Édition du
23 March 2017

Israël symbole de délinquance et d’impunité

Par Me Ahmed Simozrag

Le fait de tuer froidement dans les eaux internationales des civils dans un navire civil battant pavillon d’un Etat souverain,  est un casus belli à l’adresse de l’Etat du pavillon.

L’opération  consistant à larguer  des commandos  par hélicoptère  sur le pont d’un  bateau humanitaire pour ouvrir le feu sur ses passagers, n’est pas un simple abordage, c’est un acte de guerre, voire une incursion de soldats israéliens en territoire turc!

Le navire est assimilé au territoire de l’Etat dont il porte le pavillon. Plusieurs sentences arbitrales ont affirmé que les navires en haute mer « constituent des parties détachées des territoires  de l’Etat dont ils portent le pavillon. »

Dans l’arrêt du 7 septembre 1927 relatif à l’affaire du Lotus, la Cour permanente de justice internationale (CPJI), ancêtre de l’actuelle cour internationale de justice a décidé que « le principe de la liberté de la mer a pour conséquence que le navire en haute mer est assimilé au territoire de l’Etat dont il porte le pavillon, car comme dans le territoire, cet Etat y fait valoir son autorité et aucun autre Etat ne peut y exercer la sienne […]

Le 31 mai 2010, des commandos israéliens ont pris d’assaut en pleine nuit le cargo turc Mavi Marmara en route pour Gaza dans un but humanitaire et ont commencé à tirer sur ses passagers. L’attaque a fait 9 morts et 30 blessés.

Les victimes sont des civils, désarmés, membres d’ONG humanitaires qui se rendaient à Gaza en vue de porter secours à une population asphyxiée par un blocus qui dure depuis trois ans.

Un seul mort aurait été un mort de trop. Un seul mort est un meurtre et un crime abominable. Neuf morts, cela s’appelle un carnage, un crime contre l’humanité. Quelle serait la réaction de l’Etat sioniste si les neuf morts étaient des citoyens israéliens ?

Cette attaque renferme et constitue  plusieurs crimes à la fois. L’interception du convoi est un acte de piraterie. Le massacre de neuf personnes  est un crime de guerre et un crime contre l’humanité. Le choix de la haute mer comme théâtre de l’opération est une violation manifeste du droit international, indigne d’un Etat signataire de la Charte des Nations Unies.

De toute façon, rien ne justifie l’utilisation de la violence contre un convoi humanitaire sans défense. D’autant plus que les navires de la flottille arboraient des pavillons indiquant leur appartenance à des Etats voisins, souverains, membres de l’ONU.

Israël avait toute la latitude d’éviter cette tragédie.

En dépit des condamnations catégoriques de la communauté internationale,  l’Etat sioniste continue à piétiner le droit international,  à agresser ses voisins en  tuant leurs ressortissants et en portant atteinte à leur souveraineté.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que cet Etat viole les eaux internationales.

Le 7 décembre 2008, Israël a empêché le navire libyen  « Al Marwa » d’acheminer 3000 tonnes d’aide humanitaire à Gaza. La marine de guerre israélienne a menacé de détruire le navire,  l’obligeant à faire demi-tour alors qu’il se trouvait dans les eaux internationales.

Le 30 décembre de la même année,  plusieurs navires de guerre israéliens ont intercepté dans les eaux internationales,  un autre navire – le Dignité – qui se rendait à Gaza pour  porter un secours  humanitaire à la population. Un navire de guerre  israélien a  percuté le bateau sur le côté avant en l’endommageant  fortement.

Le 30 juin 2009, un autre navire ‘ ‘LE SPIRIT OF HUMANITY’’, transportant des jouets pour enfants, du matériel médical et du ciment pour reconstruire les maisons démolies par les bombardements israéliens,  fut intercepté par la marine de guerre  israélienne.  Il y avait à son bord 36 passagers de 17 nationalités différentes, parmi lesquels des médecins, des journalistes, des militants des droits de l’homme dont un  prix Nobel de la paix Mairead Maguire  et plusieurs membres de Parlements européens. Ils furent interceptés dans les eaux internationales par la marine de guerre israélienne.

Selon la déclaration du mouvement « Free Gaza », « des bâtiments de guerre israéliens ont entouré le bateau et menacé d’ouvrir le feu s’il ne faisait pas demi-tour. Lorsque les activistes ont refusé de se laisser intimider, les forces d’occupation israéliennes ont commencé à brouiller leurs instruments de navigation ».

