Édition du
27 March 2017

Quel bilan de l’UPM, deux ans après sa naissance ?

Par Ait Benali Boubekeur

Depuis le lancement du projet de rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, l’UPM (Union Pour la Méditerranée) achoppe sur le conflit proche oriental. Prévu initialement pour le 7 juin 2010 à Barcelone, le second sommet de l’UPM fut reporté, à quelques jours de la rencontre, pour donner la chance aux soi-disant contacts officieux israélo-palestiniens d’aboutir,  sans qu’elle ait un rôle prépondérant sur l’événement. Du coup, cette union démontre, par ricochet, son incapacité à instaurer une paix durable dans le bassin méditerranéen. D’ailleurs, dés le départ, lors de son  lancement le 13 juillet 2008 à Paris, cette union fut interprétée par certains observateurs comme étant une manœuvre occidentale consistant à faire une place à Israël dans l’ensemble méditerranéen.

Cependant, le report du second sommet de l’UPM à novembre 2010 prouve, si besoin est, que ses membres ont du mal à surpasser les embûches inhérentes au conflit israélo-palestinien.  Face à la violence du Tsahal contre les Palestiniens, il est indéniable que le soutien occidental indéfectible, garanti jusque-là à l’Etat hébreu, est désormais perçu comme une inqualifiable injustice. Du coup,  la puissance du lobby israélien met les occidentaux dans une posture délicate les poussant à fermer les yeux sur l’annihilation programmée du peuple palestinien. Bien que des voix se soient élevées pour condamner l’assaut naval du 31 mai dernier contre les humanitaires pro-palestiniens, rien, aujourd’hui, ne garantit que ce genre d’exaction ne se reproduise plus. Et tant que le blocus sur la bande de Gaza durera, il sera difficile de persuader l’opinion du caractère effectif de l’action internationale. Que dire du coup que recevra la crédibilité de l’UPM en vue d’une coopération entre les peuples. Car la question n’est-elle pas de savoir comment tisser des solidarités de plus en plus étroites entre les peuples de la Méditerranée dans une région où subsiste un conflit porteur de tant de menaces pour la justice, la paix et le progrès de la démocratie, s’interrogea Caroline Cornu, adjointe d’Henri Guaino au Forum de Paris.

Toutefois, il y a déjà un an, l’évocation  de cet événement fut ternie par le carnage perpétré  par l’armée israélienne à Gaza, quelques mois plus tôt, du 27 décembre 2008 au 17 janvier 2009. L’offensive du Tsahal, baptisée « Plomb durci », avait causé la mort de 1315 Palestiniens et plus de 5000 blessés, selon l’UNRWA, un office des nations unies au Proche Orient.  Bien que l’omerta, sur les crimes israéliens, ait caractérisé cette campagne, et en dépit de la mollesse des dirigeants arabes, la mobilisation de la rue avait incité nombre de pays à geler leurs activités au sein de l’UPM. En effet, les diplomates des pays de la rive sud refusèrent de siéger au coté de la délégation israélienne. Par conséquent, de janvier à avril 2009, il n’y eut aucune réunion. Et l’union eut une survie artificielle jusqu’à la fin de l’année 2009. Hélas, pendant cette période l’étau ne se desserra pas non plus sur la bande de Gaza.  En outre,  la tension demeura latente dans la région. Car l’intransigeance d’Israël, sur ces visions expansionnistes, ne diminua pas d’un iota.

Cependant, il fallut attendre le début de l’année en cours pour que le secrétaire général de l’UPM soit désigné. Le diplomate jordanien, Ahmed Messadeh, fut chargé d’assumer le secrétariat général. Toutefois, la prise en main de l’Espagne, assurant  la présidence tournante de l’Union Européenne, de la préparation du second sommet de l’UPM relança effectivement le processus mis en sourdine depuis un moment. L’impartialité de ce pays dans le conflit israélo-palestinien donne du crédit à leur démarche. Et le 14 mai, le ministre espagnol des affaires étrangère,  Miguel Ángel Moratinos, assura déjà que la tenue du sommet était garantie à 90%. Mais l’engagement ne fut pas honoré à cause de l’enlisement des tensions au Proche Orient. Cette situation s’envenima avec l’attaque de la flottille de la paix, le 31 mai 2010. En effet, la marine israélienne donna l’assaut, dans les eaux internationales, contre les humanitaires ayant apporté des denrées aux habitants de Gaza. Cet abordage prouve, une fois de plus, qu’Israël ne se contente pas de serrer l’étau sur les territoires occupés mais empêche, autant que faire se peut, tout aide, il ne serait ce que spartiate, au peuple palestinien. Le bilan de cette intervention fut lourd en perte en vies humaines. Selon certains médias, Al Jazira notamment, il y aurait eu dés les premières estimations 15 morts parmi les humanitaires. D’autres sources avancèrent le nombre de 20 morts voire plus. Par ailleurs, il faut signaler que parmi les humanitaires, il y avait plusieurs députés de plusieurs nationalités, un prix Nobel de la paix 1976  et des membres associatifs.

