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25 March 2017

El Anka: Sobhane allah ya ltif

Paroles de Mustapha TOUMI, interprétées avec brio par Cheikh M’hamed El ANKA. Sobhane allah est une chanson magistrale du chaabi algérien. Elle décrit avec amertume la déchéance d’une société qui a perdu ses repères, dont les valeurs vraies ont été ravagées par l’arrivisme.
DB


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20 Commentaires sur cet article

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  • khaled
    24 mai 2010 at 15 h 34 min - Reply

    Cher DB,

    Merci pour ce bel Qcid. Une précision de taille pour les puristes:

    Soubhane Allah Yaltif n’a pas été écrite par Mustapha Toumi comme tout le monde le dit.

    L’auteur est cheikh Mustapha Ben Brahim, homme de lettres Algérien né a l’ouest de l’Algérie en 1800.

    Il étais un poète contemporain de l’Emir Abdelkader

    C’est durant son exile au Maroc qui a duré 5 ans ou il a écris ses chef-d’œuvres les plus connus.

    I est mort en 1866.

    Exilé, il fut pour ses positions contre la France.

    Amicalement
    Khaled




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  • Mohamed J.
    24 mai 2010 at 18 h 02 min - Reply

    La musique algérienne, qu’elle soit du sud, du nord, de l’est ou de l’ouest, est un mélange de musique berbère, arabe et espagnole. Si elle s’apparente à la musique arabe par certaines intonations, elle en diffère par une spécifité strictement maghrébine.

    Hadj Mhamed est l’un des pionniers de la musique radiodiffusée en Algérie et il a donné à la chanson algérienne un bond significatif, par une interprétation rigoureuse et un respect de l’art qui l’honore, par un choix de textes rigoureux et « culturels » et la gamme de sa voix bien ancrée dans le style qu’il a inventé a donné au chaabi les meilleures oeuvres.




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  • BRAHIM
    24 mai 2010 at 18 h 02 min - Reply

    Essetkhel, Essetkhel !!!




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  • bouyilès
    24 mai 2010 at 18 h 49 min - Reply

    El Anka me rappelle ma tendre jeunese et les dilemmes qui s’entremêlaient dans ma petite tête quant à la définition de l’identité de mon pays.
    El Anka me rappelle ce vieil algérois revenu finir ses jours au village.Il y avait même un ressemblence physique entre eux.Ce vieil algérois ,on aimait tous se réunir autour de lui à longueur des journées d’été pour apprendre et savourer ses histoires interminables.Dans toutes ses discussions El Anka revenait en force avec parfois Hadj Mrizek.Il n’arrêtait pas de nous relater la vie citadine à nous les jeunes campagnards.Ils nous parlait des interminables soirées chaabi et des fêtes animées par ces deux virtuoses et mettait toute la nostalgie nécessaire pour nous faire rêver.
    Je ne comprenais rien à El Anka,mais j’adorais El Anka par la seule légende que suggérait ce vieux.
    Plus tard,ayant pris quelques années en plus,j’ai appris que El Anka avait débuté en chantant en kabyle.Et je me suis forgé une évidence dans ma tête:le mal ne viens que de nous-même.Si El Anka avait continué à chanter dans les deux langues il aurait fait oeuvre utile et rendu un grand service à son peuple.Il se serait fait comprendre par beaucoup plus de monde et on lui aurait même pardonné….son arabe mâché et aspiré incompréhensible même auprès des puristes en Derdja.




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  • D B
    24 mai 2010 at 22 h 20 min - Reply