Le 5 juin 2010, les forces israéliennes ont abordé dans les eaux internationales  le cargo d’aide  ‘‘Rachel Corrie’’, en route pour Gaza, et intercepté le navire, juste cinq jours après l’assaut sanglant en cause.

C’est dire que l’attaque de la flottille de la liberté n’était ni la première ni la dernière.

Est-ce que les Etats ont un pouvoir de police dans les eaux internationales ?

Les eaux internationales ou haute mer se trouvent à environ 200 milles nautiques (370 km) de la côte.   Elles commencent au-delà de la zone économique exclusive (ZEE). Ces eaux  sont considérées comme  «  un bien public mondial ».  Les navires peuvent y naviguer librement.  Les Etats côtiers ne peuvent intervenir dans cette zone que dans le cas d’un droit  de poursuite (dite chaude) ou d’une légitime défense contre des navires pirates ou belligérants.

Le droit de poursuite peut être exercé en haute mer par un Etat côtier à l’encontre d’un navire civil  battant pavillon d’un Etat tiers qui a commis une infraction à ses lois et règlements dans les eaux intérieures, la mer territoriale, la zone contiguë ou la Zone Economique Exclusive (ZEE). Dans ce cas seulement, l’Etat côtier peut le poursuivre  en haute mer, l’arraisonner, le dérouter vers l’un de ses ports et éventuellement le sanctionner.  La poursuite doit avoir débutée dans les eaux dépendant de la juridiction de l’Etat côtier et s’être poursuivie en haute mer sans interruption.

Le droit de poursuite a été reconnu  par la conférence de La Haye en 1930 et repris par la Convention de Genève de 1958, relative à la haute mer dans son article 23. La Convention de Montego Bay du 10 décembre 1982 (CMB) reprend l’essentiel des règles de Genève 1958. Les  conditions de l’utilisation du droit de poursuite sont mentionnées dans son article 111.

Certes, le droit international admet l’intervention en haute mer des Etats côtiers dans le cadre de la lutte contre la pollution émanant de pétroliers ou d’autres navires et/ou la pêche de certaines  espèces, mais  l’intervention motivée par la légitime défense, appelée aussi « autoprotection » est loin d’être unanimement admise.

En effet, une intervention sous ce prétexte  va à l’encontre des règles du droit de la mer, en particulier celle de la liberté de navigation. Ni la convention de Genève de 1958, ni la Convention de Montego Bay n’évoquent l’intervention en haute mer sous prétexte de la légitime défense.

Israël ne se trouvait dans aucune des situations précitées pour engager une opération d’une telle violence dans les eaux internationales.  En effet, Il n’y a eu ni infraction au droit international, ni passage par les eaux territoriales israéliennes pouvant donner lieu à un droit de poursuite, ni piraterie ni belligérance.

« Le droit international est clair pour la navigation maritime: il se base sur le principe de la liberté de la haute mer. Aucun Etat n’a le droit d’y exercer ou d’y faire exercer sa souveraineté, qu’elle soit militaire ou douanière», déclare à TF1, Olivier Corten, professeur de droit international à l’Université libre de Bruxelles.

«  Israël a commis un acte de violence en haute mer qui est indiscutablement contraire au droit international », affirme à son tour Serge Sur spécialiste du droit international public, Le Monde.fr, 10 juin 2010

Israël et ses plaideurs ont invoqué  le manuel de San Remo du 12 juin 1994 pour justifier l’attaque en question. C’est un non-sens parce que le manuel de San Remo  traite du droit international applicable aux conflits armés sur mer ; il n’a donc rien à voir avec l’attaque d’un convoi civil humanitaire.  Les navires de la flottille de la liberté arboraient des pavillons turcs et grecs. Or  ni la Turquie ni la Grèce ne sont aujourd’hui en guerre contre Israël.

Aussi, dois-je saisir cette occasion pour poser une toute petite question à ces ardents défenseurs de l’indéfendable : Pourquoi Israël n’applique-t-il pas la clause du Manuel San Remo (article 102, 103 et 104 ) stipulant  que les blocus destinés à affamer la population civile sont interdits et que la puissance imposant le blocus doit permettre le passage de secours si la population civile du territoire soumis au blocus est insuffisamment approvisionnée en nourriture et autres biens nécessaires à sa survie ?

Croyez-vous donc en une partie de la Loi et rejetez-vous le reste ?

