Édition du
25 July 2017

L'amazighité entre l'affectivité, l'hostilité et l'historicité.

Addi Lahouari

Le Soir d’Algérie 16 août 2010

Un groupe de compatriotes m’a interpelé dans Le Soir d’Algérie du 8 août 2010 sur mes propos sur la langue amazighe tenus lors d’une interview donnée à un journal électronique. Pour permettre au lecteur de saisir ce qui m’est reproché, je reproduis la partie de l’interview.Question : Quel est ton point de vue sur la langue berbère ?Réponse : Le problème de la langue berbère ne se pose que dans le cadre de la formation de l’Etat-nation jacobin unitaire et homogénéisant. Dans le Maghreb d’avant la colonisation, la pratique du berbère ne posait aucun problème. Je pense que la langue berbère doit être officialisée et enseignée dans les régions berbérophones. Elle n’est pas en concurrence avec la langue arabe qui est celle de toute la nation. Si la langue berbère disparaît, nous aurons commis un génocide culturel contre nous-mêmes.

Ce qui m’est reproché, c’est de ne pas demander que la langue amazighe soit enseignée sur tout le territoire national. Voici le cadre du débat, en espérant ne pas avoir tronqué la position de mes contradicteurs que je voudrais remercier pour l’intérêt qu’ils portent à mes écrits, ce qui ne les a pas empêchés de me mettre un caillou dans le soulier (hajra fi soubat). C’est en effet un gros caillou dans le soulier car le problème n’est pas aisé à traiter compte tenu de la situation historique et culturelle du pays. La question est donc difficile et je vais essayer de la traiter en deux axes pour cerner la problématique de l’amazighité en rapport avec la construction de l’Etat-nation. Le premier axe est celui de la perception des langues vernaculaires par les arabophones en rapport avec la culture — comme vision du monde — et avec l’historicité. Le deuxième est celui du développement de la langue amazighe comme idiome formalisé (syntaxe, grammaire, alphabet…) en rapport avec un contenu qui correspond aux aspirations de la jeunesse à la modernité.

1. Langues vernaculaires, imaginaire et historicité

L’Algérie est une nation de formation récente qui se heurte à des représentations culturelles qui situent l’Algérien soit dans l’universel islamique soit dans le local ethnocentrique. La dynamique nationale issue de la lutte anticoloniale est encore en voie de cristallisation et rencontre des obstacles politiques et culturels.

La question linguistique n’est qu’un aspect de la complexité et des contradictions de la situation historique actuelle dont il serait vain d’attendre qu’elle soit dépassée en une génération, étant entendu qu’il s’agit de la transformation de la (ou des) langue(s) vernaculaire( s) en langue(s) véhiculaire(s).

Les anthropologues désignent par langue vernaculaire la langue de la communauté locale, celle des espaces lignagers par opposition à la langue véhiculaire de l’espace supra-local de l’empire ou de la nation. La formation de la nation est liée à ce passage où l’imaginaire le dispute à l’historicité.

Commençons par poser la question de la situation linguistique du pays ? Il y a au moins quatre langues dans le champ linguistique en Algérie : l’arabe scriptural du Coran, l’arabe moderne issu de la Nahda et adopté par le nationalisme arabe, l’arabe dialectal, et le berbère parlé dans les régions montagneuses (Cf. Khaoula Taleb-Ibrahimi, Les Algériens et leur(s) langue(s). Eléments pour une approche sociolinguistique de la société algérienne, les éditions Al Hikma, Alger, 1997). Un véritable imbroglio linguistique dans lequel K. Taleb-Ibrahimi nous apprend qu’il y a en outre plusieurs niveaux de langue entre l’arabe parlé et l’arabe classique (fusha). Il faut aussi ajouter le français utilisé par les dirigeants et les couches sociales supérieures urbaines. Savons-nous que le tirage de l’ensemble des journaux en langue française est l’un des plus forts des pays francophones ? Pourquoi le français persiste-t-il en Algérie à cette échelle ? C’est qu’il répond à des besoins cognitifs que ni l’arabe classique, ni l’arabe parlé, ni le tamazight ne satisfont. Dans ce tableau, il faut se demander quel est le statut de chacune des langues et surtout comment les locuteurs se les représentent. La première observation à faire, c’est que les Algériens ne valorisent pas et n’ont pas d’estime pour leurs langues vernaculaires. La Kabylie fait exception, mais cette exception est récente. Il est révélateur que la revendication de la réhabilitation de la langue berbère soit née dans le mouvement national, dans le PPA-MTLD secoué en 1949 par ladite crise berbériste. Détestant les archaïsmes de la société identifiés à l’arabité, les militants de ce courant souhaitaient une Algérie moderne et sécularisée.

Le populisme, fort en Kabylie comme dans les autres régions du pays, est arrivé à absorber cette crise pour se donner comme seul objectif l’indépendance. Mais ce courant est réapparu dans les années 1960 culminant dans la création de l’Académie berbère à Paris en 1967 animée par Mohamed-Arab Bessaoud dont le discours contre l’arabité était excessif pour ne pas dire plus, donnant une justification supplémentaire aux arabophones de rejeter et de se méfier de la revendication berbériste portée principalement par des francophones.

Cependant, l’hostilité des arabophones au tamazight ne s’explique pas seulement par l’extrémisme de l’Académie berbère. Cette hostilité a des racines plus profondes à rechercher dans l’imaginaire de la culture algérienne qui n’a pas intégré le caractère historique du monde social, et qui est enfermée dans une espèce de temporalité qui refoule tout ce qui est antérieur à l’islam.

La société algérienne reproduit l’héritage culturel de l’universalité que lui a fourni la civilisation islamique. Par conséquent, les arabophones ne sont pas hostiles à la langue berbère en soi ; ils sont plutôt attachés à un modèle atemporel où le passé n’a pas de place.

L’arabe dialectal est aussi victime de cet imaginaire, et est accusé — à tort —d’être le produit de la colonisation. Les langues vernaculaires, arabe dialectal et tamazight sont refusées parce que considérées comme incapables de véhiculer le savoir. Elles sont perçues comme les langues des ignorants, des femmes, des enfants ou de personnes qui n’ont aucune éducation et qui ne savent pas «parler officiellement».

Les locuteurs doutent que les langues vernaculaires puissent véhiculer la science et la parole divine du fait même qu’elles ne sont pas écrites. Il y a comme un déni de soi en rapport avec le complexe d’infériorité compensé par la survalorisation de la langue écrite, respectée pour la symbolique qu’elle renferme.

La langue vernaculaire est celle de la familiarité et des rapports infra-institutionnels. Mais dès que ces rapports s’éloignent de l’espace domestique, il est fait appel à une langue épurée qui cherche à se rapprocher de la fusha. Quand deux personnes, qui ne se connaissent pas et qui ne parlent que l’arabe dialectal, se rencontrent, elles formalisent leurs échanges langagiers.

Il y a une division linguistique singulière dans l’espace social d’une part entre l’officiel et le formel et, d’autre part entre l’usuel et l’informel, ou entre le public et le privé. Dès que quelqu’un prend la parole en public, il utilisera autant que possible des mots de l’arabe classique pour donner plus de crédibilité à son message.

Il n’y a qu’à voir à la télévision comment les personnes interrogées par les journalistes cherchent à parler l’arabe classique qu’ils ne maîtrisent pas. La fusha est la langue des activités publiques, comme si le groupe ne se concevait pas en dehors des références qu’elle véhicule. Elle a la charge de véhiculer l’universalité et d’exprimer la réalité enchantée du monde, tandis que la langue vernaculaire a pour vocation d’exprimer la dimension domestique et temporelle de la vie sociale.

L’arabe dialectal est désigné par le mot dévalorisant darijaet le berbère était encore appelé il y a quelques années chelha, ce qui est encore plus dévalorisant. Ceux qui prétendent que les Algériens arabophones sont contre la langue berbère parce qu’ils sont anti-kabyles ignorent totalement l’anthropologie linguistique du pays.

Il y a lieu de savoir que pendant des siècles, le sentiment religieux et la culture savante ont étouffé l’ethnicité, appelée en arabe chou’oubia. De grandes familles berbères bricolaient leurs arbres généalogiques pour se réclamer d’une ascendance arabe et pour se prévaloir du statut de chorfa et de mrabtine.

La Kabylie n’a pas échappé à ce mouvement puisque c’est là où on trouve le plus les noms comme Ramdane, Saïd, ‘Arab… Le prénom Lahouari a plus une consonance berbère que ceux de mes contradicteurs Mhand, Boualem, Tahar, Mouloud et Ali.

Il est vrai que cette arabité a été berbérisée comme l’indique le prénom Mhand dérivé de Mohamed. La Kabylie compte beaucoup de lignages maraboutiques qui prétendent avoir des ancêtres arabes établis d’abord à Saguiet el Hamra avant de s’installer au Djurdjura.

Cet héritage de plus de dix siècles ne peut être effacé par un trait de plume. Pour clarifier ce dont nous parlons, nous avons besoin de l’éclairage de l’histoire, de l’anthropologie, de la sociologie et de la linguistique. Nous rendrons service à la situation linguistique du pays en ayant recours aux sciences sociales pour expliquer les dynamiques et contradictions de la société, ce qui aidera à terme à faire émerger chez nos compatriotes la conscience de l’historicité et surtout pour comprendre qu’une langue est un outil de communication qui exprime l’imaginaire et les aspirations.

2. Langue et aspirations à la modernité

Le deuxième axe est relatif à la langue berbère elle-même, handicapée par le fait qu’elle était principalement orale. Sa capacité à attirer les jeunes générations dépendra de ce qu’elle leur offrira. L’affectif ne suffit pas à faire vivre une langue, fût-elle celle des ancêtres.

Et surtout, il ne faut pas oublier que les langues appartiennent à la longue durée, ce que les linguistes appellent la diachronie.

Ce qui est frappant chez les acteurs, c’est l’absence de perspective historique, c’est-à-dire l’incapacité de projeter dans le futur les tâches à étaler sur plusieurs générations.

Boumediène voulait développer en 20 ans l’Algérie par décret, c’est-à-dire par en haut, et nous savons ce qui arriva à l’économie du pays. Les berbéristes veulent restaurer au niveau national la langue berbère par décision politique. De ce point de vue, il faut rendre hommage à Salem Chaker qui a préféré inscrire sa contribution dans la longue durée accomplissant un travail académique de linguiste.

L’histoire et l’anthropologie de la langue berbère sont à faire pour montrer pourquoi cette langue n’a survécu que dans les montagnes et pourquoi les locuteurs ne lui ont jamais donné la dignité des langues écrites savantes. Il faut rappeler que les dynasties berbères d’origines tribales et maraboutiques se réclamaient toujours de l’islam puritain et de l’arabité citadine.

Comme si le berbère ne reconnaissait pas à sa langue la capacité de véhiculer et d’exprimer l’universalité. Ceci est une tendance anthropologique lourde dans la société exprimée aujourd’hui par l’hostilité à la langue berbère dès qu’il s’agit de catégories universelles comme religion, Etat, nation… Les Berbères n’ont pas fait comme les Perses qui ont sauvegardé leur langue et qui se sont démarqués sur le plan culturel des Arabes.

La modernité a fait bouger les choses et a permis au Maghreb, en Algérie et aussi au Maroc, l’émergence de courants qui se réclament de la berbérité, militant pour le statut officiel de la langue berbère. L’imaginaire atemporel qui sacralise la langue arabe est battu en brèche avec la proposition d’un modèle de nation avec deux langues. Le projet est-il viable ? Idéalement il l’est, mais l’histoire est un processus marqué par la cohérence et souvent l’incohérence des imaginaires et par la conscience des acteurs.

Le projet de renaissance de la langue berbère et sa reconnaissance comme langue de la nation ne se réaliseront que si elle n’est pas mise en opposition avec la langue arabe classique qui, qu’on le veuille ou non, a été le véhicule de la culture savante du Maghreb depuis le 7e siècle. La Kabylie, comme d’autres régions, y a apporté sa contribution.

Les oulémas au 17e siècle appelaient la Kabylie « la montagne savante », du fait que le savoir scripturaire avait été recueilli par les zaouiate locales après le déclin culturel de Bougie (voir à ce sujet le livre de Houari Touati, Entre Dieu et les hommes : lettrés, saints et sorciers au Maghreb, Maison des Sciences de l’Homme, 1994). Il faut cesser de désigner l’arabité comme bouc émissaire, comme la cause du retard culturel du pays.

Dans ce débat, nous passons, me semble-t-il, à côté de l’essentiel : la langue n’est pas une fin en soi ; elle est le véhicule d’une culture et d’une civilisation. L’échec de l’arabisation, qui a d’ailleurs encouragé la revendication berbériste, provient de ce qu’elle est restée prisonnière du turath, du patrimoine culturel médiéval.

C’est ce qui explique que soixante ans après les indépendances, il n’y a pas de philosophe, de sociologue, d’anthropologue arabophone ou arabe de dimension internationale, de niveau de Habermas, Bourdieu ou Geertz. La langue berbère connaîtra le même sort si elle reste prisonnière de la culture locale passée et de la poésie. Son avenir se joue dans sa formalisation en langue écrite avec l’alphabet arabe, et dans la traduction de Homère, de Tolstoï, en passant par Les Mille et une Nuits, le Coran et Kant.

A quoi servirait la langue berbère si nous ne pouvons pas lire dans cette langue des œuvres universelles et des travaux scientifiques sur la société algérienne ? L’affectivité ne suffit pas pour créer le lien social.

C’est ce qu’avait vu Durkheim qui avait opposé la solidarité mécanique fondée sur le lignage, à la solidarité organique fondée sur la division sociale du travail, figure de la modernité. Il en déduit que la solidarité mécanique n’est pas suffisante à elle seule pour assurer la cohésion sociale.

Je voudrais faire remarquer à mes collègues qui m’ont interpelé que la problématique durkheimienne des deux solidarités, enseignée dans toutes les facultés de sociologie du monde, a été élaborée à partir des observations ethnographiques faites en Kabylie durant le dernier tiers du 19e siècle (Cf. A. Hanoteaux et A. Letourneux, Mœurs et coutumes en Kabylie, Paris, 1880). L’anthropologue britannique Ernest Gellner (1926-1996) l’a reformulée en lui donnant le nom de segmentarité et l’a appliquée aux Berbères du Haut-Atlas marocain.

Le monde académique occidental se représente le Maghreb comme le lieu par excellence de la solidarité mécanique, des rapports lignagers, de l’affectif…, ajoutant par ailleurs que ce n’est pas suffisant pour assurer la cohésion sociale dans une nation moderne.

Ce qui est à craindre, c’est que le berbérisme ne reproduise les défauts et les limites idéologiques du nationalisme arabe qui a étouffé l’individu dans une identité essentialisée. La nature humaine est une essence ; la culture est une construction historique faite de continuités et de ruptures.

En conclusion, je voudrais faire une remarque d’ordre méthodologique. Comme universitaire, je n’exprime pas une opinion personnelle ou un jugement de valeur.

J’essaie de produire des analyses, à confirmer ou à infirmer par l’échange académique, pour cerner les dynamiques sociales et politiques de l’Algérie. Mon opinion sur le principe d’enseigner la langue berbère à Mascara et à Tébessa importe peu. Ce qui importe, c’est de savoir si c’est réalisable aujourd’hui.

Je voudrais aussi ajouter que je ne suis ni anti-berbériste, ni berbériste. Je suis anti-anti-berbériste, c’est-à-dire que, dans le respect des valeurs démocratiques, je suis contre les anti-berbéristes. Enfin, je laisse le soin au lecteur du Soir d’Algérie d’estimer si je me suis débarrassé du caillou dans mon soulier et si je suis parvenu à le mettre dans les souliers des compatriotes qui m’ont interpelé et à qui je transmets mes cordiales salutations.L. A.


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79 Commentaires sur cet article

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  • Jabara Mohamed
    17 août 2010 at 0 h 15 min - Reply

    Je ne sais pas pourquoi quand je lis Lahouari Addi j’ai toujours l’impression que le texte est trop court, non pas qu’il n’est aps clair mais par le fait qu’il ouvre beaucoup d’horizons qu’il ne referme pas.

    Une dizaine de personnages comme lui dans diverses disciplines et l’Algérie se réconciliera avec elle meme sans aucun recours à la loi.

    Merci mon frère.




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  • Afif
    17 août 2010 at 1 h 29 min - Reply

    Vive la Berbérie unie et fraternelle de Tripoli à Nouakhchott, partie intégrante du monde arabe.

    Ni l’arabité, ni la berbérité ne sont un mal : le Mal algérien est politique. Avec la démocratie et la Choura, tous les problèmes trouveront leur solution.




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  • Akli
    17 août 2010 at 4 h 17 min - Reply

    J’avoue ne pas très bien comprendre le sens de la phrase où l’auteur dit en parlant de la «langue Berbère» (que désigne t’il par cette appellation?) : «Son avenir se joue dans sa formalisation en langue écrite avec l’alphabet arabe…». Ce n’est bien-sûr pas un jugement de valeur puisque il s’en défend d’en émettre (étant donné son statut d’universitaire). Pour la même raison, il ne s’agit sûrement pas d’une opinion personnelle (mais alors de qui est-elle?). J’ai beau cherché, je n’arrive pas à trouver. Alors je me dis que c’est peut-être la phrase de trop, à moins que cela soit celle qui explique tout le reste et autour de laquelle tout semble tourner!
    Cordialement.




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  • Gimp
    17 août 2010 at 12 h 02 min - Reply

    Même remarque que Akli. Pourquoi l’écrire avec l’alphabet arabe?
    Pour aller un peu plus loin, M. Addi ne répond pas à la question qui lui a été posée:
    Pourquoi cantonner la langue amazigh aux seules régions berbérophones?
    Dans ce texte, l’auteur relate des faits tout à fait justes concernant les circonstances qui ont fait que la langue amazigh a échoué (momentanément) devant les langues comme le latin ou l’arabe, mais que les berbéristes ont constaté depuis belles lurettes.
    Comment M. Addi fait-il pour se déclarer (lui l’arabophone) non concerné par l’apprentissage de cette langue, alors qu’il s’estime légitimement en mesure d’indiquer ou imposer dans quelle alphabet elle doit être écrite?




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  • Roched
    17 août 2010 at 13 h 21 min - Reply

    D’abord, je crois qu’il n’y a pas une langue berbère, mais des langues berbères, souvenez vous de l’examen de Baccalauréat en langue tamazighit, à khanechlea, en 2008, où l’administration a commis une faute grave, elle a distribué le sujet de la langue tamazight dans les classes, mais c’était le sujet destiné à la wilaya de Tizi Ouzou, en conséquence, les étudiants n’ont rien compris, et ont laissée les feuilles blanches !

    Ensuite, les berbéristes doivent – s’ils sont vraiment sincères dans leur revendication- au moins trouver une politique pour faire admirer cette langue par le peuple. Tamazight doit s’écrire en lettres arabes et se positionner dans l’atmosphère arabo-berbero-musulmane de notre société, car pratiquement elle jeu le médiateur de la culture francophone, ce qui rend le peuple plus hostile envers elle. Elle devrait traduire d’abord au berbérophones notre héritage culturel et historique, écris et imaginé en langue arabe, au mois elle porte une fonctionnalité admirable par le peuple, et quelle arrête de jouer ‘’el Dhara’’ de la langue arabe, sinon son existence est liée à l’existence de gens qui la réclament et aux institutions françaises qui la soutiennent.
    Saha ramedankom




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  • Hocine.dz
    17 août 2010 at 17 h 00 min - Reply

    C’est toujours avec un grand intérêt que je lis les contributions de notre intellectuel de renom qu’est Lahouari Addi. Si je rate une contribution parue dans un quelconque quotidien, je remue ciel et terre le lendemain ou les jours suivants pour l’obtenir, car non seulement j’aime beucoup le lire mais aussi je conserve toutes ses contributions. J’apprécie particulièrement ses analyses qui sont d’une grande facture intellectuelle et d’une grande intégrité morale. Sa réponse dernièrement aux intégristes de droite et agents du DRS que sont les responsables du RCD est magistrale.Dommage que Lahouari Addi n’ait pas
    songé à faire éditer et publier ses oeuvres en
    Algérie, les Algériens ont en grandement besoin. Ceci dit, Mr Lahouari Addi, dans cette réponse à un groupe de compatriotes, permettez-moi – moi, l’humble troubadour, dixit Brassens, en se comparant à son compatriote Paul Valéry -, de faire 2 remarques :
    1. Vous suggérez qu’on adopte l’alphabet arabe pour la transcription de la langue berbère, mais vous ne nous
    avez pas donné d’explications concernant votre préférence pour l’adoption de l’alphabet arabe au détriment du latin et du tifinagh ? A ma connaissance, aucun Berbère ne souhaite l’adoption de l’alphabet arabe pour la transcription de tamazight, et j’en fais partie. Le grand écrivain et anthropologue Mouloud Mammeri a choisi l’alphabet latin, d’autrs préfèrent le tifinagh. Et vous n’êtes pas sans savoir, ce faisant, que vous vous êtes assis sur un terrain glissant et en préférant l’alphabet arabe, vous risquez de vous aliéner les berbéristes qui vous accuseront de faire le jeu des farouches partisans de cette option que sont les arabo-islamistes. Ceci dit, je pense qu’il vaut mieux laisser les linguistes de décider du choix de l’alphabet qu’ils trouvent approprié.
    2. Je suis tout à fait d’accord qu’une langue qui ne traduit pas les oeuvres universelles ne peux pas véhiculer le savoir et la modernité et se trouvera de ce fait très amoindrie. Néanmoins, dans les ouevres universelles que vous souhaitez que la langue berbère taduise, vous incluez, mon cher et honorable maître Addi, le Coran. Je ne vous cache pas que je suis choqué de lire une chose pareille venant de vous!!! Moi, je vous pose la question : à quoi ça sert de traduire les Livres Saints, dont le Coran ? Ne participent-ils (les Livres Saints) pas à l’aliénation des peuples à cause de leurs idéologies rétrogrades et fascistes ? A ma coonaissance, à part Kateb Yacine, aucun intellectuel musulman n’a osé s’avancer sur ce terrain, prudence oblige. A mon avis, les oevres qu’il est utile et même necessaire de traduire sont les oeuvres intemporelles, qui ont fait leurs preuves avec le temps, et elles sont nombreuses. Vous avez cité Homère, Tolstoï, Les Mille et une Nuits, Kant mais il y en a beaucoup d’autres. Mr Lahouari Addi, j’espère qu’il y aura toujours des gens animés par de bonnes intentions pour vous interpeller à travers la presse pour vous « obliger » à nous livrer vos analyses perspicaces sur différents sujets qui nous interpellent tous.
    Salutations fraternelles.




