Édition du
26 March 2017

Le serment d’Hippocrate existe-t-il encore en Algérie?

Activité complémentaire et revalorisation salariale
La circulaire qui fait scandale dans le secteur de la Santé
Par : DJAMILA LOUKIL
Liberté  24 juillet 2010

Cette circulaire introduit et légitime, en effet, la notion “d’activité lucrative” dans le secteur de la santé avec tout ce que cela implique comme conséquences et dérives.

Les dispositions relatives à “l’exercice de l’activité complémentaire”, autorisée dans le secteur de la santé depuis plus d’une décennie, viennent de créer à nouveau une polémique depuis la signature d’une circulaire, en date du 14 avril dernier, par le précédent ministre de la Santé M. Barkat. En effet, cette circulaire, qui n’a pas été évoquée publiquement, provoque l’ire d’un nombre important de médecins, de professeurs, de syndicalistes, de  malades et de leurs familles, qui crient à la mise à mort de la santé publique et dénoncent du même coup une dérive grave du système de santé en des termes  sans équivoque, à savoir “une marchandisation de la santé et des malades”. Cette circulaire, dont ils réclament aujourd’hui l’annulation de la part du nouveau ministre, introduit et légitime la notion “d’activité lucrative” dans le secteur de la santé avec tout ce que cela implique comme conséquences et dérives. S’appuyant sur les dispositions de l’article 44 du statut général de la Fonction publique, ladite circulaire prévoit désormais que “les praticiens hospitalo-universitaires, les praticiens spécialistes de santé publique, y compris ceux occupant les postes de chef de service et de chef d’unité, sont autorisés à exercer dans les structures privées une activité lucrative les week-ends et jours fériés”. Plus loin, il est dit que “cette activité lucrative… ne devra pas se faire au détriment de la prise en charge des usagers du secteur public et porter préjudice à la continuité du service public”, en la soumettant à autorisation.
Une précision censée être un garde-fou contre tous les excès, abus et déviations dans la pratique d’une telle disposition, mais qui d’ores et déjà est caduque au vu des très nombreux et fâcheux précédents émaillant l’activité complémentaire de certains médecins et autres hospitalo-universitaires depuis plus de dix ans. Qui n’a pas à l’esprit, aujourd’hui, un témoignage émouvant et troublant des usagers de la santé victimes de ce système. Pour preuve, l’ex-ministre Barkat avait dû signer, le 20 décembre 2009, une circulaire n° 003 interdisant aux chefs de services ou d’unités d’exercer une activité complémentaire moyennant une prime de compensation, suite “aux dysfonctionnements multiples  au niveau des établissements de santé publique, aux excès et dépassements relevés dans la mise en œuvre de l’activité complémentaire”.  L’ancien directeur général du CHU d’Oran, le professeur Attar, a appris à ses dépens ce qu’il en coûte de sanctionner des médecins ayant totalement outrepassé les dispositions de l’activité complémentaire. Ce sera le début des hostilités à son encontre.

Détourner les revendications salariales des médecins
Le débat “intra-muros” sur les conséquences pour les malades et le système de santé de l’exercice de l’activité complémentaire a toujours donné lieu à un malaise profond lorsqu’il s’agit de l’aborder ouvertement et publiquement. L’un de nos deux seuls intervenants à avoir accepté de s’exprimer ouvertement se trouve être un syndicaliste,
M. Mechri, le représentant  de la section syndicale du Snapap du CHU Oran : “Nous assistons à une très grave dérive dont les pouvoirs publics ne mesurent pas les effets. C’est une mise à mort de la santé publique. Cette activité lucrative va vider tous les services. Comment ces services vont-ils être gérés ? Comment prendre en charge les malades quand vous voyez que les résidants, les médecins et tous ceux qui assurent l’essentiel des soins sont dans les cliniques privées parce qu’il n’y aura aucun contrôle quant à leur présence ou pas dans les services ? Il ne faut pas se leurrer… Mais ce qui est le plus grave, fondamentalement, c’est que cette circulaire a été faite tout simplement pour ne pas répondre positivement aux revendications salariales des praticiens de santé publique et les praticiens spécialistes. On leur dit bon, on ne vous augmente pas mais, voilà, allez dans le privé exercer votre activité lucrative pour compenser, seule la population démunie va en payer les conséquences.”  En effet, aujourd’hui, ce qui est pressenti, pour ne pas dire assuré, c’est l’accélération de la dégradation de la prise en charge de la population et de la qualité des soins au niveau des structures publiques de santé.
Cette vision est entièrement partagée par deux professeurs, chefs de service du CHU d’Oran, membres du conseil scientifique ayant requis l’anonymat. En effet, ces deux professeurs, qui ont 30 ans de carrière derrière eux, se sont toujours opposés à l’activité complémentaire. Et de s’expliquer : “Si l’État veut plus de justice sociale, il faut niveler vers le haut et non vers le bas. Aujourd’hui, un chef de service en Algérie dans un CHU avec plus de 20 ans de carrière touche l’équivalent de 1 000 euros soit 100 000 DA ! Comparé aux pays voisins, c’est tout simplement une humiliation, doublée d’une méconnaissance du statut et de la responsabilité de chef de service. Là où il faut mettre aux normes les services, l’accueil, les équipements, la prise en charge des malades pour que le secteur public se trouve à niveau avec le privé, au contraire, on pousse les médecins à la clandestinité avec des circulaires catastrophiques. Il faut aller vers une revalorisation très conséquente des salaires et qu’ils correspondent au statut reconnu universellement.” Pour l’autre chef de service, une solution avait été soumise à l’ancien ministre Yahia Guidoum en place de l’activité complémentaire : “Si dans l’impossibilité d’augmenter les salaires, l’on pouvait tout simplement permettre dans les services des structures de santé publique de donner un ou deux lits au privé, on peut ainsi évaluer cette activité, cela éviterait tous les détournements des malades, des consommables, etc. Le médecin reste sur place dans son service et tout le monde est gagnant. Mais là, on nous pousse à devenir des clandestins.”  Le président du conseil scientifique du CHU d’Oran déclinera notre sollicitation arguant qu’en sa qualité il ne pouvait se prononcer car la question divise totalement les membres du conseil scientifique. Par contre, le Dr S. E. Sidhoum, chirurgien orthopédiste à Alger, nous a livré son  témoignage sans requérir l’anonymat sur ce sujet, se définissant également comme un militant des droits de l’homme : “L’activité complémentaire n’intéresse qu’une certaine minorité de praticiens hospitalo-universitaires. Il s’agit de ceux qui veulent le beurre et l’argent du beurre. Je crois que notre corporation médicale est sérieusement malade, gangrenée par des pratiques malsaines au sommet de sa pyramide. L’introduction hâtive et sans mûre réflexion préalable, il y a plus d’une décennie, de cette loi dite du temps complémentaire, pour pallier théoriquement la faible rémunération des praticiens hospitalo-universitaires et en l’absence d’une autorité efficiente sur le terrain, a engendré de très graves dérives. J’ai été abasourdi en entendant un de mes patients me dire qu’il avait payé 70 000 DA un professeur d’un hôpital, dit universitaire, d’une wilaya limitrophe d’Alger, pour se faire placer une prothèse totale de hanche à l’hôpital ! Il est triste de voir des cancéreux à un stade avancé, détournés des hôpitaux pour se faire ‘opérer’ en privé moyennant des honoraires variant de 140 000 à 250 000 DA et pour quelques mois de survie. Tout le monde, dans certains services, connaît ces pratiques malhonnêtes, de la femme de salle à l’assistant.” Et de poursuivre plus loin : “Ces graves dérives parmi d’autres et la déliquescence du secteur public moribond sont le fruit d’une non-politique de la santé. La pratique libérale de la médecine et plus particulièrement dans les spécialités chirurgicales doit être clairement codifiée. Pourquoi les autorités concernées refusent-elles à ce jour de créer une nomenclature des actes chirurgicaux, comme cela se passe dans tous les pays du monde ? Pourquoi les caisses de sécurité sociale ne remboursent-elles pas les actes opératoires pratiqués en privé ?”
C’est là encore une réflexion qui sera partagée par un patron d’une clinique privée qui souhaite ce choix politique en place de celle de l’activité complémentaire. Pour ceux qui exercent l’activité lucrative aucun  ne voudra le reconnaître lorsque nous les avons sollicités.
Restent les malades qui traînent dans les services du CHU, ballottés d’un endroit à un autre comme de vulgaires paquets, attendant des médecins et ce droit à la santé et aux soins reconnus par la Constitution.


