Édition du
30 March 2017

Le triomphe de la médiocrité et de l'incurie sur les compétences vraies

Par Ahmed ROUADJIA

Dire que nous avons, à tous les niveaux de nos institutions, de la plus petite (université, municipalité, bureau de poste, entreprise de gaz et d’électricité, de pétrole et de communication…) jusqu’aux aux plus grandes ( Ministères, entreprises publiques…etc.), des responsables qui combattent par tous les moyens les compétences que le hasard a introduites dans leur fief, ça ne relève pas de l’exagération, mais d’un constat. Des plus compétents qu’eux ne sont pas en odeur de sainteté. Ils leur font peur, et cette peur les rend si méchants et si agressifs qu’ils deviennent susceptibles, nerveux, excités et ombrageux de crainte qu’on leur fasse de l’ombre. Pour ces médiocres assoiffés de pouvoir et de prestige, qui tiennent à garder coûte que coûte leur rente de situation ou leurs positions acquises, la compétence et l’intelligence ne sont pas les choses les mieux partagées. Ce sont deux qualités qui représentent à leur yeux rivés sur leurs chaises et bureaux, des facteurs de perturbation et de désordre susceptibles de remettre en cause les acquis et les privilèges qu’ils tiennent à transmettre à leur progéniture. Leur nationalisme ou patriotisme affiché en surface n’est qu’un leurre destiné à tromper la vigilance de ceux qui luttent pour réhabiliter justement les compétences, les valeurs morales et éthiques, et qui plaident en faveur de la justice, de l’équité et du renforcement de l’Etat de droit.

La crainte qu’ils éprouvent d’être éclipsés ou regardés comme des repoussoirs par rapport aux personnes compétentes les conduit à user de toutes les ressources de la ruse, de l’interprétation fallacieuse des lois et des textes, de la stigmatisation et de la dévalorisation de l’Autre, l’intrus, qu’il soit d’ailleurs endogène ou exogène, national ou émigré revenu d’exil, pour les exclure de leur sphère d’activité « réservée ».

I. Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

1. Une tutelle fonctionnant en vase clos

Paradoxalement, ce sont ceux qui  s’entichent de cette étiquette flatteuse qui font barrage aux compétences, et contribuent par leurs ambiguïtés à vider l’Etat de ses substances utiles aux fins de le réduire à n’être qu’un instrument en vue la réalisation de leurs dessins obscurs. Comme je l’ai souligné à maintes reprises, et avec force, dans mes nombreux écrits, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, est devenu depuis quelques années, surtout à partir de 2004, une sorte de club fermé ou presque où se décide à l’insu des milliers d’enseignants et de chercheurs, le destin de l’enseignement et de la recherche scientifique dans notre pays.  En dessous du Ministre, une poignée de fonctionnaires ( secrétaire général, chef de cabinet, directeurs centraux, conseillers techniques et chargés de mission…), s’attele à « réfléchir » sur la manière de gérer l’enseignement et la recherche et de leur conférer le caractère de « l’Assurance- Qualité » et  de « l’Excellence », mots très chers à Son Excellence Monsieur le Ministre. Et tout cela se fait sans consultation ni débats ouverts ou publics, avec les intéressés dont  la majorité écrasante se trouve exclue du jeu et des enjeux essentiels. Coupée de la communauté des enseignants et délibérément repliée sur sa forteresse impénétrable à tous ceux qui ne montrent pas patte blanche, cette poignée qui forme « le noyau dur » de la tutelle n’a en fait d’oreilles et de considération que pour les proches et les amis qui montrent tous les signes de la confiance et de la fidélité, et qui applaudissent à deux mains tout ce qui se dit et se fait dans les coulisses du Ministère.

2. Un club fermé aux intrus et aux « indésirables ».

Le seul contact permanent et suivi que ce « noyau dur » entretient se limite aux seuls responsables des universités, des instituts et des grandes écoles ( recteurs, directeurs…). Désignés ou cooptés par la tutelle, grâce à des « rapports d’habilitation » taillés sur mesure, la plupart de ces responsables répondent plus aux critères d’allégeance qu’à des critères de compétences et d’intégrité dûment établis. La liste nominative des recteurs des universités répartis sur l’ensemble du territoire national constitue, avec l’ appartenance « régionale » et  l’étiquette « politique » de ces derniers, un indicateur significatif du principe d’allégeance qui va souvent de pair avec le principe de « l’équilibre régional » plus ou moins respecté. Ces deux principes –allégeance et équilibre régional- ne s’accommodent pas avec la compétence avérée et la citoyenneté transcendante, celle qui s’élève au dessus du régionalisme, de la tribu et de l’ethnie. L’Etat « neutre » et unificateur se place au dessus de ces considérations tout en respectant la pluralité des identités et des appartenances ( identitaire, confessionnelle, philosophiques…).

Comme les recteurs, la nomination de nos ministres obéit aux mêmes principes. A de rares exceptions près, qui n’infirment pas la règle générale, ils sont désignés ou nommés non pas en fonction de leurs aptitudes ou compétences attestées, mais en fonction des critères précédemment indiqués. Mais qui les nomme? Un « système » invisible, anonyme et innommable dont on ne peut entrevoir le vrai visage qu’à travers la pratique et les routines de la vie quotidienne.

3.  Faux et  vrais commis de l’Etat

Mais revenons à ce « noyau dur » de la tutelle. Ses membres se nomment eux-mêmes « commis » de l’Etat, et non d’un système au profil indéterminé. Dans la pratique pourtant, ils servent plus un « système » fait d’une constellation de chapelles, de clubs et de coteries que l’Etat saisi comme une forme suprême, abstraite et transcendante. L’exemple que tous les enseignants du pays connaissent pour l’avoir observé de visu est le suivant : essayez de demander à parler au téléphone à l’un des directeurs centraux de la tutelle, disons au directeur des Ressources Humaines. S’il ne vous connaît pas ou si l’objet de votre démarche, transmis par la secrétaire, n’entre pas  en ligne de compte  dans ses préoccupations, il vous fait rembarrer par sa secrétaire qui vous raccroche  aussitôt au nez sans la moindre forme de politesse. Vous lui envoyez un courrier en recommandé, un faxe ou une lettre ordinaire? Vous n’aurez à coup sûr pas de réponse, car le « club fermé » n’a jamais entendu parler de vous, même si vous possédez dix doctorats d’Etat et autant de spécialités. Vous lui faites une proposition par écrit, portant par exemple, sur la nécessité de dénombrer et d’identifier les ressources humaines disponibles dans votre établissement pour mieux les valoriser, il jettera nonchalamment et d’un air dégoûté votre courrier dans un placard poussiéreux en le laissant pourrir jusqu’à son départ à la retraite. A l’indifférence et au mépris d’étudier soigneusement une telle proposition, s’ajoute le refus coupable de conserver et de classer avec respect et soin ce type d’archives qui fondent la mémoire des grands Etats modernes. On les entasse négligemment  dans les tiroirs sans soucier de leurs valeurs intrinsèques. Encore heureux si ces courriers sont conservés en vrac et non jetés tout bonnement dans la poubelle! Car il arrive parfois que des fonctionnaires inconscients et frappés d’incurie se débarrasseraient  de certaines correspondances comme ils le faisaient d’un papier d’emballage!

Ces gens là prêtent vraiment à sourire quand ils se prétendent être les « commis de l’Etat » et en tirent une un orgueil démesuré….

4. De l »amalgame à la nuance

Mais tous nos fonctionnaires, et tous nos employés de l’administration, ne sont pas pervertis à ce point. Beaucoup sont d’honnêtes gens qui, j’en suis convaincu, partagent avec moi cette conviction qu’il existe dans tous les compartiments de nos institutions une minorité de faux commis de l’Etat qui, par leurs hautes charges, empêchent les vrais commis de l’Etat, qui sont la majorité « infériorisée » par son statut ou grade, de mener son travail de « correction », de redressement et de refonte salutaire de l’institution pour laquelle ils se dévouent corps et âme. D’honnêtes et de bons citoyens, on en trouve partout : dans l’administration, la justice, les entreprises publiques et privées, dans l’Enseignement supérieur et l’Education nationale, dans l’armée, la gendarmerie et la police. Dire que toutes ces personnes défendent « le système » entendu au sens péjoratif de « mafieux », et de corrompu, et non l’Etat saisi au sens national et abstrait, c’est verser dans l’amalgame et le réductionnisme. C’est oublier qu’à l’intérieur de toutes ces institutions nommées, s’élèvent des voix mécontentes ou indignées, des protestations, et des revendications plus ou moins audibles pour la réforme de l’Etat et pour plus de justice sociale et de rigueur dans la gestion des affaires publiques. Certes, il y a un « système » aux ramifications complexes qui parasitent et court-circuitent les institutions étatiques, mais qui n’en rencontre pas moins des résistances, certes inorganisées, de la part des citoyens qui aspirent aux changements véritables.

5.  De la personnalisation des liens institutionnels et sociaux

Si vous êtes universitaire honnête et motivé par votre métier, et si vous démarchez auprès de ce Ministère pour trouver écoute et soutient à vos projets, vous risquez fort bien de vous heurter à un mur. Si vous n’avez pas un nom et le numéro de téléphone d’Untel que vous connaissez et qui vous agrée, il y a fort à parier que vos démarches resteront vaines. Pour que vos affaires marchent, et vos projets aboutissent, il faut que vous soyez connu et identifié comme faisant partie de ces cercles de proches et d’amis. A défaut, vous devez recourir pour obtenir une audience ou passer un message à l’un de ces responsables constituant le club central aux rideaux toujours baissés, aux téléphone et aux faxe toujours décrochés ou occupés à n’en plus finir, à des intermédiaires, à des relations personnelles. Le recours à la personnalisation des relations permet à certains responsables inconscients et indifférents à la chose publique de se dispenser du devoir et de l’obligation d’être disponibles et à l’écoute des citoyens relevant de leur secteur. Toujours en réunion interminables ou occupés au téléphone à bavasser avec les amis et les élus de leurs cercles intimes, ces responsables n’accordent rien ou peu de leur temps aux milliers d’enseignants anonymes de leurs secteurs qui souffrent tous d’une absence d’écoute et de communication avec la tutelle.