    @Bouyeles
    El Anka a chanté en kabyle. Il s’est toujours honoré de ses racines kabyles. De cet Azzefoun qui a donné tant d’artistes au pays. Au point où certains ont pensé que le mot d’Azzefoun est issu du mot arabe « el azifoune », les instrumentalistes, ou plus simplement les musiciens. Mais El Anka, comme la plupart des Algérois d’origine kabyle, et ils sont nombreux, a été favorablement influencé par les apports arabes, andalous et turcs. Cela ne l’a pas amoindri, ni altéré, mais grandi. Parce que de la diversité nait le génie. J’aime El Anka, en plus de sa façon de chanter, qui n’est pas audible à qui ne fait pas l’effort de pénétrer dans le cénacle des initiés, parce que justement, comprendre et apprécier El Anka n’est donné qu’à ceux qui aspirent à l’élévation.L' »aspiré » et le « mâché » pour reprendre vos termes sont des obstacles volontaires pour empêcher le non initié à pénétrer le saint des saints. Le chaabi, pour populaire qu’il se revendique, n’est accessible qu’à l’oreille du généreux, du subtil et de l’esthète. Discrimination ? Peut être…
    Cordialement




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  • adel
    25 mai 2010 at 12 h 16 min - Reply

    j’adore les campings sur les plages d’azzefoune « ex port guédon »,ou l’été en trouve presque la quasi totalité des jeunes campeurs de la haute et basse casbah avec des drapeux de l’usma et mouloudia fierement dresser sur leurs tantes,et les interminables match de foot sur le sable ,je rend également hommage a tous les villagois des alentours pour leurs hospitalités légendaire, et qui nous laisser remplirs nos jerrican d’eau et meme ceuillirs quelques tomates,poivrons et autres…souvenir quand tu nous tiens.




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  • Mohamed J;
    25 mai 2010 at 12 h 53 min - Reply

    @ DB.

    Votre raisonnement me fait penser à certains maitres soufis. Certaines choses ne peuvent être expliquées, elles doivent être senties. Si le cerveau gauche, celui que les intellectuels utilisent par préférence et de façon naturelle n’appréhende les choses que de manière analytique et dans le cadre de déductions échelonnées, le cerveau droit, celui qu’utilisent les artistes de haut niveau dans tous les domaines, les soufis, les boudhistes zen etc…et dont l’utilisation découle d’un don initial accentué par une longue pratique, notamment de la méditation, aboutit à donner une vision immédiate et complète des choses que seuls les initiés peuvent comprendre et qui ne peut être expliquée par les mots, les canaux de communication étant différents.

    Hadj M’hamed réussit le tour de force de transmettre dans sa musique de la sagesse à l’état brut qu’on comprend sans savoir l’analyser et qui nous force à la méditation, au dépassement de notre condition d’humains, qui nous fait « toucher » l’impalpable.




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  • Adel
    25 mai 2010 at 16 h 59 min - Reply

    @khaled

    Bonjour,

    Je ne suis pas un connaisseur, mais cette q’cida a toujours représenté pour moi, le texte cha’abi algérois par excellence, par le thème et la langue.

    Je suis donc un peu étonné d’apprendre que l’auteur en serait Mostéfa Ben Brahim. Les textes de ce poète, chantés par les maîtres du raï oranais traditionnel et moderne, me semblent porter une empreinte différente.

    Cordialement




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  • D B
    25 mai 2010 at 22 h 24 min - Reply

    @A Khaled
    Si vous écoutez la qcida jusqu’au bout, vous entendrez Hadj Mhamed dire ceci, pour citer l’auteur des paroles: « moul el mandhoum wel kcid, mahouch emtarref, mene ahl essadk welwfa, weld Bab Djedid be….nehlef, Etoumi kal Mostfa »
    Le parolier est donc bien Mustapha Toumi. Toute l’Algérie le sait, de toute façon, depuis 1970:

    « Welli ghannaha ‘mid, fiha yetssaarref, cheikh el anka idha k’fa

    « âm essebine wladzid, mene baad el alef, wa tessaamia merdfa, Edzaïr ‘ahd’ha jdid, zendjak irefref, temmit ou koult bess’fa… »




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  • Zineb Azouz
    26 mai 2010 at 17 h 32 min - Reply

    Monsieur @Bouyeles,
    Je comprends vos dilemmes, mais comme vous avez pu le constater, maîtriser l’arabe ne garantissait pas du tout de comprendre El Anka.
    Certains écrivains ont horreur que leurs écrits soient des livres de chevet et font tout pour que le le voyage soit pénible et semé d’embuches, afin que la délivrance n’en soit que plus belle.

