Édition du
28 March 2017

Petit essai sur la sociologie de la misère à l'université de Msila

Par Ahmed ROUADJIA, université de Msila

Je ne sais pas si les choses, actes et paroles, obéissent partout aux mêmes logiques et si l’ordre  de la « nature » et de la « rationalité » est partout observé. Je ne sais pas non plus comment fonctionnent  les autres universités algériennes ni d’après quels critères se distribuent les fonctions, les postes,  et les missions, etc. Je ne sais pas non plus si les postes de responsabilité (administratif et scientifique) assignés aux personnes correspondent bien à des compétences attestées ou obéissent, a contrario, à des considérations subjectives qui relèveraient du principe d’allégeance et de soumission que dictent les intérêts mutuels des « protecteurs » et des « protégés ». En revanche, ce dont je peux parler avec certitude, sans risques de me tromper, c’est de l’université de Msila où je travaille et vis immergé comme « un poisson dans l’eau ».Or, Cette université de 29532 étudiants encadrés par 1033 enseignants se présente comme un « monde à l’envers » et pour le remettre « à l’endroit » il faut une ferme « volonté politique » de la part des décideurs et une prise de conscience doublée d’ une implication citoyenne de la part de ces 1033 enseignants qui semblent plongés dans un sommeil profond, comatique.

I. Le monde cul par-dessus tête.

L’inversion des choses et du monde à l’Université de Msila apparaît à travers plusieurs traits caractéristiques de l’absurde et de l’arbitraire. Cette inversion de l’ordre de la logique et de la « nature » se pratique, comme dans Le Carnaval de Romans d’Emmanuel Le Roy Ladurie[1], de manière délirante. Elle se traduit par:

1.Des maîtres assistants qui jugent et évaluent la compétence des docteurs d’Etat et de professeurs de rang magistral.

2. Des professeurs de rang magistral refoulés ou mis à la lisière des comités scientifiques des départements ou des Conseils scientifiques des facultés par des maîtres assistants ou des Maîtres de Conférences de rang B.

3. Des départements ( pas tous naturellement) investis par des personnes à « double casquette » : oustadh( professeur) de je ne sais quelle spécialité et administratif de niveau magister et dont la thèse avance à pas de tortue et, quand elle est soutenue, elle accouche généralement d’une immense accumulation de compilation, de galimatias et de remplissage fastidieux.

4. Des représentants des étudiants qui s’instituent comme jury de thèse et produisent des rapports en tous points négatifs sur leurs enseignants qu’ils décrivent comme de mauvais « pédagogues », incompréhensibles et « incompétents ». Rapports que les enseignants/administratifs s’en servent à l’occasion comme moyen de chantage à l’encontre de leurs collègues « hors jeu » ou refusant de jouer le jeu de l’intrigue et des petits complots de bas étages.

II. Le cas d’un docteur d’Etat jugé incompétent par des maîtres- assistants nourris au lait de la psalmodie[2]

Les cinq points énoncés ci-dessus trouvent dans les pages qui vont suivre la confirmation de leur vérité éclatante  dans la mise en scène d’un vrai scénario orchestré par des apprentis sorciers en vue de nuire à l’un de leurs collègues. Conçu par un petit groupe restreint d’individus aimant toujours évoluer plutôt dans l’ombre que sous la lumière du jour, ce scénario  a été joué sur scène par des esprits faibles et moutonniers, qui ne craignent ni le ridicule ni ne savent évaluer la gravité de leurs gestes. Tel un taureau espagnol lancé à toute allure à la poursuite d’un leurre, ces simples exécutants  s’enfoncent tête baissée jusqu’à ce qu’ils se heurtent de plein fouet contre le mur. Les petites intrigues conduites en conclave dans le dessein de nuire à autrui sont le propre des individus privés de noblesse et de grandeur. La petitesse de leur âme et l’étroitesse de leur esprit, les amène à agir de la manière la plus grégaire, et la plus primitive qui soit. Pourtant, ces individus ne vivent pas dans les âges préhistoriques, mais sous le Ciel des Ages Modernes. Qui plus est, ils ne sont pas des illettrés auxquels on pourrait  à la rigueur pardonner leur fautes au motif de leur ignorance native, mais là, en l’occurrence,  ce sont des « universitaires » et qui l’affichent ostentatoirement avec une sorte de fierté morveuse!

Fortement imbus de leurs personnes, gonflés de prétentions et d’orgueils, souvent déplacés, affectant la mine et la démarche fière et virile du coq, ces individus s’aplatissent pourtant et se font tout petits en présence du Grand Chef . En sa présence, ils se rétractent comme des mollusques, ou comme ces escargots qu’on effleure de la main. La voix haute et rauque de Sidi Raïs leur fait baisser les yeux, tandis que leurs corps volumineux s’affaissent et se compriment de peur, ou de crainte révérencielle. Mais devant leurs pairs, surtout lorsque ces pairs-là, ne détiennent aucune parcelle de responsabilité dans le carré administratif réduit au département qu’ils investissent, ils deviennent franchement méprisants et exécrables envers ceux qui ne partagent pas leurs opinions bien arrêtées. Derrière le bureau, ils se sentent forts et grands. C’est ce qui les autorise à se gonfler à l’occasion comme des dindons, à hausser éventuellement le ton et les épaules, soit pour ordonner, soit pour impressionner l’entourage. Hors bureau, ils ne sont rien, parce qu’ils n’ont rien à dire, surtout qu’ils n’ont pas d’idées ou de projets scientifiques à débattre. Hors leur bureau qui leur donne le sentiment de détenir cette parcelle du  » pouvoir »,  tant briguée, et cette minuscule autorité tant chérie et prisée, et qui procure prestige et inspire « crainte » aux autres, ces assoiffés de la bureaucratie et de la paperasserie, se montrent petits, craintifs, fragiles et sans défense. Surtout quand, projetés par le hasard de la vie dans une société galante ou réceptive à la culture ou à la curiosité scientifique, ils se découvrent soudain démunis d’outils de communication efficients, de verbes et d’éloquence pertinents. Ni en arabe ni en français, ni en chinois ni en hébreux, ils ne sauraient articuler une seule phrase correcte sans bafouiller. Soustraits à leur « milieu naturel » et projetés dans un environnement inaccoutumé, ils suffoqueraient comme un poisson hors de l’eau! Pourtant, dans leur « milieu naturel », ils se comportent comme des Rois et se considèrent comme le siège même de la science infuse!

