Édition du
28 July 2017

Etat de la liberté d’expression au Maghreb

Mai 2010

En dépit de déclarations d‘intention officielles assurant l’attachement des autorités des pays d’Afrique du Nord à la liberté de presse et la promotion de la liberté d’expression, l’année écoulée a connu un record d’attaques contre les médias indépendants et de poursuites contre les journalistes et les blogueurs. Au même moment, le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur et de l’information, réunis à Tunis le 16 mars 2010, ont unifié et renforcé les mesures de contrôle et de répression contre les médias utilisant les nouvelles technologies de l’information, notamment Internet et le satellite.

C’est ainsi que le groupe de travail pour la liberté d’expression en Afrique du Nord a recensé pour l’année 2009 pas moins de 94 cas d’attaques graves dont 60 par voie judiciaire contre des journalistes et de medias dans les 6 pays d’Afrique du Nord ; soit 23 (dont 17 procès) au Maroc, 24 (dont 11 procès) en Tunisie, 11 (dont 7 procès) en Algérie, 19 (dont 18 procès) en Egypte, 8 (dont 5 procès) en Libye et 9 (dont 2 procès) en Mauritanie. Ces attaques vont de la suspension des médias du fait de décisions judiciaires ou de lourdes amendes asphyxiantes, à l’emprisonnement des journalistes et blogueurs en passant par les arrestations arbitraires, les mauvais traitements, les campagnes de calomnies et les agressions physiques.

Voici les cas par pays :

Algérie

Si la vie des journalistes n’est pas mise en danger comme auparavant, de nombreux journalistes subissent la pression d’un harcèlement judiciaire si constant qu’une boutade populaire dans le milieu de la presse qualifie le Palais de justice de « plus grande salle de rédaction d’Algérie » !

Régulièrement, la marge de liberté se restreint et les journalistes ne disposent plus de la marge dont ils disposaient auparavant  pour s’exprimer librement et l’autocensure s’installe comme mécanisme d’autoprotection.

Le code pénal Algérien, prévoit depuis 2001 des peines de prison ferme et des amendes excessives à l’égard des journalistes pour délit de diffamation. Et depuis, le nombre de plaintes et de poursuites judiciaires contre les journalistes et titres de la presse indépendante s’est accentué de façon significative.

Quand a l’audiovisuel, il reste monopolisé par l’Etat qui refuse toujours l’ouverture du champ médiatique audiovisuel. En juillet 2009, le parlement Algérien avait adopté une nouvelle loi sur la cybercriminalité qui fait obligation aux fournisseurs d’accès « d’intervenir, sans délais, pour retirer les contenus dont ils autorisent l’accès en cas d’infraction aux lois, les stocker ou les rendre inaccessibles dès qu’ils en ont pris connaissance directement ou indirectement […] mettre en place des dispositifs techniques permettant de limiter l’accessibilité aux distributeurs contenant des informations contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs et en informer les abonnés « (art 12). ». Cette loi vise à contrôler les sources de l’information devant la progression de l’utilisation de l’internet comme moyen d’accès à l’information dans la société Algérienne.

  • Le 11 février 2009,  Layadi El Amine Yahia correspondant du quotidien Le carrefour d’Algérie de Mascara, a été condamné par la cour d’appel de Mascara, par contumace à une année de prison ferme, assortie d’une amende de 20 000 DA, également pour une affaire de diffamation intentée par le directeur de la direction du commerce de Mascara. Le correspondant du quotidien Le Carrefour d’Algérie, qui a bénéficié d’un acquittement en première instance a décidé de faire opposition à cette décision de justice.
  • Le 2 Mars 2009, Nedjar El Hadj Daoud, directeur de l’hebdomadaire El Waha a été emprisonné pour diffamation. Il a été placé en liberté provisoire le 5 mars au soir pour des raisons médicales. Mais les charges continuent de peser sur lui  Il subit depuis des années déjà un harcèlement judiciaire d’une exceptionnelle intensité. Son crime est de s’entêter à enquêter dans le sud du pays sur tout ce qui touche aux intérêts mafieux dans le foncier, l’immobilier, le trafic d’influence…etc.
  • Le 4 mai, 2009 Mohamed Fawzi Souag , journaliste du quotidien El Watan de Mascara.est condamné à une amende de 20 000 DA (dinars algériens), soit 217 euros, et à 30 000 DA soit 326 euros de dommages et intérêts. Le journaliste était poursuivi pour diffamation par l’imam de la mosquée El Hassanaïne de Mamounia, suite à la parution de deux articles dans les éditions du quotidien El Watan.
  • Le 24 Octobre 2009, le journaliste Ouahid Boulouh correspondant du quotidien d’expression Arabophone, El Khabar, à la wilaya de Souk Ahras, a été condamné à une amende de un million de dinars (soit 10 000 Euros) par le tribunal de la ville de Sédrata. La condamnation faisait suite à une  plainte pour diffamation déposée par la commission des œuvres sociales de l’Entreprise publique de santé de proximité (EPSP).
  • Le 14 juillet 2009, Le  journaliste Rabah Lamouchi, correspondant du quotidien arabophone Ennahar à Tébessa (460 km à l’est d’Alger)  a été condamné à 6 mois de prison ferme pour défaut d’accréditation de son journal et pour diffamation.
  • Le 18 mai 2009, le journaliste Ahcène Guettaf, correspondant du quotidien national El Khabar à Bouira (120 km à l’est d’Alger), comparaissait devant le tribunal de Lakhdaria suite à une plainte pour diffamation. Lors du procès, la défense du journaliste a plaidé sa relaxe arguant que « le journaliste n’a fait que rapporter une information officielle répercutée par la cellule de communication de la sûreté de wilaya ». Le procureur avait requis contre le journaliste 3 mois de prison ferme et 30 000 DA d’amende.
  • Le 15 mars 2010,  Le journaliste B. Riadh, correspondant du quotidien Elbilad à Chlef (200 km à l’ouest d’Alger) a été condamné à 2 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Chlef pour diffamation.
  • Le 17 mars 2010, la première radio libre, Radio Kalima Algérie lancée en janvier 2010 sur Internet par un groupe de journalistes indépendants était censurée et son site bloqué en Algérie; Le 18 mars, le signal satellitaire de la radio qui était également diffusée sur le satellite Hotbird, était interrompu par Eutelsat, propriétaire de Hotbird sous la pression des autorités algériennes ;
  • Le 3 mai 2010, trois journalistes de la presse indépendante ont été arrêtés par la police,  alors qu’ils s’apprêtaient à organiser un sit- in devant le siège de la télévision publique pour exiger la libération du champ audiovisuel en Algérie.  Il s’agit de Adlène Meddi, Mustapha Befodil, journalistes au quotidien national El Watan et de Said Khatibi du quotidien national El Khabar. Les trois journalistes étaient libérés en fin de l’après-midi après avoir subi des interrogations. Le rassemblement prévu durant la journée mondiale de la liberté d’expression a été interdit sous prétexte de l’état d’urgence en Algérie.
  • Le 8 mai 2010, Belhamideche Belkacem, directeur du quotidien Réflexion a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal de Mostaganem, pour diffamation, dans l’affaire qui l’oppose au président de l’assemblée populaire de Ain Boudinar dans la wilaya de Mostaganem.

