Édition du
27 March 2017

Addi Lahouari et Ali Benhadj seraient-ils donc incapables d’imaginer cette Algérie-là?

Adel H.

« Rassemblons-nous autour d’un seul et même mot d’ordre. Que nos élites et nos universitaires s’unissent… Nous pouvons construire un large front pour renverser ce régime. Nous sommes capables. En nous coule la sève de la résistance et de la justice… Il appartient à Addi Lahouari, Med Samraoui, Mourad Dhina, Salah Sidhoum, D Zenati, S Khelil, Ali Belhadj, Benchenouf et a d’autres militantes et militants sincères de fixer les bases de ce rassemblement.»

Cette phrase, tirée d’un commentaire de notre ami Radjef Saïd sur LQA, énonce de manière claire la tâche que doivent accomplir tous les patriotes de notre pays afin de venir à bout de la tyrannie que subit notre peuple depuis si longtemps.

C’est également le but de l’Appel du 19 mars.

Qu’est-ce qui empêche ce large front de se mettre en place? Pourquoi tous ceux qui veulent une Algérie de justice et de respect de la personne humaine demeurent-ils éparpillés, incapables de communiquer et de se concerter, de s’encourager et de s’éclairer mutuellement? Est-il absurde de penser qu’Addi Lahouari et Ali Benhadj puissent un jour s’assoir autour de la même table et discuter fraternellement de l’avenir de l’Algérie?

Bien sûr, il y a le poids du passé et les «clôtures dogmatiques», comme les appelle Mohammed Arkoun. L’Algérie dont rêve Djamel Zenati et celle pour laquelle milite Mourad Dhina seraient-elles donc condamnées à s’exclure mutuellement, n’ayant absolument rien en commun? Reconnaître cela, c’est donner raison aux «éradicateurs», eux qui n’ont cessé de dire que les «intégristes» doivent être combattus, aucune cohabitation avec eux n’étant possible. Plus de dix-huit ans après janvier 92, l’Algérie est toujours dans l’impasse et rien ne semble indiquer que le régime en place ait l’intention de se réformer. Un président septuagénaire, malade et fatigué, ne connaissant que les méthodes héritées de l’ère du parti unique et de la SM de Boumédiène; un chef du DRS – véritable maître du pays – ayant le même âge que son compère, et dont la culture politique est probablement celle qui lui a été enseignée dans sa jeunesse par les «experts» du KGB : voilà le tableau. Alors que les pays qui dominent le monde sont dirigés par des quadragénaires pleins de vitalité et porteurs d’idées nouvelles, notre pays continue de subir le joug de tyrans épuisés dont les méthodes et les idées sont depuis longtemps périmées.

Le projet «éradicateur» ne tient pas la route. Aucun projet qui exclut une partie de la population algérienne et lui fait subir l’injustice et la tyrannie n’a de chances de réussir et de hisser notre pays parmi les nations qui comptent. Indéfiniment empêtrés dans les luttes intestines et les combats d’arrière-garde, nous continuerons de nous enfoncer, notre survie temporaire étant tributaire de nos réserves d’hydrocarbures.

L’islam tout autant que la langue amazighe sont des données incontournables de notre société, qu’il ne sert absolument à rien – et qu’il est même contre-productif – de nier. La démocratie et l’État de droit sont également les seuls instruments de gestion politique ayant fait leurs preuves dans le monde d’aujourd’hui. Ces quelques éléments me semblent constituer le minimum sur lequel doivent s’entendre ceux qui veulent construire l’Algérie de demain, celle où tout un chacun se sentira libre et fier, en sécurité, heureux de vivre dans un pays béni par la nature.

Il faut tourner définitivement la page noire qui a commencé, après le 19 mars 1962, avec le spectacle lamentable des dirigeants de la lutte pour l’indépendance se déchirant sans honte et sans pitié pour le pouvoir. Ils se sont déchirés et combattus mutuellement jusqu’à la fin. Cette génération de «chefs incontesté» a ruiné l’Algérie et a légué aux générations futures un lourd contentieux moral. Que les derniers survivants s’en aillent et nous laissent en paix.

Un pays ne se gouverne pas que par la ruse, le mensonge et le bâton. Les États qui prospèrent dans le monde d’aujourd’hui sont ceux où vivent des citoyens conscients de leurs droits et devoirs, qui participent activement à la prise de décision et ne ferment les yeux sur aucune violation de la loi. Nous devons définitivement comprendre que, quelque soit le régime politique mis en place, y compris la «république islamique», il ne peut réussir que s’il permet à des contre-pouvoirs puissants et crédibles de se constituer. Il ne peut réussir que s’il respecte les libertés fondamentales de l’individu, tout en assurant une application identique de la loi à tous, sans exception. Il ne peut réussir que s’il travaille dans l’intérêt du plus grand nombre, assurant la justice sociale et répondant aux attentes des couches les plus défavorisées – ceux et celles qui travaillent et produisent des richesses dont d’autres qu’eux profitent.

Il faudra une bonne dose de pragmatisme aux dirigeants de l’Algérie de demain, celle où cohabiteront sans problème tous les courants politiques, celle qui donnera à la langue amazighe la même place que la langue arabe, celle qui pratiquera un islam apaisé et tolérant, celle dont la jeunesse maîtrisera la science tout en puisant ses valeurs morales les plus solides dans nos traditions ancestrales.

Addi Lahouari et Ali Benhadj seraient-ils donc incapables d’imaginer cette Algérie-là?


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33 Commentaires sur cet article

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  • bouyilès
    13 août 2010 at 14 h 56 min - Reply

    C’est l’Algérie heureuse reconciliée avec elle-même.
    C’est l’Algérie du travail et de la prospérité.
    C’est l’Algérie des algériens.
    Merci encore une fois,Adel.




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  • fess
    13 août 2010 at 16 h 46 min - Reply

    Il fallait penser a tout cela en 92,car cette annee la la majorite de la minorite c’etait rangee du cote de cette minorite pour combattre le choix de la majotite du peuple.
    PS: C’est peut-etre un peu mal dit mais c’est la verite.
    Chacun de nous doit faire son mea culpa est voir dans quel camp il(ou elle )etait vraiment.




