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24 March 2017

On ne refait pas l’histoire ; on tire les leçons de l’histoire

Amokrane nourdineLe livre était là depuis longtemps et je croyais l’avoir lu. Je l’avais acquis durant les longues années de barbarie, la période de tragédie algérienne dénommée troisième guerre d’Algérie. La lucidité m’ayant manqué, et préoccupé comme tout un chacun malgré nous, j’avais certainement juste parcouru le fruit du labeur de l’universitaire ADDI dont les travaux je pense intéressent de plus en plus de monde. On dit qu’ici nous ne lisons pas beaucoup et la tragédie avait certainement accéléré le phénomène des sociétés arriérées ou en voie de développement, nivelant donc le tout par le bas. (le classement des universités algériennes au plan international inquiète t-il vraiment ?)Néanmoins le courage de tant d’algériens se levant pour aller travailler constitue encore aujourd’hui tant de résistances. Finalement l’entreprise n’était-elle point la mise à l’écart de tant de populations ? Les grandes pluies torrentielles attendent toujours de vaines années de printemps…..

Dans la salle d’attente de mon vieil « ami » le médecin originaire d’une grande famille du sud algérien ; qui me fait souvent la charité de m’écouter, je feuilletais sans conviction quelques titres de la presse nationale jusqu’à un article d’actualités attire mon attention. Le professeur de droit à l’université d’Alger mr Mebroukine répond au docteur Sadi à propos de son livre « Amirouche , une vie deux morts » Mon intérêt était l’évocation du professeur de droit de l’ex président charismatique HOUARI BOUMEDIENNE et mon admiration pour tant d’acharnement du professeur à le défendre alors que son image avait été tant malmenée depuis le tournant libéral des années 1980 (tournant libéral dicté par la finance international ; déjà en 1979 110 pays du sud avaient été désignés à l’ajustement structurel).

Monsieur Mebroukine écrit : « Entre autres historiens éminents, peu suspects de sympathie pour Houari Boumediene, Mrs HARBI ET ADDI ont délibérément rejeté la catégorie de dictature militaire pour qualifier le régime de l’ancien président de la république (cf l’Algérie et son destin arcantere 1992 et l’Algérie et la démocratie la découverte 1994).

Le soir venu je m’étais penché sur le livre d’ADDI (l’autre, celui de Harbi, un copain a certainement oublié de me le rendre) :

Ce qui est clair dans le livre d’ADDi entamé c’est le rôle de la religion musulmane imprégnant toute l’histoire du mouvement national algérien depuis l’ENA (étoile nord africaine) mise à part la période de la crise de 1949 crise dite crise berbériste. « ,  En 1949 des militants de la Fédération de France (Paris Lyon) du PPA-MTLD tous originaires de Kabylie, ont interpellé la direction du parti lui demandant de se prononcer sur la démocratie et sur la relation entre l’islam et la politique. « tourner le dos à cette culture politique, séculariser le discours du parti, demander à Messali el hadj de renoncer à la symbolique religieuse c’était courir le risque de se couper des masses populaires dont le parti exprimait les aspirations. »

En ces temps de nationalisme algérien était-il question de prétendu « choc de civilisations » comme celui exprimé ces dernières décennies par feu Samuel Huntington lors de la guerre du NORD CONTRE LE SUD. Durant la nuit coloniale comme aujourd’hui nous pouvons lire et déceler la guerre du nord contre les pays du sud.

Pour en revenir au président Houari  Boumediene, le professeur ADDI nous rappelle que le président avait la main sur l’armée et gouvernait avec des civils.

Pour ma part je me réjouis de lire sous la plume du professeur MEBROUKINE que l’ex président n’avait point assez de temps pour la construction de l’ETAT ALGERIEN et qu’il y avait une volonté un projet d’édification.

En ces temps là les algériens possédaient un pays et le rêve était permis. Une paix sociale des universités des hôpitaux avaient été érigés.

Un autre chemin aurait  il été possible ? On ne refait pas l’histoire ; on tire les leçons de l’histoire si les forces externes réellement dominatrices nous laissent tirer les leçons de l’histoire.


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7 Commentaires sur cet article

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  • nomade
    18 mai 2010 at 2 h 16 min - Reply

    oui un autre chemin aurait ete possible , au grand regret de beaucoup d’algeriens ,c’est celui de ne pas avoir livre ,depuis 62,ce pays a ce ramassis de rapaces de la finance internationale , des multinationales, des saboteurs , avec pour aides de camp des pseudo-nationaux qui ont l’art de choisir le masque du moment , tantot harkis, tantot socialistes , tantot capitalistes , eddnia maa el wakaf ,
    retour a la case depart , l’algerien resigne , reprend avec amertume son eternel statut de khemass.




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  • GODEL
    18 mai 2010 at 10 h 58 min - Reply

    Benyoucef Ben Khedda, président du GPRA, en butte, avant et après l’indépendance, aux intrigues des imposteurs des frontières, les dénoncera clairement en août 1962 :  » Certains officiers qui ont vécu à l’extérieur, n’ont pas connu la guerre révolutionnaire comme leurs frères du maquis, guerre basée essentiellement sur le peuple. Ces officiers qui sont restés, pendant la durée de la guerre, aux frontières tunisienne et marocaine, ont souvent tendance à ne compter que sur la force des armes. Cette conception dangereuse conduit à sous-estimer le rôle du peuple voire à le mépriser et crée le danger de voir naître une féodalité ou une caste militariste, telle qu’il en existe dans certains pays sous-développés, notamment en Amérique latine « .
    Des paroles prophétiques qui deviendront réalité quelques années plus tard !