Il est navrant de constater encore une fois que ce raid meurtrier dans les eaux internationales ait  pour cible  un convoi humanitaire destiné à porter secours à une population affamée.  S’agissant en plus d’un secours qui pourrait contribuer à alléger les souffrances de centaines de milliers  d’enfants et de femmes, souffrances dont Israël est l’unique responsable.

Israël se considère  en guerre sans se conformer au  droit de la guerre. Une puissante occupante qui se  soustrait à ses devoirs en tant que telle. Notamment l’obligation d’assurer l’alimentation de la population, de « lui apporter les denrées alimentaires, les fournitures médicales et autres articles nécessaires, ou autoriser l’acheminement de secours si les ressources du territoire occupé sont insuffisante »,  tel qu’il ressort des  dispositions de la quatrième Convention de Genève (art.55 et 59, par.1) et le premier protocole additionnel à cette Convention  (art. 68 à 71).

Israël  tire sa force de la faiblesse des régimes arabes.

Certes, l’Etat sioniste compte sur la protection et  le soutien de la première puissance mondiale.  Mais en réalité il existe d’autres facteurs à l’origine de l’impudence de cet Etat qui ne recule devant rien, qui n’hésite pas à se battre avec les rochers et les arbres, avec « tout ce qui bouge ».

Israël exploite les défauts des pouvoirs en place dans le monde arabe. Il sait qu’il a affaire à des dirigeants   corrompus et illégitimes qui ne font pas le poids. Il connaît à fond leurs dossiers ; il est conscient de la félonie, de la complicité de certains d’entre eux.

Il agit envers eux exactement comme agit un policier envers un voleur pris en flagrant délit et qui lui dit : Ecoute, je peux t’arrêter immédiatement,  mais je te laisse en liberté à condition que tu collabores… !  Or, il ne faut pas  s’étonner qu’il y ait  parmi  eux des collaborateurs !

Est-il possible de prendre des sanctions contre Israël ?

Il serait superflu de démonter qu’Israël représente une menace pour la paix et la sécurité mondiale. L’impunité dont il bénéficie ne fait qu’aggraver cette menace, outre le fait qu’elle porte un coup sérieux  au crédit du droit international.  Israël ne cesse de faire preuve d’un esprit belliqueux qui fait de lui un Etat méchant et agressif,  en guerre contre ses voisins, alors que ces derniers s’échinent à  lui montrer patte blanche, à lui tendre la main pour la paix.

D’une manière générale et compte tenu des crimes, des hostilités  et des  violations multiples  qu’Israël ne cesse de commettre, aucune sanction de quelque nature qu’elle soit, diplomatique, économique, financière ne serait exagérée ni injuste à l’encontre de ce pays.

Dans le cas précis de la dernière agression contre la flottille de la liberté, plusieurs sanctions et mesures peuvent être envisagées. Les Etats arabes doivent se joindre à la Turquie pour rompre toute relation avec ce pays et exiger des sanctions par l’ONU, l’Union européenne et d’autres instances internationales.

Il me semble que l’enquête internationale n’est pas nécessaire dans la mesure où l’assaut s’est déroulé dans les eaux internationales contre des civils  qui n’étaient pas armés.  Sans doute, s’ils étaient armés, il y aurait eu des morts parmi les soldats israéliens.

De plus, il est souhaitable que l’enquête soit menée  par une juridiction internationale neutre, telle que la Cour pénale internationale, la Cour internationale de justice, ou même le Tribunal international du droit de la mer, même si Israël n’a pas ratifié le traité de Rome et la convention sur le droit de la mer. La Grèce ayant ratifié les deux instruments et la Turquie a ratifié le traité de Rome portant statut de la Cour pénale internationale.

Enfin toute action, toute plainte, toute sanction tendant à mettre fin à l’impunité d’Israël  ne peut  être  que juste et légale et partant, la bienvenue.

