Édition du
28 March 2017

De Folembray à Ouagadougou : Quelques détails oubliés

Par Me Ahmed Simozrag

Cet écrit a pour objet d’examiner les détails de certaines questions abordées par Madame Zineb Azouz dans son dernier papier sur les déportés de Folembray.  Il a été conçu dans le souci de compléter ledit article qui surgit comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, qui brise un silence aussi long qu’inexplicable, qui interpelle militants et  défenseurs  des droits de l’homme sur leur indifférence face à un cas de violation flagrante des droits de l’homme.

En effet, cette déportation nous a fait subir des préjudices d’ordre matériel et moral considérables.

D’aucuns ont perdu leurs fortunes, leurs situations, d’autres ont perdu leurs femmes et leurs enfants (beaucoup furent l’objet de divorce),  d’autres encore ont perdu leurs études, pire d’autres ont perdu la raison, ils ont piqué des crises de folie ! C’est le cas d’un expulsé qui a laissé sa fille, une gamine de 3 ans dont la maman était divorcée, seule dans la chambre. Un autre, n’ayant pas supporté l’exil en Afrique, a  également déraisonné.

Il  en est parmi eux qui était sur le point de soutenir sa thèse de doctorat et qui s’est trouvé expulsé et donc  absent le jour de la soutenance. Il y a le cas d’un chercheur au CNRS,  qui a perdu son poste, il en est qui était soumis à un traitement et un suivi médical rigoureux et qui s’est trouvé privé  de son médecin et des soins nécessaires à sa santé,  Il y avait au moins deux déportés dont les  familles ont été mises à la porte  faute de payement de loyer ; les comptes ont été bloqués, tel mon cas, et  on a refusé à la famille l’autorisation d’effectuer un prélèvement d’environ 800 euros chaque mois  pour la subsistance d’une famille composée de 5 enfants en bas âge.

C’est pour cela que j’ai titré un article : « la France nous a tués et le Burkina nous a enterrés ».  A vrai dire, nous étions trop bouleversés par les problèmes générés par la déportation.

Je présidais une association appelée « Centre Abaad… », régulièrement déclarée. L’association était surveillée de près et son téléphone mis sur écoute. Chaque soir, je recevais des coups de fil, parfois après minuit, la pudeur ne me permet pas de répéter ce que j’entendais comme raillerie, injures et menaces.

Le jour où les policiers au nombre de 5ou 6 ont débarqué chez moi à 5 heures du matin, à la même heure ils ont fait irruption au siège de l’association en en défonçant la porte. Je n’ai plus revu le local de l’association jusqu’à présent, mais d’après ce qu’on m’a raconté, ils l’ont saccagée, ils ont emporté tout ce qu’ils pouvaient emporter, archives, matériel, ordinateurs, et détruit le reste. Il y avait une grande photocopieuse, très performante en matière d’impression et de reliure, ils l’ont réduite en morceaux.  Ce sont mes enfants qui m’ont rapporté l’événement plus tard.

Chez moi, ils ont tout raflé, dossiers, archives, argent et objets personnels. Ils m’ont rendu l’argent  mais uniquement comme piège pour savoir à qui je donne et à qui j’envoie. Après une enquête qui a duré de 8 h à 22 H, je fus conduit menottes en main par 4 policiers à Florac (Lozère). Le trajet a pris toute la nuit. Je fus installé dans un hôtel avec 6 policiers affectés à  ma surveillance 24 H sur 24 et 3 gendarmes la nuit. Je devais marquer ma présence (pointer comme on dit) chaque matin auprès de la gendarmerie.

Mon séjour à Florac a duré 9 mois, un séjour jalonné harcèlements, de tentatives de retournement, de corruption. Comme les policiers se relayaient, ils rabâchaient la même rengaine, le même credo : « On veut votre accord pour une coopération ».