6. De la difficulté de communiquer et d’avoir des échos, même par faxe…

Même par faxe, il est difficile souvent de faire passer le message à celle-ci, et quand il   parvient à son destinataire, il n’est pas certain que celui-ci réponde, car il ne se sent obligé de rien, ni par le droit ni par la morale ni par l’éthique professionnelle. Cers valeurs, le faux commis de l’Etat, n’en n’ a que faire. Il les piétine sans remords ni état d’âme. A propos du faxe justement, voici un exemple cocasse : je compose le numéro du directeur des Ressources Humaines du MESRS. Une secrétaire se disant collaboratrice de Monsieur décroche. Je lui annonce que j’ai un faxe à passer à Monsieur.- Combien de pages? me fit-elle. -trois ou quatre environ, lui dis-je.- Ah! Monsieur, pas plus de deux, s’il vous plaît, car nous n’avons plus de papiers!

Voilà un exemple, parmi des milliers d’autres, qui illustre à merveille les lacunes, pour ne pas dires les tares, de notre système publique de communication, et qui fait voir  également comment le divorce s’est consommé entre le sommet et la base de la hiérarchie sociale et institutionnelle.

II. Le portrait d’un docteur en médecine disqualifié en Algérie, mais propulsé sur le devant de la scène scientifique internationale par la grâce des USA.

Mon exemple ne fait pas exception à la règle. En voici un autre, plus spectaculaire Il s’agit du Dr Elias Zerhouni. D’origine algérienne, le Dr Zerhouni a effectué ses premières études en Algérie qu’il complètera aux Etats-Unis avant d’être nommé, en 2009, par le président Obama, au titre d’envoyé scientifique des Etats-Unis. Son itinéraire est riche en enseignements et dans les entretiens qu’il a accordés à la presse nationale lors de sa visite officielle en Algérie en mars 2010, il témoigne sans haine ni rancœur des affronts qu’on lui a infligés lorsqu’il décida dans les années X dix de regagner le pays pour y apporter sa contribution au développement scientifique.

  1. Qui est-il  arrivé au juste au Dr  Elias Zerhouni à son retour au bercail?

Dans une interview accordée au quotidien arabophone al- Chorouk, il nous apprend d’abord qu’il est algérien, né à Alger, et  a fait ses études au Lycée Emir Abdelkader d’où il a décroché le baccalauréat, et plus tard un doctorat de médecine à l’université d’Alger qui lui donne l’idée d’approfondir sa spécialité à l’étranger; ensuite, il prend la résolution de partir après avoir réussi à obtenir une bourse avec la possibilité de choisir le pays de son choix :soit la France, la Suède ou les Etats-Unis. Mais à l’époque, précise-t-il, il ne savait pas l’anglais, mais seulement le français et l’arabe qu’il avait étudiés. Finalement, il opta pour les Etats-Unis pour poursuivre ses études  après avoir réussi à obtenir l’équivalence de son diplôme. Initialement, il n’eut pas l’intention de s’y installer définitivement, mais de parachever uniquement  ses études et rentrer  aussitôt au pays. Mais le hasard en a décidé autrement.

2. Un spécialité de renom en médecine nucléaire rejeté par le pays d’un » million et demi de martyrs » au motif que ses diplômes américains ne valent rien en Algérie…

Il se fixe donc aux aux USA et décide de se spécialiser en médecine nucléaire avant de joindre le centre de recherche rattaché à l’Université de John Hopkins de Baltimore en 1975.  Il y réussit brillamment ses études pour la raison qu’aux Etats-Unis, dit-il, « Les Américains n’accordent de promotions et de fonctions  qu’en relation avec tes compétences, et non d’après ton ethnie ou ta religion ; au contraire, ils t’évaluent sur la base de tes compétences …et de ce que tu pourrais apporter de nouveau… et c’est ainsi que j’ai axé mes recherches sur le cancer avec maniement du scanner qui était à l’époque d’usage  relativement récent. Et c’est à la suite de quoi que je suis devenu docteur de l’université John Hopkins et spécialisé dans la manipulation du scanner et ceci jusqu’à 1978… », date à laquelle il revient au pays et postule pour un poste à l’université lorsqu’il s’entend dire que ses diplômes américains ne valent rien au regard des diplômes algériens!

En langue arabe, ses propos donnent un accent pathétique à son témoignage :

« …وحضرت إلى الجزائر وقيل لي حينها أ ن الشهادة  التي  حصلت عليها في الولايات المتحدة  الأمريكية  لاتساوى  شيئا , وأنها غير معتمدة في الجزائر, لأن دراستك لا تتوافق مع المناهج المدرس في الجزائر, وأن علي الخضوع للاختبارات الجزائرية حتى يكون لي الحق للعمل في الجزائر فقلت لهم إنني  موافق على اجتياز الاختبارات , لأنني لم أكن أطلب أي معا ملة  تفضيلية » أمزية ».[1]

Le refoulement  des « cerveaux » ne date donc pas d’aujourd’hui. Il remonte déjà au deux premières décennies de l’indépendance. Mais avec l’avènement de Bouteflika à la tête de la magistrature suprême de l’Etat, les choses sont aller de mal en pis. Le choix que ce vieux routier de la politique en a fait des ministres, notamment celui de l’Enseignement supérieur et  de l’Education nationale, n’a fait que contribuer non pas au retour des cerveaux, mais à leur fuite  » ou à leur marginalisation. La baisse constante du niveau d’instruction et des études supérieures, baisse que favorise la réussite aux Bac et qui, jointe à l’encadrement des universités par une masse importante d’anciens professeurs de lycées recyclés dans le supérieur, voilà qui favorise la marginalisation des plus compétents ou les pousse à l’exil (interne ou extérieur) au sens à la fois de repli psychologique sur soi et au sens physique de départ vers l’ailleurs. Le culte du « rendement » quantitatif qui se fait au détriment de la qualité a eu pour conséquence inévitable d’accroître la masse des médiocres qui, partout,  gagnent du terrain en poussant les plus compétents qu’eux soit vers les marges, soit vers l’exil forcé en direction des horizons incertains. En inféodant la science et le savoir à l’administration, notre système politique et « nos hommes d’Etat », étiquette que beaucoup d’entre eux ne méritent d’ailleurs pas tant qu’elle connote la noblesse, n’a fait que contribuer au développement de l’indigence scientifique, et à la dévalorisation de tout ce qui montre des signes d’intelligence, d’esprit  critique, d’autonomie et d’innovation.

L’exemple du Dr Zerhouni est là pour montrer combien ce système est si absurde qu’il renverse tous les repères et toutes les valeurs en les mettant cul par-dessus tête. L’incompétent qui commande au compétent, l’illettré ou le semi illettré qui mène des lettrés comme un troupeau de mouton, et le maître assistant qui ose évaluer et noter les aptitudes d’un docteur d’Etat, voilà qui laisse pantois! L’avancement de carrière et les échelons d’un professeur dépendent donc du bon vouloir du petit chef de bureau, tel celui d’un département de physique ou de sociologie! Et ceux qui avaient eu  à évaluer les diplômes du Dr Zerhouni dans les années soixante- dix ont leur réplique exacte à l’université de Msila!

3. Quand les présidents des Etats-Unis, républicains comme démocrates confondus, s’inclinent avec respect devant les compétences d’un Algérien honteusement rejeté par les siens

Les hommes politiques, de par le monde, qui ont le sens de l’Etat et savent apprécier les choses à leur juste valeur, éprouvent un immense respect à l’égard des hommes de science, de culture et d’art. L’exemple du Dr Zerhouni, qui est bien loin d’être unique, montre par un contraste saisissant le respect qu’accordent la plupart des pays civilisés aux compétences et le mépris et l’indifférence dans lesquels nos dirigeants, politiques et administratifs, enveloppent les femmes et les hommes porteurs de savoir, d’idées et de projets. Rejeté et méprisé par les siens, Zerhouni est accueilli avec enthousiasme et marques d’égards par les présidents de la première puissance mondiale! Dans ce pays, comme dans tous les pays gouvernés par des classes politiques pénétrées du sens de l’Etat et du devoir sacré de veiller à l’intérêt de la nation dont ils sont les représentants élus, et non imposés, ce sont souvent les politiques et l’administration qui se font « les chasseurs de tête », en repérant eux-mêmes les talents et les compétences avant de les intégrer dans le dispositif de leur stratégie du développement scientifique. Ces hommes d’Etat et l’administration qu’ils dirigent ont une vision étendue, et ouverte de la gouvernance et du monde extérieure, et ne lésinent guère sur le temps et les moyens dont ils disposent pour rationaliser les ressources humaines et matérielles disponibles, et d’en limiter le mauvais usage, les gaspillages et les déperditions. Chez nous, c’est l’exact contraire qui se produit sur toute l’étendue de la société politique et civile où l’irrationalité, et son cortège d’approches et de méthodes de gestion désordonnée, presque baroques, tiennent lieu de « gouvernance ».

