Édition du
22 March 2017

Les mauvais coups de la CNEP.

Par Saïd Radjef

Les directeurs de banques et leurs collaborateurs touchent un salaire mensuel qui dépasse largement le SMIG par jour. La majorité d’entre eux,sans la moindre aptitude ou qualification professionnelle, est placée à la tête de nos institutions financières par le DRS et la gendarmerie.

Les établissements bancaires algériens  sont-ils des institutions financières régies par les normes universelles en vigueur, ou bien ne sont-ils que des groupements de bureaucrates au service des corps constitués ? La question mérite d’être posée en raison de tous ces mystères et de toutes ces intrigues hautement sophistiquées avec lesquels les banques gèrent (arnaquent avec perfection) leurs rapports avec les clients.

Toutefois, en matière de mauvais coups et d’arnaques, la CNEP tient le haut du pavé comme l’indique si bien la gestion pratiquée avec art et talent par le réseau de Tizi ouzou. Outre l’agressivité de son personnel, les frais abusifs, les pénalités excessives et autres irrégularités bureaucratiques imposées aux clients, la CNEP peine a honorer les engagements qui la lient aux clients, notamment en ce qui concerne le crédit logement. Du coup, la confiance entre cette institution et le client semble s’effriter chaque jour davantage. A titre d’exemple , des logements pour lesquels cette banque s’est engagée  a réaliser au bout de 18 mois, sont six ans après en cours de construction causant ainsi des désagréments financiers aux acquéreurs, alors que d’autres logements ayant dépassé d’un siècle et demi leur délai de construction, sont livrés aux clients sans les infrastructures de base, c’est-à-dire sans eau, sans électricité, sans gaz, sans assainissement et surtout sans le contrôle du CTC, comme si le séisme de Boumerdes n’a jamais eu lieu. Le plus surprenant  dans toute cette histoire, c’est que malgré toutes ces irrégularités qui entachent la gestion de la CNEP, notre presse bien pensante reste muette en se contentant de dire chaque jour : « les forces combinées de l’armée ont déclenché une vaste opération de ratissage. Les assaillants ont réussi a prendre la fuite à la faveur de la nuit et du terrain escarpé ». Mais il ne faut pas sortir de Harvard, d’Oxford ou de Cambridge pour comprendre qu’il s’agit là d’une opération de corruption à large spectre dans laquelle sont complices toutes les instances locales, exécutives et législatives. Le wali, les commandants de secteur et de groupement, les divisionnaires, les chefs de daira, les procureurs, les bureaux d’étude,la presse locale, les maires et les promoteurs…n’hésitent pas a se sucrer au passage en monnayant leur silence.

Comment donc la CNEP peut elle harceler ses clients en leur imposant des pénalités excessives, alors qu’elle est la première a ne respecter aucun de ses engagements ? Souvent aux protestations des milliers de clients qui ne trouvent nulle part d’écho, la CNEP riposte par des arguments administratifs et juridiques a faire pleurer un âne. Le responsable, c’est le promoteur qu’elle continue cependant de sponsoriser à coups de milliards…

Loin des techniques de marketing et des traditions bancaires universellement reconnues, nos institutions financières sont devenues le refuge légal ou l’opacité, l’arnaque, l’enrichissement rapide, la corruption et le trafic d’influence se chevauchent à longueur de journée. Il n’y a pas de doute , nos banques sont le miroir qui reflètent fidèlement l’image de la junte.


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5 Commentaires sur cet article

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  • Wallou
    20 mai 2010 at 23 h 04 min - Reply

    Des kilomètres de paroles , nous sommes tous au courant de se qu’il ya dans notre bled, mais il faut agir maintenant, que faut-il faire ??
    Elle est la, la bonne question, que faire???
    Une question au Djazairiines.
    Celui qui a oublie Dieu, Dieu ne l’oublie jamais, mais il le fait oublier.
    Jamais et jamais les Algerien vairent le jour, ils ont oublier Dieu , ben ils sont la enface des voraces qui ne les lacherons jamais.




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  • Mohamed J.
    21 mai 2010 at 17 h 13 min - Reply

    @ Said Radjef.

    Bonjour cher ami,

    L’article pose la relation cnep/client, cnep/promoteur, la question du logement en Algérie, la bureaucratie et la nomination des bureaucrates, le clientélisme en filigrane et le non respect des contrats et du droit en général et l’absence de morale.

    Said Radjef comme à son accoutumée brasse (trop ?) large et ce faisant empêche toute velléité de pouvoir le commenter. Sinon le commentaire sera tellement long qu’il sera illisible. On devra donc se contenter de généralités et dire qu’il a tout à fait raison dans ce qu’il dit, car il a tout a fait raison. Ugh ! :=)

    Je vais faire court autant que faire se peut quitte à y revenir, bien que la cohésion s’en ressentira.