A mon humble avis, ce n’est pas une simple question de violation des droits de l’homme. Cet acte ignoble va bien au-delà de ce qui est imaginable. Il s’inscrit en droite ligne  des  crimes et des complots  menés de concert par Pasqua et ses complices de la Françalgérie  contre le peuple algérien, son indépendance, sa souveraineté, ses richesses, son identité, se religion, et  que Seul Dieu en connaît les tenants et les aboutissants.

Ils ont causé un grand malheur à notre pays, le privant de la légitimité politique et d’une bonne partie de ses richesses. Ils forment une coterie diabolique dont les agissements criminels ont endeuillé plus d’une fois le peuple algérien.  Ils sont à l’origine de grandes magouilles politiques et financières qui exigent de grands efforts de recherche pour les découvrir.

Lorsque Pasqua affirme de la manière la plus cynique et la plus éhontée :  » Est-ce que je dois attendre que des bombes éclatent dans notre pays et que des Français soient assassinés pour intervenir? » Il ne fait que se ridiculiser. Un ministre qui agit sans la moindre preuve.

Un procès d’intention à donner la nausée. J’ai envie de lui répliquer : Ces bombes qui lui faisaient peur, pourquoi n’ont-elles pas éclaté au Burkina Faso où il y avait plein d’Ambassades, de missions diplomatiques, d’intérêts et de citoyens français ? Et comment se fait-il que cette vigilance, en fait trompeuse, n’a pas empêché les bombes d’exploser au RER Saint Michel et Maison-Blanche ?

Des terroristes n’auraient pas patienté 16 ans sans réagir contre une injustice aussi criarde ! Peut-être, serions-nous  des anti-terroristes, combattants de la Paix, soldats de la Vérité ?

Je doute fort que cette affaire soit une  affaire franco-française ! Il est très probable qu’il y ait des tractations secrètes entre des généraux d’Alger et Pasqua sur notre déportation. Car, pour oser commettre une violation aussi flagrante du droit français et du droit international, il faudrait la présence de 3 éléments au moins : un instigateur, un intéressement (pot de vin) et un exécutant. Ce qui a été le cas en l’espèce. Il fallait faire taire les opposants par tous les moyens et à n’importe quel prix.

D’autant plus qu’en matière de bakchich, Pasqua est presque rassasié, des valises pleines de billets lui viennent  de toutes parts, à telle enseigne qu’il ait fallu inventer quelque chose de nouveau, un cadeau pas comme les autres : une kalachnikov en or massif lui a été offerte par son homologue saoudien, le prince Naïf ben Abdulaziz Al-Saoud le 12 novembre 1994.  Deux mois après notre déportation, Pasqua est gratifié d’un cadeau précieux pour son geste louable contre des gens qui dérangent.

L’assassin de Maître Mecili, qui a perpétré son forfait en plein jour,  au su et au vu du monde entier, au mépris de toutes les lois et de tous les droits, Pasqua trouve le moyen de le couvrir, de le mettre à l’abri de toute poursuite, pire encore, il le remet  sous bonne garde à ses chefs, aux commanditaires.

Alors que nous, qui n’avons commis aucune faute, aucune infraction, il trouve le moyen de nous déporter après nous avoir bel et bien  martyrisés. Tout est question de couverture. Sans couverture, tu peux être arrêté à tout instant. Pire, quand c’est la couverture qui poursuit. Un proverbe arabe dit : Quand le juge est ton adversaire, tu n’as qu’à plier ton tapis (Sous-entendu va t’en).

Assigné à résidence, privé de liberté, avec des gardes plantés en permanence devant la porte, qui surveillent mes mouvements, contrôlent mes visiteurs et tout ce qui bouge, imaginez une telle situation qui dure depuis 16 ans, sans compter les périodes d’internement à Florac et à Folembray.

