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24 March 2017

Réponse à Lahouari Addi sur l’amazighité

Réponse à Lahouari Addi sur l’amazighité

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/08/08/article.php?sid=104239&cid=41

Cher compatriote,

Nous avons l’habitude de suivre avec intérêt vos écrits et réflexions qui sont pour nous éclairants et prémonitoires sur beaucoup d’aspects de la vie sociale et politique algérienne. Le libre penseur que nous percevons en vous et la sincérité de vos prises de position sont à nos yeux la preuve de la probité éthique dont devrait jalousement se prévaloir tout intellectuel et universitaire. Hélas, ce champ souffre d’un manque sidérant d’autonomie dans notre pays. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que nous avons lu l’entretien que vous avez accordé au journal électronique Le Quotidien d’Algérien date du 29 juin dernier.
Celui-ci faisait notamment suite à votre importante conférence donnée quelques jours auparavant à l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou sur l’écriture de l’histoire en Algérie. Partageant l’essentiel de vos courageuses positions et réflexions concernant la problématique démocratique en Algérie et sur la nature véritable du pouvoir politique qui y prévaut, nous avons été désagréablement surpris par votre réponse concernant la langue amazighe. Votre position est malheureusement bien en-deçà de ce qu’on attendait de la part d’un esprit lucide tel que vous. Nous avons du mal à croire qu’un intellectuel engagé en faveur d’une Algérie démocratique et pour l’égalité citoyenne puisse continuer de s’en tenir à la position qui est la vôtre sur cet important enjeu. Pour nous, le traitement de la question amazighe participe d’une position de principe qui ne doit souffrir aucun marchandage. Un juste traitement de cette question conditionne l’alternative démocratique et celle-ci est conditionnée par elle. Elle est en ce sens un élément de la totalité démocratique. Elle n’est nullement un élément secondaire, mais une donnée légitime et un test pour tous les démocrates. Aujourd’hui, même le pouvoir algérien a fini par reconnaître, certes sous la pression populaire, l’évidence du caractère national de tamazight, mais vous, Lahouari Addi, en êtes encore à parler de l’unique langue de la nation, l’arabe, qui ne saurait souffrir de concurrence. Nous sommes peut-être sévères dans la lecture de vos propos, mais rien, à notre avis, ne les prémunit contre une telle compréhension de notre part. C’est la triste réception qu’on en fait. Nous aimerions bien nous tromper, mais votre position semble obéir à une logique qui cherche à satisfaire tout le monde et personne, et donc nous paraît insuffisante de la part d’un intellectuel de votre trempe appelé à bousculer les préjugés et les convenances et non les conforter. Vous accordez bien le droit d’existence à tamazight dans ses espaces retranchés (que vous appelez les régions berbérophones), c’est-à-dire les régions les plus enclavées du pays. En même temps, vous semblez caresser dans le sens du poil les esprits «bien-pensants» qui n’admettent pas que cet idiome, de bouseux montagnards, s’incruste dans leur vie. Nous ne vous ferons pas l’injure de vous accuser de discrimination, mais ne pensez-vous pas que limiter la reconnaissance du tamazight aux seules régions majoritairement amazighophones serait une injustice envers les populations concernées? Ne vous semble-t-il pas que cela fonderait une citoyenneté à deux vitesses? Est-on sûrs que les citoyens algériens désireux de connaître tamazight soient obligés de se plier à l’exode en milieu amazighophone? L’idée de confiner une langue sur un territoire donné et seulement aux populations l’utilisant déjà, n’est-elle pas une façon déterministe et anhistorique de concevoir le rapport à la langue amazighe ? Sans parler des risques encourus à sa disparition dans pareils cas. Il faut plutôt voir les zones amazighophones actuelles non pas comme des espaces naturels mais davantage comme une spatialité tributaire des aléas d’une histoire tumultueuse ayant poussé des populations à s’y installer dans le passé. Ce faisant, des Algériens devraient-ils, pour