Édition du
30 March 2017

48 ANS APRÈS Sommes-nous réellement indépendants?

Pr Chems Eddine CHITOUR

L’Expression, 05 Juillet 2010

L’intelligence fait la force d’une Nation

«La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent» Albert Camus.

5 juillet 1962, Jules Roy en parle élégamment: «Ce fut une fête énorme, tonitruante, formidable, déchirante, d’un autre monde. Des hauts de la ville jusqu’à la mer, les youyous vrillaient le ciel. C’était la nouvelle lune.» 5 juillet 2010. Notre indépendance a atteint l’âge de raison. Mais l’Algérie peine toujours à se redéployer dans un environnement mondial de plus en plus hostile. Est-ce parce qu’elle n’abrite pas en son sein les compétences à même de la faire sortir de l’ornière? Est-ce qu’elle n’a pas les ressources qui lui permettraient de financer son développement? Non! Comment alors expliquer cette panne dans l’action qui fait que nous sommes encore à chercher un projet de société et à vivre au quotidien gaspillant une rente imméritée qui hypothèque lentement mais sûrement l’avenir de nos enfants, leur laissant ce faisant, une terre inculte, ouverte à tout vent où rien de «construit» par l’intelligence de l’homme ne lui donnera une singularité.
Comment et pourquoi la Révolution a embrasé l’Algérie? Deux faits résument l’état de délabrement physique et psychique de la société algérienne disloquée par 130 ans de racisme. Faut-il évoquer, comme le rapporte le Journal de la Révolution El Moudjahid, ces officiers bourgeois qui se faisaient transporter à dos d’homme par des «portefaix professionnels» à un bal du duc d’Orléans, et portant l’inscription infamante «Arabe soumis» que, par ordre de Bugeaud, des Algériens étaient tenus d’afficher sur leurs vêtements. A bien des égards, vu le combat titanesque de ces pionniers qui ont fait démarrer l’Algérie à l’Indépendance, nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants.
On le sait. Avec un rituel de métronome, chaque année nous réchauffons péniblement une symbolique à laquelle les jeunes qui, sans être éduqués dans le culte de la patrie, ont au fond d’eux-mêmes le «feu sacré». Dans une contribution remarquable, le journal La Tribune avait donné la parole aux jeunes des différentes régions du pays et leurs aveux sans concession sur ce que c’est le drapeau, l’indépendance qui sont pour nous des leçons de vérité. Ecoutons-les «(…) Les récentes sorties victorieuses de l’équipe nationale de football ont enflammé la jeunesse algérienne et ravivé des espoirs enfouis et réprimés au fin fond de toute une jeunesse désoeuvrée et en mal de repères». Selon notre interlocuteur, plus d’une dizaine de jeunes harraga, en grande partie de Mostaganem, qui avaient préparé leur traversée depuis des mois, ont rebroussé chemin pour fêter la victoire de l’EN avec leurs frères et amis. «Ils avaient emporté une radio et ont suivi le déroulement du match. Certains avaient peur de rentrer, mais tout le monde avait fini par décider de vivre ces instants magiques dans les rues de la ville. Ils ont défilé toute la nuit jusqu’au petit matin. Ils sont repartis le lendemain. Je ne sais pas s’ils sont arrivés ou pas», notera notre interlocuteur. (1)