Madame Zineb Azouz  a bien mis le doigt sur la plaie quand elle a dit que l’islamisme n’est pas le seul à être  visé. Effectivement, nous sommes en face d’une nouvelle idéologie, d’un nouveau projet de société en rapport avec le duo impérialo-sionisme. Sont pris comme cibles non seulement l’Islam authentique mais aussi les catholiques, les juifs antisionistes tels que Naturei Karta, les tendances de gauche, les pauvres et tous ceux qui s’opposent au projet en question émergent sous la forme d’un nouvel ordre mondial.

Il en résulte que les enjeux sont beaucoup plus profonds qu’on le pense. Nous sommes tous sur la ligne de mire de ce nouvel ennemi du bien, du droit, de la vérité et de la justice. Il y a donc lieu de se mobiliser, chacun dans son domaine et selon ses moyens, pour barrer la route aux forces du mal et à leurs alliés.  Il convient d’informer, de sensibiliser, de mettre à contribution le droit et la justice pour dénoncer, poursuivre et punir les criminels de quelque bord qu’ils soient.

Car l’impunité signifie la continuation des exactions, de  l’exécution de leurs œuvres sordides, des plans criminels, ce qui cause davantage de dégâts, de crimes, de ravages et de destructions.  « L’indifférence est une infirmité de l’esprit et du cœur. Nous ne devrions pas craindre la différence, le plus à craindre c’est l’indifférence ».

Faut-il se taire sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés au cours de ces dernières décennies ? Faut-il se taire sur la dilapidation des richesses des peuples ? Faut-il se taire sur l’argent du pétrole arabe investi aux Etats-Unis ? Faut-il se taire sur les fonds arabes qui ont financé la guerre « plomb durci » contre Gaza ? Faut-il se taire  sur la future base militaire israélienne en Arabie Saoudite ?

Autant de question que chaque esprit libre doit se poser.

Fraternellement,

Ahmed Simozrag


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7 Commentaires sur cet article

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  • Sélim Ier
    2 juillet 2010 at 12 h 24 min - Reply

    Cher maître,

    Pas un commentaire ! C’est l’été festif ! Le bleu azur, les plages au sable fin, les criques à l’ombre des pinèdes, parasols déployés et les pieds dans l’eau avec un jus de fruit et une paille. Alors, dame, la canicule plombe les esprits qui ont pris congé devant vos « petits malheurs » et les affaires du monde. Après tout, celui-ci peut continuer de tourner sans eux. Et tous les opprimés, tous les déshérités peuvent attendre.

    Quelques « lézards » avachis dans leur bain de soleil au parfum de crème solaire seront, tout de même !, tirés de leur somnolence à l’annonce de la énième arrestation de « masmar Djeha » qu’est pour le pouvoir en place, notre indéboulonnable Ali Belhadj. Oh !, certes, non pas pour exprimer une quelconque solidarité à cet homme encagé, que non ! Mais pour le vilipender encore et toujours un peu plus d’avoir, il y a belle lurette, prononcé cette phrase « fatidique » : « la démocratie est kofer » , c’est-à-dire contraire aux préceptes de la religion islamique. Après avoir déversé leur fiel, ils retourneront satisfaits et soulagés, barboter dans la grande bleue.

    Quant à l’absence et au silence de ceux qui nous sont familièrement bavards et le font généreusement savoir, leur dérobade et leur indifférence ne me surprend guère. Seuls quelques très rares internautes, qui ont certainement leurs raisons, trouveront grâce à mes yeux et, ma sympathie leur est toujours acquise.

    Quelle époque épique ! Mais revenons au drame incommensurable qui vous frappe vous et vos frères de lutte. Mon cher Ahmed Simozrag. Je ne commenterai pas les graves entorses au droit international dont s’est rendue responsable et coupable la France dite « pays des droits de l’homme » et des « lumières ». Pour tout être naturellement constitué et épris de justice, les faits parlent d’eux-mêmes. Et, ils sont accablants.

