Édition du
28 March 2017

La crise politique et ses ramifications.

Aït Benali Boubekeur
La société algérienne vit depuis plusieurs années une crise multidimensionnelle. La plus grave d’entre toute est indubitablement la crise politique. Bien que le régime ait tenté de s’acheter une paix sociale à travers la redistribution de la rente pétrolière, la
société algérienne a toujours revendiqué des changements. Mais les intérêts sont énormes pour que le régime puisse accéder à leurs desiderata. Pour réaliser un contrôle sur la population, le régime n’hésita pas à créer des clientèles. En gros, il agit
constamment de sorte à inféoder la société. Par conséquent, le point d’achoppement sur le rapprochement du régime avec sa population réside dans la manière de conduire les affaires publiques.
Par ailleurs, ce cas ne s’applique pas exclusivement à l’Algérie. Dans ce sillage, la plupart des pays arabes ont échoué. Certains spécialistes arrivent même à la conclusion amère du décalage des chefs d’Etats arabes avec leurs sociétés.
En effet, selon Bourhan Ghalioun, l’Etat arabe s’est transformé en gendarme après avoir raté sa mission de moderniser la société. (1) Il poursuit en affirmant que : « l’Etat ne cesse de se développer pour compenser la perte de légitimité, son efficacité,
sa capacité d’opérer un réel contrôle sur son environnement et de maitriser les leviers de commande, continue de péricliter. Ce déficit de légitimité de l’Etat aggrave le caractère apparent de la répression et le rend plus aveugle, ainsi que celui des politiques arbitraires. En effet, incapable de contrôler les choses, l’Etat tend à prendre sa revanche par la multiplication des contrôles, violents et mécaniques, presque maladifs des hommes. »
Toutefois, la conséquence de cette gabegie s’est manifestée immédiatement. Elle se traduit notamment par la fréquence des révoltes sociales. Des fois, elles s’expriment violemment. De son côté, le régime se recroqueville davantage sur soi. Résultat des
courses : le pouvoir-Etat durcit la répression. Et pour consolider ses assises, il choisit des fonctionnaires administratifs parmi les plus dociles et les plus fidèles. D’où l’instauration d’une bureaucratie rigide constituant un véritable obstacle au
développement.
Il parait aller de soi que de telles méthodes ne peuvent être le résultat de consultation entre la société et ses gouvernants. Dans les systèmes verrouillés, le régime en place va chercher autant que faire se peut à maintenir le peuple isolé de toute participation à la vie politique. Et dés lors que la dichotomie entre le pouvoir et la société est consommée, celui-là va légiférer dans le but de museler celle-ci. A partir de là, la vie politique nationale se limitera à l’éternel bras de fer entre le pouvoir et le peuple. Ce
dernier, en tout cas, cherchera par tous les moyens à exprimer son mécontentement. Car s’il reste indéfiniment inoffensif, la société risque le chaos mortel, pour reprendre une idée de Hegel.
Cependant, pour le cas de l’Algérie, le silence de la société civile, ces dernières années, a provoqué des pourrissements tous azimuts. On peut citer entre autres la décadence du système éducatif, le quasi-monopole d’un groupe sur les richesses nationales et surtout la généralisation de la corruption. Bien qu’on ait assisté à l’ouverture de plusieurs dossiers inhérents à la corruption, il n’en reste pas moins que certains observateurs ont qualifié cette campagne de bataille entre clans au sein du sérail. Selon Ahmed Benbitour : « la campagne de la lutte contre la corruption n’est qu’un slogan créé par ceux qui ont persévéré pour ancrer ce fléau dans les différentes classes sociales. »(2)

Notes de renvoi :
1)      CHALION Burhan, Le malaise Arabe, l’Etat contre la nation, op.cit ; p116
2)      Oum Saad, « La campagne contre la corruption n’est qu’un slogan inventé par ceux qui ont propagé ce fléaux », El Khabar, 30 Mars, 1010.