Ouagadougou, le 11 juin 2010

Ahmed Simozrag


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11 Commentaires sur cet article

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  • Selim Ier
    11 juin 2010 at 18 h 39 min - Reply
  • Sélim Ier
    11 juin 2010 at 18 h 52 min - Reply

    @Ahmed Simozrag

     » De plus, il est souhaitable que l’enquête soit menée par une juridiction internationale neutre, telle que la Cour pénale internationale, »
    —————————————-

    Commentaire: il n’y a rien à attendre de ces instances internationales où l’on verra JA%MAIS un Bush père & fils, un Wolfowitz, un Rumsfeld et autres criminels de guerre à la barre des accusés! Comme disait Fernand Reynaud :  » C’est fait pour…..! ».
    ——————————————-
    Un témoignage à lire :

    Brèves /
    La vérité sur la Cour Pénale Internationale
    6 mars 2009 – 11:36

    6 mars 2009 (Nouvelle Solidarité) – Le mandat d’arrêt lancé mercredi par la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir met en danger l’ensemble des relations internationales au moment même ou l’administration Obama opère un changement diplomatique dans la politique étrangère américaine en ouvrant un dialogue avec les principaux pays auxquels l’administration Bush-Cheney s’opposait – Iran, Russie, Syrie, Chine et Israël-Palestine. Si de nombreuses questions se posent sur la légitimité de ce mandat d’arrêt (voir ici et là), peut-être faudrait-il aussi s’intéresser aux motivations de la CPI et donc à ses origines, alors qu’elle est perçue par l’opinion publique comme une institution internationale de droit.

    La création de la Cour pénale internationale en 2002 est le fruit de dix années d’intense lobbying mené par l’establishment libéral-impérialiste anglo-américain autour de George Soros, du Foreign Office britannique et de l’UE.

    * Le 14 mai 1993, deux jours après l’intervention de la Reine Elizabeth II devant les eurodéputés à Strasbourg, le Parlement européen a créé l’Initiative européenne pour la démocratie (aujourd’hui baptisée Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme – EIDDH), un programme de financement d’ONG officiellement inspiré du tristement célèbre National Endowment for Democracy (NED) américain qui a financé à dessein des changements peu démocratiques de régime en Serbie, en Pologne, en Ukraine et ailleurs. L’EIDDH a largement pourvu au financement de la CPI. L’instigateur de ce programme européen, Lord McMillan-Scott, aujourd’hui vice-président du Parlement européen, avait déclaré le 27 mai 1993 à l’EIR que les principaux partenaires de ce programme seraient le NED, le Westminster Fund for Democracy lié au Foreign Office britannique et la George Soros Foundation.

    * L’autre groupe de pression ayant permis la création de la CPI est la Coalition pour la Cour Pénale Internationale (CCPI), largement financée et essentiellement contrôlée par l’Open Society Institute (OSI) de George Soros. La CCPI a été créée par Richard Dicker, de l’ONG Human Right Watch de George Soros, et est présidée par William Pace, du World Federalist Movement [*] financé par Soros._
    * Le Procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, a lui-même longuement trempé dans le Soros en dirigeant pendant plusieurs années le bureau Sud-américain de Transparency International, une ONG financée par Soros et inspirée par le Prince Philip d’Angleterre et Robert McNamara. Avant cela, Moreno avait créé en 1989 sa propre ONG, Poder Ciudadano, financée par la NED. Avant de prendre son poste à la CPI en 2003, il siégeait au comité consultatif international de Transparency International, mais en tant que procureur, il a participé aux cycles de conférence organisé par l’OSI de Soros.

    Contrairement au Tribunal Pénal International (TPI) sur l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda (qui ont été créés pour des cas précis et une durée limitée), la CPI est une cour permanente dont la juridiction est planétaire. Son droit s’impose à tous les Etats, qu’ils en soient membres ou pas. [**] Comme on le voit dans le cas du Soudan, la CPI sursoit à la souveraineté des nations pour le compte non pas d’une justice internationale de façade, mais d’un groupe d’intérêt anglophone – que l’on appelle Empire britannique – qui la contrôle à dessein pour prévenir toute alliance internationale de nations autour d’une paix par le développement mutuel.




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  • Djamel Eddine U
    11 juin 2010 at 19 h 53 min - Reply
  • Abdelkader DEHBI
    11 juin 2010 at 23 h 21 min - Reply