    Le sinistre Pasqua, « l’alligator » (c’est, parait-il , son surnom), cet ex-commis voyageur représentant de la marque Pastis, ce redoutable carnassier recyclé un temps dans la barbouzerie gaullienne , puis dans les bas-fonds de la politique crapuleuse, reste malgré tout qu’un exécutant haut gradé des basses œuvres et des coups tordus. La justice de son pays, procédant quelques fois au grand nettoyage des Écuries d’Augias, a fini nolens volens par l’épingler pour délit de prévarication et le condamner symboliquement à une légère peine de prison avec sursis. Triste dégringolade pour ce spécialiste de la magouille de haut vol, aux mains moites et aux dessous de table. Une parodie de justice a été rendue, mais lui, n’a pas rendu l’argent.

    Je retiens tout particulièrement cet extrait de votre écrit :

    « « Madame Zineb Azouz a bien mis le doigt sur la plaie quand elle a dit que l’islamisme n’est pas le seul à être visé. Effectivement, nous sommes en face d’une nouvelle idéologie, d’un nouveau projet de société en rapport avec le duo impérialo-sionisme. Sont pris comme cibles non seulement l’Islam authentique mais aussi les catholiques, les juifs antisionistes tels que Naturei Karta, les tendances de gauche, les pauvres et tous ceux qui s’opposent au projet en question émergent sous la forme d’un nouvel ordre mondial ».

    Je tiens à préciser que ce n’est pas « l’islamisme », terme aux forts relents islamophobes qui est visé. Mais bien l’Islam fondamentaliste qui est la cible à abattre. J’en veux pour preuve cette déclaration, de Boutros Ghali faite en 1996 et ce, dans le cadre de ses fonctions de Secrétaire général de l’O.N.U :

    « L’Islam fondamentaliste est contraire aux principes de la Charte des Nations Unies ».

    Ce Chrétien copte d’Egypte était certainement bien placé et un fin connaisseur des arcanes de cette institution mondiale. Lancé impunément via les médias, cette surprenante déclaration s’apparentait déjà à une déclaration de guerre ! A ma connaissance, aucune voix dans le monde islamique, de quelque nature que ce soit, ne serait-ce qu’un murmure, ne s’est faite entendre. Il est vrai que, comme disait Coluche, à notre triste époque, le seul mot d’Arabe fait rire. Le terme de Musulman allait connaitre, plus particulièrement depuis le fameux 11 Septembre 2001, un sort analogue. « Ben Laden/ Fantômas » et « Al-Qaïda/youkaîdi/youkaîda », allaient faire les beaux jours des caricaturistes et autres « Guignols de l’info » ! Les Musulmans, quant à eux, allaient bientôt apprendre à leurs dépends, les « bienfaits » de la « démocratie » universelle. Le fameux «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » aura vécu !

    La dite « démocratie » universelle étant comme de bien entendu, sous le contrôle d’une « autorité politique mondiale » aux couleurs de l’American Star-Spangled Banner (La Bannière étoilée américaine). Cette idéologie mondialiste est , elle, sûrement une mystique contraire aux principes religieux en général et, en particulier anti-islamique car notre religion reste « le dernier obstacle au nouvel ordre mondial » dixit Pierre Hillard (1).

    Des documents de première main existent pour expliquer les coulisses du pouvoir et les conséquences de cette politique en faveur du nouvel ordre mondial. Il faut partir à la recherche de ces documents que l’on trouve sur Internet. En politique, comme à la guerre, il est important de connaître ses ennemis afin de pouvoir les combattre efficacement. Nos ennemis jurés ont pu agir et nous pervertir d’autant plus facilement qu’en face, il y avait (et il y a toujours) une ignorance crasse doublée d’une mentalité étriquée.

    Cordialement votre.

