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25 July 2017

Lahouari ADDI : L’Algérie me donne toujours une impression d’opportunités manquées et d’occasions ratées.

Interview exclusive de Lahouari ADDI au Quotidien d’Algérie

Question : Tu as donné une conférence à l’Université Mouloud Mammeri à Tizi-Ouzou sur l’écriture de l’histoire en Algérie. Par qui cette conférence a été organisée ?

Réponse : J’ai été invité par une organisation d’étudiants à qui j’avais promis de venir à l’Université Mouloud Mammeri. Je suis parti à Alger pour une soutenance de thèse en économie à l’Institut National de Planification et de Statistique où j’ai été membre du jury. Je profite de l’occasion pour dire que, malgré l’état dans lequel est l’université algérienne, il y a encore quelques thèses de haut niveau qui sont soutenues.

Question : Quelle a été ton impression sur le pays, les gens, la société, la vie quotidienne…

Réponse : Deux éléments attirent l’attention quand on est en Algérie : la volonté de vivre des jeunes, et la cherté de la vie. Pour le reste, l’Etat est défaillant dans la gestion des espaces publics. L’Algérie me donne toujours une impression d’opportunités manquées et d’occasions ratées. Il y a un dynamisme qui ne trouve pas d’élite pour être canalisée. Il est vrai que le régime a mis en place une organisation, le DRS, héritée du MALG, dont la mission est d’empêcher l’émergence d’une élite indépendante du pouvoir exécutif. Il faut cependant garder l’espoir et une prise de conscience générale est toujours possible.

Question : Qu’as-tu dit, en résumé, aux étudiants à Tizi-Ouzou ?

Réponse : Je voudrais d’abord dire que j’ai été frappé par la chaleur de l’accueil que j’ai reçu de la part des étudiants. Beaucoup d’entre eux ont lu mes livres de sociologie, pourtant non disponibles sur le marché national, et m’ont posé des questions nombreuses sur la société algérienne et sur les sciences sociales. Ils m’ont écouté attentivement pendant la conférence et, durant le débat, ils m’ont assailli de questions. La conférence, débat compris, a duré près de cinq heures ! Le texte de la conférence a été publié par Le Soir d’Algérie du 28 juin et je n’y reviens pas. Durant le débat, j’ai essayé de faire passer deux messages. Le premier est que, si l’Algérie veut construire un ordre politique moderne, il faut impérativement que les Algériens s’entendent sur un postulat de base qui ne doit souffrir aucune exception : la valeur suprême dans la société est la vie humaine. On ne fait pas de politique en sacrifiant des vies humaines. Pour respecter ce postulat, et c’est le deuxième message, il faut trois conditions : 1. Le monopole de la violence doit appartenir à l’Etat ; 2. Ce monopole doit être exercé par les agents de l’Etat dans le cadre de la loi ; 3. La loi doit être faite par une Assemblée Nationale représentative.

Question : Est-ce qu’il a été question du MAK dans le débat ?

Réponse : D’après les interventions de la salle, j’avais compris qu’il y avait toutes les sensibilités politiques parmi les étudiants : FFS, RCD, MAK, et autres… J’ai essayé de montrer que le projet du MAK n’a pas de perspectives politiques et que son anti-arabité ne mène nulle part. La séparation de la Kabylie comme Etat-nation distinct de l’Algérie n’a pas de sens et est inconcevable parce que la Kabylie est au cœur du nationalisme algérien depuis au moins la révolte de Mokrani de 1871. Ceci dit, le MAK a le droit d’exister légalement, à condition qu’il ne verse pas dans le discours haineux et n’appelle pas à la violence. Il n’a qu’à présenter son projet aux Kabyles et c’est à ces derniers de décider sous la forme d’un référendum. Je n’ai aucun doute que la majorité des habitants de la Kabylie est attachée à l’unité nationale, souhaitant même l’abolition des frontières avec le Maroc et la Tunisie sur le modèle de l’Union Européenne.

Question : Je suppose qu’il a été question aussi de la polémique suscitée par le livre de Said Sadi.

Réponse : La conférence portait sur l’écriture de l’histoire et j’ai cherché à donner mon point de vue à Tizi-Ouzou parce que j’étais gêné par la tournure pro et anti-kabyle que prenait la polémique dans les journaux. Il fallait « dékabyliser » le débat et le centrer dans son cadre politique et théorique. Dans les journaux, la polémique glissait vers une tournure dangereuse : Boussouf l’arabe a trahi Amirouche le Kabyle. Nos grands-parents et nos parents, malgré l’ethnocentrisme de la société rurale traditionnelle, ne nous ont pas légués l’hostilité entre berbérophones et arabophones. Il est de la responsabilité de notre génération de ne pas transmettre à nos enfants la haine entre groupes sociaux. Il y a des problèmes politiques liés à l’autoritarisme, aux limites idéologiques du nationalisme algérien et à l’absence de démocratie, et il ne faut pas ethniciser les divergences et oppositions.

Pour revenir à l’ouvrage de Said Sadi, il a le droit d’écrire un essai d’histoire où il donne son interprétation du passé. Il a occupé un vide, et on ne peut lui en faire le reproche. Je ferais néanmoins une remarque car Said Sadi est un homme politique. Je pense que sa démarche n’est pas cohérente dans la mesure où, d’un côté, il critique le MALG – et en cela il a tout à fait raison – et d’un autre côté, il a soutenu le néo-malg, le pouvoir réel, quand il a annulé les élections de janvier 1992. Il a condamné le coup d’Etat de 1962 mais a soutenu celui de janvier 1992 ! S’il répond que l’armée a sauvé la République en 1992, il doit accepter l’idée que le MALG a sauvé la révolution. Un homme politique doit être cohérent pour être crédible. Il dira qu’il critique le régime, mais en fait il s’en prend surtout au pouvoir formel alors que tout le monde sait que Bouteflika n’a aucune autorité. Un ami à Oran me disait : Said Sadi critique le pouvoir formel qui est de l’Ouest et oublie le pouvoir réel qui est de l’Est. La réponse du berger à la bergère.

Question : Quel est ton point de vue sur la langue berbère ?

Réponse : Le problème de la langue berbère ne se pose que dans le cadre de la formation de l’Etat-nation jacobin unitaire et homogénéisant. Dans le Maghreb d’avant la colonisation, la pratique du berbère ne posait aucun problème. Je pense que la langue berbère doit être officialisée et enseignée dans les régions berbérophones. Elle n’est pas en concurrence avec la langue arabe, qui est celle de toute la nation. Si la langue berbère disparaît, nous aurons commis un génocide culturel contre nous-mêmes.

Question : Tu as écrit récemment dans Le Quotidien d’Oran que l’arabité en Algérie a un fondement berbère. Peux-tu expliquer ?

Réponse : L’identité est une construction sociale et historique. Nous sommes ce que l’histoire a fait de nous et nous créons notre propre identité. L’arabité en Algérie n’est pas une identité importée du Moyen-Orient. Elle est une synthèse entre la culture berbère et la langue arabe et l’islam. Les anthropologues ont parlé de l’islam maghrébin comme étant un islam berbérisé. Les peuples ont leurs propres spécificités culturelles qui s’adaptent, s’enrichissent mais ne disparaissent pas. L’identité n’est pas une substance ou une essence éternelle. C’est une construction en perpétuel devenir. L’erreur du berbérisme, et de l’arabisme aussi, est de croire que l’identité est formée définitivement et une fois pour toute.


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26 Commentaires sur cet article

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  • sofiane
    30 juin 2010 at 12 h 44 min - Reply

    merci monsieur Lahouari ADDI




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  • el-amel
    30 juin 2010 at 13 h 13 min - Reply

    said saadi a une fonction et qu’il maitrise bien, celle de brouiller les cartes pour servir le régime. c’est le politicien qui s’est trompé de peuple, voilà le retour du psychiatre qui veut laver les cerveaux en fabriquant une mémoire pour l’oubli.