vivre dans leur langue et espérer transmettre cet héritage à leur descendance, se condamner à subsister dans des enclaves linguistiques, quitte à renoncer à s’inscrire dans une dynamique sociologique, économique, culturelle et politique égale partout dans le pays? On pourrait aller plus loin et contester même la portée limitative sous-jacente à la notion de régions berbérophones. En bon sociologue et anthropologue, vous n’êtes pas sans savoir que les berbérophones ne sont pas les seuls imazighens en Afrique du Nord. Ils sont également arabophones et vivent aussi bien à Alger, Oran, Tiaret et ailleurs. Que faire pour ceux-ci ? La réponse pour nous se fonde sur un pari citoyen se voulant un projet pour l’avenir : soit la dimension berbère est admise comme un socle historique commun, comme une sorte d’identité citoyenne, soit nous ouvrons la voie aux visions ethniques et linguistiques fondées notamment sur les droits des minorités. Vous n’êtes pas sans savoir non plus qu’aujourd’hui des centaines de milliers d’amazighophones d’Algérie vivent dans les grandes villes et les régions réputées arabophones, leur dénier le droit à l’apprentissage académique de leur langue équivaut à leur ôter leur citoyenneté et les pousser soit à l’assimilation linguistique soit à une ghettoïsation par l’isolement et l’endogamie, terreaux de toutes les ségrégations, discriminations et de différentes formes de violences. Vous comprendrez aisément que pour nous la berbérité n’est pas réductible à la seule berbérophonie. Elle est plutôt perceptible dans ce que Mouloud Mammeri appelle notre culture vécue. C’est en ce sens que la langue amazighe ne souffre pas de diglossie ou de décalage avec la langue de notre common decency — pour reprendre George Orwell — comparativement à la langue arabe officielle. C’est pour cela que le linguiste Abdou Élimam a forgé la notion de Maghribi pour parler de l’arabe vernaculaire usité par les Algériens, et pour le distinguer de l’arabe officiel qui ne se laisse nullement apprivoiser par le vécu quotidien de la population. Aussi, la langue amazighe est usitée sur tous les territoires de l’Afrique du Nord, elle pourrait en être le ciment dans la construction d’une véritable union du Maghreb, pas celle de l’UMA que cogitent les régimes despotiques et impopulaires de nos pays respectifs. N’est-il pas, à vos yeux, illogique de chercher la construction d’une Algérie fraternelle en obligeant les enfants amazighphones à étudier l’arabe mais sans faire aucun effort pour inciter leurs frères arabophones à acquérir un minimum de connaissance de cette tamazight? Cette langue qui fait pourtant largement partie de leur patrimoine historique et culturel, et constitue parfois le double héritage de leurs parents biologiques. Nous pensons que pour continuer à barrer la route aux apprentis sorciers qui poussent, chacun de son côté, à la destruction de la nation algérienne, qu’il y a lieu plutôt d’enseigner l’arabe et tamazight à tous les enfants algériens. Car de quel droit allons-nous priver un enfant né d’un père amazighophone et d’une mère arabophone, ou l’inverse, de connaître et aimer les deux langues de ses parents? Et de quel mérite pouvons-nous nous en prévaloir vis-à-vis des générations montantes si l’on dispense notre bon sens de leur faciliter et la vie, et l’intégration et les raisons d’espérance parmi les leurs et dans leur propre pays ? Quant aux modalités fonctionnelles de la standardisation de la langue amazighe et de son introduction progressive et pédagogique dans les domaines académique, administratif et médiatique, cela relève d’un débat profond nécessitant la mise en commun des meilleures compétences en la matière. Il est du devoir de notre régime politique d’y veiller comme un bien commun. Ne doutant pas de votre intelligence et de votre probité patriotique, nous vous adressons cette lettre pour vous inviter à réfléchir plus profondément cette question éminemment citoyenne. Veuillez croire, cher compatriote, en notre cordiale et fraternelle considération.
Texte signé par Mhand Amarouche, Boualem Aourane,
Tahar Hamadache, Mouloud Idir, Ali Ihaddadene
(les auteurs signent ce texte à titre de citoyens algériens).