Cependant, bien que la condamnation soit presque unanime, à l’exception des USA, Israël ne fut pas bousculé pour autant. Et en dépit de la volonté de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, de diligenter une enquête, les réserves américaines auraient suffi à bloquer cette initiative. Tout compte fait, il faudrait que la solution vienne de Barack Obama si le peuple palestinien songeait à vivre libre. Ceci est surtout une preuve irréfutable de l’incapacité de l’UPM à résoudre un conflit opposant deux de ses membres. Par conséquent, quelle sera la position des pays de l’union sur le conflit israélo-palestinien lors du sommet de novembre 2010 ? En tout cas, pour le peuple palestinien, l’espoir de voir son problème de survie soit pris en charge relève du miracle.


Nombre de lectures : 1680
6 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Sélim Ier
    13 juillet 2010 at 14 h 39 min - Reply

    @Ait Benali Boubekeur:

    « En tout cas, pour le peuple palestinien, l’espoir de voir son problème de survie soit pris en charge relève du miracle ».

    Le « miracle », ce n’est pas l’UPM, ni l’ONU, c’est nous. C’est l’union de tous les pays arabo-islamiques, enfin libérés de la mise en coupe réglée par un « Occident » qui agit toujours vis à vis de nous comme s’il était encore au XIXème siècle! Nous devons garder bien en vue que les pays arabes resteront des décennies durant les principaux fournisseurs d’énergie du monde.
    C’est ce qu’ont souligné des experts qui participaient à la 9e conférence arabe de l’énergie, organisée à Doha sous l’égide de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP). Les pays arabes détiennent 681 milliards de barils de pétrole de réserves, soit 58% de celles de la planète et près de 300 milliards de réserves potentielles décrites comme du « pétrole non découvert », a souligné Torki Hemsh, expert en exploration et en production de l’Opaep. Ces pays détiennent en outre 54.100 milliards de m3 de gaz naturel, soit près de 30% des réserves mondiales et il existe un potentiel de 40.000 milliards de m3 supplémentaires, selon l’expert. (1)

    Face à nous, pour imposer leurs règles , leurs seuls intérêts, les USA, l’Europe bruxelloise et l’aiguillon sioniste brandissent toujours sans vergogne les menaces de sanctions politiques sévères avalisées par un CSONU de pacotille. La panoplie des moyens de représailles à leurs dispositions est en elle-même, une violation grave du droit international. L’Histoire des impérialismes occidentaux de ce XXème siècle et de ce début de XXIème, nous démontrent sans appel, la violence à outrance dont se sont rendus capables ces pays qui s’érigent en parangon de vertu « défenseurs de la démocratie à l’occidentale » ! En exemple, cet Irak détruit par un blocus génocidaire de 12 années, puis envahi après un « Shock and Awe » (choc et effroi) cher au criminel de guerre yankee Rumsfeld, puis démantelé et dépouillé de ses fabuleuses richesses naturelles ! Comme disait le sinistre Kissinger : « le pétrole est une affaire trop sérieuse pour le laisser entre les mains des Arabes ! ».

    La démocratie totalitaire à l’œuvre !

    De nos jours, cette entité terroriste supranationale, suprématiste et sûr d’elle-même n’hésite pas à afficher sa possibilité et son intention de recourir à l’usage d’armes de destruction massives, y compris l’arme nucléaire, contre tout pays qui s’opposerait à leurs vues hégémoniques. La Syrie, le petit Liban et, bien entendu l’Iran, sont dans la ligne de mire de leur armada militaire, véritable machine de mort prête à écraser, à anéantir dans une pluie de sang toute forme de résistance à leurs volontés de domination des nations et de leurs peuples.

    La Palestine ancestrale, berceau des trois religions abrahamiques, ne sera plus tout à fait comme avant et, seule une volonté politique inébranlable de lutte de libération fondée sur une alliance naturelle de nos pays aux valeurs et principes religieux communs, renforcée par un vecteur identitaire linguistique qu’est la langue arabe, langue sacrée, par une longue histoire commune , et des richesses naturelles colossales qu’aucune mer ou océan ne vient séparer, pourra restaurer les Palestiniens dans leurs droits ancestraux, légitimes et non négociables !