Maroc

L’année 2009 a été une année noire  pour la presse marocaine. Plus de dix ans après la libéralisation amorcée par Hassan II, les journaux marocains vivent une véritable offensive visant à réduire au silence la presse indépendante ; procès en diffamation, prison ferme, amendes astronomiques, fermeture de journaux, la presse marocaine accumule les déboires après les succès.

  • Le 18 mai 2009, le mensuel Economie & entreprise est condamné en première instance à verser la somme de 1.8 million  de dirhams pour « dommage et intérêts ». Hassan Alaoui, président de success publication, éditeur d’Economie & entreprise fait appel de la sentence. Le 30juin 2009, Economie & entreprise est condamné à verser 5.9 millions de dirhams pour « diffamation » à l’encontre du holding royal et de l’ONCF.
  • Le 29 juin 2009, trois journaux marocains Al Jarida Al Aoula, Ahdath Al Maghribia et Al Massae on été condamnés par le tribunal de première instance de Casablanca à une amende de 3 millions de dirhams (soit 320 000 dollars), pour « atteinte à la dignité du dirigeant libyen » (il s’agit de Mouamar Khadafi) dans des articles de presse distincts ; les plaintes ont été déposées le 18 mai 2009 par le bureau de la « Fraternité arabe » de Rabat (ambassade libyenne) après une série de chroniques évoquant l’absence de démocratie et de pluralisme politique en Libye et dans plusieurs autres pays du Maghreb. Les accusés sont Ali Anouzla (directeur d’Al Jarida Al Aoula), Mohamed Brini et Mokhtar Labzioui (directeur et journaliste d’Al Ahdath Al Maghribia), ainsi que Rachid Nini et Youssef Meskine (directeur et journaliste d’Al Massae). Lors du procès, Mouammar Kadhafi avait réclamé des intérêts de 30 millions de dirhams (soit 3,2 millions de dollars), à chacun des journaux marocains, via son avocat devant le tribunal de première instance de Casablanca.
  • Le 1er août 2009, la police empêche la parution des deux hebdomadaires, Telquel et Nichan. 50 000 exemplaires chacun sont détruits sur ordre du ministère de l’intérieur.  Dans ce numéro spécial du mois d’aout, censé rester un mois en kiosque, Telquel et Nichane publient, en partenariat avec Le Monde, un sondage sur le bilan du règne de Mohammed VI. Ahmed Reda Benchemsi, directeur de publication des deux journaux, déclare avoir reçu la visite d’officiers des renseignements généraux lui demandant de signer un procès verbal notifiant la décision de la saisie.
  • Le 15 octobre2009, le directeur de l’hebdomadaire arabophone Al Michaâl, Idriss Chahtane est condamné à 1 an de prison ferme par le tribunal de Rabat pour avoir publié des articles  sur la santé du roi Mohammed VI. Le tribunal a également infligé une amende de 10.000 dirhams (environ 885 euros) à l’encontre de M. Chahtane et ordonné son incarcération immédiate. Des peines de 3 mois de prison ferme ont été prononcées par le même tribunal à l’encontre de Rachid Mhamid et Mustapha Hirane, deux journalistes du même journal. Ceux-ci devront en outre payer une amende de 5.000 dirhams (440 euros) chacun et assumer les frais du procès. Idriss Chahtane était poursuivi pour « publication malintentionnée d’une fausse information », « allégations et faits non véridiques », Mhamid et Hirane pour participation. Fin août, Idriss Chahtane avait publié un article intitulé « Al Michaâl dévoile les raisons du communiqué du Palais au sujet de la maladie du roi qui a inquiété l’opinion publique ».
  • Le 30 octobre 2009 la justice ordonnait la fermeture définitive de Akhbar Al Youm. Un double verdict était prononcé par le tribunal de première instance de Casablanca. Dans le premier procès, le ministère de l’Intérieur avait décidé de poursuivre le quotidien Akhbar El-Youm pour outrage au drapeau du royaume. Il s’agissait d’un dessin du prince Ismail lors de son mariage. Le juge a décidé la fermeture définitive du quotidien et infligé une peine d’un an de prison avec sursis à l’encontre du directeur Taoufik Bouachrine et du caricaturiste Khalid Gueddar, assortie d’une amende de 9000 euros chacun.  L’autre procès avait été intenté contre le journal par le prince Ismaïl lui-même pour « non-respect dû à un membre de la famille royale ». Le directeur et le caricaturiste ont été condamnés à trois ans de prison avec sursis et à environ 270 000 euros de dommages et intérêts, à verser solidairement au Prince.
  • Le 24 novembre 2009 deux responsables du journal  arabophone Al-Ayam ont été convoqués par la police judiciaire marocaine, pour avoir envisagé de réaliser un dossier sur Lalla Latifa, la mère de Mohammed VI. Noureddine Miftah et Maria Moukrim, respectivement directeur de la publication et rédactrice en chef, ont subi des interrogatoires pendant six heures dans les locaux de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca.
  • Le 28 décembre 2009, la cour d’appel de Rabat a confirmé la condamnation d’Ali Anouzla, directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula, à un an de prison avec sursis et à 10 000 dirhams d’amende (885 euros) pour « diffusion de fausses nouvelles », suite à la publication d’un article, le 27 août 2009, qui contredisait le bulletin de santé officiel du roi. La journaliste Bouchra Eddou, qui avait rédigé l’article incriminé a, quant à elle, été condamnée à trois mois de prison avec sursis, et 5 000 dirhams d’amende (440 euros).
  • Le 9 janvier 2010 le  journaliste. Younes Sryfi, directeur du journal marocain Al Diar Al Maghribia à Tanger, a été agressé physiquement et insulté alors qu’il était entrain de couvrir l’organisation d’un séminaire dans la ville de Tanger, le samedi 9 janvier à 9 heures.  A la suite des coups reçus, le journaliste souffre d’une fracture de deux doigts de la main gauche et d’hématomes au visage.

