Édition du
26 July 2017

De l’Algérie des clans à l’État de droit, le changement est en route

Par Zehira Houfani-Berfas

Prélude :

Trouvé dans le mémento de la tragédie algérienne «  Algéria-watch »

La presse au coeur de la crise algerienne
Grève des journalistes en solidarité avec les titres suspendus.

Florence Aubenas, Libération, mercredi 28 octobre 1998

«On ne peut plus faire passer le plat du terrorisme pour seule nourriture. C’est dans ce contexte que les affaires sont sorties.» Farid Alilat, du «Matin»
En Algérie, pour les visiteurs étrangers, la tradition veut qu’on ne lise pas les journaux: on les «visite». «A Paris, on va voir la tour Eiffel. Chez nous, on va voir la presse», plaisante un des rédacteurs en chef. Depuis des années, chaque délégation étrangère ou visiteur de marque à Alger n’a pas pu échapper dans son programme officiel à une «table ronde avec les journaux indépendants d’Algérie», vantés par les autorités comme «la seule presse libre du monde arabe». Un directeur de quotidien compte sur ses doigts. «On a vu les Canadiens, les Européens, l’ONU, Cohn-Bendit, Bernard-Henri Lévy…» Puis, parodiant un enfant qui réciterait une fable, le directeur ânonne: «Devant tous les visiteurs, on chante le même couplet: le terrorisme c’est dur, nous sommes des victimes, la profession a compté 60 morts. De l’autre côté, le pouvoir aussi nous censure. Nous sommes entre le marteau et l’enclume.» Il s’arrête, lève l’index. «Mais toujours, nous terminons l’exposé en expliquant que, pourtant, nous avons une forme d’expression malgré le conflit, témoignant d’une vraie démocratie naissante.» Et il éclate de rire. Son journal n’est plus imprimé depuis deux semaines, signe de protestation contre ces mêmes autorités. «Nous avons été congédiés comme des domestiques.»

Mardi soir pourtant, les directeurs de presse ont mis une fois de plus leur cravate pour rencontrer Bernard Stasi et Georges Morin, élus français en visite à Alger. Mais aujourd’hui, les mots ne sont plus tout à fait les mêmes dans la crise que traverse l’Algérie depuis l’annonce de la démission du président Zéroual, puis le départ d’un ministre et de son principal conseiller après une vague de scandales publiés dans la presse. Dans la foulée, deux titres ont été suspendus, tandis que 5 autres ont arrêté de paraître depuis quinze jours par solidarité, relayés par une grève générale des journalistes hier.

Outourdet Abrous, du quotidien Liberté, a le verbe las. «La presse était la seule chose que les autorités pouvaient brandir pour parler d’ouverture. Nous avons accepté tacitement, pendant longtemps, d’être leurs ambassadeurs. Au lieu de rapporter des informations, nous faisions des commentaires, de la politique. Depuis ces affaires, nous n’avons plus aucun contact avec le pouvoir. Pour la première fois, on ne voit pas dans quel sens tout cela va.» Muets, les journaux n’ont pourtant jamais été aussi éloquents. Les voilà devenus le révélateur de tout le système algérien. Et à travers la revue d’une presse qui ne paraît plus, c’est huit ans de pouvoir qu’on commence à déballer avec ses luttes claniques, ses ombres chinoises sur fond de massacre.


Petite remarque : Il s’agissait ici de la succession du président Zeroual. Si le joker a changé, les joueurs d’ombres chinoises sont toujours les mêmes. Z.H.B.*

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De l’Algérie des clans à l’État de droit,  le changement est en route
Par Zehira HOUFANI-BERFAS

Le moins que l’on puisse dire, en lisant l’article ci-dessus qui date de 14 ans et en faisant le lien avec la cabale de cette semaine contre le colonel Samraoui, c’est que les leçons du drame algérien n’ont pas été tirées par la presse et que l’on verse encore dans le remake de la manipulation, de la haine et la division du peuple dans la perspective de brouiller les pistes et ne pas rendre des comptes.