    Note : (1) Pierre Hillard —- Pierre Hillard est catholique, docteur en science politique et professeur de relations internationales à l’École supérieure du commerce extérieur (ESCE)

    — « l’Islam est le dernier rempart contre le nouvel ordre mondial » (Vidéo) Article placé le 12 jan 2010, par Agata Kovacs (Genève) http://www.mecanopolis.org/?p=12445

    Ouvrages :

    1/ Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, sous-titre : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l’Europe, préface de Paul-Marie Coûteaux et postface d’Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2004 ;
    Les Ambiguïtés de la politique allemande dans la construction européenne, thèse de doctorat de sciences politiques sous la direction d’Edmond Jouve, université Paris-V, 2005 ;

    2 /La Décomposition des nations européennes, sous-titre : De l’union euro-Atlantique à l’État mondial. Géopolitique cachée de la constitution européenne, préface d’Édouard Husson, Éditions François-Xavier de Guibert, 2005 ;

    3 /La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, sous-titre : Destination Babel, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007 ;

    4 /La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, Éditions François-Xavier de Guibert, 9 avril 2009.

    Source : Wikipédia.




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  • Mohamed Jabara
    2 juillet 2010 at 19 h 38 min - Reply

    @ Simozrag.

    Quel témoignage poignant mon frère ! Ta fille m’avait dit que son père à une force de caractère hors pair, mais ce n’est qu’a la lecture de ton post que j’en ai vraiment pris l’exacte mesure.

    Ce ne peut être que la foi solide et profonde qui donne cette force de caractère qui permet de s’inscrire dans les voies du destin avec assurance et détermination, quelles que soient les difficultés. Ce n’est à la portée que de quelques privilégiés comme toi et qui réussissent à insuffler aux autres leur détermination,leur volonté et leur courage.




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  • jabara Mohamed
    2 juillet 2010 at 22 h 04 min - Reply

    @admin.

    Je propose qu’une lettre soit adressée aux ambassades de France et du Burkina Faso à faire signer sur le site à l’instar de la lettre ouverte à Ait Ahmed pour leur demander de mettre fin à cette situation contraire au Droit.

    La France pays des droits de l’Homme donne à cette occasion une image des plus risibles de la situation ou se hissent certains ministres planant tout à fait au dessus de l’Etat et du Droit comme dans certains pays sous développés.

    ==================
    La coordination va préparer la lettre.
    La Rédaction LQA




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  • simozrag
    3 juillet 2010 at 10 h 28 min - Reply

    Cher Salim 1er,

    Merci pour le commentaire et merci pour la documentation !

    Votre beau commentaire nous plonge cette fois dans le rêve et le romantisme. Avec des termes chargés de sens, qui rappellent la belle vie, leur « belle vie », l’été, les amusements et les vacances.

    Dans la mesure où vous évoquez « la grande bleue », « l’été festif », « le bleu azur », « les plages au sable fin », « les parasols », les « jus de fruits », etc.

    En effet, c’est le langage du groupe, du milieu et du moment. Merci de nous avoir donné l’occasion de rêver, de m’avoir rappelé ce que j’ai oublié. L’oubli est parfois une vertu qui aide à surmonter les problèmes.

    Qui nous fait oublier ce qu’on pense être des bonnes choses, alors qu’elles ne le sont pas peut-être. Vos mots ont fait renaître en moi le souvenir d’événements marquants, de petits loisirs, d’escapades pourrait-on dire.

    D’autant plus que nous sommes au mois de juillet, le mois des vacances, vos mots m’ont rappelé des mots et des maux, des refrains que je croyais effacées de ma mémoire, des chansons que j’entendais chaque été en Europe telle : le Mexicain basané (de Marcel Amont) est allongé sur le sol. Le sombrero sur le nez, en guise, en guise en guise de parasol.

    Ou bien l’autre de je ne sais qui, de François Deguelt peut-être : il y a le ciel, le soleil et la mer …Vous connaissez la suite !