Le 27 janvier 2010, le tribunal de commerce de Casablanca a ordonné la liquidation judiciaire de Média Trust, ancienne société éditrice du Journal hebdomadaire jusqu’à sa faillite en 2003, et de Trimédia, actuelle société éditrice du Journal hebdomadaire et ancienne régie publicitaire, les huissiers sont arrivés dans les bureaux du Journal hebdomadaire afin de changer les serrures et placer les locaux sous scellés. Cette liquidation judiciaire sonne la

  • fin du premier titre indépendant au Maroc, fondé en 1997 sous le règne du roi Hassan II. Principal symbole de la liberté de la presse. L’hebdomadaire croule sous les dettes de plus de cinq millions de dirhams (450 000 euros) envers la Caisse nationale de la sécurité sociale, des impôts et de certaines banques.  Son directeur Aboubakr Jamai déclare  que « les autorités ont tout fait pour acculer Le Journal hebdomadaire à l’asphyxie financière, par le biais d’une stratégie concertée de boycott publicitaire ».
  • Le 6 mars 2010, le blogueur et journaliste Hassan Barhoum est condamné  à six mois de prison ferme et à une amende de 5 000 dirhams par le tribunal de Tétouan,  pour « diffusion de fausses informations ». Hassan Barhoum a été arrêté le 26 février dernier et accusé de diffamation d’un membre du corps judiciaire, suite à la publication d’une pétition signée par 60 journalistes et défenseurs des droits de l’homme, dénonçant le vaste système de corruption dans la région de Tétouan.
  • Le 22 mars 2010, Mohamed Attaoui, correspondant du quotidien arabophone Al-Monataf, président de l’Association avenir pour le cèdre et le mouflon et fonctionnaire à la commune rurale de Tounfite a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de Midelt. officiellement pour avoir extorqué la somme de 1000 dirhams (environ 90 euros). Son interpellation coïncide avec la publication d’un article dans le quotidien arabophone Al-Monataf, le 16 février 2010, et d’un communiqué de presse, le 14 janvier, dans lesquels il dénonçait la « mafia du cèdre ». Le journaliste, qui a versé une caution de 10 000 dirhams (890 euros), a été libéré le 15 avril 2010. Dans ses écrits récents, le journaliste et militant a décrit de manière précise et détaillée la contrebande du bois du cèdre par des responsables des communes rurales de la région de Midelt, avec la complicité de la gendarmerie et de l’Office national des Eaux et Forêts. Le cèdre est une espèce protégée au Maroc.

Les autorités marocaines se sont lancées dans une politique de répression sévère à l’encontre des cyberdissidents

  • Le 15 décembre 2009 les blogueur El Bachir Hazzam et Abdullah Boukfou propriétaire d’un cybercafé, ont été arrêtés pour avoir publié des informations sur des manifestations étudiantes dans la ville de Taghjijte (200 km au sud d’Agadir). Le tribunal de première instance de Guelmim, a condamné El Bachir Hazzam à quatre mois de prison ferme et Abdellah Boukfou,  propriétaire d’un cybercafé, à un an de prison ferme pour « diffusion de fausses informations portant atteinte à l’image du royaume concernant les droits humains ».
  • Le 2 février 2010 le blogueur et défenseur de droits humains, Boubaker Al-Yadib, a été arrêté et condamné par le tribunal de Guelmim à six mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende, pour « dégradation des biens de l’Etat », « atteinte à un agent de l’Etat », et « participation à une manifestation illégale ».