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10 Commentaires sur cet article

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  • le kabyle
    24 juillet 2010 at 14 h 42 min - Reply

    Pour la qualité de service qui nous est donnée dans nos hôpitaux mal gérés, il serait plus adéquat à mon avis voire plus logique de dire que seul le serment d’hypocrite existe car il y a belle lurette, en réalité, que le serment d’Hypocrate n’existe plus dans nos hôpitaux abandonnés qui sont devenus de véritables mouroirs pour nos concitoyens…

    Thanmirth.




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  • brahmi16
    24 juillet 2010 at 16 h 27 min - Reply

    Les medecins algeriens sont au dessus des lois puisqu ils ne respectent pas les honoraires que fixe l’ etat sur le journal officiel.Qui est le dindon de la farce ?eh bien !c’ est le pauvre malade, car la securité sociale ne rembourse que sur la base du tarif officiel.Cela veut dire que le medecin n ‘est imposé ,EN fait, par le fisc, qu’ à hauteur de 20%.Exemple; une consultation au tarif officiel couterait normalement 250 da, le malade, paie en realité 700 da au toubib! une difference de 450 da qui n’ est pas imposé!!!!!Que font le conseil de l’ ordre des médecins ,la cnas,la direction de la santé, le ministère,etc, pour contraindre les medecins à respecter la reglementation en matière d’ honoraires .ceci est une veritable escroquerie.Le docteur SIDHOUM A LE MERITE ET LE COURAGE DE DENONCER les derives de certains de ses confreres.Dire que bon nombre de medecins sont membres du lions club’s,allez y comprendre quelque chose!!!!!!!

    ================
    Non, cher frère ce ne sont pas tous les médecins qui sont au dessus de la loi. De très nombreux confrères continuent à travailler dans le secteur public, malgré tous les obstacles rencontrés quotidiennement, guidés par leur seule conscience et par l’éthique médicale. Ceux qui ont sali notre noble corporation, sont une minorité, souvent introduite dans les rouages du régime illégitime. Certains d’entre eux aspirent à être ministres-pantins, « députés » ou « sénateurs » désignés par la police politique. C’est cette minorité qui se croit grâce, à ses « connaissances » et ses « appuis », au dessus de la loi et qui exerce des pressions au sein de l’administration pour avoir le beurre et l’argent du beurre. L’exemple le plus concret est le fameux « temps complémentaire » aboli par le précédent « ministre » de la Santé quelque temps avant d’être remis sur la table sous une forme bâtarde. Nous ne devons pas généraliser.
    Salah-Eddine SIDHOUM




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  • Kouba
    24 juillet 2010 at 17 h 26 min - Reply

     » Le serment d’Hippocrate existe-t-il encore en Algérie? « .
    De nos jours, en Algérie, il serait malheureusement plus judicieux de parler de «Serment… d’hypocrite !».




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  • Mohamed Jabara
    24 juillet 2010 at 18 h 47 min - Reply

    Y a t il une échelle de valeurs en Algérie ? Sur quelle base juger du comportement des médecins ? La formation d’un médecin lui demande d’investir trente années et plus de sa vie pour pouvoir exercer alors qu’un maçon, un tôlier, un mécanicien, chassé de l’école primaire gagne en une semaine ce que le médecin gagne en un mois et commence dès vingt ans à devenir rentable.

    Il faut dire que les professions « intellectuelles » ne font plus vivre si on conserve le cap des bonnes valeurs et les enfants d’un médecin font plus de reproches à leur père quant à leur train de vie que ceux des prfessions manuelles.

    Certes la société à besoin de tous les métiers, mais il y a des priorités à respecter et c’est en fonction de ces priorités que la distribution des richesses doit avoir lieu dans la société. Réparer une personne ou l’éduquer devrait être plu important que de réparer une maison ou un véhicule. Et ceux qui réparent la personne ou la préparent doivent être mieux rétribués.

    Faire le procès des médecins est un non sens à mon avis, ce dont il faut discuter c’est des salaires qu’ils ont dans les structures publiques et qui ne sont pas de nature à couvrir leurs besoins.

    Les salaires publics créent une polarisation dans les corps de sécurité, de législation, de justice, plutot que dans les corps d’enseignement de santé, de loisirs, de culture, etc…

    C’est pourquoi le niveau ne cesse de baisser dans l’enseignement et la médecine.




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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    24 juillet 2010 at 19 h 36 min - Reply

    Par honnêteté intellectuelle, je me permets de publier l’intégralité de mon témoignage fait à Madame la journaliste du quotidien Liberté qui a eu le courage de s’attaquer à cette question tabou du « temps complémentaire » dévoyé et trabendisé.
    Salah-Eddine Sidhoum

