, où a été érigé le quartier général de Lafarge, les travailleurs ont envahi l’usine et le mouvement s’est un peu plus corsé, engendrant une situation conflictuelle inédite, se matérialisant en l’occupation des lieux de travail.

La situation a évolué rapidement au lendemain de la promulgation, par le tribunal, de la suspension du mouvement de débrayage, pour arriver à cette impasse. Le passage du maire de Hammam Dalaâ à l’usine, nous dira un travailleur rencontré hier à l’usine, qui avait assisté à la réunion préliminaire du 10 mai, a permis aux deux parties de s’asseoir à la même table. Il a exhorté les protagonistes qui, a-t-il souligné, ont fait montre de leur disposition à se soumettre et faire des concessions afin de rechercher l’intérêt ultime de tous qui est l’arrêt du mouvement de débrayage, l’annulation des décisions de suspension des syndicalistes et la remise en marche de l’usine. « Aussitôt après le départ du maire, a soutenu cet ouvrier, la direction a fait volte-face et conditionné le retour à la table des négociations à l’exclusion des 3 syndicalistes. » Au sixième jour de grève, le marché du ciment s’est installé en hausse, le prix oscillant entre 920 et 950 DA le sac de 50 kg.

Au moment où l’on met sous presse, la situation n’a pas évolué sauf que, selon le directeur de l’usine, Ion Trofin, joint par téléphone, une délégation du groupe Lafarge a été reçue par le wali de M’sila, qui a exhorté les deux parties, croit-on savoir, à faire preuve de responsabilité et d’emprunter la voie du dialogue.

Par S. Ghellab


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4 Commentaires sur cet article

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  • Rédaction
    13 mai 2010 at 15 h 08 min - Reply

    Après une semaine de débrayage

    Les travailleurs bloquent la cimenterie de Hammam Dalâa*

    Par : Chabane BOUARISSA

    In « Liberté » du 12 mai 2010

    Après plus de cinq heures de négociation, en présence des représentants des ouvriers, du P/APC de Hammam Dalâa, de l’inspecteur du travail et de la direction de l’usine, la situation n’a pas évolué d’un iota au niveau de la cimenterie. Bien au contraire. Les syndicalistes ont mis dehors, avant-hier soir, les cadres de l’usine sans les agresser.
    Selon le représentant des ouvriers, M. Aziz Djellal, qui a assisté aux négociations, la direction refuse de réintégrer les trois syndicalistes et les deux ouvriers limogés avant d’entamer les discussions sur la convention collective. “Ils nous ont dit qu’ils sont les propriétaires de l’usine et ils sont libres d’engager ou de limoger un employé”, dira le syndicaliste, en ajoutant que “nous sommes en Algérie, politiquement on ne connaît pas Lafarge, mais ACC”. Pour ce syndicaliste, “le recours systématique aux tribunaux montre que la direction de l’usine ne veut pas d’un dénouement de la crise. Ce sont les ouvriers qui ont décidé démocratiquement de la grève et c’est à eux que revient la décision de la suspendre, d’autant plus que nous avons respecté la procédure”. Pour les grévistes, pas question de céder devant les menaces. Hier, toute l’usine était fermée. Seul un dispositif monté par les grévistes pour assurer la garde et la sécurité de l’unité a été mis en place.
    Pour rappel, le tribunal de Hammam Dalaâ, saisi par la direction de la cimenterie Lafarge, dimanche dernier, a ordonné l’arrêt de ce mouvement enclenché le 5 mai dernier par les 630 travailleurs de l’usine. Mais pour les grévistes une question mérite d’être posée. Le juge en référé est-il habilité à juger de l’illégalité d’une grève ? “À partir du moment où le syndicat a respecté la procédure réglementaire, à savoir le dépôt d’un préavis de grève et la prise de la décision par le collectif des travailleurs dans des assemblées générales, la grève est légale du point de vue de la loi. Elle est conforme au droit de grève”, dira notre interlocuteur. “On a déposé un recours auprès du tribunal de Hammam Dalâa et on attend le jugement”, ajoute le représentant des grévistes.
    Les grévistes sont déterminés à poursuivre le mouvement de contestation “advienne que pourra”. Tant que les revendications ne sont pas satisfaites “le mouvement de grève ne s’arrêtera pas et ce n’est pas sur décision de justice que se traitent les conflits sociaux”, a martelé Azziz Djellal. Hier, en début d’après-midi, les représentants des ouvriers grévistes ont été reçus par le wali de M’sila. Selon les syndicalistes, le wali a exigé l’ouverture de l’usine dans les plus brefs délais et l’ouverture des négociations avec la section syndicale de l’UGTA.




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  • liatim
    13 mai 2010 at 17 h 13 min - Reply

    bonjour à tous moi voila ce que je pense avec tout l’argent du monde qui vont mèttre les ouvrier algérien à genoux. ils ne pensent qu’à eux mais un jour tout va leur tomber dessus moi je dis bon courage et bonne et amélioration dans de la démocratie sociale et moderne et vive l’Algérie




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  • PhD
    14 mai 2010 at 11 h 45 min - Reply

    Et bien, moi, si j’etais Lafarge, j’aurais jamais mis les pieds en Algerie. Quand ce ne sont pas des corrompus verreux, ce sont les syndicalistes qui imposent leus lois. En fait, la dictature de la fainéantise et du khobsisme. Ouvrez les yeux : pourquoi croyez vous que l’Algerie est desertée par les investisseurs étrangers ? Parce qu’on ne peux pas faire confiance a l’Algerie tout simplement.
    Ah, vivement l’apres petrole, que ce nif plie un peu ! Quand le ventre criera, l’échine pliera.




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  • didine
    7 mars 2013 at 2 h 45 min - Reply

    Bravo pour l’article
    Mais; vous avez oublié de cité les licenciements abusifs pour un simple raison ; ces des anciens employés avec expériences de 8 à 10 ans
    Bravo pour les algériens et tempis pour profiteurs étrangers, Vive L’ALGERIE




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  • Congrès du Changement Démocratique