Édition du
27 July 2017

Un poète enterre ses… poèmes

Ce vendredi, dans la paisible commune de Bekkaria, à 12 km au sud de Tébessa, le poète Adel Sayad, ex-directeur de la radio locale et de celle d’El-Oued, a convié le directeur de la chaîne El-Arabiya à Alger, M. Harzallah Farouk, le poète Bouzid Harzallah, le directeur de l’information de l’ENTV et les correspondants de presse à des funérailles pour le moins insolites. Dans le jardin du domicile de son père, également présent, et avec toute sa famille, il s’est mis à enterrer ses recueils de poèmes… Cette action était animée, selon M. Sayad, par des considérations sociales et politiques qui ont «entravé» sa carrière de poète.

Commentaire par DB: Je reconnais bien Adel dans cette saillie. Poète et rebelle comme il a toujours été. Adel, talentueux et entier, a toujours eu maille à partir avec ce régime, et son attitude lui a toujours valu des embêtements majeurs. Saha Adel. El baraka fi rassek. En fait ce ne sont pas seulement tes poèmes qui ont été enterrés vivants, mais nous tous, qui errons comme des âmes en peine.


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4 Commentaires sur cet article

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  • BRAHIM
    23 mai 2010 at 16 h 01 min - Reply

    Le poète Adel Sayad a fait l’erreur de sa vie de ne pas avoir fait l’éloge sous forme de poème du pouvoir et tout le système qui va avec. Il aurait dù s’inspirer de Rabah Driassa sans la derbouka et la flûte quand même.




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  • abderamane
    24 mai 2010 at 22 h 13 min - Reply

    Rebelle, vous dites?
    Un rebelle qui enterre ses poèmes?
    Chez nous le poème est une arme redoutable.
    A méditer!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!




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  • Zineb Azouz
    25 mai 2010 at 10 h 56 min - Reply

    Je connais Bekarya, un village très proche de la frontière tunisienne où il est question de misère, de trafic et de chômage, mais qui reste surtout réputé pour ses innombrables petits restaurants de MECHOUI et de M’FAWAR.

    Qui va lire et honorer les poèmes de Adel Sayad, les trabendistes et les beggaras ? Les cadres du ministère de la culture ? Nos Lycéens dont les examens ont été ponctués par le planning de la coupe du monde ?

    C’est malheureux de le dire, mais les asticots seront plus cléments avec les poèmes de Adel Sayad.

    Quelle tristesse, une nation sans poètes !

    ZA




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  • afalku
    27 mai 2010 at 7 h 01 min - Reply

    Le geste est d’autant plus symbolique, il signifie à mon avis que l’art en Algérie est en agonie et risque d’être définitivement enterré, et que le déni envers le peuple en général et les artistes en particulier est une réalité perpétuelle. Cet auteur, avec son talent original et son initiative plus que louable, n’a fait que mettre en scène cette tragédie. J’ajouterai juste que l’interview que ce poète a donnée à un journal arabophone est très convaincante.




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