Édition du
23 March 2017

QUE FAIRE?

Par Mohamed Jebbara

Une société ne peut pas faillir, seul le pouvoir et les élites peuvent faillir et orienter la société vers l’impasse . Ce qui fait bouger les peuples c’est l’idéal . Quand l’intérêt matériel devient le seul idéal, la société se fourvoie et prend des chemins tortueux. En fin de cycle la cassure se produit et la société se résigne à faire les ablations, les amputations nécessaires de nature à lui permettre de continuer à exister et de renaitre dans la douleur. Que Dieu nous en préserve.

L’amour du savoir, les valeurs morales, le don de soi, le respect, la pudeur qui étaient omniprésents chez nos parents et grands parents pourtant dans leur écrasante majorité analphabètes, mais paradoxalement intellectuels,ont presque disparu.

Notre société pullule de gens instruits, mais qu’on ne peut taxer d’intellectuels. Aucune élite digne de ce nom n’existe en Algérie car si une élite existait réellement, il y a longtemps qu’elle aurait agi, elle ne resterait pas indifférente devant la déliquessence qui s’éccentue. Le pouvoir s’est assuré de la diviser et de la casser en priorité pour pouvoir perdurer. Toute voix dissonante est ciblée et tous les moyens sont bons pour la faire rentrer dans le giron ou la faire taire ou l’expulser du pays à quelque niveau qu’elle soit dans les rouages sociaux du plus bas au plus haut niveau, dans l’administration, dans le secteur économique, partout..

Bien evidemment avec le temps cela produit une mentalité « d’entreprise » (car le pays est géré comme une entreprise de rapine) une manière d’être sociale qui déteint sur l’ensemble du corps social.

« Les peuples prennent la religion de leurs rois » dit l’adage.

La seule solution au marasme qui menace gravement notre pays est de rendre conscients des véritables problèmes et de décrire les solutions et ceux qui sont en mesure de le faire font défaut, la presse est aux ordres, l’état d’urgence verrouille tout, les mosquées sous prétexte de terrorisme sont cadenassées et la censure fait rage..

En l’absence d’information crédible, le dénigrement est devenu une constante nationale et tous nous trouvons plaisir à « casser » ce qui existe, ce qu’on dit ou fait les autres sans retenue, mais n’arrivons pas à donner le change et à faire des propositions qui font avancer les choses.

La question n’est pas où cela coince t il ? La question est que faire. QUE FAIRE !

A cette question du « que faire » viennent se greffer d’autres questions, comment et avec quoi.

Le site de LQA se veut une réponse ou un espace de réponse à une partie d’entre elles, mais est il suffisant ? Est ce le seul moyen ?

Pourquoi au lieu de fouiner dans notre passé à la recherche de ce qui nous sépare et nous divise ou nous irrite, ne prospectons nous pas dans notre avenir pour chercher comment le construire ?


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8 Commentaires sur cet article

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  • radjef said
    12 juin 2010 at 17 h 39 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Effectivement le peuple n’a jamais trahi personne. Les traitres ce sont les gens qui detiennent le pouvoir et qui l’exercent seuls sans partage depuis plus d’un demi siecle. Que faire? C’est la question qui me taraude chaque nuit l’esprit. Les adversaires sinceres du pouvoir peuvent-ils s’assoir autour d’une même table et discuter les yeux dans les yeux des questions qui engagent le destin de la nation? Peuvent -ils sacrifier leurs ambitions personnelles et faiore table rase de leur aura pour le grand bien du pays? Sont-ils en mesure de se debarrasser de leur orgueil et depasser ce narcissisme qui les aveuglent et qui fait naitre en eux des doutes et la suspicion?…




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  • Ammisaid
    12 juin 2010 at 23 h 55 min - Reply

    Petite contribution en reponse à la question de notre frère Mohamed

    Il faut faire taire nos divisions
    Il faut reduire nos orgueils et nos passions
    Il faut dire la vérité et respecter les lois
    Il faut un jour laisser le choix
    Au peuple de décider de son destin

    Il faut faire taire les armes
    Il faut que cessent les larmes
    De toutes les veuves et des tous les orphelins
    Il faut que les habitants du club des lapins
    Aillent vivre ailleurs, enfin !