Zerhouni n’est pas Américain de « souche ». Il est Algérien d’origine, et dans les veines duquel coule le sang de ses Ancêtres, pur et transparent à lui-même. Pourtant, c’est l’Amérique du Nord, « impérialiste » qui, non seulement l’a accueilli et permet de parfaire sa spécialité, après qu’il a été rejeté honteusement par son pays natal, mais elle lui a offert  les possibilités de faire valoir ses compétences et de les mettre en œuvre. Mieux : cette nation multiculturelle et multiconfessionnelle que l’on dit par ailleurs raciste et anti-arabe,  ne s’est pas fiée à ses préjugés raciaux et à ses impressions subjectives pour catapulter cet homme de science au sommet de la gloire, mais à sa vision rationnelle du monde, et aux critères de la compétence attestée dont il est porteur. En captant tous les individus porteurs du savoir –faire (know-how), sans tenir compte de leur origine nationale ou « raciale », les pays civilisés, c’est-à-dire ceux qui ont su intérioriser la rationalité et le sens de la prévision, ont en vue avant tout l’utilité et le profit qu’ils peuvent en tirer. Ce sont ces traits de culture et d’habitus culturel, entre autres, caractéristiques des nations imaginatives et entreprenantes, qui explique le respect et la haute importance qu’elles accordent aux hommes compétents dont elles savent canaliser les énergies vers des objectifs  élevés, sublimes.

Dans ces pays, contrairement au nôtre, ce ne sont pas les intellectuels et les scientifiques qui courtisent le Prince ou qui quémandent auprès de lui des « services » en contrepartie d’une soumission formelle; c’est le Prince qui les courtise, s’enquiert de leur valeur intrinsèque et s’y incline.

Le cas du docteur Zerhouni, son ascension spectaculaire, bien qu’il soit algérien, illustre de manière non moins spectaculaire le respect que manifeste ce pays aux talents auxquels on ouvre  tous les domaines du possible pour leur épanouissement et qui, par ricochet, contribuent au développement et à  la prospérité de la nation dans laquelle ils sont insérés.

4. Les témoignages de reconnaissance de Bush et d’Obama

D’abord consultant de la Maison Blanche pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Zerhouni est ensuite nommé en 2002 directeur des instituts nationaux de la santé  des Etats-Unis, poste qu’il quitte en 2008 pour regagner l’Université de John Hopkins où il devient très vite un des membres principaux du Programme de santé mondiale à la fondation Bill et Melinda Gates.

« حتى تكون مديرا لهدا المعهد لا بد أن تحظى بثقة عمياء من الكونغرس و الرئيس الأمريكي , الأمر لم يكن سهلا يومها,كما أني لم أفكر بتاتا في أن أكون رئيسا لهدا المعهد…لقد قام مستشارو الرئيس الأمريكي  السابق جورج بوش بترشيح ثلاثة أطباء أمريكيين وأنا,ولما اطلع بوش على القائمة سأل عني وكيف درست, فقيل له ان زرهوني درس في الجزائر, ثم واصل في أمريكا, وكنت يومها قد استفدت من الجنسية الأمريكية حتى أواصل بحوثي الطبية, وأختار بوش شخصي, وقال لمستشاريه هدا الرجل بني نفسه بنفسه واستطاعة أن يحقق كل هدا وهو في أمريكا وبا لتالي هو من سيكون مديرا للمعهد. »

Voilà un chef d’Etat  qui sait juger et apprécier les hommes en fonction de leurs mérites, et non en fonction de leur appartenance ethnique, nationale ou religieuse. Pour lui, tout comme pour ses semblables pénétrés de la rationalité et du bon sens, un homme qui s’est « construit par lui-même » (بني نفسه بنفسه) inspire respect et reconnaissance et mérite, de ce fait même, d’être récompensé en proportion des efforts qu’il a fournis. Mais dans des pays comme le nôtre où règne de manière absolue une confusion de genres, où les rôles et les valeurs s’inversent, ce sont les médiocres qu’on récompense le plus souvent, et c’est pour cette raison, entre autres, que les compétents et les méritants qui se sont « construits » eux-mêmes se trouvent confinés dans les marges ou encourager à l’exil…

Les Zerhouni sont légion, en Algérie même. S’ils pouvaient témoigner à l’instar de notre docteur élevé aux Etats-Unis à la dignité d’un haut expert, ils diraient tous que ce qu’ils ont vécu, eux,  et vivent encore comme enfer sous le règne pesant de la médiocrité dépasse l’imaginable. Hissée au rang de la vertu et de « la normalité », cette médiocrité rampante est partout au poste de commandes et tend à rabaisser ou à tuer dans l’œuf  tout ce qui ressemble ou s’apparente à la compétence. Celle-ci chasse celle-là, les médiocres refoulent et cantonnent les méritants, et le tout se fait avec l’aval tacite du Prince et à la barbe et au nez des « grands décideurs. »

Mais laissons pour l’heure ces considérations de côté en attendant d’y revenir, et revenons au témoignages  d’Elias Zerhouni, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme, l’ex-ministre de l’Intérieur, avec lequel il n’a pas de liens parentés. A la question du journaliste qui lui rappelle que sa candidature à ce poste a rencontré quand bien même une forte résistance de la part du Congrès, Dr Zerhouni acquiesce en disant que ( naturellement) :

 » طبعا…والأمر بسيط, لأن جزائريا أصبح مديرا لأحدث معهد ولم يتحصل على الجنسية إلا مؤخرا, فمن حقهم التحفظ, لكن الأمور سرت فيما بعد على أحسن ما يرام. »

Quel type de rapport Zerhouni entretenait-il avec l’ex-président des Etats-Unis après que celui-ci lui avait témoigné sa reconnaissance et promu directeur des instituts nationaux de la santé (NIH)? Réponse simple à une question simple :

« عا دية جدا,فأنا باحث علمي, كل همي اكتشاف أمراض وتطوير بحوثي, و بوش كان يقدر هدا,أما ادا كنت تقصد السياسة فصدقني لا باع لي فيها, لأن جل وقتي مكرس للبحوث العلمية ».

5. Ces hommes politiques et ces chefs d’Etat éclairés qui vont vers le savant et le scientifique en quémandant humblement conseils

Zerhouni, comme tous les vrais chercheurs de par le monde, se dévoue uniquement à son objet de recherche. Il refuse, par principe et conviction, de revêtir une double casquette, et de s’éparpiller en étant à la fois au four et au moulin, comme nos dirigeants et certains de nos « universitaires » qui endossent le double costume de gestionnaires administratifs et d’ enseignants –chercheurs, mais qui, sur ce chapitre précis, ne produisent rien qui vaille la peine.

Avant de devenir Président des Etats-Unis, le sénateur Obama  demandait modestement  à s’entretenir avec le Dr Zerhouni sur des sujets scientifiques. Le politique qui sollicite les conseils du savant relève en effet d’une démarche à la fois intelligente, rationnelle et noble. Peut-on imaginer, chers compatriotes, qu’ un politique algérien ose demander conseils à un universitaire algérien, disons un spécialiste du terrorisme ou de l’hygiène et sécurité? Impossible que cela puisse affleurer son esprit. Nos politiques qui ont une haute idée d’eux-mêmes ne sauraient absolument pas condescendre à « s’abaisser » à ce point en confiant leurs préoccupations politiques à un spécialiste, fût-il un génie dans son domaine. Nos hommes politiques qui n’ en ont d’ailleurs pour la plupart que l’étiquette, se considèrent comme se suffisant à eux-mêmes et n’ont besoin d’aucun apport extérieur, d’où qu’il vient, pour accomplir leurs missions sous couvert de « commis de l’Etat » ou d’agents de l’action publique. Pour eux l’intellectuel, le spécialiste ou l’expert confirmé dans son domaine n’est rien de moins qu’un personnage méprisant et méprisable tant il refuse de manifester son allégeance ou sa soumission aveugle à l’ordre établi dont ils sont les grands bénéficiaires.

Ailleurs, c’est le contraire qui se produit. Un chercheur frileux, dépourvu d’esprit d’entreprise, et qui cherche à se propulser par la flatterie et la glorification du Prince, est très vite rejeté par ses pairs et désigné au mépris du public. Le Prince lui-même, surtout le Prince moderne, cultivé et éclairé, n’en veut pas. A l’inverse, le Prince algérien, n’apprécie et ne discerne des marques d’honneur qu’au chercheur ou à toute personne qui flatte son ego, et le nombre de personnes qui sont parvenues par cette voie entachée de honte ( sénateurs, députés, ministres, secrétaire d’Etat à la recherche, sans recherche véritable, etc.) est de notoriété publique…

Un Obama ne snobe, lui, justement que ce type de béni-oui-oui, obséquieux, et prêts à faire toutes les courbettes possibles et inimaginables. Elégant et cultivé, il n’a d’égards que pour ceux qui se respectent. Questionné à son propos, Zerhouni donne cette réponse qui mérite d’être consignée dans les manuels comme modèle de pédagogie et de modestie à l’usage de nos écoliers :

« الرئيس أوباما التقيت بيه مرارا لما كانت مديرا للمعهد وكان سيناتورا,فكم من مرة كان يطلب مقابلتي من أجل استشارتي في أمور علمية, فهو رجل يهتم كثيرا با لبحث العلمي و بالعلوم و المعرفة. »

وردا عن السؤال التالي  » هده المرة نال موافقة كبيرة من الكونغرس الأمريكي « ? أجاب زرهوني قائلا  » لا. تعييني كممثل لأوباما لم يمر هده المرة على الكونغرس , ولو أن الكونغرس أصبح يعرف من هو الياس زرهوني بعد أن أدرت المعهد القومي للصحة. »

Le comportement d’Obama dénote, ici, tout à la fois  intelligence, modestie et grandeur d’âme. C’est le profil parfait de l’homme d’Etat, qui en a la vision et le sens le plus étendu. Rien à voir avec beaucoup de nos ministres qui ne prisent que l’étiquette de « commis de l’Etat » dont ils n’entendent d’ailleurs le sens et l’épaisseur que de manière superficielle et comme pour se donner une importance qu’ils n’ont point. Ce sont des bureaucrates, souvent d’une qualité médiocre, et rien de plus. C’est à cause d’eux et de l’indicible « système »qui les a générés que notre pays patauge dans la boue et s’enfonce de plus en plus dans les ornières du sous développement économique et intellectuelle, malgré les immenses ressources qu’il recèle. Interrogé en ces termes :

« كعالم, ما الذي ينقص الجزائر حتى تصبح بلدا متقدما »?