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  • Roched
    17 août 2010 at 19 h 17 min - Reply

    des commentateurs ont dit:
    …Pourquoi l’écrire avec l’alphabet arabe?…

    ….je vous pose la question : à quoi ça sert de traduire les Livres Saints, dont le Coran ? Ne participent-ils (les Livres Saints) pas à l’aliénation des peuples à cause de leurs idéologies rétrogrades et fascistes ? …..

    pourquoi les lettres arabes? aucun berbériste n’est d’accord avec cette proposition, pourtant très sollicité par la majorité de peuple ( y compris chaouis et mozabites)? et pourquoi traduire le coran, idéologie de violence et de fascisme!!

    voila les fruits de l’école française qui nous a livré des pseudo-intellectuels, comme mouloud maamri et Kateb yacine, dont on touche aucun teneur scientifique dans leurs écritures, que de l’idéologie..

    Bizarre!!! hostilité sans explication à la langue arabe et à l’islam, une haine aveugle à l’héritage de notre peuple, voila ce qui rend le peuple algérien très hostile aux berbéristes et leurs revendications.

    cordialement

    ==============
    Ne vous inquiétez pas et ne dramatisez pas les choses. Ceux qui portent de tels jugements extrémistes et insultants envers l’un des fondements de notre identité ne constituent qu’une infime minorité mais qui est très agissante à travers ses organes de presse et le web. Il faut reconnaitre aussi que la majorité se mure dans un silence qui facilite grandement les vociférations de cette minorité.
    La Rédaction LQA




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  • Gimp
    17 août 2010 at 21 h 38 min - Reply

    Petite précision, tamazight est enseignée au Maroc depuis 2003 dans tous les cycles de l’enseignement. Les marocains, qu’ils soient amazighophones ou arabophones sont obligés de suivre l’enseignement des deux langues nationales.
    pourquoi les marocains sont-ils capables de fournir cet effort commun de vivre ensemble et pas les algériens?
    tamazight en Algérie est une langue nationale depuis les sacrifices du printemps noir. Si son enseignement ne « devrait » concerner que les amazighophones, pourquoi avons-nous consenti tant de sacrifices, de sang et de larmes pour la rendre nationale, il aurait juste fallu la déclarer langue régionale, ça nous aurait épargné les vies de ces jeunes du printemps noir.
    M. Addi (pour se débarrasser de la hedjra fessebbat) nous dit:
    [Mon opinion sur le principe d’enseigner la langue berbère à Mascara et à Tébessa importe peu. Ce qui importe, c’est de savoir si c’est réalisable aujourd’hui.]

    Nous avons bien conscience que les arabophones algériens n’ont pas l’intention de fournir l’effort que les arabophones marocains ont consenti pour la construction d’une identité nationale homogène. Vous estimez à juste titre que l’enseignement de tamazight est impossible en dehors des régions amazighophones, mais qui vous dit que les amazihgophones accepteront demain la langue arabe alors que leur langue n’est pas acceptée ailleurs. en Kabylie chaque nouvelle génération est encore plus berbériste que la précédente et cette hégémonie presque coloniale de la langue arabe ne passera certainement pas demain.




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  • Afif
    17 août 2010 at 22 h 10 min - Reply

    A Hocine.dz, cher frère : je suis berbère arabophone de l’Ouest et je voudrais savoir avec quels caractères, vos ancêtres kabyles transcrivaient la langue berbère avant l’occupation coloniale. Je suppose, mais j’attends votre confirmation,que ce sont les caractères arabes qu’ils utilisaient : si c’est le cas, je ne comprends pas que vous puissiez oser renier le choix fait par vos ancêtres, puisque vous dites « A ma connaissance, aucun Berbère ne souhaite l’adoption de l’alphabet arabe pour la transcription de tamazight, et j’en fais partie ».

    Par ailleurs, il est bon de vous préciser : libre à vous de renier vos ancêtres, mais sachez que la majorité des berbères qui sont arabophones et berbérophones souhaitent par fidélité à leurs ancêtres et par culture léguée, le maintien de l’écriture de Tamazigh en caractères arabes. Donc, quand vous dites aucun berbère, c’est faux, c’est tout le contraire de la vérité.




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  • oranais
    18 août 2010 at 1 h 20 min - Reply

    quand on a la chance de lire le savoir de Mr ADDI ,il est désoblgeant d’opposer au chantre de la regression feconde une controverse.pourqoui vouloir écrire le berbere en latin au lieu de l’alphabet arabe ,ou est le probleme si ce n’est que de cantonner une fois encore une langue a une region ;au lieu de faire en sorte de la sortir d’un carcan regional, vers son emancipation via l’arabe qui est la langue divine.




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  • abane001
    18 août 2010 at 5 h 09 min - Reply

    Bonjour a tous,

    je suis kabyle et je suis berbère. L écriture de ma langue sacrée a été déja fixé par des linguiste et des chercheurs kabyles, ces gens ce sont prononcés pour les caractères universels , le latin.

    si les chercheurs et linguistes kabyles ne sont pas unanimes pour le latin, le dernier recours ce sera les carectères originels: le TIFINAGH.

    je pose une question a Mr Addi: est ce que vous accepterez qu’un Francais vous donne des conseils comment écrire votre langue maternelle qui est l’arabe surtout si ce même Francais n’est ni linguiste ou chercheur dans le domaine des langues.

    Je donne cet exemple du Francais pour shématiser un peu le cas de Mr Addi qui parle de l’enseignement de ma langue maternelle.

    je pense que chacun est responsable de sa langue maternelle et personne n’a le droit ou même l’autorité de parler au nom d’un autre peuple.

    On dit que les fait son tétus, ma conviction en lisons ces lignes de Mr Addi ne fait que confirmer mes apprehensions a propos d’une Algerie plurielle, c’est plus une chimère qu’autre chose.




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  • amar
    18 août 2010 at 13 h 53 min - Reply

    Bonjour tous le monde, personnellement je veux poser le problème autrement. Car, nous avons deux exemples concret a méditer .celui de l’Iran et de la Turquie les deux payes sont musulmans l’un a choisi le caractère arabe l’autre le caractère latin je ne pense pas que les turques sont éloignés de la culture musulmane pour autant mais ayant fréquenté les turques. Ils ont plus de faciliter d’accès aux nouvelles technologies que les iraniens. Exemple d’une veille mamie qui prend le téléphone portable et envois un texto a son petit fils sans aucun problème en turque alors pour les iraniens je vous dis pas car on est dans la même situation. Il faut attendre encore des siècles pour y arriver. De plus écrire tamazight en arabe c’est signe sa mort car l’algérien n’a pas besoins de traduire les œuvres en arabe pour comprendre et tamazight ainsi se retrouva privée de toute chances d’évolution vers la science universelles du coté de l’orient et du coté de l’occident puisqu’ on comprend aussi le français. l’exemple le plus frappent loin des analyses académiques ,c’est que beaucoups d’algériens utilisent le caractère latin pour s’exprimer en arabe sur les sites web la force de tamazight réside dans sa capacité a s’adapter au nouvelles technologies et, s’ils reste le gradient de notre mémoire collective tant mieux .quand a l’arabe son échec n’est pas l’échec de l’arabisation qui propre aux payes non arabe tel que l’Algérie qui sont arabisé par décret mais l’échec de tous les arabes ainsi, je ne vois pas comment d’un cote avouer l’échec de l’arabisation. de l’autre vouloir trainer tamazight dans le même chemin ainsi comment dire d’un cote la force de la langue est de lire dans cette langue les science universel de l’autre la limiter géographiquement aux régions berbérophones sans donner la chance même aux siens arabophone de la lire et de s’exprimer avec. Afin justement, de pouvoir lire un jour les travaux scientifique de la société algérienne pour reprendre votre texte qui est (A quoi servirait la langue berbère si nous ne pouvons pas lire dans cette langue des œuvres universelles et des travaux scientifiques sur la société algérienne ? L’affectivité ne suffit pas pour créer le lien social.) je vous revois la question qui est ce que vous empêche d’écrire en langue berbère pour justement un jour les algériens vous liront en tamazight et ne plus se justifier par l’absence des œuvres en tamazight sur la société algérienne surement parce que vous n’avez pas la chance de l’étudier a l’école mais quand on se sent appartenir a cette langue on a le devoir de la faire évoluer et de ne pas attendre les autres si les amazigh ne prend pas cette langue sur leurs épaules surement ce n’est pas les autre qui le feront peut importe les difficultés et les obstacles si un arabophone algérien ne fait pas l’effort de l’étudier il sont condamne a vivre a travers les autres pour le restant de leur vie est ne plus jamais dire moi




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  • Oumerri
    18 août 2010 at 14 h 51 min - Reply

    Bonjour,
    Je vois que Addi a réussi son coup avec certains du moins. Il ne répond pas aux questions fondamentales qui lui son posées en se cachant derrière son statut mais il est arrivé à orienter les interventions vers le faux débat de la graphie en affirmant cette fois sans gêne une « opinion ».
    Ce qui lui était principalement demandé, pourtant , était de se prononcer sur l’injustice de la reconnaissance exclusivement régionale de la langue tamazight envers ses locuteurs et l’incidence d’une telle « solution » sur l’unité algérienne. Non seulement il refuse de répondre, mais en plus il utilise le subterfuge des apparatchiks du FLN (la graphie) pour exciter les passions.
    Dommage!!!!!!!




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  • houda
    18 août 2010 at 14 h 52 min - Reply

    Question à abane001 : avec quels caractères écrivaient vos ancêtres avant 1830 ?




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  • abane001
    18 août 2010 at 20 h 32 min - Reply

    pour Houda,
    Avant 1830 mes ancetres n ont pas beaucoup ou rien ecrit en tamazight et ce n est pas parce que mes ancetres etaient dans la miseres et l ignorance qu on va continuer dans la meme voie.

    Houda, tu dois savoir que mes ancetres amazigh ont ete malmenes par les envahisseurs successif, les romains, les arabes, les turcs, les francais, tout ce beaux monde venu d ailleurs n ont pas laisse a mon peuple le temps d ecrire ou de penser a autre chose a part se defendre.

    je vous prie de respecter notre choix souverain d ecrire notre langue maternelle avec la graphie qui correspond a nos aspirations, aux choix de nos linguiste kabyles, comme Mammeri, Chaker, Abdeslam, Boulifa, Aliche, Hadadou….

    je le dis en toute sincerite, l ecriture de tamazight est une question de linguiste et de chercheurs en langue et ces chercheurs doivent etre lies intrinsequement a cette langue.

    Tout autre solution ne fait que compliquer les choses et donne des arguments solides a des agens qui sont pret a en decoudre avec des voies non pacifique et ce sera un desatre pour tous.

    Au fait, meme si j ai beaucoup de respect pour Mr Addi, son avis linguistique ne m interesse pas, c est sa vision sociologique de la chose culturelle qui m interesse. je crois que Mr Addi a fait une digression en parlant de la graphie arabe qui montre un manque de vigilance intellectuelle de sa part ou bien un choix et une idee inconsciente mais avecd des consequence politiques ce qui nous sort de ce debat et nous met dans un autre contexte politique et dans ce cas si d autres personnes plus politique que moi lui repondrons.

    Merci a tous.




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  • GERONIMO
    18 août 2010 at 21 h 04 min - Reply

    ni en arabe ,ni en français, en tifinagh et meme si il faut l’améliorer comme les juifs en fait a la langue hébreux,de toute maniere toutes les langues évolue,alors pourquoi toujour et toujour vouloir nous greffer a quelque chose qui n’est pas de chez nous??




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  • D B
    18 août 2010 at 22 h 18 min - Reply
  • houda
    18 août 2010 at 23 h 23 min - Reply

    @abane001
    je crois que les berbères ont écrit et rédigé en arabe, ils ont aussi écrit en berbère avec des caractères arabes, à part les touaregs qui ont conservé l’écriture du tifinagh.
    effectivement l’emploi d’un caractère quelconque revient au linguistes mais à une seule condition , qu’ils n’aient pas eux aussi une arrière pensée politique ou idéologique, ceux que vous avez cité sont-ils neutres ? n’ont-ils aucune animosité ou un parti-pris contre la langue arabe ?




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  • Jabara Mohamed.
    18 août 2010 at 23 h 35 min - Reply

    @Abane001.

    Demain quand l’Algérien aura recouvré sa liberté, la recherche linguistique sur la langue amazigh ne sera pas le privilège des linguistes de l’université de Paris VII mais celle de tous les linguistes Algériens. Dans le domaine social, la méthodologie permet certes de se débarrasser de pas mal de subjectivité, mais les motivations inconscientes de l’individu le poussent toujours à satisfaire ce pourquoi il a été programmé. De ce fait un chercheur en sciences sociales aboutit à un résultat différent selon qu’il se trouve en Alhérie, en Afghanistan ou en Grèce et l’époque à laquelle il se trouve aussi joue un rôle.

    Amors quand tu dis laissons cela aux liguistes et que tu cites quelques uns, je dis pourquoi uniquement ceux la et pas d’autres d’autres régions de l’Algérie, puisqu’il est connu que tamazight appartient à tous les algériens ?

    Je n’arrive sérieusement pas à comprendre le chauvinisme de certains Kabyles qui pensent qu’ils sont meilleurs que les autres fils d’Algérie, au motif qu’ils ont leur propre dialecte et des traditions qu’ils s’imaginent détenir en propre au niveau de leur seule région. De cette façon abrupte de saisir les problèmes et de les exposer ils ne peuvent que produire une contre réaction comme l’a produite l’arabisation qu’on a voulu fourguer à l’algérie et qui a abouti à sa francisation en cours. Pour ma part je prèfère voir mes enfants et petits enfants parler amazigh que français mais à condition qu’on ne veuille pas nous l’imposer auquel cas la derdja est la langue maternelle de tous les algériens ou presque, qu’on le veuille ou non et ce n’est pas demain que cela changera.

    La raison nous dicte de tenir des langages rassembleurs, afin que tous ensemble nous agissions de concert pour trouver une plateforme commune. Berbérophones, islamistes du juste milieu, arabophones, démocrates, les forces vives de la nation sans lesquelles rien ne se construit et qui associées peuvent changer le cours des choses, mais ne peuvent rien faire séparément. Mais apparemment il y a toujours des voient qui sèment la division, la discorde et qui tirent les ficelles dans le sens qui leur sied et qui arrange le plus leurs petites affaires.

    Si nous nous armons pas de sagesse, de patience, de courage et que nous délaissons nos propres préférences pour nous fondre dans le creuset commun à même de nous amener à nous rassembler et de rassembler autour de nous, surtout, nous resterons à pérorer ici jusqu’au jour du jugement dernier sans trouver de solution. Je sais que si ce commentaire échappe au webmaster, je n’échapperai pas au tollé qui va s’abattre sur moi, mais quand je vois une sommité mondiale telle que Lahouari Addi décriée par des inconnus, je me dis après tout je ne suis rien ni personne et cela me réconforte et me donne de la détermination.




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  • lahouari addi
    19 août 2010 at 0 h 49 min - Reply

    Chers amis internautes,

    Un débat houleux s’est instauré suite à mon propos sur l’alphabet arabe pour écrire le tamazight. La réhabilitation et la promotion de la langue tamazigh comme langue du Maghreb à côté de la langue arabe ne seront pas faciles car les phénomènes de langue appartiennent au processus du long terme. Des ruptures sont nécessaires. Les divergences ne manqueront pas, même à l’intérieur du camp de ceux qui défendent cette langue. Il faut prendre acte de cette divergence. Dans leur majorité, les élites en Kabylie défendent l’usage de l’alphabet latin. Les Chaouis et les Marocains berbérophones sont divisés: les uns sont pour l’alphabet arabe, les autres pour l’alphabet latin, et d’autres encore pour la modernisation du tifinagh. Certains disent qu’il faut laisser les linguistes trancher la question. Le problème c’est que les linguistes eux-mêmes sont divisés. Je ne suis pas lingusite et je n’ai aucune compétence en linguistique, et c’est en sociologue que j’ai avancé mon idée de l’alphabet arabe (qui était entre parenthèses). Mon papier était centré sur l’hostilité des Algériens arabophones vis-à-vis des langues vernaculaires (arabe dialectal et tamazigh). Pour vaincre cette hostilité, il faut l’expliquer. L’alphabet arabe contribuerait à vaincre en partie cette hostilité. C’est un débat et je ne fais pas de cette position quelque chose de définitif. Peut-être que l’alphabet latin est la meilleure solution. Les Turcs l’ont choisi et ils n’ont pas pour autant perdu leur identité. Il y a aussi l’option iranienne. La production en sciences sociales dans l’Iran des ayatollah est plus importante que dans les républiques soit disant modernes du monde arabe. Pour revenir à notre cas, je pense qu’il faut être pragmatique et produire des oeuvres en berbère écrites dans l’un des trois alphabets. Avec le temps, l’un des alphabets s’imposera. Il ne faut pas oublier que la langue n’appartient pas à une seule génération, elle appartient à plusieurs.
    Je voudrais faire une remarque au sujet du post de Hocine.dz qui a été très aimable à mon égard. Il est cependant surpris que je souhaite que le Coran soit traduit en berbère. Je voudrais lui dire une langue appartient à toute la population et je crois que la majorité des Maghrébins qui sont appelés à utiliser le tamazigh sont des croyants. L’allemand moderne a été créé par Luther qui a imposé qu’on lise la Bible dans la langue vernaculaire de l’époque, le dialcete allemand, devenu au XIXèm siècle la langue par excellence de la philosophie. Par ailleurs, les traductions ne concernent pas que les livres que nous approuvons. Il faut traduite le livre de Hitler (disponible en hébreu) et du général Aussaresses, ainsi que et des oeuvres d’idéologies que nous ne partageons pas.

    Cordialement

    Lahouari Addi




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  • Ammisaid
    19 août 2010 at 1 h 53 min - Reply

    Mon esprit s’est envolé dans le ciel, il ne parle que la langue de mon coeur. Il comprend le langage des poissons, des oiseaux et de toute chose crée qui n’a pas une voix. Je suis mort, je suis dans ma tombe, seul avec mes actes passés, quelle langue dois-je parler. Qui m’entendra, qui me comprendra et qui saisera le sens profond de mes intentions, des mes paroles et des mes actes passés ? Qui, dites-moi, qui? Expliquez-moi ? Que faire ? Je cris, je hurle, avez-vous entendu le son desespéré de ma voix. La langue est l’expression de la parole, c’est tout!
    La parole a besoin d’un sujet et d’un verbe pour exister. Au commencement était le verbe et le verbe est devenu chair. Sois et nous étions devenu. KUN FA YAKUN ! Rien d’autre ! Quand il ne sera pas, il ne sera pas, jusqu’à ce qu’il sera ou dans l’enfer ou dans le paradis. Il a crée plusieurs langues, qui peut ou pourra le lui reprocher. Il avait décidé, nous n’avons plus choix. Soyez rassuré pour l’Arabe, soyez rassuré pour tamazighth, soyez rassuré pour les autres langues et soyez rassuré même pour les muets. Tout a une fin, ici bas. Regardez l’histoire. Qui veut opposer la langue arabe à la langue berbère? Qui et pourquoi veut-il à tout prix les opposer ? Qui veulent nous opposer sur tout et sur rien ? Qui et pourquoi insiste-t-il ? La langue arabe est délaissée, il ne sert qu’à voiler ceux qui l’utilise à manger, à chier, à forniquer, à boire et vivre en toute sécurité. La langue berbère est enterré car elle fait peur à ceux qui savent que nos richesses culturelles et linguistiques et nos valeurs ancesttrales sont un danger mortel pour leurs privilèges. Leurs privilèges mal acquis, immerités et gaspillés. Gaspillés car au fond, ils ne sont que des ignares, que des menteurs et que des sauvages. Des bêtes qui marchent sur deux pieds et qui parlent une langue ou plusieurs langues dans certains cas. Ce qu’ils ont fait à l’Algérie, à son peuple et à ses richesses (de toutes les sortes) est inimaginable. Je n’arrive pas à y croire. Pourquoi cette detestation (fellag)? Pourquoi ils continuent à nous massacrer, alors qu’ils ont eu tout ce qu’ils n’avaient, jamais, rêvé.
    Je suis fier de connaître cette langue qui a resisté à toutes les bourrasques, à toutes les guerres et à toutes les attaques. J’aime cette langue qui m’avait bercé dans mon enfance et qui s’était exprimé par la voix suave et douce de ma mère. J’aime cette langue qui petit m’avait fait connaître tous les prophetes. J’aime cette langue qui circule dans mon sang et qui exprime tous mes sentiments. J’aime cette langue qui permet de passer d’elle à l’arabe et au français. J’aime ma langue maternelle et je veux que mes enfants et mes petits enfants l’écrivent librement pour accéder à ces géants qui l’avaient fleuri, conservé et sauvegardé: chikh mohand elhoucine, si moh, si mouhand oumhend, aït menguelet, matoub, chrif, slimane azem…Ce qu’ils ont dit à de la valeur chers frère et cheres soeurs arabophes. N’ayez pas peur de ma langue quelque soit la manière avec laquelle, elle s’écrira. Il faut l’aider, il ne faut se méfier d’elle, il faut s’approcher d’elle et écoutez sa voix. Sa voix qui vient de loin et qui a été entendue par chaque parcelle de notre. Ceux qui veulent nous diviser sont capables d’utiliser oulach, walou et rien pour nous diviser. L’Algérie est un jardin, il ne faut rien lui retirer. Arronsons ses richesses et enlevons lui ses mauvaises herbes pour qu’elle devienne de plus en plus belle. Cessons ces querelles futiles et avonçons vers la fraternité, la diversité, le bonheur et la liberté pour tous et pour toutes sans exclusivité. Ma wakma elhamdou liAllah, magheltagh asthghfirAllah.
    Fraternellement à toutes et à tous.




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  • Bladi
    19 août 2010 at 3 h 49 min - Reply
  • MOKHTARI
    19 août 2010 at 10 h 12 min - Reply

    Réponse à certains et particulièrement Houda :
    En parlant de « vos » ou de « nos » ancêtres, ceux de tous les algériens sont Imazighen. Pour que les Séoudiens aient peuplé tous ces pays dits « arabes », il faudrait que chacun d’eux ait eu 1000 femmes chacun et qu’ils aient vécus jeunes jusqu’à l’heure actuelle. C’est l’Islam qui a arabisé ces pays dont l’algérie. Si les montagnes sont les seules à avoir conservé leur langue originelle, c’est parce que le commerce qui a favorisé l’arabisation se faisait dans les plaines, les terres les plus riches.
    Les colons Français se sont bien installés beaucoup plus dans la Mitidja que dans les montagnes de Kabylie.
    Il est impossible d’écrire Tamazight en caractères arabes sans la vocalisation (ce qui ne se fait pas déjà en arabe ou de rallonger les voyelles).