    Il faut faire taire ces langues aceres
    Qui coupent nos rêves simples et sincères
    Il faut ouvrir les archives de notre histoire
    Et chercher les noms de ceux qui ont volé l’espoir
    D’un peuple qui s’était sacrifié pour liberer sa terre

    Il faut faire taire ceux qui sement la terreur
    Dans le coeur d’un bébé qui tête le sein de sa mère
    Il faut que l’école redevienne le lieu du savoir
    Du savoir qui rend intélligent, humain et fort
    Et qui aidera notre pays à devenir juste et prospère

    Il faut faire taire ces opposants au coeur ventral
    Qui souhaite à l’Algérie un destin fatal
    Il faut redonner, enfin, toute la parole
    A ceux qui désirent une Algérie fraternelle
    Copie conforme à celle rêvée par nos martyres

    Il faut faire taire les cris horribles de la misère
    Qui pousse notre jeunesse à se jeter dans la mer
    Pour aller chercher une liberté au goût amère
    Car vivre loin de cette terre qui lui est très chère
    Est parfois plus dur qu’une vraie torture

    Il faut faire taire toutes ses fausses promesses
    Que nous offrent ces hommes qui nous haïssent
    Il faut s’unir et garder une parfaite patience
    Et, puis se battre avec courage et intélligence
    Pour instaurer un vraie justice et une vraie alternance

    Il faut vouloir le pouvoir
    Pour cesser de détruire et commencer à construire
    Il faut vouloir une Algérie multicolore et diverse
    Dans laquelle toutes et tous nous aurons une place
    Et dans laquelle regnera le respect et la tolerance




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  • Lies
    13 juin 2010 at 15 h 33 min - Reply

    Merci @ Ammi Saïd, pour ce cri d’espoir.

    Merci pour ce joli poème qui est en fait, un hymne à la liberté et à la dignité et qui constitue tout un programme politique et un appel au rassemblement de toutes et tous ceux qui aiment l’Algérie afin de la servir et non pour s’en servir.

    Merci pour cet appel à la repentance des uns et au devoir de pardonner des autres, dans un climat de compréhension mutuelle et d’harmonie, désormais fraternelles.

    Merci.

    Par ailleurs, je voudrais avec la permission de nos amis internautes, parler de notre équipe nationale.

    L’équipe Nationale a perdu son premier match contre la Slovénie, sur une petite erreur de Chaouchi qu’il ne faudra pas accabler, bien au contraire c’est dans ces moments de grande fragilité psychologique qu’il faudra l’entourer du meilleur soutien et de la profonde affection.

    C’est une erreur qui pourra être bénéfique pour lui et pour toute l’équipe pour la suite de la compétition.

    Même la malchance qui est un paramètre qui fait partie du jeu, il faudra en tenir compte et lui trouver des alternatives, en l’occurrence sur le moral des joueurs qu’il faudra toujours renforcer.

    Ça reste jouable, je prédis que nous allons gagner contre l’Angleterre et faire match nul ou gagner contre les États-Unis.

    Dans tous les cas nous passerons au deuxième tour.

    Fraternellement.




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  • samir
    13 juin 2010 at 16 h 17 min - Reply

    que faire?que faire? toujours cette eternelle question dont nous connaissons tous la réponse mais,par manque de courage ou par calcul politicien on se refuse d’admettre.que faire? sortir dans la rue et crier notre refus ,notre rejet de ce régime.sortir dans la rue et en decoudre avec cette clique de voyous.pousser l’armée à affronter tout un peuple et on verra bien si les armes ne se retourneront pas contre ces voyous.maintenant cessons de tourner autour du pot et de se plaindre indefiniment.que faire?avoir le courage d’appeler le peuple à se revolter.




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  • simozrag
    13 juin 2010 at 17 h 41 min - Reply

    Merci aux deux frères : Si Mohamed pour la question et Ammisaid pour la réponse. Il est à craindre que la réponse à cette question, c’est-à-dire le changement prenne du temps.