    Admirer le monde du haut d’une montagne, vous qui êtes kabyle, serait insipide si la difficile escalade ne nécessitait pas en plus quelques acrobaties.
    Je n’ai jamais su si simplifier les choses était toujours une bonne initiative, autant l’art comme les mathématiques devraient être à « la portée de tous », autant je me demande si permettre cet accès ne signifie pas en réalité plutôt apprendre à se hisser avant de cueillir.

    Je comprends encore mieux vos propos lorsqu’on sait que nos ancêtres n’ont brillé que dans la langue des « autres » au point même de les surpasser, Apulée de Madaure (ou M’daourouche) n’a t’il pas écrit le premier grand roman en prose de langue latine et n’a t’il pas traduit du grec au latin l’ Introduction à l’arithmétique du néopythagoricien ?
    Pourtant il n’a eu de cesse, comme pour nous perturber davantage, de revendiquer son africanité mi-numide, mi-gétule.

    J’aimerais tant comprendre, mais je ne peux qu’apprécier ces œuvres et souffrir pour comprendre et suivre ce virtuose, ce maître qu’est El Anka.

    Cordialement,
    ZA




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  • bouyilès
    26 mai 2010 at 19 h 15 min - Reply

    C’est vrai Mme Azouz,tout ce vous dites est vrai.On constate que cette réponse vous vient du fond du coeur.Elle est pleine de rationalité,la rationalité des mathématiciens véritables.
    Toutes mes salutations cordiales.




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  • Zineb Azouz
    26 mai 2010 at 19 h 30 min - Reply

    @bouyièls,

    Vous aussi vous vous êtes exprimé avec le cœur et la passion, et c’est tout en votre honneur.

    D.B a l’art et la manière de choisir des thèmes et des chansons qui ne peuvent que réveiller le meilleur de nous même.

    Quand je pense que cette chanson ne passe presque pas à la tété !!!!

    Ceci dit, je me sens plus que gratifiée cher @bouyilès par votre commentaire qui réhabilité le cœur et la rationalité en même temps, c’est une prouesse que ne vous pardonnera pas le POUVOIR !

    Cordialement,
    ZA




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  • Adel
    26 mai 2010 at 19 h 51 min - Reply

    Quand mes enfants étaient bébés et qu’ils pleuraient la nuit, je les prenais dans mes bras et leur chantais cette berceuse :

    Doud’ha ya doud’ha
    Doud’het Babâ 3li
    Djâ issali bîna
    Tâh fel bassîna
    Bassîna messoussa
    Ya bent 3li ya Moussa
    a3tini cha3ra men rassek
    Bâch enreqa3 sebbati
    Sebbati 3end el qâdhi
    Wel qâdhi mahou râdhi
    Sab’hat martou ghodbâna
    3al kercha wel 3osbana

    Cette berceuse, dont je ne connais pas l’auteur, représente pour moi l’un des premiers premier maillons de notre culture d’expression arabe, une authentique création, teintée de naïveté, des gens du petit peuple.

    Quelque part au sommet, il y a la culture savante, celle d’Ibn Bâdis, Mohamed Laïd Al-Khalifa et Moufdi Zakariyya.

    Le chaa’bi algérois, dont El Hadj el Anka fut le plus grand représentant, trône en bonne place au milieu de ce continuum culturel (pour rester dans le langage mathématique).

    Il y a toujours eu, hélas, des intellectuels arabisants dont notre pays qui ont dénié à ce que produit le petit peuple – dont faisait partie El Hadj – en matière de culture droit de cité à coté des œuvres savantes. Espérons que des esprits plus éclairés arriveront un jour à faire disparaître ces préjugés néfastes et que la culture populaire devienne la source d’inspiration des génies artistiques de l’Algérie de demain.




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  • D B
    26 mai 2010 at 21 h 30 min - Reply

    @Adel
    Et moi, je me rappelle de la berceuse que chantaient, à Batna, les mamans à leurs bébés
    « Nenni nenni ya becha
    Ouach endirou lelaâcha
    N’dirou jari beddebcha
    Wi ji memmou yatâcha

    Il y en avait une autre en chaoui, douce et envoûtante, dont je ne me rappelle plus les paroles.