Titulaires de diplômes démonétisés, en dévaluation constante comme notre dinar- cette monnaie de singe-, que nul, à l’étranger, n’en veut comme moyen d’échange de valeurs, ces enseignants ont décidé donc de se réunir en assemblée sous couvert de  » réunion du comité scientifique » du département d’histoire pour délibérer et statuer sur le sort de l’un de leurs collègues. Ils décident donc en  son absence, et sans qu’il soit donc informé au préalable ni de l’objet ni de la teneur de la réunion, de le déclarer incompétent d’assumer ses modules de cours et de TD, avec retrait immédiat et sans recours la possibilité de choisir dorénavant les matières à enseigner! Elles seront choisies à sa place par le comité scientifique réunie fantomatiquement à cet effet. C’est la répétition du comité des experts non moins fantomatique institué à la hâte pour examiner la validité de mon projet de laboratoire!

Annexes

Les faits qui viennent d’être relatés trouvent leur parfaite illustration dans les documents joints en annexes. Ils n’appellent pas de commentaires, car ils sont si clairs et si parlant qu’ils se passent de tout commentaire.

DOCUMENT 1: محضر اللجنة العلمية

DOCUMENT 2: تشهير

DOCUMENT 3: ( réponse de l’intéressé à  السيد رئيس اللجنة العلمية

DOCUMENT 4: طعنRecours adressé au doyen Doc04

المسيلة فى 28 جوان 2010

الموضوع : رد و تعقيب حول ما ورد في مستخلص اللجنة العلمية لقسم التاريخ

المجتمعة يوم 26-05-2010

إلى ا لسيد بن قبى عيسى
رئس اللجنة العلمية لقسم ا لتاريخ –جامعة ألمسيلة

لقد بلغتني رسالتكم المؤرخة بتاريخ 26/05/2010 و التي استندت إلى محضر اللجنة العلمية التي تداولت في غيابي و توصلت إلى إعداد مستخلص  من محضرها مستندة في ذلك على تقارير رئيس شعبة ل م د   و نائب رئيس القسم المكلف البيداغوجية يتعلق بإثبات مزعوم لعدم قدرتي على تدريس المقياسين المذكورين في رسالتكم.

أريد أن  أجيبكم على النحو التالي : لا أعترف إطلاقا لا بالشكل و لا بالمضمون الوارد في رسالتكم و ذلك للأسباب الآتية: أولا: أن قرار اللجنة يمثل خرقا صارخا للقوانين، لأن اللجنة العلمية ليست إلا هيئة استشارية ،

ثانيا: أنه لا يخطر إلى الذهن البشري و المنطقي أن يكون دكتور دولة ذو الخبرة العالمية في ميدان البحث العلمي و المؤلفات العديدة و المتنوعة  موضوع تقييم من قبل أساتذة مساعدين – مثلكم- و الذين يفتقرون للخبرة العلمية ، و خصوصا في ميدان المنهجية، ناهيك عن عدم  القدرة على التحليل  وناهيك عن عقم علمي واضح (ضعف الانجازات العلمية كالمؤلفات و المقالات ذات الطابع الأكاديمي المعترف به من طرف المؤسسات الوطنية و العالمية) ،

ثالثا: أن رئاسة اللجنة العلمية للقسم تعود قانونيا و علميا إلى الأستاذ الأكثر رتبة و كفاءة علمية  و ليس إلى أستاذ مساعد كما تنص عليه القوانين. وعلى مستوى قسم التاريخ، فانه لا يوجد حاليا غيري تتوفر فيه كل هذه الشروط رغم إنني لا أرغب في رئاسة هذه اللجنة و لا في رئاسة المجلس العلمي للكلية. و مع ذلك لن أسكت عن التجاوزات و الممارسات التي تتناقض مع الأخلاق و المعايير العلمية التي  يتحكم فيها البحث العلمي .

و السؤال الجوهري المطروح هنا هو: لماذا أقصيت و من أقصاني من اللجنة العلمية بشكل مخالف للقانون؟ و من قام بتأجيل تجديد المجلس لعلمي للكلية و كذ ا اللجنة العلمية لقسم التاريخ ؟. أتعلمون أن الرئيس الحالي للجنة العلمية لقسم التاريخ لا يتمتع بأي امتياز علمي و قانوني لإدارة هذه اللجنة ؟ حسب رأيي  فانه مازال في طور التكوين العلمي و بعيدا عن مناقشة رسالته. و لهذا السبب لا اعترف بتاتا بقدرته العلمية لتنشيط و توجيه هذه اللجنة العلمية التي يتراسها بشكل ملتوي.  و في الواقع أن اللجنة العلمية الحالية لا تمثل الأساتذة و لا تستجيب إلى القوانين التي تتحكم فيها. كما أن تسيير اللجنة العلمية تبعا للنمط الحالي لا يخضع لقواعد فعالة و شفافة بل إلى اعتبارات ذاتية ، و بالتالي لا تستوعب مفاهيم البحث العلمي  إلا من زاوية محدودة  ضيقة الأفق و لا تخدم العلم.