    L’arrogance de l’Etat sioniste se nourrit d’une longue suite de crimes faisant des milliers de morts et restés impunis ; depuis Deir Yassine en 1948 jusqu’à l’acte criminel de piraterie en haute mer, contre la « flottille de la Liberté » le 31 Mai 2010, en passant par Sabra et Chatila en 1982, les bombardements dévastateurs sur Beyrouth de Juillet 2006, et la mise sous embargo puis, la quasi destruction de Gaza. Pour ne citer que certains des faits les plus connus du grand public.
    Or, force est de souligner que cette impunité, si elle découle certes, de l’appui criminel et complice inconditionnel et systématique des Etats-Unis et de leurs supplétifs d’Europe, elle est aussi induite par le manque de réactivité des régimes arabo-musulmans. Soit par lâcheté. Soit par trahison. Cette dernière hypothèse se révélant hélas, de plus en plus au grand jour. – Qu’il nous suffise ici de prendre deux seuls exemples : d’une part, celui du zèle montré par le pharaon boursoufflé du Caire, à participer à l’asphyxie des populations de Gaza en allant jusqu’à faire édifier une muraille d’acier sous-terraine ; d’autre part, celui d’Alger, qui ne cesse pas d’envoyer des signaux d’allégeance aux sionistes, comme la mémorable étreinte du chanteur Enrico Macias à l’Elysée, ou les chaleureuses audiences accordées à des sionistes notoires de la faune parisienne comme Elisabeth Chemla ou André Glucksmann.
    Bien entendu, les exemples du Caire et d’Alger, n’exonèrent en rien la culpabilité de trahison de la quasi-totalité de nos pays, de l’Atlantique au Golfe arabo-persique….
    La seule lueur d’optimisme qui semble se faire jour, c’est paradoxalement cette grande vague de désespoir qui est en train de bouillonner dans les consciences de nos peuples qui semblent aujourd’hui prendre toute la mesure de l’étendue des trahisons dont ils sont depuis si longtemps victimes de la part de leurs dirigeants.




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  • simozrag
    12 juin 2010 at 0 h 39 min - Reply

    @ Sélim Ier,

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. La vie est un combat éternel. Il faut lutter pour changer le cours de l’histoire, pour retourner l’ennemi et le rendre ami. Ce n’est pas impossible. Il faut créer des lobby à l’exemple de celui mené par « l’establishment libéral-impérialiste anglo-américain autour de George Soros, du Foreign Office britannique et de l’UE ».

    Il faut lutter pour créer un Tribunal Pénal International spécial comme celui du Rwanda ou de l’ex-Yougoslavie. Je veux dire qu’on ne doit pas se contenter de critiquer sans rien faire, sans agir.

    Je me permets de vous rappeler que dans d’autres occasions, j’ai assez critiqué la CPI en raison notamment de sa partialité. Je reconnais que cette juridiction n’est pas indépendante. Mais que faire ? Il ne faut pas oublier que pour la première fois des voix se font entendre, des actions sont menées partout à travers le monde, des marches, des manifestations, des intiatives à l’exemple de ce qu’on appelle : Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) contre Israël. Donc le monde, la société civile occidentale se mobilise contre les crimes d’Israël et l’impunité dans laquelle il se vautre depuis des décennies.

    Vous êtes sans doute juriste comme moi et vous devrez préconiser des solutions appropriées au contexte et au droit en vigueur. Est-ce qu’il faut attendre l’instauration d’un nouveau droit, d’un nouvel ordre international pour sanctionner Israël ? Je serais d’accord avec vous, mais cette solution peut prendre un siècle. Alors, faute de mieux, faute d’un ordre international plus juste, en attendant le changement, usons de nos moyens de bord pour combattre cette injustice, punir le coupable. C’est, encore une fois, une question de lutte, de persévérance, de pression. Créons des groupes de pression. Saisissons cette occasion de soulèvement planétaire contre cette bête immonde qu’est le sionisme. Même les juifs s’indignent contre les exactions et les crimes perpétrés par l’Etat sioniste. Mon article s’inscrit en premier lieu dans la foulée de cette vague de protestations.

    Ensuite, j’ai voulu définir certains concepts du droit de la mer, donner aux non juristes quelques indications sur les eaux internationales, sur les prétentions infondées de l’Etat d’Israël. Depuis la tragédie du convoi humanitaire, je n’ai pas vu d’article évoquant les choses essentielles à moins que ce soit de ma faute, je n’ai pas parcouru toute la presse. C’est surtout ça qui m’a poussé à écrire pour les amis et aussi pour les autres, pour les militants des droits de l’homme afin de les aiguiller un tant soit peu. C’est une modeste contribution tendant à expliquer ce qui s’est passé et ce qu’il faut faire. Bref, loin de moi l’idée de faire l’éloge de la Cour Pénale International.
    Fraternellement !
    Tribunal Pénal International (TPI) sur l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda (qu




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  • Selim Ier
    12 juin 2010 at 10 h 34 min - Reply

    @Simozrag

    Je ne suis nullement juriste mais depuis de longues années, ma curiosité intellectuelle naturelle, mon désir de ne pas m’en laisser compter, m’a poussé à acquérir une connaissance livresque que,les boulevards de l’information qu’est Internet ont renforcé considérablement.

