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26 March 2017

Hôpital de Beni Messous : Des malades pris en otages dans le service de chirurgie

El Watan 23 mai 2010

Je suis à l’hôpital depuis 21 jours. J’ai fait tous les bilans nécessaires pour subir mon intervention chirurgicale mais je ne suis pas programmée.

Je reste à jeun tous les matins dans l’espoir d’être conduite au bloc mais hélas », raconte une patiente originaire de Tizi Ouzou, hospitalisée au service de chirurgie générale à l’hôpital de Beni Messous, et ce depuis le 3 mai dernier. Ses parents s’inquiètent pour son état de santé et tentent de frapper à toutes les portes afin qu’elle soit enfin opérée. Souffrant d’un goitre plongeant nécessitant une intervention chirurgicale en urgence, la patiente a subi tous les examens nécessaires avec l’accord du médecin anesthésiste pour une intervention chirurgicale. « Des patientes sont rentrées après moi et elles sont vite prises en charge et sont rentrées chez elles », ajoute-t-elle les larmes aux yeux. « Qu’attendent-ils pour m’opérer. Faites quelque chose pour moi », s’est-elle adressée à nous, croyant sans doute que nous sommes de l’administration de l’hôpital.

De l’autre côté du service, dans le couloir d’en face, un homme souffrant d’un cancer de l’œsophage attend lui aussi avec impatience sa programmation pour l’ablation de l’œsophage. Allongé sur son lit, sous perfusion, le patient a du mal à terminer une phrase. « Je ne peux plus avaler quoi que ce soit. Je suis ici à l’hôpital depuis 20 jours et j’attends d’être opéré et on ne m’a rien fait. Je veux être soulagé de mes souffrances pour que je puisse enfin manger quelque chose. Tous les jours, on me dit ce n’est pas aujourd’hui, on attend ma mort alors », s’interroge-t-il. « Des patients sont opérés le jour même de leur admission. Je vous cite l’exemple de celui qui partageait la chambre avec moi. Regardez son lit, il est vide ». Un autre patient, debout, plutôt en forme, ne comprend pas pourquoi une telle discrimination est opérée entre les malades, mais il tente de se consoler en lâchant : « C’est le piston. » Plusieurs autres patients se trouvent dans la même situation mais les responsables du service ne semblent pas être inquiétés. Le médecin traitant de ces malades ne nie pas l’état des faits mais il estime qu’il n’a aucune responsabilité puisque c’est le chef de service qui décide des programmations. « Nous avons préparé les malades et avons fait tout le nécessaire pour les interventions chirurgicales et nous attendons leur programmation par le chef de service.

A la longue, le malade ne nous croit plus et donc le rapport confiance est rompu », nous répond-il avant de préciser qu’il a lui-même saisi la direction de l’hôpital jeudi dernier. Dans une lettre adressée au directeur général de l’hôpital, le chirurgien fait savoir que : « Des faits graves et inacceptables, dont sont victimes les malades hospitalisés devant subir des interventions chirurgicales, sont à signaler dans le service de chirurgie. Ils ne sont toujours pas programmés pour leur intervention alors que leur dossier est complet et comportant en particulier l’accord du médecin anesthésiste ». Il cite deux cas urgents qui risquent d’avoir d’autres complications plus tard en précisant que plusieurs autres malades subissent le même sort, « la liste est longue », a-t-il indiqué. D’autres patients, ajoute-t-il, sont par contre programmés le jour ou le lendemain de leur admission. Ce comportement « méprisable envers le malade est inadmissible », conclut-il.

Par Djamila Kourta


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2 Commentaires sur cet article

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  • BRAHIM
    23 mai 2010 at 19 h 54 min - Reply

    El ouakhthaa ya khouti Djamila Kourta et que ce soit à l’hôpital ou dans l’éducation nationale. Vous savez chère Madame que ce n’est pas un problème pour les prédateurs qui nous dirigent car leur fils sont assurés d’une formation High Tec à l’Etranger en français ou en Anglais (et paradoxalement jamais en Arabe au moyen orient) ou d’un transfert en urgence de leur « frêle corps » malade avec prise en charge SVP. Beaucoup de citoyens algériens ont l’espoir qu’un jour ou l’autre le pouvoir sera à l’écoute des algériens et de l’avenir de leurs enfants. Moi je leur dis ok ! Mais ne venez pas nous pleurez demain et après demain SI PAR MALHEUR vous faîtes encore confiance au FLN ,et par voie de conséquence le RND, le MSP, l’UGTA …., dont vous savez qu’ils font le jeu du système (l’armée). Si le FLN (et les autres) décide d’une voie « particulière » pour vos enfants et d’une autre voie « spéciale » pour la nomenklatura et sa progéniture, c’est à nous TOUS (les victimes) de refuser le schéma en luttant pour le changement radical, je dis bien RADICAL! Et pour finir, laissez-moi m’exprimer en disant : Inââle bou limahebnâche ! Au diable ceux qui ne nous aiment pas ! Les vrais algériens connaissent le sens de cette expression.




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  • el-amel
    23 mai 2010 at 21 h 26 min - Reply

    Le chef des services, combien de malades ont été négligés parce que le service est déserté car le chef vaque à ses occupations personnelles, je peux témoigner d’un cas de négligence d’une proche qui avait eu une fracture méchante au niveau du fémur, évacuée à l’hôpital Mustapha Bacha aux urgences du service Bichat, le chirurgien qui l’a hospitalisé avait disparu par la suite, il aurait pris la route le lendemain pour sa nouvelle clinique à Ouargla abandonnant ses malades, un médecin anesthésiste de garde était passé comme un courant et puis plus rien jusqu’au lendemain soir, un autre médecin s’en était occupé et lui avait mis une attelle après que la famille eut rouspété. Le samedi matin, le médecin n’apparaît pas et même le chef de service n’y était pas, c’était la foire. Donc les proches décident de transférer la patiente dans une clinique privée mais après l’opération, elle décède suite à une embolie pulmonaire et tous les médecins contactés ont été unanimes, c’était un cas d’urgence et qu’il fallait opérer rapidement. La justice aux ordres a été saisi mais aucune suite, même le dossier médical n’a jamais été retrouvé. le docteur Touhami connu pour sa négligence envers une certaine catégorie de malades n’a jamais été inquiété. Combien de cas de négligence il y a eu ? Nos hôpitaux sont des mouroirs.




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