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  • amar
    19 août 2010 at 13 h 27 min - Reply

    À bladi bonjour mon frère
    Je n’ai jamais parlé de l’Iran en tant que civilisation. Car, celle-ci existe bien avant et pendant et après l’islam et la civilisation arabo-islamique. Pour eux les caractères arabes est un choix stratégique. Et, le reste existe déjà, ils ont sus d’adapter et même s’imposer par leurs savoir dans presque tout les domaines y compris religieux. Mais pour nous, le choix est un choix d’existence, de maintien, de résistance et d’utilité immédiate. Car, si nous ne pouvons pas ramener les berbère de tout horizon à utiliser tamazight dans l’immédiat et montrer son utilité pour les masse de population nous risquons tout simplement de ne pas exister entant que peuple.et tamazight sera ignorer par les siens .et, d’être dans les archives des peuples disparus sur terre .seule les spécialistes, connaitront notre existence. Je ne pense pas qu’un iranien ait le même choix que nous il n’a rien à envier aux autres comme si un jour vous décidiez d’écrire l’anglais en caractères arabe c’est juste une formalité. Mon exemple sur le portable c’est justement ca. Le turc achète le portable n’ importe où dans le monde et envois des texto partout dans le monde sans effort consenti or un iranien peut le faire mais avec un portable iranien et un logiciel qu’il faut en caractères arabe et seulement vers un portable de même caractéristiques vous voyez l’effort scientifiques qu’il faut ! Vous pensez que nous algériens avions nous cette capacité d’adaptation de tamazight en caractères arabe dans tout les domaines ? j’aurai aime dire oui mais hélas non. On cherche à convaincre nos semblables de lui donner un peut de leur temps pour l’étudier et la préserver sans jugement préétablie. Personnellement j’aime lire le coran en langue arabe je n’ai pas besoins de traduction mais ca me fait plaisir de recevoir un texto en tamazighte de la part de mes parent pour pas grand-chose.




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  • abane001
    19 août 2010 at 20 h 51 min - Reply

    Bonjour a tous,

    «  » » je n’arrive sérieusement pas à comprendre le chauvinisme de certains Kabyles qui pensent qu’ils sont meilleurs que les autres fils d’Algérie, au motif qu’ils ont leur propre dialecte et des traditions qu’ils s’imaginent détenir en propre au niveau de leur seule région «  » »

    Mr jabara, on a pas dit qu on est meilleurs que les autres Algeriens, on dit simplement depuis 1949 qu on est different ce que vous n arrivez pas a comprendre.

    Ma langue maternelle n est pas un dialecte pour nous mais une langue a part entiere.

    Mr Jabara, je comprends parfaitement votre mepris a peine cache envers ma langue maternelle, je sais aussi qu il y a beaucoup de gens comme vous malheureseument.

    Au lieu de nous aider dans la lutte digne pour sauver notre langue millenaires, ce qui un combat juste, vous nous mettez les battons dans les roues, c est triste mais c est comme ca.

    Pour Houda, Mouloud Mameri est un universaliste, un grand chercheur qui malheuresement a ete assassine un mois de fevrier 1989 a ain defla par la SM a l age de 72 ans alors qu il revenez d un siminaire de tamazight au maroc.

    merci a tous




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  • Mohamed Jabara
    19 août 2010 at 22 h 10 min - Reply

    @abane001.

    Tu fais donc partie de ces « certains » Kabyles et tu éprouves le besoin de parler en leur nom en disant « nous » ? Et tu estimes devoir les défendre ?

    Le reste de ton message plein de hargne à mon égard le confirme.

    Ne t’iamgine pas que je sois contre l’amazighité de l’Algérie, ni même contre les Kabyles que je considère simplement comme des algériens sans plus et que je n’ai jamais distingués de mes autres compatriotes. Mais des gens de ton genre estiment qu’ils sont plus qu’algériens et cela me hérisse autant que d’autres kabyles, la majorité d’entre eux heureusement, sinon l’Algérie serait à feu et à sang dans pas longtemps. Je n’aimerais pas que ce crédo destructeur se propage.

    Ces gens sont des extrémistes qui s’imaginent détenir la seule vérité et qui veulent isoler la Kabylie du reste de l’Algérie pour en faire un fief de haine, de mépris, de « racisme » et qui n’hésitent pas afin de réaliser leur voeu de mettre en danger l’intêrêt de la nation qui demeure pour moi et avant tout l’Algérie, comme d’ailleurs pour la majorité des Kabyles que je connais et dont beaucoup sont mes amis. Il ne peut y avoir de tolérance à l’égard de gens avec des principes pareils.

    La diatribe que tu lances contre moi comporte pas mal d’erreurs et notamment que le Kabyle n’est pas un dialecte mais une langue et donc de ce fait, tu relègues le chaoui, le mozabite, le chleuh, le chenoui, le targui et d’autres dialectes encores dérivant de l’amazigh à ….rien. Puisque Tamazight devient selon toi « Le Kabyle ». seul à pouvoir être considéré comme langue et qui selon moi est en devenir, dans le sens ou Monsieur ADDI l’entend, c’est à dire qu’il ne se réalisera que dans plusieurs générations mais que la machine est en marche et que je suis de tout coeur avec ceux qui l’alimentent. Jusqu’a ce que tamazight soit réunifié, le kabyle est et demeure non pas une langue, mais un idiome, un dialecte, d’après le peu de notions qu’on m’a apprises.

    Le mépris que j’ai n’est pas dirigé contre « ta langue » maternelle comme tu dis , mais contre ces pratiques minoristes qui veulent donner l’impulsion du chaos par le biais de revendications identitaires biaisées et régionalistes. Le Tamazight est le patrimoine de tous les Algériens et il n’appartient à personne de l’instrumenter comme le Kabyle demeure un idiome ou un dialecte régional et qu’on ne saurait l’imposer au reste de l’Algérie par la force.

    Au lieu de t’attaquer à moi en me collant des étiquettes, tu devrais te concentrer sur le contenu de mes messages et prendre conscience que l’Unité de l’Algérie trancende tout. Si on ne peut pas créer le Grand Maghreb, au moins qu’on garde l’Algérie intacte. Et les « quelques kabyles » que je vise font tout le contraire et veulent émietter cet ensemble:l’Algérie. Ils travaillent donc à contre courant et ne peuvent qu’etre rejetés par l’Histoire.

    Saha ramdanek.




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  • houda
    19 août 2010 at 23 h 22 min - Reply

    salam tout le monde et saha ftourkoum
    @Abane001, rassurez vous personne ne vous déteste parceque vous êtes kabyle, si c’est le cas vous avez affaire à des personnes sans cervelle, de petits racistes bêtes et méchants.
    Concernant le problème dont on discute je parlerai plutôt de méfiance ou malentendu réciproques. méfiance et malentendu créés et entretenus d’abord par la france ensuite par des personnes qui n’ont pas su poser ou gérer ce problème.le kabyle dit que l’arabe me déteste et l’arabe dit que le kabyle me déteste, comment est-on arrivé à cela ? ce problème existait-il avant l’arrivée des français ?
    certains berbéristes préfèrent parler et apprendre à leurs enfants le français plutôt que l’arabe, pourquoi ? d’autres plus radicaux ne font qu’insulter les arabes et l’islam, comment voulez vous qu’un arabophone réagisse à cela ?
    à mon avis il faut d’abord dépassionner le débat, respecter l’autre, ne pas l’insulter ou le rejeter d’autant plus que cet autre est un algérien, on doit vivre ensemble avec nos différences, l’algérie est une mosaique de traditions, de cultures et même de races, cela doit faire notre richesse et non pas notre malheur
    ce problème doit être traité sans passion car la passion fait perdre la raison.
    Décréter du jour au lendemain le tamazight comme langue officielle n’est pas raisonnable à mon avis car une grande majorité du peuple ne la comprend pas même certains ceux dont les parents sont berbérophones; et puis parler kabyle, chaoui, mozabite, chelhi ou targui ? vous savez très bien qu’ils se comprennent pas les uns les autres, comment faire ?
    le problème n’est pas aussi simple que ça et ce n’est pas la fuite en avant qui va le régler,au contraire.




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  • Afif
    20 août 2010 at 1 h 05 min - Reply

    A abbane001 : le frère Jabara a raison. Voici quelques morceaux choisis extraits du livre « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu » de Mohand-Aarav Bessaoud, livre qui est comme vous le savez le livre de chevet des berbéristes et de leurs sympathisants et dont les idées continuent à sévir jusqu’à aujourd’hui.

    Premier extrait :
    « …En cours de route, il me posa la question suivante :
    – « êtes-vous Kabyle ou Arabe ? »
    – Je suis simplement Algérien.
    – Sur ce point, vous ne m’apprenez rien, vous ayant reconnu d’emblée comme tel, je veux seulement savoir de quelle région vous êtes. »
    Sûr de mes sentiments nationalistes, je convins finalement de ma qualité de Kabyle.
    « – Ah ! les Kabyles ! s’exclama l’homme, quelle valeur ! quelle bravoure ! En Algérie, nous vous devons tous nos échecs et toutes nos difficultés. »
    Croyant à une manœuvre de division, je protestai.
    « – En Algérie, dis-je à mon interlocuteur, il n’y a ni Arabes, ni Kabyles, il y a seulement des Algériens.
    « – Voyons, jeune homme, me répondit-il, vous n’allez pas faire croire à l’ethnologue que je suis que les Kabyles et les Arabes font un. Je conviens que beaucoup de ceux qui se taxent hardiment d’Arabes ne sont que des berbères arabisés. Mais il faut reconnaître aussi qu’en abandonnant leur qualité de berbère, ils ont adopté tout le caractère de l’Arabe, qui n’est pas reluisant. D’ailleurs, vous n’ignorez pas qu’en Oranie la lutte a déjà cessé ; que partout ailleurs, sauf dans les deux Kabylies, elle s’est nettement essouflée. »
    Je tins mordicus à ma première réponse, refusant même d’admettre que la lutte avait cessé en Oranie. Cela irrita mon client qui, après un brillant hommage aux Kabyles, me dit, comme pour clore la discussion :
    « – Je suis André Malraux, ministre de la Culture du Gouvernement Français »
    NB : cet entretien a été rapporté selon l’auteur par un chauffeur de taxi kabyle à Paris.

    Deuxième Extrait tiré du livre « FFS, Espoir et Trahison » du même auteur :
    « D’autre part, je n’ignore pas que la totalité des Algériens sont contre la dictature. Mais je sais aussi que seuls les Kabyles se sont dressés contre elle avec une réelle détermination (NDLR : Aventurisme). Certes, il ne me serait pas venu à l’idée de contester à Moustache et à Chaâbani, ainsi qu’à certains autres la part qu’ils ont prise à ce nouveau combat. Mais, il me faut dire que je ne crois pas un seul instant qu’ils l’aient fait pour les mêmes raisons que nous ou que seulement ils aient pu le faire si les Kabyles ne leur avaient ouvert la voie…..Qu’on n’oublie pas que dans les Aurès, la Kabylie et les Beni Snassen (Nedroma) qu’elle prit naissance en 1954 (NDLR : faux, les premiers martyrs et condamnés à mort du fait du déclenchement du 1er Novembre sont originaires de Mostaganem, Aïn Témouchent et Zahana). Le prix de la libération est si lourd pour les deux premières régions citées qu’il se traduit par 185.000 orphelins de guerre (86.000 pour le département de Tizi-Ouzou et 46.000 pour celui de Batna (NDLR : la moitié de Tizi-ouzou). Je doute fort que les autres régions d’Algérie puissent compter ensemble un même nombre d’orphelins (NDLR : comptons depuis 1830. Pendant 17 années (1830/1847), la Région Ouest a combattu pratiquement seule la deuxième grande puissance mondiale de l’époque sans soutien international diplomatique ou médiatique). »

    Ces deux livres ont formaté un grand nombre de nos frères Kabyles. Il y a beaucoup de contre-vérités et de forfanterie mal placée, mais il faut reconnaître qu’il y a aussi beaucoup d’analyses pertinentes et de vérités qui justement ont permis à l’auteur de faire gober le reste.




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  • Afif
    20 août 2010 at 1 h 29 min - Reply

    Au frère Addi :

    Après les caractères arabes, vous n’êtes pas sans savoir qu’on va aussi vous reprocher d’utiliser les mots Maghreb et Maghrébins. Car, ces mots blasphématoires pour certains renvoient à l’appartenance au monde arabe duquel, ils veulent absolument nous détacher pour nous proposer de nous remorquer au monde occidental.

    Ces gens ne veulent pas comprendre que nous ne sommes pas des ennemis du monde occidental dont les citoyens sont nos frères en humanité, dont beaucoup d’entre eux sont, depuis des lustres, solidaires de nos luttes contre l’impérialisme de leurs gouvernements, dont certains pas encore nombreux ont adopté notre religion. Mais cela ne doit pas nous inciter à changer de veste et d’identité pour faire plaisir à nos amis occidentaux. D’ailleurs, ils ne le voudraient pas et si c’est le cas, nous diminuerions dans leur estime. Respectons la culture et l’identité laissée par nos ancêtres qui ont adopté et vécu la civilisation arabo-islamique, ce n’est pourtant pas sorcier. Ce qui, par ailleurs, ne nous oblige pas à renier notre langue ancestrale qui est le berbère qu’on doit valoriser par tous les moyens démocratiques.




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  • abane001
    20 août 2010 at 5 h 12 min - Reply

    Bonjour à tous.

    J’ai déja dis que je suis kabyle et je n’ai aucune raison de le caché, c est un sentiment d’appartenance tres fort et de fierte pour moi.

    Je m’affiche pour ne pas nager dans l’eau trouble et pour que chacun de nous sache à qui il a affaire.

    la grande difference entre Mr Addi, Afif et jabara est que Mr Addi est un universitaire que je respecte pour son engagement claire et limpide mais sans aucune haine et aucun mépris, cela ce voit dans ses écris de tous les jour meme si je n’approuve pas le point ou il propose le caractere arabe pour tamazight.

    Revenons aux deux derniers, Afif et Jabara, j’ai deja dis que l’Algerie compte beaucoup de gens comme vous, malheuresement, vous vehiculer l’intolerance, le rejet de l autre, l’assimilation culturelle forcée et tous vos discours déguisés et factice ne pourront cacher tout cela, afficher vous et dite clairement ce que vous penser de tamazigh et votre aversion pour ce mot meme.

    L’un, jabara, essai de m entrainer dans une impasse entre le chaoui, targui, mozabite, le chelhi… la il n y a aucun probleme entre chaoui, kabyle, targui, chelhi, on est tous des amazigh et on descend tous de la meme racine amazigh,donc par definition, on est des frères.

    Vous savez messieurs, jabara et afif, moi je ne vous reproche pas votre appartenance au monde arabo-musulman, cest votre droit le plus absolu, mais svp! pourquoi voulez vous nous assimiler a des arabes alors que nous sommes amazigh tout simplement.

    Messieurs Afif et jabara, vous serez content si je vous dis que vous etes des espagnoles alors que vous ne parler pas cette langue, vous faites la meme chose avec nous les amazigh depuis 1962.

    Est ce que le fait d etre Amazigh, donc non arabe, vous dérange tant dans cette terre ancestrale ou nous vivons depuis des milliers d annees.

    Moi, j accepte et je comprends qu il y ait des Algeriens qui sont arabes a 100% et qui n ont rein avoir avec la racine amazigh et nord africaine.

    Mr Afif, le probleme avec des gens comme vous, aucune possibilité de compromis, avec vous ou des regimes qui pronent votre facon de pensée, aucune solution n est permise a part la mort ou l assimilation.

    je rêve d une Algerie plurielle, democratique, mais a mon age et etant très pragmatique, avec le niveau d,intolerance de mes compatriote ou la difference est assimilée à une menace de l autre, aucun salut n est possible pour cette terre martyrisée depuis la nuit des temps.




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  • bouyilès
    20 août 2010 at 12 h 25 min - Reply

    C’est l’histoire d’un Wagon,vide de surcroit,à qui on demande pourqoui il est immobile.
    C’est simple dit-il,il me manque la locomotive de rattachement.
    On aime toujours se faire tracter.
    Ni occident,ni orient,on demande seuleument à être motorisé.
    Dixit: Mohand-Aarav Bessaoud




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  • benamina
    20 août 2010 at 12 h 25 min - Reply

    @houda,vous vous posez la question de savoir si la dualité arabe/kabyle en Algérie existait avant la colonisation. A mon humble avis, qui reste à nuancer ,confirmer ou infirmer, la colonisation a exaspéré, attisé, formalisé, ‘idéologisé’ et construit sur cette dualité qui avait cours (sous d’autres formes et affirmations) bien avant 1830. déjà, du temps de la régence turque, les kabyles vivaient isolés dans leurs hautes-montagnes comme dans une forteresse inexpugnable en semi-autonomie. le beylick n’intervenait que pour lever l’impôt, quand il pouvait le faire et quand les grandes confréries, installées dans les gros villages daignaient le payer. rappelez vous les royaumes de koukou et des béni-abbès. en ce temps là aussi les kabyles pouvaient se rendre librement et en grand nombre dans les autres régions voisines comme à Alger, Béjaia, Sétif ou même Constantine pour travailler comme marchands ambulants, portefaix, soldats ou artisans. dans le sens inverse le mouvement était insignifiant (comme aujourd’hui) du fait de la pauvreté de la région, l’absence de grandes villes et de l’inaccessibilité montagnarde, sauf peut-être pour les fuyards, les fugitifs et les persécutés qui venaient même de l’orient et qui recevaient l’aman tant qu’ils venaient en demandeurs d’asile et non en conquérants. En plus il faut signaler la forte présence au sein de la population locale d’éléments descendants de vandales européens réfugiés dans les montagnes après la chute de leur royaume et leur persécution par les byzantins (venus en libérateurs du joug vandale).ces éléments ont toujours gardé le souvenir et le sentiment de leur origine nordique, européenne, donc non orientale. D’où leur refus hargneux d’être assimilés aux autres autochtones qui se prétendaient à tord ou à raison d’appartenance ou de proximité moyen-orientales. Enfin pour éviter toute polémique, toute mauvaise interprétation ou tout procès d’intention, il n y a dans ce point de vue ni ségrégation ni exclusion. je signale qu’il y a aujourd’hui au nord du Maroc, régions de Tétouan, Tanger ou Chechouane, des populations de villages entiers qui ont tous ce qu’il y a de marocains, d’allégeance au royaume et de patriotisme mais qui affirment fièrement leur origine mauresque et leur nostalgie de leur Andalousie perdue. alors, messieurs les rapides de la gâchette, nous sommes dans un espace de débat et d’enrichissement.




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  • simozrag
    20 août 2010 at 12 h 29 min - Reply

    @ Hocine dz.

    En vous adressant à Monsieur Lahouari Addi, vous affirmez, je cite : « Moi, je vous pose la question : à quoi ça sert de traduire les Livres Saints, dont le Coran ? Ne participent-ils (les Livres Saints) pas à l’aliénation des peuples à cause de leurs idéologies rétrogrades et fascistes ? »

    J’ai le regret de vous annoncer que votre affirmation blasphématoire est une offense grave et délibérée à l’égard de la majeure partie de l’humanité laquelle croit en les Livres saints.

    Certes, vous avez le droit de ne pas y croire, mais vous devez respecter les croyances des autres, c’est l’une des règles les plus élémentaires de la démocratie.

    Le Coran que vous traitez d’idéologie « rétrograde et fasciste » est le Livre sacré de près de deux milliards de musulmans.

    Si vous n’avez aucun respect pour la communauté musulmane dans le monde, ayez au moins la gentillesse de respecter vos compatriotes, les 35 millions d’Algériens qui croient et vénèrent ce saint Livre.

    Aussi, est-il utile de vous rappeler que le Coran, tel que Dieu l’enseigne, fait trembler de crainte l’Univers, fendre les montagnes et sursauter les morts.

    Sachez, Monsieur, que par cette injure grossière vous portez gravement atteinte à la foi, à l’honneur et à la dignité du peuple algérien.

    Et je ne pense pas que pareil forfait soit réparable par une simple demande de pardon ! A Dieu et aux internautes de juger !

    Simozrag

    ================
    Nous avons exceptionnellement et sciemment laissé passer les propos blasphématoires du pseudo Hocine dz pour mettre en évidence le degré d’intolérance de ceux qui s’autoproclament « modernistes » et qui se permettent toute honte bue d’insulter la religion de l’écrasante majorité de leur peuple au nom de la « liberté d’expression », de la « démocratie » et de la « tolérance ». Pauvre intelligentsia indécente et sans conscience !
    La Rédaction LQA




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  • Mohamed Jabara
    20 août 2010 at 13 h 07 min - Reply

    @Abane001.

    Nous ne parlons pas le même langage apparemment. Il ne sert à rien de discuter si chacun se met dans une bulle inaccessible et qui déforme sa vision de la réalité. Tu veux me tirer dans des sables mouvants que tu veux créer par un langage double et des étiquettes que tu me colles et qui n’ont rien à voir avec ce que je dis. J’ai l’impression que tu ne lis même pas mes posts et que tu ne fais que répondre à l’image que tu t’est faite de moi dans ta tête pleine d’idéologie d’un autre âge et qui façonne tout ton être.

    Que tu sois kabyle ne signifie rien d’autre que le fait que tu habite la kabilie point barre, tu n’est pas plus amazigh pour cela que les autres.

    Nuance, moi je m’affiche pour qu’on sache à qui on a affaire, j’apparais sous ma véritable identité au vu et au su de tout le monde et je ne me cache pas derrière un pseudo. Par contre derrière ton pseudo, bien qu’il renvoie à une figure illustre de notre Histoire cache derrière lui une attitude qui ne sied pas aux grand homme dont tu t’est affublé du nom et qui lui n’était pas régionaliste comme toi, mais un vrai nationaliste.

    J’ai déjà dit dans un de mes posts que devant Lahourai Addi je ne suis rien. Je ne me suis pas comparé à lui et je ne vois sincèrement pas pour quoi tu le fais. Le problème c’est que même lui « masslekch » et fait l’objet d’attaques de la part de ton courant ultra minoritaire. Eh quoi ? Vous n’avez même pas voix au chapitre dans votre région et vous voulez dicter à l’Algérie entière une démarche ?

    Question : Ou vois tu l’intoilérance dans mes posts ? Donne moi un seul exemple, les internautes jugeront. L’intolérance que tu m’attribues réside dans ta tete. Si le fait de dire que l’amzighité appartient à toute l’Algérie est de l’intolérance, oui je suis intolérant, si le fait de dire que la langue amazighe doit s’établir sur la base de tous les dialectes amazighs afin qu’il n’y ait pas de clivages, oui je suis intolérant, si le fait de dire que la langue kabyle n’est pas la langue amazighe mais un dialecte amazigh, oui je suis intolérant. Mais alors explique moi ton point de vue et je serais heureux de le partager avec toi pour ne pas être intolérant s’il est logique.