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  • khaled
    13 août 2010 at 17 h 01 min - Reply

    Je suis heureux que je suis pas le seul qui pense que tout est possible en politique pourvu que la bonne volonté prévale.

    J’avais dans le passe sur LQA émit l’idée d’une déclaration de bonne intention conjointe entre Ms. Benhadj et Ait Ahmed comme initiative qui pourra sortir le peuple et son élite de cette léthargie politique.

    L’essentiel est de réveiller les consciences—-l’impulsion initiale qui donnera un momentum a l’élite intellectuelle de se réapproprier la parole en premier, ensuite le terrain de l’action politique.




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  • Mohamed Jabara
    13 août 2010 at 18 h 35 min - Reply

    @ Adel.

    Aucun algérien sensé ne peut rejeter la plateforme que tu proposes.

    Justice, égalité, amazighité, arabité, islam, liberté, dans le désordre mais ensemble.

    Le rêve ? Un rêve que 35 millions d’Algériens voudraient voir se réaliser. Est ce une utopie ?

    Saha ftourek.




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  • schaman
    14 août 2010 at 0 h 31 min - Reply

    une analyse juste, objective et réaliste. effectivement lorsque la lecture de notre situation,et voilée par la perception réduite au sentiment d’appartenance, et au nombrilisme prétentieux, on ne regarde plus les éléments réels qui composent notre société, et beaucoup d’hommes politiques dans l’opposition ont tenu cette position et l’ont renforcé chez les membres de leur parti, cette vision réduite de la situation en Algérie..chacun prétend seul posséder la clé!puisque l’autre pense différemment il ne doit pas exister, et la cohabitation et impossible. une intolérance que seul le pouvoir en a tiré profit jusque là! dans ces dysfonctionnements, prétentieux égoïstes et immatures que beaucoup se sont permis au nom du peuple, entre temps c’est le peuple qui en paye le prix!je ne vois pas la différence entre le pouvoir cramponné sur sa politique et cette philosophie de l’opposition qui ne font que suivre le même chemin!nous devons donc en attendant, attendre non seulement que la génération du pouvoir disparait mais aussi que ces figures de l’opposition obtus aussi disparaissent,si ils campent sur leur position intolérante en pensant, qu’on peut vivre sans l’autre aussi diffèrent qu’il soit!notre réussite ne dépend pas seulement des solutions qu’on peut proposer, mais aussi de l’acceptation de celles des autres, les valeurs les plus simples sont absentes! la tolérance, le partage, la remise en question, l’humilité! comment faire si nous pensons que la cohabitation de ceux qui nous sont différents est impossible!!




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  • liberté
    14 août 2010 at 9 h 13 min - Reply

    @ Adel H,

    Ali Benhadj s’est beaucoup politisé ces derniéres années et je pense qu ‘il pourra se mettre autour d’une table avec le Professeur Lahouari Addi et décider tous les deux ensemble de l’avenir de notre pays.

    J’ai une proposition à faire à Djamel Benchenouf:

    Pourquoi ne pas organiser un débat sur LQA entre Ali Benhadj et le Professeur Lahouari Addi qui sera modéré par vous meme? Ou alors la chaine Al Hiwar organise un débat en dircet entre le cheikh Benhadj et le Professeur Addi pour qu’il puisse etre suivi par des millions de téléspectateurs Algériens.

    Salam




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  • YED FIL YED
    14 août 2010 at 12 h 47 min - Reply

    TOUT LE MONDE IL EST GENTIL

    Addi Louhouari et Ali Belhadj aussi

    Debout les gars, réveillez vous Il va falloir en mettre un coup Il faut tourner la page Aller vers d’autres rivages Ne parlez pas de différences Oubliez toutes vos divergences Réunis en consistoire Partagez tous vos espoirs Il faut décider d’être copains Et marchez main dans la main La victoire est pour demain

    TOUT LE MONDE IL EST GENTIL YOUPI !




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  • YED FIL YED
    14 août 2010 at 12 h 58 min - Reply

    TOUT LE MONDE IL EST GENTIL

    Addi Lahouari et Ali Belhadj aussi

    Debout les gars, réveillez vous

    Il va falloir en mettre un coup

    Il faut tourner la page

    Aller vers d’autre rivages

    Ne parlez pas de différences

    Oublier toutes vos divergences

    Réunis en consistoire

    Partagez tous vos espoirs

    Il faut décider d’être copains

    Et marcher main dans la main

    La victoire est pour demain

    TOUT LE MONDE IL EST GENTIL

    YOUPI !




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  • Larbi
    14 août 2010 at 15 h 18 min - Reply

    J’ai lu hier un article intéressant dans El Watan, il me semble qu’il concerne ce forum, puisqu’il s’agit d’unir les bonnes volontés.

