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27 March 2017

Nouvelles mesures pour l'enseignement supérieur: Restrictions pour le voyage des universitaires

par Oualid Ammar, Le Quotidien d’Oran, 21 juin 2010

C’est un ton particulièrement sévère qu’utilise le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique vis-à-vis des enseignants universitaires et des chercheurs. Dans une note du secrétariat général aux établissements d’Enseignement Supérieur et de Recherche, ils sont très fermement rappelés à l’ordre sur un aspect: les relations avec les partenaires étrangers, dont implicitement les voyages d’études et autres contacts à caractère professionnel.

Ce sont les conditions dans lesquelles se déroule la participation de chercheurs algériens à des colloques à l’étranger qui mécontente le ministère de tutelle. La note «G28/SG» datée du 18 mai dernier, dont nous avons eu une copie, reproche aux enseignants universitaires et aux chercheurs leur liberté d’initiative ou du moins les excès qui auraient été constatés dans l’exercice de cette liberté. Ses rédacteurs font comprendre que celle-ci s’arrête là où commencent «les intérêts nationaux» et la «cohérence de l’action internationale de l’Etat et de ses activités diplomatiques». Le ton est radical : «La liberté d’initiative ne saurait être tolérée lorsque les intérêts ou la politique étrangère du pays sont concernés». Elle ne cite aucun exemple. Des enseignants universitaires en droit ou sciences politiques affirment n’avoir pas été interpellés par leur administration sur ce genre de sujet. Ils sont étonnés du contenu de cette note. La participation de chercheurs algériens à des forums étrangers «sans avoir pris le soin et la précaution de recueillir l’accord préalable du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique» n’est plus tolérée. Cette note de cinq pages annonce que cette «pratique» doit être «annihilée définitivement». Elle fixe la procédure qui doit être désormais respectée impérativement.

Ainsi, «la participation…à des conférences ou colloques organisés à l’étranger, pouvant représenter un caractère sensible pour la politique étrangère du pays ou pour des intérêts nationaux, est subordonnée à l’accord préalable du ministère…qui se prononcera sur l’opportunité de la participation lorsque lesdits évènements revêtent une sensibilité évidente».

Des procédures strictes à respecter

Dans ce secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, il faudra prendre ses dispositions, six mois à l’avance, pour organiser en Algérie un congrès, un colloque, une conférence ou des journées d’études, en déposant un «dossier technique» et d’attendre la réponse, dans un délai d’un mois. Dans tous les cas de figure, la note du ministère rend obligatoire le passage par la Direction de la coopération et des échanges interuniversitaires du ministère de tutelle.

Elle prévoit, par ailleurs, que cette même direction soit systématiquement informée des personnalités étrangères invitées pour participer à ce type d’activités; cela faciliterait, entre autres, indique cette note, «l’obtention des visas auprès des représentations diplomatiques et consulaires».

Ce document s’attarde sur un point inattendu: «l’invitation aux réceptions organisées au niveau des représentations étrangères en Algérie en qualité de «représentant officiel d’institution». Cela «est dorénavant soumis à l’appréciation du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique».

Sur ce point, de nombreux enseignants universitaires ou des chercheurs estiment ne pas être concernés parce qu’ils ne peuvent pas se prévaloir d’un quelconque mandat officiel. Par contre, on s’interroge sur l’autorisation préalable à laquelle ils sont désormais soumis s’ils veulent aller participer, même à titre personnel, à une rencontre scientifique à l’étranger. En tout cas, le caractère général de cette restriction les inquiète.



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16 Commentaires sur cet article

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  • Tayeb
    21 juin 2010 at 21 h 47 min - Reply

    La recherche scientifique est un but en soi-même pour le gouvernement americain par exemple, c’est le cas ailleur dans le monde développé’ j’imagine. chez nous, on peut meme pas acceder a des statistiques indispensables pour bien comprendre la situation de notre pays….
    je dis et sans exagération, que ce nouveau dispositif du régime est un vrai « massacre » contre nous.




