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30 March 2017

Koul ya zawali !

Prix des légumes et fruits : Il y a du feu sur les étals !
El Watan, 24 mai 2010
Après avoir connu une baisse sensible, les prix de plusieurs légumes commencent à augmenter ces jours-ci. Le vert prend petit à petit une couleur de flammes. Quelles en sont les raisons ? Est-ce que c’est l’offre qui est en chute ?

Si c’est le cas, quelles en sont les raisons ? Une virée auprès des commerçants à Alger éclaire du moins en partie sur les vicissitudes d’un marché qui chaque année est confronté à ce phénomène récurrent de hausse des prix. A entendre ces marchands, il y a une quinzaine de jours, à titre d’exemple, un kilogramme de tomates ou de laitue coûtaient respectivement 30 et 40 DA. Un kilogramme de navets était cédé à 40 DA. Il était de 35 DA pour les betteraves. Aujourd’hui, un kilogramme de tomates ou de laitue reviennent dans l’ordre à 90 DA et entre 80 et 100 DA, les navets à 100 DA et les betteraves entre 40 et 60 DA. Pour le poivron et le citron, le prix atteint les 80 DA le kilogramme.

Quant aux haricots verts, ils sont vendus entre 150 et 200 DA le kilogramme. Madjid est marchand de légumes depuis les années 1970. Avant, rappelle-t-il, « nous activions dans les normes. Nous exercions avec des factures. Les contrôleurs faisaient leur travail. Les prix d’achat et de vente ainsi que la marge bénéficiaire étaient fixés à l’avance. Le prix de vente des légumes était même affiché sur un tableau à l’entrée du marché. Si le contrôleur surprenait le commerçant en train de vendre sa marchandise au-delà des prix fixés, il le sanctionnait. En plus, il y avait le chef du marché qui veillait au respect de la réglementation des prix. S’il remarquait une anomalie, il la signalait au contrôleur, lequel se présentait sur les lieux pour sanctionner le marchand. Ce mode de gestion commerciale a disparu aujourd’hui ». Actuellement, constate le même interlocuteur non sans amertume, « au niveau des marchés de gros, la marchandise est cédée en quatrième main ».

Et des « agriculteurs font de leur côté du business en vendant à des mercenaires leurs récoltes. Ces derniers paient la marchandise à l’instant où ils accaparent les récoltes. Ce qui arrange les agriculteurs. Car s’ils les cèdent à un grossiste qui travaille dans les normes, ils doivent attendre jusqu’à un mois pour être payés. En plus, ils économisent les frais de transport et de main-d’œuvre. La mentalité des agriculteurs a changé. Ils veulent gagner de l’argent le plus vite possible ». Son voisin Hocine évoque la question de l’offre jugée insuffisante pour couvrir la demande. Entre temps, poursuit-il, « les marchands ambulants perturbent le marché. Nous fermons à midi comme nous le recommande le règlement régissant notre marché. Ces marchands s’installent aux alentours et travaillent presque jusqu’à la tombée de la nuit. Ils n’ont ni registre du commerce ni factures. Ils ne paient pas les impôts et vendent leurs légumes de surcroît plus chers. Nous travaillons dans la légalité. Nous payons les impôts et la location des étals. Quand je vends 4 kg de pommes de terre, un marchand ambulant en a déjà écoulé un quintal ». Ahmed de son côté parle de « l’absence de l’Etat » et le rend ainsi « responsable de l’anarchie qui prévaut dans les marchés ».

Anarchie « qui cause l’augmentation des prix ». Il indique que des intermédiaires « stockent des quantités d’oignons et de pommes de terre pour que leur prix augmente. Comme des agriculteurs préfèrent laisser flétrir et pourrir leurs légumes que d’effectuer la récolte pour que les prix demeurent en hausse. De notre côté, cela nous arrive de nous approvisionner en marchandises en troisième ou quatrième main ». Si M’hamed voit que les prix de ces denrées fluctuent « comme la valeur du dollar ». Des agriculteurs et les mercenaires « en tirent profit et ce sont les clients démunis qui paient plus cher ce qu’ils doivent consommer. Notre approvisionnement s’effectue en quatrième main. Il y a trop d’intermédiaires ». En ces jours, indique le même interlocuteur, « l’offre surtout en ce qui concerne la tomate est insuffisante ». Salim, les bras croisés, observe, impuissant, ses étals et ceux de ses voisins à moitié vides.

De maigres quantités de légumes attendent des clients pour les sauver d’une flétrissure qui n’a que trop duré. On a l’impression qu’ils ont hâte de terminer le plutôt possible au fond d’une marmite et échapper ainsi le plus vite possible à la pitié des saprophytes. « Il y a une pénurie en légumes et toute la journée nous croisons les bras. En parallèle, les marchands ambulants écoulent à des prix exorbitants leurs marchandises. Ils nous ont asphyxiés, relève Salim. Dans les marchés de gros sévit l’anarchie. Il n’y a plus de contrôle en ces lieux. »

Par Amnay Idir


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8 Commentaires sur cet article

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  • Almohade
    24 mai 2010 at 13 h 24 min - Reply

    salam aleykoum

    Comme c’est triste en lisant cet article on comprends d’où vient le mal : des agriculteurs et des marchands ambulants fraudeurs qui pourrissent la vie de citoyens en commettant le commerce illégal pour gagner plus d’argent. Je ne connais pas le domaine ni trop les coulisses de l’agriculture mais j’ai compris comme beaucoup, que certains agriculteurs ont choisit de vivre dans l’illégalité et l’illicite et l’islam interdit ce genre de comportement: stocker les produits agricoles jusqu’au pourrissement en attendant la hausse des prix , et ceçi est un grand péché. Un question : ces agriculteurs fraudeurs font la prière le pélerinage et tout et tout ?!!