    Extrait : « En Palestine, il est difficile de trouver des citoyens politiquement neutres. Comme une majorité d’entre eux sont des sympathisants du Fatah ou du Hamas, la division entre les deux plus grandes forces de la scène palestinienne a des répercussions destructrices sur les relations sociales. Au mois de Ramadhan, la disharmonie dans le tissu social devient particulièrement évidente. Avant le putsch armé du Hamas, en juin 2007, c’est-à-dire avant que le sang palestinien ne coule dans les rues par des mains palestiniennes, les visites familiales entre voisins et amis s’intensifiaient au cours du mois sacré. Aujourd’hui, quatrième Ramadhan depuis les incidents sanglants de juin 2007 et malgré tous les coups communs reçus, à l’image de l’agression israélienne « plomb durci » de l’hiver 2008-2009, les choses n’ont guère bougé, à l’image de la vie politique. Beaucoup de frères ne se parlent toujours pas. Certains voisins se contentent d’un petit « Essalam alaykoum » pour pouvoir continuer de vivre côte à côte. Il n’est pas rare que des époux refusent de se rendre chez les familles de leur épouse parce qu’ils appartiennent au camp opposé. Dans la bande de Ghaza, le mois sacré du Ramadhan n’arrive malheureusement pas à guérir les blessures profondes des gens. Même s’ils font la prière ensemble dans des mosquées archicombles, « ce qui est dans le cœur est dans le cœur », comme le dit un proverbe palestinien. Les Ramadhan de l’après-juin 2007 ne sont plus les mêmes que ceux d’avant. Que ce soit pour leurs fréquentations, le choix de la mosquée, du mariage, du médecin traitant, et même du choix du lieu de divertissement et de détente, les Ghazaouis sont devenus intransigeants. Ils savent pour la plupart d’entre eux que cette situation est catastrophique pour l’avenir de leur cause nationale, mais il est clair que tant qu’un accord de réconciliation véritable n’a pas été conclu, socialement, les choses n’évolueront guère. Pendant le mois sacré, quand on ne va pas au marché, on se rend… à la mosquée. Le rituel de la prière des taraouihs attire tout le monde : les pères, souvent accompagnés de leurs enfants, comme les femmes, de tous âges – et non plus seulement les « vieilles » comme il y a encore peu. Mais la vie spirituelle a été affectée par la division Fatah-Hamas. Certains fidèles choisissent ainsi d’aller faire leur prière dans des mosquées distantes de plusieurs kilomètres de leur domicile ! Certains imams, dont les prêches sont qualifiés de partisans, poussent même certains fidèles à fuir telle ou telle mosquée, à la recherche d’un discours plus équilibré ou du moins qui se limite aux questions purement religieuses sans aborder la politique. Dans des cas extrêmes, certains fidèles préfèrent prier chez eux. »




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  • Larbi
    14 août 2010 at 15 h 58 min - Reply

    En complément de mon post précédent, je me dois de signaler au lecteur que l’article d’El Watan dont j’ai cité un extrait, porte le titre suivant :

    « Chaque semaine, découvrez le Ramadhan dans un autre pays musulman : Ghaza, même pendant le mois sacré, les Palestiniens restent divisés »

    Par conséquent, c’est dans le cadre des reportages sur Ramadhan El Karim dans les pays musulmans, que cette division de la société ghazaouie a été constatée.

    Je termine par dire que je serais le plus heureux des hommes si ce reportage est démenti et s’il ne s’agit que de ragots. Dans le cas contraire, comment peut-on prétendre réaliser en Algérie ce qu’on n’a pas pu réaliser depuis quatre années dans un pays en guerre et malgré l’agression d’un ennemi cruel et lâche.




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  • radjef said
    14 août 2010 at 17 h 21 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Certains militants de la 25 eme heure, pensent qu’il suffit de dire des âneries qui font plaisir aux maquignons(leurs maitres) qui nous gouvernent pour que nous autres on déserte le terrain…Ali Belhadj est un militant sincère et engagé. Addi Lahouari est un intellectuel de race…Ce forum qui doit regrouper l’opposition aura lieu…On se connait et on sait ce que valent tous ces pseudo militants miliciens et zouaves, ces moines jadis des caids et aujourd’hui de petits caporaux incultes. André Gide a dit ceci: un seul passé ne propose qu’un seul avenir. On connait votre passé et on sait que votre avenir est destiné à la fange de l’histoire.




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  • Alilou
    14 août 2010 at 17 h 58 min - Reply

    Moi je reste ceptique a l’idee de reprendre les anciennes figures sous pretexte qu’il ont compris la lecon.

    A mon avis et je crois que tant qu’il y aura des person avec un passé pareil dans leur dossier, personnellement je n’adhererai jamais a leur doctrine.

    Vu ce que moi j’ai vecu, et ce qui se passe a l’heure actuel de la part des selefistes, je resterai sur mes gardes et je me mefierai d’eux comme de la peste.

    J’espere que vous allez publier mon post car par le passé, j’avais deja donné mon avis sur de AB et vous l’avez jetter, sous pretexte que je comprends.

    Cet homme ne doit representer que lui meme.

    Salutations sinceres.




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  • Alilou
    14 août 2010 at 18 h 48 min - Reply

    Je voudrai rajouter une chose (plus tot un temoignage de ce que mes yeux et mes oreilles ont vu et entendu) et qui restera gravé a tout jamais dans mon coeur en premier et ma memoire en second, tellement j’ai resenti de douleur.

    A peine quelques minutes apres avoir assité en direct au lache assassinat de la figure historique de notre revolutio, un des peres de celle-ci au meme titre que Benmhidi et autres, a ma triste douleur de voir un embleme de notre revolution tombé sous les balles assassines, j’entends dehors des youyou de voisines et un boucon de mehreze et des Allah ouakbar mata taghoute, des kalxons de joie et des discours de rue de la majorité des gens de notre quartier, et ca c’est passé a ALGER.

    Je me suis fais traiter de lache et de traitre a l’islam d’avoir oser dire a ces gens de ma generation ayant grandis ensembles et fait nos etudes ensembles, que si vous saviez qui vient de mourire vous aller pleurer les larmes de vos corps, car moi je venai d’etre le temoin autant que le reste des ALGERIENS, de la chutte du dernier aigle royal, du dernier candor de la revolution. ALLAH YARAHMOU et les autres moudjahidines.

    Alors ne me bassiner pas avec evolution politique, des personnes sont responsables de ca, de ce que j’ai vu, le resultat des preches enflammés.

    I am sorry but the truth hurts.

    A Mohammed Boudiaf, j’ai pleurer pour vous…
    Ceci est mon temoignage.




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  • kouder
    15 août 2010 at 13 h 16 min - Reply

    Soyez réalistes, vous n’êtes même pas en mesure de vous constituer en un simple comité de quartier pour défendre votre cadre de vie, et vous prétendez vous unir pour renverser le régime.
    Au fait, comment comptez-vous fédérer les gens de Tlemcen avec ceux de Tebessa, ceux de Oued-Souf avec ceux de Tiaret, ceux de Ghardaia avec ceux de Metlili, ceux de Batna avec ceux de Bechar, les gens de Kabylie avec tout le reste, les Berbéristes avec les arabophones, les laiques avec les islamistes, les francophones avec les baathistes et que sais-je encore…? c’est dire qu’il y’a autant de régions et de groupes d’intérêts que de vision et de projets.