Nombre de lectures : 3054
11 Commentaires sur cet article

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  • Sid Ahmed
    10 août 2010 at 4 h 47 min - Reply

    Ce texte sur l’amzighitité, signé par Mhand Amarouche et al., en réponse à une entrevue que vous a accordée Lahouari Addi, représente le genre de texte – qu’il s’agisse d’un commentaire, d’un point de vue ou d’une analyse – qu’il faut encourager. Il pose un point de vue, établit un dialogue et ouvre un débat d’idées – servi en cela par un fond pertinent, une forme concise et, surtout, un ton juste et mesuré. Qu’on partage ou non l’opinion exprimée par les auteurs est à la limite une question périphérique, l’essentiel étant de nourrir le débat par un apport idéel ou conceptuel complémentaire. De plus, une telle réponse ne saurait que réjouir Lahouari Addi, ou toute personne honnête engagée dans une problématique intellectuelle, car elle le contraint à un surcroit de réflexion sur la problématique en question, faisant ainsi avancer le débat par une série d’allers et retours. En ce sens, le texte de Amarouche et al. constitue un contrepoint salutaire à certains articles publiés récemment dans la presse nationale et qui représentent l’ultima ratio de la diatribe grotesque, du soliloque tortueux, et de la logorrhée béate. Le texte signé il y a quelques jours dans Le Soir d’Algérie par un avocat et ancien député (dont le nom malheureusement m’échappe), et dont la longueur interminable aurait pu être ramenée a moins d’une dizaine de lignes sans en altérer aucunement l’esprit, constitue a cet égard une pièce d’anthologie. Tout comme dans le chef-d’œuvre d’Orwell, Animal Farm, cet avocat et consorts, qui se sont octroyés le label de démocrate, mais qui sont a la démocratie ce que les kleptocrates sont au budget des États, ne semblent pas se rendre compte que leurs interventions, qui semblent hostiles à tout point de vue ou opinion alternatifs, s’inscrivent davantage dans le répertoire du stalinisme que de la démocratie dont ils se revendiquent, laquelle, par essence, se nourrit de la différence et de la contradiction.
    Sid Ahmed




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  • Afif
    10 août 2010 at 11 h 18 min - Reply

    Dans la lettre envoyée à Mr Addi, il n’est pas fait mention d’une revendication essentielle qui est brandie depuis de longues années par le courant berbériste, c’est la caractère officiel de Tamazigh. Il faut d’abord, à mon avis, se déterminer par rapport à cette question avant d’engager un débat sur les autres questions.

    Par ailleurs, compte tenu de notre passé et de notre culture, toute tentative de faire écrire Tamazigh par des caractères autres qu’arabes, sera de la pure provocation et une déviation inadmissible de la voie tracée par nos ancêtres berbérophones qui transcrivaient leurs documents amazighs en caractères arabes. Par contre, si Tamazigh est écrite en caractères arabes, cela renforcera la fraternité entre les algériens et un encouragement à apprendre Tamazigh par les arabophones.




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  • le kabyle
    10 août 2010 at 12 h 17 min - Reply

    Se mettre à CINQ pour répondre à UNE seule personne ! Dénote, si besoin est, une incapacité intelectuelle congénitale de leurs auteurs contre une sommité mondialement reconnue et avérée dont nous en sommes trés fières, ici en Algérie. Monsieur L’Houari, que je sache, ne s’est JAMAIS déclarée hostile ni à la culture tamazight et encore moins à l’amazighité.

    Sincèrement, je ne vois pas où est le mal que Monsieur Houari ADDA fasse une réponse claire et surtout intelligente aux écrits tendencieux du sieur Sadi à propos de son ouvrage sur le Chahid Si AMIROUCHE, ath yerham rabi !

