Édition du
26 March 2017

L’opposition politique peut elle exister dans une situation de non Etat?

Mohamed Jabara

L’opposition politique peut elle exister dans une situation de non Etat? Ou les institutions ne sont qu’une façade destinée à la consommation extérieure et ou l’État de droit n’existe pas dans la réalité ? Afin qu’il y ait opposition politique il faudrait d’abord s’entendre sur ce qu’est la politique en Algérie et convenir d’appeler ce qui s’y passe comme de la politique. Or la politique en théorie, d’après une définition que je me permets d’élaborer, est la science qui s’occupe de la gestion des institutions dans un État de droit et des voies légales et éthiques qui permettent d’y accéder. Dans cette définition je ne reconnais aucune action de ce qu’on rattache à la politique en Algérie. Qui peut accéder aux institutions, qui peut les gérer ? La réponse est claire pour tous.

Alors finalement à quoi devrait s’opposer l’opposition, si la politique n’existe pas tel que ce concept existe et à un sens ? On ne s’oppose pas politiquement dans une situation de non politique, ce serait un non sens. Il faut d’abord construire le terrain politique par le bas, car à mon avis il n’existe pas ou à été détruit de manière systématique et soutenue Il faut donc le recréer et le consolider pour pouvoir affirmer s’opposer politiquement dans notre pays. Tous les faits qui ont lieu ne serait ce que depuis 1992 tendent à la destruction de toute velléité d’existence de mouvements de nature politique si ce n’est depuis 1962.

Le terrain de l’opposition est vide, le peuple est totalement désintéressé de la chose politique et ceux qui gouvernent sont totalement désintéressés du peuple et de « l’opposition » qui ne représente qu’elle même et n’a aucune assise populaire.

Ce qu’il faut c’est de recréer la conscience politique chez tout un peuple, une conscience politique cohérente et non pas la politique de la négation et du dénigrement, une conscience politique réelle qui permette de faire sentir à chaque algérien sa responsabilité dans les décisions majeures qui engagent ce pays et l’amener à agir en conséquence. Ce n’est pas facile, mais c’est faisable et c’est le travail de tout ceux qui sont conscients. Comme dit Djeha dans les contes du terroir, « que celui qui a compris explique aux autres ».


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7 Commentaires sur cet article

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  • Mohand Tahar MOHAMMEDI
    6 août 2010 at 10 h 19 min - Reply

    Il n’ya pas lieu de parler d’une opposition à un système politique puisqu’effectivement nous somme dans une situation de NON SYSTEME, mais d’une opposition à un régime mafieux qui use de sa solution sécuritaire pour maintenir le pouvoir par la force et la manipulation et nous savons tous que l’ordre pour le régime algérien c’est le désordre qui maintient en dépendance permanente le peuple algérien, l’opposition à ce « régime » existe réellement mais ce qui nous manque c’est « QUESTION DE METHODE et du comment faire ».
    Et pour répondre à cette question, je pense « c’est un avis personnel bien sûr » que seul le FFS, je dis bien le FFS qui pourrait être un catalyseur pour construire une véritable opposition à ce régime, d’abord c’est pour lui rendre un hommage qui depuis sa naissance nous a démontré qu’il lutait d’une façon radicale contre ce régime et pour l’instauration d’un « SYSTME DEMOCRATIQUE », donc a mon le retour aux sources est indispensable pour concrétiser une solution politique consensuelle entre « toutes » les entités du peuple ALGERIEN.




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  • bouyilès
    6 août 2010 at 12 h 41 min - Reply

    « Dans ma région du Hodna qui va de M’sila, Borj, Sétif à Djebel Boutaleb, les algériens que j’ai connus autrefois ont disparus. Des autres les ont remplacés. Ces nouveaux algériens, pourtant ma famille, copains, voisins, anciens collègues de boulot ne parlent plus que de business, d’immobilier, de football et de religion. Beaucoup vivent dans la précarité et une bonne partie ne s’en rend même pas compte. Tout le monde doit de l’argent à tout le monde, « riches » comme pauvres. Tout le monde dit el hamdoulilah agrémenté d’un proverbe ou d’une citation du prophète (SAWS). Beaucoup de gens pensent que Boutef a fait du bon boulot. Ces mêmes gens qui ont voté FIS à 90% en 1992. Les gens se sont habitués à la médiocrité, au laisser-aller et visiblement n’ont plus suffisamment d’esprit critique. »