    Une union ne peut se réaliser qu’autour de valeurs communes partagées par la majorité. Or, le seul dénominateur commun aux Algériens c’est l’affairisme et la culture du Bazar. Dans ce cas, il faudrait lancer un appel dans ce sens et dire : Bazaristes de toute l’Algérie, unissez-vous.
    De plus quel est le rapport entre Lahouari Addi, qui est professeur universitaire, chercheur, progressiste, humaniste et qui nourrit des ambitions nobles pour son pays, avec Ali Benhadj, un illuminé et un obscurantiste notoire dont la seule ambition, est d’atteindre le pouvoir par n’importe quel moyen, pour plonger le pays dans les ténèbres de leur jahiliya ?
    Messieurs, en tant que citoyen de ce Pays, je voudrais tant partager vos souhaits et vos espérances en la matière. Sauf que la réalité est tellement complexe que de simples vœux ou même de prières, aussi sincères, soient-ils ne peuvent suffire.

    Tenant compte de l’histoire du mouvement nationaliste Algérien, des péripéties de la guerre de libération, des luttes fratricides à l’indépendance du pays et du choix du mode de gouvernance actuel en vigueur depuis 1962, aucun changement ne peut avoir lieu sans l’implication de l’institution militaire dans tous ses segments.
    Quoi qu’on pense de cette institution, en bien ou en mal, l’histoire s’en chargera. Mais il n’en demeure pas moins qu’elle est la seule à détenir la clé de voute pour ne pas dire plus.

    C’est le cas de certains pays qui sont passés par cette étape, tels que l’Espagne, le Portugal, la Grèce…

    Je précise que certains disent ne pas faire l’amalgame entre les institutions de l’état et les dirigeants qui sont à leurs têtes. Soit, mais encore faut-il le signifier de manière claire et précise à ceux qui s’en prennent, sans distinction aucune, à de simples soldats,policiers et autres citoyens.

    Le siècle passé était marqué par l’activisme de plusieurs mouvements de guérilla et insurrectionnels à l’image de l’ETA en grande bretagne,de la bande à Bader en ex-RFA, des brigades rouges en Italie, du mouvement basque espagnol ou de celui des corses en France. A quelques exceptions près, rarement ou ces mouvements ont pris pour cible les populations civiles et des personnes innocentes.
    Par contre, jamais de mémoire d’homme, on n’a assisté à une barbarie telle que celle pratiquée par le mouvement insurrectionnel islamiste Algérien dont on veut présenter sa façade politique comme une alternative pour le salut de l’Algérie.

    Il ne faut pas jouer au riche quand on n’a pas le sou, disait Jaques Brel.
    Il ne faut pas non plus se mesurer à plus fort que soit si on n’a pas les moyens de sa politique. Vivement la fin de la crise. Fraternellement.




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  • tacili
    15 août 2010 at 16 h 51 min - Reply

    @ Kouder

    Si tu veux débattre sereinement ne faut-il pas éviter la condescendance qui empreinte ton style, du genre : « vous n’êtes même pas en mesure de vous constituer en un simple comité de quartier pour défendre votre cadre de vie, et vous prétendez vous unir pour renverser le régime »

    Qui es-tu pour lancer des jugements comme ça dans l’air comme si t’était un super-algérien au dessus de tout soupçon. tu peux au moins t’inclure dans la mêlée avec nous.

    Passons maintenant au coeur de ton argumentaire : l’incontournable association de l’institution militaire a tout processus de sortie de crise.

    1. Quand l’armée est critiquée ce sont essentiellement les cadres de cette institutions et a leur tête le DRS qui sont vises et a un degré moindre tout militaire de n’importe quel rang qui use et abuse du diktat de l’armée.

    2. Il faut poser la question aux militaires s’ils veulent vraiment être partie de la solution. Ce sont eux qui restent en marge ou plutôt au dessus des politiques. l’opposition réelle a toujours fait d’un accord avec l’armée une nécessité historique pour sortir de l’impasse mais a condition: pas de chèque a blanc et pas d’impunité pour les criminels. Si l’armée veut faire son examen de conscience alors nous sommes la bras ouverts pour une accolade mais si les Généraux ne reconnaissent pas leur pat e responsabilité alors rien ne bougera.

    3. Tu devrais sincèrement réviser tes positions quant a la responsabilité exclusive des islamistes dans les assassinat collectifs. L’armée est autant responsable sinon plus. Je pense que le travail d’investigation de plusieurs ONG et autres indépendantes institutions et les témoignages innombrables d’ex-militaires ne laissent plus aucune ombre planer sur la responsabilité de l’armée.

    4. Tu dis « Il ne faut pas non plus se mesurer à plus fort que soit si on n’a pas les moyens de sa politique »
    si les 22 Héros qui ont déclenché la révolution de 54 t’ont écouté nous serions toujours entrain de chanter la marseillaise chaque matin. Ta réflexion n’a pas de place dans ce débat.

    Merci




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  • kouder
    15 août 2010 at 19 h 53 min - Reply

    A tacili.

    J’ai réfléchi avant de me décider de te répondre parce qu’en fait je n’aime pas trop les polémiques stériles.
    D’abord, je ne suis pas un super Algérien et pour autant, je n’ai pas à m’inclure dans ta mêlée pour la bonne et simple raison que je ne me reconnais nullement dans les idées romantiques véhiculées ça et là par tes semblables.

    Je te fais savoir qu’avec tes propos déplacés, tu n’est pas le mieux indiqué pour parler de sérénité.

    Ainsi donc, tu décrètes que ma réflexion n’a pas de place dans ce débat. Non seulement tu manques de sérénité mais encore tu fais preuve d’une intolérance exécrable.