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  • AMOKRANE NOURDINE
    30 juin 2010 at 19 h 24 min - Reply

    ENFIN DE LA LECTURE MERCI DE NOUS RAPPORTER CETTE INTERVIEW JE CROIS QUE LE PROFESSEUR ZINEB AZOUZ L’AVAIT DEMANDEE




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  • Salay
    1 juillet 2010 at 0 h 36 min - Reply

    Boussouf vu de Cirta, actuelle Constantine, est un kabyle Tsètsè comme tous les habitants de la Kabylie des Babors. Il est arabophone mais non arabe.
    @AMOKRANE NORDINE. La conférence de Addi Lahouari a été publié dans le Soir d’Algérie. Ici on a eu droit à une interview.




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  • radjef said
    1 juillet 2010 at 10 h 17 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Le pouvoir agit comme si les algeriennes et les algeriens n’ont pas besoin de comprendre le cours des evenements, de savoir la verité. Le pouvoir interdit aux algeriens de reflechir et de penser, en leur faisant croire que le bonheur se trouve seulement dans le confort economique et social ou dans la violence et la corruption.
    Un demi siecle apres, et je vous l’avez dit à Tizi, on connait peu de choses sur la preparation du 1er novembre. Qui a redigé la proclamation du 1er novembre? Pourquoi la Kabylie n’a t-elle rejoint le CRUA que quelques semaines avant le 1er novembre? Pourquoi Amirouche a t-il été renvoyé par les militants nationalistes de Paris en 1955? Quelles étaient les relations entre Amirouche et les deux dirigeants de la cause independantiste Krim et Abbane? Pourquoi Sadek Hadjres n’a pas réagi au livre de Saadi ou seule une partie de la vie de Amirouche est evoquée superficiellement?




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  • Sid Hamidou
    2 juillet 2010 at 9 h 37 min - Reply

    Voilà l’un des intellectuels algériens les plus cohérents, les plus courageux et les plus lucides. Il ne s’inscrit dans aucune chapelle politique et, contrairement à la majorité des intellectuels algériens autoproclamés et autobrevetés – qui estiment qu’on est élevé au rang d’intellectuel dès lors qu’on détient un diplôme supérieur, qu’on publie un articulet de presse ou un livre ou encore qu’on enseigne à l’université – ne suit pas la meute et ne court guère pour l’obtention d’un quelconque titre, médaille ou strapontin au sein du gouvernement, à l’instar de nos intellectuels organiques, dixit Gramsci. Pour cela, il lui eut fallu se taire ou alors flairer la direction des alizées et encenser l’homme fort du moment comme il lui a été un jour suggéré par un ponte du régime. Addi, que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans les années 1990 au Canada alors qu’il était visiting lecturer à la prestigieuse Princeton University, est principalement soucieux d’intrepréter la société algérienne en s’assurant de respecter les balises de ce qu’on appelle communément la « neutralité axiologique », chère à l’espistémologie wéberienne, et en évitant de tomber sous la juridiction de répertoires normatifs. Cela ne signifie pas pour autant qu’il en est otage, car homme et citoyen, il ne tombe pas pour autant dans le positivisme béat, rejetant d’emblée le jugement de valeur parce que ne constituant pas une catégorie savante. En cela, il ne fait certainement pas de cette catégorie de sociologues que le philosophe Léo Strauss admonestait dans une de ses saillies acerbes en les comparant à « Néron jouant de la lyre pendant que Rome brûle ».
    Bonne continuation Lahouari !




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  • ALI
    2 juillet 2010 at 15 h 33 min - Reply

    Toujours egal à lui même , le Pr nous a encore une regalé dans cette interview. utilisant le mot et l’argument justes,il n’a jamais cherché à fuir ou à eviter une question. Je suis etonné de ne pas lire plus de comments , alors que des sujets autement mois « importants » font l’objet d’un flot de commentaires. Bizzarre non?
    En tout cas merci à L’ADM d’avoir permis aux lecteurs du LQA d’avoir le point de vue Pr ADDI sur un certain nombre de sujets traités ici dont le livre de SAID SAADIsur le colonel Amirouche.




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  • khaled
    2 juillet 2010 at 18 h 59 min - Reply

    Que de simplicité avec une grande profondeur….Une présentation que le commun des mortels peut comprendre.

    Mr. Addi est un vrai intellectuel, il utilise des mots simples pour nous faire comprendre ses idées.

    J’ai vraiment aimé cette citation:

    si l’Algérie veut construire un ordre politique moderne, il faut impérativement que les Algériens s’entendent sur un postulat de base qui ne doit souffrir aucune exception : la valeur suprême dans la société est la vie humaine. On ne fait pas de politique en sacrifiant des vies humaines

    1. Le monopole de la violence doit appartenir à l’Etat ;
    2. Ce monopole doit être exercé par les agents de l’Etat dans le cadre de la loi ;
    3. La loi doit être faite par une Assemblée Nationale représentative.

    Amicalement
    Khaled




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  • liberté
    7 juillet 2010 at 15 h 59 min - Reply

    Voici la réaction du DRS du général Tewfik Mediene au Professeur Lahouari ADDI:

    Contribution : 3 et 5 juillet : la manipulation fatale

    Par Nordine Aït-Hamouda

    Le 3 juillet, jour effectif de notre indépendance, le colonel Mohand ou Lhadj plantait le drapeau algérien à Sidi-Ferruch, sur les lieux mêmes où débarqua l’armée coloniale qui allait mettre entre parenthèses le destin algérien pendant 132 ans. Par la suite, Ben Bella décida que la date officielle de notre libération devait être décalée au 5 juillet, reportant du même coup l’accomplissement de la souveraineté algérienne.
    Depuis, le pays survit entre les coups d’Etat, les scandales financiers, les révoltes avortées et le désespoir de la jeunesse. 48 ans après, presque jour pour jour, j’aperçus en face de l’Assemblée nationale un père qui menaçait de se jeter dans le vide quarante mètres plus bas avec ses trois enfants. Ancien policier, il était sans emploi ni logement. J’ai dû ruser pour pouvoir l’approcher, le ramener à la raison avant de l’accompagner dans des démarches qui lui permettraient de retrouver un semblant de dignité. Maintenant que les désillusions footballistiques nous ramènent à la réalité, nous pouvons retrouver notre quotidien avec ses amertumes, ses égarements et ses lâchetés. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un évènement vienne nous rappeler notre malédiction. En quelques jours, j’ai pu lire le courrier d’un citoyen anonyme dans El Watan, un communiqué du président de l’Association des anciens condamnés à mort, l’interview de monsieur Mahsas dans Echchourouk, une contribution d’un ancien trotskyste dans le Quotidien d’Oran et, pour boucler la boucle, deux interventions de M. Addi Lahouari, l’une publiée par le Soir d’Algérie et l’autre par un quotidien électronique ( le Quotidien d’Algérie). Ces positions illustrent, chacune à sa manière, la crise qui nous paralyse depuis un demi-siècle. Injurieuses pour certaines, révisionnistes pour d’autres, malsaines pour toutes, ces sorties n’ont ni ému, ni inquiété les gardiens du temple qui ont trouvé énergie, solidarité et colère pour appeler au lynchage de Saïd Sadi après la sortie de son livre sur Amirouche.
    La diabolisation et la rente
    Le citoyen anonyme reprend le slogan du MALG : tout Algérien issu de la Kabylie ne peut être qu’un dangereux régionaliste s’il ne maquille pas son origine. Le président de l’Association des condamnés à mort, M. Mostefa Boudina, monte au créneau pour nous apprendre que le pays est toujours sous la menace des ennemis du peuple, que l’Histoire a ses propriétaires et qu’il faut faire front contre les périls qui pèsent sur l’Algérie maintenant que «la nation a atteint sa vitesse de croisière» en matière de développement. Je connais bien M. Boudina. Ne voulant pas tomber dans le piège de la polémique primaire dans laquelle il veut nous entraîner, je lui épargnerai certains détails de son parcours qui lui ont permis de traverser toutes les turbulences de la politique algérienne depuis 1962. Je lui rappellerai seulement que dans les années 1980, mouhafedh, il pourfendait en Kabylie les opposants «alliés de l’impérialisme» qui attaquaient un Etat fragilisé. Il hurlait avec les maîtres d’alors pour exiger le silence de tous. Maintenant que le pays est, selon lui, en pleine croissance, il faut aussi se taire pour jouir de la prospérité ramenée par celui qui a fait de lui un membre du Conseil de la nation. En fait, la croissance concerne les comptes en banque de monsieur Boudina et de ses amis. Car ni les anciens condamnés à mort ni leurs enfants n’ont trouvé son écoute ou son soutien. Je l’informe que le fils de Saïd Babouche, le deuxième militant exécuté par la France coloniale, après le chahid Zabana, est décédé dans le plus grand dénuement il y a seulement un mois sans que le président de l’Association des condamnés à mort ait daigné adresser le moindre message à la famille. Il est vrai que Nacer Babouche n’avait pas su se mettre du côté de ceux qui savent profiter de «la vitesse de croisière» puisqu’il était avec nous en prison en 1985 lorsque nous avions créé la Ligue des droits de l’homme. Pour monsieur Boudina, même pour les condamnés à mort, il y a un premier et un deuxième collège. Monsieur Mahsas, pour sa part, reste fidèle à lui-même. Depuis 1955, il passe son temps à intriguer, insulter les héros martyrs et à assouvir ses haines. Abane, qui l’accusait, avec de bonnes raisons, d’être un danger ambulant pendant la guerre, est traîné dans la boue. Mahsas, qui fut arrêté et emprisonné en 1957 pour opposition aux résolutions et aux organes issus du congrès de la Soummam, c’est-à-dire de la Révolution algérienne, n’avait dû son salut qu’à l’intervention des services secrets tunisiens qui l’ont libéré et envoyé en RFA où il coula des jours paisibles jusqu’à l’indépendance, quand Ben Bella arriva dans les bagages de l’armée des frontières. Boumediène, qui l’avait longtemps pourchassé, se voit malgré tout salué comme un homme «innocent du sang d’Amirouche». Il y a toujours des priorités dans la vie. Les séquestrations des restes du colonel de la Wilaya III et de son collègue de la Wilaya VI sont passées par pertes et profits. M. Mehsas, incorrigible bricoleur politique, estime que les deux officiers n’ont eu que ce qu’ils méritaient. La séquestration est même implicitement assumée comme une sanction légitime. J’ai longuement hésité avant de rendre publiques les révélations d’un agent secret espagnol qui a bien connu M. Mahsas quand il était ministre de l’agriculture au lendemain de l’indépendance. Mais puisque M. Mahsas ne veut pas sortir des égouts autant l’y suivre un moment. A la page 173 du livre intitulé Cygne, mémoires d’un agent secret publié par les éditions Grasset en 1976, Gonzales Malta raconte comment «le ministre malhonnête» a détourné un million et demi de dollars qui devait servir à payer 150 000 moutons achetés par l’Algérie. Il fit payer les Espagnols par l’orge donné par les États-Unis au peuple algérien et «le million et demi de dollars était alors passé sur un deuxième compte, personnel cette fois, qui appartenait au ministre algérien », écrit l’agent espagnol. Evidemment, le compte en question a été ouvert en Suisse. Pour le reste des détails montrant la moralité du personnage qui enregistrait dans des situations délicates certains membres du gouvernement, je renvoie le lecteur au livre sus-cité. Cela fait 34 ans que ce récit a été publié, M. Mahsas n’a toujours pas daigné déposer plainte pour diffamation. Comment un homme qui a commis tant de crimes et qui s’est même mis au service d’une puissance étrangère pendant la guerre de libération, ose-t-il continuer à déblatérer en toute impunité sans que les instances supposées veiller à la protection de la mémoire des martyrs et la dignité de la nation ne pipent mot ?
    Le révisionnisme se dévoile
    Quant au nostalgique du MNA, qui invite les Algériens, à la veille de la commémoration de l’indépendance, à accorder à Messali le statut que les Sud- Africains reconnaissent à Mandéla, il a peut-être raison de se poser en dépositaire d’une mémoire algérienne vacante ou abandonnée à la manipulation. Les milliers de militants du FLN tombés en France et en Algérie sous les ordres de Messali et les balles de son chef militaire Bellounis sont des fantômes qu’il faut savoir oublier. Ni les Kafi, ni le MALG ou tous ceux qui ont déversé leur bile sur Saïd Sadi ne semblent inquiets ou offusqués par ces trahisons, ces impostures et ces amalgames. L’alerte de M. Si Ouali Aït Ahmed, ancien officier de l’ALN, publiée récemment dans le Soir d’Algérie, interpellant ses collègues quant aux risques qu’il y avait à démissionner devant ces agressions contre les symboles de la nation, résonne comme la voix d’un juste dans un monde gagné par la compromission et la lâcheté. Mais dans toute cette descente aux enfers, le signal le plus désolant et le plus inquiétant pour la nation est donné par l’universitaire Addi Lahouari. Les Algériens ont lu, dans le Soir d’Algérie, le texte de la conférence qu’il avait donnée à Tizi- Ouzou il y a trois semaines de cela. Il y déclara que «Saïd Sadi a délégitimé le pouvoir en écrivant un essai sur l’histoire» ; essai dont il avait salué la publication, ajoutant que le pouvoir «a été incapable de se défendre». On ne sait s’il a été «sensibilisé» depuis par son clan mais, le naturel revenant toujours au galop, il commet une interview dans un quotidien électronique où je laisse le lecteur apprécier la qualité intellectuelle et la rigueur morale de l’universitaire. Je cite M. Addi : «J’ai cherché à donner mon point de vue à Tizi-Ouzou parce que j’étais gêné par la tournure pro et anti kabyle que prenait la polémique dans les journaux. Il fallait “dékabyliser” le débat et le centrer dans son cadre politique et théorique…. Il est de la responsabilité de notre génération de ne pas transmettre à nos enfants la haine entre groupes sociaux. Pour revenir à l’ouvrage de Saïd Sadi, il a le droit d’écrire un essai d’histoire. Je ferai néanmoins une remarque car Saïd Sadi est un homme politique. Je pense que sa démarche n’est pas cohérente dans la mesure où, d’un côté il critique le MALG et, en cela, il a tout à fait raison et, d’un autre côté, il a soutenu le néo MALG, le pouvoir réel, quand il a annulé les élections de janvier 1992. Il a condamné le coup d’Etat de 1962 mais a soutenu celui de janvier 1992 ! S’il répond que l’armée a sauvé la République en 1992, il doit accepter l’idée que le MALG a sauvé la révolution. Un homme politique doit être cohérent pour être crédible. Il dira qu’il critique le régime, mais en fait, il s’en prend surtout au pouvoir formel, alors que tout le monde sait que Bouteflika n’a aucune autorité. Un ami à Oran me disait : Saïd Sadi critique le pouvoir formel qui est de l’ouest et oublie le pouvoir réel qui est de l’est.» M. Addi qui demande de la cohérence au militant Saïd Sadi ne s’embarrasse pas de logique en ce qui le concerne. Il refuse que l’on ethnicise le champ politique mais endosse la lecture de son ami oranais qui déplore que le pouvoir formel soit à l’ouest alors que le pouvoir réel est à l’est. On ne voit pas pourquoi le pouvoir, réel, formel ou même virtuel devrait, par principe, être de l’ouest, de l’est, du nord ou du sud. A suivre M. Addi, il suffirait d’inverser la formule pour qu’il y trouve son compte, les problèmes de l’Algérie, otage d’un pouvoir pendulaire, peuvent attendre.