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    Je crois qu’il est indécent, pour nous tous de nous attarder sur la question de la circulaire instituant ce qu’on appelle le temps complémentaire des praticiens hospitalo-universitaires, quand on connait l’état de dégradation de notre médecine d’une manière générale et de nos hôpitaux de manière particulière. Que reste-t-il de ce qu’on appelle pompeusement les CHU ? Ils sont à l’état actuel, inclassables selon les normes universelles de l’OMS. Quant aux hôpitaux de l’intérieur, je crois qu’il vaudrait mieux s’abstenir de les décrire.
    Il faut cependant savoir, puisque c’est cette circulaire concernant l’activité dite complémentaire qui vous préoccupe en tant que journaliste, qu’en réalité elle n’intéresse qu’une certaine minorité, celle qui veut le beurre et l’argent du beurre. Et c’est cette minorité qui n’a rien à voir avec la majorité de nos confrères honorables et dignes qui travaillent durement malgré toutes les insuffisances du secteur public moribond, et qui servent le malade humble, qui s’agite et s’excite pour le rétablissement de cette mesure.
    C’est cette minorité introduite dans les rouages véreux du système qui exerce des pressions sur le ministère de la santé pour réimposer cette nouvelle circulaire, une véritable ineptie qui voudrait que ces chefs de service (une minorité encore une fois qui n’a rien à voir avec les quelques véritables formateurs hospitalo-universitaires qui restent) exercent durant le week-end et les jours fériés !!!! Cela signifie que le personnel paramédical des blocs opératoires des structures privées ne pourra bénéficier de son congé légal des week-ends et des jours fériés pour permettre à cette minorité de « profiter » de son «temps complémentaire ». Je suis en droit de m’interroger sur le sérieux de ce « responsable » qui a décidé d’une telle mesure ! S’agit-il d’un responsable ou d’un irresponsable ?
    Je crois que notre corporation médicale est sérieusement malade, gangrénée par des pratiques malsaines au sommet de sa pyramide. L’introduction hâtive et sans mûre réflexion préalable il y a plus d’une décennie de cette loi dite du temps complémentaire, pour palier théoriquement à la faible rémunération des praticiens hospitalo-universitaires et en l’absence d’une autorité efficiente sur le terrain a engendré de très graves dérives. Face à la déliquescence de ce qui reste d’autorité dans notre pays et de l’éthique chez certains praticiens, nous assistons quotidiennement à de monstrueux dérapages, portant gravement atteinte à cette Ethique que nous avaient enseigné nos Maîtres de la faculté et qui faisait la grandeur du médecin que nos parents appelaient avec respect El Hakim (Le Sage).
    J’ai été abasourdi en entendant un de mes patients me dire qu’il avait payé 70 000 DA à un professeur d’un hôpital dit universitaire d’une wilaya limitrophe d’Alger, pour se faire placer une prothèse totale de hanche à l’hôpital !!
    Il est triste de voir des cancéreux à un stade avancé détournés des hôpitaux pour se faire « opérer » en privé moyennant des « honoraires » variant de 140 000 à 250 000 DA et pour quelques mois de survie. Tout le monde dans certains services connait ces pratiques malhonnêtes, de la femme de salle à l’assistant.
    C’est affligeant de voir se constituer de véritables réseaux de détournement de malades des hôpitaux, plus particulièrement des services d’urgences chirurgicales. Certains plantons, infirmiers et servant(e)s de salle sont mis à contribution pour faire fuir l’urgence chirurgicale vers certaines structures privées, moyennant une petite « tchippa ». On a même essayé d’impliquer de jeunes médecins résidents dans ces pratiques odieuses.
    Peut-on parler de dignité et d’honneur du praticien et d’éthique médicale quand un hospitalo-universitaire (Bac + 14) opère clandestinement et furtivement dans certaines cliniques à partir de 20h pour échapper au contrôle des inspecteurs médicaux et ce, depuis l’interdiction du temps complémentaire, il y a quelques mois ? Nous avons connu les taxieurs clandestins mais dans notre naïveté, nous n’avons jamais imaginé un seul instant voir des professeurs clandestins. Ce comportement indigne n’est-il pas une insulte à la noble profession médicale ? Heureusement qu’il s’agit d’une minorité. Mais elle est agissante de par ses entrées, comme nous l’avons dit précédemment, dans les rouages véreux du système.
    J’ai été sidéré par le récit d’un de mes jeunes confrères il y a quelques jours concernant la mésaventure d’un chirurgien chef de service « téméraire » qui opérait dans la matinée dans une clinique de la banlieue d’Alger. Il fut surprit par une commission de contrôle de la Santé. Désemparé, il laissa son malade sur la table d’opération pour se réfugier….dans les WC !! Nous n’avons pas le droit, en tant que praticiens honnêtes de nous taire devant de tels comportements qui nous salissent. Que doit penser de nous, le citoyen devant une telle « histoire » qui a fait le tour de la capitale ?
    Encore une fois, nous ne devons pas généraliser. Il y a de véritables hospitalo-universitaires, des camarades de promotion ou des aînés qui se consacrent pleinement à leur noble tâche de formateurs de nos jeunes étudiants et résidents, malgré les multiples obstacles et insuffisances structurelles. Ils font honneur à ce qui reste de la médecine algérienne. La pratique privée ne les a jamais intéressés.
    Il y a aussi des hospitalo-universitaires qui pratiquent le temps complémentaire, respectant scrupuleusement la loi, se limitant à leurs deux après-midi par semaine, sans détourner les patients de leurs services.
    Et il y a hélas cette minorité au dessus de la loi, sûre de ses appuis « d’en haut » et qui voudrait avoir le beurre et l’argent du beurre. Elle consacre plus de temps à l’activité privée qu’à l’activité publique, abusant de son statut de chef de service. C’est cette minorité qui vocifère le plus dans les assemblées générales de son syndicat, pour essayer d’entraîner dans son sillage la majorité. Et beaucoup d’entre eux, prétentieux, rêvent d’être « ministres » ou « sénateurs » du tiers dit présidentiel !! Honteuse prétention !
    Je crois que ces graves dérives que nous venons de décrire parmi de multiples autres et la déliquescence du secteur public moribond sont le fruit d’une non-politique de la santé, faite d’improvisation, d’opportunisme et de fuite en avant, le tout dans un climat d’intrigues, de kfaza et médiocrité crasseuse. L’absence d’autorité et de volonté politique pour appliquer la loi dans toute sa rigueur et pour tout le monde entraine inéluctablement ces dérapages.
    L’état de notre malheureuse médecine est à l’image de tous les autres secteurs du pays. Et la solution ne peut-être envisagée que dans un véritable Etat de Droit. Toute autre solution, en dehors de ce cadre n’est que cautère sur une jambe de bois !
    La pratique libérale de la médecine et plus particulièrement dans les spécialités chirurgicales doit être clairement codifiée, tout comme l’ont fait avec succès nos voisins maghrébins de l’Est et de l’Ouest. Cette pratique libérale ne doit en aucun cas être diabolisée comme c’était le cas par le passé ou « trabendisée », comme c’est le cas aujourd’hui. Pourquoi les autorités concernées refusent à ce jour de créer une nomenclature des actes chirurgicaux, comme cela se passe dans tous les pays du monde ? Pourquoi les caisses de sécurité sociale ne remboursent pas les actes opératoires pratiqués en privé ? Cela permettra au citoyen de se soigner librement où il veut, tout comme cela mettra un terme à l’anarchie des honoraires pratiqués « à la tête du client ».
    Les praticiens doivent avoir le libre choix d’opter pour l’un ou l’autre mode de pratique mais pas les deux. Je me rappelle qu’en 1975, lors de la « nationalisation » de la médecine, d’illustres hospitalo-universitaires avaient eu le courage de démissionner (et Dieu Sait qu’à l’époque notre médecine fonctionnait correctement) pour dire non à cette politique populiste et aventurière. Les Prs El Hadi Mansouri, Amine Babaameur, les Drs Brahimi, Ould M’Hamed, Naït Abdallah….avaient clairement opté pour la médecine libérale et ce, malgré les difficultés de certains d’entre eux à trouver des cliniques pour opérer.
    Il faut avoir l’honnêteté de dire que les salaires des hospitalo-universitaires de rang magistral ont été substantiellement augmentés (relativement aux autres salaires). Il serait intéressant que les autorités les divulguent aux citoyens, comme ils l’ont fait pour les modestes médecins généralistes et spécialistes de santé publique et pour les enseignants des écoles, collèges et lycées. Pourquoi deux poids et deux mesures ?
    De très nombreuses compétences ont quitté l’hôpital pour le secteur privé. Ils ont fait un choix douloureux mais courageux, refusant de cautionner la médiocrité et le laisser-aller.
    Mais il ne peut y avoir de place pour ceux qui voudraient avoir un pied dans le public avec les privilèges de la fonction et un pied dans le privé et ses avantages financiers, sacrifiant le premier aux dépens du second.
    Je tiens à saluer la lutte des syndicats autonomes des médecins et leur courage de dénoncer les dérives au sein de la corporation dont celles du temps complémentaire dévoyé. Tout comme je tiens à saluer le courage de mes confrères et Amis hospitalo-universitaires qui sont restés dans le secteur public, fidèles à leurs idéaux de formateurs dignes et honnêtes malgré les mille et une difficultés d’exercice et qui n’ont pas versé dans le trabendo médico-chirurgical de cette minorité qui a sali notre noble profession. Nous avons déjà au début de notre carrière hospitalo-universitaire dénoncé la mafia naissance au sein de notre corporation. Et ce n’est pas au crépuscule de notre vie que nous allons nous taire.
    J’ai honte de la situation de notre médecine polluée par une poignée d’imposteurs avec la complicité de certains irresponsables de nos administrations.
    J’ai honte de l’esprit de la « kfaza » et de la « chekara » de cette minorité qui gangrène notre noble profession, érigées en « valeurs » et qui ont remplacé l’Ethique et la Haute Morale de mes Maîtres de la Faculté et des Hôpitaux – dont certains aujourd’hui nous ont quitté pour un Monde meilleur – et que sont les Professeurs Mohamed Cherif Mostefaï, Saïd Slimane-Taleb, Ali Okbi, Aldjia Bennallègue, Messaoud Djennas, Yamina Benkeddache, Michel Martini, Mahfoud Boucebci, Moulay Benmiloud, Gana Illoul, Abdelkrim Benkhelil, Saddek Bendali-Amor….
    Heureux mes Maîtres qui n’auront rien vu !