    Pour terminer, tu prends comme exemple les 22 héros à l’origine du déclenchement de la guerre d’Algérie.
    Encore une fois, au risque d’être plus condescendant et de titiller ta sensibilité, je t’invite à constituer un groupe de 22 pour libérer le pays. Sauf que, avec tes semblables, je crains qu’on puisse plus chanter Kassaman.




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  • samir
    15 août 2010 at 20 h 10 min - Reply

    une question reste en suspens:en supposant que cette union puisse un jour voir le jour,quelle serait son plan d’action?s’il faut en revenir au scrutin des urnes,alors c’est vraiment de la perte de temps car la nature même du régime ne l’acceptera pas.ce serait sa fin.si on pense que la communauté internationale viendrait en aide aux algeriens qui s’exprimeraient « démocratiquement » c’est être dupe car trop d’interets sont en jeu et la realpolitik est là pour nous le rappeler.reste une derniere alternative:provoquer une révolution populaire.LA question serait alors,quel rôle l’anp jouera t elle,car l’histoire prouve qu’aucun sursaut populaire ne réussit s’il n’y a pas soutient de l’armée,à la limite sa neutralité.je reste sceptique quant à cette solution d’un front uni sans la participation d’une frange de l’anp.




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  • tacili
    15 août 2010 at 21 h 29 min - Reply

    @ Kouder,

    Alors t’es ici pour distiller un peu de réalisme a nous autres simples idéalistes qui veulent s’en prendre a plus forts qu’eux.

    Tu ne connais rien au romantisme en politique c’est une dimension a laquelle tu ne peux y accéder. Tu devrais lire cher « compatriote au dessus de la mêlée ».

    C’est ma dernière réaction a tes commentaires.. alors je ne finirai pas sans faire parler Ghandi :

    « When I despair, I remember that all through history the ways of truth and love have always won. There have been tyrants, and murderers, and for a time they can seem invincible, but in the end they always fall. Think of it–always »

    Merci




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  • radjef said
    15 août 2010 at 23 h 09 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Samraoui, Addi Lahouari, Sidhoum, S Khelil, Zenati, Ali Belhadj, Mehri, Hocine Ait Ahmed, Tabou, Z Azouz, Haroun, Dehbi…La liste de militants sinceres est vraiment longue. Finalement, on compte plus de militants sinceres que de militaires, de miliciens, de zouaves et de chaouchs. On peut nous rassembler, car les choses qui nous unissent sont plus fortes que celles qui nous divisent. L’opposition peut se rassembler et marcher comme un seul homme sur Alger. On peut le faire; il suffit de regarder ce qui s’est passé dans les pays de l’Est, a l’instar de l’Ukraine…Voila, je suis tres romantique…




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  • Nordine
    16 août 2010 at 13 h 37 min - Reply

    @Mr Radjef,

    Vous avez raison d’être romantique!!
    Une petite question cependant. Ces hommes et femmes qui figures sur cette liste de militants sincères, se rencontrent-ils? Se sont-il déjà rencontrés?
    Sont-ils en phase avec l’appel du 19 mars? Existe-t-il une stratégie commune qui les réunisse dans un front du style San Edigio?
    Nous sommes beaucoup d’algériens de l’étranger à avoir perdus le fil des choses. Nous connaissons tous ces patriotes mais une question nous hante: pourquoi ne sont-ils pas tous unis explicitement dans un front commun démocratique pour l’intérêt supérieur du pays?
    Est-ce un problème d’égos, de logistique, de calculs politiques, de « blocage idéologique »…
    Est-ce que le FIS et le FFS qui représentent au moins les 3 quarts des algériens peuvent s’accorder sur un minimum démocratique en ce qui concerne les choses qui nous divisent(les langues et la religion).
    Quelles sont les relations entre Ait Hamed et Belhaj?
    Pourriez vous SVP , à l’occasion, nous faire « un état des lieux » de l’opposition réelle?
    Par avance merci à LQA




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  • SAID
    16 août 2010 at 16 h 56 min - Reply

    je ne vois vraiment pas ou est la similitude entre ADDI LAHOUARI (sociologue) et Ali BENHADJ (imam qui a toujours déclaré qu’il n’y a de constitution que le coran et que la démocratie est KOFR dans un pays musulmans).
    A ce jour je n’ai jamais entendu une autre position de ALI BENHADJ : Dites-lui de venir s’exprimer et donner son avis, comme le fait ANOUAR HEDDAM sur LQA.
    Peut etre qu’il reussira à nous convaincre qu’il est un grand démocrate. merci.




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  • Adel
    16 août 2010 at 17 h 09 min - Reply

    @kouder

    Bonjour,

    Dans tous les pays arabes, les mouvements et partis politiques qui ont pour mot d’ordre «الإسلام هو الحلّ» (l’islam est la solution) gagnent du terrain (regardez ce qui s’est passé en Palestine) et ont le soutien d’une grande partie de la population.

    C’est une force politique incontournable.

    On peut (comme moi) ne pas adhérer à leur programme politique, mais on ne peut leur dénier le droit de briguer les suffrages et de gouverner, s’ils obtiennent la majorité.

    Dans notre pays, le pouvoir en place refuse, malgré son retentissant échec, de céder la place et d’organiser des élections honnêtes. La seule alternative est de créer un vaste mouvement populaire qui le poussera dehors.

    Ce vaste mouvement pourra-t-il être créé et sera-t-il crédible s’il exclut les anciens militants et sympathisants du FIS? Je me permets d’en douter. Rien n’interdit, à mon sens, que les vrais patriotes, quelque soit leur affiliation politique, s’unissent pour chasser le pouvoir actuel, à partir du moment où ils s’entendent sur un minimum de principes. J’ose espérer que tous les leaders politiques de l’opposition réelle ont tiré les leçons des 18 années passées…

    Les vrais démocrates ne doivent pas avoir peur du choix du peuple. Tout porte à croire, cependant, qu’en l’état actuel des choses, un gouvernement à majorité islamiste est inévitable, car l’échec du pouvoir est aussi, par ricochet, celui du camp démocrate (c’est l’échec de la solution moderniste imposée, socialiste puis libérale). Ce qui adviendra après dépendra des résultats de ce gouvernement et de la combativité des démocrates et leur présence sur le terrain. Si le gouvernement islamiste réussit à redresser la situation et à redonner confiance au peuple algérien, qui s’en plaindrait? S’il échoue, le peuple le sanctionnera inévitablement en votant pour les adversaires des islamistes aux prochaines élections.