Elias Zerhouni répond  que:

« لا بد من التخلص من البيروقراطية وتحسين مكانة الباحث العلمي  وتوفير كل السبل لإتمام بحوثه وتشجيعه, فا العالم تقدم ولا بد من تقدم الإمكانيات ,  ولا بد أيضا من وضع مخططات لتطوير دالك ».

6. De la bureaucratie en général et de la bureaucratie algérienne en particulier

Vœux louables, mais dont la réalisation est plus que hypothétique. Ce que le Dr Zerhouni ne sait pas dans le détail, c’est que nous ne subissons pas  le poids de n’importe quelle bureaucratie, mais d’une bureaucratie  déficitaire et incompétente, qui n’a rien à voir avec la bureaucratie technicienne et performante décrite avec brio par  Max Weber et qui a été à l’origine de l’émergence des Etats centralisés en Occident. La révolution industrielle et l’organisation scientifique du travail rationalisé qui s’y sont produites ont été principalement son œuvre. Aujourd’hui encore, y compris dans l’Amérique d’Obama et de Zerhouni , la bureaucratie constitue la force principale d’impulsion, de gestion et d’organisation sociale et économique. Elle fait de l’efficacité, de la rationalité et de la performance son principe directeur, et elle combat au quotidien tous ceux qui montrent des failles, telles les négligences, les incompétences  les insouciances et le travail « bâclé ». Il y a donc bureaucratie et bureaucratie. L’une compétente, l’autre calamiteuse. Nuances que j’ai précisées dans mon dernier ouvrage qui vient de paraître.[2]

7. Vérité et démagogie sur le retour des exilés et la valorisation des compétences…

Le Dr Zerhouni, qui s’est entretenu lors de sa visite en Algérie ave Saïd Barkat et Rachid Haraoubia, respectivement ministre de la Santé et de l’Enseignement supérieur, notamment sur une probable collaboration portant sur le jumelage des instituts de recherche, n’avait pas manqué de faire savoir aux journalistes qu’ils l’interrogeaient « qu’il n’a jamais été sollicité auparavant » par les responsables algériens de ces secteurs « pour transmettre ses connaissances à des Algériens. Il manque un cadre organisé pour cette mission » avait-il conclu. Ce témoignage prouve une fois de plus que nos responsables estiment pouvoir se dispenser de leur diaspora, et qu’ils s’auto suffisent à eux-mêmes, quoique dans leur discours « nationalistes » destinés pour la consommation du grand public, interne et extérieur, ils puissent parler de faire revenir nos « cerveaux » établis à l’étranger. Rien que pour les Etats-Unis, s’il faut se fier aux chiffres fournis par le Dr Zerhouni lui-même, il y aurait 13 000 algériens présents dans ce pays dont 1000 chercheurs et 2000 inscrits en doctorats, sans tenir compte de ceux qui échappent à la statistique officielle, américaine et de l’ambassade d’Algérie à Washington. Sur ces 1000 chercheurs, certains participent , comme Zerhouni, très activement au plan Obama de coopération internationale.[3]

8. Le plagiat et la paresse intellectuelle institués en lieu et place de l’effort et de l’imagination créatrice.

Notre pays est gouverné en fait par une bureaucratie qui allie souvent l’incompétence à l’indifférence envers la chose publique, envers le bien collectif. Quant aux politiques, c’est-à-dire ces ministres qui gèrent l’Exécutif de manière quasi dilettante, ils manquent pour la plupart d’esprit d’initiative, d’imagination et d’autonomie. Ce sont des personnes hétéronomes au sens où ils attendent toujours ce que le Raïs leur suggère ou demande de faire. Et quand il leur arrive d’entreprendre une action au niveau de leur secteur respectif, il leur font presque toujours de manière improvisée, et jamais avec un esprit de suite. Le suivi n’est pas leur fort. Ainsi en est-il, par exemple, de la soi-disant réforme de l’Enseignement Supérieur qui a introduit par imitation et plaquage le système LMD ( Licence-Master-Doctorat) pour l’application duquel les conditions ne sont guère réunies. On s’est aperçu, cinq ans après sa mise en application cafouilleuse, que le système n’a pas été concluant, et que les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. D’où la décision du MESRS de reconsidérer le système LMD adopté de manière hâtive, à l’imitation de l’Europe communautaire, en raison des « lacunes » et des » insuffisances » relevées. Il ne s’agit pas de remise en cause de ce système copié plus ou moins correctement de l’Europe, mais il est  uniquement question de le retoucher en colmatant les brèches laissées béantes par l’application chaotique de ce système LMD pour lequel les enseignants n’entendent goutte tant ils n’ont guère été préparé. Lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du 36eme anniversaire de la création de l’Université des sciences et de la technologie de Haouari Boumediene, le recteur de Bab Ezzouar, M. Ben Zaghou, avait reconnu implicitement l’échec de ce système tout en se flattant du nombre croissant d’inscrits en licence. Pour la seule université de Bab Ezzoaur, il cite le chiffre de 16345 qui se sont inscrits pour la licence en système LMD, de  3013 en master et de 1600 doctorats. Comme toujours, on insiste toujours sur l’aspect quantitatif, et l’on occulte le côté qualitatif des enseignements dispensés dans le cadre des spécialités et des programmes arrêtés.

Dans la foulée, M. Ben Zaghou  n’envisage pas pour autant l’abandon de ce système présenté par les « experts » qui l’ont copié quasi littéralement pour le plaquer à l’environnement algérien, mais il propose seulement d’apporter des modifications et des réajustements à certains programmes et spécialités adoptés par le LMD. Il est question par ailleurs d’évaluer les étapes parcourues par ce système, parallèlement à l’institution des commissions régionales et nationales chargées d’apporter les réajustements nécessaires en vue de la rentrée universitaire 2011-2012.[4]

9. Le LMD, réalité ou canular?

Je dispose des données, quantitative et qualitative, qui démontrent à qui mieux- mieux que ce système LMD transporté et transposé mécaniquement dans l’environnement algérien se révèle être à l’examen un véritable fiasco, et  malgré ce constat irréfutable on persiste à croire que la réforme que le système LMD a induite a « apporté des innovations majeures et des concepts nouveaux dans l’enseignement supérieur »[5]

Ces innovations et ces prétendus « concepts nouveaux » ne sont en vérité qu’une pâle copie du LMD européen que des comités soit disant spécialisés ou des responsables chargés de l’application du LMD au niveau des divers établissements peinent à comprendre eux-mêmes le contenu de ces « concepts nouveaux », car inventés ailleurs et appliqués à  un environnement bien plus propice au nôtre. Parler du tutorat, du profil du tuteur, des supports pédagogiques, de redynamisation des conseils scientifiques, de salles de travail, de bibliothèque, de centre de calcul et de connexion Internet, quand tous ces moyens sont insuffisants ou manquent cruellement, c’est faire preuve d’une démagogie et d’une inconscience qui frisent l’irresponsabilité. De l’aveu des enseignants chargés de l’encadrement du LMD et des étudiants qui ont opté pour ce système, ces « concepts nouveaux » de réforme demeurent pour eux ésotériques, même si certains de mes étudiants m’écrivent dans leurs copies d’examen et de rattrapage leur satisfaction pour  nouveau système qu’ils opposent au classique considéré par eux comme « traditionnel ».Tout en reconnaissant par ailleurs que les méthodes de transmission du savoir sont identiques pour les deux systèmes, ils admettent en outre que la seule différence notable entre les deux systèmes réside dans la durée des études pour obtenir la licence ( 3 contre 4 pour le classique) ainsi que dans la charge de travail qu’il leur  impose. N’en déplaise à  la tutelle et à ses experts « pressés » d’échafauder des programmes de réforme mort-née,ce LMD relève plus d’un canular que d’une réalité palpable.

.  Modicité des supports pédagogiques et misère des enseignants10

Quant aux moyens matériels indispensables mis à la disposition des enseignants et des étudiants, ils se réduisent non seulement en une peau de chagrin, mais parfois ils n’existent que sur le papier. Ainsi la plupart des enseignants chargés d’expliquer le LMD  n’en comprennent ni le sens, ni les méthodes ni  la finalité et nagent de ce fait dans un flou artistique total, tout comme les étudiants qui attendent d’eux désespérément une « recette » clef en main. Le supports pédagogiques sont obsolètes, ou mal exploités, tandis que la Connexion Internent, quand elle existe, est faible et le nombre d’ordinateurs et celui des salles est très faible par rapport à la demande. C’est ce qui explique que beaucoup d’étudiants se rabattent avec leur modeste bourse sur les cybercafés de la ville. Le système d’information et d’orientation des étudiants est des plus archaïques, et fonctionne sur le mode bureaucratique propre au « tiers monde » : accueil revêche et rébarbatif des étudiants  de la part d’employés qui n’ont aucune formation spéciale ni aucune culture de l’accueil et du sens de la pédagogie. L’écrasante majorité des enseignants, y compris de rang magistral, ne disposent pas de bureaux, pour remplir leur mission de tuteurs, et les rares qui ont eu la chance d’en avoir un, ils s’en servent comme un espace plus administratif que d’accueil pédagogique pour les étudiants.

