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30 March 2017

Club des pins débarrassé de ses bidonvilles

373 familles relogées à cheraga
Club des pins débarrassé de ses bidonvilles

Les centaines de baraques de fortune sises à quelques mètres du quartier huppé du fameux Club des Pins de Cheraga ne sont plus, aujourd’hui, que ruines et gravats après le passage des bulldozers et des démolisseurs.

21 Juin 2010, Le Courrier d’Algérie

Hier, au total 373 familles occupant les 9 sites d’habitats précaires et bidonvilles de la commune de Cheraga ont été relogées dans de nouvelles cités pas loin de leurs anciens taudis. Le wali délégué de la daïra de Cheraga, Kamel Beldjoud, rencontré sur place nous a affirmé que « 80% des familles bénéficiaires sont relogées au niveau de la daïra.

Les autres familles sont réparties sur quatre sites situé dans les communes de Hamamet, Zéralda, Souidania et Birtouta ». Les sites concernés par cette sixième opération d’éradication des bidonvilles et de l’habitat précaire et par ricochet par ledit relogement sont le site d’Iguebal, Farina, entrée du Club des Pins, le site de la route de Sheraton, le bidonville et l’habitat précaire de Boutela.

Comme à l’accoutumée, l’opération relogement d’hier n’a pas fait que des heureux. Un bon nombre de familles ont été exclues sans pour autant approuver et admettre les raisons de cette exclusion. « Il y a quelques mécontents, une vingtaine de familles, réparties sur les différents sites.

Elles n’ont pas été relogées car elles sont étrangères au site. Elles n’étaient pas recensées en 2007, ou bien, suite aux résultats de nos investigations et enquêtes, il s’est avéré qu’elles possèdent des biens immobiliers ailleurs », nous a expliqué Kamel Beldjoud avant de lancer : « elles sont appelées à quitter les lieux dans les plus brefs délais pour achever les opérations de démolitions.

Elles sont appelées également à déposer leurs recours aux services concernés». « Je n’ai rien compris. Ils disent que je n’étais pas recensé en 2007, mais cela ne leur permet pas de me jeter, moi et mes enfants, à la rue. L’agent qui a fait le recensement n’a pas fait convenablement son travail et aujourd’hui c’est à moi de payer sa défaillance.

Je suis parmi les anciens occupants de ce site », nous a affirmé un père de famille qui n’a pas voulu s’exprimer devant les personnes chargées d’organiser cette opération de relogement. Assis sur une pierre, regard fuyant, visage crispé, tandis que les bulldozers emportent les baraques qui furent seuls témoins de ce que cet homme et sa famille ont enduré pendant des années.

Afin d’éviter les égarements survenus lors des précédentes opérations de relogement, à savoir, entasser des familles d’une dizaine de personnes dans des appartements de type F2, le Wali délégué de la daïra de Cheraga, nous a affirmé que les grandes familles sont divisées selon les personnes mariées. « Nous avons pris le soin de ne pas rassembler des frères mariés dans un appartement.

Chacun deux aura son logement », rassure notre interlocuteur. Pour vérifier la véracité des dires de ce responsable, nous avons quitté le site pour rejoindre une des nouvelles cités dans laquelle une centaine de familles étaient déjà à notre arrivée installées dans leurs nouvelles demeures. Effectivement, les appartements sont attribués selon le nombre de personnes des familles. Le seul problème soulevé par quelques bénéficiaires est lié au choix de l’étage.

Certaines personnes âgées ont déploré le fait d’avoir eu des appartements au dernier étage, alors que les jeunes mariés occupent les étages en dessous. Il est nécessaire de souligner que cette opération de relogement s’inscrit dans le cadre du programme d’éradication des bidonvilles et de l’habitat précaire lancé depuis le début de l’année en cours par la wilaya d’Alger.

Hamid Mohandi


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5 Commentaires sur cet article

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  • BRAHIM
    21 juin 2010 at 20 h 07 min - Reply

    Enfin , dans la cité des « clebs des pins » on ne va plus sentir les odeurs nauséabondes des baraques environnantes. OUF !! enfin un bel été avec des barbecues et des méchouis sans « fouha type El harach». Merci Dieu et Inchallah, ces gueux ne reviendront plus jamais perturber la « force tranquille ». Je sais que Dieu va nous entendre, car il est miséricordieux. On n’a pas besoin de se révolter car dans l’au delà, il attend de pieds ferme les fornicateurs …. pour la grande rédemption.




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  • citoyen
    22 juin 2010 at 2 h 18 min - Reply

    allez les « gueux » oust dehors la piétaille la guessaille place aux « seigneurs » et à l’été tranquille pauvre peuple que nous somme devenus un triste pays.




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  • Zineb Azouz
    22 juin 2010 at 18 h 56 min - Reply

    Quand les Bulldozers font aussi de l’éradication !

    A tout seigneur tout honneur, fini les mélanges de classes,la capitale va enfin rayonner par ses élites et ses clubs de pépins.
    Ils ont été les premiers à arriver, pas par Sidi Frej comme les Français, mais par d’autres frontières peu importe, ils ont conquis ces territoires par la force des armes et il est tout à fait naturel qu’ils défendent leurs héritages contre ces affamés et ces zaoualis qui ne cessent de s’appauvrir et de renvoyer une mauvaise image du pays des pétro-dollars.

    Mais ce qui m’a surtout interpellée dans l’article c’est cette phrase « éradication des bidonvilles et de l’habitat précaire », j’en étais sûre !

    Après avoir éradiqué le terrorisme, ils sont en train D’ÉRADIQUER LES PAUVRES, ensuite viendra le tour des jeunes ‘dont les embarcations de fortune se chargent un peu)et petit à petit le pays sera enfin propre.

    Quel concept de génie cette « ‘éradication ».

    ZA




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  • Salay
    23 juin 2010 at 8 h 32 min - Reply

    M. le Wali d’Alger n’a de regard que pour les bidonvilles des sites stratégiques et de renom (Zaatcha, Diar Echems, Hydra, Club des pins, Cheraga…. Au fond, il a raison. Il doit offrir les meilleures conditions de vie et de sécurité à ceux qui l’ont placé là où il est. Il n’a pas à se soucier de la loi fondamentale et des autres lois à voir les milliers de baraques qui longent l’Oued El-Hamiz et surtout les dizaines de milliers d’innocents qui végètent dans cette violence. Récemment, les deux circonscription administrative qui partagent ces bidonvilles et cette partie de l’oued se sont empressées d’ériger sur leur rive respective, de grands panneaux annonciateurs de la fin de leur responsabilité « la circonscription adminstrative de Rouiba ( Dar El-beida) vous remercie de votre visite ». Ainsi, un nouveau No mans land est né sauf si les responsables des deux circonscriptions administratives rappellent à leur manière que ce « no-no mans land » est de la responsabilité de Monsieur le ministre des ressources hydriques… On se demande à quoi servent les ministres de l’Interieur, de la santé et de la population, de l’environnement, de l’habitat…s’ils ne peuvent accorder leurs violons et surtout faire respecter les lois en leurs domaines quand on voit des baraques s’ériger au milieu de la chaussée. Même Zouabri quand il faisait de faux barrages en son temps, il déguerpissait à l’arrivée des forces de l’ordre… Ich tchouf!




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  • azyz
    25 juin 2010 at 22 h 53 min - Reply

    un petit mesdjad est toujours debout, ha ! ha ! ha!
    ils n’ont pas osé le détruire, personne n’a voulu prendre cette responsabilité , leur mauvaise conscience leur joue des tours




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