    Notre universitaire veut sortir le débat politique des complicités régionales mais absout Bouteflika et ne semble pas gêné par la tribalisation des institutions qui s’accompagne d’un dangereux rejet de l’ouest où, ayant vécu mon enfance pendant la guerre de libération, j’avais trouvé aide et amitié quand cette partie de notre pays s’exprimait par des voix autres que celles de M. Addi et consorts. Enfin, il reproche à Saïd Sadi de ne pas avoir adhéré à sa «régression féconde» qui allait accoucher d’un ordre politique dont il a pris soin de se protéger en désertant le pays pendant toute la période où celui-ci menaçait de se réaliser. Après les manipulations qui ont suivi l’assassinat de mon ami Matoub, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de voir comment des cadres algériens ayant fui le pays ont retourné leur veste du jour au lendemain pour se mettre en phase avec ceux qui nous expliquaient que nous n’étions pas mûrs pour la démocratie. Le discours préparé dans les cercles d’une certaine gauche française fut ingurgité par des indigènes comme M. Addi qui devaient apprendre la chanson du «qui-tue-qui ?» pour mériter quelques vacations dans certaines facultés ou quelques piges dans la presse au prix du reniement des valeurs de Novembre et de la Soummam.
    L’ivresse de l’arrogance
    Pour M. Addi, toutes les interventions remettant en cause une légalité formelle, pour reprendre son expression, seraient identiques et participeraient toujours d’une démarche putschiste : les acteurs de Novembre seraient des putschistes, et à le suivre, il en serait de même pour Mandela, de Gaule en 1940… Voilà où en sont certains universitaires algériens aujourd’hui. Ce que sait M. Addi et qu’il préfère taire, c’est que des pans entiers de l’armée et la plupart des institutions avaient fait allégeance aux «chouyoukh». C’est la levée en masse des forces républicaines auxquelles il s’est opposé qui ont empêché un basculement qui aurait irrémédiablement mené au naufrage du pays et à l’enterrement définitif du projet de la Soummam. Aujourd’hui que des «naïfs» ont provisoirement sauvé l’Algérie, M. Addi daigne nous rendre visite pour nous donner des leçons de crédibilité et de courage. C’est indigne. Ce n’est plus l’universitaire qui parle mais un «romain» de Sant’Egidio, c’est-à-dire un acteur politique qui, au lieu de s’excuser pour sa désertion et sa félonie, se rappelle à nous pour faire dévier l’histoire et, pourquoi pas, se placer après que d’autres, toujours les mêmes, eurent dénoncé des crimes commis au nom du peuple et qu’il s’est bien gardé d’aborder auparavant. Comme le MALG, M. Addi saisit l’occasion d’un livre écrit sur Amirouche pour attaquer un responsable politique défendant un projet opposé au sien. Pour lui, cela est honnête et cohérent. Si M. Addi s’est invité à nouveau à ce débat dans la presse nationale avec un tel parti-pris, c’est qu’il compte peser dans un domaine qu’il devine important pour la redéfinition de la scène politique. On peut imaginer que M. Addi, en mal de notoriété, ne va pas lâcher sa proie facilement, comptant sur l’usure, le découragement et la censure qui brident les Algériens pour réintroduire ses thèses qui ont scandalisé en leur temps ceux qui sont restés se battre pour l’honneur et la liberté de notre pays. Tant mieux, cela permettra d’éclairer les positions politiques des uns et des autres et, dans ce combat, nous serons toujours prêts pour rétablir la vérité des faits. L’impudeur de M. Addi est un signe important de la crise politique et morale qui frappe l’Algérie. Dans des situations similaires, des gens coupables de ses méfaits fuient, se cachent, se taisent ou, du moins, s’excusent. En Algérie, la confusion qui brouille tous les repères et les protections claniques permettent à la trahison de s’exprimer de façon éhontée. Pourtant, notre histoire devrait vous instruire M. Addi. A la veille du 1er Novembre 1954, des hommes de votre acabit, croyant que le peuple algérien était exclu de l’histoire, manifestaient la même arrogance. On ne peut pas attendre du MALG, qui porte un héritage politique fait de violence et d’échecs, d’être lucide. Il est vain de demander à des personnes comme MM. Boudina ou Mahsas de croire en une vie publique contrôlée par les citoyens. Un vieux trotskiste refuse, par définition, la réalité. Mais pourquoi un universitaire défend-il des idées auxquelles il ne croit pas ? Pourquoi tient-il un discours en Kabylie et avant de soutenir son contraire dans un site Internet moins d’une semaine plus tard ? Pourquoi assume-t-il un pouvoir pour la seule raison qu’il est confisqué par les gens de sa région, un demi-siècle après l’indépendance ? Pourquoi ce dédain laisse-t- il indifférent ? Voilà un vrai problème dans l’Algérie de 2010. M. Addi, les héritiers du MALG, MM. Boudina et Mahsas, qui veulent refaire notre histoire, sont des séquelles d’une mémoire blessée mais en cherchant à brouiller les cartes de la décennie rouge, vous vous essayez, vous aussi, au révisionnisme. Vous êtes plus dangereux car, en vous abritant derrière l’université pour désinformer, vous menacez l’avenir.
    Mauvaise conscience
    Quand je pense que des personnes de ce genre enseignent et décident de l’avenir de nos étudiants, je suis inquiet. Non seulement ces élites ne jouent pas leur rôle dans les luttes démocratiques mais elles sont souvent les premières à attaquer ceux qui ont refusé d’abdiquer. M. Addi, vous avez à peu près le même âge que Saïd Sadi. Pendant que vous construisiez votre carrière à l’ombre du parti unique, il a mené, au péril de sa vie et de sa liberté, tous les combats que des universitaires comme vous deviez porter. Les droits de l’homme, la question identitaire, la laïcité, le statut de la femme, la régionalisation… ont été adaptés à notre histoire et inscrits dans le débat national par Saïd Sadi et ceux, bien rares, qui ont accepté de l’accompagner. Avec un certain nombre d’amis, nous avons longtemps essayé de savoir pourquoi des hommes comme vous s’acharnent contre ces acteurs. Nous avons fini par comprendre. Vous êtes trop vaniteux pour assumer une démission que vous voulez maquiller en essayant de salir ceux qui ont agi au moment où vous vous cachiez. Saïd Sadi et ceux qui se réclament de son combat sont votre mauvaise conscience. A la veille de la commémoration de notre indépendance, des anonymes bannissent des citoyens au motif qu’ils sont originaires de Kabylie, un aventurier «en vitesse de croisière» sermonne, au nom du peuple, un responsable qui dénonce un crime symbolique, un «ministre malhonnête» insulte Abane, un messaliste étranger nous fait la leçon du patriotisme et un universitaire renégat s’affiche comme arbitre de la conscience nationale.
    L’espoir
    Tous les intellectuels, heureusement, ne sont pas frappés par votre cynisme. J’ai vu, dans l’émigration, des Algériens, universitaires, fonctionnaires, journalistes ou autres qui ont fui la barbarie vivre dans la pauvreté et la dignité au moment où vous viriez votre cuti pour être dans l’air du temps. Il y a deux mois de cela, des universitaires de Constantine ont organisé un colloque sur Amirouche. Ils m’y ont invité ainsi que Saïd Sadi. N’ayant pas pu participer à leur rencontre, un des initiateurs hospitalo-universitaire eut l’amabilité de m’envoyer une figurine célébrant l’évènement. J’en fus sincèrement ému. Il a adressé à Saïd Sadi un de ses ouvrages de médecine. Je ne résiste pas à l’envie de vous rapporter une partie de sa dédicace. «Au docteur Saïd Sadi. Pour le combat citoyen que vous menez… En vous écoutant de temps en temps, j’ai comme l’impression que vous dites à certains : je comprends votre lâcheté, respectez au moins mon courage. Merci pour ce que vous faites pour notre chère Algérie.» Je remercie du fond du cœur les universitaires comme ceux de Constantine qui activent pour leur pays dans l’anonymat et les anciens maquisards qui ont trouvé la force de s’exprimer librement et dignement dans un débat qui a failli être détourné, une fois de plus, par ceux qui ont séquestré les martyrs et endeuillé la nation. Leur action éclaire malgré tout notre quotidien dans ce 48e anniversaire d’une indépendance confisquée. Au lieu de protéger notre histoire en organisant des débats libres et contradictoires en vue de laisser la jeunesse algérienne découvrir la vérité et le rôle de chaque acteur afin de lui permettre de se construire dans la clarté, le pouvoir confisque notre passé pour renforcer ses privilèges et multiplier ses sectes. On vient d’annoncer officiellement que la commémoration de l’indépendance devait se faire sous le haut patronage du chef de l’Etat. C’est la kermesse. Y a-t-il meilleur aveu des dirigeants algériens pour nous dire que l’histoire nationale est une foire où les plus malins savent se servir ? Tout cela se passe dans le pays des hommes de Novembre et de la Soummam.
    N. A.-H.
    * Député RCD.