    1-La relation cnep/client réglementée à ma connaissance, est appréhendée sous deux angles: les « clients épargnants » et « les clients non épargnants ». Les premiers bénéficient de taux d’intérêt préférentiels, de crédits plus conséquents et d’une période de remboursement plus longue donc les échéances qu’ils ont a payer sont plus allégées. Mais lorsqu’on parle de la réglementation chez nous il faut toujours avoir présents à l’esprits les passe droits nombreux et illimités bien sûr.

    2- La relation cnep/promoteur permet à la cnep d’offrir des crédits aux promoteurs de logements, toujours en contrepartie d’intérêts, mais avec la condition de distribuer par le biais de la cnep les logements une fois réalisés. Ce n’est pas la cnep qui à la charge de la réalisation, c’est le promoteur, elle n’a que celle du financement puis de la distribution en fonction de critères préétablis mais qui sont comme tous les critères en Algérie, ils existent juste pour la galerie et pour les gens du peuple.

    3-La question du logement en Algérie et spécialement dans les grandes villes est le fruit des années d’insouciance et d’inertie qui nous ont fait accuser un retard énorme dans le domaine et assis des pratiques malsaines dûes notamment aux pénuries (entretenues ?).

    4- La bureaucratie découle de l’héritage administratif colonial en ce qu’il nous a légué des incapables qui ont géré l’administration du pays et y ont instauré des pratiques colonialistes. La chose est allée crescendo conjuguée à un système clientéliste et à des pratiques de réseautique maffieuse pour arriver en quintessence à produire ce que nous avons maintenant à tous les niveaux et qui ne peut etre réglé sans une « totale révolution » dans les esprits, les moeurs et les pratiques: il nous faut un prophète et à savoir s’il sera pris au sérieux !

    5- Le non respect des normes, toutes les normes n’est pas uniquement le fait de la cnep ou des banques mais est institutionalisé, il n’y a qu’a voir la fiche de « délation » que Zerhouni a instituée par circulaire et qui allègrement saute par dessus les barrières des principes constitutionnels les plus universellement admis et qui sont que l’individu s’il peut décider pour lui même, même si cela peut lui nuire, ce qui déja est anormal, ce à quoi aucun contrat social ne peut l’obliger, ne peut décider pour les autres et donner leur nom sans les consulter. Or le document à la base du passeport et de la carte d’identité (je ne dirais pas nationale car ils sont en train de casser la chose) ne réclame rien de plus que de dire avec qui on a été à divers âges de notre vie pour lui permettre de faire des recoupements et donc une enquete sur tous les Algériens afin de s’en servir comme levier pour mieux se positionner dans l’avenir qui lui reste, bien que court à son âge.

    Pour conclure je dirais qu’un élément d’un ensemble ne peut que partager les qualités de l’ensemble auquel il appartient.

    Ce sont donc les règles de l’ensemble qu’il faut changer et non pas seulement celles que la cnep applique ou qui lui sont appliquées.

    Salutations.




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  • Adel
    21 mai 2010 at 19 h 58 min - Reply

    Toute société fonctionne avec quelques règles de base que la grande majorité applique.

    En Algérie, la règle d’or est : Les lois édictées par l’État ne s’appliquent qu’aux imbéciles et aux faibles.

    Écarte-toi de mon passage, moucheron! Khalli sidek ifout!

    Les Caïds et les Bachaghas sont de retour.

    C’est la curée.

    Vive le beylick du 21ème siècle!




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  • radjef said
    22 mai 2010 at 11 h 20 min - Reply

    Bonjour tout le monde. @Adel, Mohamed J, bonjour. Cher ami Mohamed, je ne brasse pas large…Il ne faut pas sortir de St Cyr pour comprendre que la CNEP est un instrument de corruption au service de la junte. Cet etablissement ne fait pas de distinction entre un client epargnant et un autre non epagnant, comme d’ailleurs il ne regarde pas le cv des promoteurs tous issus de la contre bande, des milieux de la debauche et de l’alcool avec qui il passe des contrats…Des milliers de personnes signalent quotidiennement des cas de corruption et de pratiques gangsters qui entachent la gestion des etablissements financiers à la presse…Il est facile aux journaux de lever le voile sur toutes ces pratiques qui portent prejudice à l’economie et aux institutions. Pourquoi, sans la moindre investigation, la presse a consacré de larges dossiers aux cas de corruption qui ont eclaboussé Sonatrach et refuse d’ouvrir des enquetes sur la CNEP, la BDL, la BADR…ou les responsbles ne s’embarrassent pas de scrupules pour se livre au pillage de l’economie? Pourtant les directeurs de Sonatrach et des etablissements financiers sont tous injectés par la gendarmerie et le DRS?




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  • Mohamed J.
    22 mai 2010 at 14 h 27 min - Reply

    @Radjef Said.

    Cher ami,

    Ce n’était pas un reproche mais au contraire une marque d’admiration pour ta façon d’aborder les problèmes avec plénitude et de façon fouillée.

    Mon commentaire se voulait un appui à ce que tu as dit et non pas une dénégation ou une remise en cause.

    Il est vrai que sur le plan pratique la différence épargnant/non épargnant n’existe que lorsqu’elle est voulue.




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