    Pour faire court et ne point polémiquer, je vous dirai tout simplement que Dieu dans le Saint Coran nous enseigne depuis des siècles de revenir toujours à Lui lorsque nous, les Musulmans ne sommes pas d’accord ou en butte à des obstacles qui nous paraissent insurmontables.

    Le faisons nous? Le colosse galactique aux pieds d’argile qu’est l’O.C.I à chaque rencontre « urgente » qu’il organise n’en est que plus ridicule et pathétique dans ses décisions. La Palestine, la Tchétchénie,l’Irak et tous les pays islamiques agressés, occupés et spoliés par le Système des démocraties totalitaires, en sont les terrifiants témoignages quotidiens des renoncements et des lâchetés ordinaires des gouvernements successifs dits « islamiques ».

    La Solution est entre nos mains: le vaillant Iran, les valeureux combattants du Hezbollah,du Hamas nous donnent une formidable leçon de résistance à ce qui s’avère être notre destruction programmée et mise en application par ce toujours même Système !

    Allaince + Solidarité + Confiance en Dieu doivent être impérativement nos axes intangibles pour espérer faire valoir nos droits et imposer le respect à nos ennemis implacables !

    Cordialement et islamiquement votre.




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  • simozrag
    12 juin 2010 at 12 h 04 min - Reply

    Entièrement d’accord avec vous et sans commentaire !

    Salutations fraternelles !




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  • veritas
    12 juin 2010 at 17 h 18 min - Reply