A l’Université de Msila, par exemple, la structure physique même de l’établissement, tel que la répartition des locaux, et surtout l’occupation de la quasi-totalité de l’espace ( bureaux , locaux, salles…) par les administratifs ne laisse aucun espace de libre  aux enseignants et aux chercheurs pour accueillir leur étudiants, pour les écouter et les orienter. C’est debout, à la sauvette, dans les interminables enfilades des couloirs  bruyants, sombres et crasseux, qu’ils s’abouchent avec leurs étudiants dont les jérémiades n’en finissent plus. Je pense que dans les autres universités, les mêmes scènes tristes, lamentables et pathétiques se produisent à l’identique.

Les structures éclatées de ces établissements ( un département, par exemple, a plusieurs locaux dispersés dans l’enceinte de l’université : affaires étudiantes dans un édifice, celui du LMD dans un autre bloc à étage, le département se trouvant dans un troisième édifice, plus éloigné des deux précédents, tandis que les toilettes se trouvant dans un  quatrième immeuble situé à quelques centaines de mètres d’ici…).L’on mesure dès lors l’éparpillement des enseignants qui dépensent un temps précieux à courir d’un étage à l’autre pour accomplir leur devoir et marquer leur présence aux petits chefs du département, dont certains qui aiment à être obéis et crains, ne sont jamais dans leurs bureaux lorsqu’on a vraiment besoin d’eux pour un travail sérieux et urgent. La secrétaire vous répond presque toujours que Monsieur est absent et ne sera de retour que vers 15h 30, c’est-à-dire une heure environ avant la fermeture des bureaux!

Idem pour le responsable du LMD et de la pédagogie qui ne font preuve de présence relative  qu’en période d’examen, et encore certains d’entre eux ne se manifestent-ils que dans les amphis comme pour afficher à la face de tout le monde qu’ils sont les maîtres à bord, qu’ils veillent au bon déroulement des examens!

III. Comment fonctionnent nos cabinets ministériels?

Pour gérer leurs secteurs respectifs, nos ministres n’écoutent et ne font appel pour les « conseiller » qu’à des personnes  dont le profil répond tout à fait à ce qu’ils attendent d’eux :  des béni-oui-oui, hâdthr (présent)  Ya Sidi al Raïs! Ces ministres battent aussi le rappel des proches, des amis, et des cousins qui, à leur tour, placent dans le circuit fermé qu’ils phagocytent, amis et frères d’amis, pour leur confier des missions aux objets souvent incertains ou fantaisistes. Et « la compétence » de tout ce petit monde rassemblé dans les divers cabinets ministériels se réduit à des affinités psychologiques, psychiques, ethniques et d’intérêts principalement. Filtrés, triés sur le volet,  et placés  dans les divers compartiments ministériels, ces individus ne sont pas seulement coupés de la réalité sociale, politique et scientifique du pays, mais ils forment  aussi un véritable écran entre eux et le public extérieur (l’université par exemple)  dont ils sont censés être les « animateurs ». A aucun d’eux ne vient à l’esprit l’idée, par exemple, de descendre « en bas » pour observer et établir un diagnostic sérieux sur l’état des chercheurs et de la recherche. Seul le ministre, et le ministre en personne, qui se charge de faire ce diagnostic à sa manière. Lors de ses visites éclaires sur les campus, il s’enquiert auprès des recteurs de l’état des lieux et de l’avancée de la recherche, puis de leurs réponses enthousiastes, il conclut sa visite par un rapport flamboyant sur les résultats présumés spectaculaires de la recherche scientifique en Algérie, qui aurait amélioré son score scientifique en passant dans le classement en » 7ème rang » au niveau de l’Afrique!

Les recteurs et les doyens dont ils se flanquent sont un indice significatifs de la dérive de l’encadrement  et de la gestion »scientifique »de nos établissements universitaires. Faites une petite étude sociologique la dessus, et vous verrez que ces chefs d’établissements sont pour la plupart entourés soit de proches,de « cousins » ou de personnes répondant à certains profils savamment choisis. Les seuls critères qui déterminent ces choix d’hommes par le chef ou les grands chefs ( aussi bien ceux d’en haut que ceux d’en bas) sont tout, sauf la compétence. Ces personnes, on les choisit, bien sûr en fonction de la confiance d’abord qu’on a d’eux, ensuite la proximité « ethnique » ( consanguine ou régionale), et enfin, en fonction de leur servilité ou  » profil bas » , et le tout est déterminé en dernière analyse, non pas par le désir sincère et partagé  de servir la collectivité nationale, mais pour renforcer les intérêts et les « acquis » du groupe, de leur groupe « dirigeant »:local, régionale et nationale. L’unique compétence que possèdent ces groupes associés plus par « intérêt et profit » que par conviction réside dans la manigance, l’intrigue, et surtout dans  leur  incroyable capacité à s’adapter à tous les changements qui surviennent dans l’ordre social et politique. Ces gens n’ont pas de « patrie » au sens d’amour, d’engagement et de conviction, ils n’ont que des intérêts à défendre becs  et ongles. Ils ont beaux se dire « Algériens », patriotes, « commis de l’Etat » et d’autres balivernes de ce genre, ils restent et demeurent foncièrement les « commis » d’un clan, d’une coterie ou d’une chapelle detrminée. Marqués ontologiquement par l’amour du gain, et calciné par le désir de l’autorité que procurent à leur yeux « prestige » et crainte, ils sont indifférents et placides envers tout ce qui rime avec intérêt national ou public. Cela ne les empêche pas cependant de discourir sur la nationalisme et de chanter à tue-tête  l’hymne national, qasaman, et de répandre des flots de louanges sur les martyrs de la Révolution et sur les Moudjahiddines, les vrais, encore en vie! Et de revendiquer du même coup la participation de leurs « pères », morts ou vivants, au combat libérateur!

Le témoignage livré par le Dr Zerhouni est l’administration de la preuve que notre système politique porte en ses flancs tous les syndromes de l’ankylose, et le caractère présumé « atypique » qu’on lui prête si souvent n’est rien qu’un mot fourre-tout et qui sert plus à mystifier  sa réalité qu’à démontrer par l’analyse son caractère foncièrement anti-rationnel et anti-national. L’irrationalité qui préside aux conduites politiques des acteurs amène inévitablement à des actes et à des choix stratégiques irréfléchis et qui peuvent  avoir de graves retombées négatives sur les intérêts suprêmes de la nation, sans même que les auteurs de ces conduites puissent  savoir pour autant que leurs comportements soient anti-national. C’est que les sentiments nationaux, tel l’amour subjectivement ressenti par chacun envers l’histoire, la culture et par toutes les valeurs morale, religieuse et éthique constitutives d’une nation, ne peuvent pas constituer à eux seuls un garant ou une cuirasse contre les atteintes aux intérêts de la nation ou de la patrie. On peut éprouver, subjectivement, un si haut degré d’amour, de tendresse, d’affection et d’attachement envers sa patrie, et agir en même temps, objectivement, contre elle.

Sacrifier  un Zerhouni (il y en a des milliers de Zerhouni) aux intérêts égoïstes et aux visions étriquées d’un nationalisme de pacotille, ne relève manifestement pas d’un acte rationnel, et réfléchi, mais d’une conception du monde puisant sa sève d’une structure psychique faite d’imprévisions, d’impulsions inconscientes ainsi que de réactions pulsionnelles et affectives. Le tout renvoie à un habitus culturel et historique spécifique qui accorde, par le fait même de la psychogénétique qui le structure et l’informe, le primat à l’apparaître sur l’être, et aux impressions subjectives sur l’analyse rationnelle des phénomènes.

Pour que ces sentiments inscrits dans les structures psychiques et psychologiques les plus profondes de la conscience collective puissent opérer de manière efficiente dans le monde du réel, il faut qu’ils soient encadrés par une approche rationnelle et par des règles et des lois universellement observées, sans quoi les forces aveugles qui procèdent des instincts grégaires, des pulsions et des agressivités incontrôlées des individus, dégénéraient en égoïsme, en conflits fratricides et prendraient le dessus sur les relations pacifiques et d’entraides entre les membres de la collectivité.

( Lire suite dans notre texte : Sociologie de la misère à Msila)


[1] راجع جريدة » الشروق » الصادرة بتاريخ 09   مارس2010, ص 6 تحت عنوان  » البروفيسور العالمي الياس زرهوني ممثل أوباما للعلم في حوار ل الشروق طلبت العمل في الجزائر فطلبوا مني ا عادة الدراسة ؟ »

[2] Cf. Le Mangement. Etude à l’usage de l’entreprise, Alger, éd. Chihâb, 2010.

[3] Données et chiffres fournis par  L’Expression, 9 mars 2010.

[4] Ces informations ainsi que les chiffres ont été donnés par le quotidien arabophone El-Bilad, 20 avril 2010.

[5] Voir le « Rapport national sur l’évaluation d’étape de l’application de la réforme des enseignements supérieurs » issu des Assises nationales, du 19-20 mai 2008, p.8


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17 Commentaires sur cet article

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  • radjef said
    14 juillet 2010 at 10 h 44 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Bonjour Mr A Rouadjia. Ce n’est pas tant cette imposture, ce manque de civisme, ces mensonges, cette corruption, cette lacheté collective, cette violence qui s’eternise depuis la colonisation institutionalisés par la junte au pouvoir qui me font mal au coeur. Mais c’est la maniere avec laquelle se comportent les adversaires du pouvoir qui donne envie de cracher dans la soupe. Peut-on venir a bout de cette poignée de caporaux et de leur tartarin qui se prend tantot pour T Jefferson,tantot pour Napoleon et tantot pour cheikh El Mehdi, alors qu’on se livre aux mêmes pratiques de corruption et de terrorisme(intellectuel et moral) que ceux pratiquées avec art et talent par la junte. Comment peut-on changer lorsque pour être cadre d’un parti de l’opposition il faut avoir de la devise et non des competences , de l’aptitude et de l’intelligence?…Même ma grand 98ans qui n’a jamais franchi le seuil du village, sait qu’on est gouvernés par un tas de mercenaires incultes et immoraux…Mais pourquoi l’alternative du changement semble plus que jamais irréalisable?