    Ce dont il s’agit là, messieurs, c’est d’honnêteté intellectuelle, de la part de Monsieur L’Houari, plus que d’une volonté formelle de s’en tenir à une neutralité stylistique. Il y a un engagement de sa part contre la gangrène morale qui ronge nos esprits en proie aux faux calculs intéressés qui nous détournent TOUS de l’essentiel : de LA REFLEXION SUR NOUS-MEMES et donc de nos vrais problèmes !!!

    Mais Sadi est-il vraiment à ce point incapable de faire une réponse de lui-même à Si L’Houari ? Je le pense.

    Ya djemaât al khir ! Il faut bien comprendre, et une fois pour toute, que se vouloir LIBRE, c’est AUSSI vouloir les autres LIBRES…

    Alors de grâce ! Cessons de nous dresser, constamment les uns les autres, des murs et vouloir à chaque fois fermer la porte à toutes les erreurs car nous finirons, hélas, par laisser notre LIBERTE dehors !!!

    Messieurs, gardons-nous de ne JAMAIS restreindre le champ du possible aux limites de notre imaginaire car il nous mènera, à n’en point douter, directement à notre propre aliénation ainsi qu’à l’exclusion de l’autre… NOTRE FRERE, L’ALGERIEN !!!

    Evitons les séductions malhonnêtes du langage et les images préconcues et toutes faites qui nous aliènent en nous empêchant de comprendre la vérité complexe de la réalité. Et donc, du moment…

    Si L’Houari nous redonne espoir en montrant que l’ALGERIEN EST CAPABLE DE LUTTER CONTRE TOUS CEUX QUI LE NIENT…

    Voilà, quel est le véritable message de Monsieur L’Houari à l’adresse de TOUS les Algériens sans exception aucune !

    Thanmirth.




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  • D B
    10 août 2010 at 13 h 02 min - Reply

    @Sid Ahmed
    J’ai particulièrement apprécié ce passage de votre commentaire « Tout comme dans le chef-d’œuvre d’Orwell, Animal Farm, cet avocat et consorts, qui se sont octroyés le label de démocrate, mais qui sont a la démocratie ce que les kleptocrates sont au budget des États ».
    Décidément, LQA se bonifie, chaque jour davantage, d’interventions qui préludent à la rencontre fusionnelle de gens sincères et talentueux. Il faut reconnaître tout le mérite de nos amis assidus, qui nous ont accompagnés dès le début, ou qui nous ont rejoint, et qui ont été le sel de cet espace d’expression. Des effluves qui ont attiré les abeilles fertilisantes. Qu’ils soient remerciés, encore qu’on ne remercie pas quelqu’un pour avoir entretenu sa propre maison. Notre bonheur serait plus complet, si certains de nos amis, qui nous ont quitté, pour des convictions qui leur sont propres, ou qui se font plus rares dans leurs interventions, nous revenaient ou plutôt s’ils revenaient à cette famille que nous sommes devenus. Celle d’une Algérie plurielle, ouverte sur des valeurs vraies, attentive à l’opinion de tous, lorsqu’elle est sincère, et qu’ils se remettent à la tâche d’ensemencer et de faire germer leurs belles idées. Et qu’ils contribuent à faire fleurir, sur cet espace, ce qu’il y a de plus généreux en l’Homme, sa tolérance et son aspiration à perpétuer, et à sublimer, sa victoire millénaire sur sa propre nature.
    Merci Sid Ahmed.




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  • benlamine
    10 août 2010 at 19 h 26 min - Reply

    salutation
    permettez moi de dire que je ne comprend pas tout cet acharnement de par certains (democrates) sur la quesion des langues en algerie. Je ne comprend pas pour quoi certaines personnes accusent des autres pour la simple raison qu’il deffende leurs langue culture histoire patrimoine heritafes de milliers
    d’années.
    moi je suis d’un pere amazighophone et d’une mere arabophone je suis né bilingue et je suis tres content parce que tout simplement je me sens algerien.
    Pour moi les choses sonts claires tamazight doit etre non seullement reconnue mais officiellement prise au serieu personne ne peut garantire encore sa futre existence si elle continue comme ça à etre non marginalié mais malheureuseument combattue.
    La question des carrectetre avec lesquelles tamazight devrait etre transcrite n’est ni une quesion politique ni une question de preferance, ni sociologique ni historique (c’est pas dans l’interet de tamazight) logiquement la question de trancher ou de choisir les caractere convenable est une question sientifique linguistique il y a des regles à suivre coome une equation mathematique (je veux dire qu’il faudrait appuyer et les chercheurs les linguites repondront à cette question.
    cordialement