Personnellement, je viens d’apprendre que j’appartiens à un groupe intégristes et que j’écris dans un journal intégriste LQA. C’est d’autant fabuleux (divagation?) et ridicule que tout en n’ayant rien d’une islamiste, encore moins intégriste d’aucune tendance, je m’y sente tout à fait bien et surtout si Algérienne sur ce site. Je ne veux aucune autre étiquette que celle-ci Algérienne à l’image de cette terre qui a porté mon authentique peuple de génération en génération. Il est vrai que sur site :

–          on ne caresse aucun clan du pouvoir dans le sens du poil,

–          on ne fait pas la promotion des valeurs occidentales incarnées par les zélés de la « francopholie » nationale,  aux détriments de celles de leurs communautés, jusqu’à endosser l’islamophobie internationale mise au point par le génie occidental,

–          on n’est pas sponsorisé par les grands pourvoyeurs de fonds ou de « crédibilité » qui ont pignon sur rue dans les capitales occidentales ou tout simplement dans les officines de leurs ambassades à Alger,

–          on ne jouit pas de la sympathie de l’internationale sioniste, partie prenante dans la tragédie algérienne et bien d’autres dans le monde, à travers ses agents qui infestent l’appareil de l’état,

–          enfin, je trouve sur LQA des plumes algériennes au service de la dignité de leur peuple et des valeurs universelles, qu’aucun clan n’a préservées. Je n’ai même pas besoin d’en citer les auteurs, ils sont devenus par leur engagement et leur intégrité, les étendards du combat contre le pouvoir et pour l’avènement de l’état de droit en Algérie. C’est pourquoi, cet acharnement incessant à les réduire au silence par toutes sortes de combines, dont la dernière contre le colonel Samraoui est édifiante pour les faiseurs de la lutte des clans.

Les dernières révélations de Moulaï Karim sur les forfaitures de ce même pouvoir et de ses relais médiatiques et autres n’ont fait que conforter LQA dans sa démarche du rassemblement pour le changement démocratique, prélude à cette Algérie enfin libre et prospère. Ce témoin et acteurs de la tragédie (quelles que puissent êtres ses raisons, il reste précieux) permettra au peuple Algérien de savoir dans le détail la nature épouvantable de ceux qui le gouvernent. Et en ce qui me concerne, le travail de LQA me conforte dans ma décision de soutenir ce groupe d’Algériennes et d’Algériens que je ne soupçonne que d’une chose : vouloir soustraire l’Algérie à ses bourreaux et permettre à son peuple de renouer avec la mère de toutes les fiertés, à savoir la dignité.


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6 Commentaires sur cet article

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  • Adel
    14 août 2010 at 22 h 22 min - Reply

    Dire que LQA est un site intégriste, c’est faire preuve d’ignorance ou de mauvaise foi.

    Depuis bientôt une année que je le fréquente, j’y ai toujours trouvé un large spectre d’opinions, qui s’affrontent souvent de manière assez rude. Il y a cependant eu un effort remarquable en vue d’instaurer une relative sérénité dans les débats et de limiter les invectives et insultes.

    LQA est un lieu d’exercice et d’apprentissage de la démocratie, qui veut que toutes les opinions s’expriment et qui privilégie l’écoute et l’échange sur le rejet systématique de tout avis contraire.

    Je ne lis pas lematin.dz comme je ne lis pas ce qui s’écrit sur les sites où on est entre membres de la même chapelle, où on prêche à des convaincus et où tout individu qui donne un avis contraire est violemment pris à partie. Je suis convaincu que l’avenir appartient à ceux qui sont capables de dépasser les anciens clivages et d’ouvrir de nouvelles voies. Je suis convaincu que le monde musulman avance, parfois dans de douloureuses convulsions, et élabore lentement une nouvelle synthèse entre la tradition et la réalité du monde moderne qui nous impose un défi incontournable: s’adapter ou rester indéfiniment à la traîne. Tous les intellectuels des pays musulmans se doivent de participer à cette dynamique de changement et à l’élaboration de cette synthèse.

    Ceux qui font lematin.dz préfèrent entretenir les anciens clivages plutôt que d’essayer de les dépasser. Mais notre pays est dans l’impasse et nous devons explorer toutes les voies susceptibles de l’en sortir. La haine ne peut se transmettre indéfiniment, de génération en génération.

    Cet autre que les gens du matin.dz appellent l’intégriste est notre frère ou notre sœur (au sens propre) ou encore notre voisin. Nous sommes condamnés à nous entendre. Commençons à défricher le terrain et un jour nous finirons par trouver un langage commun et nous pourrons vivre en paix dans le respect mutuel.