    Je reprends cet extrait de l’intervention de Nordine dans un autre post et qui résume tout.
    Dans toutes les régions du pays c’est la même chose.
    Avant de parler d’opposition ,il faut d’abord définir le peuple qui doit faire cette opposition.
    Existe-t-il réellement?
    Est-il du genre à courrir voter dès l’ouverture des portails des écoles le jour du scrutin?
    Est-il ce peuple fêtard qui fait des bras d’honneur à ceux qui n’ont pas voté dès qu’on annonce les résultats de 99,99% à la télévision?
    Fait-il partie de ces masses manipulées qu’on libèrent comme des meutes pour casser du protestataire qui vient envahir sa capitale beien aimée?
    Sort-il défiler tous les lendemains où l’équipe nationale de foot a arraché un match nul devant le Bénin?
    Une fois les réponses à ces questions trouvées,nous en poserons d’autres.
    La notion de peuple sera ainsi cernée.




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  • El Mouhtarem
    6 août 2010 at 14 h 25 min - Reply

    C’est juste pour rappeler que le 22 février 1992, Mouloud Hamrouche n’était pas chef de gouvernement. Il a quitté le gouvernement en juin 1991.




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  • le kabyle
    6 août 2010 at 16 h 07 min - Reply

    Tout dépend de ce vous entendez par « opposition »… politique. Si c’est une opposition à la sauce algérienne créée dans les bureaux du DRS, c’est bien évidemment : NON !!!

    Par contre, si c’est une VERITABLE OPPOSITION qui a un ancrage populaire, alors là : SI !!!

    Mais pour l’heure, nous ne sommes dans aucun de ces deux cas de figure, alors…

    Amon humble avis, la VERITABLE OPPOSITION a TOUJOURS été représentée en Algérie par le FFS. Faute d’avoir mieux pour l’instant.
    Donc, seule une VERITABLE opposition peut et doit exister voire EXISTE même dans une situation de NON ETAT (!?)

    Mais au fait, une situation de NON ETAT, c’est quoi d’abord ? Expliquez-moi un peu le topo, svp ! Car tout cela est trop savant pour moi !!! Merci.




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  • radjef said
    8 août 2010 at 19 h 02 min - Reply

    Bonsoir tout monde. Med, bonsoir. L’Algerie n’a pas d’armée; c’est l’armée qui a l’Algerie. Aujourd’hui, le pays, avec tous ses symboles forts, est devenu la proprieté exclusive des généraux qui, eux mêmes, sont à la solde-à la merci- des puissances occidentales. Le pays est devenu une sorte de Zoo à l’interieur d’une grande jungle.
    Il n’y a jamais eu d’opposition en Algerie et encore moins une quelconque activité politique et citoyenne. Celles et ceux qui parlent d’activité politique ou tentent d’en donner des apparences sont des mercenaires et des traitres ou bien des imbeciles heureux qui n’ont pas conscience de la portée de leurs propos et de leurs actes.
    Le FIS, l’Islam, le manque d’infrastructures urbaines, le taux de chomage particulierement elevé, le manque de logements ou les particularismes regionaux- et d’ailleurs L Belkheir, Tewfik Medienne, Nezzar, A Ghezail et Touati ont travaillé la main dans la main comme un seul corps- n’ont pas produit la crise que nous subissons depuis plus d’un demi siecle. Tout le monde sait cela. Mais personne ne veut en parler, comme s’il s’agissait d’un pacte sacré passé entre l’armée et la classe (politique?) algerienne.
    La crise algerienne provient de cette volonté commune partagée par toutes et tous a ne pas reconnaitre l’ordre intellectuel et politique, auxquels l’armée a substitué la complaisance, la triche, le mensonge, l’anatheme, la corruption, la mediocrité, l’incapacité, l’immoralité et la violence comme criteres absolus a la construction sociale de chacune et de chacun.
    Qui empêche aujourd’hui un parti de l’opposition de rassembler et de mobiliser autour de lui ces millions de mecontents? Le DRS ou bien les mensonges et la cupidité de ses dirigeants?
    Certains camarades qui se proclament de l’opposition doivent sacrifier leurs ambitions, cesser de se faire les complices du mensonge et d’instrumentaliser la credulité du peuple. Ils doivent occuper le terrain avec un engagement sincere et ferme et mettre de coté leurs ambitions personnelles. Ils doivent tirer les leçons de ces 20 dernieres années et s’interroger courageusement ou leur populisme degradant, leur complicité, leurs mensonges et leur cupidité les ont-ils mené?…A la faillite de leurs partis respectifs et a la mort du talent, de l’art et de l’aptitude. Du reste, cher ami Med, on ne peut pas rassembler quelque chose qui n’existe pas encore.