    Docteur Salah-Eddine SIDHOUM
    Chirurgien Orthopédiste.
    Militant des Droits de l’Homme.

    Alger le 11 mai 2010




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  • brahmi16
    25 juillet 2010 at 13 h 33 min - Reply

    @au Dr SIDHOUM, ils sont bien rares ceux du privé qui respectent l’ ethique ,contrairement aux medecins du secteur public qui dans l’ ensemble font un travail remarquable, mis a part ces brebis galeuses qui ternissent l ‘image de la medecine. @MOHAMED JABARA Ce n’est pas une raison pour detrousser les pauvres malades qui sont en etat de detresse et qui sont dans l’ incapacté de reagir, profiter de la maladie des gens pour les detrousser est un crime abominable .je suis d’accord avec vous quand vous dites que les medecins sont sous payes à l’ instar des enseignants et autres fonctions publiques.Nos salaires ne nous suffisent meme pas à nourrir decemment nos enfants.si l’ ensemble des secteurs d’ activites ou les honoraires et les prix sont fixes par l’ état, se permettaient de les augmenter unilateralement, en foction du niveau de vie ,ce seait l’ anarchie .Les pompistes fixeraient le prix de l’ essence à 100 da celui du gaz oil à 80 da, les boulangers, les avocats, les notaires et tous les autres professions dont les honoraires et prix sont fixés par l’état en feraient de meme,bonjour les degats.Selon vous, il n ‘y aurait que les medecins et enseignants qui auraient droit à une vie decente ,les autres à la casse, vous n’ etes pas sérieux!!!!! pourquoi seulement une categorie aurait elle le droit de fixer son salaire?Pourquoi faut il que ce soit les citoyens les plus fragiles qui paient les injustices que commet l’ état?Pourquoi faut il que ce soit le dernier maillon de la chaine,le plus exposé qui soit la victime expiatoire toute designée?CES gens qui aspirent , et c’ est leur droit le plus absolu, à une vie decente ne devraient pas le faire au detriment(sur le dos) du plus faible, car à leur tour ils commetraient une injustice bien plus condamnable et plus dramatique.




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  • Mohamed Jabara
    25 juillet 2010 at 16 h 40 min - Reply

    @ Brahmi16.

    De prime abord, je tiens à souligner que je ne suis pas médecin et je n’ai dans mon post fait que donner un avis sur la distribution des richesses dans un pays qui donne plus d’importance à la réparation du matériel qu’a la réparation de l’Homme. Que Dieu vous préserve de toute maladie, mais on peut encore dire heureusement que dans le secteur médical il y a encore des humains, beaucoup plus que dans les autres secteurs quoique que comme partout la gangrène avance.

    Si quelques médecins, comme quelques professeurs d’université sortent du rang et « détroussent » comme vous dites leurs semblables, ce sont assurément les résultats de l’anarchie qui s’installe et s’élargit en raison de l’absence de stratégie d’ensemble dans la gestion du fait économique dans la société, ce qui rejaillit sur l’ensemble des faits sociaux et sur les valeurs que gènère la société.

    L’anarchie est de laisser l’économie sans repères et sans échelle de valeurs et dans laquelle le matériel prime sur l’intelligence et sur l’invention. Si les USA sont ce qu’ils sont c’est justement qu’ils placent l’invention au dessus de toutes les valeurs dans leur société. Bill Gates ne s’est pas enrichi grace au pétrole ou à l’embrouille, en tout cas pas uniquement, et il est l’un des premiers milliardaires au monde grace à ses systèmes d’exploitation dont il a eu le génie de mettre en avant et qui profitent non seulement au USA mais à toute l’humanité.

    Je ne dis pas que seuls les médecins ont droit à une vie décente, je dis que la polarisation dans la société doit encourager les fonctions sociales les mieux en mesure de faire avancer la société vers des lendemains meilleurs. Il ne faut pas voir les choses de manière superficielle mais aller au fond et interpréter l’essence de ce qui se dit, autrement, tout un livre ne suffirait pas à chaque post à chacun de nous pour expliquer ce qu’il veut dire.

    Tant que les fonctions qui ne font avancer en rien la société sont les mieux rétribuées tant au sein de l’Etat que dans le privé et que celles constituant la locomotive sociale sont marginalisées au point de vue du salaire et tous revenus confondus, l’Algérie ne risque pas d’avancer, les premiers continueront toujours de magouiller pour avoir plus et les seconds iront de plus en plus vers la magouille pour arrondir leurs fins de mois difficiles.




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  • persifleur
    26 juillet 2010 at 9 h 48 min - Reply

    Témoignage: Dans le cabinet huppé d’un OPHTALMO !

    On a raison de critiquer et à juste titre notre système de santé public, mais le privé (même doté de ses cliniques ultra modernes) reste très en deçà, lui aussi, des exigences les plus minimalistes de patients ballottés de tous côtés.

