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26 July 2017

ORAN : 160 harraga portés disparus

L’Expression, 24 Juin 2010

Des dizaines de familles espèrent retrouver leurs enfants alors que d’autres ont déjà fait leur deuil.

Le phénomène de la harga n’est pas près de s’estomper. Ses conséquences, dont la disparition des candidats à l’eldorado incertain, continuent à alimenter les débats des Oranais. A Oran, quelque 160 candidats, qui ont vainement tenté de rallier l’autre rive de la Méditerranée, sont portés sur les listes des disparus. Leur sort est toujours inconnu depuis leur départ. Les avis sont multiples et divergents.
Des dizaines de familles espèrent retrouver, un jour, leurs enfants tandis que plusieurs autres sont plus que convaincues que les leurs, partis vers d’autres cieux, sont incontestablement dans l’au-delà. En hommage à ces disparus, des prières de l’absent et du mort ont même été observées plusieurs fois dans plusieurs communes et douars. Ces prières ont été motivées par la dégradation de la situation des égarés de la mer, à savoir le repêchage, quasi fréquent, des corps au large des côtes algériennes.
La harga est ce fait qui consiste à braver les dangers de la mer tout en bafouant les mesures radicales mises en oeuvre par les pouvoirs en charge de juguler le phénomène. Ce dernier a connu un recul notable, comparativement aux deux dernières années. Depuis le début de l’année en cours à ce jour, plus de 60 prétendants ont été interceptés pour tentative de quitter illégalement le territoire algérien contre 233 cas recensés en 2009. Dans l’ensemble des enquêtes diligentées, le chômage, le malaise social, le dénuement et l’absence des horizons heureux en sont la cause. Les grands titres écrivent: «Nombreux sont ces harraga qui vivent dans l’indigence totale» expliquant que «cela peut expliquer quelque peu la tendance». Mais, ce paradoxe brouille d’ailleurs, toutes les pistes aux enquêteurs et sociologues.
Comment avancer l’élément de la pauvreté alors que des centaines de ces harraga peuvent s’offrir le luxe des embarcations permettant la traversée sans risque de naufrage ni celui d’être intercepté? «C’est là une question qui ne trouvera jamais de réponse», affirme-t-on. Conscients des tragédies rapportées par les médias, de nombreux candidats sont exigeants en commandant des embarcations solides leur permettant d’atteindre la destination voulue. Là est la première condition qui est posée avant la conclusion de toute transaction. «Ces deux clauses coûtent les yeux de la tête» avance-t-on. Cela dit, le phénomène n’est plus l’apanage exclusif des «gueux» des temps modernes. Car, parmi tant de vagues de harraga interceptés figurent des universitaires, des hommes, jeunes et même des femmes issues de familles de très bonnes conditions sociales.
Pour leur part, les services de l’action sociale sont sur le qui-vive permanent en quête d’une petite information sur les personnes vulnérables en vue de leur sensibilisation et pourquoi pas, les prendre en charge socialement par des actions dégagées par les pouvoirs publics au profit des harraga. Plusieurs dizaines de dossiers, pour constitution de petites entreprises, sont à l’étude alors qu’une soixantaine d’ex-harraga ont été casés dans plusieurs secteurs.

Ait Ouakli WAHIB


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5 Commentaires sur cet article

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  • khaled
    26 juin 2010 at 20 h 06 min - Reply

    C’est a eux et autres candidats qu’il nous faut occuper le terrain.

    Ou sont nos hommes, ou êtes vous algériens…..160 algériens qui périssent comme cela et notre président se pavoise a l’étranger.

    Et aussi aucun commentaire des habitues de ce site… je suis ecoeuré….

    Allah Yarhamhoum




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  • Ammisaid
    27 juin 2010 at 8 h 45 min - Reply

    Chèr frère khaled,
    La mort rode chez nous. Elle est la raison d’être de ce pouvoir assassin. Mourir est devenu une libération pour certains de nos frères et soeurs. Nous naissons dans une tombe, nous vivons dans une tombe et ensuite nous mourrons et certains ne seront même pas assurés d’être enterrés dignement mon frère. Ils ont rendu l’Algérie tel un cimetière, tu le sais, tous et toutes nous le savons. Il faut le ciel pour écrire et dénoncer tous ce qu’ils nous font et font à l’Algérie. C’est terrible mon frère. Ce qui n’est pas visible, qui n’est pas connu…est mille fois pire que les informations dont nous avons connaissance. Ni honte, ni pitié chez eux. Nous ne pourrons pas les arrêter tant que nous resterons divisés. Divisés par les futilités et les détails comme tu le sais.
    Soyons tolérants les uns envers les autres dans toutes les situations. Celui qui est éveillé et réveillé à l’obligation d’éveiller et de réveiller celui qui est égaré ou endormi. Seule voie de salut à nous tous et toutes
    Fraternellement




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  • bouyilès
    27 juin 2010 at 19 h 08 min - Reply

    Vous les aliénés,où est donc votre raison?
    Pour vous les aliénés,
    Moi aussi j’en perds la mienne.
    Nous qui implorons le Misericordieux
    de nous préserver de ces choses aussi insensées,
    Nous qui n’arrêtons pas de nous questionner
    sur des pratiques aussi incompréhensibles
    Nous sommes tout de même arrivés à vivre
    ces situations aberrantes où autant de jeunes refusent cette chose sacrée qu’est la vie.
    Ces jeunes qui se sont embarqués dans des galères voguant à travers mers vers l’inconnu.
    Depuis quand n’a-t-on reçu de leurs nouvelles?
    Depuis quand ne se sont-ils pas manifestés?
    Mais le retour des vagues et là,avec son cruel chargement.
    Le retour des cadavres par vagues …
    http://www.youtube.com/watch?v=GBEnHwm7rSs&feature=player_embedded




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  • khaled
    30 juin 2010 at 18 h 48 min - Reply

    Merci frere Ammisaid pour votre intervention.




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  • rachid kendouci
    21 avril 2011 at 12 h 17 min - Reply

    j’ai un cousin a moi il s’apel mohamed kendouci il est disparu depuis la date du 12 avril 2010 je veut une rèponse




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  • Congrès du Changement Démocratique