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  • Dziri
    22 juin 2010 at 0 h 14 min - Reply

    De toutes les façons, ce n’est pas toujours les plus méritants qui bénéficient de ces voyages, la plus part du temps c’est même des voyages « escale » pour migrer de l’autre côté de la méditerranée




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  • bouyilès
    22 juin 2010 at 10 h 00 min - Reply

    Que cherche-t-on et qu’avons nous trouvé?A-t-on trouvé des solutions aux problèmes qui se posent à notre pays et à notre environnement ou bien la multitude de chercheurs qui voyagent le font-ils pour trouver des solutions aux problèmes des autres.
    Ou alors les problèmes auxquels nos chercheurs doivent apporter des solutions sont-ils mal posés et les résultats forcément faussés ?
    Dans tous les cas,la situation de la recherche en Algérie est identique à son désert:vide et sans consistance.Les résultats sont là pour le prouver.
    Mais notre désert en lui-même est une richesse immense et peut constituer un axe sur lequel les recherches deviendraient inépuisables.
    Avis aux amateurs.




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  • still
    22 juin 2010 at 13 h 57 min - Reply

    La démarche du Pouvoir algérien s’intègre parfaitement dans l’agenda du Nouvel Ordre Mondial: En parallèle avec les restrictions qu’elle impose sur le plan international, la dictature mondiale se nourrit et se renforce par la restriction des libertés au niveau local. Les petites dictatures préparent le terrain pour La Grande.
    Restriction, restriction, restriction…On ne peut plus voir ce qu’on veut, on ne peut plus dire ce qu’on veut, on ne peut plus écouter qui on veut. Bientôt on trouvera un moyen pour nous empêcher de penser ce qu’on veut…si on se laisse faire.
    La liberté dans un système fermé comme le notre obéit à la dynamique des rapports de forces en place. Le gain(en matière de liberté) acquis d’un coté est nécessairement une perte de l’autre. Les moyens mis en œuvre de part et d’autre étant disproportionnés, il convient de rechercher -tant que cette prérogative de l’universitaire est encore permise!- des alternatives a la force brutale de l’Etat, notamment l’outil Internet quoique l’usage de celui-ci est déjà largement compromis. Parmi les moyens les moins chers et les plus efficaces se trouve le boycott. Personne ne peut vous obliger de figurer comme décor dans les associations et manifestations de facade.Personne ne peut vous obliger d’aller voter …Vous êtes des chercheurs .Cherchez le moyen de vous libérer, de nous libérer, de libérer cette Algérie des griffes de ces rapaces.




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  • Tlemcani
    22 juin 2010 at 14 h 41 min - Reply

    De toute les facons, ca ne changera pas grand chose. Les gens qui partent en stage, ou assistent a des colloques sont toujours les memes… et avec la benediction de la tutelle…. alors ces notes de service a la con ont toujours ete orientees consommation grand public… sur le terrain, c’est toujours le memes qui subissent…. En tant qu’universitaire j’aurais aime voir Monsieur le ministre se pencher sur la situation des autres enseignants… ceux qui n’ont pas les epaules pour decrocher un stage, et qui n’ont pas un scanner pour falcifier une lettre d’invitation. Ceux qui se debrouillent tant bien que mal pour garder un niveau respectable… meme s’ils doivent se priver de mieux manger, de mieux s’habiller, bref de choses qui sous d’autres cieux representent un strict minimum…. et cela bla mziiet la tutelle.

    Moi, je suis de l’avis de remunerer l’enseignant universitaire comme il se doit et de le laisser se prendre en charge. Que ceux qui sont competents se fassent inviter « tous frais payes », que ceux qui ont envie d’apprendre le fasse sur leur compte personnel, et que ceux qui veulent faire du tourisme fasse de meme…. et puis que ce qui ne sont dans l’enseignement que pour le pecule et le billet, changent de boulot…. la valise, Dubai, Istamboul et Damas forment une bonne combinaison, il parait que c’est rentable. Il est temps de faire le nettoyage, mais en vrai, l’universite Algerienne se porte mal et ce n’est pas une note de service qui n’aura d’effet que d’emmerder encore plus les responsables des structures et de contribuer au rechauffement climatique qui changera la situation

    Savez vous que le precule d’un stage de 15 jours represente trois mois de salaire ? sans compter le billet….!!!