    En allant consulter un ophtalmologue très reconnu sur la place d’Alger, je ne m’attendais pas à me retrouver encadré de deux flics de la circulation et obligé de leur faire un laïus sur la déontologie médicale.

    Après avoir poiroté plus de deux heures dans une salle d’attente, archi comble, d’une clinique transformée en bunker et sous haute surveillance vidéo, j’ai pu enfin être intronisé dans le cabinet du maître en ophtalmologie en personne. Ce dernier l’air agacé par cet afflux massif de malades, sirotait doucement un café en faisant un bruit d’enfer.

    Rien d’anormal, ou presque jusqu’à présent. Mais grande fût ma surprise lorsque le professeur demanda à quatre malades (j’étais le deuxième) à s’asseoir côte à côte, sur des chaises en plastique, pour leur intimer l’ordre de raconter leurs « histoires ». Sans faire d’esclandres, je fis remarquer au toubib qu’il était en train de violer de façon flagrante le secret médical et ainsi j’ai refusé de participer à une telle mascarade.

    Surpris, il commença à vociférer des menaces et autres argumentaires qui ne tenaient pas la route. J’ai du donc élever la voix et le débat s’anima lourdement à tel point que l’assistante du boss croyant à faire à un  » terroriste djihadiste », fit déclencher les alarmes et demanda à un patient d’aller chercher les agents de police qui stationnaient au coin de la rue.

    Je vous fais grâce de toutes les palabres et autres explications que j’ai dû fournir à des représentants de la loi qui étaient à mille lieux de toutes notions concernant la déontologie ou l’éthique médicale. Plus inquiétant, les autres patients se sont indignés ouvertement, devant mon comportement irresponsable. Et n’allez surtout pas leur dire le contraire car les « disciples » d’Hippocrate dans ce bled ont tous les droits et mieux possèdent une cour inculte pour les défendre.

    Echappant de peu à une arrestation en règle et pire à un « lynchage populaire », j’ai quitté sans remords ces lieux où le laser dernière génération (et autres technologie de pointe) côtoie malheureusement l’esprit pécuniaire et les mentalités de petits épiciers de nos nababs en blouses blanches complètement déshumanisés.

    Connaissant les us et coutumes du pays, je me suis épargné l’effort fastidieux d’écrire une lettre au conseil de l’ordre, car la bataille était perdue d’avance. Enfin, pour que ce témoignage ne paraisse pas comme un jugement de valeur contre toute une profession, je dois reconnaître que beaucoup de médecins sont irréprochables et, donc très loin de telles pratiques mercantiles.




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  • ROGER LEMAIRE
    27 juillet 2010 at 16 h 02 min - Reply

    quand le medecin vous raquette sous les yeux du garde que reste t il DE MORAL DANS CE BLED?




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  • Rédaction
    28 juillet 2010 at 16 h 02 min - Reply

    El Watan 27 juillet 2010

    Le temps complémentaire : Le beurre, l’argent du beurre et la vache laitière

    Conscients de la lourde responsabilité qui nous incombe, nous, hospitalo-universitaires, avons jugé que notre premier devoir est de lancer cet appel à l’ensemble du corps médical pour l’inciter à faire preuve d’une conduite exemplaire et d’une rigueur morale à la mesure de la noblesse de la profession médicale.

    Les autorités concernées et les hospitalo-universitaires font un diagnostic négatif du système national de santé, de la formation médicale en Algérie et osent parler de recherche médicale ! Car, autoriser les hospitalo-universitaires à exercer dans le privé donne le même droit à tous les fonctionnaires de la santé. Les autorités et les confrères proposent « l’arrêt de l’hémorragie des hospitalo-universitaires vers le privé » et sans pudeur souhaitent que soit « permis au secteur privé de prodiguer des soins de qualité par des spécialistes de haut niveau (en l’occurrence eux-mêmes…) qui prendront en charge les riches, cela permettra aux structures de santé publique d’être moins sollicitées et de prendre en charge les pauvres » et ce, grâce à une formule magique et des « passerelles » entre les secteurs public et privé. En fait de passerelles, ils veulent un tunnel sous la « Manche », c’est-à-dire le beurre, l’argent du beurre et la vache à lait qu’est le pauvre malade. Non satisfaits de téter deux mamelles à la fois puisqu’ils perçoivent une double rémunération des secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur, ils veulent être à la fois fonctionnaires de l’Etat et exercer à titre privé…

    En pratique, une bonne partie des hospitalo-universitaires exerce au noir dans le privé et il est temps pour le ministère de la Santé d’appliquer les sanctions prévues par la loi contre les contrevenants et les cabinets et autres cliniques qui les emploient dans l’illégalité totale. Agiter l’épouvantail de la fuite des « cerveaux » relève de la désinformation, quand on sait qu’une bonne partie de ceux qui se sont installés en France avaient la nationalité française avant leur départ. Il ne s’agit donc que de rapatriés… Quant aux cures, ils galèrent… L’hémorragie des hospitalo-universitaires n’est en fait qu’une saignée bienfaitrice dans le corps des CHU qui accusent une pléthore de médecins dans nombre de services, voire même un nombre de praticiens supérieur à celui des malades dans certains services… Quant aux retraités, en plus de leur rente de retraite, ils s’installent dans le privé et il serait indispensable d’utiliser leurs compétences dans l’enseignement universitaire. Il est temps aussi pour les autorités de contrôler la représentativité des syndicats conformément aux articles 14, 35 et 41 de la loi 90-14 et ce, afin de ne pas permettre à des groupuscules algéro-centristes de manipuler, à des fins politiques, des syndicats censés être nationaux. Le ministère de la Santé, qui a été atteint par le « professorite », avait pris des mesures salutaires en avril 1996 en mettant fin au cumul de fonctions. Quant au secteur privé, qui se débat dans ses propres problèmes, il ne tolérera pas l’invasion de ces nouveaux rentiers. Si le président Bouteflika a réussi à rassembler le peuple algérien autour de son programme, c’est surtout grâce au slogan, « Ensemble, construisons l’Algérie ». Or, nous constatons actuellement que certains décideurs veulent non seulement construire l’Algérie tout seuls, mais envers et contre tous.