و ينبغي أن اذكر أن  أغلبية أساتذة قسم التاريخ لا يشاطرونكم الرأي في المبادرة اللامعقولة التي اتخذتموها   ازائي   و التي لم تزعزع إطلاقا إرادتي الرامية إلى فضح  الرداءة و كل من يخالف القانون و يفسره و يستعمله لأغراض غامضة  سواء على مستوى القسم أو على مستوى الجامعة. و أعتبر بوصفي مواطن و أستاذ جامعي و باحث يريد الخير لبلده فمن واجبي المقدس أن أقف صارما أمام كل التحديات المحتملة و أن أقاوم فكريا و بشدة كل من يقوم بممارسات تمس الأخلاق و تلحق الضرر بالمقيمات العلمية، كالنقل و الحشو أو التقليد الأعمى للمناهج المزاجية.

و ما يثير الاستنكار و السخط و يشكل في الوقت ذاته قذف و جرح هو أنكم قمتم بتعليق القرار الاعتباطي الذي اتخذتموه ضدي في مكان ظاهر للعيان و الذي ينص على أنني غير مؤهل  علميا  لتأدية مهامي العلمية  و الغرض من ذلك هو جعله تحت أنظار أكثر من 800 طالب لإظهار « العيوب: أو  » العجز » الذي زعمتم اكتشافه عندي. و أذكركم بان طريقة التشهير و التشكيك التي لجأتم أليها لا تعكس فقط عجزكم عن الحوار الثقافي و العلمي الشفاف و الهادئ بل تعكس بوضوح عجزا مدهشا في احترام المبادئ الأخلاقية التي يتحدث عنها المشروع  المتضمن في  » ميثاق الأخلاق الجامعية » و المقترح نقاشة من قبل  وزارة التعليم العالي و البحث العلمي.

و أذكركم زملائي  مرة ثانية بان هذه السلوكيات  السلبية التي تصدر عن اللجنة العلمية لقسم التاريخ لا تحط من عزيمتي ابدأ، بل على العكس فهي تعطيني الحوافز القوية لمناهضتها و دحضها بواسطة الفكر و تبين لي مدى صحة آرائي، كما تعطيني فرص عدة لنشر مقالات و كتب حول ما يجري في الجامعة الجزائرية بصورة عامة و جامعة المسيلة بصورة خاصة.

و ما يعزز لدي روح البحث و الاستمرار في الإنتاج الفكري يكمن بالضبط في توفير « المادة الخام »المتمثلة في ركود الجامعة و زيادة الرداءة و نقص الإنتاج النوعي من قبل الذين يزعمون أو يعتقدون أنهم من أهل العلم و حراس » الأمانة العلمية  »      فالرداءة السائدة و الصراعات الدائرة حول المواضيع التافهة التي تشغل الوقت الرئيسي لبعض  الجماعات  الصغيرة تشكل لمن أراد القيام بعمل علمي مفيد المادة الأولية  لإعداد رسائل أو كتب علمية حول الرداءة التي تطبع مؤسساتنا البحثية و خاصة في الآونة الأخيرة .

وأخيرا: أتمنى لكم التوفيق سيدي رئيس اللجنة العلمية في انجاز  رسالتكم  التي هي في طور الإنجاز و المزيد من الجهود و الانجازات في فائدة الجامعة و المجتمع الجزائري.

تحية مني إليكم 

الدكتور أحمد رواجعية

إلى السيد عميد كلية الآداب والعلوم الاجتماعية  بجامعة المسيلة

في: 20/06/2010

الموضوع: طعـن ضد قرار إداري

استنادا إلى المراسلة الرسمية التي بلغتني من السيد بن قبي عيسى رئيس اللجنة العلمية لقسم التاريخ والذي يلخص فيها القرارات التي اتخذت بشأني من قبــل اللجنة العلمية اثر اجتماعها بتاريخ 26/06/2010 على الساعة العاشرة صباحا، نطلب من سيادتكم السماح بالاطلاع على « التقارير » التي تخصني والمشار إليها في الرسالة المذكورة أعلاه .أن هذه الأخيرة تتضمن في الشكل وفي المحتوى اتهامات ذات الخطورة البالغة ضدي ولم نعلم بالضبط ما تنطوي عليه التقارير المذكورة سلفا.ولهذا السبب انه من حقي المطلق الاطلاع على مضمونها حتى نعرف ما هي الأخطاء البيداغوجية التي ربما وقعت فيها بدون وعي والتي انعكست كما تزعم الرسالة « سلبا على التحصيل العلمي للطلبة » .

وأريد بالضبط ما تقول هذه التقارير التي هي بمثابة تهم لا ادري عنها شيئا وهي تهم تجعلني في وضعية شبيهة بالروائي الشهير « كافكا » (Kafka) المهاجم من قبل رجال مجهولين يوجهون له تهما غامضة لا يعرف عنها شيئا.

وأنا مثل كافكا، أظهر في التقارير والتشهير كالمذنب وحتى قبل أن أعرف حيثيات التهم الموجهة إليَّ .

تقول الرسالة : « وبناءا على التقارير الواردة إلى السيد رئيس القسم من قبل رئيس شعبة ل.م.د ونائب  رئيس القسم المكلف بالبيداغوجيا ، والتي أحالها بدوره على اللجنة العلمية للقسم فيما يخص المقاييس المسندة إلى الدكتور رواجعية أحمد فقد رأت اللجنة أن الأستاذ لم يثبت قدرته على تدريس هذين المقياسين و لم يلتزم بالمقرر الخاص بهما، مما انعكس سلبا على التحصيل العلمي للطلبة. »

ولهذه الأسباب تصف الرسالة بأن اللجنة العلمية قد « قررت ماليي » :

أولا: سحب امتياز الرغبة في اختيار مقياس التدريس من الدكتور رواجعية أحمد.

