Édition du
30 March 2017

Le journaliste tunisien Fahem Boukadous condamné à 4 ans de prison

Nouvel Obs.com 07/07/10 17:28

La « diffusion d’information de nature à troubler l’ordre public » est reprochée au journaliste tunisien. La France se dit « attachée à la liberté d’expression ».

Fahem Boukadous, correspondant de la chaîne satellitaire Al-hiwar Ettounsi a été condamné, mardi 6 juillet, à quatre ans de prison ferme pour « diffusion d’information de nature à troubler l’ordre public », a-t-on appris auprès de son avocat. Fahem Boukadous était absent au procès.

Le tribunal d’appel de Gafsa (sud) a confirmé le verdict de première instance pour « appartenance à une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens » et pour « diffusion d’information de nature à troubler l’ordre public ».

« Ce verdict a été prononcé dans des conditions anormales, puisque mon client est toujours hospitalisé et risque à tout moment d’être emprisonné », a indiqué son avocat Mohamed Abbou.

« Mon transfert en prison veut dire ma mort »

Fahem Boukadous a déclaré qu’il s’attendait à être arrêté d’une minute à l’autre » faisant assumer aux autorités tunisiennes une dégradation de son état de santé.

« Mon transfert en prison veut dire ma mort », a ajouté le journaliste, hospitalisé depuis le 3 juillet dernier à Sousse au centre de Tunis pour insuffisance respiratoire et infection dans les poumons, selon lui.

Pour ses avocats et des ONG dont Reporters sans Frontières (RSF), Fahem Boukadous, a été condamné pour avoir couvert les manifestations populaires du bassin minier de Gafsa en proie en 2008 à l’agitation sur fond de chômage, cherté de la vie, corruption et clientélisme.

Paris recueille des « informations »

La France est attachée « à la liberté d’expression en Tunisie », a réagit le ministère des Affaires étrangères, au lendemain de la condamnation de Fahem Boukadous.

« Nous nous attachons à recueillir des informations sur la situation de Fahem Boukadous, que nous suivons avec la plus grande attention« , a déclaré lors d’un point-presse le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, en réponse à une question sur sa condamnation.

« Nous rappelons notre attachement à la liberté d’expression en Tunisie et partout dans le monde », a-t-il ajouté.

(Nouvelobs.com avec AFP)


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