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26 March 2017

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30 Mai 2010, L’Expression

Le président a créé le poste de vice-premier ministre pour lui
Les raisons de la nomination de Zerhouni

Ouyahia et Zerhouni, deux hommes charismatiques, constitueront un duo, deux partenaires qui oeuvreront pour le même objectif.

L’information circulait avec persistance dans les coulisses politiques. Elle est confirmée vendredi soir, par un communiqué de la présidence. M.Noureddine Yazid Zerhouni est le premier vice-Premier ministre dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Le président de la République a choisi l’ex-ministre de l’Intérieur pour occuper ce poste, créé grâce au dernier réaménagement constitutionnel adopté en 2009.

L’article 77 de la Constitution permet, en effet, au premier magistrat du pays de nommer un ou plusieurs vice-Premiers ministres. Quel sera le rôle de Zerhouni? Aurons-nous deux chefs de l’Exécutif? Et surtout pourquoi un poste de vice-Premier ministre? Des questions qui taraudent les esprits de beaucoup d’Algériens. On retrouvera une partie de la réponse dans la Constitution algérienne.

L’article 77 définit brièvement la mission de Zerhouni qui doit, lit-on, «assister le Premier ministre dans l’exercice de ses fonctions». Nous retenons donc le mot assistance, à qui on peut ajouter d’autres synonymes forts dans le dictionnaire des moeurs politiques tels que «appui, soutien, aide».

L’article 77 est certes très bref mais reste très clair et sans la moindre équivoque sur les intentions des législateurs algériens. Nous ne sommes plus dans l’esprit du duel politique. Ouyahia et Zerhouni, deux hommes charismatiques constitueront un duo, deux partenaires qui oeuvreront pour le même objectif: appliquer le programme du président de la République.

Le choix de Bouteflika est loin d’être un simple fait du hasard, le Président a tenu à préserver une cohésion à la tête du gouvernement. Pour preuve, il choisira une personnalité apolitique dont la vision globale est en parfaite synergie avec les convictions du Premier ministre. Nul besoin de rappeler les positions des deux hommes sur le dossier sécuritaire et la lutte contre «les résidus du terrorisme».

Ouyahia et Zerhouni ont mené, chacun de son côté, une lutte sans merci contre les terroristes durant la tragédie nationale.
Les deux hommes ont soutenu sans ambages le projet de réconciliation nationale. Au moment où certaines voix à l’intérieur même du gouvernement plaidaient pour l’amnistie générale, Ouyahia et Zerhouni sont sortis de leur mutisme pour couper court aux spéculations.

Le premier a fait savoir que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale «ne comporte pas une amnistie générale» et que «celui qui parle d’amnistie générale est responsable de ses propos». Zerhouni annoncera que l’Etat «ne pense pas actuellement à cette étape».

L’expérience acquise par l’homme dès son jeune âge, a pesé de tout son poids dans la guerre menée par l’Algérie contre l’extrémisme islamiste. Zerhouni, pour ceux qui l’ignorent, est l’un des fondateurs des services secrets algériens.

Il passera la plus grande partie de sa carrière dans l’univers du contre-espionnage. Il a d’abord été recruté à l’âge de vingt-ans par le Ministère de l’armement et des liaisons générales (Malg) qui était le service de renseignement de l’ALN. Il devient rapidement, par son efficacité, une des personnes incontournables du contre-espionnage algérien, et il devient responsable dès l’indépendance de l’Algérie des «services opérationnels» de la Sécurité militaire.

Au milieu des années 1970, il est nommé collaborateur direct de Kasdi Merbah, patron des services secrets algériens. Il supervise les différents appareils de la Sécurité militaire. Il entamera ensuite une carrière de diplomate. Le président Chadli le nomme ambassadeur aux Etats Unis, au Panama, au Japon, puis enfin au Mexique.

Après l’accession à la Présidence de la République de M.Abdelaziz Bouteflika, il le nomme ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, poste qu’il occupe pendant onze ans.

Par ailleurs, rappelons que la nomination du vice-Premier ministre intervient à quelques jours seulement de l’adoption du plan quinquennal de développement auquel l’Etat a consacré une enveloppe de près de 300 milliards de dollars. Un ambitieux programme nécessitant l’implication de tout le monde.

Yazid Zerhouni, à côté de Ahmed Ouyahia, apportera à coup sûr son savoir-faire et son expérience. De grands chantiers sont lancés par le gouvernement. L’on citera notamment la réforme de l’administration publique, à travers l’élaboration de nouveaux codes pour les wilayas et les communes.

Un projet initié par Zerhouni et dont il ne manquera pas de veiller à son application rapide. Mais le grand défi du duo Ouyahia – Zerhouni reste la lutte contre la corruption. Les scandales qui ont éclaboussé plusieurs secteurs ont sérieusement affaibli l’Exécutif.

Des orientations ont été données par le président de la République au staff gouvernemental pour faire barrage à ce phénomène.
Désormais, chaque ministre devra rendre compte de son bilan chaque année. Fini le gaspillage, fini l’impunité, l’Etat se lance dans une véritable guerre contre ceux qui nuisent à l’économie nationale.

Zerhouni, qui bénéficie d’une grande crédibilité et d’un fort réseau d’informations et de prospection, fera certainement la différence dans cette nouvelle bataille. Les fruits de cette coopération entre les deux hommes forts de l’Etat seront, à coup sûr, bénéfiques.

Achira Mammeri


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3 Commentaires sur cet article

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  • australopithèque
    31 mai 2010 at 8 h 14 min - Reply

    La brosse à reluire , un art majeur sous nos latitudes de l’opportunisme institutionnalisé. Et incontestablement les premiers « artistes » dans ce domaine d’excellence restent les journalistes, arabophones, francophones, étatiques ou pseudo indépendants… tous vont à la soupe avec un une voracité gargantuesque.




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  • Aissa
    31 mai 2010 at 10 h 42 min - Reply

    oh ! l’ expression n’ a pas le monopole de léchage de bottes .Ils sont des milliers à courber l’ echine et à baver devant leur maitre.Que ne feraient ils pas pour une poignée de dinars ou une zerda ?c’ est çà le veritable drame de l’ algerie , c ‘est que nous sommes envahis par trop de bouffons ,trop de charognards.




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  • Si Tchad
    31 mai 2010 at 14 h 03 min - Reply

    Dans la presse, nous avions déjà l’autocensure alimentaire,
    maintenant on passe à l’auto-saisine alimentaire. On n’attend meme pas le signal de son maitre pour dire ou ne pas dire quelque chose, on « devine » les desirs du maitre (qui n’a pas le temps de donner des ordres), et on s’execute…

    Si Tchad




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  • Congrès du Changement Démocratique