    Allez Messieurs du ministere… pensez vous que tout centraliser changera quelque chose? c’est juste donner un peu plus de pouvoir a un autre Pousse Papier a Alger.




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  • Mohamed Jabara
    22 juin 2010 at 19 h 12 min - Reply

    Ce que tu dis est très important. Il faut que les peuples trouvent le moyen de passer par dessus leurs pouvoir respectifs et s’entraider. C’est pour les raisons que tu évoques que les USA ont autorisé l’entité israélienne à frapper en mer, pour casser toute velléité d’entraide entre les peuples. L’entité sioniste n’aurait jamais osé sans l’aval des USA. Et l’OTAN dont la Turquie est membre et qui devrait la défendre de cette acte de piraterie qui constitue un acte de guerre au regard du droit international, reste muette. Peut elle agir contre l’Etat sioniste ? Par contre les USA agressent l’Irak et l’Afghanistant et l’appellent à la rescousse et elle obeit. Nous sommes dans le cadre d’une stratégie globale, mondialiste et les peuples doivent se serrer les coudes, la supprématie du capital atteint des limites ou l’Etat nation dépassé, laisse la place aux grands blocs ou seuls ceux qui ont de l’argent, beaucoup d’argent, méritent de vivre dignement voire de vivre tout court, quel que soit le moyen avec lequel ils l’ont acquis.




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  • Sharif Hussein
    22 juin 2010 at 21 h 16 min - Reply

    « Ses rédacteurs font comprendre que celle-ci s’arrete là où commence les « interets nationaux » et la « cohérence de l’action internationale de l’Etat et de ses activités diplomatiques ».

    « la libérté d’initiative ne saurait etre tolérée lorsque les intérets ou la politique étrangère du pays sont concérnés »

    Tout est dit dans ces deux phrases.

    Quand le clan de boukharrouba qui colonise l’Algérie se préocupe des « intéret nationaux » et de la « cohérence des activités diplomatiques de leur clan »,c’est toujours en relation avec le dossier du Sahara marocain.
    selon Elwatan des universtaires algériens qui ont participé à des coloques à l’étranger ont osé defier dans leurs intérventions la pensée unique risible de ce clan relative au conflit qu’il l’oppose au Maroc.

    Si ces universitaires soutenaient par exemple la nécessité pour l’Algérie de normaliser ses relations avec Israel,le clan Boukharrouba aurait laissé faire.C’est le Maroc le pire ennemi de l’Algérie et non pas Israel.C’est le mot d’ordre de ces minables depuis 75.

    L’article d’Elwatan:
    http://www.elwatan.com/Participation-des-universitaires




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  • Tlemcani
    23 juin 2010 at 0 h 48 min - Reply

    Ce que disent Cherif et Mohammed sont d’autres inepties qui ne servent qu’à justifier les décisions à la con telles que celle en question dans cet article (sujet de cette discussion). Que viennent faire les USA et Israël dans cette histoire… et le Sahara Marocain ou Occidental ou de l’ouest ou africain ou que s’ai je? Il s’agit de l’UNIVERSITE ALGERIENNE et des UNIVERSITAIRES ALGERIENS.

    Puisque Sharif insiste… Oui je suis de l’avis qu’un chercheur en déplacement aux frais de la princesse, donc représentant cette même princesse, devrait s’abstenir de tenir des propos contre la ligne officielle de la princesse. (Droit de réserve, droit de retenue, et comportement responsable).

    Ceux qui veulent pousser leurs idées à eux n’ont qu’à le faire à leurs frais. Il y a une différence entre l’obligation de l’intellectuel à donner un avis d’intellectuel et l’intervention irréfléchie d’un « intellectuel » dans un colloque scientifique. Ce qui m’embête dans tout cela, c’est cette esprit du tout droit que nous autres algériens pensent avoir. Et puis aussi cette esprit de « rien n’est de notre faute ». Si ça ne marche pas, c’est a cause des USA, d’Israël ou du générale X.