ثانيا: تحتفظ اللجنة العلمية للقسم باتخاذ الإجراءات اللازمة في هذا الإطار.

ثالثا: تبليغ الأستاذ رواجعية أحمد بهذا الإجراء كتابيا.

رد المعني بالتقارير الصادرة عن اللجنة العلمية:

إن مضمون الرسالة الصادرة عن اجتماع اللجنة العلمية غير مقبول إطلاقا ،لأنه يتنافى مع القوانين والشفافية ،وذلك للأسباب التالية:

أولا: أن اللجنة العلمية تمثل هيئة استشارية ومهمتها هو إصدار أراء وتوصيات وليس قرارات بالمعنى العريض للكلمة.

ثانيا:أن مهمتها البيداغوجيا تكمن في الحوار والتشاور بين أعضائها حول القضايا العلمية .فهي ليست «محكمة» تتولى التحقيق وملاحقة «أخطاء» الأساتذة وإدانة عدم تأهلهم .

ثالثا: إن «المتهم» في هذا الإطار كان غائبا ولم يستدعى من قبل اللجنة العلمية لسماع « روايته » ،وهذا يدل عن الانزلاق الخطير الذي ارتكبته اللجنة العلمية بالإجراءات التي اتخذتها تعسفياً ضدي .

رابعا: إن اللجنة العلمية تفتقد الشرعية والمصداقية بسبب إنهاء عهدتها في فيفري-مارس 2010 ولسبب عدم تجديدها كما تنص القوانين. ولهذا السبب أيضا لا يحق لها أن تتداول.

خامسا: إن اللجنة العلمية كان من المفروض أن يكون المطعون فيه أي رواجعية أحمد هو رئيس اللجنة قانونا وبالتالي هو من كان يفترض فيه تقييم أصحاب التقارير.

سادسا: هل النقاط الممنوحة للطلبة من قبل رواجعية يعتمد عليها في النجاح والرسوب أم لا ؟.

ومن خلال هذا العرض أطلب من سيادتكم إجابة كتابية مفصلة حتى نفهم حيثيات التهم الموجهة لي في التقارير المذكورة والتي أجهل مضمونها الحقيقي.

وأخيرا تقبلوا مني فائق الاحترام والتقدير.

ملاحظة:

نسخة قد وجهت إلى:

-السيد مدير الجامعة

-السيد رئيس قسم التاريخ

-السيد رئيس اللجنة العلمية لقسم التاريخ

الدكتور:رواجعية أحمد

III. LES CAUSES PROFONDES

DE LA STERLITE DE NOTRE UNIVERSITE

Elles sont nombreuses, mais je n’en citerai que quatre, dont la cinquième, cocasse, ne relève pourtant pas de la fable, mais d’une réalité propre « à crever les yeux ».

1. La primauté de l’administratif sur le scientifique. – Là encore, c’est le monde à l’envers. Mais il n’est pas le propre, il est vrai, de la seule université de Msila, qui ne détient pas le monopole en la matière, quoiqu’elle puisse se singulariser par le zèle que manifestent certains administratifs/enseignants parvenus en matière d’application des textes, qu’ils interprètent souvent à leur avantage et de manière erronée. Cette primauté quasi absolue de l’administratif sur le scientifique est une décision qui émane du sommet de l’Etat et s’inscrit dans la logique du système autoritaire tel que décrit si bien Hannah Arendt[3]. Ce qui caractérise ce système, c’est l’asservissement des intérêts collectifs aux intérêts privés, et partant l’utilisation quasi systématique de toutes les institutions publiques à l’aune des intérêts particuliers. Sans être un système totalitaire au sens strict du mot, le système politique algérien n’en est pas moins autoritaire bien qu’il se drape de la force de la loi. Ce caractère privatif du pouvoir, tant politique qu’ administratif, se reflète à travers le comportement même des « chefs » ( Ministres, PDG, Directeurs, sous- directeurs, etc.) qui se croient être, dans leurs postes respectifs, des « propriétaires » légitimes des institutions qu’ils dirigent et auxquelles ils appliquent non pas les lois publiques, mais leurs propres lois qui procèdent directement de leurs propres humeurs du moment. Là, on comprends que les institutions politiques ne sont rien moins que la façade des intérêts privés.

Lorsque un administrateur,  tel un chef de département d’économie, de biologie, de génie, de droit ou de philosophie, dit à l’enseignant plus gradé que lui ou ayant un grade équivalent : « je ne te fais pas ceci et cela » et  « si tu n’es pas content, tu n’as qu’ a aller te plaindre ailleurs. Je fais ce que je veux« , cela traduit non seulement le sentiment d’appropriation du « bureau » derrière lequel il parle en bombant le torse et en prenant des allures magistrales que son cou sanglé par une cravate sobre ou écarlate accentue jusqu’à la caricature, mais traduit aussi la légèreté et le mépris dans lequel on enveloppe les règles juridiques, les normes civiles et civiques sans le respect desquelles il n’y a point d’ordre « civilisé ».

Obsédée par le culte de la loi qu’elle viole allègrement pour mieux privatiser le pouvoir que ses petits et grands chefs détiennent, notre administration au niveau tant micro que macro tient ses traits de commandement tant du système féodal que du système autoritaire « moderne ». Ses conduites se ressentent d’une culture et d’une représentation politique du monde où le paternalisme autoritaire et rigide du chef l’emporte sur la délibération, l’écoute et le respect de la loi commune.