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  • D B
    10 août 2010 at 19 h 53 min - Reply

    Je crois que les auteurs de ce texte, qu’ils signent en tant que citoyens algériens, même s’il est discuté, doit l’être dans la sérénité qui distingue notre espace. Je ne crois pas que les signataires aient été animés d’une quelconque animosité contre Addi L’houari, qu’ils saluent au passage, par ailleurs. Nous avons le droit de discuter de tout et de disputer n’importe quelle opinion, sans pour autant porter des jugements péremptoires sur les personnes qui expriment les leurs. En toute liberté.




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  • still
    10 août 2010 at 20 h 42 min - Reply

    Les outils du prospecteur et ceux de l’exploiteur diffèrent enormement.C’est l’analogie que j’appliquerais au cas du Professeur Lahaouari Addi chercheur universitaire et des signataires de cet article que je n’ai pas l’honneur de connaitre mais que je suppose être militants de la cause berbère en général et de Tamazight en particulier.
    En sus de la différence des outils, les deux parties ont des finalités différentes, ou, du moins, leur rencontre est aléatoire : Le premier cherche La vérité tandis que les seconds cherchent une vérité prédéterminée.
    Je suppose que si Lahaouari Addi aboutirait dans ses recherches à la primauté du Tamazight sur l’Arabe il ne tairait pas cette conclusion .Par contre, s’il était militant de la langue arabe, chercheur ou pas, il l’aurait passée sous silence.
    Alors, ne confondons pas le chercheur et son outil avec le militant et son objet. Ils ont des missions différentes et le militant devrait s’inspirer du chercheur plutot que le contraire.




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  • liberté
    10 août 2010 at 21 h 52 min - Reply

    Salam Aleykoum,

    Pour la premiére fois dans l’histoire de l’Algérie,un débat vient d’etre ouvert par le Professeur Lahouari Addi sur l’Amazighité dans notre pays.L’interpellation du Professeur Addi par nos cinq citoyens en l’occurence Mhand Amarouche, Boualem Aourane,
    Tahar Hamadache, Mouloud Idir, Ali Ihaddadene sur les colonnes du journal le Soir d’Algérie est à saluer et encourager. Je pense que le Professeur Lahouari Addi nous fera un grand plaisir par ses écrits en enrichissant le débat aux millions d’Algériens qui vont le suivre sur les colonnes du Soir d’Algérie et le site LQA.

    Cordialement




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  • Mohamed Jabara
    11 août 2010 at 12 h 54 min - Reply

    Je ne voulais pas intervenir dans ce débat, mais j’ai l’impression comme toujours que nous commençons à déraper et je me sens obligé de donner un avis.

    Je suis sidéré de constater qu’encore, après près de trois ans d’existence d’une communauté LQA, nous n’arrivons pas encore à digérer les principes contenus dans l’appel du 19 Mars et notamment les fondements de notre Algérianité qu’il définit sous le tryptique d’islamité, d’arabité et de berbérité.

    Nous en sommes encore à discourir sur des choses évidentes et dont à chaque fois la minorité agissante se sert pour nous éloigner des véritables sujets et de la véritable problématique qui est à mon sens: Comment initier un changement en Algérie qui permette entre les citoyens une justice, une égalité, la véritable liberté de dire et de faire et qui sont la base de tout décollage social et économique.

    Si demain les gens sont libérés, ils penseront autrement, ils verront les choses autrement, ils agiront autrement car ils seront libres et….responsables.