    La prochaine occasion de déplacement avec pécule de 1200 Euro + Billet, répondez « NON » « pas sous ces conditions »…. chiche…. je sais pourtant que les dossiers et demandes émanant de toutes les Universités Algériennes commencent déjà a s’amasser sur le bureau du pauvre individu d’Alger qui aura à dire « oui » ou « non »… et demain… ce même pauvre individu commencera à recevoir des coups de téléphone afin de changer certains « non » en « oui », et peut être même certains « oui » en « non »

    Sharif et Mohammed, ne sont que d’autres raisons qui justifient la nécessité de faire le grand nettoyage au sein de l’université algérienne.

    Quant on paye avec des cacahuètes on recrute des singes. C’est là la triste vérité…. avec des salaires comme ceux des enseignants universitaires algériens, on ne doit pas s’attendre à des miracles…




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  • Mohamed Jabara
    23 juin 2010 at 12 h 07 min - Reply

    A celui qui se cache derrière le pseudo @ Tlemçani.

    Tu utilises des termes tels que « inepties » et décisions à « la c… » pour t’opposer a ce que dit Sharif Hussein que tu appelles cherif et moi meme que tu appelles Mohammed.

    Première remarque : tu ne respectes pas nos choix et tu tritures notre identité à ta convenance alors que tu apparaît derrière un pseudo qui ne veut rien dire, puisqu’il faut parler ton langage pour que tu comprennes, celui de la violence, à défaut de violence tout court, la violence du verbe. Mais au contraire de ce que tu dis ce que moi je dis est la stricte vérité, différence fondamentale.

    Deuxième remarque: si tu ne le sais pas, le terme inepties avec lequel tu qualifies nos propos veut dire dans le dictionnaire: « absurdité, ânerie, bêtise, connerie, idiotie, insanité, sottise, stupidité ». Nous sommes donc pour toi des moins que rien et tu l’affirmes en public sans qu’on t’aie rien demandé. Et tu le confirmes à la fin de ton post en demandant de faire le ménage à l’université. Je suis de tout coeur avec toi, bien que je n’ai pas été très loin à l’université, j’ai été vite dégouté bien qu’elle n’était pas encore comme maintenant au stade ou elle produit des zombies et j’en ai parlé une fois sur le site en disant que j’ai fait de maigres études universitaires, c’est pour ça que Zehira Houfani et zineb Azzouz demandent à lire les anciens topics, il faut essayer d’élever le niveau.

    Troixième remarque : Sur ce site, nous nous respectons mutuellement si tu ne l’a pas encore remarqué et même si on n’est pas d’accord, on essaie de convaincre au lieu d’insulter de préférence, et surtout par des mots vulgaires . L’intellectuel n’est pas celui qui sait, c’est celui qui sait comment utiliser son savoir, qui a de la culture et « la culture c’est ce qui reste après qu’on eusse tout perdu », tu me dira qui l’a dit en cherchant sur internet.

    Quatrième remarque : Si tu avais lu ce que j’ai écrit, tu aurais compris que l’Algérie… et le monde, s’insère graduellement dans la globalité et certains affirment même qu’un gouvernement mondial est en voie de constitution pour lequel le groupe Bildeberg milite depuis les années cinquante. Mais si tu ne lis pas ce n’est pas de ma faute. Car on ne donne que ce qu’on possède et si on ne lit pas on ne peut avoir d’informations à donner.

    Cinquième remarque : Si tu te considère comme intellectuel, libre à toi, quant à moi et je l’ai dit à plusieurs reprises sur ce site, je considère que l’intellectuel n’existe malheureusement pas en Algérie ou le formatage ne permet pas d’avoir la liberté de penser et où nous avons des gens instruits mais qui n’ont pas de culture qu’avaient pourtant les gens incultes qui peuplaient l’Algérie du temps du colonialisme. Cela démontre que nous ne sommes pas sortis de l’auberge et que pour atteindre un stade qui fera sortir des Ben Mehidi, des Boudiaf, des Ait Ahmed, des Amirouche et autres héros, n’est pas pour demain la veille.