    Tu m’attribue de la mauvaise foi en traitant mes posts de «  discours factices » n’est ce pas plutot toi qui est de mauvaise foi qui au lieu de répondre sur le contenu me réponds par le biais d’étiquettes que tu me colles ?

    Le fait que tu dise que j’essaies de t’entrainer dans une impasse résume ta vision. Tu commences par me dire que le Kabyle est une langue à part entière et pas un dialecte et quant je t’oppose les autres dialectes tu me dis que je te mets dans une impasse. Oui je te met dans une impasse car ton argumentation est viciée et ne résiste pas à l’examen. Quand à me retourner l’argument que nous sommes tous frères, j’ai été plus loin en disant que nous devrions construire le grand maghreb au lieu de nous replier chacun sur sa région. Tu ne m’apprends donc rien et tu ne fais que travestir mes propos.

    Ou trouves tu que je voulais t’assimiler aux arabes ? J’ai toujours dit qu’il y avait trois fondements à l’Algérie tel que le stipule l’appel du 19 mars auquel j’adhère pleinement comme comme toute la communauté LQA dont en principe toi aussi fait partie. Cet appel fait état de trois fondements : l’arabité, l’amazighité et l’islam. Veux tu dire que l’appel du 19 mars est à revoir ?

    Je ne te répondrai plus quoi que tu dises. Nous ne pourrons jamais être d’accord toi et moi. Je tiens un discours rassembleur et tu te replies dans une coquille idéologique criarde que pronent certains milieux que tous sur LQA nous connaissons et qui visent au démembrement de notre chère Algérie.




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  • Afif
    20 août 2010 at 13 h 23 min - Reply

    Merci, mille mercis, frère Simozrag pour votre mise au point à Hocine que j’ai osé traité de frère : j’ai relu son commentaire, c’est abominable. Si on ne croit pas, qu’on respecte au moins autrui.

    Frère abbane001 :

    Eh oui, vous êtes mon frère, je suis un berbère du Dahra. Les berbères sont partout chez eux en Algérie, c’est leur pays après tout. Pour cette fois-ci, je t’invite à une discussion imaginaire entre un européen et un berbère :

    L’Européen : « vous êtes berbère et vous vous sentez plus proche de l’Europe que du Monde arabe. Bizarre. Nous avons pourtant la Méditerranée qui nous sépare, vous faites partie d’un autre continent. Qui plus est, votre culture, votre religion, votre histoire sont étroitement liées au Monde arabe. Nous n’avons rien de commun avec vous à part l’humanité. »

    Le Berbère : « il y a pourtant un pays qui présente le même cas que le nôtre et qui s’est porté candidat à l’intégration à l’Union européenne. La Turquie fait partie d’un autre continent et sa civilisation est arabo-musulmane comme nous.»

    L’Européen : « eh bien, justement, on n’en veut pas.»

    Dernier mot, frère abbane001, je ne cherche pas à vous assimiler aux arabes, je vous demande au contraire d’être un vrai berbère, fier et indomptable qui respecte comme la prunelle de ses yeux la voie tracée par ses ancêtres et de ne pas à chercher à mendier ce que l’on n’est pas et jamais été, pour une bouchée de pain ou des questions matérielles.




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  • tacili
    20 août 2010 at 14 h 13 min - Reply

    Bonjour,

    C’est malheureux que cette question est devenue otage des extrémistes des deux bords au point ou une simple opinion de M.Addi a été jugée presque blasphématoire par certains.

    Seul un référendum transparent dans une démocratie réelle peut trancher ce genre de conflits car le pouvoir actuel ne fait qu’exploiter les divisions pour mieux régner.

    Merci




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  • Mohamed Jabara
    20 août 2010 at 15 h 54 min - Reply

    @ Tacili.
    Effectivement, il n’est pas normal que l’opinion de Monsieur Addi soit devenue l’excuse des extrémistes qui ne reculent pas devant la menace de déchiqueter l’unité de la nation pour arriver à leurs fins.

    Il m’arrive rarement d’être en désaccord avec toi et généralement après un commentaire ou deux nous accordons nos vues. Permets moi cette fois ci de te dire qu’un référendum sur des questions fondamentales tranchées depuis des siècles, parceque justement des extrémistes les remettent en cause, n’est une option que si on se range de leur côté car la question est entendue par tous les partiotes sincères de quelque obédience qu’ils soient et l’appel du 1er Novembre et celui du 19 mars sont unanimes l’Algérie repose sur trois fondements connus par tous et non susceptibles de négociation pour cause d’opposition minoritaire.

    Mais si tu veux parler de la graphie de Tamazight, je crois qu’on met les charrues avant les boeufs. Libérons d’abord l’Homme qui agira alors en conscience et saura trouver le chemin de ses préférences. Canalisons les différents parlers berbères pour les amener après quelques générations à épouser un même creuset qui les unifie et en fait une langue rassembleuse et ensuite nous penserons à la graphie qui demeure secondaire car s’agissant de la formalisation graphique, de la forme qui n’a d’incidence que si on veut lui en donner. Justement si je comprends bien Lahouari Addi, c’est parceque certains veulent lui donner cete importance qu’il parle d’écrire Tamazight en graphie arabe pour diminuer les appréhensions des extrémistes arabistes.

    Saha ramdanek.




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  • Hocine.dz
    20 août 2010 at 16 h 37 min - Reply

    D’abord je tiens à remercier Mr Lahouari Addi pour sa mise au point. Me voilà rassuré quant à votre position concernant l’adoption de l’alphabet arabe. Vous dites, je vous cite : « C’est un débat et je ne fais pas de cette position quelque chose de définitif. Peut-être que l’alphabet latin est la meilleure solution. » Ceci dit, je ne suis pas d’accord qu’il faut adopter alphabet arabe pour que les Arabophones daignent bien accepter en partie la langue berbère, même si je comprends votre pragmatisme. C’est aux Berbères eux-mêmes de choisir l’alphabet qu’ils jugent approprié. Maintenant, voyons ce qu’un autre intellectuel, en l’occurrence Hocine Aït Ahmed, a dit à propos de la langue : « Le génie d’une langue n’est pas dans sa grammaire ou sa syntaxe, elle est dans son pouvoir analytique capable de transformer les évènements en réflexion, les échecs en leçon. »
    « Si l’autorité appartient à ceux qui l’exercent effectivement et la propagande à ceux qui la commettent, la vérité, elle, n’appartient à personne, ni à une langue, ni à une discipline en particulier, elle est plurielle car la vie est diversité et pluralisme, et les problèmes de société de plus en plus complexes , les solutions pour les résoudre ne peuvent être que le fruit d’échanges, de recherches, de confrontations et d’arguments de raison. » (Ces propos ont été tenus juste après les événements du Printemps berbère d’avril 1980). Avant de revenir à mon propos sur les Livres Saints, je veux d’abord exprimer ma grande déception à l’endroit de La Rédaction LQA qui a affiché un parti pris flagrant en prenant le parti d’un certain Simozrag, qui a jugé mes propos blasphématoires et injurieux envers l’islam et les musulmans. Permettez-moi de vous dire messieurs que contrairement à ce que vous croyiez, je ne suis pas contre les religions et les croyants mais de l’usage qu’en font de ces religions les charlatans et les faux-dévots. Au contraire, je suis pour toutes les libertés individuelles et collectives : la liberté de penser, d’expression, de conscience, etc. Cette semaine, Dominique Gaurier a publié une analyse pertinente sur l’islam et la laïcité (cf. El Watan des 15, 16 et 17 août 2010), dans laquelle il a exhorté les intellectuels musulmans à réfléchir et à œuvrer à l’instauration d’une laïcité musulmane pour faire sortir les pays musulmans du sous-développement et de l’impasse où ils se trouvent. Tout le monde sait que les élites musulmanes, dans leurs majorité, incriminent la religion dans le marasme que vivent leurs sociétés, mais ils le disent tout bas, ç-à-d en privé. Alors messieurs, ne pensez-vous pas qu’il est temps de réformer l’islam ? Les Occidentaux ne sont arrivés à instaurer la laïcité chez eux qu’après avoir critiqué leur religion dans ses aspects négatifs – et Dieu sait s’il y en a dans toutes les religions – et ce grâce à leurs penseurs et aux philosophes des Lumières. Pourquoi, nous musulmans, on n’a pas le droit de critiquer notre religion ? Je me demande qui est intolérant dans ce cas de figure ! Il faut séparer le temporel du spirituel pour ne pas donner l’occasion aux charlatans et autres usurpateurs d’utiliser la religion pour assouvir leurs desseins criminels. Et puis, sur le plan individuel, où est la tolérance dont on proclame que la religion est porteuse ? Franchement, moi je ne l’ai pas trouvé ! Pourquoi on ferme les restos et les cafés dans les pays musulmans pendant le mois de ramadan ? Si ce n’est pas de l’oppression, alors dites-moi ce que c’est ? Pourquoi obliger les gens à jeûner ? Pourtant, il y a beaucoup de gens qui ne font pas carême : malades, voyageurs, étrangers, non-croyants… On met même des gens en prison pour non-observation de jeûne!!! Quel fanatisme! Quelle hypocrisie! Quelle calamité!Pourquoi un musulman, quand il change de religion, est menacé de mort ? Combien d’injustices et de crimes on commet au nom de la religion ? Qui est extrémiste et dangereux pour la société, le croyant fanatique ou bien le non-croyant ? Pourquoi condamner à mort des gens qui affichent leurs convictions en public sans porter atteinte à la religion et sans heurter la sensibilité des croyants ? L’injustice commise à l’encontre de Salman Rushdie et Ayaan Hirsi Ali, pour ne citer que ceux-là est révoltante ! Si on est tolérants, pourquoi interdire leurs ouvrages dans nos contrées ? Craigne-t-on que le peuple y découvre une part de vérité qui sera une menace pour les puissants potentats ? Il est clair que les tyrans souhaitent former et gouverner des esprits faux plutôt qu’avoir affaire à des esprits clairvoyants.

    ==================
    Je crois que vous persistez dans votre intolérance au nom de la…..tolérance ! Et nous ne sommes pas des néo-colonisés de l’esprit pour ne pas discerner ce qui est utile et nécessaire pour notre Algérie et ce ne sont pas des étrangers qui vont nous indiquer les voies d’une meilleure compréhension de la religion de l’ecrasante majorité de notre peuple. Il est vrai que des philosophes imposteurs de l’Hexagone étaient devenus des références pour certains de nos « intellectuels » quand le sang algérien coulait à flot, la décennie écoulée.
    Dénoncer un blasphème vis-à-vis de notre religion n’est ni de l’intolérance ni un parti pris en faveur de Me Simozrag que certains traitent avec mépris d’un….. »certain ». Qu’on ne vienne pas nous donner des leçons de liberté d’expression, de démocratie et de tolérance. Nous connaissons assez bien le sens que leur donnent les fascistes de la démocratie sélective. La discussion est close de notre côté sur cette question touchant à l’atteinte de notre religion, un des fondements de notre identité nationale.
    La Rédaction LQA




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  • houda
    20 août 2010 at 16 h 49 min - Reply

    merci benamina
    donc les kabyles étaient les bien venus là où ils allaient en Algérie dans les régions arabophones, un peu partout en Algérie à l’ouest, à l’est et au sud vivent des kabyles depuis des lustres, s’il y avait un quelconque rejet des kabyles de la part des arabophones ils se seraient pas établis dans ces régions. Il n’y a que les pyromanes qui cherchent à séparer entre les deux mais ils oublient que le sang des arabophones et des kabyles s’est melé, ils sont frères, il n’y a que le diable qui veut séparer des frères.




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  • amar
    20 août 2010 at 17 h 42 min - Reply

    Mes chers compatriotes Salam,
    Quoi qu’on dise sur tamazight et les caractères qu’il faut pour la transcrire, je pense que les positions dégagées dans ce forum par les un et les autres reflète un mal-entendue entretenu par le pouvoir depuis une belle lurette.
    ceux qui défendent le caractère latin n’hésitent pas a s’attaquer a tout ce qu’est islam et arabe pour finalement défendre une idéologie plus que autre chose et tamazight passe pour l’anti-arabo- islamique et ceux qui leurs répondent n’hésitent pas a axé leur réponses sur l’idéologie et passe tamazight en seconde position .
    Malheureusement certains trouve que le fait que la majorité des travaux sur tamazight viennent de paris c’est un problème et jette en bloque le reste. Si comme si, leur bute est atteint. Tout ce qui vient de l’occident est mal. le hic c’est que la majorité des ces même intervenant y vivent et travaillent leurs intervention sont en caractère ????Pour ne pas le dire latin .vous allez reprocher aussi a notre fameux journal LQA d’être un journal en français et la majorité de ces fondateur sont a l’occident la réponse ne peut pas venir de moi adressez-vous a la rédaction.
    Vous avez oublié qu’un moment de notre histoire tamazight est interdite sur les lieux publics en Algérie ! comment voulez-vous que la recherche sur cette langue se fasse en Algérie et pas ailleurs ?
    Vous rejetez le caractère latin parce que c’est le latin. Comme si le caractère latin contre l’islam. je défie quiconque de donner la preuve. Là aussi, c’est le jeu du pouvoir.
    Ne pensez –vous pas que l’islam a tout à gagner si tamazight est écrite en latin ? avez-vous le doute a ce point en vous au point de penser que le fait d’écrire tamazight en caractère latin vous perdiez votre religion qu’est l’islam bon dieux ! Pardonnez –moi s’il vous plaît ne vous cacher pas derrière l’islam il est innocent de vous position.
    Finalement l’un et l’autre ne cherche pas à défendre la langue tamazight mais se cache derrière pour justifier des idées reçues d’autre préfèrent attendre laissez le temps au temps pour ne pas manifester leur indifférence.
    Je condamne personne mais permettez –moi de vous présenter ma façons de voir les choses l’Algérie est dans une situation critique tous les problèmes sont accumulés au point de ne plus savoir par quoi commencer pour apporter des solutions. Et, tamazight fait partie de ce lot qui attends des solutions elle ne peut ni être ignorée ni reportée comme d’ailleurs tous les problèmes dont nous nageons.
    Ne tombez pas dans le piège d’autre fois lorsque le mouvement national en l’occurrence le FLN d’avant l’indépendance pense une fois l’Independence est acquise le pouvoir leur revient tout est facile c’est le paradis sur terre la magie du pouvoir est puissante l’importe qui pourrait succomber sans problème et aucune résistance. La preuve est dans notre histoire, les compagnons de résistance contre l’occupent d’autre fois sont devenus des pires ennemis au point certains assassinent d’autres sans état d’âme.
    Saha ftourkoum en latin




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  • Jabara Mohamed
    20 août 2010 at 18 h 53 min - Reply

    Si un jour, ce pouvoir disparait, c’est que le peuple aurait muri et de ce fait il ne permettrait pas l’instauration d’une autre dictature et donc il n’y a rien à craindre pour l’expression de la volonté populaire.

    Préter des idées aux gens comme si on était entré, par effraction dans leur tête, pour leur imputer des idées qu’ils n’ont pas clairement exprimées est une gymnastique qui se pratique de plus en plus sur LQA surtout lorsqu’on le fait par allusions sans s’adresser directement à quelqu’un en particulier sport très facile et dans lequel nous pouvons tous exceller, mais je dis dire malsain. Nous sommes ici pour répondre à l’appel du 19 mars qui fait des composantes de l’identité nationale un leitmotiv pour tous, alors arrétons de nous accuser les uns les autres et que ceux qui n’adhèrent pas à cet appel le disent clairement et cessent d’empoisonner le site par leur écrits inconvenants.




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  • Lyes
    21 août 2010 at 14 h 01 min - Reply

    Bonjour M. Addi

    Je remercie Monsieur Addi pour sa mise au point et son éclaircissement concernant le sujet relatif à l’écriture de la langue berbère.
    Connaissant (plus au moins) le professeur Addi, car j’étais son étudiant à Paris 8 et un « bon » lecteur de ses ouvrages et contributions, j’étais persuadé qu’il allait expliquer et éclairer ce point qui a fait débat.

    Il n’est pas sans savoir, malgré que nous sommes tous d’accord sur le fait que la question de langue en Algérie est une question terriblement compliquée et que la politique linguistique, telle qu’elle a été instaurée par le pouvoir, n’a fait que compliquer cette question, que la langue arabe souffre d’une diglossie pouvant justifier l’échec de cette politique linguistique et du système scolaire et universitaire en Algérie. Je suppose qu’il est plus facile de résoudre le problème concernant l’écriture de la langue berbère et de sa planification que de régler la diglossie que souffre actuellement l’arabe en Algérie.
    (Diglossie, en terme simple, veut dire langue parlée n’est pas écrite et langue écrite n’est pas parlée)

    Nous avons déjà abordé cette question de diglossie avec vous Monsieur Addi, dans un séminaire que vous assurez à Paris, j’aimerais que vous en dites un peu plus et de dire comment la langue arabe est arrivée à cette situation de diglossie ? Comment peut-on le régler ? Est-ce que la diglossie est un danger pour l’évolution et la pérennisation de la langue ? Même la langue berbère commence à souffrir de cette situation diglossique. Le berbère que l’on enseigne dans les écoles n’est pas celui que l’on utilise quotidiennement dans les régions comme Bouira, Tizi-ouzou, les chaouis etc.

    Je vous interpelle, Monsieur Addi, sur cette question car vous ne l’avez pas abordé dans votre contribution publiée dans le Soir d’ Algérie.

    Je vous remercie.

    Lyes.




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  • Adel
    21 août 2010 at 14 h 38 min - Reply

    Que la Rédaction de LQA m’excuse de faire dévier le débat de son sujet initial, mais cette question me paraît importante.

    @Hocine.dz

    Bonjour,

    Ce n’est pas l’islam qui doit changer, ce sont les musulmans (des personnes de chair et de sang qui ont des sentiments, un amour-propre, etc.)

    Toute tentative pour les faire changer de l’extérieur est vouée à l’échec (l’histoire de la colonisation le montre clairement).

    Une chose est sûre: ce n’est pas en les insultant et en les traitant de fanatiques, arriérés, etc., que vous trouverez chez eux une oreille attentive.

    Pour être écouté, commencez par vous situer dans le même repère que la majorité de la population, abandonnez le langage insultant et méprisant et prenez le temps d’étudier les classiques de la culture arabo-musulmane.

    Si vous ne vous sentez pas en mesure de faire cet effort, alors vous perdez votre temps. L’insulte n’a jamais fait évoluer personne.

    Cordialement




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  • Hocine.dz
    21 août 2010 at 14 h 42 min - Reply

    Tout d’abord, je tiens à affirmer que je n’ai insulté personne, que je n’ai méprisé personne et que je n’ai manqué de respect à personne. Critiquer une religion ne veut pas dire manquer de respect aux croyants, c’est exprimer une opinion personnelle, rien de plus. Entretenir cet amalgame c’est faire preuve d’une rigidité d’esprit qui refuse à l’autre le droit d’exprimer librement son opinion, c’est se poser en détenteur exclusif du monopole de la vérité… Demander à qqn de s’excuser d’avoir exprimé son opinion, on appelle ça de l’inquisition et de l’intolérance! Quand on n’approuve pas une opinion – et c’est votre droit le plus absolu -, on ne la combat pas par l’exclusion, l’anathème, l’intolérance et l’inquisition, il faut lui opposer des arguments de raison, sinon votre remède sera pire que le mal. Suivez votre raisonnement et ayez l’audace de traiter Spinoza, Voltaire, Darwin, Freud, Einstein, Alain, Camus, Kateb Yacine, Brassens, Brel, Ferré… et tous les non croyants d’intolérants et d’extrémistes !




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  • Adel
    21 août 2010 at 16 h 52 min - Reply

    @Hocine.dz

    Bonjour,

    Les auteurs que vous citez ont pris la peine d’écrire des livres. Vous avez réglé le sort des livres saints qui régissent la vie de plusieurs milliards de personnes en une seule phrase.

    Je vous cite:

    «Moi, je vous pose la question : à quoi ça sert de traduire les Livres Saints, dont le Coran ? Ne participent-ils (les Livres Saints) pas à l’aliénation des peuples à cause de leurs idéologies rétrogrades et fascistes ?»

    Où est l’argumentation?

    Cordialement




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  • houda
    21 août 2010 at 19 h 03 min - Reply

    A TOUS LES INTERVENANTS DE LQA : ne répondez pas à hocine.dz c’est un provocateur, on a d’autres chats à fouetter que de perdre notre temps avec lui. Je lui conseille toutefois d’aller insulter les juifs ou renier la shoah chez ses maitres, ils lui montreront ce qu’est la liberté d’expression.




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  • Jabara Mohamed
    21 août 2010 at 23 h 16 min - Reply

    @ Hocine.dz

    « C’est toujours avec un grand intérêt que je lis les contributions de notre intellectuel de renom qu’est Lahouari Addi. »

    Quelqu’un qui fait pareille déclaration s’affirme d’emblée comme un intellectuel. Car affirmer comprendre Lahouari Addi dont la méthodologie très fine à elle seule et sans le contenu est un monument de difficulté, n’est pas à la portée du premier venu, comme moi par exemple. Et donc répondre à un intellectuel qui s’affirme de ce niveau requiert de ma part une dose d’impudence et de présomption que j’espère me pardonnera le citoyen qui signe sous le pseudo @hocine.dz.

    A ce propos, je le salue d’avoir choisi ce pseudo qui renvoie aux racines de l’islam et si c’est son véritable prénom il suppose qu’il est né dans une famille pour laquelle l’Islam compte puisque’elle l’a affublé de ce prénom. Le fait qu’il ne le rejette pas marque son attachement ou son rattachement à la civilisation arabo-musulmane, si ce n’est consciemment, du moins inconsciemment. Quant à l’extension DZ, je me permettrais de relever que le peuple Algérien est majoritairement musulman et même si ses membres ne sont pas musulmans par conviction ils le sont par la culture bien assise depuis des siècles.

    C’est donc d’une difficulté extrême que de tenter d’analyser les écrits d’un intellectuel d’un tel niveau mais à laquelle j’ai la folie de m’attaquer.

    Pour cet internaute, le tamazight doit s’écrire dans une autre graphie que l’arabe car il serait mandaté par tous les amazighs pour le dire en leur nom puisqu’il affirme : «  A ma connaissance, aucun Berbère ne souhaite l’adoption de l’alphabet arabe pour la transcription de tamazight », D’ou tire t il une telle connaissance, il ne le dit pas.