    Si l’armée – assainie, bien entendu – joue le rôle d’arbitre et veille au respect de la Constitution, où est le problème? La situation pourrait-elle être pire que celle que nous connaissons présentement?

    PS: les termes islamiste et démocrate ne sont utilisés ici que pour désigner les deux principaux camps en présence, celui qui préconise l’application de la chari’aa et celui qui milite pour un régime parlementaire classique, sans référence à la religion.

    صحّ فطورك




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  • Mohamed Jabara
    16 août 2010 at 19 h 56 min - Reply

    @Adel.
    Bonjour.

    Juste un petit point de vue. Dans une démocratie, ce n’est pas à l’armée de veiller au respect de la constitution mais aux représentants élus des institutions chargées par celle-ci de coommander à l’armée qui n’a qu’un rôle exécutoire aux mains des civils.

    Saha ftourek.




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  • Adel
    16 août 2010 at 22 h 17 min - Reply

    @Mohammed Jabara

    Bonsoir,

    C’est vrai. Mais il ne faut pas oublier que la raison principale invoquée par certains partis pour annuler les élections de 91 était que le FIS une fois au pouvoir n’accepterait pas l’alternance et éliminerait les opposants.

    Une armée attachée aux valeurs républicaines peut, dans un premier temps, servir de garant des règles du jeu démocratique. Si tout le monde joue le jeu, il n’y aura aucun problème et une fois que la culture démocratique sera implantée, la situation évoluera.

    D’autre part, même dans le régime le plus démocratique, l’armée peut prendre le pouvoir par la force. L’enracinement des valeurs démocratiques au sein de l’armée se fera progressivement. Une nouvelle culture se mettra en place dans la société.

    Ce ne sont pas les lois écrites qui peuvent garantir quoi que ce soit. Seuls le désir et la volonté des hommes et des femmes de ce pays de vivre ensemble en paix et d’édifier une nation prospère pourront vaincre l’égoïsme et la haine.

    Il me semble qu’une étape de transition est nécessaire. L’exemple turc illustre bien ce fait. Les hommes politiques des deux camps ennemis font progressivement l’apprentissage de la cohabitation.

    Amicalement




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  • Mohamed Jabara
    16 août 2010 at 23 h 34 min - Reply

    Mon cher Adel.

    Bonsoir et Saha ftourek.

    Tout pouvoir quel qu’il soit a tendance à avoir la volonté de s’élargir. Donner à l’armée cette capacité est dangereux à mon avis. Ce qu’il nous faut dans notre pays c’est une révolution. De faire table rase de notre culture du pouvoir tel qu’il a existé et s’est manifesté depuis le déclenchement de la révolution de novembre. Faire en sorte que tout le monde sente que tout a changé et qu’il est impossible de retourner vers les anciennes pratiques.

    L’armée doit aussi ressentir ce changement. On ne peut donner du pouvoir à quelqu’un et lui dire ne t’en sers qu’en cas de nécessité, il aura tendance à voir la nécessité partout s’exprimer et lui donner les causes de l’action.

    Quand on parle de l’armée, en fait on ne parle pas de l’instrument en lui même, c’est à dire la base de l’institution militaire, mais seulement de la coiffe qui le dirige et celle ci est dans tous les pays choisie avec soin pour se tenir loin de toutes luttes politiques.

    Puisque tu cites la Turquie, ce qui récemment a permis de déjouer un coup d’Etat là bas fomenté par des généraux en retraite, il me semble que sous la coiffe une élite de technocrates à découvert le pot aux roses et à éventé la chose. C’est sa configuration qui détermine l’efficacité du système. Quant il est bien configuré, un système possède de hautes performances.




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  • Bladi
    17 août 2010 at 3 h 16 min - Reply

    @Kouder Vos arguments et votre analyse suggérant une impossibilité de réaliser une union entre Algériens ont été réfutés aux années 40 quant nous ainées ont démontrés qu’il suffisait juste d’y croire. En fait les Algériens de 2010 en majorité marginalisés par ce régime criminel ont beaucoup plus en communs que vous prétendez : Injustice, absence de liberté, insécurité, mépris, impunité, hogra, faim, soif, humiliation, torture, trahison, crimes d’état mais plus important ils partagent aussi le/la même : courage, fierté, orgueil, gloire, histoire, héros et bien sûre ennemis.
    Certains ennemis de ce peuple essaient de le déchirer sur les lignes de la langue, la religion, la culture, la région mais ce qu’ils ignorent et que c’est ces mêmes composantes qui font de L’Algérien ce qui il est.




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  • Bladi
    17 août 2010 at 3 h 19 min - Reply

    @Alilou : Ou bien vous mettez la tête dans le sable ou alors vous vivez sur une autre planète. Qui a tué Boudiaf????????????????????????




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  • liberté
    17 août 2010 at 8 h 58 min - Reply

    @ Adel,

    à propos d’alternance politique en Algérie,je te signale que le FIS avait signé et adopté lors du contrat de Rome le respect des droits de l’homme et de l’alternance politique.Je ne vois pas ou est le probléme,je dirai que c’est l’armée et à sa tete le DRS qui refuse toute alternance politique en assassinant intellectuels,journalistes,civils,étrangers,policiers etc……

    Cordialement




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  • Adel
    17 août 2010 at 17 h 14 min - Reply

    @liberté

    Tout à fait d’accord avec vous.

    La question qui se pose est cependant la suivante:

    Pourquoi tous les patriotes qui sont pour un changement radical de système (notre ami Radjef Saïd en a cité quelques uns) n’arrivent-ils pas à coordonner leur efforts afin d’initier un vaste mouvement populaire?

    Il y a beaucoup de questions qui doivent être abordées en toute franchise afin de clarifier les positions des uns et des autres.