    Source de cet article :

    http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/07/07/article.php?sid=102623&cid=41




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  • F. Smaïl
    7 juillet 2010 at 16 h 19 min - Reply

    @Liberté,
    Bravo, c’est exactement le titre qui convient au torchon commis par le nommé Aït Hammouda.
    Je connais très bien cet individu car il était avec moi au lycée El Mokrani dans les années 60. Perturbateur, très médiocre élève, violent envers nous et nos surveillants et enseignants, il fut exclu du lycée par notre proviseur, le regretté Lazib Mohamed Tahar, un Homme connu pour sa droiture. Il était alors en 4e. Comment cet individu a pu écrire une lettre pareille ? Il y a des gens au sein du système qui continuent à nous prendre pour des idiots.
    Un seul mot à cet individu « sauveur de la République » : FAKOU. Echaab aftane.
    Ce n’est plus ce peuple des années 90 que vous avez trompé avec vos idées criminelles éradicatrices. Et ne jouez surtout pas avec la mémoire de votre glorieux père.




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  • Ali El Akel
    7 juillet 2010 at 20 h 44 min - Reply

    Merci Mr Addi pour toutes vos interventions. Elles éclairent d’une façon académique la dynamique de changement de notre cher pays. Bravo pour avoir sue résumer en quelque points ce qu’il pourrait être les fondements d’une ‘deuxième république algérienne ‘.
    – la valeur suprême dans la société est la vie humaine.
    – Le monopole de la violence doit appartenir à l’Etat ;
    – Ce monopole doit être exercé par les agents de l’Etat dans le cadre de la loi ;
    – La loi doit être faite par une Assemblée Nationale représentative.
    Ne dit on pas que les plus grand idées sont des idées simples.
    Il n’y a pas d’autres issues pour notre Algérie et l’aisance financière de ces dernières années à montrer que le problème était éminemment politique. Au Algériens sincères, dans le « système » ou en dehors, de travailler à concrétiser ces fondements a même de laisser aux générations futures une société juste. La prospérité alors, y découlera de source.
    Quant au critiques de Noredine Ait Hamouda comme d ailleurs celles de Said Sadi, elles ne débâtent jamais des idées avancées mais usent du « le terrorisme intellectuel » en s’attaquant aux personnes, a leur histoire personnel vraies ou fausses croyant pouvoir disqualifier les idées que ces personnes avancent. Une technique dont eux même étaient les victimes dans les années 80. Ah… les élèves du « bon MALG ».




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  • radjef said
    7 juillet 2010 at 22 h 48 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Ce qui m’a frappé a Tizi, c’est lorsque quelques camarades sortis subitement de l’ombre, ont tenté de mettre en condition le grand militant Addi Lahouari avant son intervention a l’université Mouloud Mammeri. Les nouveaux sponsors du livre de Saadi, ont parlé même du passé syndicaliste et revolutionnaire du colonel Amirouche dans les milieux ouvriers parisiens. A les entendre parler, on aurait cru qu’il s’agissait de Maurice Thorez… »C’est grace a Amirouche que la Kabylie s’est organisée », « Le livre de Saadi a fait trembler le pouvoir », a t-on tenté de suggerer insidieusement au professeur Addi qui lui dans son intervention s’est elevé aux grandes necessités intellectuelles.




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  • Mohamed
    8 juillet 2010 at 0 h 58 min - Reply

    A F. Smaïl : en relatant la jeunesse du fils du Colonel Amirouche, on se sent presque responsable de sa mauvaise éducation, car ce fils de Chahid comme tous les enfants de Chouhadas, aurait dû être pris en charge par l’Etat indépendant pour lequel son père est mort, c’est le serment qu’on a fait à nos martyrs. Au lieu de l’accompagner dans ses études, on n’a pas trouvé mieux que de l’exclure de la classe de 4iè comme vous nous l’apprenez. C’est vraiment regrettable.

    Quant au fond du problème soulevé Noreddine Aït Hamouda, à savoir la non comparaison de la prise de pouvoir de 1962 avec celle de 1992, aucun débatteur n’y a donné son avis : en 1962, il y avait deux parties qui se disputaient le pouvoir. La démarcation a été formellement quantifiée au niveau du CNRA de mai 1962 : quel que soit notre avis sur l’une ou l’autre partie, c’est un fait qu’il y avait une majorité et une minorité. C’est l’ensemble potentiellement explosif composé de Ben Bella, Boumediene et l’état-major de l’ALN, Ferhat Abbas et ses amis, les wilayas de l’intérieur, la W.1, la W.6, la W.5 et la moitié de la W.2 qui était la majorité du CNRA et c’est cette majorité qui a pris le pouvoir. Formellement, le MALG qui est visé dans l’article de Mr Addi était du bon côté de la barrière. Qu’il a bien manœuvré ou non est un autre problème. Ce sont plutôt la minorité du CNRA et Ben Khedda en tête, lui qui a fait capoter le CNRA de Tripoli par sa sortie, qui ont joué le rôle de putschistes : vaincus à Tripoli, ils ont essayé de créer un pouvoir de fait à l’intérieur en s’appuyant uniquement sur deux wilayas sur six (la W.3 et la W.4) et ont lamentablement échoué avec en sus des morts inutiles dont ils sont responsables. S’ils avaient mené un combat plus politique, la décantation avec le temps aurait peut-être été à l’avantage des forces démocratiques.

    Quant à la prise du pouvoir de 1992, si les élections de décembre 1991 avaient eu lieu sur le mode proportionnel, les évènements qui ont suivi n’auraient pas pris la tournure tragique dans laquelle le pays s’est enfoncé et le putsch n’aurait pas eu lieu car, là, il s’est bien agi d’un putsch : le FIS arrivé en tête aurait été obligé de s’allier à d’autres partis pour former le gouvernement. C’est le mode électoral de ces élections qui a été la cause de la conflagration qu’on a connue et qui a poussé chaque algérien à choisir son camp de gré ou de force.

    En conséquence, s’il est bien agi d’un putsch en 1992, ce n’était pas le cas en 1962. Quant au 1er Novembre et au Congrès de la Soummam, on peut très bien les analyser et arriver à un consensus. Il ne faut pas oublier aussi le Congrès d’Hornu qui a consacré la scission du PPA/MTLD. Ce sont d’autres sujets qu’il serait utile de débattre car les avis sont très divergents surtout sur les deux congrès cités.