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  • babelouedcity
    14 juillet 2010 at 12 h 47 min - Reply

    la decapitation et le gommage de l’algerie de la carte geographique a ete programmé par la promotion Soustelle au commande en algerie 2010 et elle est en phase d’achevement, d’ici quelque 2 années de plus.
    Il y’a des solutions de sauvetage mais il faut que les intellectuels se soulevent et ils ont pas beaucoups de temps.

    L’avenement Bouteflika à la tête de la magistrature suprême de l’Etat, les choses sont aller de mal en pis. Le choix que ce vieux routier de la politique en a fait des ministres, notamment celui de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale, n’a fait que contribuer non pas au retour des cerveaux, mais à leur fuite » ou à leur marginalisation.

    Bouteflika n’est qu’un pion de la france coloniale avec les DAFistes au commande.




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  • zapata
    14 juillet 2010 at 13 h 40 min - Reply

    tout ce qui se passe en politique rien ne se passe au hasard tout à ètè bel est bien programmè..une rèvolution fausse note pour une indèpendance ratè pour le peuple piègè par lui mème..la france ne sortira jamais de l’algèrie…il rèste un grand travaille de fond………………viva zapata




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  • samir
    14 juillet 2010 at 16 h 47 min - Reply

    merci Mr A Rouadjia pour ce dur rappel de la réalité.Nous avons opté pour le regne de la mediocrite et de l’incompetance.je dis NOUS,algeriens de tout bord,car jamais la mediocrite n’aurait pu s’installer si devant elle se serait lever un front uni pour l’en empecher.dans la vie rien ne se donne,il faut avoir le courage de SAVOIR s’imposer et ce par tous les moyens jugés utiles.d’autre part cette desunion des elites est le signe d’un certain egocentrisme qui les habite.Que croyez vous?que l’état va faire appel à ceux qui risquent de mettre à jour la réalité sur l’incapacite des responsables de ce pays à le gerer?ne soyons pas naifs.cette elite detient les cles du changement ds notre pays encore faudrait il qu’elle soit consciente du rôle qu’elle peut jouer.encore une fois,sans reel courage il ne sert à rien de se lamenter sur notre sort et d’attendre que l’on fasse appel à notre diaspora.le nain qui est la tête de ce pays n’acceptera jamais qu’on lui fasse de l’ombre.la seule solution serait que cette diaspora consciente de sa mission salvatrice s’organise (à l’etranger bien sur) et decide d’un plan non pas de reorganisation mais de destabillisation de ce régime afin de reprendre la place qui leur revient de facto.nous sommes au 21éme siecle,l’aprés petrole est à nos portes,plus que jamais l’algerie a besoin du changement.enfin,j’ecrirais qu’aujourd’hui cette elite porte une part de responsabilite sur notre sort au même titre que le régime de voyous en place car son silence contribue à la pérennité du calvaire que vis notre pays.




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  • Bemmeradi
    15 juillet 2010 at 4 h 41 min - Reply

    Dans ce club fermé des gens qui gère le MESRS, il faudrait rajouter le nouveau Directeur général de la recherche, qui, après deux ans, a probablement déjà gaspillé les 100 Milliards que lui offert Boutef. Je pense que ce 100 Milliards aurait été mieux utilisé pour renforcer les structures existantes et surtout améliorer les salaires minables de nos chercheurs. Au lieu de ca, on crée encore d’autres structures bureaucratiques et on organise des grandes conférences en invitant des soi-disant experts étrangers pour faire des promesses qu’ils savent bien qu’elles ne peuvent pas être réalisées, dans des universités ou personne n’est pas motivés. Comme dirait le dicton : Les universitaires algériens font semblant de faire de la recherche, et le gouvernement fait semblant de les payer. Les meilleurs ont soi quitté le pays ou se sont convertis en consultants si ce n‘est du trabendisme




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  • Alilou
    15 juillet 2010 at 12 h 12 min - Reply

    Bonjour a tous,

    Merci pour la verité Mr A Rouadjia.

    Le probleme ce n’est pas de le crier haut et fort mais de trouver les solutions au plus vite pour ce carnage intellectuelle.

    Je n’arrive pas a comprendre comment une poignée d’incultes peut gagner la bataille contre une masse d’intellectuelles.

    Vous me direz on ne sort pas du meme berceau. Et on ne mange pas aux meme ratelliers.

    Il est plus que jamais temps de ramasser le peu d’orgueille qui nous reste et donner un bon coup dans cette fourmilliere quitte a laisser des plumes.

    pourquoi ne pas monter un parti d’opposition a l’etranger avec le soutient de tous et toutes et on se fera connaitre pas le net ou pas radio trotoire en Algerie et faire tellement de bruit dans les pays qui nous acceuills tous peut-etre que ca va faire vibrer tres fine fibre patriotique qui nous reste encore.

    Les verts ont perdu, ils n’ont plus leur mascotte, alors…




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  • Prof Chitour
    15 juillet 2010 at 23 h 42 min - Reply

    Bonjour Professeur
    Le constat nous le connaissons.Quelle alternative peut on présenter dans le calme et la sérénité ? En clair comment nous organiser pour remettre l’université sur rail. Je vous demande de lire la Charte Universitaire qui peut être un début de réponse si elle était mise en application.
    Ne vous découragez pas ! Continuez à croire en l’Université Algérienne et surtout continuez à « produire » des travaux de qualité.

    Prof. C.E. Chitour




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    16 juillet 2010 at 18 h 22 min - Reply

    Assalamou ‘alaikoum wa Rahmatou Allahi wa Barakatouhou;

    Merci pour ce long exposé, qui établit de façon claire la marginalisation des élites nationales, au profit du « premier arrivé, premier servi ».
    Tout d’abord, la référence aux équivalences, me rappelle un certain été 1967, quand Abdeslam, alors directeur de l’école polytechnique d’El Harrach, devant un Rezzoug, recteur alors de l’Université d’Alger, interloqué et un Rachid Bouzaher, outré, « les diplômes aux USA, se vendent, puisque l’on est obligé de payer ses études… »
    De l’eau aura passé, et en ces temps, ceux que l’Université rejetait sur ce seul motif spécieux, usé jusqu’à la moelle, comme si l’Algérie alors était en surplus de compétences et comme le héron de la fable, faisait la « fine bouche », ne laissant à ces diplômés fraichement revenus au bercail pour croire « servir la patrie », n’avaient d’autres ressources que d’aller se faire voir ailleurs, l’exil ou la reconversion, quitte à changer d’orientation, ce qui au demeurant coûtait au pays alors, juste sorti de la « nuit coloniale », de pérenniser la présence de « coopérants techniques », moins diplômés, mais tout de même choyés par ces mêmes censeurs de la Commission d’équivalence, car comme dit par Si Ahmed Rouadjia, ils ne menaçaient pas les places indues « occupées » faute de compétence, par les amateurs de sinécures.
    Aujourd’hui, je constate à la lecture de votre intervention, que rien n’a changé, sinon que la multiplication des universités, n’a bien au contraire fait qu’alourdir le dossier de l’utilisation rationnelle des hommes, des moyens et des systèmes.

    Mais, comme vous l’a dit si brièvement, mon ex condisciple, lors, justement de ma phase de reconversion, Chems Eddine Chitour, il ne faut pas « vous décourager, continuez à produire », et j’ajoute, CONTINUER de DENONCER le système de l’intérieur, en assénant la preuve que ce pays nous appartient à TOUS, et qu’il n’a été libéré que par la communion des efforts de TOUS, donc qu’il ne doit être le MONOPOLE de personne…




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  • ROUADJIA
    16 juillet 2010 at 22 h 11 min - Reply

    Bonsoir

    Je remercie tous les compatriotes ci-dessus nommés et qui ont bien voulu commenter mon papier de manière compréhensive, et ont bien saisi le sens de mes propos. Je m’attarde un peu cependant sur la question de l’alternative, de que faire suggérée par mon collègue le professeur Chitour.Je lui répondrai que l’unique alternative en vue de changer l’ordre des choses dans le sens du meilleur , pour un chercheur ou un intellectuel non vénal, c’est l’esprit critique qui consiste en un refus catégorique de toute autorité fondée sur l’arbitraire, l’injustice et le déni de la vérité. Qui consiste aussi à dénoncer avec vigueur le mensonge, l’usurpation des titres, des privilèges et des symboles sacrés au nom du nationalisme, de la patrie et de l’islam auxquels ces mêmes usurpateurs ne croient point! Quant à la Charte universitaire qui vient d’être échafaudée par la tutelle, j’avoue qu’elle renferme de beaux principes, qui se résument en six points , à savoir:l’intégrité et l’honnêteté, la responsabilité et la compétence, le respect mutuel, l’exigence de vérité et l’esprit critique, la liberté académique, l’équité, ne sera jamais observée par ceux qui l’ont élaboré…La raison en est que la théorie de ces gestionnaires et politiques est toujours en décalage avec la pratique. D’ailleurs ce n’est pas une telle charte, recopiée comme le LMD, qui va changer les structures mentales, les schèmes de pensée, la manière de sentir et de se représenter le monde. Il nous faut une sorte de « révolution culturelle » qui ne soit ni celles de Mao ni celle de Boumediene, mais une Révolution à la manière des Philosophes des Lumières, autonome, indépendante et anti-Prince. Telle est l’alternative provisoire que je suggère. Elle suppose que soit mis fin à l’atomisation de la classe des intellectuels ( prise au sens large); il faut qu’ils constituent une force morale et intellectuelle structurée et organisée face à l’omnipotence du pouvoir inconscient et irréfléchi, car conditionné par le culte de la force, et non par le culte de l’intelligence et de la concertation…
    Je conclus en disant:Les petits débats qui se font ici et la sur ces espaces de liberté non encore verrouillés par le pouvoir de la censure : ce site-ci, et ces autres sites là, joints à la presse privée, constituent déjà une chance et un point de ralliement, un point départ pour nous organiser, nous rassembler afin de résister au diktat imposée à la pensée libre et aux initiatives désintéressées des citoyens