    La Belgique, complice de crimes de guerre ?
    A la suite de l’attaque meurtrière israélienne sur la flottille humanitaire Free Gaza, une « carte blanche » (texte ci-dessous) a été rédigée par des professeurs d’Universités et divers acteurs de la société civile. La publication de ce texte a été refusée par les deux quotidiens belges francophones de référence, Le Soir et La Libre Belgique ainsi que par le quotidien français Le Monde. L’argument avancé par les trois journaux est identique : « Manque de place ! ». Il est à noter qu’entre l’envoi de notre texte à La Libre Belgique et la réception de leur réponse négative : il s’est exactement écoulé 18 minutes…
    Les auteurs sont aussi consternés par ce triple refus que par la gravité des faits qui ont suscité le texte. Contournant ce rejet d’ouvrir un débat à la hauteur de l’indignation planétaire qu’a provoqué le dernier crime de l’État d’Israël, nous avons entrepris de faire circuler ce texte en dehors des médias traditionnels. Nous vous invitons à le diffuser largement. Sa circulation massive démontrera la futilité des efforts de ceux qui pensent qu’il est encore possible aujourd’hui d’étouffer un débat légitime et nécessaire.
    Olivier Mukuna
    En 2009, le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies adopte une résolution condamnant l’absence de collaboration d’Israël à l’enquête de la commission conduite par le juge Goldstone. Son rapport concluait que des « actes assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité » avaient été commis par l’armée israélienne et des militants palestiniens lors de l’offensive militaire israélienne contre Gaza fin décembre 2008. Que fait la Belgique lors du vote de ladite résolution ? Elle s’abstient !
    1,5 millions de Gazaouis survivent dans une bande de terre équivalente à 1% de la superficie du territoire belge, en situation de catastrophe humanitaire depuis l’embargo illégal imposé par Israël en juin 2007. Un convoi civil maritime tente de forcer ce blocus en apportant une aide humanitaire aux assiégés. Il est assailli dans les eaux internationales par les militaires israéliens qui tuent, blessent ou enlèvent un nombre encore indéterminé de civils dont 5 Belges. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU vote une résolution relative à la mise en place d’une « mission d’enquête internationale ». Que fait la Belgique ? Elle s’abstient !
    Le blocus de Gaza est justifié par la prise du pouvoir par le Hamas en juin 2007. Mais pourquoi celui-ci ne pourrait-il pas exercer le pouvoir, alors qu’il a gagné les élections en janvier 2006 dans l’ensemble du territoire plus ou moins administré par les Palestiniens ? En quoi le Hamas serait-il moins légitime que le parti d’extrême-droite du ministre israélien des Affaires étrangères ?
    Le Hamas est accusé de vouloir détruire Israël, ce qui est supposé justifier toutes les sanctions contre les habitants de Gaza. Mais la revendication fondamentale du Hamas, comme de tout le mouvement national palestinien depuis la création d’Israël en 1948, c’est le droit au retour pour les réfugiés expulsés ou ayant fui à l’époque. Au nom de quoi refuse-t-on à des réfugiés de rentrer chez eux après un conflit ? De plus, ce droit est sanctionné à la fois par l’article 13 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme et par la résolution 194 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Mieux, comment peut-on considérer qu’un « peuple » a le droit de « revenir » sur une terre habitée par ses supposés ancêtres il y a 2000 ans, mais que les habitants de cette terre en 1948 ou leurs enfants n’ont pas ce droit ?
    En pratique, le mouvement national palestinien, y compris le Hamas, accepte de renoncer à ce droit et se borne à demander l’établissement d’un Etat palestinien sur les seuls 22% de la Palestine historique conquis par Israël en 1967. Plus globalement, un plan de paix adopté par le Sommet arabe en 2002 propose la reconnaissance d’Israël par les Etats arabes en échange de son retrait des territoires conquis en 1967. Ceux-là même que la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU exige qu’Israël évacue.
    Depuis le « processus de paix » d’Oslo, qui remonte à 1993, cette solution – deux Etats pour deux peuples – est bloquée. Mais par qui ? Comment peut-on penser que c’est le faible, celui qui n’a pas d’Etat, qui empêche le fort de lui en octroyer un ? Quand la résistance palestinienne est non violente, on étend la colonisation. Quand elle devient violente, Israël en prend prétexte pour justifier l’arrêt des négociations.
    Guerre du Liban, blocus et assauts contre Gaza, assassinats ciblés de leaders politiques palestiniens, extension constante des colonies et aujourd’hui, attaque en haute mer de civils ressortissants de plus de 40 pays différents. A chaque fois, Israël oppose la même justification : sa raison d’Etat prime sur le droit et les Institutions internationales. Un tel mépris de la Communauté internationale n’est possible que par la complaisance conciliante des gouvernements des Etats-Unis et de l’Union Européenne.
    Sans doute les pacifistes du Free Gaza Flotilla n’avaient-ils plus grande confiance dans les organisations internationales pour exprimer leur refus du blocus de Gaza. Ils ont cher payé, certains de leur vie, la lâcheté de leurs représentants politiques, souvent si prompts à condamner verbalement Israël pour mieux occulter leur obstruction à toute action coercitive sanctionnant l’état hébreu. La récente adhésion d’Israël à l’OCDE à l’unanimité de ses membres, dont la Belgique, n’est pas faite pour les contredire.
    Faut-il rappeler qu’en 2007 la Belgique fut le cinquième exportateur d’armes européen vers Israël ?
    Faut-il rappeler que les aéroports belges demeurent des points de passage obligés pour les importations israéliennes ? Que l’Union Européenne est le premier partenaire commercial d’Israël ?
    Faut-il rappeler que le droit international reconnait la légitimité de la résistance armée en cas d’occupation ? Que face à la répression coloniale, les peuples recourent bien souvent à la violence, y compris parfois sous des formes terroristes ?
    Faut-il rappeler que l’immense majorité du monde non occidental, ainsi qu’une partie croissante de notre opinion publique, s’indignent de la duplicité de nos représentants politiques et considèrent que celle-ci discrédite nos principes et valeurs démocratiques ?
    Il convient donc de prendre acte de la complicité passive de nos Autorités et de balayer devant notre porte : comment pouvons-nous en tant que citoyens de Belgique nous désolidariser de l’ethnocide en cours des Palestiniens ?
    Notre intérêt bien compris doit nous mener à répondre positivement à l’appel de la société civile palestinienne demandant le boycott d’Israël tant qu’il violera le droit international.