    Nier un mouvement c’est lui accorder de l’importance et faire de ses membres des martyrs et les glorifier même s’ils sont dans l’erreur. C’est le consolider. C’est l’erreur du pouvoir. L’idée véritable ne s’exprime que dans la réalité ou sinon elle périclite et est vite oubliée sauf s’il y a usage de la force auquel cas la mauvaise idée persiste et prolifère dans le combat.

    Le « problème » de l’amazighité qui ne s’est jamais posé avant la colonisation, bien que certains le ramènent aux années 20 du siècle passé une fois la colonisation bien installée, est à mon sens conséquent à la création de l’Académie berbère à Paris 7 en 1968 (ou 1966) car avant il était larvaire et n’avait pas grande importance. Il est devenu depuis un véritable enjeu à partir des années 1970 et surtout 1980, d’abord pour les gouvernants Français qui l’ont utilisé comme levier de pression, et entre les mains des clans du pouvoir qui l’instrumentalisent au gré des conflits de leadership.

    La Kabylie ne diffère pas des autres régions d’Algérie et l’affirmer, c’est dire ne pas connaître l’Algérie ni la Kabylie. Tout ce à quoi aspire notre peuple, dans toutes ses dimensions, c’est à la liberté qu’il a perdue en 1830 et qu’il n’a jamais plus recouvrée depuis. Les divisions qui ont depuis été créées en son sein et entretenues ne visent à rien d’autre qu’a le maintenir dans un état permanent de dépendance.

    Notre problème n’est ni un problème inhérent à l’Islam, ni un problème inhérent à l’identité, le peuple algérien est conscient que les trois composantes sont le fondement de son être et sans l’une d’elles point d’Algérie. Je ne pense pas que des Algériens sincères puissent dénier à ce peuple l’une de ces composantes.

    Vouloir coûte que coûte privilégier une composante sur les autres, ou remplacer l’une des composantes par des avatars importés, n’est pas viable pour le pays à l’évidence. Dire que l’arabité de l’Algérie prime sur la berbérité ou que la berbérité prime sur l’arabité s’est s’exposer à diviser un peuple uni depuis des millénaires. Assurément cela ne semble pas un acte très patriotique.

    Vouloir encore remplacer notre islam séculaire par un islam importé d’orient ou d’ailleurs, ou par une doctrine laicisante est aussi vain.

    شعب الجزائر مسلم والى العروبة ينتسب من قال حاد عن اصله او قال مات فقد كذب
    الامام ابن باديس

    Dans ce vers Ibn Badis ne visait pas les tenants de l’amazighisme mais la politique d’assimilation qu’avait entreprise la colonisation. C’est pourquoi quant il dit que le peuple Algérien « s’apparente (ينتسب ) » à l’arabité il veut dire que le peuple Algérien ne sera jamais Français. Que l’aire civilisationnelle à laquelle nous appartenons n’est pas celle de l’occident, mai celle de la civilisation arabo-musulmane. Cette civilisation arabo-musulmane qui à donné à l’humanité les prémisses de son décollage civilisationnel qui a servi à la terrasser. Ainsi va le monde. (وتلك الايام نداولها بين الناس) nous dit le Coran. Cette civilisation arabo-musulmane que les faiseurs d’opinion tentent d’éradiquer par tous les moyens dont ils disposent et là où ils trouvent des failles à exploiter. Il faut dire que nous leurs donnons des prétextes, voire que nous les assistons dans notre destruction.




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  • khaled
    11 août 2010 at 16 h 57 min - Reply
  • severe
    9 septembre 2010 at 20 h 17 min - Reply