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6 Commentaires sur cet article

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  • bert
    28 juillet 2010 at 12 h 15 min - Reply

    c’est le peuple lui même qui fait la force de ces dictatures, apres l’avoir divisé. Nous, le peuple, croyons beaucoup plus aux mensonges de ces dictateurs qu’aux vérités qui viennent des gens qui veulent du bien à ce pays. surtout qu’on ils nous introduisent un verset coranique dans leurs mensonges. Nous n’avons pas été à la hauteur de continuer ce que nos parents ont commencé. Je pense qu’il faut faire le contraire de ce qu’ils ont propagé jusqu’à ce jour, la division. Plus ils cherchent a nous diviser, plus il faut s’unir. l’union fait la force. Donnons leurs l’inverse de ce qu’ils cherchent et nous verrons les resultats. Unissons nous, pour sortir cette pauvre Algérie de ce marasme. Nous sommes tous les enfants de cette Algérie multiculturelle qui mérite beaucoup mieux que ce qu’elle est aujourd’hui.




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  • Alilou
    28 juillet 2010 at 12 h 36 min - Reply

    Tant que le peuple continu a gober leur mensonges, tant que le peuple reste ancré dans le piege tondu par le pouvoir qui a consisté a donner quelques os a grignotter au peuple, les clowns qui nous sert de gouverneurs resteront en place et pour longtemps, le comble de l’idiotie est qu’ils preparent leurs progenitures a continuer sur leurs traces et nous qui sommes en majorité issues d’enfants dont les parents ont tout donné pour l’independance on n’a pas suivi leur chemin (des parents), on est tombé dans leur piege du gain facile par tous les moeyns car ces clowns ont fait de sorte de legaliser leur manoeuvres de gagne pain illicite en hallal.

    Il ne faut se plaindre de personne mais de nous meme, il ne faut culpabiliser que nous meme, a nous etre embarqué dans leur dessins machiavelique.

    Pour re-unir le peuple de nouveau, il faudrai que ce meme peuple se recesisse et dit basta a tout ce mode de vie sans fondement, a ce tas de mensonge qu’on rend licite par les prierres en remplissant les mosqués tous les vendredi, l’espace d’un instant on se lave la conscience de nos pechés au quotidien.

    Tant que la corruption est devenu halal par toute sortes de subterfuge, on restera les ennemis des uns et des autres.

    Car ce pouvoir a trouvé l’astuce pour nous maintenir la tete basse, il nous donne quelques oses auxquels nous tenons comme a la pupille de nos yeux. On cours apres le fini et on a troqué notre dignité et liberté divine contre des objets qu’on laissera derriere nous lors du grand depart, Oh mon Dieu comment je vis affronter ton jugement, moi qui me suis laissé seduire par la vie ephemere ???

    Pour arriver a s’unir de nouveau il faut se redresser l’echine qui s’est courbée au fil des annees de plomb.

    C’est un dur boulot mais il faut le faire au plutot, autrement, ca ne servirait a rien de se plaindre.

    Live free or die hard




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  • citoyen
    28 juillet 2010 at 13 h 49 min - Reply

    hommages aux 120 jeunes martyrs de la kabylie.




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  • ABBANE
    28 juillet 2010 at 17 h 45 min - Reply

    les programmes et le contenu des JT de la télévision étatique renseignent sur la considération des décideurs envers le peuple !!! ENTV : à ne pas faire regarder par les moins de trois ans !!!




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  • Nordine
    29 juillet 2010 at 11 h 11 min - Reply

    Bonjour,

    @citoyen,
    hommages aux 200120 martyrs de l’Algérie.




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  • benmostefa allemagne
    5 août 2010 at 20 h 40 min - Reply

    @ citoyen? hommages a nos fréres et soeurs des années noir. 250000.morts et 20000 disparu sur la surface de la terre (allah yarhamhoum wa allah yarham oumati mohamed jamii) merci beaucoup.




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