En quête d’un projet de société
L’Algérie actuelle fait les choses à moitié avec l’ancienne puissance coloniale. Nous n’avons pas été constants dans notre démarche. Il est important d’une façon ou d’un autre, d’apurer ce contentieux qui dure depuis plus 178 ans. Les traumatismes subis par l’Algérie sont spécifiques et notre errance actuelle, entretenue aussi bien à l’intérieur que de l’autre côté, plonge ses racines dans le cataclysme qui eut lieu un matin de juillet 1830. Un certain général de Bourmont prenait en otage l’Algérie et donnait le «la» à la mise en coupe réglée d’un pays par la décimation de sa population. Mais ce serait une erreur de croire que l’ex-pouvoir colonial reconnaitra sa faute, il faut en tirer les conséquences, toutes les conséquences en ne comptant que sur nous-mêmes, en connaissant nos intérêts, en nous battant en dehors de toute nostalgie. Le monde a changé et les partis actuels seraient utiles en incitant les Algériens à travailler, s’instruire, bref être une nouvelle Révolution, celle de l’intelligence.
A l’Indépendance, nous étions tout feu, tout flamme et nous tirions notre légitimité internationale de l’aura de la glorieuse Révolution de Novembre. La flamme de la Révolution s’est refroidie en rites sans conviction pour donner l’illusion de la continuité. L’Algérie de 2010, qu’est-ce que c’est? Un pays qui se cherche, qui n’a pas divorcé avec ses démons du régionalisme, du népotisme? qui peine à se déployer, qui prend du retard, qui vit sur une rente immorale car elle n’est pas celle de l’effort, de la sueur, de la créativité? C’est tout cela en même temps! «La lutte pour l’indépendance, disait Aimé Césaire, c’est l’épopée de l’indépendance acquise, c’est la tragédie.» Le pays s’enfonce inexorablement dans une espèce de farniente trompeur tant que le baril couvre notre gabegie-. Après, ce sera le chaos.
Quand on dit que nous avons 800 laboratoires de recherche, qu’avons-nous créé de pérenne? Est-ce que l’Université est en phase avec le développement? Le pays s’apprête à dépenser 286 milliards de dollars dans l’installation d’infrastructures, de logements, quelle est la contribution de l’Université? Non, elle est tenue soigneusement à l’écart! On fait sans elle! En 2014, nous serons au même point! Certes, nous aurons un réseau d’autoroutes, qui nous permettra de gaspiller l’énergie puisqu’elle est gratuite, on peut même l’importer pour des centaines de millions de dollars pour satisfaire les exigences du citoyen.. On construira encore 1 million de logements pour satisfaire la demande sociale d’une population dont la démographie est incontrôlée. Véritable tonneau des Danaïdes qui fera que l’on ne pourra jamais satisfaire une demande débridée. Nous aurons de nouveaux barrages qui nous permettront encore de gaspiller un certain temps car l’eau est gratuite (1 m3 d’eau = 6 DA, 1,5 litre d’eau minérale = 25 DA, c’est-à-dire l’équivalent de 4 m3 d’eau potable!!) On achètera encore des voitures invendues et invendables en Europe car elles dépassent 130 g de CO2 par km, ici on ne prend pas en compte ce critère l’essentiel est que 3 milliards de dollars de pétrole et de gaz sont dépensés d’une façon irrationnelle. On achètera encore des fours, frigidaires…les plus énergivores car l’électricité est gratuite pour le moment. Jusqu’à quand?
Dans la division du «travail» du pouvoir actuel elle a pour rôle de gardienner pendant un certain temps les jeunes, peu importe ce qu’ils apprennent, il n’y a pas de travail pour l’immense majorité d’entre eux. On nous dit que le taux de réussite au Bac serait autour de 66%. Que représente ce chiffre? Une élévation réelle du niveau ou un abaissement inexorable des critères universels sanctionnant la fin du cycle secondaire? C’est assurément la déliquescence de l’acte pédagogique avec, fait nouveau, l’obligation de valider l’année quel que soit le nombre de jours d’enseignement, avec des «artifices» qui n’ont rien de scientifique. C’est aussi un grand malheur que les baccalauréats des filières scientifiques (mathématiques et technique), qui structurent l’intelligence de l’élève, aient pratiquement disparu au profit d’un baccalauréat des lettres hypertrophié et d’un Bac sciences fourre-tout. L’avenir de l’Algérie est largement compromis; nous ne formons pas en qualité les scientifiques et les technologues de demain. Quant au ministère de la Formation professionnelle, on à peine à comprendre sa logique. Il eut été hautement profitable dans le cadre du premier plan de former des cohortes de jeunes au contact des Chinois et Japonais de l’autoroute, des Chinois des Turcs qui s’occupent du logement, des Français qui s’occupent des barrages…Voire négocier la mise en place de centres de formation professionnelle in situ au lieu de vouloir faire à tout prix les enseignements du supérieur.
J’avais dit dans un article précédent où j’analysais le phénomène du «Mondial» que l’Ecole en Algérie, ne fait plus rêver! Ce n’est plus un ascenseur social. D’autres niches beaucoup plus juteuses sont explorées. Quand un entraîneur de foot reçoit d’après les publications internationales du Mondial 250.000 euros pour sa participation au Mondial, quand il dit on est payé à un million de DA/mois, Quand des joueurs, pour la plupart vivant en France, reçoivent en une fois l’équivalent de 8 carrières d’un professeur d’université, il ne faut pas s’étonner que les parents d’élèves ne cherchent plus la meilleure école pour leurs enfants, mais le meilleur club pour l’entraînement de ces joueurs en herbe. Non! l’Algérie ce n’est pas cela! L’Algérie des Larbi Ben M’hidi, des Didouche Mourad, des Krim Belkacem des Mohamed Boudiaf et de tant d’autres anonymes qui ont donné leur vie pour que nous soyons indépendants, ce n’est pas cela. Cela ne doit pas être cela!