    Je connais pour ma part sans parler en leur nom, beaucoup de ceux qui se qui se disent berbères sans qu’ils le soient et même de ceux qui ne se le disent pas mais qui le sont sans le savoir, pour ne pas dire la majorité, qui ne s’accordent nullement avec cette vision des choses. Au contraire je penche plutot vers l’idée qu’il ne représente qu’un courant ultra minoritaire qui vise indirectement à expurger l’Islam de l’Algérie sous prétexte de langue et il le reconnaît implicitement en déclarant ses craintes de voir le Coran traduit en Amazigh tel que le préconise Lahouari Addi dont les problématiques profondes ne sont pas toujours accessibles aux pseudos intellectuels. Ce sont ces craintes qui sont révélatrices de la démarche que ce courant tente de donner au mouvement pour le tamazight et qui font que ce mouvement n’avance pas car ces gens divisent ses forces et cassent sa dynamique. Tant que ce mouvement est entaché de notions anti islamques, il ne risque pas en effet d’obtenir l’adhésion des masses et restera confiné même dans les régions les plus berbérisées.

    A bon entendeur salut.




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  • bouyilès
    22 août 2010 at 0 h 06 min - Reply

    L’inadaptabilité du système d’écriture arabe à tamazight :

    Le système phonologique de la langue amazighe contient des oppositions impossibles à représenter par le système d’écriture arabe. À titre d’exemple, comment représenter avec les caractères arabes ce qui signifie en tamazight « j’ai laissé » / « j’ai guéri », « elle a planté » / « elle a grillé », « tu as rassasié » / « tu as troublé » ? En caractères purement arabes, on écrira respectivement : «

    ي
    ج
    ا
    » /«
    غ
    ي
    ج
    ا
    » ,«
    ا
    ز
    ث
    » /«
    ا
    ز
    ث
    » ,«
    ض
    و
    ر
    ث
    » /«
    ض
    و
    ر
    ث

    ». L’on voit bien que les énoncés données en paires sont écrites sans distinction aucune, ce qui provoque de l’ambiguïté. Certains diront qu’on peut modifier les caractères arabes d’une façon à les rendre adaptés au système phonologique amazigh, comme cela s’est déjà fait pour certaines langues indo-européennes comme le kurde, le persan, etc. Sachant que les caractères arabes sont déjà chargés de signes diacritiques, tout ce que l’on y rajoute ne sera qu’une charge de plus qui rendra lesdits caractères très lourds et surtout inesthétiques, voire illisibles sous une forme réduite de l’écriture. Pour ceux qui s’appuient sur l’argument selon lequel les Kurdes, les Perses, les Pakistanais, etc., ont adopté l’alphabet arabe modifié sans problème, la réponse est que les systèmes phonologiques de ces langues sont dépourvus de phonèmes emphatiques et de certaines affriquées qui posent problème dans la tentative d’adapter l’alphabet arabe à tamazight.

    Contrairement aux caractères arabes, les caractères gréco-latins sont légers en ce sens qu’ils ne contiennent pas de signes diacritiques, ce qui les rend facilement modifiables et sans créer des lettres lourdes, moches et illisibles et surtout sans risque d’ambigüité. Cela est observable dans des énoncés comme celles données plus haut, regardez: «ǧǧiγ » / « jjiγ », « yeẓẓa » / « yezza », « teṛwiḍ » / « terwiḍ ».
    Extrait du site :http://www.scribd.com/doc/36076111/De-la-graphie-arabe-pour-tamazight

    Le seul critère à prendre en compte concernant cette question est l’efficacité.
    Depuis 50 ans que beaucoup de choses sont entreprises chez nous,résultat des courses:zéro sur toute la ligne.
    Pourquoi? Par manque d’efficience.
    Pour une fois soyons neutre et faisons les choses dans le seul but de les réussir.Laissons les spécialistes faire les propositions nécessaires.




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  • Afif
    22 août 2010 at 1 h 40 min - Reply

    Cher bouyilès :

    Après avoir lu ton dernier commentaire, j’ai automatiquement pensé à la proposition suivante du Professeur Addi :

    « Pour revenir à notre cas, je pense qu’il faut être pragmatique et produire des oeuvres en berbère écrites dans l’un des trois alphabets. Avec le temps, l’un des alphabets s’imposera. Il ne faut pas oublier que la langue n’appartient pas à une seule génération, elle appartient à plusieurs. »

    Le principal dans cette histoire, c’est de ne rien imposer à l’algérien par une décision politique, sinon, il se braque : pourquoi, tout ce qui se décide depuis 1962 ne réussit pas, c’est parce que l’algérien n’est pas associé aux décisions ; s’il ne manifeste pas bruyamment, il fait de la résistance passive.




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  • Thanina
    22 août 2010 at 6 h 37 min - Reply

    Salam,

    Je tiens tout d’abord à remercier L’Houari Addi pour son analyse sociologique que je trouve assez intéressante.
    Selon moi, Tamazight ne devrait ni s’écrire en Arabe ni en Français, elle devrait tout simplement s’écrire en Tifinagh, même si cela devrait prendre plus de temps.
    Par ailleurs, cette langue devrait être unifié et être enseignée partout, en Algérie,et ce, dans le but d’abolir définitivement les frontières d’incommunication, lesquelles risqueraient d’entrainer encore des générations dans le marasme des conflits stériles qui perpétueraient la mise en avant des stéréotypes, l’instrumentalisation ou la division «ethnique».

    C’est dommage que HocineDZ excelle dans la souillure, la bassesse avec son atteinte au livre sacré, en osant faire faisant la promotion de dégénérés comme Salman Rushdi & co en mettant ça sur le compte de la liberté de PRESSION.

    Voici un lien intéressant, il s’agit d’un travail effectué par une chercheuse et auteure que je connais personnellement et dont le mari est inspecteur en langue Arabe, à l’académie d’Alger.

    http://asays.com/article.php3?id_article=293




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  • un passant anonyme
    22 août 2010 at 10 h 52 min - Reply

    @Hocine.dz
    Votre haine de l´Islam et l´alignement aveugle sur les positions des ennemis de cette authentique religion révélée par Dieu pour guider l´humanité, vous font dire n´importe quoi.
    Vous avez cité Voltaire parmi ceux qui ont critiqué le livre sacré de milliards de croyants sur cette terre, alors permettez moi de rebondir et d´étaler une vérité incontournable (cf l´ouvrage Voltaire et l´Islam publié en 1974 sous les auspices de l´Institut National des Langues et de Civilisations Orientales de Paris).
    Soumis au départ à l’influence xénophobe de son milieu ignorant, Voltaire entreprendra des recherches personnelles en quête de la vérité sur cet « Autre » tant méprisé.
    Celui qui attaquait vigoureusement le fondateur de l’islam en 1742 (dans sa pièce de théâtre « Mahomet »), est finalement revenu à une position conciliante à son égard voire apologétique. Ainsi en 1770, il défend le Prophète, pour soutenir que d’autres peuples pouvaient penser mieux que les habitants de ce « petit tas de boue que nous appelons Europe ». Ses derniers mots sur le Prophète et l’islam seront : « Sa religion est sage, sévère, chaste et humaine : sage puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystère ; sévère puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône, bien plus rigoureusement que le voyage de La Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité la tolérance ».
    Voici la conclusion de l´ouvrage sus cité : « Grâce aux répétitions multiples de Voltaire, Mahomet fut guéri de son « mal caduc », et sa religion cessa d´être considérée comme celle du diable ».
    Notre mal cher Monsieur, c´est avant tout l´ignorance, en voulant copier l´occident et en cherchant à renier nos racines et nos valeurs, nous ne ferons que le jeu des adeptes du choc des civilisations, cette élite mondiale qui détient le capital, dont l´objectif primordial est d´abattre l´Islam, qui constitue à leurs yeux un obstacle à leur dessein d´asservir les peuples et les soumettre à leur diktat.
    Espérons que la voie empruntée par Voltaire vous servira de référence. Vous êtes libre de choisir ou non cette recommandation, car l´Islam nous enseigne qu´il n´y a point de contrainte en religion.
    Je vous précise que je suis loin d´être un islamiste.
    Cordialement.
    PS:un grand salut au Professeur Lahouari Addi.




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  • lahouari addi
    22 août 2010 at 23 h 29 min - Reply

    Chers amis inernautes,

    Un de mes anciens étudiants à l’université Paris 8, Lyes, me demande de revenir sur un sujet que nous avons discuté en séminaire, la diglossie en arabe. Il me demande de le faire alors qu’il a les compétences pour mener des recherches là-dessus et les présenter aux internautes.
    Je me rappelle avoir distribué en séminaire un texte sur le débat sur la langue arabe en Egypte entre 1860 et 1920. A l’époque, les intellectuels égyptiens se demandaient s’il ne fallait pas, pour mettre fin à la diglossie (le fossé entre la langue écrite et la langue parlée), officialiser l’arabe parlé. Cette position était soutenue par le grand intellectuel Lutfi Sayyed. Al Azhar était contre et Taha Hussein a proposé de moderniser l’arabe classique. C’est cette position qui avait été retenue et les pays arabes ont suivi l’Egypte. Au vu de la situation de l’enseignement dans le monde arabe, cette soultion a échoué, mais ce n’est pas la faute de Taha Hussein car ce dernier avait préconisé qu’il y ait des traductions des oeuvres occidentales, japonaises, russes et chinoises vers la langue arabe. Cela n’a pas été fait et c’est en cela que le nationalisme arabe a montré ses limites idéologiques. Il n’y a pas eu une renaissance de la culture arabe sur des bases scientifiques et universelles, et je pense que le monde arabe connaîtra dans le long terme deux langues: celle du Maghreb et celle du Moyen Orient. Au Maghreb, il y aura en plus le tamazight (Algérie, Maroc).
    Je voudrais conclure par dire que le problème de la langue est très sensible, comme celui de la religion. Il déchaîne des passions parce que l’attachement à la langue révèle l’attachement à l’identité. Taha Hussein craignait qu’avec l’arabe parlé, le monde arabe se coupe de son riche héritage culturel passé. Il pensait à la littérature principalement. D’un autre côté, la langue arabe classique souffre de l’emprise qu’ont sur elle les théologiens et aussi de l’arriération culturelle des sociétés arabes. C’est un débat complexe, sensible et malheureusement la recherche sur ces sujets n’est pas menée dans les universités arabes. Ou il est difficile de l’entamer parce que la liberté académique n’existe pas et les régimes sont incapables de promouvoir une université productrice de savoir moderne sur la société.

    Cordialement

    Lahouari Addi




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  • Liès
    23 août 2010 at 20 h 16 min - Reply

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Ce n’est pas pour contrarier le professeur @ Addi, dont je reconnais la probité intellectuelle et l’expertise dans le domaine de la sociologie, et dans d’autres disciplines de la même famille, que je fais cette intrusion dans ce débat d’experts.

    Mais c’est juste pour attirer son attention sur un phénomène qui n’est pas beaucoup décrit dans les livres d’histoires et autres enquêtes mais qui n’en demeure pas moins vrai si l’on en croit les témoignages oraux transmis de générations en générations parmi de nombreuses familles algériennes.

    Je dois, avant d’aborder ce phénomène, faire une petite entrée en matière, afin d’en identifier la genèse.

    La vérité c’est que, chaque religion, lorsqu’elle était dominante, a eu son ère d’abus de pouvoir et a pratiqué l’inquisition sur les croyants des autres religions.

    Dans nos contrées, le Maghreb, qui ont connu successivement les trois religions monothéistes, et avant cela des religions panthéistes et aussi ceux qui adoraient des dieux champêtres, nous savons tous, laquelle de ces religions monothéistes qui a le plus duré et dont la pratique d’inquisition a le plus prévalu.

    Elle continue, par ailleurs, jusqu’à maintenant, sous d’autres formes, pour des impératifs plutôt matérialistes.

    Car en visitant l’histoire du Maghreb, et en regardant de près les REFLUX migratoires, c’est à dire ceux s’effectuant en sens inverse, de la Saguia el-Hamra vers l’Algérie de l’époque, on remarquera aisément que dans l’histoire de ces familles il y a une palpable trace et donc la preuve que l’inquisition fut pratiquée contre ces familles et qu’elle avait constitué une des principales raisons de leur exode.

    Et c’est a partir de là, que des familles non musulmanes à l’origine, pour échapper aux représailles, au taxage économique et financier toujours lourds et contraignants, à l’opprobre sociétal, et à la stigmatisation, même dans des cas nombreux ou leur conversion était honnête et sincère, se sont vu dans l’obligation de changer les noms de leurs enfants et ont commencé par leur donner d’une manière toute azimut et dans une constante continuité générationnelle, les noms arabes de Mohamed et Larbi (notamment).

    Donc ce n’est pas parce que les berbères avaient un complexe par rapport à la langue des arabes chorfas et à leur statut seigneurial de vainqueurs, qu’ils ont commencé à donner des noms arabes à leur enfants, comme cela est fortement, mais faussement soulignés par Ibn Khaldoun et par les historiens qui se sont inspirés de ses travaux.

    Même si ce complexe avait réellement existé chez certains, il serait faux de prétendre qu’il en a constitué la seule raison.

    On devrait se garder d’expliquer les choses, que par leur côté logique et intellectuel.

    Il faudra aussi les expliquer par leur côté primitif et donner une grande place à l’instinct de survie pour comprendre le comportement de l’homme et lever le voile sur des pans cachés de son histoire.

    Ce reflux des habitants de l’Ouest notamment, vers les contrées situées plutôt à l’Est, s’est effectué d’une manière dense et décisive, surtout pendant la reconquista et les périodes qui l’ont suivie.

    Et c’est à partir de là que les chorfas et les berbères après eux, commençaient à se donner des noms typiquement arabes et musulmans (Mohamed, Larbi et leurs dérivés comme Miloud, Laid, Ramdhan, Chaabane, Mustapha etc.)

    Avant, les gens s’appelaient plutôt Driss, Hassan, Ben….. et Bou….. et autres noms du même genre (Mimoun, Taieb, Yahia, Ishak, Zaccaria, etc.)

    Il y avait en tout cas, très peu de Mohamed et de Larbi.

    Aujourd’hui certains prénomment leur garçons Islam et Oussama, mais là, c’est une toute autre histoire.

    De la même manière, aujourd’hui, des familles musulmanes vivant à l’étranger dans le souci de faciliter leur intégration et les protéger contre le racisme et donc la marginalisation, en Europe ou en Amérique du nord, commencent à appeler leurs enfants, Joseph, Daniel, David, mais surtout Sofia, Sara, Lynda, Aisha, Fatima, Nadia et Zaccari (sans le a), qu’on retrouve simultanément chez les judéo-chrétiens et chez les musulmans.

    Comme je NE suis pas un expert, mais quand même quelqu’un de très curieux, et qui s’intéresse beaucoup aux choses de l’histoire et à l’anthropologie, je demanderai respectueusement au professeur @ Addi d’explorer cette piste et de nous revenir, si cela lui est possible, avec une contribution comportant du vrai et de l’utile, comme il nous a toujours habitué.

    Mes respects professeur et bon débat pour nos amis internautes.

    Fraternellement.




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  • lahouari addi
    23 août 2010 at 22 h 41 min - Reply

    Bonjour Lyes,

    Votre dernier post est méthodologiquement vicié parce que vous énoncez d’abord une opinion et vous essayez de relire l’histoire sociale d’une région d’Algérie pour la faire valider. La démarche scientifique est inverse. On pose une hypothèse, on fait des recherches (dans votre cas en histoire et en anthropologie) et on apporte des preuves pour confirmer ou infirmer l’hypothèse de départ. Par ailleurs, un universitaire dit que Ibn Khaldoun (ou Max Weber ou Durkheim) s’est trompé seulement après avoir montré concrètement en quoi il s’est trompé.
    Pour revenir à votre propos sur les noms, la Kabylie a été profondément musulmane comme les autres régions. Le nombre de confréries est impressionnant, et l’une des plus grandes est la Rahmaniya, créée par le « patron » d’Alger Sidi Abderahmane. Les Kabyles voulaient l’enterrer chez eux et les Algérois ne voulaient pas. Après plusieurs années de dispute, son corps s’est dédoublé et depuis on l’appelle Sidi Abderahmane Bou Kabrine. Par cette anecdote, je voulais dire que l’islam est une donnée anthropologique profonde dans la région. Il y a beaucoup de travaux là-dessus et je vous renvoie aux thèses de Salhi, professeur d’anthropologie à Tizi-Ouzou et de Kamel Chouchaoua, chercheur à Aix-en-Provence, pour ne citer que des auteurs nationaux.
    Quant à l’inquisition, elle est un phénomène apparu en Espagne après la Reconquista dans la chrétienté. L’inquisition, c’était des tribunaux qui jugeaient de la sincérité de la foi chez certains chrétiens accusés d’être faux chrétiens. Ce système n’a jamais existé en islam où il suffit de prononcer la chahada pour être reconnu comme musulman. Je ne veux pas dire que l’islam est plus tolérant. Dans la société médiévale, et les musulmans sont encore dans l’ère médiévale quand on sait ce qui se passe en Egypte, en Algérie et ailleurs, l’incroyance n’est pas acceptée. Seule la modernité a mis fin à l’intolérance religieuse. Le problème est de savoir si, dans le respect du Coran, il est possible d’avoir d’autres croyances dans un pays musulman. Le Coran est compris et appliqué par des sociétés humaines. Si elles sont arriérées politiquement et culturellement, elles mettront en vigueur une interprétation rigoriste. Au niveau historique et théorique, il est possible d’imaginer une interprétation rationnelle du Coran. C’est celle de Ibn Roshd combattue par Ghazali et Ibn Taymiya. Historiquement Ibn Roshd a été effectivement battu, et les musulmans paient cette défaite à ce jour. Mais théoriquement, il est possible de dire qu’on peut atteindre l’idéal de justice du Coran par la raison. C’était la position de Ibn Roshd.
    Par conséquent, il ne faut tout mettre sur la religion. En sciences sociales, le déterminisme religieux, comme le déterminisme économique, est sujet à caution. Un sociologue se méfie des causes uniques.

    Cordialement

    Lahouari Addi




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  • Liès
    24 août 2010 at 2 h 55 min - Reply

    Professeur @ Addi, bonjour.

    Il semble que vous n’avez pas bien lu mon post.

    Je ne vous ai pas demandé de me donner la définition du mot inquisition, ni de me parler la ferveur religieuse des Kabyle en me citant la Zaouïa Rahmania, que je connais très bien pour avoir moi-même produit sur ce site dans la rubrique intitulée ‘’Faute de déloger les traitres, faut-il déterrer les héros?’’, de notre compatriote @ Zineb Azouz, un exposé conséquent sur cette Tariqa et sur son fondateur le Saint Abderrahmane Boukobrine.

    Je me suis présenté comme néophyte et je ne vous dispute rien qui est de votre compétence exclusive.

    Et pourtant vous vous êtes donné la peine de dire beaucoup de choses qui ne sont pas au centre de mes préoccupations, (comme par exemple me donner un cours sur la façon de mener une enquête sociologique et les techniques à employer, telle que la méthodologie), et vous avez occulté la seule question que je vous ai posée et qui m’intéresse définitivement.

    J’ai réfuté la thèse produite par Ibn Khaldoun et qui est reprise par beaucoup d’historiens intentionnés, et que vous avez-vous-même reprise. Je vous cite un peu plus loin.

    Et j’ai dit :
    ‘’Donc ce n’est pas parce que les berbères avaient un complexe par rapport à la langue des arabes chorfas et à leur statut seigneurial de vainqueurs, qu’ils ont commencé à donner des noms arabes à leur enfants, comme cela est fortement, mais faussement soulignés par Ibn Khaldoun et par les historiens qui se sont inspirés de ses travaux. Même si ce complexe avait réellement existé chez certains, il serait faux de prétendre qu’il en a constitué la seule raison.’’

    Et j’ai cité une autre raison ayant un rapport avec les persécutions en tous genres que je n’ai pas trouvé trop éloignés de l’inquisition.

    Et j’ai écrit , je cite : ‘’ Et c’est a partir de là, que des familles non musulmanes à l’origine, pour échapper aux représailles, au taxage économique et financier toujours lourds et contraignants, à l’opprobre sociétal, et à la stigmatisation, même dans des cas nombreux ou leur conversion était honnête et sincère, se sont vu dans l’obligation de changer les noms de leurs enfants et ont commencé par leur donner d’une manière toute azimut et dans une constante continuité générationnelle, les noms arabes de Mohamed et Larbi (notamment).’’

    Prenez la peine de relire mon post, vous comprendriez.

    Et encore pour qu’on ne s’égare pas, je N’ai parlé QUE de la question (pourquoi, comment et quand), les populations du Maghreb, les amazighs en particulier ont commencé à donner les noms de Mohamed et Larbi et leurs dérivées Miloud Laid, Ramdhan, Chaabane, Mustapha…à leurs enfants, en réponse à vos affirmations, je vous cite :

    ‘’ Il y a lieu de savoir que pendant des siècles, le sentiment religieux et la culture savante ont étouffé l’ethnicité, appelée en arabe chou’oubia. De grandes familles berbères bricolaient leurs arbres généalogiques pour se réclamer d’une ascendance arabe et pour se prévaloir du statut de chorfa et de mrabtine.
    La Kabylie n’a pas échappé à ce mouvement puisque c’est là où on trouve le plus les noms comme Ramdane, Saïd, ‘Arab… Le prénom Lahouari a plus une consonance berbère que ceux de mes contradicteurs Mhand, Boualem, Tahar, Mouloud et Ali.’’

    Ce sont vos propres mots.

    En conclusion, vous n’avez pas répondu à ma question professeur.

    Vous aurez dû donner suite à la thèse que j’ai soumise a votre expertise par l’affirmative et apporter les arguments de confortation, ou bien par la négative et apporter les arguments de réfutation.

    Chose que vous n’avez pas faite, professeur.

    Quant à moi je me refuse de vous porter la contradiction dans un domaine ou vous excellez et je mets fin, ici même, à une probable polémique dans laquelle je n’ai absolument pas le moindre intérêt.

    Liès Asfour.




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  • Mohamed Jabara
    24 août 2010 at 10 h 59 min - Reply

    @ un passant anonyme.

    Merci de tout coeur de votre post. La hargne mise à discréditer notre sainte religion par l’usage de tous les moyens disponibles n’a jamais atteint les niveaux actuels. Elle est aussi bien attaquée de l’intérieur de la cité par les déchets du colonialisme imbus de ses idées distillées pendant l’occupation et tentant de créer légion à la faveur de la guerre actuelle contre l’islam intiée et encadrée non seulement par l »église catholique à la faveur du décret ad-gentes de 1964 mais aussi par les évangélistes sionistes voire meme de l’intérieur de ses rangs par les idées de discorde semées et qui remettent cause l’ensemble des héritages d’unité de pensée islamique dans sa diversité et qui rendent cette diversité cause de ruptures et de divisions alors qu’elle a toujours été source de progrès en Islam.