    L’UPM est un traquenard, un de plus, pour abandonner ce qui reste de nos souverainetés nationales en l’arrimant à la traine du vaisseau de l’Europe bruxelloise inféodée aux intérêts privés de la finance, des multinationales et des trusts.

    Que les « combattants des lumières » indécrottables, prisonniers de leur corset idéologique laïciste, droitdelhommiste, humaniste et universaliste continuent de se payer de bons et lénifiants slogans que la terrifiante réalité quotidienne des massacres commis contre des pays parmi les plus pauvres du monde, vient battre en brèche ! Après « Good morning Vietnam! », “Good morning Somalia :”, c’est “Good morning Baghdad”, “Good morning Kabul ” et, à Dieu ne plaise, au tour de “ Good morning Tehran ! “ .

    Les peuples islamiques doivent comprendre ou disparaître !

    Note : (1) APS http://www.algerie-focus.com/2010/05/10/les-pays-arabes-resteront-des-decennies-les-principaux-fournisseurs-denergie-du-monde/




    0
  • batni
    13 juillet 2010 at 18 h 00 min - Reply

    A Sélim Ier,
    Ce n’est pas avec cette mentalité rentière que le monde musulman va sortir des tenebres, le bazar n’a jamais constitué une solution, vous parlez de pétrole au lieu de parler de l’homme.
    La solution c’est la libération de l’homme, c’est le respect de la vie et des consciences. Il faut remettre l’homme comme acteur et non comme spectateur de sa propre vie.
    La solution d’un laic centré sur l’homme et meilleur que ta solution centrée sur la rente et le bazar 🙂

    Mes respects,




    0
  • Zineb Azouz
    13 juillet 2010 at 19 h 41 min - Reply

    Merci Monsieur Selim ler pour toutes ces infos.

    L’UPM, comme le rappelle si bien Thierry Meyssan sert entre autres à transformer un échec politique en opportunité économique.

    C’est également un projet qui vise à passer outre toutes les exactions et les violations des droits de l’homme, aussi bien ceux commis par
    Israël que par les pays arabes, en faveur bien sûr d’un marché obéissant au processus de Barcelone, dans cette équation il n’y a, à l’évidence, aucune place et aucune volonté pour aborder le droit des palestiniens.

    Je vous propose cet extrait du Discours de Nicolas Sarkozy en l’honneur du président d’Israël, Shimon Peres, le 11 Mars 2008 et qui aborde la question de l’UPM :

    « La conférence des Droits de l’Homme de Durban appelle également vigilance et attention. Nul ici, Monsieur le Président, n’a oublié les débordements de 2001 qui ont transformé cette conférence en tribune intolérable contre l’Etat d’Israël. Je n’accepterai pas que ces dérives se répètent en 2009.

    La France, qui présidera l’Union européenne au second semestre 2008, plaidera pour un retrait de l’Europe si ses exigences légitimes n’étaient pas respectées. Israël peut également compter sur le soutien de la France pour donner dans le cadre de notre Présidence un nouvel élan à sa relation avec l’Union européenne et plus largement et pour en finir. Monsieur le Président, le moment est venu pour tous les peuples de la Méditerranée et de l’Europe de travailler à ce qui les rapproche plutôt que de s’arrêter à ce qui les divise. On s’est assez battu, on s’est assez entretué sur la méditerranée pour créer l’Union pour la Méditerranée, autour de la paix, autour du développement et autour de la sécurité.

    Comme le proposait Jean Monnet avec le charbon et l’acier européens, bâtissons en Méditerranée notre avenir commun à partir de solidarités concrètes, travaillons ensemble à la dépollution de la mer Méditerranée. Faisons de cette mer la mer la plus propre au monde. Et dans votre région où l’eau douce est si rare et bien que l’eau, comme vous l’aviez imaginé il y a quelques années, cher Shimon, devienne un facteur de coopération pour permettre à tous d’y avoir accès. Luttons ensemble contre les menaces à notre environnement fragile, comme contre les incendies de forêts. Bâtissons des solidarités concrètes. Voilà l’objectif que la France propose à tous les dirigeants de l’Europe et de la Méditerranée, ce sera le 13 juillet à Paris, il est temps en Méditerranée de faire la paix. »




    0
  • bouyilès
    13 juillet 2010 at 21 h 46 min - Reply

    On peut être pour ou contre l’UPM,mais faisant le en tant qu’algérien,pour les intérêts de l’Algérie et par les seuls arguments opposables inhérents à l’Algérie.
    Tout le monde sait que les pays arabes possèdent des richesses importantes avec lesquelles on peut peser au niveau de la politique internationale,tout le monde sait que la Palestine est opprimée et qu’elle a besoin d’être libérée,mais tout le monde sait qu’il n’existe pas de « Monde Arabe'(quelle drôle d’appellation!)et qu’il ne pourra jamais exister.
    En raison de tout cela,je rejoins le point de vue développé par Batni.