Où est l’Algérie de Benboulaïd?
Que reste-t-il de ce feu sacré qui animait l’Algérie au sortir de l’Indépendance? Articuler le social et le national au lieu de les opposer, c’est redonner au peuple un nouveau projet de la force et de la puissance de la Révolution. Peut-être qu’il faille une nouvelle révolution de l’intelligence où chacun se reconnaît, un espace qui fédère tous ceux qui ont des choses à dire et des choses à faire avec l’assentiment du plus grand nombre en ne comptant pas sur la rente, qui a fait de nous des paresseux et qui, à tort ou à raison, cristallise les rancoeurs de tous ces jeunes sans qui il n’y aurait pas d’Algérie. Il faut en définitive faire émerger de nouvelles légitimités basées sur le savoir, bien dans leurs identités, pétries de leur histoire et fascinées par le futur.
Pour Lahouari Addi tout se ramène en définitive à la formation des hommes Ecoutons-le: «Le combat pour une université digne de ce nom, productrice de savoirs, animée par des enseignants-chercheurs respectés, est un combat qui engage l’avenir. Vous luttez pour que les compétences restent au pays, parce que, dans l’ère de la mondialisation, payer un professeur 400 euros par mois, c’est inciter l’élite intellectuelle à quitter le pays. L’enseignant universitaire est devenu, en quelques années, un employé paupérisé, alors qu’ailleurs, aux USA, en Europe, au Japon, il est une autorité sociale. En Algérie, c’est à peine un petit fonctionnaire luttant pour survivre dans une société où il n’est plus un modèle pour les jeunes, dans une société où l’échelle des valeurs a été bouleversée. Si l’Université est dans la léthargie, cela voudrait dire que la société civile n’en est pas une…»(2) Cela me rappelle une petite histoire. Deux professeurs algériens décident dans les années 80, lors d’une soutenance de thèse à Tlemcen, de visiter l’université d’Oujda distante d’une cinquantaine de km. Après avoir fait longuement la chaîne et traversé le no mans land après la frontière algérienne, il font la chaîne du côté marocain, pas longtemps.
Un policier vérifie rapidement les passeports des Algériens et prend ceux des deux professeurs algériens, il revient quelques minutes plus tard, et conduit les deux professeurs dans le bureau du lieutenant qui les reçoit avec bienveillance et chaleur, les fait asseoir, leur offre le thé et va jusqu’à leur donner ses coordonnées personnelles au cas où ils auraient besoin de lui. L’un des collègues lui posa la question: «Pourquoi ce traitement de faveur?» Joignant le geste des deux mains sur sa tête, le lieutenant dit «Notre roi nous a dit de mettre nos professeurs au- dessus de nos têtes»…C’est peut-être là une expérience à considérer. Les universitaires marocains travaillent dans un environnement propice à l’ouverture internationale, ils invitent même pour de longs séjours des sommités étrangères.
Ce que nous ne pouvons pas faire chez nous du fait de contraintes de tout ordre.
Que faut-il faire pour que l’Algérie puisse véritablement décoller? Tout se joue dans le temps qui nous sépare d’une génération. Dans 20 ans, si nous ne faisons rien pour ce pays, il n’existera plus en tant qu’Etat indépendant, il sera définitivement satellisé autour d’un Etat puissant et qu’on se le dise, ce n’est plus le nombre qui fait la force d’une nation mais l’intelligence et le pouvoir scientifique. Ne pouvons-nous pas redonner à ce peuple la fierté autrement que par des démonstrations – comme celles lors de la victoire en football – certes belles mais sans lendemain? Ces motifs de fierté font appel au travail, à la sueur, à la patience. En un mot, il faut réhabiliter l’effort autrement que par la distribution de la rente par un ministère qui contribue à la cohésion sociale par le ciment des subventions, et autre filet social au lieu de contribuer à la mise en place d’un environnement propice à la création de richesses.
Où en sommes-nous en ce 48e anniversaire? Il y a un réel problème pour les gouvernants qui, chaque année, s’éloignent un peu plus de la symbolique ô combien unificatrice -si on sait y faire- de l’indépendance.
C’est un fait, nous avons des difficultés à être nous-mêmes et à réveiller la flamme du patriotisme que chacun, à des degrés divers, rêve de voir réanimer pour montrer que tout n’est pas perdu, qu’il est possible encore de tracer un destin pour ce pays. Ce peuple n’a pas besoin du m’as-tu-vu pour croire. Il nous faut chaque fois réinventer le sens de l’Indépendance nationale.
Le nouveau langage n’est plus celui des armes mais celui de la technologie du Web2.0, des nanotechnologies, du génome, de la lutte contre le réchauffement climatique et des nouvelles sources d’énergie du futur.
Il nous faut aussi une stratégie multidimensionnelle concernant l’avenir dans le domaine de l’énergie, de l’environnement, de la sécurité alimentaire et de l’eau Chacun sait que les infrastructures publiques et les équipements collectifs programmés dans les deux plans quinquennaux n’ont pas eu et n’auront pas d’impact (3).
Notre pays doit retrouver le chemin de la sérénité. Il doit libérer les énergies en réhabilitant les valeurs du travail, de l’effort et du mérite. Il n’y a pas d’autre issue.
Imaginons que les 10 millions de jeunes du système éducatif dans son ensemble ont un cap et se mobilisent eux-mêmes autour d’une utopie, celle de la création de richesses. L’Algérie n’aura plus à supplier, elle sera véritablement une nation prospère de sa richesse culturelle scientifique et technologique. Pour cela, seul le parler-vrai permettra à l’Algérie de renouer avec ce nationalisme qui, contrairement à ce que pensent les nihilistes, n’est pas passé de mode, c’est un puissant stimulant et qui peut se décliner avec les outils du XXIe siècle.

1. Mohamed Ouanezar Oran: Le patriotisme des jeunes réhabilité par les victoires de l’EN – La Tribune 05-07-2009
2. Lahouari Addi: La représentation du
1er Novembre 54.
http://www.batnainfo.com/?p=539
3. Chems Eddine Chitour: L’Expression du 9 juillet 2009




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5 Commentaires sur cet article

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  • Abdelkader DEHBI
    5 juillet 2010 at 22 h 43 min - Reply

    Si j’avais encore l’âge des propédeutiques où l’on nous faisait résumer des textes, je me serais sûrement contenté – s’agissant de cet excellent article de M. le Pr Chitour – de reprendre purement et simplement les deux phrases suivantes :
    « « « Que faut-il faire pour que l’Algérie puisse véritablement décoller?……. Pour cela, seul le parler-vrai permettra à l’Algérie de renouer avec ce nationalisme qui, contrairement à ce que pensent les nihilistes, n’est pas passé de mode, c’est un puissant stimulant et qui peut se décliner avec les outils du XXIe siècle. » » »
    Publié en ce jour terne du 48ème anniversaire de la proclamation de l’Indépendance, cet article pose une question et donne deux réponses interdépendantes : A la question fatidique, que faut-il faire pour que l’Algérie puisse véritablement décoller ? l’auteur suggère : 1°) – le parler-vrai aux algériens, en tant que condition sine qua none au second point, savoir, 2°) – le renouement avec le nationalisme.
    Je vais tâcher – immodestement, j’en conviens – de donner, de mon point de vue de citoyen, le contenu idéal qui pourrait être mis dans ces deux proclamations de foi de M.Chitour, proclamations que j’appuie de toutes mes forces, est-il besoin de le souligner.

    1°) – Le parler-vrai au Peuple.

    Ce parler-vrai, implique nécessairement que le locuteur doit être une « autorité » morale, reconnue comme telle et non comme un « pouvoir », dans la mesure où, s’agissant de notre pays en particulier, le concept de pouvoir est un concept définitivement démonétisé, déconsidéré, discrédité, parce que ce pouvoir est illégitime, corrompu et à la limite du reniement de nos Valeurs morales ancestrales et des principes patriotiques qui ont été à l’origine du déclenchement de la Révolution Algérienne.
    (Juste une brève digression à ce propos : avez-vous remarqué que les termes de « Révolution », de « patriotisme », de « nationalisme », de « morale », sonnent aujourd’hui chez nous, comme des niaiseries, des ringardises ? Et que, en revanche, les renégats de luxe, les fous du roi et autres bonimenteurs de l’Occident, voire du colonialisme d’antan et même du sionisme dans certains cas, sont parfois regardés par nos stupides bobos hébétés, comme des personnes « ouvertes » comme qui dirait, « honni soit qui mal y pense ») – fin de la digression –
    Et Dieu merci, notre patrie ne manque pas d’hommes de valeur, qui représentent de véritables autorités morales, mais aussi intellectuelles, qui recouvrent tous les domaines : historique, politique, universitaire, professionnel. Ils font la quasi-unanimité autour de leurs noms, au sein de notre Peuple. Ils sont de toutes les générations, de toutes les régions, de toutes les sensibilités idéologiques, de toutes les carrières, publique ou privée.
    Ces hommes-là, vivent dans leur conscience, dans leur dignité et parfois dans leur liberté, dans leur chair ou dans l’exil, l’infamie et l’arbitraire d’un pouvoir mafieux et quasiment anti national – n’ayons pas peur des mots ! Ne sommes-nous pas dans un schéma de parler-vrai ? – en tant que ce pouvoir a fini par tuer toute forme de vie citoyenne dans ce pays, au bout de deux longues décennies d’un Etat d’Urgence criminel ; la première décennie ayant été caractérisée par une terreur criminelle dont les tenants et les aboutissants sont loin d’avoir livré La « vérité » ; une terreur criminelle qui semble comme avoir été conçue pour préparer le terrain socio psychologique à la seconde décennie, marquée elle, par la prédation générale, le pillage en règle du patrimoine public et le bradage des ressources de la nation.
    Ces hommes-là donc, ils existent. Ce sont les fils de l’Algérie patriotique contre celle des nouveaux harkis manipulés de l’intérieur ou de l’extérieur, de l’Algérie compétente contre celle des faussaires, de l’Algérie intelligente contre celle des analphabètes, de l’Algérie entreprenante et travailleuse contre celle des jouisseurs de la rente et des trabendistes.
    Il suffit que ces hommes-là communiquent entre eux, se reconnaissent mutuellement et se fédèrent en un vaste mouvement national de contestation citoyenne, mouvement qui ne doit prendre fin qu’avec la chute du régime en place et sa mise en accusation publique.

    2°) – Le renouement avec le nationalisme.

    Ce renouement avec l’esprit du nationalisme, s’inscrit dans la logique du parler-vrai au peuple algérien. Certes le patriotisme s’apprend d’abord au sein de la famille puis à l’Ecole ; il s’apprend aussi, bien qu’à titre subsidiaire, dans le Bureau, dans l’Entreprise et même dans la Rue ; mais on ne peut plus ignorer aujourd’hui, le rôle de plus en plus grand de l’influence des médias, en particulier des médias dits « lourds », dans la formation – ou dans la dégradation – de l’esprit nationaliste de la population.
    Il faut rappeler en effet que le nationalisme bien compris est un nationalisme intelligent, ouvert sur le monde extérieur, sans aucun esprit de chauvinisme patriotard et demeuré. Ce nationalisme éclairé est donc une Valeur morale qui ne peut cohabiter qu’avec d’autres valeurs morales telles que l’intégrité, l’abnégation, l’amour de la patrie et un véritable esprit de solidarité nationale qui ne peut s’épanouir que dans un climat de libertés publiques, de justice et d’égalité de tous les citoyens devant la Loi, pour que cesse enfin ce régime infâme de l’arbitraire contre les plus faibles et de l’impunité scandaleuse des plus forts.




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  • samir
    6 juillet 2010 at 8 h 54 min - Reply

    une seule chose à faire pour que l’algerie puisse decoller:se debarasser de la clique de voyous au pouvoir.c’est ce régime qui retient notre pays dans l’innaction,dans la pauvreté,dans le desaroi.aprés 50 ans d’independance il est temps de voir la réalité en face:seule une revolution populaire est à même de remettre notre pays dans la voie du developpement.cessons d’être hypocrites et soyons fermes et courageux comme le furent ceux qui declencherent la lutte armée.que les responsables de l’opposition prennent assument leurs rôles ou quittent la scene politique.seul un appel de revolte au peuple et une desobeissance des jeunes officiers de l’ANP pourraient clore definitivement ce chapitre cauchemardesque qui dure depuis prés d’un demi siecle.




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  • Tanina
    6 juillet 2010 at 20 h 09 min - Reply

    Essalam alikoum, Azul,
    Laissez-moi vous dire que le taux de 66% de bacheliers est un chiffre totalement faux, car les vrais chiffres sont bien en deçà.
    Chaque année, notre système organise un tintamarre télévisé organisé pour duper le peuple. Ils octroi des laptops en guise de félicitations aux meilleurs lauréats pour camoufler ses propres turpitudes.
    C’est juste un cirque qui arrange ce régime, à leur tête ce Benbouzid. Alors qu’une grave maladie gangrène le système éducatif, il s’agit d’un fiasco total et généralisé, à travers lequel le système cognitif des enfants algériens est attaqué.
    Avant de parler de la formation universitaire, il faut plutôt commencer par l’enseignement général qui forme actuellement des analphabètes trilingues. Il existe des étudiants à l’université qui sont incapables de déchiffrer une question, ne dit-on pas que la réponse se trouve dans la moitié de la question. Il ne suffit pas de faire des réformes superficielles sans pour autant réformer la formation des enseignants et s’attaquer à l’origine du mal, lequel ne réside pas uniquement derrière les murs d’une école. Car l’école n’est qu’un maillon de tout le système politique.
    Il ne suffit pas de décorer la vitrine, il faut aller à l’arrière boutique et découvrir ce qui se trame derrière.
    D’après Mustapha Lacheraf, le diagnostic de la débâcle de l’éducation a été qualifié de sinistré par Boudiaf (AY) . J’ai déjà parlé à des enseignants et j’ai entendu des vertes et des pas mûres.
    Certains m’ont parlé de leur misérable vie et de leur désarroi. J’ai même connu un enseignant de physique qui donnait au élèves du cours élémentaire moyen des notes au hasard (a la tête), il passait son temps à vendre des bons d’achat de semoule à bas prix de la SIMPAC au sein de l’école et il œuvrait comme militant dans un parti politique.
    Nous savons tous que le taux d’enseignants est composé essentiellement de femmes. Une enseignante m’avait dit qu’elle allait souvent acheter des choses et des habits sur les tables du marché qui appartiennent à ses anciens élèves. Ces enfants là qu’elle ne cessait de convaincre pour les empêcher d’abandonner leur scolarité, elle leur demande souvent de lui baisser les prix en leur disant : «issedjik ya wlidi sa3edni », elle me disait que ces jeunes gagnent leur vie plus qu’elle et plus que le directeur d’établissement. Elle m’a dit qu’elle sait pertinemment qu’elle avait tort de les convaincre de s’accrocher, puisqu’avec leurs petits commerces, ils gagnent leur vie amplement mieux que tous les agents de l’école.
    L’enseignant doit, normalement, être considéré comme le pivot du système éducatif. Il est devenu un mendiant qui est obligé de tendre sa main même a ses élèves pour survivre. Ces êtres auxquels elle dispensait des valeurs et des apprentissages pour devenir les élites de demain…
    L’enseignant est piétiné et trainé dans la boue, il se bat sur plusieurs fronts, notamment les femmes. Je connaissais également une autre enseignante qui me disait, «Je touche un salaire de misère, alors qu’a cause des pénuries d’eau, je suis obligé de me réveiller à 4h du matin pour remplir les jerricanes et laver le linge de mes enfants, et le soir je suis obligé de faire la queue pour acheter un pain. Arrivé au soir pour faire les corrections, je me sens vidée de tout mon jus. Et dieu sait combien le métier d’enseignant est ardu et pénible.
    Sans oublier ceux et celles qui habitent dans des conditions inhumaines.
    Il faut dire aussi que la plupart des enseignants ont besoin de formation continue, car celle qui est dispensée dans les écoles normales doit être remplacée par une formation universitaire digne de ce nom, car la plupart des enseignants ont eux même échoué au baccalauréat, notamment ceux du niveau primaire et moyen.
    Ces cycles représentent la BASE de l’éducation et cela n’est point pris en considération. Le taux d’échec et d’abandon scolaire sont alarmants, et cela est orchestré sciemment par notre système, car à défaut d’avoir des milliers de chômeurs sur les bras, ils préfèrent fabriquer des êtres vides, des harragas, des intégristes, des prisonniers et des futurs (chair à canon), sans parler de ceux qui deviennent des «meztolines» à longueur de journée.
    Notre société est, ainsi, vouée éternellement au sous-développement et à un système arbitraire qui fabrique des être MINEURS qui se conduisent comme des enfants qui ont besoin de TUTEUR, dans le but de permettre au régime criminel de se régénérer comme un vrai CANCER.




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  • ahmed boutella
    10 juillet 2010 at 3 h 53 min - Reply

    Très franchement c’est du khorti de A … Z messieurs. Ce qu’il faut faire au lieu de nous chanter que le nationalisme c’est ceci ou cela, c’est comment redonner espoir justement à ces harragas qui se barrent. Ce n’est pas des mots dont ils ont besoin mais de faits (de buts). Il n y a que des mots comme les miens et ça ne mange pas. Positionnez-vous contre le pouvoir actuel, dites-le clairement au lieu de tourner autour du pot.

    Wa Sallam




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  • Abdelkader DEHBI
    11 juillet 2010 at 0 h 56 min - Reply

    @ — ahmed boutella :

    «  » »Très franchement, c’est du khorti… » » », écrivez-vous, d’entrée de commentaire, en prouvant par-là même, que vous ne vous êtes même pas donné la peine de vous informer sur ce site, sur son contenu et sur ses orientations, en en lisant au hasard, quelques articles ou les commentaires y afférents. Et c’est bien dommage, car, vous vous seriez vite aperçu que le « khorti » comme vous dites, se trouverait plutôt ailleurs… C’est une triste caractéristique – quasi génétique – chez l’algérien : il critique d’abord ; juste pour critiquer, pour donner le change, comme pour affirmer son existence, sans même chercher à savoir et encore moins à comprendre. D’ailleurs, le seul fait que votre commentaire totalement négatif et inutile, ait été publié par le modérateur du site, constitue en soi, une réponse cinglante à votre défaitisme.- Quant aux « harrages », qui vous font tant de peine, suggèrerez-leur qu’il y a plus de dignité à aller revendiquer les droits citoyens devant les palais et les bureaux des dirigeants du régime illégitime, criminel et corrompu, qu’à aller se noyer bêtement en Méditerranée.




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