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30 March 2017

Malik Medjnoun, en grève de la faim depuis un mois reçoit la visite de l'adjoint du Procureur général et du président de la Cour

Alkarama, 24 Juillet 2010

Malik Medjnoun a entamé une grève de la faim le 25 juin 2010 appelant à enfin être jugé après presque onze ans de détention préventive. Il est accusé de complicité dans l’assassinat du célèbre chanteur Lounès Matoub le 25 juin 1998, ce qu’il a toujours nié.

Il n’en est pas à sa première grève de la faim. A chaque fois, des représentants de l’Etat lui ont rendu visite pour lui faire de fausses promesses et l’inciter à stopper sa grève. Cette fois-ci Malik est décidé de continuer jusqu’à ce qu’une date concrète et officielle pour son procès soit fixée.

Le 20 juillet 2010, le président de la Cour de Tizi-Ouzou et l’adjoint du Procureur général accompagnés du directeur de la prison lui ont rendu visite pour encore une fois le persuader d’interrompre sa grève. Le procureur adjoint lui a dit qu’étant nouvellement à ce poste, il ne connaissait pas l’affaire mais qu’il allait la fixer à la prochaine session. Malik Medjnoun n’a pas l’intention de se laisser une nouvelle fois tromper, il est déterminé à continuer son action de protestation pour qu’enfin il soit jugé et que son innocence soit prouvée.

Nous rappelons que Malik Medjnoun a été enlevé près de son domicile à Tizi-Ouzou le 28 septembre 1999 par des agents du Département des renseignements et de la sécurité (DRS) puis détenu au secret à la caserne « Antar » de Ben Aknoun (Alger) relevant du DRS. Durant ces huit mois de détention, il a été sauvagement torturé selon les techniques habituellement utilisées par ce service (méthode du chiffon, électricité. etc.). Présenté le 05 mai 2001 devant le tribunal criminel de Tizi-Ouzou, son affaire a été renvoyée sine die. Depuis, il attend toujours d’être présenté devant un tribunal pour établir son innocence.

La situation de M. Malik Medjnoune avait été soumise au Comité des droits de l’homme de l’ONU le 11 juin 2004 qui avait statué sur sa plainte le 14 juillet 2006. Aux termes de ses constatations, le Comité onusien avait fait droit à toutes ses demandes et enjoint aux autorités algériennes :
« D’amener Malik Medjnoune immédiatement devant un juge pour répondre des chefs d’accusation ou le remettre en liberté, de mener une enquête approfondie et diligente sur sa détention au secret et les traitements qu’il a subis depuis son enlèvement le 28 septembre 1999 et d’engager des poursuites pénales contre les personnes responsables de ces violations ».

Au cours de la procédure, le gouvernement algérien avait informé le Comité des droits de l’homme par lettre du 28 décembre 2004 « que l’affaire devait être soumise incessamment au tribunal criminel de Tizi-Ouzou pour y être jugée ».

En dépit de ces engagements du gouvernement algérien et des constatations du Comité, M. Medjnoune attend toujours d’être jugé. Il n’y a aucun précédent à ce jour en Algérie d’un cas de détention préventive de plus de 10 années. Il s’agit d’une violation particulièrement grave des engagements de l’Algérie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui interdit les détentions arbitraires et considère qu’une personne doit être jugée sans retard excessif.


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4 Commentaires sur cet article

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  • yousfsi ali
    26 juillet 2010 at 6 h 34 min - Reply

    Je me suis jurer de ne pas elever mes enfants dans un pays quipar des gens detient leur freres pendant 11 ans sans les juger meme si il ont commis des delis c tout ce que je peus prometre a mes enfant,moi j,ai ete traine pendant 5 ans par le service de recretement de ANP sans ni sursis ni ordre d’appel pour passer mon service national tout c qu’ils me disent mon dossier est perdu vive l’algerie




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  • AitHabib
    27 juillet 2010 at 21 h 55 min - Reply

    Je viens de rendre visite à MEDJNOUN .Je l’ai trouvé dans un état critique , je l’ai menacé de me déconstitué au cas ou il persisterait dans sa grêve de la faim .Il m’a promis d’arrêter cet après midi. La semaine dernière , il a eu la visite du Procureur Général accompané du Président se cour , du Juge d’application des ^PEINES et du Directeur de l’établissement pénitentiaire.Ils lui ont demandé d’arrêter sa grève de la faim.Il leur avait demandé de programmer le procès.Le P G lui aurait dit que le Magistrat chargé du supplétif d’information n’avait pas encore déposé ses conclusions.Il lui a déclaré être sensible à son cas et qu’il promet de programmer le procès après le terme du complément d’enquête!
    Me Boubaker AITHABIB Avocat de Malik MEDJNOUN




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  • Tijani
    28 juillet 2010 at 0 h 47 min - Reply

    @ Maitre Ait Habib
    d’abord, je vous remercie pour la mise à jour. comme citoyen j’essaye de suivre le cas de Malik MEDJNOUN a travers la press. Comme vous le savez, c’est tres angoissant.
    voulez vous bien nous expliquer le cadre juridique
    de la detention de Me MEDJNOUN?
    et que peut on fair pour le soutenir?

    @redaction

    est ce qu’il est possible d’afficher la photo de Me MEDJNOUN avec le nombre de jours en detention, comme ca il retombe plus dans l’oubli?




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  • zapata oran
    4 août 2010 at 15 h 18 min - Reply

    (hada elaa rahoum ghabninou) malik mejnoun habine ydakhlouh l´sbetar 3nta el majanine cet homme il est innocent les assassins de matoub lounes demander RCD? ya arfou echkoun….. merci




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