    Ce qui est sûr : cette opération exige que chacun doit apporter sa contribution, sa pierre à la construction de l’édifice du changement.
    Et il ne faut pas attendre que de grands bouleversements se produisent pour commencer. Il convient de commencer aujourd’hui, et ne rien négliger du convenable لا تحقرن من المعروف شيئا

    Tout le monde doit se mobiliser dans la lutte pour le changement : militer, enseigner, conseiller, orienter, donner, condamner, employer tous les moyens dans ce combat pacifique consistant à faire le bien et à empêcher le mal, sous toutes ses formes : la spéculation, le vol, la dépravation, l’exclusion, l’indifférence, l’égoïsme, le matérialisme excessif, etc.

    Avec cette démarche, je pense qu’on arrive à changer un tant soit peu les mentalités et à écourter les délais, au lieu que ce soit une question de décennies, il suffirait peut-être de quelques années ou d’une décennie ou deux.

    Fraternellement !




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  • Adel
    13 juin 2010 at 19 h 59 min - Reply

    @simozrag

    Bonjour,

    Voilà de bien sages paroles qui viennent compléter celles de Ammi Saïd.

    En effet, avant de demander aux autres de se mobiliser, chacun de nous doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour changer le cours des choses, dans sa famille, son quartier, son lieu de travail et sur le net. Nous devons inlassablement expliquer, dénoncer, rassembler. Nous ne sommes hélas que des hommes et des femmes ordinaires. Le personnage exceptionnel qui saura mobiliser et rassembler tout le peuple derrière lui (elle), apparaîtra certainement un jour. Il (elle) est certainement parmi nous, cherchant la vérité, poussé(e) à agir par sa sincérité, son intelligence et son courage exceptionnels. Peut-être que nos écrits et nos actions, aussi modestes soient-ils, contribueront à lui faire prendre conscience et à le (la) mettre en marche vers son destin historique.

    Cordialement




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  • Mahieddine Lachref
    15 juin 2010 at 11 h 03 min - Reply

    Bonjours chers camarades.
    Merci M. Djebarra pour ce que vous avez dit. Car, effectivement, ce sont les détenteurs du pouvoir qui ont dépouillé le peuple de tout ce qui l’unit. Ce que, en revanche, j’aimerais vous faire remarquer, et vous le savez certainement plus que moi, c’est qu’un peuple sans culture comme le notre, tel qu’il est actuellement, est difficile à guider sur ce que nous estimons être la voie du salut. Car, aimerais-je encore vous faire remarquer, le peuple algérien, comme tous les peuples ex-colonisés, est sollicité de partout, notamment les forces du capital financier international qui, par l’intermédiaire des « pouvoirs publics algérien », tentent de le transformer en un ensemble de « prolétaires planétaires ». Pour ce faire, ces derniers usent de tous les moyens- et ils en ont. Dans ce cas, marqué par un rapport de force largement en notre défaveur, que faire? Très souvent, je dis que notre chemin est encore long, car, à mon avis, même quand les Algériens comprendront que les pouvoir en place doit disparaitre, ils mettront beaucoup de temps pour comprendre que c’est tout le système qui sous-tend le régime en place qui doit disparaitre. Que faire donc une deuxième fois? Je crois qu’un élément doit au moins être retenu: la lutte que devrait mener le peuple algérien doit se faire sur trois échelles: individuelle, collective (Nationale) et mondiale. La dernière devrait être inscrite dans le cadre de la lutte des pays du Sud. Dans ce sens, nous avons, Said Radjef et moi, dit assez de chose dans la Lettre que nous avons publiée dans cette même tribune il y a quelques mois.
    Merci.
    Mahieddine.




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  • khaled
    15 juin 2010 at 14 h 31 min - Reply

    Cher DB,

    Je pense que l’étape suivante est de créer une radio LQA avec l’aide de nos amis internautes.

    Je vous ai envoyé une correspondance dans ce sens. J’espère connaitre votre point de vue dans les jours suivants.

    Amicalement
    Khaled




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