    Au lieu de travailler dans le meme sens, les courants islamiques se disputent le terrain et en arrivent à utiliser des armes contre toute logique pour asseoir leur domination, aidés et aiguillés par leurs ennemis pour s’entretuer avec leurs frères dans le cadre d’une stratégie mondiale visant à l’élimination du péril vert qu’est devenu l’Islam considéré non pas comme une religion, mais comme une idéologie, car pour pour les christiano-laics, seul le christianisme et le judaisme sont des religions. La cacophoie, à son comble est alors amplifiée et mise en relief pour décrire les musulmans sous leur plus mauvais jour et tous les moyens, tous sans exception sont utilisés, qu’importe la morale, chrétienne ou autre, pourvu que le combat contre cet Islam soit remporté.




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  • lahouari addi
    24 août 2010 at 12 h 57 min - Reply

    Bonjour Lyès,

    Je ne crois pas que notre échange a pris une tournure polémique. C’est un échange contradictoire de points de vue dans le cadre d’un débat serein et courtois. Vous n’êtes pas satisfait parce que vous attendiez que je vous réponde par oui ou par non. Or la question que vous posez est difficile et mérite un travail de thèse de 500 pages à mener en quatre ans. La première qualité d’un universitaire est d’être modeste et d’être conscient que sa discipline (ni lui) n’a pas réponse à tout. Le sociologue fait parler la société; l’idéologue parle au nom de la société. C’est une grande différence.
    Vous semblez aussi avoir été vexé quand je vous ai dit que votre post est vicié méthodologiquement. Cette expression est utilisée fréquemment entre collègues universitaires dans des discussions d’ouvrages et dans des colloques. Ce n’est pas un argument d’autorité utilisé par un professeur pour faire taire un étudiant. Si vous l’utilisez contre moi, je ne serais pas affecté.
    Sur Ibn Khaldoun, dont l’autorité est universellement reconnue et qui a survécu à six siècles, on ne le critique pas en disant qu’il s’est trompé. Dans trente ans, on ne parlera plus de Lahouari Addi, et encore je suis prétentieux. Dans six siècles, on continuera de lire Ibn Khaldoun.
    Pour revenir au sujet, je ne crois pas que l’islam a été imposé tout au long des 14 siècles depuis le 7èm. Il y a eu certainement des batailles au début mais l’islam a été propagé dans les montagnes par des prédicateurs et non des combattants. Ibn Tachfine ou Ibn Toumert avait même traduit le Coran en berbère pour islamiser les populations locales. Les Maghrébins, y compris les montagnards, ont été actifs dans la reproduction de l’islam. Ils y ont adhéré. Bourdieu émet l’hypothèse dans son livre Sociologie de l’Algérie que la facilité de la propagation de l’islam en Afrique du Nord s’explique par les affinités de la culture berbère avec cette religion. C’est une hypothèse à confirmer ou infirmer par un travail de terrain. Et c’est un sujet de thèse si vous êtes intéressé.

    Cordialement

    Lahouari Addi




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  • Zineb Azouz
    24 août 2010 at 13 h 36 min - Reply

    Cher compatriote @Liès Asfour,

    Si tu me permets, j’aimerais intervenir sur ton premier post, bien qu’il soit déstiné au professeur ADDI dont je salue au passage ce rappel de la raison si chère à Ibn Rushd.

    Si j’ai bien compris, la question serait de savoir, si oui ou non à une époque donnée, les familles et tribus d’afrique du nord auraient subi une conversion forcée à l’Islam et si également, y compris les berbères musulmans en particulier ne se sont pas senti à une certaine moment de l’histoire tenus de porter des prénoms coraniques.

    Il y a deux aspects différents dans ta question :

    1-Celui des conversions forcées et des persécutions.
    2-Celui des prénoms dans les communautés musulmanes non arabes et spécialement berbères.

    Je te demanderais de me laisser un peu de temps pour confirmer certains points, mais je peux déjà te dire que concernant les deuxième point, il est utile de voir ce qui se passe jusqu’à nos jours pour les nouveaux convertis à l’Islam en dehors des terres d’Islam qui souvent ajoutent ou prennent carrèment un prénom coranique ou très lié à la vie du prophète, si ce n’est celui du prophète.

    Les perses méritent le détour, ils sont un excellent exemple à mon sens, d’une communauté musulmane non arabe et non arabisée qui n’a jamais rien perdu de sa culture, en plus les iraniens préservent à nos jours leurs communautés chrétiennes et israélites qui disposent de sièges au parlement et n’ont pas eu besoin de subir les évangélistes de Bush.

    En Iran, et pour des raisons historiques liées au chiisme, il n ‘y a au contraire aucun honneur spécial à être un arabe, et pourtant le pénom de Mohamed et Ali sont les plus brigués et c’est plutôt le lien avec Al El beyt qui est honorifique.

    Pour les berbères qui ont très vite été traversés par le courant kharigite qui ne reconnait pour guider El Oumma que les valeurs de l’homme et non ses origines, le prénom de Mohamed est resté très utilisé pour des motifs liés à la foi.

    L’universalité du message du prophète Mohamed transcende les langues.

    D’ailleus ce prénom est tellement apprécié et tellement fréquent qu’il a fallu lui créer des sortes de clones à consonence locale: M’hamed, Mohand, Mouhata,…

    Quant aux persécutions, je te demanderai de patienter un peu, mais je peux déjà te dire que les chiites ont été persécutés et que les almohades ne toléraient pas à leur tour la présence ni d’autres madhahib ni d’autres religions mais officiellement il n’y jamais eu de pesécutions ni contre les chrétiens ni les juifs.
    J’ai même eu un document entre les mains dans lequel le « hakem » adressait un courrier à Rome lui réclamant un évéque pour l’Algérie et s’inquiétant du sort de la chretieneté en Afrique du nord.

    Bien sûr, on ne sait que peu de choses sur les anciennes religions non montéistes pratiquées en Afrique du nord etle terrain reste vierge.

    Pour être si proche des Aurès je peux te dire d’ores et déjà que jamais on n’a pu imposer à ce peuple une quelconque religion et si l’Islam a été porté jusqu’en espagne gra^ce aux berbères, c’est parcequ’ils en ont fait leur foi et leur idéal.
    Les historiens de l’orient n’aiment pas savoir que l’armée arabe s’est brisée et que si L’islam a gagné autant de terrains, c’est grâce à des missionnaires et des hommes justes et ni Byzance ni constantinople.

    Désolée de m’être étalée, pour une fois celle dont tu dis la « guerrière » tente de jouer la réconciliatrice.
    Vais je te décevoir ?

    Merci pour toutes tes questions.

    Sincèrement,
    ZA




    0
  • Zineb Azouz
    24 août 2010 at 16 h 07 min - Reply

    Prière de lire (j’ai oublié un mot ):

    Les historiens de l’orient n’aiment pas savoir que l’armée arabe s’est brisée et que si L’islam a gagné autant de terrains, c’est grâce à des missionnaires et des hommes justes et l’Afrique n’est ni Byzance ni constantinople




    0
  • Liès
    24 août 2010 at 19 h 45 min - Reply

    Professeur @ Addi, Bonjour.

    Vous n’avez pas encore répondu à ma question.

    Je fais l’effort sur moi de la reformuler, car comme néophyte dans le domaine, je pensais que vous alliez vous-même l’extraire de cette matrice obscure ou je l’ai enfouie sans le savoir et de lui donner la clarté et la concision qui lui manquaient.

    Ma question reformulée est la suivante :

    A quelle époque et pourquoi des familles de Saguia el-Hamra ont émigré vers l’Algérie?

    La réponse d’un scientifique comme vous peut intéresser beaucoup de monde, car de nombreuses familles algériennes disent qu’elles sont originaires de Saguia el-Hamra.

    Dans le pourquoi, il pourrait y avoir un tas de raisons, comme la sécheresse, l’insécurité, les persécutions religieuses que moi j’ai assimilé à l’inquisition, des guerres d’expansion territoriale etc.

    C’es juste des questions pour savoir, pour comprendre une partie de notre histoire et quelle a été son influence sur nos vies.

    Par ailleurs, si mes connaissances sont exactes, Saguia el-Hamra était peuplée des Sanhadja qui sont des berbères de souche descendant de Barnos leur père éponyme, des Idrissides qui sont de père chorfa et de mère berbère et des arabes venus du Yémen et du Hidjaz (les béni M’aqil et les Ouled Dlim).

    Idriss ayant fui l’Orient pour sa vie en 786 de l’hégire, afin d’échapper à la fureur du roi Abbasside, et s’est refugié au Maroc, ou il fut adopté, marié et honoré par les tribus berbères.

    Notons que parmi nos nombreuses icônes algériennes, nous avons Abdelhamid BenBadis qui est un berbère Sanhadja, et Abdelkader BenMohieddine BenMostafa qui est un Idrisside.

    Merci pour votre patience.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




    0
  • Liès
    24 août 2010 at 20 h 24 min - Reply

    Chère compatriote @ Zineb.

    Merci pour ta réponse, et merci aussi au professeur @ Addi.

    J’ai posé une question concernant surtout les familles algériennes originaires de Saguia el-Hamra, et je voulais savoir un peu plus sur les raisons de leur migration.

    Ma question n’est pas aussi fondamentale et de ce fait ne doit pas bénéficier de la portée universelle que vous lui donnez en la liant à l’Islam et à l’histoire de son expansion et a l’effet qu’il a produits sur des peuples d’autres contrées lointaines.

    C’est donner trop d’honneur à cette question dont je reconnais toute ma maladresse dans sa formulation.

    Je vous remercie tous les deux et je me félicite qu’elle pourrait à l’avenir susciter un débat plus modeste et à sa juste mesure.

    Je constate aussi, comme il est difficile et risqué d’aborder des questions qui peuvent avoir un lien avec l’Islam.

    Mon sincère respect chère compatriote @ Zineb.

    Fraternellement à toutes et à tous.




    0
  • D B
    24 août 2010 at 22 h 52 min - Reply

    @Lies
    Je ne maîtrise pas le sujet, mais je crois savoir que les familles qui se disent originaires de Sakia el Hamra, sont en fait des descendants, ou des affidés, des Almoravides(El Mourabitounes) qui sont une multitude de tribus berbère Sanhadjas, qui se rallièrent au prédicateur Ibn Yassine.
    L’évolution de cette mouvance religieuse, malékite et extrêmement puritaine, prit son essor sous le commandement de Youssef Ibn Tachfine. Les Mourabitounes, qui se proclamaient originaires de Sakia el hamra, se propagèrent dans l’ensemble du Maghreb actuel, puis en Andalousie, où ils répandirent leur doctrine. Dans la grande Kabylie, ce furent des prédicateurs Mourabitounes solitaires(d’où le vocable de Marabouts) qui parachevèrent l’islamisation de toute la région, par des moyens pacifiques, sans aucun recours à la force. Ils y furent accueillis comme des saints, et les familles qui s’allièrent à eux, devinrent des familles chorfas. Ce sont, pour la plupart, les mausolées de ces prédicateurs qui parsèment la grande Kabylie. A cette époque, aucune animosité n’existait contre l’élement arabe, d’abord parce que ces prédicateurs étaient eux-mêmes berbères, et aussi parce que la langue arabe avait été accueillie avec bienveillance, et les écoles coraniques fleurirent dans toute la région. L’un des arguments les plus remarquables de l’accueil fraternel qui fut ménagé aux mourabitounes, et de la considération qui leur était témoignée, est que les familles qui leur étaient alliées portaient la particule » Si » accolée à leur nom. A cette époque le « Si » était quasiment un titre, non pas de noblesse ou de prospérité, mais d’érudition en sciences religieuses.

    Les prénoms arabes de Mohamed(Mohand), Ali, Fatma(Fathma) et d’autres de la famille du prophète(QLSSSL) ont été adoptés librement, à mon avis. La thèse qu’ils le firent pour se proteger de l' »envahisseur », puisqu’en Kabylie, il n’y eut pas d’invasions armées, pas une seule à ma connaissance, contrairement à ce qui est prétendu par certains cercles, ne repose sur rien de sérieux.
    Je crois même que la Grande Kabylie, est l’une des rares régions qui n’a jamais connu d’invasion « arabe » durant les « infitahates ». Pour des raisons bassement économiques, du reste, puisque les armées arabes qui entrèrent en Afrique du Nord, ne s’intéressèrent qu’aux plaines, et aux terres dont la prospérité était promesse de butin. C’est peut être assez cru de le dire comme ça, mais il me semble que c’est ainsi que cela fut perçu. Or, la grande Kabylie, en raison de la nature de ses ressources, ne se trouvait pas dans cette situation. Ce fut le cas dans les Aurès aussi, puisque c’est le piémont aurésien, des plaines fertiles, qui attira les armées de Okba et de ses successeurs, et non les montagnes. Les batailles que Kahina et Koceila, entre autres, livrèrent aux arabes, eurent lieu dans les plaines, jusqu’en Tunisie, et non en pays de montagne.
    Je vous ai livré mon idée sur la question selon ce que je sais de ces questions. Je me trompe peut être. L’important est que nous puissions en discuter, sans arrière-pensées, en replacant les évènements dans leur contexte.
    Merci




    0
  • houda
    25 août 2010 at 0 h 01 min - Reply

    je voudrais répondre à liès ou plutôt lui poser une question,pas une question savante comme il en pose à mr Addi, mais une question toute bête comme peut en poser un enfant ingénu. je ne suis pas sociologue, ni historienne encore moins une islamologue , je veux seulement qu’on réponde à ma question toute bête : comment une poignée de bédoins a-t-elle pu imposer à nos valeureux ancêtres amazighs une nouvelle religion et leur a imposé de porter des prénoms arabes ? étaient-ils faibles à ce point tous ces amazighs de la delta aux ils comores en passant par le grand sud jusqu’aux touaregs du mali ? étaient-ils aussi faibles ces egyptiens, ces soudanais, ces maliens, ces nigérienns , ces sénagalais enfin toute l’Afrique noire islamisée et arabisée de noms ? Passons en Asie où c’est la grande catastrophe : c’est la grande perse qui se fait islamiser par l’épée ainsi que les turcs, les indiens, les pakistanais les afghans, les terribles guerriers et rebelles tartares et tchetchenes, les ouzbeks, les kirghizs les indonésiens , les malaisiens, des iles dont je connais même pas l’emplacement comme les maldives et bornéo, enfin toutes ces peuplades de races et de langues différentes se sont fait imposer une religion et des prénoms arabes par la seule épée, même pas par une arme de destruction massive.
    j’arrive pas à comprendre comment des gens pensent encore que l’islam a été imposé par l’épée, c’est tout simplement illogique. ces peuples ont embrassé cette religion de plein gré et en toute conviction, c’est aussi simple que ça.




    0
  • Liès
    25 août 2010 at 19 h 01 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    Cher @ Djamel Eddine, bonjour, c’est toujours un plaisir de te parler directement, comme au téléphone.

    Tout en te remerciant pour ton post, je ne te cache pas que je me suis senti agressé et frustré par la réponse du professeur @ Addi.

    Ce n’est pas une question d’amour propre, que Dieu merci, je sais tenir en bride.

    Frustré parce que je n’ai pas eu de réponse, ni une promesse de réponse à ma question.

    Agressé parce que le professeur s’est adressé à ma personne plus qu’à ma question.

    Tu sais le drame de l’Algérie c’est aussi cela : ses intellectuels.

    Même s’ils sont émérites dans leurs spécialités, ils pèchent par une énorme tare dans le domaine de la communication.

    Ils ne savent pas ce qu’est l’empathie, ni ce qu’est le décentrement. Ou plutôt ils connaissent la signification mais pas la pratique.

    Comment peut-on appeler ça et quel espoir nous reste-t-ils, étant donné que nous les considérons les phares qui nous guident dans cette nuit qui ne finit pas?

    Un intellectuel doit d’abord dominer son ego, ensuite être bon et courtois. Et tout cela procède de la sagesse.
    Je l’ai souvent dit : Il n’y a que le bon qui peut être intelligent.

    Autre question qui me chagrine, c’est que dès qu’un sujet a un lien, même indirect avec l’Islam ou la langue arabe, beaucoup de nos intellectuels se transforment en militants d’une cause.

    Moi je veux une Algérie plurielle et j’assume tous ses cotés. J’assume l’actif et le passif, je me sens profondément berbère alors que je ne suis ni chaoui, ni kabyle, ni mozabite, et j’assume mon arabité alors que je suis un pur descendant Sanhadja, de la dynastie des almoravides que tu as justement évoqué dans ton post.

    J’assume l’islamité de l’Algérie et j’assume sa chrétienne et sa judaïté.
    J’assume son histoire contemporaine et j’assume son histoire ancienne, plusieurs fois millénaire.

    Mes interventions sur LQA que certains déforment sont basées essentiellement sur le devoir d’équité.

    Je ne me sens pas tout à fait innocent, quand sous prétexte de défendre l’Islam et la langue Arabe on étouffe tout le reste. De quel droit?

    Et pourtant, moi qu’on veut stigmatiser, je me sens algérien jusqu’au bout des ongles.

    Mieux, je suis très confortable dans mon environnement et mon grand espace géographique qui est le Maghreb.
    Je peux être tunisien, et aussi marocain, en plus d’être algérien, sans problème et sans effort de ma part.

    Au risque de me répéter, je ne suis contre aucune de nos composantes culturelles et civilisationnelles, et je ne cherche pas à réécrire l’histoire, ni a remettre en cause ce qui a été bâti jusque là.

    Je veux juste unifier nos forces et rassembler cette immense richesse que recèle notre peuple. Et c’est pourquoi je prône la réconciliation, ma réconciliation, que beaucoup n’ont pas encore comprise, et que pourtant avaient bien comprise nos ainés pour l’avoir initiée un certain avril 1958, lors de la Conférence maghrébine de Tanger.

    Je rappelle ci-dessous, pour nos chers lecteurs, la déclaration commune qui en a été faite :

    « Nous, les représentants des mouvements de libération nationale de Tunisie, d’Algérie et du Maroc, proclamons solennellement notre foi en l’unité du Maghreb et notre volonté de la réaliser dès que les conditions s’y prêteront, c’est-à-dire quand les forces françaises et étrangères auront évacué leurs bases de Tunisie et au Maroc et quand l’Algérie sera devenue indépendante. »

    L’appel, lancé à l’issue de la conférence organisée à Tanger du 27 au 30 avril 1958, par les représentants du néo-Destour tunisien Bahi Ladgham, Ahmed Tlili, Abdelhamid Chaker, du FLN algérien Ferhat Abbas, Abdelhafid Boussouf, Abdelhamid Mehri, et de l’Istiqlal marocain Allal El Fassi, Ahmed Balafrej, Abderrahim Bouabid et Mehdi Ben Barka, suscite un immense espoir auprès des populations.

    « C’est la première réunion entre Arabes où l’on a discuté sérieusement, où l’on n’a pas noyé les problèmes dans les sinuosités précieuses et le creux des phrases », s’enthousiasme alors un participant tunisien dans l’hebdomadaire Action, l’ancêtre de Jeune Afrique.

    Mais ce projet n’a duré que le temps d’un rêve car la France coloniale veillait et l’Égypte de Nasser et de Fethi Dib activait.

    La suite, nous la connaissons tous.

    Quelques mois avant la tenue de la conférence, Abane Ramdane dont le sort fut scellé au Caire en Aout 1957, fut assassinée à Tétouan au Maroc par ses frères de combat le 27 décembre 1957.

    Apres cette conférence de tous les espoirs, les comploteurs se sont donnés le temps nécessaire pour bien digérer la mort d’Abane, après quoi, le 27 Aout 1957 exactement, c’était au tour de Ferhat Abbas d’être destitué de la présidence du Gpra.

    C’en était fini alors, de l’idéal des peuples pour un Maghreb Uni, quand ces deux grands architectes de la révolution et chantres de la démocratie et de l’État de droit ont été liquidés.

    A cause des convoitises de certains pays qui jusqu’à aujourd’hui ne veulent pas lâcher nos baskets.

    Il y a aussi je crois, un complexe duquel certains n’arrivent pas s’affranchir.

    Je ne vois aucune honte dans ce qu’on soit d’origine gitane, tzigane (que je donne pour l’exemple), métis, ou un mélange (turco-arabo-berbère).

    L’un prétend être un chérif parfait, l’autre un berbère pure laine, l’autre je ne sais quoi d’autre de pur et de parfait.

    Le privilège et le mérite n’est pas dans ce qu’on est, mais dans ce qu’on fait.

    Est-ce que nous aimons la patrie qui nous porte et qui nous nourrit ? Est-ce que nous la servons, ou nous la meurtrissons ?
    Est –ce que nous avons les capacités de vivre en symbiose et dans l’harmonie avec les gens qui nous entourent ? Est-ce que nous sommes capables de créer la paix et la joie de vivre autour de nous ?

    Est-ce que nous avons en nous la crainte de Dieu et la volonté de faire le bien ?

    C’est ça tout l’homme ! Tout le reste n’est que vanité et poursuite du vent.

    Je te salue cher frère @ Benchenouf.
    Je salue le Docteur Sidhoum et l’équipe de la Rédaction.
    Je salue nos frères internautes.
    Je salue ma compatriote @ Zineb Azouz et la remercie pour ses judicieuses explications.

    Et je ne finis pas mon post sans partager avec vous ces paroles de la sagesse : ‘’ Ne refuse pas un bienfait à ceux qui y ont droit, quand tu as le pouvoir de l’accorder’’.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.

    DB: Merci Liès pour ces paroles empreintes de fraternité. Je ne suis pas l’avocat de Addi L’Houari, mais ayant le plaisir, et l’honneur, de le compter parmi mes amis, je sais qu’il n’a cherché ni à te blesser inutilement, ni à te rabaisser. Ce qui fait son talent particulier, et qui le rend si attachant, est ce ton dont il use pour s’exprimer, tout de liberté et de franchise. Que ce soit dans ses conférences, ses écrits, voire même dans ses causeries en aparté, il ne louvoie pas, et n’use pas de circonvolutions pour argumenter ses thèses et ses convictions. Sa méthode, simple, mais jamais simpliste, reste néanmoins très élaborée, parce que rien n’est plus difficile que la simplicité et la rationalité, dans l’analyse de phénomènes complexes, ou polémiques. Cet enthousiasme, et cette immersion, dans le coeur de sa propre logique, peuvent, en effet, sembler désinvoltes, voire hautaines. Rien n’est plus faux. Je crois sincèrement que la réponse qu’il t’a faite n’avait pas d’autre objectif que de disputer avec toi, et non te disputer. L’Houari, pour tous ceux qui l’ont côtoyé, se distingue par le respect qu’il porte à tout le monde, et dont il ne se départ jamais. Cordialement




    0
  • liberté
    25 août 2010 at 21 h 31 min - Reply

    @ Liés,

    Cher Monsieur,

    Si tous nos intellectuels Algériens étaient comme le Professeur Lahouari Addi,l’Algérie serait devenue depuis des années un modéle d’état démocratique et respectueux des droits de l’homme.Vous intervenez sur ce débat sous un pseudo,pourquoi vous ne dévoilez pas votre identité et votre fonction afin d’avancer et enrichir ce débat sur une langue qui a lieu pour la premiére fois en Algérie grace à notre cher Professeur Addi.Ce débat est suivi par des personnalités politiques,des universitaires,des étudiants,des consuls,des journalistes,etc….