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  • amel
    17 juillet 2010 at 18 h 52 min - Reply

    pour ceux qui douteraient encore qu’il yait encore des compétences en Algérie, cet article en est la preuve vivante: son auteur et le contenu lui mm (ex cités…).
    le courage intellectuel que vous affichez en étalant clairement le problème lié à la glorification de la médiocrité est tt à votre honneur et à ts ceux qui n’osent pas se taire devant , ce que vous nommez à juste titre « le diktat imposé ». C’est ds ce sens que tous les vrais intellectuels, bourrés de compétences, devraient oeuvrer pr mettre fin à cette situation désastreuse avant quil ne soit réellement trop tard, d’ailleurs n’est-il pas déjà trop tard?… cette élite dispersée de par le monde et mm à l’intérieur de son pays ne devrait pas se taire, d’abord pr se défendre et aussi parce qu’elle est formée de vrais intellectuels dotn le but est justement de combattre la médicocité et l’injustice et ce qqu soit le moyen, et ce site en est un bon départ de mm que la presse qui devrait soutenir ts les intellects en affichant leurs critiques , pensées et propositions…
    merci pour votre article qui laisse ouverte la porte de l’espoir!




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  • J-TIME
    18 juillet 2010 at 12 h 17 min - Reply

    By J-TIME,

    Concernant le systeme educatif et les invitations d’intellectuels/chercheurs-profs-etc.. algeriens a l’etranger (pouvant apporter un plus) , Zerhouni (l’ex-ministre de l’interieur) et Dr Zerhouni

    L’experience et les infos recues indiquent le suivant:

    Je connais sur le terrain la situation de l’enseignant universitaire quelque 37ans en arriere, déjà a cette époque lorsqu’on donnait des sujets d’examen “partiels ou de fin d’annee” au niveau (ou juste un peu complexe), il y’avait des ripostes de la part d’etudiants surtout après avoir donner les resultats: la riposte consistait a casser le tableau d’affichage , quelquesfois d’intimider l’enseignant (via lettres , surtout envers quelques femmes enseignantes), un enseignant m’avait informe que d’anciens etudiants [a qui il avait donne des notes faibles ou des notes approchant le zero] et qu’il avait rencontre des annees plus tard a l’etranger lui avaient avoues qu’ils avaient programmes de lui tendre un guet apens! et de le tabasser..!! ou/et lui mettre de l’eau ou du sable dans le reservoir d’essence de sa voiture , concernant une enseignante on m’avait dit que des etudiants avaient planifies (ou envoyes une lettre a son mari pour lui dire qu’elle le…) . Ces etudiants (faisant pression sur le prof qui leur a donne des notes faibles..) harcelaient l’enseignant (juste a la fin ou au debut d’un cours) en lui ramenant un directeur de department, et se pointaient en face en accusant le prof. face au directeur, en lancant des paroles de la sorte (..dork y zairak…hein..).. , dans la majeur partie des cas, le directeur de department disait au prof. qu’il devait etre plus souple et moins intransigeant! dans les notes…, il serait long de continuer…, ce que l’on pourrait tirer de cela c’est que plusieurs parametres sont a considerer: c.a.d non seulement le niveau etatique/ministeriel, rectorat, resp. de dpts et enseignants , resp parvenus [..via courbettes, ou?, etc..], nepotisme, corruption, tribalisme, regionalisme, mediocrite/et ethique deficiente du management a l’heure actuelle, mais il y’a aussi le cote etudiant algeriano-sapiens et qui existait déjà fin des annees 60/tout debut annees 70…[s’est-il amplifie? en 2010.. pour causes de,,?]. [les anthropologues, sociologues, politologues, educateurs….] y trouveront? les raisons…
    Ceci demande un long developpement et le temps limite a ma disposition ne me le permet pas…

    Concernant les non-invitations de chercheurs/experts [except? ceux tres lies a la nomenklatura..] etc.. pouvant apporter un plus a l’economie/au niveau-universitaire etc… algerien: Certes comme le dit l’article [dans la cause] il y’a une bonne part de responsabilite [negligence, arrogance! deplacee.., nepotisme, protection de la mediocrite/permet de ne pas devoiler la sienne, mauvaise foi, etc.. et autres raisons-caracteristiques maudites par Dieu et par la science..] venant des dirigeants etatiques et des responsables locaux d’institutions universitaires/centres, etc.. . mais il y’a aussi des raisons liees a l’enseignant-chercheur sans aucun poste/et lie au simple fonctionnaire , ceci decoulant de la characteristique de l’algeriano-sapiens [comme ca devrait exister dans autres cultures/civilizations/pays..] tel que jalousie, frustration, mechancete primaire, tribalisme, mesquinerie.. etc.. [trouvables aussi evidemment comme parameters supplementaire chez les responsables sus-cites..] [les anthropologues, sociologues, psychologues….] y trouveront? Les causes..…. , toutefois des Ref. aux enonces d’un Ferhat-Abbas et a des ouvrages de Malik-Bennabi etc.. permettraient de donner quelque esquisse sur ce theme….
    Ceci demande un long developpement et le temps limite a ma disposition ne me le permet pas…

    Le but du paragraphe ci-dessous n’a absolument pas comme but le nihilisme ou autre non-pure objectif: , le but etant de donner quelques infos a but d’eclaircissements seulement (esperons?):

    Concernant Zerhouni (l’ex-ministre de l’interieur): cet individu a ete ambassadeur aux USA dans les annees 90 [et d’apres des infos: Durant cette periode, il a noue des relations avec des personnes republicaine “especially those connected to the petroleum secteur-lobby…. ” et democrates du congres US], et meme aux debut des annees 2000 (d’apres certaines infos..) yazid Zerhouni allait il semble se soigner dans l’etablissement medical de l’univ John Hopkins….. de plus selon des infos cet ex-minister de l’interieur (dont la tribu est originaire des alentours de Nedroma) semble? avoir des liens de parente avec Dr Zerhouni.

    Aux USA (pays pris aux indiens autochtones après une extermination presque totale) les renes du pouvoir [avec le lobby des armes/petrole mainly] sont entre les mains de ce qui appele WASP, le secteur [en bonne partie] des finances, entertainment/medias et une partie du congres, de l’economie sont entre les mains des juifs sionistes ou non…aux usa donc avec effort [working hard] et quelque talent [contrairement a des zones/pays de traditions-profondes/figees?.. tel qu’en Europe etc..] un émigré peut acceder a un poste [prof, directeur de department, dean, etc… poste dans une enterprise..], toutefois pour acceder a un poste de directeur d’institution [nih, nsf., etc..] il faut [evidemment posseder un bon niveau tech/etre competent tech et en management]. Toutefois les competences existent par dizaines de milliers aux usa [multi-ethnique], ce qui me fait rappeler qu’au debut des annees 90 [après demantelement de l’urss]: Un responsable du recrutement “pour postes de profs. en Mathematiques, etc..” dans une universite cotee americaine/usa avait enonce le suivant [.. J’ai recu plusieurs demandes venant de profs de l’ex-URSS, je ne sais plus quelle personnes je vais recrute car ces personnes ont Presque toutes un niveau approchant le Nobel.!. ] .. Il y’a donc aux USA une presence multi-ethnique en resources humaine de haut-niveau “scientists, etc..” de niveau proche/qui se valent l’un l’autre (en expertise tech-scientifique ayant exerce dans des tops universites/institutions/centres de R&D etc.. avec experience en management, ayant plein de titres honorifique/ awards, plusieurs ayant servis comme advisers-consultants dans des institutions gouvernementale et internationale,…, comme detaches durant one or two years dans le senat/congres ou dans la white-house, etc.. ) .. c.a.d que pour etre nomine ensuite nomme en tant que responsable d’une institution (nsf, nih, etc..) il faudrait un bon lobby et que (ce lobby) puisse faire accepter la nomination par le congres US devant d’autres pretendants-candidats/ou non-pretendants possedant des credentiels (qui dans plusieurs cas, plusieurs fois) superieurs (en experience, en postes “tel que prof. etc..” tenus dans des universites plus prestigieuses, des dizaines de fois beaucoup plus de patents/patents efficient en efficiency du point de vue cout-qualite et timing “dans le monde industriel, medical etc… c.a.d interessant la societe globale”, plus d’awards approchant meme le Nobel, plus d’experience en management en tant que dean ou presidents d’universites, etc…),.. pretendants-candidats/ou non-pretendants donc possedant des credentiels (plusieurs fois) superieurs aux candidats nomine supportes par un/ou des lobby… C’est pour cela que le lobby supportant le nomine au poste de dirigeant du nsf, nih, etc.. est un facteur cle (par exemple a l’heure ou j’ai ecrit il y’a un/des lobby qui a propose son nomine “un veteran scientist americain d’origine Hindoue…” a des senateurs du congres US pour le poste de directeur du NSF “national science foundation..”)… Concernant Dr Zerhouni , d’apres des infos (il parait note sur Google) le senateur Kennedy (de l’etat du masachussets et decede il y’a quelques mois selon des infos..) avait bien supporte la candidature/nomine de Dr Zerhouni pour le poste du NIH…. Il est a note que les senateurs Kennedy ont supporte l’independence de l’Algerie/et le FLN dans le debut des annees 60 (surtout après les manifs du peuple algerien en 1960)…

    Et comme note ci-dessus une fois de plus, ceci n’est qu’un eclaircissement et nullement anime de but de nihilisme

    D’autres part et d’apres des infos , il y’a des personnes qui (vers, entre 2003 et 2006?) ont vu a la television El-Hurra (cad la television destinee pour les irakiens/monde- arabo-musulman, television sponsorisee par l’armee americaine il semble… creee après l’envahissement de l’Irak par l’armee US) des personnes donc semblent bien avoir vu {a reverifier la consistance de cette info donc si necessaire?} avoir vu donc a la television El-Hurra: le president Bush et Dr Zerhouni (avec a cote une femme? il semble Mme Dobransky?) avec El-Hurra emettre [une emission a partir de la maison blanche/white-house avec le president Bush et Dr Zerhouni cote a cote …] faisant des declarations de la sorte :…[ que le but de Bush/ou de son administration (d’apres des infos..) etait pour instaurer la democratie en Irak.. pour le bien des Irakiens et de l’Irak..…].