    En effet, au moment où tous les syndicats de praticiens demandent la tenue d’une conférence nationale sur la santé, afin de définir ensemble la conduite à tenir devant les grands maux qui rongent ce secteur, voilà que le ministère de la Santé fait dans la division en jetant en pâture la communauté hospitalo-universitaire par une proposition d’amendement de la loi du 16 février 1985 portant code de la santé publique concernant surtout la possibilité pour les hospitalo-universitaires d’exercer à titre privé, en dehors des heures légales de travail et l’institution de police des pharmacies. Nous ne sommes pas dupes jusqu’à ignorer que toute proposition d’amendement de la loi doit passer impérativement devant une Assemblée nationale et si les autorités avaient un minimum de respect envers la communauté, elles auraient invité tous les représentants afin que chacun s’implique et éviter par là la suspicion puis l’éclatement, car on aurait pu réussir à avoir le consensus, même autour de certains mesures qui, pour le profane, ne semblent concerner qu’une fronde précise de la communauté médicale. A ce titre, les représentants authentiques de la communauté médicale, soucieux de l’intérêt des praticiens et d’une cohérence en matière de politique nationale de santé, réitèrent leur demande aux plus hautes instances du pays quant à la tenue d’une conférence nationale sur la santé.
    Contre une médecine à deux vitesses

    Le pouvoir public s’élève contre une médecine à deux vitesses où le riche et le pauvre ne bénéficieront pas de la même qualité de traitement. Il s’élève tout aussi vigoureusement contre une médecine à deux collèges, les hospitalo-universitaires et les « autres », c’est-à-dire les praticiens de santé publique et les médecins du secteur libéral. Si, dans le secteur privé nous vivons de très graves problèmes sur le plan socio-économique, nous sommes tout aussi conscients des graves difficultés matérielles que vivent nos confrères, les médecins du secteur public, généralistes et spécialistes. Je rejette personnellement tout intrusion des hospitalo-universitaires dans le secteur privé et nous revendiquons avec les médecins de santé publique, généralistes et spécialistes, que tous les avantages accordés aux uns ne le soient pas aux autres. Nous nous élevons fermement contre tout traitement discriminatoire. Il est inadmissible que de telles injustices touchent ce corps médical qui a besoin de sa sérénité pour toujours mieux soulager la souffrance et lutter contre la maladie. L’Algérie vit de graves problèmes économiques et sociaux qui touchent tout le monde, y compris les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. On ne règle pas les problèmes d’une société en accordant des « privilèges ». Il existe des conséquences d’une mauvaise politique de santé, qui s’est pratiquée depuis de nombreuses années. En attendant, personne ne pourra briser la solidarité du corps médical, et si les hospitalo-universitaires, après avoir porté deux casquettes, celle de l’enseignant et celle du médecin, veulent ajouter une troisième, celle du praticien privé, ils ne pourront plus relever la tête. Ils seront responsables de la destruction du corps médical et de l’implosion de la Fonction publique tout entière en Algérie.
    Le temps complémentaire n’existe dans aucun pays !

    Le plein temps aménagé pour les chefs de service a été créé en 1958 pour fixer les patrons de médecine qui étaient en nombre insuffisant. C’est une activité privée à l’hôpital, privilège exclusif des patrons qui avaient ainsi le droit d’avoir 2 lits privés dans leur service hospitalier et une consultation privée une fois par semaine. Les chefs de service non cliniciens (radiologues, biologistes, anatomopathologistes, anesthésistes-réanimateurs, rééducateurs, etc.), les chirurgiens-dentistes et les pharmaciens chefs de service n’ont jamais eu ce droit. Le plein temps aménagé a été supprimé en France et, séquelles du passé, ne concerne plus que quelques anciens patrons qui ont bénéficié de ce privilège et qui continuent d’en bénéficier jusqu’à leur retraite. Le plein temps aménagé (exercice privé à l’hôpital et le temps complémentaire (exercice privé en dehors de l’hôpital) n’ont jamais été une revendication des hospitalo-universitaires dans le monde. « On ne peut être des 2 côtés, public et privé ».Le plein-temps aménagé avait été en vigueur en Algérie jusqu’en 1974 et avait été aboli dans le cadre des réformes de l’enseignement supérieur et de l’enseignement médical afin de permettre le développement de soins hautement spécialisés, de la formation et de la recherche médicales. Les médecins concernés avaient été amenés à opter pour l’exercice, soit dans le secteur public, soit dans le secteur privé.
    L’hospitalo-universitaire n’a pas d’horaire fixe à l’hôpital !

    Deux années plus tard, le code de la santé du 23 octobre 1976 scellait définitivement les régimes d’exercice, ce que confirma la loi de 1985 sur la santé en France, la création des CHU en 1958 avait mis fin aussi à ce double exercice (public et privé) pour les patrons, dont certains ne conservaient qu’une clientèle privée (selon des règles bien définies), à titre occasionnel, formule en cours d’extinction. En Algérie, la formule du plein-temps aménagé n’a pas été acceptée par les pouvoirs publics. Comment le gouvernement algérien compte-t-il concilier des objectifs de réduction des transferts pour soins à l’étranger (nécessitant des services spécialisés de haute performance) avec cette autorisation d’exercer dans le privé après les horaires légaux de travail, alors que l’on sait pertinemment qu’un hospitalo-universitaire n’a pas d’horaire fixe, au vu de la spécialité de sa fonction (soins, formation, recherche…). Qui peut contrôler un patron, chef de service à l’heure actuelle ? S’il espère ainsi réduire les démissions du CHU, c’est l’effet contraire qui sera obtenu : le vide dans les hôpitaux publics sera officiellement autorisé. Car, qui peut contrôler un chef de service à l’heure actuelle ? Cette décision comme « particulièrement » grave et porteuse de risques de déviations dans la Fonction publique et que cette expérience faite il y a 20 ans a été catastrophique, en vidant les services hospitaliers de leur activité fonctionnelle : les chefs de service travaillaient dehors alors qu’à l’intérieur des hôpitaux les tâches étaient laissées aux résidents et assistants. Les initiateurs du plein-temps aménagé dans d’autres pays l’ont abandonné à cause de ses perversions. Demain, les maîtres-assistants du secteur public, voire même les autres catégories de fonctionnaires, voudront légitimement s’engouffrer dans cette brèche. Le gouvernement avec pareille décision escompte-t-il négocier une paix sociale — avec une corporation qui a de sérieux problèmes socioprofessionnels qu’il faut prendre en charge — au prix de l’aggravation du marasme qui frappe les hôpitaux publics et qui va davantage mettre à mal l’accès aux soins pour des millions de citoyens ? A moins que, clientélisme oblige sur fond de populisme et autre démagogie teintée d’échéances électorales, l’on n’ait décidé de tout brader.

    Paradoxe des paradoxes, quelle crédibilité peut avoir un gouvernement qui autorise à une corporation de médecins d’aller exercer dans le privé, et qui oblige une autre corporation, les médecins spécialistes à exercer dans le secteur public ? Cette double décision, très contradictoire. En termes de Fonction publique, si le projet est adopté, cela créera un précédent, et plus grave, il faut que le statut de la Fonction publique — qui interdit le cumul — soit préalablement modifié. Il est assez paradoxal par ailleurs qu’au moment où nombre de médecins n’arrivent pas à trouver un emploi, on autorise les plus anciens à en exercer deux ! Le beurre et l’argent du beurre, et même la laitière. Le marasme qui frappe les hôpitaux publics ne peut être solutionné en cédant à un chantage inadmissible — allant à l’encontre de l’accès aux soins — de praticiens qui se sont fait une carrière et un rang social dans les CHU, même si au demeurant la question de leur salaire est réelle et nécessite d’autres « remèdes ». Il est peut-être envisagé par exemple que soient autorisées une ou deux consultations privées par semaine à l’intérieur du CHU, en définissant les modalités pratiques. Cela permettrait de consolider une unité de lien et de travail qui avait tendance à se diluer depuis quelques années. Ce dossier est trop important et engage le devenir du système de santé pour qu’il soit traité dans des cercles restreints, défendant des intérêts occultes. Les usagers de la santé, les « bailleurs » des soins — dont la Sécurité sociale — doivent être informés et associés en toute transparence. Les pouvoirs publics doivent saisir la gravité et les effets pervers de pareille décision. A moins qu’il faille ouvrir, à n’importe quel prix, la braderie du système de protection sociale !
    Les dessous d’affaires de gros sous !?