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  • samir
    24 mai 2010 at 15 h 23 min - Reply

    désolé mais le mal ne vient ni des agriculteurs ni des marchands ambulants ni d’autres réseau…le mal vient de ce régime qui n’assume pas son rôle de régulateur des prix.Dans une économie de marché l’activité est souvent cyclique, l’intervention étatique va avoir pour but d’éviter de trop grandes fluctuations en pratiquant des politiques macro-économiques comme cela a été le cas lors de la crise économique de 2008-2009.malheureusement nous n’avons pas d’état en algerie mais une oligarchie qui s’est accaparée nos richesses et vis au detriment de tout un peuple sans gène.aussi longtemps que notre peuple ne prendra pas en main son destin,il continuera à subir l’arrogance de ce régime.




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  • bouyilès
    24 mai 2010 at 19 h 12 min - Reply

    Parait-il qu’on va nous importer beaucoup de tonnes de viandes de toutes les couleurs.Ouf,l’âne défendu par Dilem est sauf et nous allons passer un bon Ramdhan aux légumes secs .L’essentiel c’est de pas avoir de l’âne dans sa chorba.




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  • jila
    24 mai 2010 at 20 h 37 min - Reply
  • liatim
    24 mai 2010 at 23 h 02 min - Reply

    bonsoir je trouve que ç’est pas normal un pays comme l’algérie riche il ya des gens qui crèvent de faim il faut que l’état prenne ça aux sérieux. Qu’il mette en oeuvre le soçial pour les gens pauvres voila ma façon de réagir




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  • Votre nom…Algérien
    25 mai 2010 at 11 h 30 min - Reply

    @Almohade,
    oui ces gens là font la prière 5 fois par jour et vont à la Mecque que 2 à 3 fois par année ! comme tous les algériens quoi…
    la faute à tout le monde, parce que chacun laisse faire sans réaction de sa part… si les commerçants refusent d’acheter il n’y aura pas de légumes du tout ! de toutes manières et quoi qu’on fasse, les légumes pourrissent !
    quant à l’état, on n’en a jamais vraiment eu un pouvoir digne de ce nom. résultat, tout le monde est corrompu jusqu’à la moelle ! n’essayons pas vainement de sortir celui-là ou l’autre du lot, c’est partout pareil ! la faute à tout le monde dans un pays pillé, délesté, volé, violé, mis à genoux par tous !
    par ce pseudo pouvoir usurpateur et par ce peuple mou à souhait !




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  • malek
    30 mai 2010 at 2 h 10 min - Reply

    Il y’a un prverbe qui dit :

     » JOUWAA KALBEK YATTABAK W YAKHADMEK  »
    Il y’a des gents qui n’ont pas encore compris que ce qui fait mal a l’economie nationale . ce sont les generaux et a leurs tete le soit disant president boutefika .
    Fallakha ala rasna . Ils lui et les generaux controlent les marchés pour pouvoir augmenter les prix et les dimmunier quand ils veulent . Pour s’enrechir sur le dos des pauvres citoyens .
    Ils n’ont pas assez des milliards detournés dans le soit disant achat des armes pour les laisser rouiller ou les donner au polisario . Le peuple il faut qu’il ait fin pour ne pas regarder haut , et il revendique seulement la nouriture c’est la politique de nos gouverneurs . Il faut que ca change et si on ne change pas notre systeme millitaire on conmtinura toujours a courir apres le pain et eux courire apres les milliars .
    Un pays comme l’algerie avec ses petrodollars et gazodollars doit etre a la hauteur des pays de golf qui vivent comme des princes . Il faut que les citoyens vivent a la hauteur de ces pays et qu’ils ne pensent pas immigrer dans des barques de la mort .
    Il faut que ca change .




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  • Almohade
    30 mai 2010 at 11 h 54 min - Reply

    @ Votre nom..Algérien.
    En effet les Algérien sont devenus un peuple mou à souhait c’est bien le cas de le dire, vous avez raison
    Tous fraudent c’est cela le choc, c’est cela l’horreur, tout un peuple qui s’attèle à détruire et ils se disent muslimounes. Quand à la mafia gouvernementale on la connait déjà pas la peine d’en rajouter, juste l’appeler
    « la GOUVERNANCE MALEFIQUE « . Mais ce qui est attristant ce sont les « GOUVERNES » eux-même qui choquent par leurs agissements en combattant le mal par le mal. Voilà ce qui me mets hors de moi à chaque fois que je suis en Algérie,un exemple parmi d’autres: vider des poubelles dans la rue et apparemment on met à leur disposition des bennes à ordure: on m’a expliqué que ces bennes ont été volées pour servir de réserve d’eau !! est-ce-vrai ? si c’est le cas c’est tout un peuple à éduquer. Où est la solution chers compatriotes?.




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