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  • samir
    8 août 2010 at 19 h 23 min - Reply

    le FFS a perdu depuis longtemps son rôle de parti d’opposition.Un parti ou regne en maitre un zaim ne peut pretendre être un parti démocrate.en ce qui concerne son opposition,elle est plus regionale que nationale.comme tous les partis en algerie,le FFS s’interesse plus à ses revendications partisanes sinon comment expliquer que ce parti n’arrive pas à créer un front uni d’opposition à ce régime despotique?




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  • Mohamed Jabara
    9 août 2010 at 0 h 19 min - Reply

    @ Le Kabyle.

    A votre demande, je vais essayer de vous expliquer cher ami, mes élucubrations farfelues.

    Par « situation de non Etat » je ne prétends pas inventer un nouveau concept théorique de droit constitutionnel à l’évidence, je n’en ai pas l’étoffe ni la volonté, mais décrire une situation réelle qui se caractérise comme je le dis par des institutions de façade, notamment. Essayez de relire mon texte.

    Un Etat existe certes, même lorsque les institutions sont squattées par des usurpateurs et que l’expression populaire n’existe pas, c’est un fait, dès lors que le peuple et le territoire existent et que la reconnaissance internationale suit.

    Les manières de s’approprier l’élément du pouvoir dans un Etat sont soit la force, soit le suffrage universel, soit l’hérédité approuvée ou non par le peuple, autre élément de l’Etat et dans le cas de l’hérédité on se retrouve soit dans la première situation, pouvoir de fait soit dans la seconde pouvoir démocratique « exemple de l’angleterre » royaume démocratique. Même dans la situation de pouvoir de fait ou du suffrage universel les choses ne sont pas aussi simples qu’elles paraissent, le pouvoir de fait peut donner l’illusion du suffrage universel et le suffrage universel obtenu grâce à une manipulation de l’opinion par la main mise sur les mass média.

    En définitive, le pouvoir dans un Etat est pris soit par la force qui considère que les citoyens ne sont pas égaux et que celui qui détient la force (de quelque forme qu’elle existe et puisse se manifester, religion, armée, capital, science, etc…) doit détenir le pouvoir, il s’agit alors d’un pouvoir de fait, c’est ce que j’ai appelé situation de non Etat, soit en second lieu de manière démocratique dans une situation ou chaque citoyen est l’égal des autres et où chacun est responsable et se sent responsable même si dans ce dernier cas ce sitoyen peut être sujet à manipulation mais il est relativement libre et peut la déceler et la déjouer.

    Lorsqu’on examine l’ensemble des pouvoirs dans les Etats du monde, il y existe toujours une dose de pouvoir de fait par le biais de manoeuvres destinées à tromper l’electorat en utilisant l’Argent, les mass média, les manoeuvres politiques et d’autres moyens ce qui est une manière civilisée d’utiliser la force.

    A la différence de @Bouyiles reprenant @ Nordine ci dessus qui dit qu’il n’y a pas de peuple, je dis que le peuple existe, mais qu’il est déresponsabilisé. Le sens des responsabilités de chaque individu formant le peuple ou son absence, fait la différence entre une situation ou le peuple est politisé et sait et peut se mobiliser pour ses intêrêts et la situation où une équipe de foot ball peut facilement le détourner de ses intêrêts et l’amener à accepter des situations intenables.

    Dans ce dernier cas on ne peut parler d’opposition car l’opposition n’est pas constituées par les partis politiques, mais par l’assise populaire et le rapport de forces qu’ils représentent dans la société et qui se manifeste par le degré de mobilisation populaire qu’ils peuvent provoquer.

    Je peux sans erreur majeure dire qu’en Algérie aucun parti politique à l’heure actuelle n’est en mesure de mobiliser la majorité du peuple ou tout au moins une frange importante sinon la situation ne serait pas ce qu’elle est.

    L’évolution de l’assise politique est déterminée par le niveau d’accès aux moyens de communication. Sans accès aux moyens de communication, sans une politique d’information judicieuse au sein des partis, sans stratégie de communication efficace incluse dans leur démarche, « la mort politique » ne tarde pas à les recouvrer de son linceul d’oubli.

    Il est évident que les partis dits de l’opposition ont un devoir commun de responsabiliser les masses, il y va de leur intêrêt à tous en tant que partis, mais il semble que ce soit le dernier de leurs soucis, il ne se sont même pas accordés sur ce minimum.

    Comment peut on parler d’opposition dans ce contexte ?




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