Tunisie

La période qui a précédé les élections générales qui se sont déroulées en octobre 2009 et qui ont reconduit le président Ben Ali à la tête de l’Etat pour un cinquième mandat consécutif avec un scrutin de 89,67% a été marquée par la multiplication des attaques contre les journalistes et la liberté d’expression. Elle s’est également illustrée par l’augmentation du nombre de poursuites judiciaires à l’encontre de journalistes indépendants ou opposants travaillant pour des médias basés à l’étranger car aucun média local n’est en mesure de publier leurs écrits ou reportages.

Une nouvelle forme d’attaque a pris des proportions alarmantes, il s’agit des campagnes de calomnies et d’insultes à l’égard de journalistes et défenseurs de droits humains allant jusqu’aux menaces de mort (Slim Bagga, directeur du journal l’Audace)

  • Le 15 août 2009, un putsch contre la direction légitime du syndicat des journalistes était organisé à l’instigation des autorités et une procédure judiciaire ordonnait dans la foulée l’évacuation du local du SNJT qui a été mis à la disposition du nouveau bureau putschiste, après l’encerclement du siège du syndicat par la police et l’agression perpétrée contre son président légitime, Négi Bghouri.
  • Le 15 septembre 2009, le journaliste banni dans le sud de la Tunisie et assigné à résidence arbitrairement, Abdallah Zouari, a été arrêté  par des policiers en civil à Zarzis, il a été interrogé sur les articles qu’il publie sur son blog et invité à donner son mot de passe. Il a été relâché après 8 heures d’interrogatoire.
  • Le 29 septembre 2009 Hamma Hamami directeur du journal interdit Al Badil, a été passé à tabac par des policiers à l’aéroport de Tunis Carthage alors qu’il rentrait de France après avoir dénoncé sur la chaine France24 la situation des libertés en Tunisie. Par contre une information judiciaire a été ouverte contre lui pour voies de faits.
  • Le 5 et le 8 octobre 2009, Moez El Bey, correspondant de radio Kalima à Sfax a été agressé par la police à deux reprises, à Sfax alors qu’il couvrait un événement à la faculté de lettres et une autre fois à Tunis, la police lui avait confisqué son recorder, son téléphone portable ainsi que sa pièce d’identité.
  • fin du premier titre indépendant au Maroc, fondé en 1997 sous le règne du roi Hassan II. Principal symbole de la liberté de la presse. L’hebdomadaire croule sous les dettes de plus de cinq millions de dirhams (450 000 euros) envers la Caisse nationale de la sécurité sociale, des impôts et de certaines banques.  Son directeur Aboubakr Jamai déclare  que « les autorités ont tout fait pour acculer Le Journal hebdomadaire à l’asphyxie financière, par le biais d’une stratégie concertée de boycott publicitaire ».
  • Le 6 mars 2010, le blogueur et journaliste Hassan Barhoum est condamné  à six mois de prison ferme et à une amende de 5 000 dirhams par le tribunal de Tétouan,  pour « diffusion de fausses informations ». Hassan Barhoum a été arrêté le 26 février dernier et accusé de diffamation d’un membre du corps judiciaire, suite à la publication d’une pétition signée par 60 journalistes et défenseurs des droits de l’homme, dénonçant le vaste système de corruption dans la région de Tétouan.
  • Le 22 mars 2010, Mohamed Attaoui, correspondant du quotidien arabophone Al-Monataf, président de l’Association avenir pour le cèdre et le mouflon et fonctionnaire à la commune rurale de Tounfite a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de Midelt. officiellement pour avoir extorqué la somme de 1000 dirhams (environ 90 euros). Son interpellation coïncide avec la publication d’un article dans le quotidien arabophone Al-Monataf, le 16 février 2010, et d’un communiqué de presse, le 14 janvier, dans lesquels il dénonçait la « mafia du cèdre ». Le journaliste, qui a versé une caution de 10 000 dirhams (890 euros), a été libéré le 15 avril 2010. Dans ses écrits récents, le journaliste et militant a décrit de manière précise et détaillée la contrebande du bois du cèdre par des responsables des communes rurales de la région de Midelt, avec la complicité de la gendarmerie et de l’Office national des Eaux et Forêts. Le cèdre est une espèce protégée au Maroc.

Les autorités marocaines se sont lancées dans une politique de répression sévère à l’encontre des cyberdissidents

  • Le 15 décembre 2009 les blogueur El Bachir Hazzam et Abdullah Boukfou propriétaire d’un cybercafé, ont été arrêtés pour avoir publié des informations sur des manifestations étudiantes dans la ville de Taghjijte (200 km au sud d’Agadir). Le tribunal de première instance de Guelmim, a condamné El Bachir Hazzam à quatre mois de prison ferme et Abdellah Boukfou,  propriétaire d’un cybercafé, à un an de prison ferme pour « diffusion de fausses informations portant atteinte à l’image du royaume concernant les droits humains ».
  • Le 2 février 2010 le blogueur et défenseur de droits humains, Boubaker Al-Yadib, a été arrêté et condamné par le tribunal de Guelmim à six mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende, pour « dégradation des biens de l’Etat », « atteinte à un agent de l’Etat », et « participation à une manifestation illégale ».