    Pour le commun praticiens prescripteurs spécialistes à Oran comme partout en Algérie, opérer un malade est d’abord une affaire d’argent. Une bonne somme d’argent à percevoir « cash » seulement au bout d’une intervention chirurgicale réparatrice. Le montant de l’acte n’est pas du tout négligeable. Il peut être le double, le triple ou même le quadruple du salaire moyen du fonctionnaire du secteur public. L’opération se monnaye en effet, parmi les plus fréquentes, entre 20 et 80 000 dinars. Le praticien spécialiste toucherait donc l’équivalent de trois ou quatre mois de salaire d’un simple fonctionnaire algérien… au bout de quelques heures seulement d’un travail censé être méticuleux dans un bloc opératoire d’une clinique privée. La fascination de l’argent qui s’exerce sur ces spécialistes fait perdre à ces derniers tout respect des règles de l’éthique de la déontologie médicale en recourant, le plus souvent, au transfert illicite des patients des hôpitaux publics vers les cliniques privées. Cette pratique, devenue monnaie courante depuis de longues années déjà, se déroule au vu et au su de tous les responsables du secteur de la Santé, du simple directeur d’un hôpital jusqu’au ministre de la Santé lui-même. Dans le langage courant, on appelle cette pratique le détournement de malades des hôpitaux vers le privé et des fois l’inverse, comme les examens biologiques pratiqués dans les CHU pour des cliniques privées.

    Comment s’effectuent donc ces « détournement » qui saignent tant, financièrement s’entend, les familles des malades et discréditent profondément la santé publique en Algérie ? Malgré le secret entourant cette pratique, des confrères interrogés que nous avons, quoique rares, ont accepté tout de même de témoigner sur ces immorales et dangereuses déviations médicales. « Quand le patient arrive à l’hôpital, profitant de la détresse des membres de sa famille, l’opérateur confiera à ces derniers, avec un brin de compassion : votre fils est très atteint, il doit être opéré en urgence. Je vous propose toutefois, au cas où vous désireriez une prise en charge efficiente, de prendre votre fils dans une clinique privée. Ici, à l’hôpital, je ne peux vous assurer de rien. » Les praticiens, exerçant à plein temps dans le secteur public, sont également pour la quasi-totalité d’entre eux conventionnés dans des cliniques privées depuis que la loi les y a autorisés. Et, en toute logique, c’est au niveau de la clinique où il exerce que le chirurgien accueillera son malade afin de lui faire subir une intervention chirurgicale. La famille du patient hésite souvent avant d’accepter en raison de la cherté de l’opération, mais elle finit souvent, sinon toujours, par acquiescer à la proposition du chirurgien. Le discrédit frappant depuis belle lurette le secteur public a toujours été un argument de taille pour faire pencher la décision de la famille du malade vers la clinique privée. Cela est le cas depuis de longues années. Ce qui détermine la réussite du transfert des malades vers les cliniques privées, réside dans la rapidité de la prise en charge des malades. « A l’hôpital, vous risquez d’attendre des années avant de vous faire opérer, tandis qu’à la clinique privée où j’exerce, vous n’attendrez au maximum que quelques jours seulement, sauf que ce cas-là, vous devriez monnayer votre prise en charge ». C’est en cas termes que les opérateurs accueillent leurs patients à l’hôpital.

    Mis devant un tel dilemme, les patients n’ont que deux choix à faire, tout aussi préjudiciable l’un que l’autre : attendre longtemps avant de se faire opérer à l’hôpital au risque de voir leur maladie s’aggraver dangereusement, ou bien accepter de se ruiner en optant en désespoir de cause de se faire rapidement opérer dans une clinique privée. Il ne s’agit pas là de cas isolés, mais bien d’une pratique courante, parfois systématique, comme c’est bien le cas dans les autres wilayas du pays. Curieusement, le malade emprunte aussi l’itinéraire inverse : il va du secteur privé au secteur public. Comment ? Depuis que les spécialistes installés (ayant ouvert des cabinets privés) ont obtenu l’autorisation d’assurer des gardes dans les hôpitaux publics (mesure comprise pour combler le déficit en médecins spécialistes), ils arrivent ainsi à transférer « leurs malades », avec le consentement de ces patients dans les hôpitaux pendant leurs gardes pour les opérer… moyennant une tarification fixée selon le rang social occupé par le malade. Le secteur public gagné par le mercantilisme Ainsi, le praticien hôpitalo-universitaire d’exercer dans une clinique privée (faute de moyens parfois), utilisera le personnel et le matériel de l’hôpital pour opérer son malade en encaissant en plus une rémunération qu’il aura fixée préalablement.

    « Il y a rarement un chirurgien qui accepte d’opérer un misérable sans se faire payer ». Cette pratique est sournoise, car cela se passe seulement entre le chirurgien et le malade lui-même. Ce dernier n’ose pas se plaindre sur le champ, car il considère qu’il n’a pas vraiment le choix et son désir est de se débarrasser au plus vite de sa pathologie. Mais, bien plus tard, le malade s’en plaint en s’interrogeant sur le caractère légal ou illégal de l’attitude du « Hakim ». Cette pratique de « détournement de malades » ne se fait malheureusement pas sans provoquer de graves incidents. Devenus de véritables « chasseurs de malades » qu’ils accueillent dans les hôpitaux, les chirurgiens parvenaient souvent à en transférer le premier venu. Un cas à Oran a fait scandale et fera les choux gras de la presse oranaise il y a tout juste quelques jours de cela. Un jeune adulte ayant contracté une fracture du fémur suite à un accident de la circulation, est tout de suite évacué à l’hôpital. Un chirurgien réparateur (exerçant à plein temps dans le secteur public), le reçoit, mais ne l’opère pas sur place, préférant le transférer vers la clinique privée où il est lié par une convention. Une belle promesse donc de percevoir une belle rémunération. Il le programmera alors dans son agenda afin de l’opérer, tardivement, dans « sa boutique ». Quelques jours plus tard, le malade contracte une embolie graisseuse, provoquant une complication pulmonaire. Voyant venir le pire, le manipulateur panique et transfèrera à nouveau le malade vers un service… de l’hôpital. « Il y a quelque chose d’illogique dans cette démarche. D’un côté, on déclare que les hôpitaux sont des écuries, de l’autre côté on ramène le malade vers ce même hôpital quand il y a complications ». Le malade décèdera et ses parents poursuivent en justice l’orthopédiste. « Le malade n’a apparemment pas le droit de mourir dans une clinique privée », et voilà ce que produit la course au profit : la mort de trop. « C’est à cause de la manne financière soutirée aux malades que les spécialistes sont rarement présents dans les hôpitaux. Ils font beaucoup d’absences dans les hôpitaux et s’en vont à la chasse des malades pour les soigner dans les cliniques. Ils ne craignent rien, car ils sont bizarrement bien protégés, en plus de la solidarité régnant entre eux ». Un réseau de rabatteurs a même été érigé entre les malades et les spécialistes !