    Je vous demande de ne pas s’attaquer à la personne de Mr Addi et d’essayer d’élever ce débat.

    Amicalement




    0
  • fateh
    25 août 2010 at 23 h 50 min - Reply

    liberté@ permettez-moi de dire que ce n’est pas le pseudo ni la fonction qui éléve le débat mais c’est les idées,et je crois meme que c’est l’anonymat qui est plutot utile,cela évitera d’éttiqueté les individus.
    pour ce qui est de lyes,je crois vraiment que tu est algerien vu ta suceptibilité,car houari a bien repondu a tes questions avec beaucoup d’humilité en avouant qu’il détient pas la science infuse et qu’il est faillible ,il dit que ta question est vicié et que « c’est un language entre intello,et qu’il faut 500pages et 4années détude pour l’élaboré,il dit avec toute humilité que contrairement a ibnkheldoune ,dans 30ans on ne reparlera plus de addi houari………je ne vois pas d’égo démesurer de monsieur addi ,tout au contraire,sont discours et ta sincérité sont empreits de sagesse.

    patriotiquement




    0
  • Lièsl
    26 août 2010 at 0 h 01 min - Reply

    Cher @ DB, merci pour ce témoignage positif qui t’honore.

    Qu’il soit remercié le sage qui a dit:  » C’est une gloire pour l’homme de se tenir loin des disputes.’’

    Cordialement.




    0
  • Ammisaid
    26 août 2010 at 2 h 45 min - Reply

    Je suis langue, je vivrais jusqu’au terme qui a été décrété
    Je suis comme vous, je suis appelé à être enterrée
    Je n’ai pas à me plaindre, c’est ça ma destinée
    La destinée est ce qui ne peut être évité, ni récusé

    Je suis une langue et je suis la soeur de toutes les
    langues écrites ou parlées
    Mon but est de faciliter la communication et de partager les idées
    Je n’aspire ni à la gloire, ni à la noblesse, ni la royauté pour l’éternité
    Vous avez besoin de moi, alors, cessez de m’utiliser pour vous entre-tuez

    Je suis une langue, je rends sensible et vivant ce que nos coeurs ne peuvent exprimer
    Car un coeur à des intentions et celles-ci ne peuvent être observées que si elles sont parlées ou actées
    Vous pouvez m’écrire comme ils vous semblent faciles et adaptés
    L’essentiel c’est de se servir de moi pour vous rapprochez ou pour avancer

    Avancer dans la compréhension des phénomènes qui vous entourent en toute liberté
    Avancer dans le savoir pour connaître les causes de tous les effets
    Avancer dans la connaissance et la maîtrise des lois qui régentent tout ce qui a été crée
    Avancer

    Je suis une langue à une belle musique je peux offrir des vers et des rimes qui vont vous transporter
    Vous transporter loin des soucis, loin des querelles et loin des maux de la société
    A votre histoire, j’offre une existence qui vont utiliser les générations qui ne sont pas encore nées
    A projets et à vos idées, j’offre un moyen qui va les aider à se concrétiser et à vous faire prospèrer
    A vos discordes, j’offre un cadre qui va leur permettre de trouver une solution en toute équité

    Je suis une langue, je transmets d’un siècle à une autre les livres que les messagers de dieu vous ont laissé
    Dans ces livres vous pouvez trouver le chemin qui mène à celui que personne ne peut contester
    Des lois qui vont permettre de dépasser les contraintes que satan va vous poser
    Et le sens caché de tout ce que Dieu avait voilé pour vous aider à prospèrer votre sagesse et votre
    spiritualité

    Je suis une langue, si vous m’écoutez tranquillement vous avez la possibilité de m’apprendre et/ou de me décoder et me traduire dans langue que vous a eu la chance de maîtriser
    Si vous êtes lucide vous verrez que je ne cherche pas à altérer ni vos émotions, ni vos sentiments, ni vos convictions, ni vos pensées.
    Je ne suis pas exigeante puisque je ne demande pas aux bébés et aux muets de bien me parler
    Je suis tolérante puisque je ne demande pas aux animaux et aux fous de bien m’utiliser

    Je suis une langue
    La route est longue
    Le bateau tangue
    Quand sur une mer houleuse, il vogue

    Je suis langue
    Avec les sons je fais des mots
    Les mots ont rôle, une orthographe et un sens
    L’un est un sujet, l’autre est un verbe et enfin le dernier est un complément
    Je rends vivants les maths, la physique et toutes les sciences

    Je suis une langue
    Je porte le mensonge et je porte la vérité
    Je porte l’orgueil et je porte l’humilité
    Je rapporte l’horreur et je raconte le bonheur
    Je parle sagement et je mets en colère

    Je suis une langue
    Je parle ou j’adopte le silence
    J’exprime l’impatience et je sais m’offrir à la patience
    Je donne confiance mais je sais aussi les secrets de la méfiance

    Je suis une langue, je n’ai besoin que de l’air et de votre langue pour m’envoler dans le ciel

    Je suis une langue, je suis une langue, je ne suis rien qu’une langue et je suis à votre disposition jusqu’à la fin du monde. Et, au delà, nous verrons vous et à moi ce qui nous attend: soit poursuivre éternellement notre collaboration, soit vous allez utiliser un autre moyen meilleur que moi.
    Excusez, encore une fois, mes errances. C’est plus que moi. Allah yahdini
    Fraternellement




    0
  • Ammisaid
    26 août 2010 at 2 h 50 min - Reply

    Avancer en utilsant votre passé pour ne pas demeurer dans les remords et les regrets




    0
  • Liès
    26 août 2010 at 19 h 51 min - Reply

    Béni soit le sein qui t’a porté @ ya Ammi Saïd.

    Ce texte mélodieux que tu nous offres ici est sublime de beauté et de vérité.

    Il console le cœur et fortifie l’âme du juste, que le conseil des méchants avait injustement condamné.

    Merci @ Ammi Saïd pour ces belles paroles empruntes de sagesse, ou se mêlent comme dans une prière la tristesse et l’espoir.

    Le Sage avait à jute titre dit : ‘’Une réponse douce calme la fureur.’’ Et ‘’L’homme prudent agit avec connaissance’’.

    Merci @ Ammi Saïd pour la douceur de tes propos et pour tes sages contributions.

    Car l’arrogance et l’orgueil auront certainement pour salaire, le désastre et la chute.

    Mais toi tu as choisi la bonne part, pendant que d’autres s’agitent et s’inquiètent pour les choses vaines de ce monde, et elle ne te sera pas ôtée.

    Fraternellement.




    0
  • Mohamed Jabara
    26 août 2010 at 22 h 19 min - Reply

    Saha ramdankoum.

    @Ammisaid.

    Votre présence et vos contributions sur ce site sont une récréation pour moi qui me permettent de méditer et de me reprendre souvent.

    Notre prophète (qsssl) nous dit : « Rassemblez et ne dispersez pas ».

    Les hommes font la langue et la langue les façonne diriez vous.
    Une langue est l’oeuvre des hommes mais pourtant ils sont aussi son produit. Car c’est à travers elle qu’ils sont ce qu’ils sont. Elle véhicule des pensées, des images mentales qui les façonnent depuis l’enfance, des shémas ou shèmes de pensée qui lui sont propres et dont elle les imprègne, qui constituent un prisme avec lequel les hommes scrutent leur milieu pour l’adapter et s’y adapter et c’est ce qui fait la difficulté d’unifier Tamazight en Algérie. Pourtant ce patrimoine ancestral doit être réapproprié par le peuple Algérien et seule son unification préalable permettrait de faire sans heurts. Mais il appert que cette unification n’est pas le voeu de tout le monde, certains prèfèrent garder leur parler local et l’imposer au reste de l’Algérie. Typiquement Algérien. Mais la résistance à laquelle ils sont conforntés ne devrait pas les étonner, elle aussi est typiquement algérienne.




    0
  • Ammisaid
    27 août 2010 at 3 h 06 min - Reply

    Au frère Lies,
    Merci, tes compliments me vont tout droit au coeur, elles le fortifient et elles chassent le doute mauvais qui est, peut-être le nid où grandit et mûrit l’orgueil. L’ennemi redoutable du coeur et de l’esprit. L’orgueil sans doute le commanditaire de tous les crimes. L’orgueil général major de la haine, de la rancune, de l’avidité, de l’avarice, de la ruse perfide, du mensonge intéressé, de la jalousie morbide, de l’envie sévère, de l’ignorance satisfaite d’elle même et de ses actes…L’orgueil chasseur roublard, méchant et sans pitié de tout ce qui est humain, de l’intelligence, du savoir utile, de la fraternité, de l’humilité, de la solidarité, de la pitié, de la honte, de la bonté…L’orgueil rouleau compresseur de la vie et de sa raison d’être. L’orgueil guette tous et toutes, il ne dort pas, il attaque de partout et il dit toujours, encore, encore et encore. Il est comme le feu de l’enfer, il brûle ce qui brûle et il fait évaporer l’eau que contient le coeur pour le rendre plus dur qu’une pierre. L’orgueil là où il règne se trouve la sécheresse la plus terrible qui puisse exister sur terre (eldjafaf). Dans Eldjafaf, il ne sert à rien de semer car rien ne va pousser mon frère. Tu as tracé ta route que Dieu te bénisse et t’emmène là où désire ton coeur. Merci d’être là et continue à nous inonder de tes lumières. Le LQA tend à devenir un jardin où ne pousseront que les fleurs, les roses, les légumes et les arbres fruitiers. Il deviendra un jardin qu’arroseront toutes ses plumes sages, intelligentes, sincères et compétentes jusqu’au jour où viendront les papillons, les oiseaux, les biches…chacun pour se nourrir, se ressourcer, y contribuer à son épanouissement…Franchement, je suis sidéré par la richesses des contributions des uns et des autres. Je suis même arrivé à me délecter de certaines joutes qui en général ne dépassent le stade de l’inadmissible et du grave. Au fond, toutes et tous souhaitent une Algérie libre, digne, tolérante, fraternelle, juste et prospère. Les quelques individus qui agressent les uns et les autres semblent être étonnées que des Algériennes et des Algériens soient capables d’aimer leur pays et son peuple et de débattre intelligemment et sereinement pour les aider à sortir du chaos où certains aventuriers malades les ont déposé.

    Au frère Mohamed,
    L’Algérien, tu le sais mieux que moi n’est qu’un être comme tous les êtres humains qui sont issus de notre prohète Adam que le salut et la paix de Dieu soit sur lui. Le même dépôt a été déposé dans chaque coeur et le reste n’est qu’une affaire de Dieu. C’est aussi simple que ça. J’aime beaucoup tes contributions notamment ta rigueur et la solidité de tes convictions. Tu sais Aller droit mais sur ton chemin, je vois que tu sèmes la sincérité et la force de tes idées. Tes colères souvent les interprètes de la vérité. Laquelle tu défends avec une grande clarté tout en sachant adoucir les angles quand tu te vois aller plus loin. Je consommes tes idées à la hauteur de ce que mon esprit et mon caractère peuvent porter et assimiler. L’Algérie est considéré comme un seau par ceux qui sont sensés le diriger(le pouvoir) et le guider (les intellectuels). Ils remplissent et le vident sur leurs propres intérêts. Un coup, il est le plus digne, le fort et le plus intelligent. Un autre coup, il est immature, violent, inconsistant, ignorant et incapable de choisir ce qui est mauvais ou bon pour lui. Il n’est pas formé pour devenir responsable, autonome et utile à la construction de son pays. Il est souvent floué, délaissé et ignoré. Il se débrouille comme il peut pour vivre dignement dans cette espace où règne le mensonge, la félonie et la sauvagerie. Il ne sait plus qui il est, où il est où il va se diriger. Nos dirigeants ne veulent miser sur son génie. Ils l’utilisent pour prospèrer, vivre dans la sécurité et maintenir les privilèges qu’ils n’ont, jamais, mérités. Un il tue, l’autre il se fait tuer. Un il torture, l’autre il se fait torturer. Un il surveille, l’autre il est surveillé. La diversité est interdite et la misère et l’état d’urgence en tout bloqué. Où va-t-il ? La porte est fermé et la clef personne ne sait où il est caché. Il se suicide, il se prostitue, il s’exile, il erre, il s’égare, il s’alcoolise, il se tait, il subit, il se soumet…car aucun autre choix ne lui est proposé. Il est réduit à survivre comme les animaux dans la jungle. Un enfant ne peut pas se développer d’une façon harmonieuse dans un milieu défavorable. Un milieu où règne en totalité le mensonge, les fausses promesses, la violence, la ruse, l’impatience…Tout a un début et tout a une fin. Tout commence petit et tout grandit à un rythme que Dieu lui a octroyé. Nous étions qu’une cellule et puis petit à petit nous sommes devenus des foetus, des bébés, des enfants, des adolescents et des adultes et ensuite comme tu le sais cher Mohamed c’est la descente. Une graine ne devient pas une une rose d’un jour à l’autre. Même chose pour un arbre, à une maison, à l’acquisition du savoir, à la spiritualité…Tout doucement, tout doux et tout arrivera à son terme. C’est comme ça. Néanmoins, si le milieu n’est pas favorable, le mal s’incruste dans ce qui se développe et le fait grandir jusqu’à devenir un monstre. La preuve est ce qu’ils ont fait à notre pays. Un assassinat, deux, trois et ensuite un massacre. Le mal prospère là où le bien n’est pas accepté. Que te dire de plus cher Mohamed ? Nous devons revenir aux fondamentaux à l’asl pour s’en sortir tous et toutes. Inchaa Allah

    Fraternellement à toutes et à tous
    Saha ramdhankoum




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  • Khadidja
    1 septembre 2010 at 3 h 36 min - Reply

    Je me délecte avec la lecture des commentaires.
    Si je comprends bien certains intervenants sont arabophones et ça me fait plaisir de savoir que le sujet les intéresse.J,espère que nous entamons réellement notre véritable réconciliation nationale. Pas celle qui consiste à récompenser des tueurs mais la réconcilation qui rqpprochera les enfants de la famille algérienne qui avance. Où que vive Addi Lahouari, j,espère qu’il continuera à nourrir nos esprits combien même nous ne partageons pas toutes ses analyses scientifiques et intellectuelles. J’attends de comprendre pourquoi la graphie arabe est présentée comme le seul salut d’une tamazighth qui, pourtant ne devrait être enseignée que dans des régions qui n’expriment aucune hostilité à la graphie latine?
    En ce moment, d’après mes connaissances, c’est plutôt la qualité de l’enseigngment de Tamazighth qui risque de la plonger dans l’impasse que’une éventuelle hostilité d’autres régions du pays ou le manque de moyens et de supports juridiques ou financiers. Cet enseignement reproduit en plus grave les pires erreurs de l’arabisation en Algérie.




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  • Mohamed Jabara
    1 septembre 2010 at 17 h 04 min - Reply

    @ Khadidja

    « J’attends de comprendre pourquoi la graphie arabe est présentée comme le seul salut d’une tamazighth qui, pourtant ne devrait être enseignée que dans des régions qui n’expriment aucune hostilité à la graphie latine? »

    Je vais tenter de vous répondre sur ce point précis de mon point de vue.

    D’abord je tiens à dire que je ne pense pas que la graphie arabe soit le seul salut pour tamazight, mais lorsqu’on pense tamazight comme non typique d’une région donnée, mais plutot patrimoine national qu’il faut faire revivre et généraliser aux côtés de l’arabe, force est de reconnaître qu’une seule graphie pour les deux aurait des avantages tant au point de vue sociologique qu’au point de vue pratique, a défaut de faire comme l’a proposé un internaute plus haut et d’opter pour les caractères latins pour écrire l’arabe, un francophone habitué à l’usage de ces lettres y trouverait certainement son compte. Quelqu’un les a même traités de caractères universels en parlant des caractères latins, rien que ça ! Je pense que dans sa globalité, le peuple Algérien toutes régions confondues préférerait voire écrite tamazight plutot en graphie arabe qui rallierait beaucoup de monde, qu’en graphie latine sauf spécifités locales, localisées et entretenues dans des desseins obscurs dont les tenants sortent becs et ongles pour les défendre sur les forums en usant de quantités de pseudos pour une seule personne pour donner l’illusion du nombre.

    Nous avons en fait à l’égard de la langue tamazight des approches très subjectives ou sinon des approches de domination de groupes, alors qu’il s’agit en fait d’une question qui concerne tout le peuple algérien dans sa globalité. Soit on considère qu’il faut promouvoir cette langue et en faire une langue parlée par tous les algériens aux côtés de l’arabe, soit on la cantonne dans ses fiefs actuels et à ce moment parler de langue amazighe serait inexact, puisque celle ci englobe tous les parlers locaux, mais de langue Kabyle, de langue Chaouie, de langue Mozabite et cela voudrait dire que la langue amazighe n’existe plus puisque supplantée par ces parlers ou dialectes devenus langues. A mon sens la solution telle que préconisée par Monsieur le professeur Addi Lahouari telle que je l’ai comprise est la meilleue et qui consite à initier le mouvement de généralisation de la langue amazighe et de laisser le temps faire, de façon à ce que de plus en plus de gens la parlent et y viennent par nécessité, par imitation, par mode, par prestige etc…et ne pas tomber dans le piège qui a fait que l’arabisation décrétée par le haut fut un fiasco malgré des gens très sincères comme feu Mouloud Kacem Nait Belkacem .

    Saha ramdanek.




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  • khadidja
    2 septembre 2010 at 18 h 22 min - Reply

    à
    Monsieur Mohamed Jabara

    Merci pour la courtoisie de votre commentaire. Le sujet est complexe et je ne peux prétendre avoir l’expertise ni linguistique ni sociologique pour avancer des affirmations. Le problème de l’enseignement de Tamazight est malheureusement beaucoup plus grave que la simple question de la graphie. Je suis tout de même agréablement surprise de voir que la question berbère semble constituer un des facteurs de réconciliation du peuple avec lui-même d’ailleurs c’est un collègue arabophone qui m’a remis l’article. C’est à travers cet article que j’ai découvert ce site. J’ai pris le temps de le consulter longuement. Je suis mal à l’aise avec la théorie du complôt, mais à part quelques articles, elle semble être la piste privilégiée par les penseurs créateurs de ce site et du mouvement libérateur qu’ils inicient pour expliquer des réalités socilogiques très complexes. J’ai remarqué qu’il y a une grande liberté de ton dans les commentaires qui sont publiés, c’est très appréciable. Je vois aussi que vous êtes un membre actif, mais s’il vous plaît arrêtons de nous accuser mutuellement d’être des agents ennemis même quand l’un de nous déapprouve totalement les opinions de l’autre.

    Bonne schances aux bonnes intentions.




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  • Mohamed Jabara
    2 septembre 2010 at 21 h 31 min - Reply

    @ Khadidja.

    Saha ramdanek.

    Vous avez le style d’écriture de notre soeur Zineb Azzouz, concis, précis et incisif.

    Merci de vos critiques, pour une fois qu’on me critique sans m’insulter. J’en tiens compte. Il est vrai que nous autres algériens sommes rapides à riposter de manière forte et disproportionnée. Mais pouvez vous être plus précise ? Ou voyez vous le fondement de vos reproches que j’en prenne conscience en vue d’une rédemption éventuelle ?




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  • Arabuz
    23 septembre 2010 at 22 h 04 min - Reply

    Par Salem Chaker

    (Université de Provence / Inalco – Centre de Recherche Berbère)

    La langue berbère n’a pratiquement jamais connu de processus de normalisation linguistique. Il n’existe pas – et il semble qu’il n’ait jamais existé – de koinè supra-dialectale, littéraire ou autre. Tamazight se présente donc de nos jours sous la forme d’un nombre élevé de variétés régionales (les « dialectes » dans la nomenclature des berbérisants), répartis sur l’ensemble de l’Afrique du Nord et de la zone saharo-sahélienne, séparées les unes des autres par des distances souvent considérables et entre lesquelles l’intercompréhension peut être très laborieuse.

    En conséquence, la codification graphique du berbère est un processus récent, qui émerge au début du XXe siècle en Kabylie, et qui s’inscrit dans une dynamique globale de passage à l’écrit, dans un contexte très défavorable, marqué par l’absence de soutien institutionnel[1], l’oralité dominante et la grande variation linguistique.

    Le débat autour de l’alphabet : serpent de mer / arme de guerre

    Depuis plusieurs décennies, on voit revenir cycliquement dans le débat public – politique et universitaire – la même controverse sur la question de la graphie usuelle de la langue berbère : graphie latine, graphie arabe, graphie tifinagh ? Pseudo débat, totalement prédéterminé par les options idéologiques, et en définitive par l’instance politique : cela a été le cas au Maroc avec l’adoption surprise des néo-tifinagh par l’Ircam en 2002; c’est le cas en Algérie avec ceux qui voudraient imposer la graphie arabe. Pour contextualiser le débat, on rappellera qu’après le Printemps berbère de 1980, le Fln et le Président Chadli[2] déclaraient déjà : « Oui à l’enseignement du berbère, à condition qu’il soit écrit en caractères arabes » ! Cette idée est donc ancienne et émane toujours de milieux fortement marqués par l’idéologie arabiste (plus qu’islamiste d’ailleurs) et en général proches des milieux dirigeants de l’Etat.

    Pour tous les berbérisants sérieux, du moins ceux qui se sont penchés sur cette question depuis longtemps et qui ne découvrent pas les problèmes d’aménagement du berbère depuis que les instances politiques algériennes et marocaines ont donné leur « feu-vert », la réponse ne fait pas de doute. Pour ma part, je m’en suis expliqué depuis près trente ans : une diffusion large du berbère passe nécessairement par la graphie latine, parce que :

    ‒ L’essentiel de la documentation scientifique disponible est dans cette graphie ;

    ‒ Un travail significatif d’aménagement de cette graphie a été mené durant tout le XXe siècle ;

    ‒ L’essentiel de la production destinée au grand public (revues associatives, production littéraire), au Maghreb comme en Europe, utilise cet alphabet.