    Jamila Bouajaja (Economiste ULB)
    Jean Bricmont (Professeur UCL)
    Souhail Chichah (Economiste ULB)
    Jean-Marie Dermagne (Avocat et ancien Bâtonnier)
    Jamal Essamri (Sociologue)
    Oscar Flores (CRER – Coordination de solidarité avec les réfugiés)
    Bahar Kimyongür (Membre du Front populaire – Turquie)
    Olivier Mukuna (Journaliste)
    Monique Mbeka Phoba (Réalisatrice)
    Anne Morelli (Professeure ULB)
    Nouria Ouali (Sociologue ULB)
    Pierre Piccinin (Professeur Sciences-Po Ecole Européenne)
    Aurore Van Opstal & Abdellah Boudami (Co-auteurs de « Israël, parlons-en ! »)




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  • Zineb Azouz
    12 juin 2010 at 23 h 16 min - Reply

    Monsieur Ahmed Simozrag,

    Votre article et votre synthèse du Super-Etat Israèl, l’enfant gâté de l’occident libre nous ramène à nos tristes réalités politiques de Sous Etats piétinants de simples sujets.

    Pourtant le mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) qui commence à se faire un bout de chemin est à notre portée et même s’il ne sera jamais plébiscité par nos gouvernements, chacun de nous, et pour rester modeste dans nos actions, est capable ne serait ce que de ne plus boire Coca-cola, de ne plus acheter Danone, de ne plus se laver avec Loréal, de ne plus acheter Ariel……
    Mais nous nous sous estimons tellement, nous sommes si peu convaincus de notre force et de notre existence en tant qu’individus libres, en tant que voix et entité indépendantes que le simple fait de croire que nous puissions changer les choses relève, dans nos conceptions mutilées, de l’utopique voir de l’aberrant.

    Malheureusement, comme à chaque fois qu’Israél massacre, c’est l’émoi, l’indignation, les larmes pour rentrer chez soit regarder un match de foot en buvant coca-cola ou au mieux de l’eau minérale de chez Nestlé.

    Permettez moi de vous citer ces propos qui sont loin d’être récents mais qu’à ce jour aucun de nos intellectuels, du moins les plus écoutés, n’est capable ni de penser ni d’écrire.

    « L’armée peut capturer, abattre des terroristes, mais quand le terrorisme traduit la volonté de survie d’un peuple, il ne peut être combattu qu’en accordant sa dignité à ce peuple ».
    Théo Klein, ancien président du CRIF,

    Merci pour ce papier Monsieur Ahmed Simozrag.
    ZA




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  • simozrag
    13 juin 2010 at 10 h 48 min - Reply

    Madame Zineb Azouz,

    Merci baucoup de m’avoir lu et d’avoir agrémenté mon papier d’abord avec l’auguste nom d’une vraie combattante qu’est le vôtre, ensuite avec le rappel d’une réalité amère, rappel qui peut stimuler les consciences après une longue agonie.

    Effectivement, Chère Madame Azouz, nous sommes spirituellement, et dans une certaine mesure physiquement, morts.
    Un peuple qui accepte l’humiliation et les injustices à l’intérieur, ne peut nullement réagir aux injustices de l’extérieur.
    Ne serait-ce que par l’abstention de contribuer à enrichir, telle que vous le suggérez justement, des multinationales sionistes.

    Nous sommes incapables de changer le mal par la main, incapables de le changer par la langue, et incapables de le changer par le cœur, auquel cas on renoncerait au moins à acheter Ariel et à boire….. ?

    Une tragédie vraiment lamentable n’est rien d’autre qu’un tel état d’esprit. Les gens se plaignent parfois de la perte des biens, des récoltes,des richesses; ils pleurent la mort qui les frappe ou même la souffrance physique qui les affecte. En fait, tout cela n’est rien par rapport à la perte de la dignité, de l’honneur, de l’humanité. Voilà ce qui est vraiment déplorable. Heureusement qu’il y a des femmes, j’allais dire des hommes comme vous, qui parviennent à maintenir le cap et qui nous sauvent d’une catastrophe générale certaine.

    Bien cordialement !

    Ahmed Simozrag




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  • AMOKRANE NOURDINE
    14 juin 2010 at 19 h 28 min - Reply

    http://www.france-palestine.org/article11097.html#sp11097

    sur facebookMise en place d’un tribunal pénal international pour juger les crimes d’Israël !
    Partager
    Aujourd’hui à 12:57

    Mise en place d’un tribunal pénal international pour juger les crimes d’Israël !

    Merci de diffuser ce message au maximum de personnes : nous devons récolter 500000 signatures pour que cette pétition soit admise par l’ONU. Nous ne sommes qu’a 91734 signatures, mais c’est possible ! Une mobilisation s’impose pour nos frères qui soufrent en Palestine, pour cela signez la pétition en suivant le lien ci-dessous

    http://www.france-palestine.org/article11097.html#sp11097




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  • Congrès du Changement Démocratique