Tunisie

La période qui a précédé les élections générales qui se sont déroulées en octobre 2009 et qui ont reconduit le président Ben Ali à la tête de l’Etat pour un cinquième mandat consécutif avec un scrutin de 89,67% a été marquée par la multiplication des attaques contre les journalistes et la liberté d’expression. Elle s’est également illustrée par l’augmentation du nombre de poursuites judiciaires à l’encontre de journalistes indépendants ou opposants travaillant pour des médias basés à l’étranger car aucun média local n’est en mesure de publier leurs écrits ou reportages.

Une nouvelle forme d’attaque a pris des proportions alarmantes, il s’agit des campagnes de calomnies et d’insultes à l’égard de journalistes et défenseurs de droits humains allant jusqu’aux menaces de mort (Slim Bagga, directeur du journal l’Audace)

  • Le 15 août 2009, un putsch contre la direction légitime du syndicat des journalistes était organisé à l’instigation des autorités et une procédure judiciaire ordonnait dans la foulée l’évacuation du local du SNJT qui a été mis à la disposition du nouveau bureau putschiste, après l’encerclement du siège du syndicat par la police et l’agression perpétrée contre son président légitime, Négi Bghouri.
  • Le 15 septembre 2009, le journaliste banni dans le sud de la Tunisie et assigné à résidence arbitrairement, Abdallah Zouari, a été arrêté  par des policiers en civil à Zarzis, il a été interrogé sur les articles qu’il publie sur son blog et invité à donner son mot de passe. Il a été relâché après 8 heures d’interrogatoire.
  • Le 29 septembre 2009 Hamma Hamami directeur du journal interdit Al Badil, a été passé à tabac par des policiers à l’aéroport de Tunis Carthage alors qu’il rentrait de France après avoir dénoncé sur la chaine France24 la situation des libertés en Tunisie. Par contre une information judiciaire a été ouverte contre lui pour voies de faits.
  • Le 5 et le 8 octobre 2009, Moez El Bey, correspondant de radio Kalima à Sfax a été agressé par la police à deux reprises, à Sfax alors qu’il couvrait un événement à la faculté de lettres et une autre fois à Tunis, la police lui avait confisqué son recorder, son téléphone portable ainsi que sa pièce d’identité.
  • Le 15 octobre 2009 Ziad El Hani, membre dirigeant du bureau légitime du syndicat des journalistes (SNJT) a été passé à tabac devant son domicile à Carthage par un individu qu’il suspecte être envoyé par la police.
  • le 16 octobre 2009,Mouldi Zouabi, Sihem Bensedrine et Omar Mestiri avaient été arrêtés, leur portables confisqués pendant plusieurs heures par plusieurs brigades de la police des renseignements et de la Garde nationale près de la ville de Tabarka, alors qu’ils étaient en train de réaliser un reportage sur les élections pour  Radio Kalima.
  • Le 20 octobre 2009, Zouheir Makhlouf, correspondant du journal en ligne Sabil, a été condamné pour « outrage à d’autres personnes via un réseau public de télécommunications » suite à une vidéo qu’il a réalisée sur les problèmes d’environnement dans la ville de Nabeul. En appel, le 10 février, Zouheir Makhlouf a vu sa peine augmentée d’un mois et d’une amende de 6 mille dinars à l’issue d’un procès inéquitable. Après avoir purgé sa peine, il a été violemment battu par des policiers le 24 avril 2010 devant ses enfants et arrêté durant plusieurs heures afin de l’empêcher de rencontrer le bâtonnier de Paris.
  • Le 21 octobre 2009 Sihem  Bensedrine, a été violemment agressée par des policiers en civil. Ils l’ont fait sortir de force du local de l’université Elhem Marzouki (ATFD), où elle assurait un projet de monitoring des médias pendant la campagne électorale. Le 3 novembre, elle a de nouveau été violemment agressée devant le palais de justice de Grombalia, alors qu’elle s’apprêtait à observer le procès de Zohayr Makhlouf. Deux plaintes appuyées de certificats médicaux attestant les blessures ont été déposées mais aucune n’a eu de suites.  Par contre, la poursuite lancée contre elle par le parquet pour « usage de fréquences sans licences » est toujours ouverte.
  • Le 22 octobre un étudiant, Mohamed Soudani, a été enlevé et incarcéré, suite à des interviews qu’il a accordées aux reporters de RFI et de Radio Monte-Carlo.
  • Le 22 octobre, la police a fait un raid sur Radio6, une radio indépendante qui diffuse sur Internet et confisqué tous les équipements; l’équipe de la radio était en sit-in depuis le 17 octobre pour exiger son droit à une licence de diffusion sur les ondes. Une procédure judiciaire a été ouverte contre son directeur Salah Fourti.
  • Le 28 octobre 2009, le journaliste freelance Slim Boukhdhir a été enlevé devant son domicile  par des policiers en civil, conduit dans un parc isolé de la capitale et passé à tabac. Durant plusieurs jours son domicile était encerclé par la police et personne n’avait le droit de lui rendre visite l en a gardé des lésions (fracture du nez, hématomes) et a porté plainte, sans suites.