    Enfin d’apres ce qui a ete ecrit dans cet article du Dr Rouadjia:.. il est ecrit que [.. Dr Zerhouni…annee 1978… diplome d’universite US non-reconnu… en Algerie….] Ca.d la tracasserie….etc.. : ayant en tete ce fait la: .. Le sens commun [la coherence?..] amenerait a refuser/rejeter toute invitation ou titre honorifique provenant de personnes/ministres, recteurs, etc.. representant ce regime (c.a.d le meme regime continuant depuis 1962,..1978.. until now 2010).. ..

    A titre d’infos only: Comme representant d’Obama pour le dialogue!? avec le monde arabo-musulman il y’a inclus: Prof. Zawail (nationalite americaine d’origine egyptienne) prix Nobel de Chimie en 1999.. (Dr Zawail avait realize an important scientific breakthrough/”not an ordinary R&D result or a development leading to patents, etc.. ” but research’s results of Dr Zawail led to specifique originalite/result/appareillage dans le domaine de la chimie moleculaire.. : une des grandes causes qui ont permis a Dr Zawail d’acceder au Nobel en 99 ).

    Salutations,
    J-TIME




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  • Noufi
    18 juillet 2010 at 14 h 47 min - Reply

    Mr Rouadjia, vous avez cité les maitres-assistants d’une manière dédaigneuse dans votre article. Vous n’êtes pas sans savoir que ces mêmes maitres-assistants sont justement « empêcher » de soutenir leurs thèses de doctorat pour ne pas « déranger » leurs « maitres » les professeurs. Et à propos de compétences (puisque c’est le thème de votre article), il faut savoir qu’elle n’est pas proportionnelle au grade. Dans le domaine hospitalo-universitaire, par exemple, ce sont les maitres-assistants (que vous semblez mépriser) qui produisent le plus, tant sur le plan universitaire que clinique et, sont pour la plupart largement plus compétents que « leurs » prof vieillissants, beaucoup plus intéressés par quémander auprès des délégués médicaux une prise en charge pour des congrès à l’étranger…en tant que participants!
    Moi, je crois que le mal est à tous les niveaux, il est en nous. C’est l’Algérien qui est fait comme ça: exclusion de l’autre, intolérance, hogra, mépris, incivisme, prétentieux, faignant, incompétent…




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  • Arezki Nait Amar
    18 juillet 2010 at 23 h 18 min - Reply

    La dictature et la médiocrité vont de pair puisque qu’elle ne laisse pas à l’individu l’initiative de penser et de réfléchir ! Elle lui impose par la force la conduite à tenir dans sa vie quotidienne !Comme l’homme irresponsable est lâche est fourbe,il use de sa position de privilégié et de serviteur du régime politique pour asservir ses semblables qu’ils soient inférieurs,égals ou supérieurs à lui sur le plan des compétences,sous pretexte de leur insoumission au régime politique en place du moment.Autrement dit, un analphabète qui soutient le régime dictatorial est considéré dans l’echelle des valeurs de celle-ci comme étant supérieur à un intellectuel qui ne soutient pas ce même régime.D’où ,l’antynomie,entre la dictature et la compétence.




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  • zapata
    19 juillet 2010 at 19 h 00 min - Reply

    le problème de l’algerie est un problème de partage de richèsse pas plus boumèdienne avait lègitimmè ce pouvoir militaire par la force et les complots et ces sèrviteurs ont tèrminè la mission de la crèation de la richèsse et boutèf a raflè la cagniote en crèant pouvoir de tlèmçèn and co compagny et moi je suis entrein d’ècrire sut intèrnèt mes conneries..ce pouvoir monte par le sang et dècendra par le sang ainsi de suite ..c’est la france qui dècide de l’algèrie sinom pourquoi l’argent de l’algèrie passerons par le crèdit lyonnais et le club de paris..la dèmocratie et tout ce qui suit ainsi que mes amis c’est de la littèrature..l’ègoisme algèrien est impitoiyable………sauf celui qui n’a pas pu arrètons de donner les leçons de la vèrtu c’est les actes qui compte seulemment se sacrifier il faut rèver en 2010…etc …ce pays sera comme la yougouslavie c’est une quèstion de pètrole…zapata




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  • Alilou
    20 juillet 2010 at 12 h 29 min - Reply

    Salut,

    C’est bien de dire ce que nous pensons et decrivons ce qui se passe. Mais tout ca c’est du su, vecu et laisser faire de tous. Maintenant nous devons de nous recentrer car trops eparpillés on ne fera rien. Denoncer ne changera rien au schminblick, car comme le dit un vieu tres vieu proverbe, les chiens aboient et la caravane passe, ca fait 50 ans que les chiens aboient et 50 ans que la caravane passe et repasse avec les malles pleines de $$$ du petrol, alors soit on devient des Ali Baba ou Robin des bois ou bein nous resterons toujours ces memes cheins qui aboient, avec toutes mes excuses pour mon verbe cru, mais helas c’est la stricte verité.

    Sur tous les forum que je lis et visite de temps en temps, je lis la rage des algeriens de tout bords mis a part ceux qui n’ont pas acces au net, il ya un certain raz le bol, soit nous prenons notre destin entre nos mains soit en attent que le DRS nous parachutte un autre con.

    A lire les articles sur ce qui se passe chez nous avec tous les scandales, ya pas ame qui bouge et reagit, mis a part en verbe, soit en creve digne en HOMME soit on vit comme des chiens a aboyer a chaque fois qu’il ya caravane….

    Je suis a 1 cm de me faire citoyen tibetain… y’en a marre de tout ce qui se dit sur les forums, les denonciations etc…

    Nous sommes la risée de tous, on aurai pas eu un certains nombre d’hommes vrais, et sinceres encore a bosser pour la nation honnetement, je crois meme DIEU nous aurai abandonné a notre sort. Car quelque part nous merritons ce qui nous arrive (LA YOUGHAYIROU ALLAOU MA BIKAWMIN HATA YOU GHAYIROU MA BI ANFOUSIHIM)on fait rien pour ecouvrer notre dignité… nous sommes un peuple de moutons, on est guidé par un patre hors la loi, il nous dirrige vers l’abatoire et nous le suivons…

    Soit on creve comme des hommes soit on continu de mener une vie de chien…

    Désolé pour mon verbe une fois de plus et ca va etre la derniere fois.




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  • radjef said
    23 juillet 2010 at 23 h 01 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@A Rouadjia, bonsoir. D’abord je salue votre courage et votre constance intellectuelle. Rien que pour cela, je vous admire. Mais avons nous des universitaires et des intellectuels en Algerie? Si oui, combien sont-ils? Des universitaires qui prennent l’intelligence comme une marque de suspicion, sont-ils veritablement des universitaires? Des universitaires qui donnent du credit aux propos du général El Mekhfi, milicien primaire qui n’a jamais tenu un livre entre ses mains, pour casser du Addi Lahouari, sont-ils réellement ders universitaires? Lorsque un grand parti d’opposition fait confiance à un pedophile repris de justice qui n’a pas été au dela de l’ecole primaire,que peut-on dire de l’engagement politique et intellectuel de nos universitaires? Quelles sont dans les faits leurs aptitudes et leurs capacités? Quand un dirigeant de l’opposition donne du credit a un petit indicateur-indicateur par heridité- sans la moindrte qualification morale, civique et intellectuelle et refuse de repondre a des militantes et des militants veritablement engagés, sommes nous dans un pays d’universitaires? Une derniere question pour la paix de ‘esprit: quand nos universitaires vont -ils enfin accepter de produire intellectuellement et de s’assumer politiquement au lieu de sombrer dans la complaisance et de jouer aux docteurs Petiot? Ils peuvent mentir autant qu’ils veulent, mais l’histoire ne retiendra que la verité.




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  • houda
    23 juillet 2010 at 23 h 53 min - Reply

    salam tout le monde
    je tiens d’abord à remercier mr Chitour pour son intervention, c’est avec plaisir que je lis ses articles dans le journal « l’expression », c’est un homme de grande culture, ouvert, sage, il a écrit plusieurs ouvrages intéressants, c’est un intellectuel dont l’Algérie a besoin. Il ya un constat que tout le monde connait, que pourrait-on faire pour sauver l’université ? il n’y a qu’une charte qui pourrait régler le problème de l’université, charte qui devrait être acceptée par la majorité des universitaires de tous les horizons sans exclusive, il faut bannir tout ce qui est politique , tout ce qui peut diviser, l’université n’aura pour vocation que la science rien que la science




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  • Congrès du Changement Démocratique