    Il n’y a pas que les infirmiers qui servent de rabatteurs aux spécialistes, mais il y a aussi des étrangers au secteur de la santé qui prolongent la longue file des rabatteurs généralement chargés de convaincre les malades de se faire soigner, moyennant pécule dans les cliniques privées. Il y a donc généralisation de cette pratique. « Le dindon de cette farce, c’est bien sûr le malade, surtout le malade pauvre ». L’autre mal concerne la tarification des soins et opérations chirurgicales. « Tout se fait dans l’illégalité. Après l’opération, le malade sort sans aucun document ni facture. Les cliniques sont de ce point de vue hors-la-loi. La clinique encaisse l’argent et la caisse d’assurance ne rembourse absolument rien. Un assuré social qui cotise n’a-t-il donc pas le droit de se faire rembourser ? ».
    La césarienne qui enrichit les accoucheurs !

    Concernant la gynécologie, la situation est identique à celle prévalant dans tous les autres services chirurgicaux. Vu le nombre très réduit de gynécologues obstétriciens dans le secteur public, les parturientes se font ausculter par les privés. Les structures publiques sont quasiment vidées de ces spécialistes devenus une denrée très rare. A titre d’exemple, souvent la maternité de la ville n’en possède qu’un seul travaillant à plein temps. Mais ces structures publiques ont recours aux cabinets privés avec lesquels elles ont établi des conventions comme pour les autres services chirurgicaux. Cette situation ouvre une voix royale à une pratique monstrueuse dans les hôpitaux. Dans une daïra peu éloignée de la ville de Sidi Bel Abbes, les deux seuls gynécologues privés installés assurent régulièrement des gardes dans une structure publique. Durant leur journée de garde, ils prévoient souvent des césariennes qui sont souvent présentées comme de prétendues urgences. Ce subterfuge est utilisé pour justifier l’opération dans des cliniques privées avec lesquelles ils sont conventionnés. « Ainsi donc, une malade normale peut facilement devenir une urgence, rien que pour justifier le recours à la césarienne qui coûte pas moins de 80 000 dinars. Quand le gynécologue réalise que la parturiente est aisée socialement, il lui suggère de se faire opérer dans une clinique privée en raison de prétendues meilleures prestations de service. Tenant coûte que coûte à la survie du bébé, les parturientes acceptent souvent la proposition, à la fois pour sauver l’enfant, mais aussi pour le prestige, car la maternité publique est souvent présentée comme un mouroir ou une clinique destinée aux basses classes sociales », et, en tant que professionnel de la santé, je juge que c’est plutôt dans les cliniques privées que la négligence est devenue une règle. C’est dans une clinique privée qu’un bébé est décédé, il y a tout juste quelques années de cela, faute de la disponibilité d’un simple respirateur. La bonne femme a préféré accoucher, deux années plus tard, dans la maternité. L’enfant était sauf ainsi que sa mère, et surtout aucun centime n’a été payé, contrairement à la clinique privée qui a encaissé des millions pour un piètre résultat. Le mythe entretenu par ces cliniques déshumanisées n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même.La dégradation vertigineuse du secteur de la santé continue de susciter beaucoup d’interrogations. Quand et pourquoi en est-on arrivé à cette situation qui perdure toujours et partout d’ailleurs en Algérie ?

    « Le praticien spécialiste exerçant à plein temps dans le secteur public a, depuis, le droit d’exercer dans le secteur privé ». Depuis cette directive ministérielle, il y a eu une ruée des praticiens spécialistes vers le secteur privé. Ils sont surtout encouragés par les rémunérations mirobolantes qu’ils peuvent percevoir en exerçant dans ce secteur devenu soudainement très juteux. Mais les conséquences d’un tel traitement de cette problématique sont, comme on l’a vu plus haut, catastrophiques pour la prise en charge des malades. « Logiquement, ou bien on est dans le secteur public, ou bien on est dans le secteur privé ». Ce nouveau système est pourtant maintenu jusqu’à nos jours. Et s’il est toujours maintenu, c’est qu’il y a forcément de gros intérêts en jeu. « La plupart des spécialistes ayant bénéficié de ce temps complémentaire. Ce sont eux qui en ont profité le plus et possèdent pour la plupart des cliniques privées. Ils constituent un puissant lobby proche des centres de décision ». Ainsi donc, au lieu de satisfaire les revendications salariales des médecins spécialistes, on a préféré maintenir cette formule de temps complémentaire, une forme de corruption des spécialistes qu’on a laissé faire malgré les dégâts qu’elle a causés. Censés être de grands défenseurs du secteur public, les spécialistes sont devenus aujourd’hui les plus grands fossoyeurs de ce secteur.

    Seule une infime minorité continue d’honorer la déontologie médicale, mais au prix d’un très grand effort. L’encouragement du secteur privé par l’enrichissement éhonté de ses promoteurs participe bien de la stratégie d’anéantissement du secteur public censé être au service exclusif du malade. Le seul scanner de l’hôpital d’Oran, unique dans toute la wilaya, est toujours en panne, et les malades ont recours à ceux existant chez les privés, en payant l’examen au minimum 5000 DA. Quand elle arrive dans un hôpital, une victime d’un traumatisme crânien, cas très fréquent, le médecin l’envoie d’abord dans une ambulance vers une clinique privée pour faire un scanner (payable cash bien sûr) pour connaître le degré de gravité de son traumatisme crânien avant de le faire revenir à l’hôpital et de poursuivre son auscultation. Il s’agit-là de l’illustration parfaite de l’humiliation du secteur public. La dévalorisation de ce secteur est telle que d’ailleurs son encadrement le mieux formé et le plus compétent a quitté le pays.

    « Au CHU de Sidi Bel Abbes et Tlemcen, il y a des services qui n’ont plus d’encadreurs censés encadrer les médecins spécialistes. Depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, on a perdu la plupart des encadreurs de médecine possédant une très bonne formation. La médiocrité a pris le dessus même dans nos universités », je suggère aussi que la formule du temps complémentaire soit abrogée, car elle est à l’origine de l’anarchie qui règne dans le secteur de la santé en Algérie et que la solution résiderait plutôt dans l’augmentation salariale des spécialistes, à l’instar de ce qui se fait en Tunisie et au Maroc où leurs collègues touchent quatre ou cinq fois plus qu’eux. Ceci induira logiquement la réhabilitation du secteur public censé garantir les soins aux malades dans le respect de leur dignité en donnant une gifle à ceux qui s’enrichissent sur le dos de la détresse humaine. L’Algérie est un pays à l’histoire millénaire, intimement liée à celle de la Méditerranée. Déjà, en l’an 46 avant J.-C., la médecine y était pratiquée, et Juba 1er , alors roi de Numidie, avait pour médecin Euphorbe, d’où la dénomination de certaines plantes médicinales, les euphorbiacées. Nous souhaitons que chaque praticien fasse preuve de collaboration, de solidarité et non de compétition, pour le bien de la profession et de la société algérienne.

    – L’auteur est docteur au Service de thérapeutique. Faculté de médecine d’Oran

    Par Yahia Dellaoui




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