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  • Louisa Ighil Ahriz
    26 mai 2010 at 23 h 25 min - Reply

    Bravo et merci pour ce sujet. J’aimerai apporter quelque informations pour nos amis qui ne seraient pas au fait de l’histoire de la ville d’Alger et ses environs.

    (Azeffoun)Azefun en Kabyle, veut dire crevettes. La Kabylie maritime se donne se genre d’appellation pour ses lieus dits.

    Ain Taya= Tala
    Telemly, cartier d’alger = Tala mellal Fontaine Blanche.
    Zghara, cartier d’Alger Azaghar champs.
    Flissa? Hauteur d’Alger= Iflisen du nom de ses Habitant rattachés aux iflisen.
    Djbel Koukou Hauteur de frais vallon, renvoit à la Dynastie Kabyle At Koukou.
    puis tout les autres quartier d’Alger, Tafura, Tixrai, Megnach, etc etc etc…

    Nous avons aussi tout les saint patron d’Alger
    Saint Abderrahman
    Saint mhemed il a deux tombes l’une au champs de manoeuvres l’autre à Azefun
    Saint yahya Hydra
    saint Brahim un des moins connu qui se situe vers le port d’Alger.

    Et tout cela vient des Ziri. Le fondateur n’est autre que Vuylughen n At Ziri Dit Bouloughine du Village At Ziri de Michelet en Haute Kabylie. D’ailleurs il a nommé la ville MEZGHENNA AT ZIRI.

    Que les maitres du chaabi Mrizek L anka et leurs lieutenants Hcissen, Ezzahi Amer, L ankis Boudjemaa, Essouki Rachid, L harrachi Dahman, Tamache Omar, Rais Aziwez, sami l djazairi,lesnami Hocine, Lamari Mohamedetc soient Kabyles n’est pas un hasard. Ils sont, juste, les autochtone de cette ville.

    Ils ont tous chanté dans leur langue et ils ont accepté avec honneur de chanté dans une autre langue. Quelle ouverture d’esprit !




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  • MASSINISSA
    27 mai 2010 at 12 h 27 min - Reply

    je voudrais vous rendre hommage madame pour tout les sacrifices que vous avez consentis pour l’algerie,c’est un plaisir de vous lire et de savoir qu’une grande combattante participe au debat.
    vive l’algerie berbere et laic.




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  • Mokrane
    27 mai 2010 at 14 h 57 min - Reply

    @ Khaled,

    si ce n’est pas Toumi qui a écrit la qcida alors comment ce fait-il que El-Anka lui-même dans la qacida
    chante:
    Elli kateb lé qcid Toumi kaal Mostefa fi âam 70 oua 900 mradfa ou li ghanaha cheikh el-Anka ida kfa. Alors que doit-on comprendre ?
    Salam




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  • BRAHIM
    27 mai 2010 at 18 h 44 min - Reply

    Dîtes ce que vous voulez sur El Anka, mais pour les amoureux de El Anka, une seule réponse : El Anka c’est El Anka , c’est tout mon frère!




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  • noureddine fethani
    5 juillet 2010 at 20 h 08 min - Reply

    cet échange est trés agréable .j’ajoute pour ma part qu ‘ El Anka n ‘avait pas vocation à chanter.en kabyle . .S ‘il a interprété quelques chansons dans sa langue maternelle , c ‘ était une façon de marquer ses origines ..Il a surtout fait oeuvre de révolution en démocratisant la musique algéroise traditionnelle pour la livrer au gout populaire et il a magistralement revivifié le corpus de la poésie populaire maghrébine .dans sa façon unique de le mettre en mélodie et dele chanter.




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  • noureddine fethani
    14 juillet 2010 at 19 h 04 min - Reply

    A khaled : Tiens ! je ne savais pas MESTEFA BEN BRAHIM  » oueld Bab j ‘ did  » et jurant par  » Bir-Djebbah » !!Alors , ce doit être MUSTAPHA TOUMI qui serait des Beni -Amer !




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