    Sixièmement : Amalgamer ce que j’ai dit avec ce que dit Sharif Hussein dénote de la faible capacité à faire la distinction entre le discours de l’un et le discours de l’autre et prouve encore une fois que tu n’a rien compris à ce que j’ai dit.

    Septième et dernière remarque : Je n’accepte pas de me faire insulter par qui que ce soit et si l’administrateur est débordé et nous fait confiance, cela devrait peser encore plus sur les mots que nous utilisons et les tournures de phrases pour ne pas donner à ce site l’image d’une ruelle mal famée, non éclairée, qui de nuit constitue un coupe gorge pour les riverains eux memes et que donc les passants évitent. Nous voulons au contraire donner une image sereine de ce site qui amène les gens à aimer le fréquenter et avancer des idées même si elles sont farfelues, car le brain storming bien qu’il paraisse très bète est en fait un instrument qui sert de booster à l’intelligence et que beaucoup d’instituts de recherche dans le monde utilisent sans y trouver la moindre ineptie ni le moindre aspect « c… »(ça je ne peux le reproduire totalement, je n’ai pas eu l’éducation qui me donne le courage nécessaire pour le faire, désolé pour toi.




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  • bouyilès
    23 juin 2010 at 18 h 42 min - Reply

    Ce que je constate ces derniers temps c’est la prolifération des grades de professeur.En quantité nous ne manquons pas de professeurs,mais leurs travaux sont inexistants.Aucune production scientifique ou pédagogique.Aucun bénéfice d’un quelconque travail de recherche pour le pays.
    Pourtant ces gens là n’arrêtent pas de voyager à l’étranger avec le pactole devise en poche,en complément de leur salaire qui est pourtant conséquent par rapport aux autres catégories d’enseignants.
    Ce que nous voyons le plus, c’est la course effrenée à la montée en grade et aux diplômes-bidons.
    Efficacité:Zéro sur toute la ligne.
    Classement au niveau mondial:Bons derniers.
    Et le comble des combles:c’est le secteur soit disant le moins pourri du pays.




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  • Mohamed Jabara
    23 juin 2010 at 19 h 31 min - Reply

    @ Bouiyles.

    Exactement ce que je disais: Un peuple ignare mais cultivé à produit une révolution fantastique et une peuple alphabétisé (ça vient d’abêtir)mais sans culture, produit des professeurs en quantité qui professent de courber l’échine et qui se targuent d’être des intellectuels.




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  • Zineb Azouz
    24 juin 2010 at 16 h 08 min - Reply

    Chers amis,

    Je vous avoue que je ne voulais pas trop intervenir sur le sujet, non pas que je ne sois pas concernée, mais surtout et avant tout parce que je pense sincèrement que commenter les notes, les directives, les invectives et les instructions des ministres-à-vie de notre « gouvernement » ne nous est d’aucune utilité.

    Par rapport aux propos de @Tlemcani (je suppose qu’un « ç » a du malencontreusement céder sa place à un « c »), sachez Monsieur, que la fausse radicalité est sœur jumelle d’impolitesse et même si je comprends votre dégoût, voir votre mépris pour ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas dans ce secteur qu’on ose encore qualifier de secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, il n’est pas permis d’affubler d’inepties les propos des autres sans s’appuyer sur un minimum d’arguments.

    En effet, il n’est pas impossible que l’origine de cette note du ministre est la participation d’un enseignant ou plusieurs à un colloque où des thèses du pouvoir et certainement quelques « Thawabits » ont été sérieusement maltraités et pourquoi pas par des opposants ou simplement des chercheurs interdits de cité.

    Me concernant, je pense que d’autres aspects méritent notre attention (En particulier ceux abordés par Monsieur Mohamed Jabara et Monsieur Bouiyles).

    Sans vouloir trop m’attarder sur l’identité du corps enseignant (sujet à propos duquel je me suis déjà exprimée) et dont une large majorité ne rêve que de faire partie du contingent des supplétifs administratifs ou au mieux des scribes du dernier ordre de l’oligarchie, je voudrais juste tenter humblement de recentrer le débat.