    @Mohamed Jabara

    Je suis tout à fait d’accord avec toi en théorie. Mais nous vivons une situation de blocage et le plus difficile est d’amorcer le changement.

    S’il y a une révolution et si cette dernière réussit, le problème ne se posera plus, car le groupe (ou le parti) qui mènera cette révolution s’imposera de fait aux autres forces. C’est ce qui s’est passé en novembre 54.

    Janvier 92, par contre, est une révolution qui a échoué car les dirigeants du FIS n’ont pas été en mesure de la mener jusqu’au bout, par manque de clairvoyance.

    Précisons qu’une révolution est une rupture radicale avec l’ordre existant pour le remplacer par un autre complètement différent. De ce point de vue-là, il n’y a pas de bonne et de mauvaise révolution (ceci pour répondre à ceux qui seraient tentés de me dire que la prise du pouvoir par le FIS n’aurait pas constitué une révolution mais une régression)

    Cordialement




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  • kouder
    17 août 2010 at 17 h 52 min - Reply

    @ Adel
    Salutations,

    Je n’ai pas résisté à la tentation de réagir à ta réflexion. Ainsi donc, pour toi l’islam est la solution sous prétexte que les mouvements politiques dans le monde arabe prônent cette alternative, qui au demeurant, bénéficie du soutien populaire. Je ne partage pas ton point de vue pour les raisons suivantes.

    – D’abord, faute d’études crédibles,objectives et de sondages fiables, on ne sait pas avec exactitude si ce que tu avances est vrai.

    – Plusieurs pays arabes, tels que la Syrie et l’Irak fonctionnent, du moins officiellement, selon le modèle laïque. L’Algérie n’est pas tout à fait loin de ce cas de figure.

    – L’espace géographique regroupant l’ensemble des pays arabes est tellement vaste qu’il se trouve partagé entre les continents Africain et Asiatique.
    Au point que les populations des pays du golf se sentent plus proches, culturellement, du sous continent indien que des populations d’Afrique du nord qui elles, par contre, le sont par rapport à l’Europe du sud. C’est des évidences qu’on ne peut nier. N’oublions pas que le Royaume du Maroc est distant de seulement de 15 Km des rivages Espagnoles, et Idem pour la Tunisie dont seulement 80 Km la sépare des côtes Italiennes. Dans les années 80, un haut responsable du FLN disait que dès qu’une mode apparait en Europe la Matinée, que l’après-midi, elle prenait ses quartiers en Algérie. C’est dire que l’Europe du sud est un voisin naturel.
    Dans cet ordre d’idées, je ne vois pas non plus beaucoup de similitude entre, d’une part , les peuples syriens et libanais, issus d’une grande civilisation et non moins descendant des phéniciens, et d’autre par, les peuples des pays du golf qui sont à l’origine de culture bédouine et totalement ignorants (Djahline) avant l’avènement de l’islam.

    – Excepté l’Algérie, le cas de la Palestine n’étant pas un exemple approprié, aucun autre pays arabe n’a officiellement procédé à l’agrément d’un parti d’obédience religieuse (islamiste). Dès lors, on ne peut connaitre les tendances qui sous tendent la sociologie politique de ces pays.

    – En l’absence de toutes les conditions idoines pour choisir librement ses représentants,peut-on accorder un quelconque crédit au soutien des populations de la majorité des pays arabes, sachant qu’elles sont confinées dans leur ignorance de la chose politique, de la culture démocratique, et ne maîtrisant pas du tout leur destin?

    – Globalement, les pays arabes ne sont pas du tout une référence ni, d’ailleurs, en matière du spirituel
    et encore moins du temporel,spécialement, dans un domaine aussi sensible que la politique. Alors prenons garde et soyons raisonnables.

    – Opter pour l’islam comme solution, c’est nier et rejeter les idéaux pour lesquels se sont sacrifiés nos martyrs de la liberté durant notre glorieuse révolution.
    L’objectif assigné à celle-ci était d’instaurer une république Algérienne Démocratique et Social, où puissent coexister, en bonne intelligence, tous les dignes fils de ce pays, y compris ceux de confession non musulmane.

    – Est-il nécessaire de rappeler que ces mêmes idéaux excluaient de fait et sans concessions l’idée d’une Algérie théocratique, monarchique et communiste. Qu’elle ne devait non plus être inféodée ni à Moscou,ni à Washington,ni à Londres et encore moins au Caire.
    Que les choses soient claires une bonne fois pour toute. L’Algérie sera Algérienne ou ne sera pas.

    – De plus, la constitution Algérienne interdit formellement l’existence d’un parti politique à caractère religieux.

    La solution à nos problèmes est en nous, c.a.d qu’on doit puiser de nos valeurs ancestrales, de notre histoire millénaire, et si je puis dire, de notre sociologie propre.

    Tu dis : l’échec du pouvoir est, par ricochet celui du camp démocrate ( échec de la solution moderniste imposée, socialiste puis libérale)

    Le pouvoir en Algérie n’ayant jamais fonctionné de manière démocratique, comment oses tu considérer son échec comme étant celui de la démocratie?
    De plus, en quoi le socialisme et le libéralisme qui sont, avant tout et particulièrement,des options économiques ont-ils un lien direct avec le modernisme qui est un mode et un choix de vie. Les ex-pays du bloc communiste ainsi que l’Algérie socialiste étaient-ils modernistes? L’Algérie actuellement, ayant opté pour le libéralisme économique, dans sa version bazariste et donc islamiste, est-elle pour autant moderniste? ne confondant pas les genres.

    Préconiser qu’on fasse de notre pays un laboratoire de plus pour expérimenter la solution islamique, c’est faire preuve d’une très courte vue d’esprit et d’un déficit criard en matière de patriotisme.

    tu dis: créer un vaste mouvement populaire pour pousser dehors le pouvoir en place.

    Le pouvoir en place est constitué d’Algériens comme toi et moi, même si on chuchote qu’il est agrémenté, par-ci par-là, par quelques marocains, maalich, ce sont nos frères. Bref, c’est pour dire que le changement nécessite l’adhésion de toutes les forces vives du pays, et, que l’institution militaire dans tous ses segments doit être à l’avant-garde et pourquoi pas l’instigatrice de ce changement tant espéré.