  • Le 2 novembre 2009, Fatma Riahi, qui anime le blog Fatma Arabica a été arrêtée détenue durant 7 jours et interrogée par la brigade criminelle d’El Gorjani sur son activité sur le net et accusée de diffamation, son PC a été saisi ;
  • Le 26 novembre 2009, le tribunal de Tunis a condamné le journaliste et écrivain Taoufik Ben Brik à 6 mois de prison ferme sur la base de faux « aveux » qui lui ont été attribués par la police. Arrêté le 29 octobre 2009 dans une affaire montée de toutes pièces, Taoufik Ben Brik avait été placé sous mandat de dépôt pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“. Le procès s’est tenu quasiment à huis clos. Les journalistes tunisiens et les militants des droits humains ont été refoulés à l’entrée du tribunal de Tunis. L’équipe de télévision de France 3 s’est également vu interdire l’accès au tribunal.
  • Le 13 janvier 2010 Fahem Boukadous, journaliste travaillant pour la chaîne satellitaire El Hiwar Ettounsi, a été condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal de Gafsa pour “constitution d’une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens”, suite à la couverture médiatique des manifestations populaires dans la région minière de Gafsa.
  • le 16 janvier 2010, Faten Hamdi, journaliste pour Radio Kalima  a été agressée par deux policiers en civil dans le quartier de Denden (Tunis) alors qu’elle faisait un reportage dans le quartier. Ils l’ont frappée au visage et arraché son téléphone portable. La journaliste avait déjà été agressée le 24 novembre 2008 dans des conditions similaires.
  • Le 12 mars  2010, Omar Mestiri, directeur de Radio kalima, a reçu une convocation à se présenter à la police judiciaire ; se trouvant à l’étranger, il ne s’est pas présenté. Rappelons qu’à la suite du raid opéré sur le studio de Radio Kalima à Tunis le 30 janvier 2009, une information judiciaire a été ouverte contre les dirigeants de la radio, c’est-à-dire O.Mestiri et S. Bensedrine. Les équipements sont toujours saisis et le local toujours sous scellés. Des policiers en civil surveillent en permanence l’entrée de l’immeuble et interdisent à quiconque d’entrer.
  • Le 16 mars Nizar Ben Hassen, correspondant de Radio Kalima a comparu 2010 devant le tribunal cantonal de La Chebba pour « troubles à l’ordre public, insultes et atteinte aux bonnes mœurs ». Nizar Ben Hassine avait reçu sa convocation à comparaitre quatre jours après la  diffusion de son sujet (video) sur les expropriés de La Goulette qui a connu un grand succès et a été largement reproduit et commenté sur le réseau social Facebook. Faute de preuves, le tribunal l’avait acquitté, mais le parquet avait fait appel de cette décision et son nouveau procès a été fixée au 9 juin 2010.
  • Le 18 mars, Eutelsat, propriétaire du satellite Hotbird qui diffusait radio kalima a interrompu le signal de la radio sous pressions gouvernementales tunisiennes et algériennes ; Deux jours auparavant, les ministres de l’Intérieur arabes réunis à Tunis, prenaient des mesures concertées pour exercer un contrôle plus efficace sur les medias alternatifs notamment satellitaires.
  • Le 22 mars 2010, la ministre de la Communication a interdit la tenue d’une conférence de presse que devait tenir Human Rights Watch pour  lancer son rapport «Une prison plus vaste », invoquant une « décision souveraine ». HRW a organisé le 24 mars une réunion d’information dans les bureaux d’un cabinet d’avocat. Mais des policiers en civil ont physiquement empêché les journalistes et des avocats de parvenir jusqu’au lieu de la réunion.
  • le 26 mars 2010, Aymen Rezgui, collaborateur de Attarik Al-Jadid, a été interpellé par la police alors qu’il effectuait un reportage dans la région de Gafsa; sa camera lui a été confisquée.
  • Le 29 mars 2010, Moez Jemai, correspondant de Radio Kalima à Gabès a été interpellé au domicile d’un de ses amis. Des policiers l’ont mis de force dans une voiture; puis l’ont relâché dans un endroit éloigné et isolé. Il a reçu des menaces à son encontre et à l’encontre de sa sœur s’il n’arrêtait pas sa collaboration avec Radio Kalima. Moez Jemai a porté plainte le 30 mars suite à ces menaces mais aucune suite n’a été réservée à l’affaire.
  • Le 1er avril 2010 Mouldi Zouabi, correspondant de Radio Kalima dans le Nord ouest, a été, violemment agressé par un homme de main connu pour être proche de la police alors qu’il sortait d’un Internet café et au moment où il arrivait à hauteur du poste de police central. Le barbouze a proféré des menaces contre lui en l’insultant vulgairement, le traitant de traitre à la partie qui salit l’image du pays et qui va payer cher sa trahison.