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  • Ammisaid
    8 juillet 2010 at 1 h 14 min - Reply

    Quelques dizaines d’intellectuels comme Mr ADDI l’ignorance et la léthargie vont se jeter dans la mer comme nos pauvres harragas.
    Chez certains l’autocritique ne prend pas car la critique de l’autre, surtout, de celui qui a une pensée libre est leur unique façon de s’autocritiquer.
    Une fleur ne peut pas pousser sur les os des martyres !
    Ceux qui sont morts sont devenus poussière
    Ceux qui sont vivants utilisent leurs os comme un tison pour voir
    Sur leurs cadavres, ils ont construit des palais en milliards de dinars
    Les voleurs, les traîtres et les pervers tètent, goulûment, les seins de la gloire
    Les humbles, les sincères et penseurs sont forcer de téter les seins cadavériques du désespoir
    L’honneur et la dignité sont pompés des puits du désert pour rendre crédibles les fossoyeurs, les menteurs et usurpateurs
    La terreur et le déshonneur sont produits et diffuser dans les foyers des zawalis pour les soumettre à leur bon vouloir
    Pour certains la lumière du jour est devenue une torture
    Pour d’autres l’obscurité de la nuit est devenue propice au plaisir et à ses douceurs
    Les planqués d’hier sont tous devenus des stars puissantes et milliardaires
    Les lions d’hier broutent l’herbe sèche en attendant la mort
    Celui qui dit la vérité doit mourir pour être oublié
    Celui qui l’a tué aura sur épaules des étoiles qui lui offriront l’impunité…
    Fraternellement




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  • radjef said
    8 juillet 2010 at 10 h 28 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Certains dirigeants politiques disent n’importe quoi. C’est malheureux pour l’avenir du pays, d’autant plus vrai ces dirigeants sont les portes paroles du pouvoir réél. Au lieu de nous parler de Messali, pourquoi ne nous parlent-ils pas de Touati, de Nezzar, de Tewfik, de Aissat, de Guenaizia, de Gaid?….Ce n’est pas Messali qui a trahit, ce sont les autres qui l’ont trahi en lui communiquant une fausse date sur le declenchement de l’insurrection. Par ailleurs, la proclamation du 1er novembre n’est rien d’autre qu’un extrait de l’Appel de Messali aux militants lancé a partir du congres de Hornu qui s’est tenu le 27 decembre 1953 et non le 27 decembre ou juillet 1954. Certains de nos historiens doivent revoir leurs copies. Pour ce qui du colonel Amirouche il fut renvoyé de Paris en 1955 par des militants nationalistes de la 1ere heure. Certains doivent nous expliquer la rapide ascenssion de ce militant independantiste alors inconnu au bataillon durant les années 40 et 50.




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  • Afif
    9 juillet 2010 at 11 h 25 min - Reply

    A Radjef Saïd : je vais vous citer ci-après une anecdote pour comprendre le nationalisme farouche de Amirouche, futur Colonel de la W3.

    Extrait du livre « Les Grands Procès » de Maître OUGOUAG : « Un jour, un militant, à sa sortie de prison d’Oran, se présenta au local du CSVR (Comité de Soutien des Victimes de la Répression), situé au siège du MTLD, rue des Ouled Naïl à Oran ; le responsable, le voyant fatigué et démuni de tout, lui remit l’argent nécessaire pour se rendre à Relizane où il habitait, puis lui conseilla de partir avant midi, car une grande manifestation du parti devait se dérouler à ce moment, à travers les rues de la ville pour protester contre l’arrestation de Khider, député du parti, impliqué dans l’affaire de l’attaque de la Poste d’Oran. A midi, comme prévu, la grande manifestation s’ébranla en Ville Nouvelle, à l’actuelle Place de l’Indépendance, avec banderoles et slogans : « A bas la répression ! Libérez Khider ! Libérez les détenus politiques ! » Et à la grande surprise des responsables du CSVR, l’homme qui avait été libéré le matin même et qui devait retourner à Relizane pour se reposer d’une longue détention était en tête du cortège, criant aussi fort que les autres : c’était le militant Amirouche, le futur Colonel, chef de maquis. »

    Cette manifestation a dû se dérouler au cours de l’année 1951 : Amirouche était déjà militant du PPA/MTLD, avait déjà goûté de la prison du fait de son appartenance à l’organisation armée du parti (OS), sa présence dans l’ALN après le déclenchement de le Révolution est tout à fait logique, puisque l’OS a été le creuset de l’OS et son ascension dans la hiérarchie est due à sa personnalité hors pair, bien illustrée par l’anecdote citée plus haut.




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  • Cid Hamidou
    9 juillet 2010 at 17 h 44 min - Reply

    Deux ou trois remarques sur le texte de Ait Hamouda dont j’avoue ignorer jusqu’à récemment la filiation avec le héros et combattant que fut le colonel Amirouche. Au préalable, un aparté liminaire: le fils défend la mémoire du père, qui de surcroît est un grand héros de la révolution algérienne, et c’est tout à son honneur. Cette défense est d’autant plus admirable que le sort réservé à la dépouille du père par ses « frères d’armes » est révoltante et ne fait que confirmer la petitesse et la misérable envergure de ceux qui ont confisqué la lutte séculaire du peuple algérien et tenté de gommer de la mémoire collective les véritables artisans de la libération du pays. Je peux également comprendre sa colère et sa révolte d’avoir été privé de se recueillir sur la tombe de son père pendant de si nombreuses années et aujourd’hui de constater que tous les complices de cette forfaiture retrouvent la lâcheté qui les toujours caractérisé en feignant d’ignorer tout de cette trahison. Ni vu, ni entendu, si su: comme les trois petits singes de la fable.. Cela dit, je reste abasourdi par la tonalité du texte, la teneur du propos et la violence de l’invective contre Lahouari Addi. Celui-ci, que je sache, n’a fait qu’exprimer son opinion, sereinement, sans mauvaise foi, sans âpreté – même si je pense deviner qu’il s’est volontairement astreint jusque-là à ne pas intervenir de manière directe dans le débat actuel sur l’écriture de l’histoire, né du livre de Said Saadi sur le colonel Amirouche, estimant probablement que le débat était davantage conduit par l’émotion que par la raison et qu’il obéissait plus à des considérations politiques qu’à des critères scientifiques. Or voilà que Ait Hamouda publie un texte brutal à son encontre – un texte dont la syntaxe, la structure, la tonalité et la linéarité diffèrent singulièrement de son texte précédent. Car pourquoi ces attaques ad hominem contre un universitaire qui n’a fait que formuler une simple opinion ? Le fait qu’il se soit trouvé à l’étranger au plus fort des tueries le discrédite-il pour autant pour exprimer son opinion? Et par ailleurs est-ce un crime ? D’aucuns diront qu’il a eu au moins eu le courage de s’exprimer publiquement et publier ses opinions sur le conflit qui déchirait le pays – sans qu’il soit nécessaire de les partager pour autant car c’est cela le sens et le but du débat public. D’autres ajouteront qu’il s’est également exprimé à un moment où l’écrasante majorité des hommes publics qui occupent aujourd’hui les espaces des journaux et de la télévision et qui ont soudainement redécouvert leur verve étaient planqués au Club des Pins ou dans les hôtels touristiques, prenant aisance dans des villas ou des suites gratuites et lourdement protégés par les différents services de sécurité. Citons un seul nom de ceux qui, aujourd’hui, gouvernement le pays, dirigent ses institutions parlementaires ou assurent sa représentation à l’étranger qui ont eu a eu les « cojones » (pour paraphraser la formule de l’ancienne secrétaire d’Etat US Madeleine Allbright) de dire ou d’écrire durant ces années noires. Concédons leur qu’ils étaient trop occupés à attiser le feu, à humer la direction du vent, à observer le rapport de forces et, surtout, à suivre avec assiduité les fluctuations du taux de change et des taux d’intérêt pour leurs placements en devises dans des comptes numérotés ouverts en Suisse ou encore dans les paradis fiscaux de Bélize, Monserrat ou Saint-Kitts-et-Nevis au nom de leur(s) épouses ou de leurs filles pour mieux brouiller les pistes… La sortie de Ait Hamouda est d’autant plus affligeante qu’il est membre d’un parti dont le nom porte l’épithète « démocratique ». Comment alors peut-on reprocher à quelqu’un d’exprimer son opinion, au demeurant bien bénigne, parce qu’on la partage pas ? Pourquoi tenter de le censurer ? Et pourquoi attaquer la personne et non pas discuter, réfuter, corriger l’opinion exprimée ? Comment quelqu’un comme lui qui a eu à souffrir des pratiques autocratiques des différents régimes algériens en matière de liberté d’opinion et d’expression peut-il recourir aux mêmes procédés ? Car, à juger cet épisode et à suivre cette logique, il est alors à craindre que si un jour, son parti arrivait au pouvoir, l’histoire du pays ne ferait que se répéter encore et encore… J’espère que Ait Hamouda et son parti en prendront acte. Voilà mon opinion, exprimée sans rancune ni invective aucune, de simple citoyen et d’observateur il est vrai bien loin d’un pays où je ne vis plus depuis plus d’une trentaine d’années mais dont je continue à suivre, autant que possible, la confiscation de sa destinée.