2. Le mépris du savoir et de la science. -Il découle de ces inversions des valeurs et des hiérarchies, des logiques et des préséances, des pratiques qui défient la raison humaine et désarçonnent toutes les volontés tendues vers les refontes des structures mentales, culturelles et psychologiques de l’Etat et de la Nation. Un exemple, que tous les algériens et algériennes connaissent pour l’avoir vécu, suffit à illustrer cet état de choses lamentables : ainsi en est-il de ces incultes ou ces incompétents qui commandent à des lettrés que l’on rencontre dans les diverses institutions publiques. Nichés dans les compartiments de l’Etat par le jeu de la cooptation, de la désignation d’office ,et de la nomination par décrets à la tête des postes sensibles requerrant des compétences particulières, ces incultes ou semi- incultes ne sont pas rare et s’emploient à constituer des remparts inexpugnables face à tous ceux qui montrent des signes de lumière, d’intelligence et de volontés d’agir dans l’intérêt collectif au détriment des ambitions ignorantes et opaques.

3. Quand d’anciens maîtres d’écoles, de collèges ou de lycées font irruption à l’Université.- A Msila, ce profil « rénové » et métamorphosé en maîtres assistants, puis en docteurs fraîchement émoulus, n’est pas rare et se retrouve dans pratiquement la plupart de départements. Au sein de certains d’entre eux, ils font la pluie et le beau temps. Ils sont les maîtres des lieux, et face à eux les vrais maîtres assistants et les docteurs apparaissent comme des piètres figures, obligés d’ adopter malgré eux des profils bas et montrant des faces pâlissantes. Ces anciens professeurs de lycée recyclés et promus maîtres assistants jettent toujours leur dévolu sur les petits postes administratifs ( chef de département, responsable pédagogique ou de modules…) postes auxquels ils s’accrochent désespérément. Ces postes que le grand chef, le recteur, agrée, leur procurent le sentiment gratifiant de « commander » aux autres, mais aussi et surtout l’impression d’être « protégés » par le niveau supérieur de la hiérarchie administrative, qui part de la tutelle pour aboutir au niveau de l’université. D’autres considérations se greffent sur ce choix « stratégique » adopté par ces profils aux trajectoires heurtées, aux itinéraires chaotiques et aux chemins tortueux : le prestige du « poste », la gratification psychologique et matérielle qui en découle, et le désir obscur de masquer un passé que l’on considère comme peu glorieux, celui d’avoir été un simple enseignant au collège et/ ou au lycée! Un pan d’histoire qu’il faut occulter si l’on veut paraître, ici et maintenant, sous le rapport de la respectabilité universitaire.

Ces personnes ont atterri à l’université avec un « bagage » fait d’une structure mentale et pédagogique surchargée de méthodes, de réflexes et de représentation du savoir et de la culture qui n’ont rien à voir avec la posture ou la démarche véritablement universitaire. Ce qui domine chez ces personnes bariolées, c’est surtout le réflexe autoritaire aussi bien vis-à-vis de leurs pairs que vis-à-vis des étudiants. Ce faisant, ils reproduisent et transposent dans l’environnement universitaire leur vécu et expériences du Lycée ou du collège. Dans ces types d’établissements, on le sait, ce qui prévaut, c’est l’ordre disciplinaire qui ne laisse pas toujours de place aux débats et aux discussions tant la turbulence des adolescents et le souci légitime de contenir leurs passions débordantes, conduit à faire preuve d’autorité, et même d’autoritarisme quand les circonstances l’exigent.

4. Les transfuges

Or, beaucoup d’enseignants venus de ces établissements du secondaire se comportent à l’université comme s’ils y étaient encore. Non seulement ils n’acceptent pas le débat d’idées, l’échange des opinions, d’informations scientifiques, mais ils font feu de tous bois pour fuir ces sujets comme s’ils étaient de vrais « tabous »! Ce qu’ils prisent le plus, c’est surtout les ragots, les dénigrements et les murmures des vieilles commères.

Bien que minoritaires, ces enseignants exercent une action néfaste au sein de l’université, et par leur comportement tout comme par leurs méthodes d’enseignements « pédagogiques », ils réussissent à faire des émules et à susciter des vocations calamiteuses.

Ceux qui préparent des thèses s’abstiennent d’en parler, alors que la raison d’être de la recherche est la confrontation de projets et de méthodes, la transparence et la visibilité de qui et qui fait quoi? Rien de tel ne se fait en notre université dont chacun vit replié sur soi, et gardant jalousement ses « secrets » comme s’ils relevaient d’un « secret défense »!

Il faut signaler également le cas de ces transfuges de l’ex-FIS dissous qui, tels des caméléons, ont changé de discours, de peau  et d’étiquettes politiques. Ils ont troqué du jour du lendemain leur « conviction », contre des petites fonctions minables, et souvent dégradantes tant elles consistent à colporter des informations et des dires souvent mensongers sur le compte de leurs collègues. Certains- comble de l’absurde- ont un pied dans l’administration, un second dans un parti politique, et un troisième, si j’ose dire, dans la section locale du CNES. Je ne suis pas contre les repentis de l’ex-FIS, bien au contraire, et j’accueille avec faveur tous ceux qui déposent les armes et se départissent de leurs idées non moins dangereuse d’une république islamique pure et dure. Mais je suis contre ceux qui, par opportunisme et lâcheté pur, renoncent à toute morale et éthique pour vendre leur âme au Diable, au Chitane tentateur, qu’Allah maudisse en même temps que ces hypocrites!