    je ne suis pas raciste et je ne déteste nullement les arabes car ce sont des frères que nous soutenons dans leur combats , mais ce que je veux savoir réellement ou
    ils étaient les ancêtres de ces algériens d’aujourd’hui
    qui se proclament des arabes comme il n ya pas comme eux même au moyen orient a l’époque des Idrissides, maghraoua,hamadites ,zirides, almoravides, almohades
    mérinides, zianides, hafsides, Wattassides, et autres…. car cela se sont des royaumes et empires berbères qui ont gouverné l’Afrique du nord et porté haut ses couleurs et cela bien après la conquête musulmane et voila qu’aujourd’hui que des citoyens algériens se proclament des arabes au 20 éme siècle
    sans aucun fondement raisonnable sauf parce que ils parlent un semblant d’arabe et qu’ils descendent d’une poignet de jounoud d’origine égyptienne, perse, byzantin, berbères (de Lybie et d’Egypte) nouvellement reconverti a l’islam et arabes qui sont venu avec okba lors de la conquête musulmane ,et puis l’Arabie et un désert elle ne peut pas produire beaucoup de population.d’ou sont ils venus alors que le dernier royaume qui a gouverné l’Algérie s’est éteint au 16 éme siècle (1269 – 1554) et se sont les zyanides et se sont des berbères et ils ont connu 39 rois durant 3 siècles. ces algériens qui se prétendent être des arabes dans un pays berbère, pourquoi lorsque les egyptiens nous ont insultés après le match Algérie Egypte comptant pour la qualification de la coupe du monde, on les a répondu avec toute une histoire amazigh Chéchong qui a conquit l’Egypte 950 avant jc et les koutama et les Sanhadja qui ont crée les fatimides 900 après jc et ils ont fondé le Caire et la musqué de al Azhar et ibn al maati al zouaoui qui a écrit le livre de grammaire pour cette chère langue arabe. Pourquoi ils n’ont pas répondu aves l histoire de leur ancêtre arabes s’il y en a j’en doute .ca prouve qu’il n y a pas beaucoup d’arabes en Afrique du nord ni leur histoire
    sauf ceux qui descendent des beni hilals et le massacre qu’ils ont fait dans ce pays (lire livre ibn khaldoun histoire des berbères) et se trouvent actuellement a oued souf biskra sba (beni ameur) oran (hmiane) tlemcen (ouled mimoun ouled riah) sahara occidentale quelques régions du maroc et la Tunisie la plus touché par ce fléau et a Mauritanie et puis le couscous et le berkoukes et tout ces mets a bases de semoules ne sont t’ils pas berbères comment ca ce fait qu’ont les trouve uniquement a travers toutes l’Afrique du nord et ils sont inexistant au moyen orient pourquoi toutes les viles, villages, régions, géographie portent des noms berbères….
    au fond de nous même on sait que la grande majorité de ces algériens qui se disent des arabes sauf les descendants des béni hillal et les coulghouli sont des amazighs dont la langues s’est transformé avec le temps en cet dialecte arabo latino berb d’aujordui et qu’ils ont honte de le reconnaitre parce que dans leur tète qui dit berbères dit kabyles ces gents qui descendent des montagnes qui ont des traditions bizares et qui parlent un langage bizarre indigne de l’arabe.
    Nous aurons toujours quelque chose de plus que eux qu’ils n’auront jamais car nous appartenons et nous nous identifiant a l’histoire de ce grand pays a travers tout ses époques chose qu’Ils ne le sont pas eux au contraire ils seront toujours des étrangers A ce cher grands pays qui a donné Massinissa st augustin, macrin, aruis, florin de Constantine, st augustin ,tarik ibnzian, kouseila, kahina,b ouloughin ziri, abdelmoumene yaghmoracn et j’en passe et dont il connaissent peu de choses sauf l emir aek et la révolution de 1954 et dont les berbers ont massivement soutenu et participé .
    je ne sais pas si ces algériens qui se croient arabes et sont presque contre l »enseignement de la langue berbères
    savent que cette langue a été utilisé par les pilotes algériens lors de la guerre de 1973 contre les sioniste donc on peut la considéré comme une ancienne moudjahid alors n’a t elle pas le droit d’être enseigné n’ a t’elle pas gagné ses galons, si on était en Arabie saoudite ou en syrie ou e irak berceau de l’arabisme elle aurait était aisément enseigné pour ses bons et loyaux services, tandis que ces faux arabes de l’Algérie que les vrais arabes du machrek ne les reconnaient pas a ce jour comme t’elle refuse et sont presque contre son enseignement




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