    0
  • Boubekeur
    14 juillet 2010 at 15 h 55 min - Reply

    Bonjour tous !
    L’intérêt, à mon humble avis, de constituer une union, dans le cas qui nous concerne l’UPM, est de résoudre les problèmes au sein de l’espace géographique en question. Pour la Palestine, il est urgent qu’une solution soit trouvée afin d’épargner à l’avenir les pertes en vies humaines. Or depuis la création de l’UPM, on assiste à une recrudescence de la violence dans cette région. Et à chaque fois, les victimes sont d’un seul bord, les palestiniens en l’occurrence.
    En revanche, il ne m’est pas venu à l’idée, quand j’ai écrit ce texte, de souhaiter une coalition arabe en vue de neutraliser le monde occidental. Le nombre de milliards qu’a cités Selim, provenant des rentes pétrolières, ne doivent pas être orientés dans le sens de détruire. Au contraire, il faudrait qu’ils soient utilisés pour développer les économies de leurs pays. Car les peuples sous ces régimes souffrent énormément de crises tous azimuts. Et les corruptions minent les richesses de ces pays.
    La solidarité à laquelle je fais allusion est celle des peuples, et ce quelle que soit leur religion. D’ailleurs, je me rappelle, en janvier 2009, de la lettre d’André Nouschi à l’ambassadeur d’Israël en France. En effet, bien qu’il soi de confession juive, A.Nouschi a critique avec véhémence l’attaque israélienne en décembre 2008. Il faut se rappeler également que lors de ces attaques, les capitales des pays musulmans ont bravé les interdictions pour manifester leur solidarité au peuple palestinien. Et les diplomaties n’ont suivi que tardivement. Du coup, là où je ne suis pas d’accord avec Bouyelis, c’est de dire que chacun doit défendre son intérêt et basta. L’interet d’une union c’est avant tout de s’entraider. N’est ce pas son sens originel.




    0
  • Sélim Ier
    14 juillet 2010 at 19 h 04 min - Reply

    @ Madame Zineb Azzouz.

    Le discours bassement flagorneur de Sarkozy à l’égard de Pérès,somme toute des plus naturels pour cet incorrigible sioniste,n’est pas pour surprendre.En son temps,Chirac le « super menteur » qui avait fait les beaux jours des Guignols de l’info,n’avait pas atteint les sommets de la rhétorique dithyrambique de Sarko vis-à-vis des dirigeants sionistes et de leur politique colonialiste et d’apartheid contre le peuple palestinien.

    Je retiens plus particulièrement ce passage très révélateur de son discours qui augure très mal des réelles intentions de ce personnage pivot du projet de l’UPM :

    « Et dans votre région où l’eau douce est si rare et bien que l’eau, comme vous l’aviez imaginé il y a quelques années, cher Shimon, devienne un facteur de coopération pour permettre à tous d’y avoir accès ».

    L’eau douce,cet élément vital et « facteur de coopération pour permettre à tous d’y avoir accès » sauf……aux Palestiniens chez eux ! En effet, il n’y a rien de plus mensonger et d’abject que d’affirmer de telles contre-vérités ! Permettez-moi, à mon tour, de vous adressez cet article qui remet les pendules à l’heure d’Amin Abu Warda intitulé :

    « Israël contrôle 80% de l’eau palestinienne » »
    « Israël contrôle 80% de l’eau palestinienne et le contrôle régional s’est méthodiquement accru depuis des années.

    Le chercheur palestinien Abu Kishek a déclaré que la sécurité de l’eau arabe est menacée par la politique israélienne et que toute solution politique au problème palestinien passera forcément par la question de l’eau.