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  • radjef said
    9 juillet 2010 at 19 h 52 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@Afif, bonsoir. Je n’ai jamais remis en cause le patriotisme du colonel Amirouche. Je ne sais pas s’il avait été un membre de l’os,il a beaucoup flirté avec les oulemas qu’avec le PPA-MTLD auquel il aurait appartenu, le colonel Amirouche etait un illustre inconnu a la veille du 1er novembre 1954.




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  • liberté
    9 juillet 2010 at 22 h 53 min - Reply

    Il y’à un passage dans l’article de Nordine Ait Hamouda qui me choque c’est quand il parle de Matoub Lounes en tant qu’ami à lui.A ce que l’opinion publique Algérienne sache,Noredine Ait Hamouda le GLD n’a t-il pas assassiné Matoub Lounes? En tant que député du peuple pourquoi il ne demande pas une comission nationale d’enquete independante pour faire toute la lumiére sur l’assassinat de son ami Matoub Lounes?
    En tant que citoyen Algérien j’aimerai bien que Nordine Ait Hamouda s’invite à ce débat sur ce forum et nous montrer son niveau intellectuel réel.

    Sincéres amitiés




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  • Afif
    10 juillet 2010 at 0 h 20 min - Reply

    A Radjef :

    Bien vu, Amirouche était un illustre inconnu la veille du 1er Novembre 1954. On doit ajouter pour être juste que tous les acteurs du 1er Novembre, y compris les responsables, membres du Comité des 9 ou du Comité des 6 ou du Comité des 22 étaient d’illustres inconnus, sauf peut-être Mustapha Ben Boulaïd qui était membre du Comité Central du PPA/MTLD. Même Aït Ahmed et Benbella qui ont successivement dirigé l’OS étaient d’illustres inconnus, à telle enseigne qu’à la veille du 1er Novembre ils se sont mis à la recherche d’une personnalité connue pour diriger la Révolution et la faire connaître des couches populaires, en autres Lamine Debaghine, ex-SG du PPA/MTLD.

    En ce qui concerne l’affiliation politique d’Amirouche, il n’y a aucun doute : c’est un militant du PPA et il a fait de la prison à cause de ses activités dans ce parti. Son accointance avec l’Association des Oulamas est purement anecdotique : de toute façon, les militants du PPA avaient instruction de se former dans les médersas des Oulamas, là où le PPA n’avait pas ses propres medersas. Donc, il n’y a aucune contradiction à ce qu’un militant du PPA fasse partie en même temps de l’Association des Oulamas qui est une structure culturelle.

    Puisque vous vous intéressez à l’histoire, il est bon de vous apporter quelques éclaircissements car vous tentez à chaque fois de jeter le doute sur la légitimité du 1er Novembre : il est vrai que déclencher la lutte armée en dehors du parti était un pari risqué et comportait de graves dangers pour le peuple algérien. En outre, il est légitime de penser que Messali a été trahi par les siens. Mais, si on examine la tenue du Congrès d’Hornu et les résolutions qui y ont été prises, tous les torts retombent sur Messali. Au plan de la forme, ce congrès a fauté et a perdu de sa crédibilité en n’invitant qu’une partie des membres du Comité Central qui étaient tous membres d’office. Par ailleurs, les délégués des régions ne représentaient pas toutes les sensibilités du parti ; seuls les partisans de Messali étaient présents. Au plan du fond, prendre une résolution pour désigner Messali « Président à vie » du parti était la dernière chose à faire : tout ce qui rapproche de la royauté est honni dans notre pays. Cette résolution a donné du pain à moudre aux centralistes qui étaient impopulaires auprès de la base et leur a permis de redorer leur blason en accusant Messali de personnaliser la lutte du peuple algérien. Le Congrès d’Hornu a bien eu lieu en Juillet 1954 et non en 1953 comme vous le prétendez : vous référer à ce sujet au témoignage d’ Ali Zaamoum dans son livre « Tamurt Imazighen » , page 63 et suivantes ; c’est lui et un autre militant du nom de Takilt Mohamed qui ont représenté la Kabylie au Congrès d’Hornu.

    Enfin, il est bon de savoir qu’à la fin de la guerre, Messali a adressé une lettre datée du 25 mai 1962 à Youcef Benkhedda en tant que Président du Front de Libération Nationale (c’est sa propre formulation que je répète ici). Extrait : « Nous avons l’honneur de vous écrire la présente lettre pour vous proposer une rencontre au sommet entre nos mouvements respectifs, afin d’examiner ensemble, une série de problèmes qui intéressent le présent et l’avenir de notre pays. » et à la fin de la lettre « Aussi attachons-nous une importance particulière à ce que cette rencontre ait lieu avant le scrutin d’autodétermination. » Cette lettre démontre amplement que Messali n’a jamais eu l’âme d’un traître et qu’il a toujours voulu servir son pays : il est démontré par certains militants chevronnés que toutes les graves erreurs commises par Messali durant la guerre ont découlé de sa décision d’avoir réintégré d’anciens responsables exclus du parti avant 1954 et ce, pour faire contrepoids aux centralistes qu’ils avaient exclus lors justement du Congrès d’Hornu. Certains de ces anciens exclus ont été infiltrés par les services français à l’insu de Messali Hadj qui s’en est rendu compte qu’à la fin de la guerre et après d’irréparables dégâts.




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  • radjef said
    10 juillet 2010 at 22 h 06 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. @Afif, bonsoir. Le mouvement nationaliste a produit une dizaine de grands hommes politiques qui avaient une vision universelle de la politique. Messali Hadj, Ben Badis, Lamine Med Debaghine, Belouezdad, Hocine Ait Ahmed, Abbane Ramdane et Ferhat Abbas. Mais pour le grand malheur de notre pays, ces hommes ont été persecutés et chassés par des gens zelés , incultes et cupides. Ces hommes ont milité de toutes leurs forces et avec une grande sincerité pour la constitution d’un pouvoir politique veritable avec ses dimensions ideologiques, intellectuelles, sociales et economiques…
    Aujourd’hui,si on est reduits a parler de colonels tres limités intellectuellement et sans la moindre vision ideologique, c’est parceque notre pays est envahi dans toutes ses parties sensibles par le mensonge, l’imposture, l’usurpation, le narcissisme…50 apres l’independance, nous vivons en marge du savoir, de la science et de la verité, a la merci de celles et de ceux qui nous ont colonisés jadis. Ben Badis, Messali, Ferhat Abbas, Hocine Ait Ahmed…ont compris le cours des evenements; ont compris que la democratie et la justice ne se construisent pas par la violence, la course au pouvoir, le crime et la ruse…Mais une fois de plus, pour le grand malheur de notre pays, de petites ames incultes et cupides ont surgi de nulle part et ont tout foutu une grande pagaille…




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  • El Madani
    11 juillet 2010 at 9 h 14 min - Reply

    Merci Mr Addi.