    Le pouvoir, s’appuyant sur une division au sein du corps des enseignants, une glorification des titres s’apparentant plus à des mœurs militarisées, une démultiplication des pouvoirs administratifs, une prolifération des postes à responsabilités directs (doyens, directeurs de labos, vice doyens,..) et indirects (chargé de mission, conseiller,..), une intensification des privilèges, une revalorisation conséquente de toutes les tâches administratives, une gestion opaque des budgets, va exploiter au maximum l’APOLITISME de notre élite, l’arrivisme ambiant et la détérioration du pouvoir d’achat pour vassaliser les enseignants qui se verront attribuer des salaires plus qu’acceptables (comparativement aux autres secteurs bien sûr), si et seulement s’ils acceptent d’être dans la proximité de l’administration.

    Le mandarinat par la rétribution croissante des titres et des grades (un terme qui me rappelle étrangement une institution très connue) est ainsi clairement inversement proportionnel à la qualité, à l’intellectualité, et évidemment à l’engagement citoyen.

    Le tourisme scientifique en réalité ne dérange personne, tout comme le plagia, le harcèlement, les sujets d’examens illisibles, les PV triturés, les marchés de gré à gré, les locaux qui tombent ruine à peine quelques mois après réception, les enseignants fournisseurs de matériel, les enseignants Algériens arrêtés, torturés et expulsés d’Egypte, bien avant le match, les boursiers doctorants en sciences humaines expulsés d’Égypte, après le match, les examens annulés, le jour du match et tant d’autres originalités comme celle qui consiste à inviter des professeurs Algériens Ex boursiers (du gouvernement Algérien bien sûr)qui ont préféré rester en Europe et qui se déplacent via des billets dits « prepaid » coûtant en moyenne le double, qui sont reçus dans les meilleurs hôtels avec, assurément un statut de COOPÉRANTS pour venir soit disant donner des conférences et des leçons sur les réformes LMD, sur l’ouverture de l’université au marché économique et, comble de l’ironie, sur le partenariat Franco-Algérien !

    A rappeler bien sûr les dangereuses réformes passées sous silence qu’a connue l’université ou ce qu’il en reste, (et ce, depuis la dernière visite du Bouteflika à Paris) et qui s’intègrent aveuglément et imprudemment au processus de Barcelone (Source d’émeutes et de vives contestations en Europe)
    Ces réformes qui sont à dénoncer haut et fort, commencent bien sûr par la généralisation du fameux système LMD dont le plus insidieux des corollaires est la loi LRU, libertés et responsabilités des universités (dite loi L.R.U. ou loi Pécresse).
    Evidement, faute de gestion démocratique et d’expressions syndicales estudiantines et enseignantes libres et autonomes, encore une fois, toutes les prescriptions sont en train d’être appliquées sans la moindre opposition, comme une lettre à la poste.

    Cordialement, .

    ZA




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  • Yahia Baghli
    24 juin 2010 at 20 h 04 min - Reply

    C’est toujours très instructif de lire les commentaires sur ce site et parfois je dois admettre que c’est même plus intéressant de s’attarder sur les posts que sur l’article en soit, surtout s’agissant d’El Watan qui se garde d’analyser ou d’aller plus loin.

    Que reste il à ce pays, pas d’école, pas d’université, pas d’usines, pas de liberté de la presse…..

    Madame Zineb Azouz, votre analyse est excellente et votre regard toujours politique nous rappelle à chaque fois les dégâts de ce pouvoir pourri et qui ne cesse de recruter partout et dans toutes les couches sociales.

    Depuis le temps que j’ère dans pleins de pays, je ne demande qu’à rentrer et à retrouver un peu d’espoir, mais là chère madame, chers intervenants, je ne suis que découragé de plus en plus.

    Merci à tous.
    Yahia.




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  • Mohamed Jabara
    24 juin 2010 at 21 h 06 min - Reply

    @ Zineb Azzouz.

    Oui, comme on dit chez nous « ana ngoullek C cédille ouenta a3raf kadrek ». 🙂

    @ Tlemçani.