Ce sont ces profils d’enseignants, aux facettes multiples, aux trajectoires  heurtées, désordonnées et douteuses, qui tentent de faire leur percée au sein de l’université en imposant leurs règles de jeu. Ajoutons à cette liste déjà longue, le cas de cet ex-imam devenu enseignant en droit je ne sais par quelle voie escarpée. Le langage, la réflexion le raisonnement de ces personnes, et même leur hexis corporel ne reflètent guère le diplôme (magister ou doctorat) qu’ils prétendent détenir. Ils articulent mal aussi bien en arabe dialectal qu’en arabe savant, et pourtant ils dispensent des cours trop compliqués (droit, histoire, littérature arabe…) à des étudiants largués, mais qu’on tente d’impressionner et d’intimider par le seul fait de posséder ce statut d’oustadh, de professeur. On sent qu’il y a bel et bien un décalage, une véritable dichotomie entre le diplôme affiché d’une part, le raisonnement et le langage formel utilisés, d’autre part, dans leur commerce avec l’entourage.

5. La transgression de la loi et la rétention de l’information légale.- Sur ce point, je me limite à l’Université de Msila. Ici, tous les responsables administratifs vous parlent du respect de la loi quant ça les arrange, mais ils la violent en sous main lorsqu’elle les mets en position inconfortable. L’interprétation subjective ou détournée des textes officiels et la rétention de l’information juridique à la source sont les deux procédés dont on use pour berner le citoyen et léser ses intérêts. Un troisième procédé illégal est constitué par les consignes orales que donnent les « supérieurs » aux « inférieurs » pour ne pas appliquer de manière transparente la loi de l’Etat. L’exemple nous en est fourni par « Le bureau d’ordre » de l’Université de Msila. Lorsque vous demandez au préposé de mettre un cachet sur la copie d’un courrier adressé à un des responsables de l’université ( secrétaire général, doyens, chefs de départements, vice-recteur chargé de la recherche, etc.), il vous réponds qu’il n’a pas le droit de le faire et qu’il a reçu des consignes strictes des chefs, et notamment de la part du Grand Chef, de n’apposer de cachets que pour le courrier adressé au recteur! Lorsque vous demandez à l’employé  » à quoi sert alors le bureau d’ordre? » s’il ne transmet pas les courriers aux destinataires ni ne consent à mettre un coup de tampon dessus, vous vous entendez répondre en ces termes :  » il travaille uniquement pour les fonctionnaires administratifs! » comme si les enseignants ne faisaient pas partie de ce corps de fonctionnaires, et comme s’ils ne devaient pas bénéficier au nom de je ne sais quel droit des services de ce « bureau d’ordre »! Voilà des pratiques qui laissent perplexes!

6. Le bonheur des chiens de l’université contraste de manière criante avec la misère des enseignants mal-logés.- Sachez, chers collègues et amis, que nous avons, à côté de la population estudiantine, une population animale constituée de chiens errants en forte augmentation suite aux accouplements cycliques, et à l’afflux sans cesse croissant de chiens chassés d’ ailleurs, soit par « la misère », soit encore par l’absence « de sécurité » dans leurs gîtes initiales. Arrivés par grappes  à une date que je ne saurai déterminer avec exactitude, sur le campus, ces meutes de chiens envahissent les parvis, les maigres pelouses, les espaces ombragés, les coins et les recoins de toutes les superficies encore « vacantes », non « privatisés » par l’administration. Allongés nonchalamment, côte à côte et par chapelets, la tête enfoncée entre les pattes avant, les oreilles aplaties contre le sol,  jambes arrières écartées, ces chiens, en les observant de près,  me donnent l’impression qu’ils respirent la paix , la quiétude et certain bonheur que nous n’avons pas nos autres enseignants mal logés et mal considérés par l’administration. Par ailleurs, ces chiens se comportent à l’université comme dans une chasse -gardée au point de bénéficier d’une liberté de déplacements à l’intérieur de l’enceinte universitaire, sans que nul ne trouve rien à redire. Ils ont même le   » droit » à la contestation que ne possèdent pas les enseignants. Lorsqu’ils sont mécontents ou dérangés dans leur sieste par un passant, ils se mettent tous ensemble à pousser des aboiements assourdissants, et à menacer de leurs crocs quiconque essaie de les chasser au loin. Agressifs et hargneux, ils ne supportent pas qu’on empiète sur leur périmètre réservés, qu’ils considèrent comme « sacrés  » et inaliénables. Ces chiens, plus que les humains que nos sommes, défendent bien et mieux, becs et ongles, leurs droits à la vie. S’ils pouvaient parler, ils réclameraient aux responsables de l’université des logements dotés de WC avec de l’eau et des portes qui ferment! S’ils pouvaient articuler, ils demanderaient à notre section locale CNES de prendre leurs cartes d’adhérents et de faire élire le meilleur d’entre eux comme membre de bureau!

7. Les orgies animales au sein de mon université…

Alors que les jeunes couples d’étudiants tout à fait débonnaires, discrets et pudiques, sont obligés de raser les murs de crainte de passer devant le conseil de discipline, nos chiens domiciliés dans l’enceinte de l’université s’adonnent à cœur joie à toutes sortes d’orgie « sacrée » à la manière de Dionysos chez les Anciens Grecs et Bacchus chez les Romains, deux débauchés invétérés, le second préférant les bonnes liqueurs…le premier les déesses de la beauté…

Oui, ces chiens sont heureux comme ces personnages mythiques, et vivent en couple « harmonieux » ou presque, mais pas les hommes à l’entour; ils mènent manifestement une vie sexuellement bien remplie, puisque en période de rut on voit les mâles prenant d’assaut les femelles en chaleur, hurlant celles-ci jusqu’au ciel leur bonheur d’animaux indifférents au spectacle du monde extérieur… Jouant de leur croupes rebondies à l’africaine, ces chiennes se montrent si  « impudiques » et si osées qu’elles provoquent soit des mouvements de recul ou de honte, soit des sourires sous cape, soit encore des indignation vertueuses de la part de nos puritains d’obédience rigoriste…En dépit de leurs écarts flagrants de conduite par rapport à la morale sociale, aux bienséances et aux bonnes mœurs, ces chiens font partie intégrante du décors local, et se font acceptés comme faisant désormais partie intégrante du paysage « intellectuel » de l’université. Même les vidéosurveillances installées ça et là pour suivre à la trace les moindres mouvements suspects, comme ces gestes affectueux échangés à la dérobée par des couples d’ étudiants en manque de tendresse ou d’affection, elles ne braquent jamais leurs projecteurs sur ces animaux « dissolues » qui se vautrent dans la turpitude comme au temps de la décadence romaine ou carthaginoise tant persiflée part Saint Augustin dans ses célèbres Confessions.