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  • GODEL
    18 mai 2010 at 11 h 00 min - Reply

    tapis rouge




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  • Mourad
    18 mai 2010 at 19 h 21 min - Reply

    Dans l, article …. Pour ma part je me réjouis de lire sous la plume du professeur MEBROUKINE que l’ex président n’avait point assez de temps pour la construction de l’ETAT ALGERIEN et qu’il y avait une volonté un projet d’édification….

    Ce passage veut tout dire. Etre au pouvoir depuis 1962 (puisque ben bella n’était qu’une marionnette) jusqu’à 1979 et ne pas avoir le temps de construire l’Etat Algérien. Je me demande qu’est ce qu’il faisait tout ce temps la. Il était peut etre occupé à éliminer et pousser à l’exil tout ceux qui ne montraient pas patte blanche, à placer des DAF, des etres sans gloire aux commandes pour les manoeuvrer à merci sans aucune resistance, à falcifier l’histoire et se construire une légende sans aucun fondement et, et et … Ayant fait tout cela, je pense que meme s’il avait le temps de construire un Etat Algérien, ce dernier sera à l’image de ses réalisations, c’est à dire un Etat mais loin d’etre libre ou de droit. Juste pour finir, de grace j’invite certains de mes concitoyens à arreter de nous repeter que grace a Boumediene on avait un meilleur niveau de vie, on a pouvait faire des études…etc. Boumediene n’y est pour rien, c’est grace a l’Algerie, la mere patrie qu’on a eu ca et qu’on est en droit d’éspérer plus. On entend jamais dire chez les autres des phrases du type grace a sarkozy ou grace a bush ou obama… C’est toujours grace à la mere patrie. Ce n’est pas un pouvoir personnel, c’est des états de droit. Notre malheur viens en grande partie de Boumediene et de son clan, le jour ou il a decide de se substituer à un gouvernement de droit GPRA pas la force des armes.

    Cordialement




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  • GODEL Le mystique
    18 mai 2010 at 21 h 31 min - Reply

    Nos révolutionnaires excepté quelques uns, sont tous des fanatiques de MACHIAVEL.
    Pour cela l’équation est simple:Boussof ,Boumedien and Corp,n’ont fait que appliquer les méthodes de résolutions du faqih et ces fetwas ,qui est MACHIAVEL.
    Ne dit on pas ,chez nous,qu’il faut que je le mange avant qu’il me mange?(L’homme est loup pour l’homme .Thomas Hobes).
    Le reste ,comme Amirouche,Lotfi,…finirons d’êtres taxés dans l’Histoire comme idéalistes ,en d’autre termes ,leurs royaumes n’est pas de ce bas monde…pour paraphraser L’emir abdelkader




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  • AMOKRANE NOURDINE
    22 mai 2010 at 18 h 00 min - Reply

    IL ETAIT UNE FOIS BOUMEDIENNE….
    Au-delà des violations des libertés et des droits de l’homme, au-delà de son machiavélisme politique et de ses erreurs sur le plan économique, l’œuvre qu’il a accompli durant les treize années durant lesquelles il a régné sur le pays est, pour emprunter la formule de GEORGES MARCHAIS « globalement positive ». Il y a eu beaucoup d’usines clefs en main qui ne fonctionnaient qu’à faible rendement, peu de cohésion sociale et peu d’adhésion du peuple au pouvoir qu’il lui avait imposé. Lui qui avait nationalisé les hydrocarbures pour libérer l’économie nationale de toute ingérence étrangère, a sacrifié l’agriculture, mettant le pays dans une situation de dépendance alimentaire alarmante qui n’a fait que s’accentuer. L’Algérie a vécue plus de onze ans sans constitution et Boumediene, président du conseil de la révolution et chef de l’ETAT, a gouverné par voie d’ordonnances. Il a eu ses fidèles et ses infidèles, ses partisans et ses adversaires, ses « fils » qui revendiquent aujourd’hui, tant au niveau de l’armée que de la jeunesse, sa politique, défendent son héritage et e qu’ils appellent « les acquis de la révolution ». Sa politique, contestée à l’intérieur dans de nombreux domaines, lui a valu un grand prestige à l’étranger où elle a été perçue comme progressiste et en faveur des grandes causes justes. Alger était la Mecque de nombreux mouvements de libération. De nombreux algériens se seraient accommodés d’une telle politique s’il avait rétabli les libertés fondamentales et libéré le peuple du carcan rigide qui l’étouffait. Courtisé de son vivant, Boumediene dont la maladie a été couverte par le plus épais des secrets d’Etat a été pleuré è sa mort par le peuple, surtout les ouvriers agricoles, les paysans pauvres, les travailleurs, l’armée, les femmes, parce qu’il a construit des villages, des écoles, des universités, des hôpitaux avec soins gratuits, établi des assurances sociales et un salaire minimum qui a permis d’élever leur niveau de vie. Nombreux aussi sont les cadres, des membres de la NOMENKLATURE, qui l’ont critiqué après sa mort, avec autant d’ardeur qu’ils avaient mis à le louer, quand ils supputaient qu’il était au pouvoir pour de longues années et que leur sort était entre ses mains.
    Par Abdenour ALI-YAHIA IN SON LIVRE INTITULE RAISON ET DERAISON D’UNE GUERRE AUX EDITIONS L’HARMATTAN 1996




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  • bouyilès
    22 mai 2010 at 19 h 50 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique