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21 July 2017

Andrew Henderson, ambassadeur du Royaume-Uni “L’Algérie n’est pas un pays dangereux”

Par : Samia Lokmane-Khelil, Liberté, 10 juillet 2010

M. Henderson quittera l’Algérie en novembre prochain. Il y aura passé trois ans. Mercredi soir, il était l’invité de la circonscription d’Islington, au nord de Londres, dont le nouveau maire est Mouna Hamitouche, une élue d’origine algérienne. Son séjour dans la capitale britannique coïncide avec la tenue de la conférence des ambassadeurs britanniques à l’étranger.

Andrew Henderson regrette de ne pas avoir visité Timgad mais il s’est rendu à Djemila, un autre musée romain à ciel ouvert dont il décrit la beauté. Il a également fait une virée à l’ancienne Hippone et une autre dans la ville de la citadelle de Santa-Cruz.
En revenant d’un voyage par route de Hassi-Messaoud, l’ambassadeur du Royaume-Uni à Alger a été particulièrement ébloui par la splendeur des gorges de la Chiffa, plus connues pour avoir été le repère des terroristes il y a quelques années. “L’Algérie n’est pas un territoire dangereux”, précise le diplomate. Il accuse une certaine presse d’altérer l’image du pays en distillant des informations alarmistes sur sa situation sécuritaire. “Encore aujourd’hui, beaucoup de Britanniques ne connaissent pas l’Algérie ou ont une perception négative à son propos”, déplore M. Henderson.
Exalté, il exhorte ses compatriotes à s’y rendre pour constater de leurs propres yeux qu’elle n’est pas une destination périlleuse. Curieusement, ses encouragements tranchent avec les conseils à la prudence du Foreign Office, sa tutelle, qui persiste à classer notre pays parmi les plus risqués de la planète. “Nous devons informer nos ressortissants”, se contente de dire l’ambassadeur, précisant par ailleurs que ses déplacements en Algérie se sont déroulés sous forte escorte des services de sécurité. M. Henderson quittera l’Algérie en novembre prochain. Il y aura passé trois ans. Mercredi soir, il était l’invité de la circonscription d’Islington, au nord de Londres, dont le nouveau maire est Mouna Hamitouche, une élue d’origine algérienne.
Son séjour dans la capitale britannique coïncide avec la tenue de la conférence des ambassadeurs britanniques à l’étranger. M. Henderson révèle avoir eu des entretiens avec ses collègues en poste à Rabat, Tunis et Tripoli, sur l’intention de renforcer la présence britannique dans le Maghreb. La consolidation des relations entre l’Algérie et le Royaume-Uni lui inspire une grande satisfaction. Modeste, il refuse d’endosser toute la responsabilité dans le resserrement des liens bilatéraux.
Selon lui, le partenariat algéro-britannique se traduit dans la réalisation de plusieurs projets et à travers une activité diplomatique dense. “En l’espace de quelques semaines, trois ministres algériens se sont déplacés à Londres ce printemps”, précise le diplomate, faisant référence aux visites d’Abdelkader Messahel, ministre délégué aux Affaires
maghrébines et africaines et de ses ex-collègues du gouvernement, Chakib Khelil (Énergie) et Abdelhamid Temmar (Industrie et Investissements).
Le séjour de M. Messahel était motivé par la tenue de la quatrième session de la haute commission mixte de la coopération bilatérale, installée en 2006, au cours de la visite d’État de Abdelaziz Bouteflika au Royaume-Uni. Cette fois, les deux parties ont convenu de mettre en place un groupe d’experts dans le domaine de la sécurité et la lutte contre le terrorisme. En déplacement en Algérie en octobre 2009, Bob Ainsworth, ancien ministre de la Défense dans le gouvernement de Gordon Brown, avait révélé l’intention de son pays de vendre des équipements militaires à l’ANP. Depuis, des informations persistantes ont circulé autour de la signature d’un contrat sur la livraison d’hélicoptères.
La transaction impliquerait l’équipementier italien Augusta Westland, dont les usines se trouvent à Somerset, au sud de l’Angleterre. Interrogé à ce propos, M. Henderson affirme qu’il n’est au courant de rien. De même, il n’a pas grand-chose à dire sur le dossier d’extradition de l’ex-milliardaire, Abdelmoumene Rafik Khelifa.
“L’affaire est en appel à la Haute-Cour”, se contente-t-il d’affirmer. L’ambassadeur préfère s’épancher sur les investissements britanniques en Algérie. Il évoque l’implantation dans le pays de British-American Tobacco, d’Unilever et de Glakso-Smith Kline dans le domaine pharmaceutique. Selon lui, l’absence d’informations est le principal frein à l’investissement étranger dans le pays.
“Les hommes d’affaires aiment que les situations soient claires”, observe le diplomate, se référant au cafouillage créé par la promulgation de la dernière loi de finances.
S’exprimant sur le dossier des visas, l’ambassadeur a nié l’existence de blocages. En témoigne, selon lui, la réduction à 10 jours maximum du délai de traitement des demandes.


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9 Commentaires sur cet article

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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    10 juillet 2010 at 11 h 26 min - Reply

    Oui, Monsieur l’Ambassadeur, l’Algérie n’a jamais été un pays dangereux. C’est le pouvoir illégitime, soutenu par les Etats occidentaux qui est dangereux et facteur d’instabilité tant interne que régionale.

    Salah-Eddine Sidhoum
    Coordination de l’Appel du 19 mars 2009.




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  • karima
    10 juillet 2010 at 11 h 27 min - Reply

    Actually London is more dangerous than Algiers.




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  • A.By
    10 juillet 2010 at 13 h 43 min - Reply

    L’analyste historien projectionniste algérien avait toujours supposé poser cette question lancinante suivante à la monarchie anglaise ou à un de ses représentants officiels : Que serait-il advenu du destin politique de l’Algérie, si Lord Exmouth avait réussi à investir pour une longue durée la régence d’Alger après ses bombardements sérieux de 1816 ?
    D’autant plus qu’en 1830, ce même Lord Exmouth revient à la charge en donnant un coup de main au maréchal français De Bourmont lors de la prise d’Alger.
    Même si l’Algérie aurait été « dangereuse », cela n’aurait guère empêché les simples algériens lambdas de fouiller un peu leur passé pour savoir que les anglais avaient précédés les français et que leur voracité énergétique demeure toujours vivace, sournoise et froide à la « British P… »…Désolé, Excellence, vous caressez les poils du pouvoir algérien dans le bon sens…frogs have dirty lips !




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  • l.leila
    10 juillet 2010 at 17 h 16 min - Reply

    Bonjour,
    Ainsi qu’en 1808, quand Napoléon avait demandé au ministre de la marine de lui trouver un officier de marine « un peu discret,lui dit-il, et un peu ingénieur de terre » et qui remplirait une mission assez délicate.Il le voulait de talent. Napoléon, souhaitait une expédition afin de porter atteinte à l’influence de l’Angleterre. L’homme choisi était Boutin dont un monument fut élevé à sa mémoire près de Dely Brahim, lors du centenaire de l’occupation française. L’homme parti donc en mission « touristique », et en tenue civile, séjourna à Alger du 24 mai au 17juillet 1808. Cependant, on le repéra.Il ne s’agissait pas d’un touriste ordinaire! Et le Dey menaça de « le faire enterrer tout vif » en cas de récidive. A son retour chez lui, après s’être évadé de prison, il rédigea non pas un simple rapport, mais un mémoire dans lequel il conseillait comme lieu de débarcation Sidi-Fredj au lieu de cap matifou, en prenant soins de rapporter les moindres informations et jugements,sans rien négliger – climat, vol des sauterelles, évaluation des forces du Dey, son jugement carrément négatif la population algéroise…- Il remit ausi des plans et des cartes.Il recueillit des informations de l’ouvrage d’un anglais qui avait visité le Maghreb. En effet, le mémoire ne manqua pas d’intéresser Napoléon. Notre pays est de tout temps convoité.
    Mes salutations




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  • citoyen
    10 juillet 2010 at 20 h 24 min - Reply

    c pour sa que l on rencontre des anglais et des ecossais a tout les coins de rue en algerie………, merci de la belle langue de bois mister .si vous y viviez aghma.




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  • still
    10 juillet 2010 at 23 h 02 min - Reply

    Non, sir. L’Algérie n’est pas un pays dangereux. Comment peut-on l’être quand on est a genoux, prostré devant l’Occident, tournant le dos a son propre peuple?
    Et puis, dangereux pour qui?-Assurément pas pour vos intérêts, vous les occidentaux: Vos intérêts sont les leurs. Ils se fournissent chez vous. Ils se soignent chez vous. Ils prennent leur bain de jouvence dans leurs résidences chez vous. Et, en cas de pépin, ils se refugient chez vous.Ils sont les vôtres. Prenez-les définitivement, pour toujours et débarrassez-nous-en! Vous aurez ainsi rendu un service inestimable aux autochtones.




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  • Djamel Eddine U
    11 juillet 2010 at 4 h 21 min - Reply

    Monsieur l’embassadeur,
    Le terroriste que vous manipuler de Londre ne peut pas tirer sur son patron sur votre champs de batail. Vous avez bien pris notre pays comme un laboratoire de gestation du nouveau monstre du monde que vous avez nome ensuite: « AlQaida ». Les contrats du petrol algeriens ont etaient bien signe durant les annees de braises. Vous avez bien fait votre intrusion dans le noir pendant que vous aviez donne vos ordres de nous bien egorger. Tres bon travail monsieur l’embassadeur, vous avez reussit!




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  • brahmi16
    11 juillet 2010 at 15 h 30 min - Reply

    Ah, ces européens, ils continuent de croire que nous sommes tous des sous hommes,des sauvages.monsieur l ambassadeur a passé un excellent sejour parmi, nous il est bien eduqué, bien poli, prévenant, attentionné hum !hum! hum! suivez mon regard,comment peut il declarer autrement, vu que c’ est un diplomate et que les diplomates, ça ne dit jamais ce qu’ ils pensent reellement.En un mot c’ est une declaration diplomatique et qui dit diplomatique dit langue de bois.Mais ce qui est à noter c ‘est l’ empressement des journalistes de service à reprendre ces fantasmes.




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  • el-amel
    13 juillet 2010 at 18 h 53 min - Reply

    « Vacances à l’étranger…DESTINATION DANGER
    Terrorisme
    Algérie : l’organisation al-Qaïda au Maghreb islamique a attaqué le 30 juin dernier les forces armées algérienne dans le sud du pays. Elle fait peser une menace dans tout le Sahel (Sénégal, Mauritanie, Mali, Niger) » DirectMatin du vendredi 9 juillet
    Un journal gratuit des riches donne des conseils aux « Français qui s’apprêtent à partir à l’étranger » afin d’éviter les destinations à risque classées en quatre catégories : le terrorisme, la criminalité, les troubles sociaux et les risques sanitaires.
    Le lundi 12 juillet sur Fr2, un « historien » a présenté une leçon aux téléspectateurs sur la colonisation en utilisant la carte de l’Algérie et en mettant en évidence quatre villes : Alger, Blida, Constantine, et Bône et le présentateur de l’émission a fait un rappel pour Béjaïa en rectifiant Bougie, seront-elles bientôt annexées ? l’objectif de la leçon est l’interprétation d’un fait, c’est qu’en 1830, après l’envoi de « 37 000 hommes » pour occuper le pays, c’était simplement un « piège » car il n’était pas question d’occuper la totalité du territoire, oui parce que le voisin qui voulait sa part du gâteau ne fermait pas l’œil. Donc « l’incertitude sur l’occupation totale ou restreinte, limitée aux grandes villes portuaires d’Alger, Oran, Béjaia et Annaba » était une stratégie « d’expansion pour la France » par le contrôle des voies maritimes et Guizot le définissait ainsi « ce qui convient à la France, ce qui lui est indispensable, c’est de posséder sur les points du globe qui sont destinés à devenir de grands centres de commerce et de navigation, des stations maritimes sûres et fortes, qui servent de points d’appui à notre commerce, où il puisse venir se ravitailler et chercher refuge .» Ce qui est un fait d’histoire devient une méthode de travail pour les dictateurs du 21eme siècle. La libération de l’otage français détenu au Niger, est d’« une inquiétude brûlante » pour Nicolas Sarkozy, c’est encore le quaidaisme qui frappe et qui menace et il faut le combattre mais chaque chose en son temps, la priorité est au défilé du 14 juillet pour présenter les 14 régiments mobilisés et entraînés pour entrer dans l’histoire de la confédération des dictateurs africains du « monarque » Sarkozy.




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  • Congrès du Changement Démocratique