Libres, débridés, sans tabous ni interdits; licencieux et lascifs comme les harems de Mille et Une Nuits; repus d’amours et de plaisirs « sauvages », ces animaux infestant tous les interstices ou presque de l’université sont, dis-je encore, bien plus « heureux »-si tant  la comparaison des conditions de vie pouvait se tenir entre l’animal et l’homme- que les enseignants vivant dans la promiscuité et l’étroitesse étouffante de leurs logis que l’on devine par ailleurs crasseux. Cela sans parler de ceux privés de logements et qui attendent depuis des années d’en être casés. Sans parler aussi de ceux qui parcourent des centaines de kilomètres, avec tous les risques que comporte pour leur vie le trajet escarpé et ces kamikazes de la route… pour venir dispenser TD et cours à l’université! Parler dans ces conditions de réussite du LMD, du tutorat et d’autres balivernes,  c’est prendre des vessies pour des lanternes.

Alors que nos WC sont partout délabrés,  avec des portes gondolées qui ne ferment pas, aux orifices obstruées par des excréments en forme de monticules imprégnés de liquides jaunâtres, à l’odeur fétide, où il est impossible de faire ses besoins, les chiens, eux, lèvent librement leurs pattes arrières en l’air, font des pétarades sonores avant de lâcher , au vu et su de tout le monde, leurs immondices, là où l’envie les prend! Sur le pelouse ou pied d’un arbre ou d’un mur!

Je me demande pourquoi mes frères enseignants ne réclament pas des WC propres, avec de l’eau et des portes qui ferment; et pourquoi ne s’organisent-ils pas sur le modèle de cette population animale pour améliorer son confort et son bien- être; je me demande pourquoi les logements qui nous ont été promis n’ont pas été distribués aux ayants droits, ni pourquoi les bureaux vacants, libérés suite aux déménagements vers le nouveau pôle universitaire, restent fermés. Comment peut-on être tuteur d’étudiants en difficulté lorsqu’on est soi-même en difficulté? Mal-logés ou pas logés du tout aussi bien chez « soi » que dans l’université où l’enseignant du LMD ne dispose pas même d’un minuscule coin pour entendre les jérémiades de son étudiant? Alors que les chiens errants ont élu domicile au sein de l’université, et se prélassent royalement sur toutes les étendues libres du site, les enseignants vivent aussi bien à l’étroit chez eux que sur leur lieu de travail. C’est encore le monde à l’envers que rien ne peut mettre à l’endroit tant les choses ressortent d’une représentation absurde du réel, et d’une mauvaise répartition de l’espace….

IV. Appel à mes collègues universitaires de Msila

Amis et collègues, bons et honnêtes citoyens, je vous lance un appel pathétique: sauvez notre université de la léthargie dans laquelle elle se trouve, et lutter avec toutes vos énergies pour la purifier, pour la débarrasser de la médiocrité qui l’encombre et l’asphyxie. Les médiocres reprennent, partout, du poil de la bête. Il faut leur barrer la route, car ils nous bouffent l’oxygène, nous empêchent de respirer l’air pur de la liberté académique, de l’esprit critique, libre et autonome. Ils saturent, par leurs bouffées verbeuses et nauséabondes sur la science ( al ‘ilm) à laquelle ils n’entendent goûte, nos oreilles déjà fatiguées par leurs sornettes à n’en plus finir. Je ne m’adresse qu’aux honnêtes enseignants, qui sont nombreux, mais discrets, effacés, modestes, et épris de leur métier qu’ils tentent, malgré les obstacles dressés devant eux, à exercer avec probité et professionnalisme. C’est en cela que je mets tout mon espoir pour que notre université, en particulier, et l’université algérienne en général, brise cette quadrature de cercle dans laquelle les médiocres et les parvenus essaient de nous enfermer.

1. Combattre les lâches

Les pusillanimes, les lâches, et les castrats sont le déshonneur non seulement de la science, mais de leur propre nation dont ils ne cherchent ni le bien ni le relèvement salutaire. Opportunistes et intéressés plus par le gain, et l’ascension sociale et économique, ces enseignants, produits inévitable d’un enseignement au rabais, n’admettent ni critique scientifique ni remise en cause de leur nullité flagrante qu’ils s’évertuent de masquer au regard extérieur et de compenser leurs tares intrinsèques par le jeu de l’entrisme dans l’administration et par l’aplatissement honteux devant ce qu’ils considèrent comme le Zaïm, le grand leader. On ne peut pas faire avancer la science d’un iota, d’une seule particule élémentaire, en prostituant  son honneur moyennant quelques maigres avantages. Pourtant, c’est ce qui se produit à Msila quand, une minorité d’enseignants en panne d’imagination et souffrant d’un déficit de confiance et d’honneur en soi, s’est spécialisée dans la danse du « ventre » et de la courbette devant le maître du jour.