    Juste une dernière remarque au pseudo Tlemçani. Sharif Hussein, si tu t’étais imprégné des vieux topics, à déclaré à maintes reprises sa citoyenneté marocaine et son attachement à la monarchie et donc ce qu’il dit, de son point de vue est tout à fait normal et ne peut en aucun cas être rapproché de mes propos bien que je sois un cousin très éloigné de son roi, je demeure Algérien avant tout. Lire les anciens topics est instructif.




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  • Mohamed Jabara
    24 juin 2010 at 21 h 16 min - Reply

    @ Yahia Baghli.

    Se décourager ne sert en rien l’ALgérie, ni vous même. Puisque la mode sur le site ces derniers temps est aux lettres ouvertes, voici une lettre ouverte que je me suis adressée à moi même et que je partage avec toi ci dessous, peut être te redonnera t elle l’espoir, qui sait, parfois je suis assez convaincant…à l’égard de moi même.

    __________

    Lettre ouverte à moi même.

    Réveille toi, alter égo qui sommeille en moi. Tu m’empêches d’agir . Il y a en moi autant de forces qu’il y a en tout autre. Aucune différence n’existe entre les humains. Je suis de la même terre que les six rebelles qui ont mis à genoux un empire colossal et libéré le peuple de la bannière des autres. Je suis du même cru que mes ancêtres célèbres qui ont gouverné Rome ou qui ont résisté aux royaumes coloniaux des dizaines d’années sur un cheval de guerre.

    Subconscient qui me ligote et brise toutes mes initiatives, tu fais de moi un être docile, soumis et incapable d’agir, réveille toi et fusionnons ensemble pour parvenir à changer le monde car nous en sommes capables.

    Commençons par nourrir la vérité en nous, qu’il faut que cela change, que nous devons changer, que nous devons chasser tout au loin toutes nos peurs et qu’il faut agir pour chasser ce qui au fond de nous nous empêche d’agir et nous entrave toujours.

    Commençons par comprendre que chacun doit se mettre à accepter les autres dans leur diversité comme des égaux en tout, en peurs et en souffrances et en espoirs lointains qu’ils aspirent à atteindre.

    Qui suis je donc pour juger des actes citoyens de ceux qui agissent et dire qu’ils ont tort alors que quant à moi, je ne fais rien, je suis… ou pire, je reste dans l’attente, dans l’expectative d’évènements oniriques.

    Les chaines qui me ligotent sont d’abord en moi même et je dois m’en défaire ou au moins les user avec le peu que je possède des moyens qu’on me laisse, encore un moment.

    Il est vrai qu’un guide sincère et noble facilitera la route, mais le mieux est d’être seul et de pouvoir se mettre en d’autres compagnies aspirant à sortir de l’arène ou ils sont, livrés aux bêtes sauvages, solidaires et unis par la même nuisance qui s’exerce sur eux et dont leur conscience prend acte avec le temps, peu à peu comme un feu qui s’étend dans un champ de blé au moment des moissons.




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  • Samoura
    20 septembre 2010 at 19 h 34 min - Reply

    Le mieux pour la recherche est que chacun se débrouille… En gagnant plus d’argent, le professeur pourra soit voyager et se prendre du bon temps, soit aller aux conférences même sans y être invité, se faire inviter s’il a des choses à proposer.. construire une villa à Dely Ibrahim ou Hydra, peu importe… Mais qu’on arrête le cirque des stages qui permettent à certains de s’enrichir et qui dépriment d’autres qui ne savent même pas à quel saint se vouer!!! Parce que saint, il n’y en a guère!!! Ceux qui bénéficient de bourses, d’une manière régulière, n’ont pas « les moyens dese rapporter des livres »et les demandent à ceux qui les achètent avec leurs économies.. Est-ce des enseignants-chercheurs?? S’il y en a de réels, montrez-les moi? Cela fait plus de 20 ans que je ne les rencontre pas, à Alger, plutôt en Algérie… Eh oui, c ça l’enseignement supérieur taa al batata…




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  • Congrès du Changement Démocratique