    Que les lecteurs m’excusent d’avoir écrit ces vers sans rapport avec la situation, la conjoncture, l’exil, mais je le fais par humour, vous conviendrez qu’il faut un peu d’humour dans pareille situation, et pour signifier à l’ hurluberlu qui nous a catapultés ici que nous connaissions la vie autant que les siens, que nous ne sommes pas des extraterrestres, que le terrorisme, la criminalité, le sale business sont de leur côté.

    Mais nous ici, à Ouagadougou, nous sommes presque de l’autre côté de la barrière, aux crevasses de l’au-delà. Si je dis cela, ce n’est pas pour dénigrer l’Afrique, ni pour fustiger l’au-delà, qui est une destinée obligée. C’est seulement en souvenir d’un lieudit au Sud d’Ouled-Djellal (Biskra) que j’ai connu à l’occasion de la chasse.

    Il faut le voir pour comprendre pourquoi on l’avait nommé ainsi : « LES CREVASSES DE L’AU-DELA » (Chaâb lakhra). Un véritable paysage lunaire. C’est sans doute pittoresque pour les vacanciers de la lune !

    Nous parler de la grande bleu, ici à Ouagadougou, c’est nous inciter à rêver, Ici nous n’avons pas la mer, et nous ne sentons ni l’odeur de marée ni l’air frais qui s’en dégage.

    Chez eux, on parle de vacances, chez nous on parle d’exil et d’internement, chez eux on parle d’escapade touristique, romantique, chez nous on parle d’évasion carcérale, chez eux on parle de la brise de mer, ici on parle de sirocco.

    Nous n’avons ni plages, ni bruit de vagues, ni murmure de rivière, chez nous il y a la brousse. Il y a des lacs ou vous pouvez contempler des caïmans.

    Chez eux, on parle de tourisme de l’espace, de vacances sur la lune. Nous ici, on parle de poussière, de canicule, de coupures de courant.

    Nous, on a perdu la notion de bon vivre, on ne demande qu’à être libéré du cauchemar de l’exil, dont les carcans ne cessent de nous accabler depuis maintenant 16 ans. Et nous leur laissons la mer, la plage, les distractions, l’été et les vacances.

    Nous sommes victimes de plusieurs injustices dont les plus graves sont l’injustice de la déportation et l’injustice de l’indifférence. L’indifférence de la part des organisations de défense des droits de l’homme est inexcusable.

    Si l’objectif de ces organisations consiste à défendre les droits de l’homme, les militants de ces organisations doivent redoubler d’efforts quand si l’un des leurs, c’est-à-dire un militant des droits de l’homme qui est victime.

    Dans ce cas, l’indifférence est doublée d’un manquement au devoir de solidarité. Et ce manquement, cette défaillance peut mettre en danger et la cohésion du groupe et le mécanisme lui-même de lutte contre l’injustice.

    Non seulement l’effectif de défenseurs des droits de l’homme sera réduit chaque fois qu’un membre est atteint, mais aussi cette manière de faire pourrait contribuer à renforcer le camp adverse et à l’encourager dans les violations des droits de l’homme.

    De la sorte, la lutte contre l’injustice prend un sacré coup.

    Et on aura pour résultats : d’un côté plus d’opprimés, plus de pauvres, plus de harragas, plus d’écrasés, plus de déshérités, plus de déportés, plus de sans papiers, plus de réfugiésN

    Et de l’autre plus de mafias, plus de suceurs de sangs, plus de criminels, plus de dictateurs, et ainsi le peu d’équilibre entre le bien et le mal qui maintient le monde, sera rompu au profit du mal et il faudra (je ne dis pas il faudrait) s’attendre à une issue apocalyptique.

    Cher Mohamed Jabara,

    Je vous remercie infiniment pour votre initiative. Enfin, pour une fois on sort du babillage pour entrer concrètement dans l’action.

    Un dernier mot : je me demande pourquoi peu d’internautes s’intéressent à certains articles, d’où l’absence de débat, alors que d’autres articles en débordent ?