2. Réactualiser l’honneur perdu

Je suis, malgré moi, profondément imprégné par la noblesse de la culture de mes Ancêtres algériens, ceux des époques révolues où l’honneur, la virilité, la bravoure, et le respect de soi et même de l’ennemi capturé ou défait, constituaient des valeurs sacrées. Nos moudjahidine pendant la guerre anti-coloniale en ont fait une belle administration. Ils furent des hommes de principes et d’honneur, et non de vulgaires lâches leurrés par les mirages de la France coloniale et de ses partisans « indigènes » qui furent achetés en échange d’une  bouchée de pain!Cette culture de l’honneur et de la conviction se perd aujourd’hui au profit de ses contraires : la lâcheté, la turpitude, l’aplatissement…Il en est à présent qui sont capables de vendre leur « âme » et leur honneur en échange de quelques avantages éphémères…

Il en est qui se réclament  encore de la geste héroïque de nos vaillants martyrs; il en est qui échafaudent même des mémoires et des thèses flatteuses ou panégyriques à leurs propos, mais qui se comportent en fait et en acte en de véritables lâches, prêts à toutes les compromissions honteuses…

Ils font du sang de nos « martyrs » un fond de commerce, et des thèses qu’ils échafaudent tant bien que mal à leurs propos, une rampe de lancement pour atteindre le sommet de la science : le doctorat! Mais quel doctorat? Un assemblage incohérent de phraséologie, une immense accumulation de matériaux inexploitable et de pseudo analyse illisible….


[1] Editions Gallimard, coll. Folio/histoire, Paris, 1979.

[2] Voir un cas identique dans le texte ci-joint intitulé : » le triomphe de la médiocrité et de l’incurie sur la compétence »

[3] Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme. Le système totalitaire, éditions du Seuil, coll. Essais/folio, Paris, 1972.


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5 Commentaires sur cet article

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  • SAID
    14 juillet 2010 at 1 h 08 min - Reply

    Ya Oustad!
    Ce que vous dites là est exactement ce qui se passe dans nos usines (notre industrie).
    Les cadres competents et qui « parlent vrai » sont frappés d’ostracisme et etiquetés de « mouchaouchines ». Les postes de responsabilité sont distribués par cooptation et en fonction du niveau de courbure d’échine (que l’on assimile à du management !)
    La médiocrité que nous avons au sommet de l’etat et des institutions, se depeint forcement sur le reste de la société.
    La valeur du




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  • bouyilès
    14 juillet 2010 at 11 h 39 min - Reply

    Je ne sais pas si l’auteur M.Rouadjia pose ici son problème personnel à l’université de Msila ou s’il expose les problèmes de l’université algérienne en général.
    Dans tous les cas,réduire les problèmes de l’enseignement supérieur à la seule présence en force des maitres-assistants au sein de certains départements serait superflu.
    Nous constatons ce dernières années une panoplie de docteurs d’état et de profeseurs au niveau de l’ensemble des universités du pays.Paradoxalement le niveau ne fait que baisser de jour en jour et les productions scientifiques et pédagogiques quasi-nulles.Le classement au niveau mondial de notre université en est une preuve.
    Une étude statistique des effectifs des grades universitaires aurait pu constituer une base de jugement pour l’auteur de l’article.
    Il y a 30 ans et plus,alors que les professeurs de rang magistral se comptaient sur les doigts d’une main,le niveau de nos étudiants était parmi les meilleurs au monde et notre classement en bonne place.Et pourtant les coprs enseignant était constitué majoritairement de maitres-assistants.
    Le problème est donc ailleurs.




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  • Zineb Azouz
    14 juillet 2010 at 19 h 46 min - Reply

    Tout à fait d’accord avec monsieur Bouyilès,
    Si la compétence et l’efficacité pouvaient se mesurer elles ne seraient qu’inversement proportionnelles à la croissance des « titres » à l’université.

    On en est à une situation que personne n’imagine, je n’aime pas parler de niveau, mais lorsque j’ai la preuve par dix que les connaissances et les compétences du « normalien Algérien » de 1960 ou de 1970 dépassent largement et de très loin celles du maître de conférences de 2010, je ne peux que m’inscrire en faux contre cette « tyrannie » des titres sur laquelle se sont appuyés tous les médiocres du système.

    Je ne reconnais personnellement, aucune compétence académique, technique ou scientifique dénuée d’une conscience politique et incapable de s’insurger ou même de dénoncer cette banqueroute.
    Dans le meilleur des cas les plus brillants de nos universitaires ne servent à rien, ils obéissent à toutes les réformes et à tous les scribouillards du système sans sourciller en n’aspirant qu’à des augmentations de salaire.
    Et dans le pire de cas, ils sont la cheville ouvrière du pouvoir illégitime qui s’exprime à travers ses administrations et ses services.

    Tout a été dévoyé en Algérie, petit à petit la sixième est devenue un formalité, puis le brevet et ainsi de suite….rien n’a plus de valeur ni notre argent, ni nos diplômes, encore moins les grades de nos officiers dont les meilleures tortionnaires continuent d’être promus. Tout est champs de ruine depuis sans doute que nous avons transcendé la sacralité du droit et de la vie.

    Prétendre que le problème de l’université est un problème d’encadrement ou de carence en professeurs, c’est la fuite en avant, c’est comme dire que notre armée est défaillante faute de généraux en nombre suffisant.

    ZA




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  • sofiane
    21 juillet 2010 at 0 h 04 min - Reply

    Sir there is only one solution let close this diplom factory. Send home all the people working there. Actualy no one needs to study, algerai will disapear in few years bye algeria




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  • مسيلي
    20 août 2010 at 2 h 13 min - Reply

    أرجو من السيد رواجعية الاتصال بهذا البريد حتى يمكنني الحديث بشأن الموضوع بعيدا عن الجميع فهذا عنواني msila_2010@yahoo.fr




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  • Congrès du Changement Démocratique