Egypte

La liberté d’expression en Egypte ne cesse de se dégrader malgré une tradition établie d’une presse relativement libre. L’autocensure gagne du terrain et certains périodiques s’abstiennent de critiquer le pouvoir de crainte de perdre immédiatement toute publicité. Même les annonceurs privés se gardent de confier leurs publicités à des publications critiques vis-à-vis des autorités. Internet, qui est devenu un espace privilégié de libre expression a pris une importance considérable dans  le paysage médiatique, mais la blogosphère est gagnée à son tour par la répression. Arrestations, lourdes peines de prison, amendes, confiscation de matériels, fouille systématique des données personnelles dans les aéroports, le tout répressif est utilisé pour harceler les animateurs de blogs.

  • Le 6 février 2009, les blogueurs Dia’Eddin Gad et Philip Rizk  ont été arrêtés le même jour. Dia’Eddin Gad, animateur du blog Soutgadeb (une voix en colère) a été arrêté chez lui à Kattour, dans la province de Gharbiyah (delta du Nil). Des policiers l’ont conduit dans une voiture vers une destination inconnue.
    Le même jour, Philip Rizk, animateur du blog Tabulagaza a été arrêté en compagnie de quatorze autres militants, alors qu’ils rentraient d’une manifestation organisée au Caire appelant l’Egypte à soutenir la cause palestinienne. Le 8 février, le procureur de la République a confirmé la détention du jeune homme sans préciser le lieu exact de sa détention. Il n’a été libéré que le 11 février, l’affaire le concernant est toujours en cours.
  • Le 15 mars 2009, le journaliste Kamal Mourad du quotidien Al-Fajr, a été jugé pour insulte d’un officier de police en fonction, et a été condamné à six mois de prison et  à une amende de cent livres. Rappelons que Kamal Mourad subit des harcèlements de la part de la police depuis sa publication d’un article sur la torture du citoyen Imad Kebir par le policier Islam Nabih.
  • Le 26 mai 2009, le blogueur Tamer Mabrouk qui anime le blog Alhakika a été condamné à verser 45 000 livres égyptiennes (environ 5 760 euros) par la cour d’appel d’Al Zohor à Port-Saïd pour “diffamation” et outrage” de l’entreprise Trust Chemical Company, accusée de pollution dans l’un de ses articles,
  • Le 29 juin 2009, le blogueur Wael Abbas a été arrêté à l’aéroport du Caire alors qu’il revenait d’un séjour en Suède où il a participé à une conférence durant laquelle il a critiqué le gouvernement égyptien. Il a été retenu une journée à l’aéroport au nom de la « sécurité nationale. » Le blogueur a fait l’objet d’une fouille au corps, ses objets personnels ont été vérifiés et certains documents en sa possession ont été photocopiés, son laptop a été confisqué. Les dossiers relatifs à la conférence en Suède ont été saisis. Wael Abbas s’est fait connaître en janvier 2007 en publiant sur son blog une vidéo de violences policières. Considérée comme une preuve par la justice, cette vidéo a permis de condamner deux policiers à trois ans de prison.
  • Le 21 juillet 2009, Abdel Rahman Ayyash, a été arrêté à l’aéroport du Caire, alors qu’il revenait d’un séjour en Turquie où il avait participé à une conférence. Abdel Rahman Ayyash a été transféré le 23 juillet, au Département de police et de sécurité nationale de Mansoura (nord-est de l’Egypte).
  • le 21 juillet 2009, Magdi Saad célèbre pour ses publications sur le blog Yalla Mesh Mohem (C’est pas important) a, lui aussi, été arrêté à l’aéroport du Caire, à son retour de l’étranger. Magdi Saad a été emmené au Département de police et de sécurité nationale du Caire. le même jour Ahmad Abu Khalil, qui écrit pour Bayarek (La lanterne), a été arrêté par les forces de police à son domicile.
  • Le 22 décembre, la justice refuse un nouveau procès pour le cyberdissident Kareem Amer animateur du blog Karam903 qui avait écrit de sa cellule pour dénoncer les mauvais traitements qu’il subit de la part de l’administration carcérale. Kareem Amer avait été condamné le 22 février 2007, pour « insulte au Président et à l’islam ». Enfermé depuis trois ans (depuis le 6 novembre 2006 sur ordre du procureur Moharram Bey) dans la prison de Borg-Al-Arab, le blogueur a été victime de mauvais traitements : interdiction de sortir de sa cellule, absence de lumière, absence de visites depuis mars sur ordre du service de sécurité de l’Etat, absence de soins. Il dénonçait également les dérives religieuses et autoritaires du gouvernement ainsi que des plus hautes institutions religieuses dont l’université sunnite Al-Azhar.
  • A la fin de 2009, le tribunal Edddeqi  a condamné par contumace à un an de prison ferme et à une amende de deux cent  livres le grand chroniqueur  Salama Salama Ahmed, rédacteur en chef du  quotidien Achourouk, et  Saber Machhour chef de services faits divers de même quotidien pour diffamation et insulte.
  • Au début de Janvier 2010, la Cour pénale Assayida Zeinab a condamne à un an de prison et à une amende de quarante mille livres Abda Maghrebi, rédacteur en chef du journal Al Balagh et Ihab Adjemi rédacteur au sein du même journal. La sentence prévoit également le paiement, en guise  indemnisation, de quarante mille livres au profit de Hamdi Ouzir, Khaled Aboul-Naga et l’Hôtel Sémir Amiss .
  • Le 25 février 2010, le blogueur Ahmed Abdel Fattah Mustafa a été arrêté par les services de la sécurité d’Etat. Il a comparu devant la cour militaire du Caire, alors que c’est un civil, pour des commentaires postés sur son blog hazel2eyes.jeeran. Il est accusé de « publication de fausses nouvelles » sur l’armée et « tentative de dégradation de la confiance du peuple envers les forces armées ».
  • Le 03 Mars 2010 ; la cour pénale  de Hadaiq al Qoba a condamné par contumace  Salah Qabdhaya, président de conseil d’administration du journal Al-Ahrar, Essam Kamel, directeur de la rédaction et Ala Chible, journaliste dans le même journal, à un mois de prison et à une amende  de cent  livres chacun et  au paiement de cinq cent et un  livres en dommage et intérêts  pour publication de fausses informations dans l’affaire  Numéro  27375 actionnée en 2008 par la commission générale de l’assurance médicale.
  • Le 6 mai 2010, une dizaine de membres de l’Assemblée générale du Syndicat des journalistes et du mouvement de jeunes journalistes ont organisé une manifestation  par solidarité avec leur collègue Ahmed Abou ziada, journaliste au journal Anabaa, condamné à un an et à une amende de mille livres.
  • Le 7 mai 2010, les forces de sécurité de la ville Faqous du gouvernorat Acharkia  (au nord du Caire) ont arrêté le journaliste Mohammad Reza, rédacteur  dans le journal Afaq Arabia et membre de l’Union des journalistes, lors de sa  couverture d’une manifestation après la prière du vendredi dans la ville.
    En dépit de présentation de la carte de  presse, les agents de sécurité de l’Etat l’ont arrêté et détenu  pendant une journée complète. Le procureur de Zagazig a décidé son emprisonnement pour  15 jours en attendant les conclusions de l’enquête. Le journaliste est accusé de distribuer des tracts!