    Le chercheur dit que la sécurité de l’eau arabe affronte de nombreux défis, et ce depuis très longtemps. Pourtant, on fait très peu cas de la prise de contrôle continue d’Israël sur les ressources en eau. « La solution à la situation repose entièrement sur l’eau. » Il a souligné qu’Israël a commencé à contrôler l’eau palestinienne lorsque l’Etat a été créé en 1948. L’eau est devenue la priorité pour Israël depuis qu’il l’a nationalisée en 1949.
    Israël s’acharne à gagner le contrôle de l’eau souterraine et de surface dans le bassin du Jourdain, menaçant les zones agricoles les plus fertiles.
    Après l’occupation des Hauteurs du Golan, de la Cisjordanie, de Jérusalem Est et de la Bande de Gaza en 1967, Israël a commencé à prendre le contrôle de toutes les ressources en eau et les incursions au Liban ont commencé. Israël a récemment construit un barrage près des Hauteurs du Golan syrien qu’il occupe, près de la ligne de cessez-le-feu.

    Le gouvernement israélien interdit aux Palestiniens de creuser de nouveaux puits sur leurs propres terres. Ceci est une vieille pratique qui signifie que lorsqu’un puit est sec, il n’y a plus d’eau.
    A l’intérieur des colonies israéliennes, les eaux coulent librement des forages, comme on peut le remarquer, de loin, par la verdure. Le chercheur palestinien rapporte qu’Israël contrôle 80% des ressources palestiniennes en eau.

    Abu Kishek dit que le tracé du mur israélien à l’intérieur de la Cisjordanie suit à 100% le cours des bassins aquifères et nappes phréatiques.
    Les Israéliens à l’intérieur des frontières israéliennes consomment, par habitant, quatre fois plus d’eau que les Palestiniens, et les colons israéliens en Cisjordanie sept fois plus que les Palestiniens.

    Au sujet de la politique israélienne pour contrôler l’eau en Palestine, il dit qu’elle inclut la destruction de nombreux matériels, comme la démolition des puits, la destruction des systèmes d’irrigation, des réservoirs et des canalisations en Cisjordanie. Le résultat est un déficit majeur de la réserve souterraine, et l’augmentation des difficultés d’une partie de la population dans l’accès quotidien à l’eau potable.

    La destruction par Israël des provisions d’eau de nombreuses villes palestiniennes, ajoutée au sel contenu dans l’eau venant des puits en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, entraînent également le déclin de la production agricole.

    Abu Kishek souligne qu’Israël a creusé 500 dispositifs pour l’eau le long de la frontière avec la Cisjordanie, en même temps que sur le côté nord de la Bande de Gaza, les pompes israéliennes fonctionnent 18 heures par jour.

    Le tracé du mur en Cisjordanie a été fait pour intégrer les ressources en eau palestiniennes à l’intérieur des frontières israéliennes, en plus de ce qui est déjà pris par les colonies israéliennes à l’intérieur de la Cisjordanie. Et cela inclut la destruction de l’agriculture existante.

    Israël a également détourné l’eau du Jourdain, ainsi qu’une partie des eaux du bassin ouest du Néguev. Les effets catastrophiques du vol de l’eau israélien sont clairs dans la Mer Morte, et les Israéliens sont maintenant en train d’essayer de pomper l’eau de la Mer Rouge en détruisant de grands pans de terre pour construire une connexion avec la Mer Morte.

    Abu Kishek ajoute que le but des fréquentes incursions d’Israël au Liban était de prendre le contrôle de l’eau de la région.

    En 1978, Israël était parvenu à contrôler les eaux de la rivière Litani et avait installé des pompes près du Pont Khardali, avec une conduite longue de 10 kms depuis la rivière et passant par la ville de Taibe.
    Israël avait installé d’énormes citernes de stockage dans les environs sud de la ville de Aita Al Shaab pour stocker l’eau de la Rivière Litani et la distribuer aux colonies de Galilée. Israël avait transféré les eaux de la Litani au lac Tibériade, qui est à l’intérieur des frontières israéliennes et sous son contrôle. Israël avait aussi pris le contrôle des eaux de la Rivière Hasbani.

    On note aussi des tentatives israéliennes pour prendre le contrôle des eaux du Tigre et de l’Euphrate, ainsi que son rôle dans le conflit pour les eaux du Nil.

    Abu Kishek dit qu’en Palestine comme dans le monde arabe, les raisons de la crise de l’eau sont multiples.

    Elles vont des chutes de pluie irrégulières jusqu’au fait que la plupart des rivières prennent leur source à l’extérieur des frontières politiques, aux effets du réchauffement global, aux fortes augmentations de population, et aux projets et ambitions de ceux qui cherchent à contrôler et à exploiter l’eau qui ne leur appartient pas ». FIN

    Source : Palestine News Network + Mondialisation.ca, Le 8 janvier 2007 / http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=4377
    Traduction : MR pour ISM




    0
  • Congrès du Changement Démocratique