    Tu dis qu’il ne faut pas exclure le fis …

    Le fis s’est exclu lui même, parce que manquant de maturité politique au point de se faire piégé, comme un rat, et de manière intelligente et avec tact par le pouvoir. En politique les erreurs se paient cash et tout le reste ce n’est que du bavardage stérile.

    Tu dis que les vrais démocrates ne doivent pas avoir peur du choix du peuple.

    Pour le moment on ne sait pas encore qui est réellement démocrate,par contre on sait que les islamistes fondamentalistes ne le sont pas, puisque c’est eux mêmes qui l’ont reconnu et le revendique. Pour les autres, libre à tout un chacun de s’autoproclamer démocrate.

    Tu dis :tout porte à croire qu’en l’état actuel des choses, un gouvernement à majorité islamiste est inévitable.
    Le gouvernement actuel est, au minimum, dans ses 2/3 islamiste. La preuve par l’Iranien Belkhadem, et le pourvoyeur en effectif des camps d’entrainement des terroristes et non moins exorciste, ABOU el- GUERRA soltani.

    Un gouvernement islamiste en Algérie comme tu le souhaites et le préconises réussira non pas à redresser la situation, mais à essayer de dépasser la performance du régime des mollahs d’IRAN en matière de pendaisons des opposants.
    Les parlementaires des deux chambres (APN/sénat) pourraient fort bien déménager au stade du 5 juillet qui ne serait, dès lors,plus utilisé pour de simples joutes footballistiques.

    Tu te contredis. D’une part tu suggères de chasser le pouvoir dont il est dit qu’il est incarné par l’Armée et quelques paragraphes plus loin tu espères que cette même armée joue le rôle d’arbitre en veillant au respect de la constitution.

    tu te rends compte par toi même que rien ne peut se faire sans l’implication et l’adhésion de cette armée qui demeure, quoi qu’on pense d’elle, notre armée à tous.
    Saha ftourkoum.




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  • Adel
    17 août 2010 at 19 h 32 min - Reply

    @kouder,

    Bonjour,

    Je tiens d’abord à dire clairement que je ne suis pas un sympathisant du FIS et que je ne dis pas que l’islam est la solution.

    Je dis que ceux qui pensent que l’islam est la solution ont le droit de briguer les suffrages populaires et de gouverner, s’ils obtiennent la majorité. Pour moi, c’est cela le pluralisme.

    Que le FIS au pouvoir réussisse ou échoue, personne ne peut le dire à l’avance.

    Les islamistes qui collaborent avec le pouvoir en place aujourd’hui ont adopté une autre stratégie. Ils ont peut-être leurs raisons.

    Je dis que la présence des islamistes dans la société algérienne est une réalité incontournable et plus vite nous accepterons cette réalité, plus claire et plus sereine sera notre vision de l’avenir de notre pays. Ton problème, justement, c’est que tu refuses de sortir de ton repère. Admettre le FIS fait partie pour toi de l’impensable (comme l’est pour la plupart des musulmans le fait d’admettre la possibilité que les autres religions soient porteuses de vérité). Pour admettre l’autre, il faut sortir de soi.

    Pour ce qui est du rôle de l’armée, je considère qu’une armée assainie pourrait servir à tranquilliser les «démocrates» qui ont peur du FIS. Si ces derniers arrivent à surmonter leur phobie, alors l’armée n’aura aucun rôle à jouer. En d’autres termes, je souhaiterais que l’armée opère un repli et laisse les forces politiques s’affronter pacifiquement. Si la situation dégénère, elle pourra toujours reprendre le contrôle de la situation et dire que nous ne sommes pas mûrs pour la démocratie. Selon moi, l’armée algérienne d’aujourd’hui n’est pas en mesure d’initier le changement. Elle est trop gangrenée. Elle peut cependant reculer, sous la pression populaire.

    En d’autres termes, je dis aux démocrates anti-FIS (dont tu sembles faire partie): acceptez de jouer le jeu de la démocratie tout en gardant l’armée à portée de main. Cela me semble constituer un progrès et une ouverture par rapport à la situation de blocage que nous connaissons actuellement.

    Pour ce qui est de l’échec des démocrates, il me semble aller de soi. Le projet moderniste initié par le Congrès de la Soummam a été dévoyé par le pouvoir dictatorial qui s’est installé à la tête du pays en 62. Les démocrates étaient partie prenante de ce projet bien qu’ils n’aient pas toujours été d’accord sur les moyens utilisés pour le mettre en œuvre. A partir des années 80, ce projet a commencé à être rejeté par les couches les plus défavorisées (qui ont été larguées par le pouvoir) au profit du projet islamiste. Les démocrates se sont retrouvés face à ce mouvement de contestation. Ils n’ont pas été en mesure de proposer une alternative crédible.

    Cordialement




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  • Kouder
    18 août 2010 at 10 h 59 min - Reply

    @Adel

    Bonjour,

    Cela a le mérite d’être plus clair. Je ne suis pas loin quant à l’idée de partager votre point de vue.

    Effectivement, pour peu que l’institution militaire adopte, véritablement, une position de neutralité et qu’elle garantisse la stabilité du pays ainsi que le respect des lois de la république. Les acteurs politiques de tout bord peuvent alors rentrer dans la l’arène.

    Cordialement.




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  • SAID
    19 août 2010 at 22 h 19 min - Reply

    mais regardez ce qui se passe en Palestine entre le fatah et le hamas : c’est ça la démocratie arabe ?
    Pourquoi les dirigeants du fis n’assument-ils pas leurs déclarations antidemocratiques pronées haut et fort ? Si les islamistes acceptent le jeu de la démocratie et ne nous imposent pas la chariaa à l’iranienne ou à l’afghane, moi je dis mrahba !
    est-ce que Ali Benhadj acceptera la proposition ? J’en doute.




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  • Congrès du Changement Démocratique