    Il faut savoir que ce qui nous est arrivé aujourd’hui, peut arriver à tout le monde demain, d’une façon ou d’une autre.

    Fraternellement,




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  • Mohamed Jabara
    3 juillet 2010 at 19 h 51 min - Reply

    Mon cher frère Ahmed Simozrag,

    Intervenir sur des articles comme celui de Zineb Azzouz ou le votre sans apporter de solution concrète et en se contentant de commenter la chose n’est pas productif. C’est je pense ce qui amène les internautes à les marginaliser.

    Que dire sur la misère que des arrivés font subir à leurs semblables sous des prétextes divers ? Qu’elle est injuste ? C’est une évidence ! Qu’ils utilisent la force de l’Etat à des fins individuelles et maffieuses ? C’est connu ! Qu’il n’y a pas de justice sur terre ? C’est de tout temps une réalité !

    Pour finir je ne sais si vous avez étudié la loi sur la réconciliation nationale pour déterminer son applicabilité à votre cas ou ses incidences directes et indirectes.




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  • Larbi Anti-DRS
    3 juillet 2010 at 20 h 04 min - Reply

    Salam Si Simozrag,
    80% des richesses de la planètes sont consommer par 20% de la populations mondiale. L’occident avec la France et les USA en tant que système politico-économiques vivent au-dessus de leurs moyens. Colonisations, exploitations, corruptions, coups d’ états dans tous les pays ayant un intérêts directes (Birmanie, Algérie, etc.) ou indirectes (tel le Nicaragua, la Colombie, la somalie), ou occupations directe tel en Afghanistan, Irak, Koweït, Arabie Saoudite etc. Sont la regle pour maintenir leurs dominations.
    Vous et les autres frères vous avez souffert ce que nos aïeux ont endure’ en Guadeloupe et Nouvelle Calédonie, vous étiez les premiers hommes libres qui ont oses et voulaient libérez leurs pays et peuples apres la pseudo-decolonisation. La seule et unique méthode Française, pour les non chrétiens qui veulent se libérer a été utiliser sur vous. Votre recit est un temoignage universel et eternel. Guantanamo a été un peut plus larges pour nos autres frères qui tous, en faite ils n’ont rien a se reprocher, que d’ être musulman et être dans le vizir d’ un petits apprentis sorcier qui essaye de remplir sa journée dans les services d’insécurités.
    Cher frère les européens, les américains, et tous les dictateurs (Algériens, Egyptiens, saoudien, etc.) tueurs et voleurs ne font que retarder la libérations des peuples qui se ferra mais hélas ne se serra que violente. Eux seuls decident de la methode de changement, la methode de scission entre la Tchequie et la Slovakie et la methode Serbe (Croatie-Bosnie-Monenegro-Slovenie-Macedoine-Serbie). Le modele Georgien et le modele de Birmanie, Algerie, etc.




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  • brahmi16
    4 juillet 2010 at 19 h 20 min - Reply

    @Me ahmed SI MOZRAG, c’ est evident que nous sommes lassés ,voire resignés de constater que le mal a finalement pris le dessus sur le bien .Nous n’ y pouvons rien ,le combat est perdu d’ avance. De nouvelles strategies de lutte doivent remplacer cette « guerilla » virtuelle que nous menons sur la toile, ces lamentations steriles font le jeu des tenants des pouvoirs planetaires qui, par ailleurs ,les suscitent et les encouragent(pour mieux les maitriser) , il s’ agit d’ une question de vie ou de mort pour les faibles et les opprimes .Le pouvoir politico financier international dirige à sa guise la planète , nos dirigeants ne sont que des pantins desarticules.Que faire devant votre detresse et celles de milliers d’ innocents qui ont tout perdu face à la bestialité de l’ homme? Detresse qui nous envahit de tristesse et de desespoir,detresse qui nous ote toute foi en dieu devant son abandon de ses sujets les plus vertueux.




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  • Congrès du Changement Démocratique