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  • zehira Houfani Berfas
    14 août 2010 at 23 h 02 min - Reply

    @Adel, vous faites bien de remarquer que le terme intégriste est une forme d’accusation qui s’adresse presque exclusivement aux musulmans. En fait, je voulais dire extrême d’un bord ou de l’autre. Saha ftourek.




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  • Larbi
    14 août 2010 at 23 h 51 min - Reply

    A Zehira HOUFANI-BERFAS :

    Politiquement, je suis aux antipodes de la ligne éditoriale du Matin, c’est le moins que je puisse dire. Ma famille politique, c’est celle de LQA, mais je n’ai pas compris pourquoi LQA a utilisé le titre suivant « La presse éradicatrice ne changera jamais. Un exemple criard de désinformation ! » Est-ce utile d’utiliser le terme « éradicateur » plus qu’un autre. D’autant plus que ce terme entretient la zizanie des années 90 et dédouane d’autres mouvements éradicateurs qui ne sont jamais pointés du doigt. Je pense qu’il fallait les mettre au pied du mur dans leur tentative de désinformation en publiant tout simplement le démenti de l’intéressé, sans se laisser aller à l’invective. La vérité peut être là où on ne devrait jamais l’imaginer, il faut respecter toutes les opinions, même celles du Matin, et contredire quand on n’est pas d’accord.




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  • ce terme entretient la zizanie des années 90 | am akken d-inna netta!
    15 août 2010 at 3 h 39 min - Reply

    […] ce terme entretient la zizanie des années 90 Publié le août 15, 2010 par akal aberkan Larbi dans lequotidienalgerie […]




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  • jila
    15 août 2010 at 15 h 06 min - Reply

    Bien que LQA n’ait pas toujours été d’accord avec certains de mes commentaires,c’est un journal que je considère salvateur pour le peuple algérien et qui apporte indubitablement une perception plus réaliste à ceux qui décident pour lui!
    LQA peut apporter l’espoir d’une ébauche de changement au sein de la société algérienne sans plus , il est évident qu’un changement minime ou radical ne puisse être apporté par un journal seul, mais par le peuple qui reprendrait à son compte, les idées pronées par ce média!
    les idées concrétes sous diverses formes ont été dejà ecrites et proposées confortées par de nombreux exemples, il n’y a pas un iota de changement qui se ressente ou se profile à l’horizon ; la société anesthesiée se meurt chaque jour un peu plus, le crime et la turpitude sous ses formes les plus abjectes s’installent dans la durée!
    Que reste-t-il donc au peuple pour aspirer au renouveau sans l’astreindre à une patience qui semble perdurer , sans que celui ci ne s’auto détruise par les fléaux qui s’ancrent chaque jour un peu plus dans cette société ou qu’il ne soit l’objet de convoitise d’une néo colonisation sous quelque forme quelle soit!




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  • radjef said
    16 août 2010 at 11 h 51 min - Reply

    Bonnour tout le monde. @Mme Houfani, bonjour. C’etait au temps ou T Ouettar ne ratait aucune occasion pour tirer a boulets rouges sur Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Med Dib et Assia Djebar.Alors comme ça avec un groupe de jeunes , on avait decidé de remettre ce Ouetar a sa place.C’est ainsi qu’on avait foutu une grande zizanie lors d’une vente dedicace organisé par cet ecrivain du FLN, croyant tout naivement qu’on avait defendu l’honneur de Dib, Yacine, Mammeri…Quelques mois plus tard, alors qu’il organisait à Delly Brahim(la cité de jeunes filles) une vente dedicace avec R Mimouni, G Naima, A Bounab…Mouloud Mammeri n’a pas macher ses mots en me faisant des remarques desobligeantes sur notre comportement irresponsable devant T Ouettar , de surcroit devant celle que je considerais comme la plus belle fille au monde… « Si vous continuez a agir de la sorte, je vais vous desavouer publiquement », dira t-il sur un temps menaçant. A ce moment là, j’ai hai de toutes mes forces Mammeri. Mais mon calvaire n’est pas fini pour autant. Quelques jours plus tard, je reçus une severe correction de la part de Ali Zammoum et de K Yacine. Ces derniers m’ont fait savoir que je n’avais pas le droit de parler en leurs noms et que les critiques de T Ouettar a leur egard, sont la meilleure preuve qu’ils ne partageaient rien avec le pouvoir. « Plus T Ouettar m’insulte, plus je suis certain que je suis sur le bon chemin », dira alors K Yacine.




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