Édition du
20 July 2017

Après l’interdiction de son séminaire : Le Congrès mondial amazigh saisit l’ONU

El Watan 30 juillet 2010

Les responsables du Congrès mondial amazigh, CMA, sont scandalisés après l’interdiction par la police de leur séminaire sur le « Système international de défense et de promotion des droits humains », vendredi dernier, à Tizi Ouzou.

Ils ont décidé de saisir les instances onusiennes sur « la violation des libertés individuelles en Algérie ». « Nous voulions organiser une activité soutenue par les Nations unies mais elle a été empêchée par la police. Notre objectif, à travers cette activité, est de diffuser des textes de l’ONU adoptés même par le gouvernement algérien. Nous avons saisi les instances onusiennes sur ces agissements contre le CMA. D’ailleurs, à chaque fois, on nous sort des lois qui n’existent pas. Nous avons adressé une lettre d’information au chef de la sûreté de wilaya, avec une liste des participants et une copie du programme. Nous avons agi conformément à loi. Nous avons informé les autorités de la tenue de ce séminaire », nous a déclaré Belkacem Lounès, président de cette organisation non gouvernementale, avant d’ajouter : « Il y a plusieurs organes de l’ONU que nous avons interpellés pour intervenir auprès du gouvernement algérien. Notre objectif, c’est d’organiser, à l’avenir, des activités de ce genre en Kabylie. » « L’intervention de la police était musclée. Il y avait une cinquantaine de policiers et dix véhicules pour embarquer une vingtaine de personnes au commissariat central.

Le matériel pédagogique, les documents et même des textes onusiens ratifiés par l’Algérie nous ont été confisqués », nous a précisé un organisateur qui affirme que tous les conférenciers qui devaient intervenir sont des Algériens. « Il y a avait un Français dans la salle. Ce dernier était de passage, à titre amical, avec une participante. Il n’a rien à voir avec le séminaire », a-t-il ajouté. Le ressortissant français a été reconduit à l’aéroport pour son expulsion. Me Hannoun, avocat, qui devait donner une communication lors de ce séminaire, s’est dit surpris de l’empêchement de cette activité sur les droits de l’homme. « Empêcher un séminaire sur les droits de l’homme destinés aux cadres associatifs signifie que l’Etat a peur que les ONG forme la société. Le nouveau DGSN prône le respect des libertés démocratiques, mais sur le terrain, on voit le contraire, notamment après l’interdiction d’une activité sur les droits humains et l’interpellation des participants », a-t-il ajouté avant d’estimer qu’« il y a contradiction entre le discours politique, les textes algériens et les convention ratifiées et publiées. Les conventions de l’ONU sont supra-constitutionnelles. Les organisateurs ont fait une démarche pacifique, politique et de formation, à laquelle une réponse répressive a été réservée. C’est une preuve, encore une fois, que la démocratie est une façade. La procédure légale est respectée à moins que le pouvoir algérien considère tout ce qui touche aux droits de l’homme comme subversif », nous a-t-il précisé. M. Azem, vice-président du CMA, estime que « l’interdiction des activités du CMA découle des conséquences de l’Etat d’urgence ». Rappelons que la formation qu’a organisée le CMA, vendredi, à Tizi Ouzou, est soutenue par le Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique (IPACC).-

Par Hafid Azzouzi


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3 Commentaires sur cet article

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  • citoyen
    30 juillet 2010 at 11 h 27 min - Reply

    Le nouveau DGSN prône le respect des libertés démocratiques, mais sur le terrain, on voit le contraire???????????mais bon de dieu quesque c que c blague fait un tour dans n importe quel commisariat et tu verras le « respect des liberté » tu vis ou azzouzi.allons




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  • bert
    30 juillet 2010 at 15 h 20 min - Reply

    ne pensez – vous pas que ces hyenes qui nous gouvernent n’ont pas de ramifications dans les institutions internationnales. Avec les milliards de pétro dollars, qui sont normalement le bien du peuple, ils peuvent embaucher qui ils veulent, dans n’importe quelle contrée. ils ont des complices partout dans le monde et pas des mondres.




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  • bouyilès
    30 juillet 2010 at 17 h 52 min - Reply

    Peut-être que le CMA aurait dû choisir Israel,par exemple,pour organiser son colloque.La-bas peut être qu’ils auraient eu leur autorisation et les lois algériennes seraient plus respectées.Mais il se trouvera toujours des barbes bien barbues pour accuser le CMA de sioniste et ne pas condamner cette privation de droits qui ne les concernent pas.
    Et puis pouquoi expulser ce français?Ne possèede-t-il pas de visa?Autrement ,un Amazigh peut avoir la nationalité algérienne,française,marocaine,malienne et j’en passe.
    Si notre principal objectif est l’état de droit ,il faut condamner cet acte avec véhémence.Quel que soit votre couleur politique et la longueur de votre barbe ,si vous en avez une.
    Comme d’ailleurs il faut condamner tout attentat terroriste et toute privation d’un qelconque droit,quel qu’il soit.




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