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  • el-amel
    2 août 2010 at 18 h 03 min - Reply

    Le « 3 et 5 juillet » : d’emblée la bipolarité du pouvoir marquée par deux dates.
    Voilà, « Le citoyen anonyme » que je suis se pose la question suivante : Pourquoi cette diatribe du député RCD Aït-Hamouda à l’égard du Professeur Addi Lahaouari .
    Le 3 juillet, un colonel kabyle de l’armée de libération nationale « plantait le drapeau à Sidi-Ferruch. » mais un politique de l’ouest « décida que la date officielle de notre libération » serait le 5 juillet.
    Qui est le député RCD ? c’est celui qui a sauvé le policier et ses trois enfants, et de quelle manière ? « J’ai du ruser… ».
    Résumé de la scène politique du député RCD pour comprendre « la crise qui nous paralyse depuis un demi siècle » à travers un « quotidien avec ses amertumes, ses égarements et ses lâchetés », il l’explique en tirant à boulets rouges sur le MALG dont « la croissance concerne les comptes en banque », le FLN (parti unique) un « bricoleur politique », « ministre malhonnête » juste un rappel et « la contribution d’un ancien trotskyste dans le quotidien d’Oran», quant au « nostalgique du MNA » il lui réimpose la mémoire amnésique. Le député RCD s’acharne contre les messalistes et pourtant les « Kabyles étaient messalistes ».
    Et « le lynchage de Saïd Saadi après la sortie du livre sur Amirouche » est le but visé pour « brouiller les cartes de la décennie rouge » par un changement de discours.
    Le député du RCD nous fait le numéro du vilain et du gentil, « M.Addi, vous avez à peu près le même âge que Saïd Saadi » et il déverse sa haine en insultant un Intellectuel qui refuse les comprissions.
    Le député du RCD critique le parti unique mais adhère à sa devise « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous» c’est l’héritage de l’Arabe et du Berbère, il fallait bien « diviser pour régner » mais avec la mondialisation c’est diviser pour manger. La technique a changé, dans un premier temps, il faut salir un camp et encenser l’autre pour l’opinion.

    Le député RCD attaque une « certaine gauche » et il salue des « universitaires de Constantine » à l’Est du pays qui ont « organisé un colloque sur Amirouche » pour débattre des « séquestrations des restes du colonel de la Wilaya III et de son collègue de la Wilaya VI ». et les autres universités ? le livre est écrit par un chef d’un parti politique qui sort directement du laboratoire DRS et comme le souligne M.Addi Lahaouari, déjà « Dans les journaux, la polémique glissait vers une tournure dangereuse », l’objectif visé.
    Et là je reviens sur une question qui me semble importante, Aït-Ahmed leader du FFS que critique le député RCD avait été visé par Aït-Mesbah (général DRS).
    Aït Ahmed écrit « le plan monté par Aït-Mesbah, …pour m’exécuter …la police politique constituait le véritable pouvoir. (P.186 L’Affaire Mécili La Découverte/07)» et « la SM fonctionnait comme un parti » encore à ce jour.
    Aït-Hamouda est de la même région que le général DRS Aït-Mesbah.

    L’attaque contre M. Addi « Avec un certain nombre d’amis, » qui sont-ils ?
    « nous avons longtemps essayé de savoir » quoi ?
    « pourquoi des hommes (« ces élites »)comme vous s’acharnent contre ces acteurs « qui n’abdiquent pas ») jusqu’à la légitimité.
    A qui s’adresse le député RCD Aït-Hamouda quand il écrit « Ce n’est plus l’universitaire qui parle mais un « romain » de Sant’Egidio » ? aux « relais » de son parti DRS qui sont en France ?
    Par « romain » vise-t-il que le pouvoir est menacé ?
    Un « romain » de Sant’Egidio, fait-il allusion à la plate-forme de Rome de janvier 95, une « offre de paix » salué par des partis politiques, et ce malgré leurs divergences car le but était rétablir la paix pour l’expression de la souveraineté populaire.
    « Sant’Egidio » fait penser aux Moines de Tibhirine, « l’initiative de Sant’Egidio discrètement soutenue par les moines » écrit un ancien des services secrets français. (Pierre Syrami avec Laurent Léger ‘25 dans les services secrets’ Flammarion)
    « La manipulation fatale » du RCD




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  • cherifi
    9 août 2010 at 22 h 41 min - Reply

    A chaque fois qu’il doit y avoir débats fructueux et bénéfiques,les meme personnages se placent et s’érigent en donneurs de leçons pour baliser et orienter les commentaires qui ne doivent pas sortir de l’ennuyeuse ornière tracée par ces directeurs de l’histoire qui ne nous permettent pas de donner nos avis si on n’évoque pas la wilaya 3,comme si celle-ci est le centre de gavité revolutionnaire de l’Algerie et que les martyrs kabyles(que je respecte au meme titre que tous les martyrs qui se sont sacrifiés pour l’indépendance de l’Algerie)sont les seuls qui ont déclenchés la révolution,souffert des atrocités du colonialisme et,finalement,libérés notre patrie.De 1830 jusqu’en juillet 62,et meme avant,ce sont des Algeriennes et des Algeriens qui se sont unis et combattus tous les envahisseurs.Le seul Héros a, toujours été le PEUPLE.D’est en ouest et du nord au sud,il n’y avait qu’un seul PEUPLE uni et résponsable qui a su s’opposer et combattre toute force de quelle que nature qu’elle soit venue pertuber sa quiétude ou attenter à son honneur.Au lieu de lire avec calme et sérénité les propos,combien valeureux, de nos intellectuels,de les méditer et les confronter à notre malheureux quotidien;on déterre l’inutile et le faux pour se convaincre,chaque jour plus,que l’Algérie c’est la kabyle,que la révolution c’est la kabylie, que les martyrs sont les enfants de la kabylie et que sans certains kabyles,l’Algerie n’est et ne sera qu’un pays voué à la disparition.Il est temps de se regarder dans un miroir et dire voilà ce que je suis sans se mentir à soi-meme.Quittez cette fausse image que vous vous etes fais inconsciemment de vous et retrouver votre personnalité réelle.intégrez vous aux autres et montrez ce que vous sachez faire,l’Algerie à besoin de tous ses enfants pour enterrer toute forme d’extremisme qu’il soit islamiste,éthnique(berbérisme et arabisme)ou idéologique.Ces facteurs de divisions ne nous sont pas tombés du ciel,ils sont très bien usinés et fabriqués par ceux-là meme qui veulent nous maintenir dans cet état pour pouvoir survivre.Celui qui veut me donner une quelconque leçon soit le bienvenu,à condition qu’il ne touche pas aux biens du peuple,à l’argent du peuple et surtout à la dignité du peuple qu’il dit representer…moyennant plus d’une trentaine de millions par mois et plus…




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  • Debat au sujet de la transcription de l’amazigh en Algerie « Eldjoudhi's Blog
    8 septembre 2010 at 16 h 20 min - Reply
  • el-amel
    16 septembre 2010 at 14 h 57 min - Reply

    en ce moment j’ai un problème de connexion et je tiens à répondre à @saïd de l’ueaf,
    Vous auriez pu apporter votre soutien à M.Addi après la diatribe de N.Aït hamouda et je pense que vous avez bien compris que « piège » est un mot image pour appeler à la vigilance. Vous savez aussi bien que moi que vous n’échappez pas à la logique du patron de l’Algérie, le DRS qui piste en plaçant ses larbins.
    Vos activités semblent limitées à un groupe et un espace et c’est une remarque que je fais et non une attaque.
    Quant à l’anonymat, c’est un choix et je suis libre, j’adhère à l’appel du 19 mars qui rassemble.




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  • Congrès du Changement Démocratique