Libye

La Libye se distingue par un paysage médiatique sinistré. Le code pénal Libyen prévoit des peines de prison et de mort contre les journalistes. Les rares médias privés qui ont été autorisés à paraitre en 2007, restent sous, contrôle de la société Al-Ghad de Seif Al-Islam El Kadhafi. Quant aux sites d’information indépendants, une forte pression pèse sur eux

  • Le 16 février 2010, quatre journalistes indépendants de Radio Benghazi ont été arrêtés.  Il s’agit des animateurs de l’émission Massa El Kheir Benghazi (Bonsoir Benghazi), qui est un programme spécialisé dans la dénonciation de la corruption administrative et financière, le réalisateur de l’émission Miftah Al-Qabaili, le producteur Sliman Al-Qabaili, ainsi que les journalistes Khaled Ali et Ahmed Al –Muqsabi. Pour être libérés le lendemain.
  • Le 26 janvier 2010 les autorités ont censuré les sites d’information : Libya-Al-Yaoum, El Manara, Jeel Lybia, Akhbar Lybia et Lybia Al-Mustakbal, ces sites ne sont plus accessibles depuis le territoire Libyen.
  • En janvier 2010, les deux premiers quotidiens privés en Libye Quryana et Oea, ont cessé de paraître suite au refus de l’autorité générale de la presse de continuer d’imprimer les deux titres sous prétexte d’un non paiement de plusieurs dettes de la part des deux quotidiens. Cependant les quotidiens Oea et Quryana continuent de publier des articles en ligne.

Mauritanie

Le  chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, avait déclaré  le 27 octobre 2009, que la liberté de la presse fait partie de ses priorités et a affirmé sa volonté d’œuvrer pour améliorer la situation de la liberté de la presse dans son pays. Cependant, et malgré marge de liberté réelle, plusieurs arrestations et poursuites à l’encontre de journalistes ont été enregistrés dernièrement :

  • Le  15 mars 2009, Abou Abbass Ould Braham, journaliste, écrivain et responsable du site Internet Taqadoumy, a été arrêté dans la capitale mauritanienne ; il n’a été libéré que  trois jours plus tard. Le site Internet a été fermé par décision de justice pour publication d’informations « mensongères et calomnieuses », mais  il a été autorisé à rouvrir. Abou Abbass Ould Braham, avait été arrêté alors qu’il se trouvait dans un café avec quelques amis. Professeur à l’université de Nouakchott, mais aussi journaliste et écrivain, il publie régulièrement ses textes, en arabe et en anglais, sur Taqadoumy. Le lendemain, plusieurs journalistes avaient organisé, devant la représentation des Nations unies à Nouakchott, une manifestation de soutien à leur confrère arrêté. Ces derniers avaient été violemment dispersés par la police anti-émeute. Au cours de cette intervention musclée de la police, Hachem Sidi Salem, correspondant de la chaîne Al Hourra et de l’agence Reuters, Ahmedou Ould Wedia, du quotidien d’expression arabe Siraj, et Abdallahi Ould Etvagha El Moktar, de Sahara Media, avaient été brutalisés.
  • Le 1é mai 2009, le rédacteur en chef du quotidien indépendant arabophone El Wattan et présentateur vedette de Radio Mauritanie, Mohamed Ould Zein, était victime d’une tentative de meurtre. Après avoir fini de présenter son bulletin d’information à Radio Mauritanie, aux alentour de minuit,  Mohamed Ould Zeine a reçu sur son téléphone portable un appel d’un inconnu qui lui avait demandé de venir en aide à un ami. Le journaliste était surpris de voir à sa sortie de la radio  de deux personnes armées de battes de baseball sortir d’une voiture et s’avancer vers lui. ses agresseurs l’ont roué de coups. Mohamed Ould Zein s’est alors évanoui. Le croyant mort, les agresseurs ont pris la fuite.
  • Le 4 mai 2009, le reporter de l’Agence Nouakchott d’Information, Mamouni Ould Moctar, a été agressé par des activistes du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) alors qu’il était en train de photographier leur manifestation ;
  • Le 19 août 2009, le journaliste  Hanevy Ould Dehah a été Condamné à six mois d’emprisonnement pour « diffamation et atteinte aux bonnes mœurs ».  Hanevy Ould Dehah devait être libéré le 24 décembre 2009 après avoir purgé sa peine mais il est toujours maintenu en détention à la prison de Dar Naim à Nouakchott.

Le WGFENA a envoyé cinq missions d’observation durant l’année 2009 pour observer des procès, 3 au Maroc (Procès où étaient jugés Idriss Chahtane, Rachid Mhamid et Mustapha Hirane ; Ali Anouzla, Mohamed Brini et Mokhtar Labzioui, ainsi que Rachid Nini et Youssef Meskine.) et 2 en Tunisie (Taoufik Ben Brik et Zouhayr Makhlouf) considère que l’une de ses tâches prioritaire est l’observation du déroulement des procès qui ne respectent pas la plupart du temps les normes d’un procès équitable.


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