    Revenons précisément au débat que l’on essaie régulièrement de relancer. On notera d’abord que l’on invoque généralement la science, l’université : on mobilise les savoirs des linguistes quant à la relation purement conventionnelle entre une langue et sa représentation graphique ; ceux des historiens sur l’existence de traditions anciennes de graphies du berbère en caractères arabes ; du sociologue de l’éducation et de la culture pour rappeler que la majorité de la population a une pratique de l’alphabet arabe. Tout cela pour défendre in fine une notation usuelle en caractères arabes.

    On occulte bien sûr le fait que les notations arabes du berbère, bien attestées depuis le haut Moyen âge,

    ‒ Sont restées l’apanage de milieux lettrés très restreints ;

    ‒ Qu’elles n’ont jamais donné lieu à une véritable codification graphique du berbère ;

    ‒ Que toutes les études récentes montrent qu’il s’agissait plus d’aide-mémoires, de béquilles pour une transmission restée fondamentalement orale et qu’il est impossible de décoder ces textes berbères, anciens ou actuels, écrits en arabe sans une oralisation tâtonnante (voir notamment les test réalisés par A. El Mountassir 1994).

    On occulte bien sûr aussi le fait que l’alphabet latin est, lui aussi, très largement répandu en Afrique du Nord.

    Au niveau de l’abstraction transhistorique, nous savons bien que toute langue, sous réserve d’adaptations plus ou moins importantes, peut être représentée par n’importe quel système d’écriture. C’est ce qui explique que les écritures ont pu voyager, ont été empruntées et adaptées de peuple à peuple, de langue à langue : l’alphabet latin du français n’est pas celui de Rome, ni celui de l’allemand, ni celui des langues scandinaves ou du tchèque. De même que l’alphabet arabe du persan, du turc ottoman et des autres langues d’Asie centrale n’est pas celui de l’arabe classique. De même, sur moins d’un siècle, certaines langues d’Asie centrale ont été écrites en alphabet arabe, en latin et en cyrillique ! A ce niveau de généralité, il est évident que le berbère, comme toute langue, pourrait être écrit en syllabaire japonais ou en alphabet cyrillique. Mais au-delà de ces considérations abstraites et des potentialités théoriques, une écriture usuelle, du fait même de cette qualité, se développe dans un contexte historique et un environnement socioculturel déterminés, et pas seulement dans les cabinets des linguistes et grammairiens.

    Car, ignorance réelle ou ignorance feinte, on occulte dans tous les cas le fait que depuis un bon siècle, un travail de réflexion sur la notation usuelle à base latine, directement inspiré par la recherche universitaire sur le berbère, a été mené et a permis des avancées significatives. Initié et accompagné par des universitaires, par des praticiens du berbère, largement relayé par le mouvement associatif, ce travail sur la graphie usuelle à base latine a connu des améliorations progressives et simplifications qui en font désormais une écriture fonctionnelle, raisonnée et adaptée à toutes les formes de berbère. Représentation phonologique, maîtrise et explicitation de la segmentation font de la graphie usuelle latine une véritable écriture « berbère », généralisable à l’ensemble du domaine.

    Tourner le dos à un siècle d’usage social actif de la graphie à base latine pour imposer l’alphabet arabe ne pourrait qu’avoir de graves incidences négatives et ralentir voire bloquer le processus de diffusion de l’écrit.

    Pour des raisons pratiques d’abord : comme on le rappelle plus loin, seule la notation latine à fait l’objet d’un processus de codification et d’adaptation aux contraintes particulières et lourdes du berbère. Utiliser un autre alphabet reviendrait à jeter aux orties ce lent et complexe travail de maturation, déjà largement adopté par les producteurs sur le terrain, notamment les écrivains. Très concrètement, une graphie arabe pour le berbère serait une régression sévère dans le processus de codification et de diffusion de l’écrit. On en reviendrait forcément à des notations de type phonétique, fortement dialectalisées, à segmentation aléatoire et non explicite et ne permettant pas la lecture sans oralisation. Car, outre que le processus de codification n’a jamais été engagé à partir de l’alphabet arabe, on aurait – même en supposant de la bonne volonté et des intentions généreuses – de sérieuses difficultés à s’abstraire des contraintes de la tradition arabisante pour construire à partir de cette écriture une représentation cohérente et efficace du berbère.

    Mais aussi pour des raisons symboliques : qu’on le veuille ou non, l’émergence berbère, l’émergence de la langue berbère s’est faite au cours du XXe siècle contre l’idéologie arabo-islamique dominante et, pour l’essentiel, hors du cadre culturel arabo-islamique. C’est l’ouverture sur le monde et sur l’Occident qui a donné aux Berbères et à la langue berbère les outils de leur affirmation et de leur existence. Vouloir imposer au berbère l’habit de l’alphabet arabe trahit explicitement une volonté de le (les) faire rentrer dans le giron de la famille arabo-musulmane, pour l’y étouffer.

    En réalité, on a affaire à une machine de guerre contre le berbère, que l’on déploie lorsqu’il est devenu impossible de s’opposer, sur le principe, à sa reconnaissance, à son développement et à sa généralisation. On met alors en avant le problème « technique » de l’alphabet, pour tenter de détruire l’acquis et orienter d’emblée le passage à l’écrit et l’enseignement de la langue berbère vers un cul-de-sac assuré, vers l’enlisement et/ou la floklorisation. C’est ce qui se confirme au Maroc avec le choix des néo-tifinagh. C’est ce qui se passerait en Algérie si l’alphabet arabe venait par malheur à être imposé. Au fond, il s’agit, dans tous les cas, même si les argumentaires sont évidemment très différents, de bloquer toute possibilité de développement réel de la langue berbère, de la neutraliser en lui imposant un carcan non fonctionnel qui la condamne à une simple fonction emblématique (pour les néo-tifinagh) ou au rejet et à la désaffection par les populations elles-mêmes (pour l’alphabet arabe) ; en un mot, il s’agit d’enfermer le berbère dans l’insignifiance. On retrouve là une pratique très solidement ancrée des Etats maghrébins, la stratégie de neutralisation et de domestication des élites, de tous les acteurs et facteurs sociaux et culturels non contrôlés… En l’occurrence, il s’agit de « réduire le lion berbère en un doux agneau bêlant », intégré à l’appareil d’Etat et à l’idéologie dominante.

    Les caractères latins, une option bien ancrée et fonctionnelle

    Rappelons en effet que dès le début du XXe siècle, la volonté de sortir la langue de l’oralité s’est traduite par la publication d’importants corpus littéraires ou de textes sur la vie quotidienne. L’impulsion pour le passage à l’écrit en Kabylie commence avec des hommes comme l’instituteur Boulifa[3] ; il sera suivi par une « chaîne culturaliste » ininterrompue, constituée d’enseignants, d’hommes et femmes de lettres de formation francophone. Dans le domaine littéraire surtout, le support écrit imprimé vient suppléer significativement la transmission orale et la mémoire collective. Vers 1945-50, la diffusion de l’écrit à base latine – en dehors de tout enseignement formalisé en Kabylie – est suffisamment avancée pour que de nombreux membres des élites instruites soient capables de composer et écrire le texte de chansons, de noter des pièces de poésie traditionnelle. Belaïd Aït-Ali[4] – qui n’était pas l’un des plus instruits – rédige à la même époque (avant 1950) ce qui doit être considéré comme la première œuvre littéraire écrite kabyle : Les cahiers de Belaïd, recueil de textes, de notations, descriptions et réflexions sur la Kabylie tout à fait exquises.

    Le mouvement de production s’est poursuivi et a connu un net regain à partir de 1970, avec une forte intervention de l’émigration kabyle en France surtout, mais aussi rifaine aux Pays-Bas et en Belgique, après 1980.

    Depuis la libéralisation politique en Algérie (1989), les publications en langue berbère (revues, recueils poétiques, nouvelles, romans, traductions) se sont multipliées dans le pays même, au point qu’il est devenu difficile de suivre cette production foisonnante, portée par des associations, des auteurs individuels, de nombreux éditeurs privés et l’institution (HCA). En France également, des éditeurs associatifs ou privés publient maintenant régulièrement des titres en langue berbère. L’écrasante majorité de ces publications récentes sont écrites en caractères latins[5]. Aux publications de type littéraire, il faut ajouter un embryon de presse, surtout en Algérie où il a existé/existe plusieurs hebdomadaires bilingues (français/berbère) et où plusieurs grands quotidiens nationaux ont/ont eu leur « page berbère ».

    Et, ne l’oublions pas, cette production récente se rajoute à l’immense corpus de textes littéraires et ethnographiques, de grammaires et études diverses, collectés, publiés et quasiment toujours transcrits en caractères latins par les berberisants depuis le début des études berbères, il y a plus de 150 ans.

    De sorte qu’il existe désormais un usage écrit à base latine tout à fait significatif. Même si l’on dispose de peu d’informations sur sa diffusion réelle et sa réception[6], il ne s’agit plus d’expériences isolées de militants sans impact social : la production écrite s’est multipliée, consolidée, diversifiée et circule largement.

    Les conventions de notation : de la phonétique à la phonologie du mot

    Après de longs tâtonnements, les notations courantes du berbère se sont stabilisées et homogénéisées, sous l’influence déterminante des travaux et usages scientifiques. Les travaux et publications d’André Basset (dans les années 1940 et 1950), ceux du Fichier de Documentation Berbère (FDB : de 1947 à 1977), l’œuvre et l’enseignement de l’écrivain et berbérisant Mouloud Mammeri, ont été décisives.

    A une première génération (1860 – 1945) de notations « spontanées », directement inspirées des usages orthographiques du français[7], vont succéder des graphies phonétiques beaucoup plus fines, d’origine scientifique, dont le modèle accompli est celui du FDB.

    Après la décolonisation, s’inspirant très directement des travaux et usages académiques ou para-académiques (Faculté des Lettres d’Alger, Inalco, FDB), Mouloud Mammeri a diffusé, à travers ses écrits et son enseignement, à travers le relais du milieu militant kabyle, une notation usuelle à base latine du kabyle d’inspiration phonologique. L’idée de base étant que la notation usuelle doit gommer au maximum les particularités phonétiques dialectales, de façon à ce qu’un texte écrit, quelle que soit la variété régionale utilisée, soit à peu près décodable par tout berbérophone. C’est ainsi, par exemple, qu’on a supprimé, dès les années 60 la notation des phénomènes de spirantisation des occlusives, caractéristiques du kabyle (par opposition au chleuh ou au touareg), mais non, ou très faiblement, distinctifs.

    L’introduction et l’interprétation supra-régionale du principe phonologique a ainsi permis de réduire sensiblement les divergences dans la représentation graphique des dialectes berbères. Les particularités phonétiques dialectales à caractère systématique (comme la spirantisation des occlusives simples) sont considérées comme réalisations régionales du phonème « berbère » et ne sont donc plus notées ou seulement par de discrètes diacrités. Concrètement, cela permet d’écrire la langue de la même façon, quel que soit le dialecte. On notera ainsi : tamɣart, « la vieille » ; abrid, « chemin », akal « terre », que l’on soit en touareg, en chleuh… qui prononceront effectivement [tamɣart], [abrid], [akal] ou en kabyle, rifain… qui réalisent en fait (notation API) : [θamɣarθ], [aβriδ], [açal]…

    De même, la dentale sourde tendue /tt/, particulièrement fréquente en raison de sa présence dans plusieurs morphèmes grammaticaux, est normalement traitée en affriquée [tts] (API : [C]) dans la plupart des parlers kabyles. Dans la pratique usuelle, cette particularité, très marquante du kabyle, est notée seulement par une diacrité (cédille sous la lettre : « ţ »), ce qui permet de maintenir une représentation graphique très proche de celle des autres dialectes berbères qui ne connaissent pas l’affriction.

    On est ainsi progressivement parvenu à des graphies phonologiques larges, dans lesquelles toutes les particularités phonétiques, voire les oppositions phonologiques locales, sont effacées. Cette option s’est généralisée après 1970, grâce au relais efficace du réseau associatif berbère et à une production écrite de plus en plus significative. En dehors de toute intervention institutionnelle ou étatique, une pratique graphique dominante s’est mise en place. Au départ, exclusivement kabyle, elle s’est progressivement diffusée à la plupart des dialectes berbère du Nord (Mzab, Maroc, Libye).

    De la phonologie du mot à la phonologie de la chaîne

    Dans la graphie du berbère, le problème de la représentation des frontières de morphèmes est sans doute l’un des plus délicats. Il existe en effet en berbère une foule d’unités grammaticales, très courtes (généralement mono-phonématiques), de statuts divers (prépositions, affixes pronominaux, affixes déictiques, affixes d’orientation spatiale…), susceptibles de former syntagmes avec le nom et/ou le verbe auquel elles sont associées. L’indépendance syntaxique de ces morphèmes est toujours très évidente, mais leur fusion phonétique et prosodique avec le nom ou le verbe auquel ils sont associés est totale ; ils forment notamment une seule unité accentuelle (cf. Chaker 1995, chap. 8).

    Pour la notation usuelle, trois solutions de représentation sont possibles, selon que l’on privilégie l’analyse syntaxique (séparation par un blanc : 1), la fusion phonétique et accentuelle (tout est collé : 2), ou que l’on adopte une solution intermédiaire (tiret séparateur : 3) :

    1 – yefka yas t idd = [il-a-donné#à lui#le#vers ici] = il le lui a donné (vers ici)

    2 – yefkayastidd

    3 – yefka-yas-t-idd

    Le flottement est encore sensible pour l’instant, du moins entre les solutions (1) et (3), car l’option du « tout collé » (2), clairement d’inspiration phonétique, est désormais abandonnée dans les notations à base latine (seules les graphies arabes l’utilisent encore de manière quasi systématique).

    La solution (3), que j’ai préconisée depuis longtemps (1982/84) est reprise dans les recommandations de l’Inalco ; elle est certainement celle qui est la plus favorable à un décodage rapide par le lecteur : elle individualise les composants syntaxiques de l’énoncé tout en marquant leur liaison étroite au noyau. Les tests psycholinguistiques de lecture réalisés sur d’autres langues (notamment africaines) présentant le même type d’agglutinations confirment cette analyse, de même que ceux réalisés sur le berbère marocain par A. El Mountassir (1994 notamment).

    Plus problématiques encore sont les incidences des nombreuses assimilations phonétiques qui se produisent à la frontière des morphèmes : toutes ces unités grammaticales courtes, souvent de localisation dentale ou labiale, ont tendance à s’assimiler au segment phonologique du nom ou du verbe avec lequel elles sont en contact. Les plus fréquentes sont celles qui se produisent avec les prépositions n « de », d « et/avec », le morphème de prédication nominale d (« c’est/il y a »), l’affixe pronominal direct -t (« le ») :

    S’agissant de morphèmes très usuels, la fréquence de ces assimilations est très élevée. Beaucoup d’entre elles sont même tout à fait pan-berbère (/d#t/ > [tt]), d’autres sont plus localisées, mais souvent attestées en des points divers du monde berbère (par ex. : /n#w/ > [ww] : Kabylie, Haut-Atlas marocain…).

    A partir des années 1980, quand l’écrit a commencé à devenir une pratique courante, la réflexion sur le sujet ‒ déjà engagée par le FDB, cf. n° 120, 1973, P. Reesink) ‒ s’est approfondie et est devenue plus explicite. Sur l’initiative d’universitaires (principalement S. Chaker 1982/1984, puis le Centre de Recherche Berbère de l’ Inalco, 1993, 1996, 1998), le champ d’application du principe phonologique a progressivement été étendu à de nombreux phénomènes, jusque là mal ou non traités : la labio-vélarisation, l’affriction des dentales tendues, et surtout, les très nombreux phénomènes d’assimilations aux frontières de morphèmes, assimilations qui sont souvent propres à un dialecte, voire à un parler déterminé et qui leur donnent une « identité phonétique » très spécifique : ex. /n + w-/ > [ww] > [bbw] > [ppw] ; ainsi, en kabyle, un syntagme nominal déterminatif comme /n wergaz/ = « de (l’)homme », peut être réalisé localement :

    [n urgaz]

    [wwergaz]

    [ggwergaz]

    |bbwergaz]

    [ppwergaz]

    Bien sûr, pour le linguiste, ces réalisations assimilées sont facilement identifiables et, dans le cadre d’une « phonologie de la chaîne »[8], il restituera les segments sous-jacents (avec, éventuellement utilisation du tiret) :

    [awal ttemɣart] > /awal n temɣart/ « parole de vieille (femme) »

    [awal wwergaz/awal bbwergaz] > /awal n wergaz/ « parole d’homme »

    [udi ttament] > /udi d tament/ « (du) beurre et (du) miel »

    [tkerzeṭṭ] > /tkerzeḍ-t/ « tu as labouré-le (tu l’as labouré) »

    C’est sur ce problème des assimilations à la frontière des morphèmes que l’on observe les fluctuations les plus grandes dans les usages graphiques actuels : les notations « spontanées » sont de type phonétique (= maintien des assimilations) ; celles qui émanent des praticiens ayant une formation berbérisante (universitaires, militants associatifs, écrivains…) sont généralement plus analytiques, encore que bien souvent les auteurs ne traitent pas de manière homogène tous ces cas d’assimilations.

    Mais la tendance dominante est désormais très nettement à la notation analytique (morpho-)phonologique, poussée parfois à un point sans doute excessif[9] ; souvent le tiret (ou toute autre marque de liaison) n’est pas utilisé, y compris dans les cas de fusion phonique avancée (/n#w../ > [bbw..]) où il serait plus réaliste de conserver un indice graphique léger de l’assimilation : n_w.. ou n-w.. plutôt que n w.., particulièrement déroutant par rapport à la prononciation réelle.

    Cette graphie analytique (phonologique et syntaxique) est celle qui gomme le maximum de particularités dialectales et celle qui rend explicites les composants syntaxiques ; donc celle qui unifie et stabilise au maximum la forme écrite du berbère.

    Réalisme et équilibre indispensables

    Mais il est clair que la représentation analytique (ou morpho-phonologique), phonologiquement et syntaxiquement parfaitement fondée, est d’une mise en œuvre délicate ; elle suppose en effet une analyse et une décomposition qui n’est ni immédiate ni évidente pour le locuteur natif sans formation linguistique. La différence entre le niveau phonétique et le niveau (morpho-)phonologique est dans ce cas trop importante pour que l’on puisse attendre du locuteur une restitution, sans une formation minimum préalable.

    Cette notation est particulièrement intéressante au niveau du décodage ‒ la représentation graphique est quasiment la même pour tous les dialectes et tous les constituants de l’énoncé sont bien individualisés ‒, mais elle est coûteuse pour ce qui est de l’encodage, l’écriture supposant alors une formation préalable lourde. On ne peut plus « écrire spontanément » et une forme d’enseignement devient alors absolument indispensable avant tout passage à l’acte d’écrire. Si l’on veut aboutir à la généralisation et la maîtrise suffisante de cette graphie, cela implique son enseignement généralisé précoce car il ne s’agit plus du tout d’une simple « transcription de l’oral », que l’on peut facilement acquérir à tout âge, mais d’une vraie formation à la langue, à ses structure grammaticales.

    L’écrit étant destiné fondamentalement à la communication non-immédiate, c’est bien évidemment le décodage, donc le récepteur qui doit être privilégié. Sur un plan fonctionnel général, il ne peut donc faire de doute que c’est la notation de type analytique qui devra s’imposer car il ne s’agit plus, depuis longtemps, de « transcrire de l’oral », mais bien de construire une tradition écrite.

    Mais en l’état actuel des choses, on recommandera le réalisme, l’expérimentation et, surtout, la nécessité d’inscrire l’action de codification dans la durée. « Normaliser », sélectionner, privilégier telle forme sur telle autre, on ne peut y échapper dès que l’on s’engage dans le processus de passage à l’écrit. Mais la modération et la prudence paraissent indispensables. Il faut que les aménageurs berbérisants trouvent la voie médiane entre l’attitude ultra-normalisatrice, qui couperait la langue standard des usages réels, et la théorie du « laisser écrire », qui ramènerait la pratique de l’écrit au niveau des premières notations spontanées phonétiques et qui aurait pour effet certain de bloquer le développement du berbère et la consolidation de son statut.

    Un chantier ouvert

    On le voit, malgré les avancées tout n’est pas réglé au niveau de la codification graphique, loin de là. Les « questions délicates en suspens » sont encore nombreuses ; le groupe de l’Inalco en a listé certaines (notamment lors des rencontres de 1996 et 1998), qui ne font pas encore l’objet de pratiques unifiées :

    ‒ L’usage de la ponctuation, point d’autant plus important que la prosodie joue un rôle considérable dans l’organisation syntaxique de l’énoncé berbère (cf. Chaker 1995 et 2009). Bien des textes publiés sont difficile à lire, voire ambigus, de ce fait.

    .‒ La question des majuscules, en particulier sur les noms à l’état d’annexion.

    ‒ La question des sigles et abréviations, qui posent des problèmes spécifiques en berbère du fait la structure morphologique et syllabique des nominaux.

    ‒ La graphie des noms propres, en particulier celle des toponymes : vu leur fonction dénominative particulière, faut-il en respecter la prononciation locale ou les « normaliser » ? Iɣil bbwammas ou Iɣil n wammas ?…

    ‒ Les prépositions et leurs variantes dialectales et intra-dialectales : faut-il faire un choix entre toutes les variantes locales ou les considérer toutes comme possibles ?

    ‒ L’écriture des complexes faisant intervenir le pronom indéfini i, ay : seg way deg / segwaydeg / seg-way-deg, ɣef way deg/ɣefwaydeg/ɣef-way-deg, i deg/ideg/i-deg, i ɣef/iɣef/i-ɣef… Faut-il en souder les composants, les séparer par des blanc, des tirets ?

    ‒ L’écriture de l’indice de 3e personne masc. sing. du verbe : y-, ye-, i- ? (yedda ou idda ?)

    ‒ L’écriture de l’Etat d’annexion du nom masculin singulier : w- / u- (et dans quels contextes) ou toujours u- ? (wergaz ou urgaz ?)

    ‒ La question de la notation du « schwa » ([ǝ]), pour lequel les fluctuations de l’usage restent encore très importantes (et qui oppose nettement la pratique kabyle à celle du Maroc).

    Même si la réflexion a été poursuivie au cours de la dernière décennie et même si des propositions précises ont été faites[10], il reste encore à construire un consensus de principe et à le concrétiser dans les pratiques sur tous ces points.

    On espère que des rencontres comme celle d’Alger permettront d’avancer sur le chemin ouvert depuis des décennies par les précurseurs kabyles.

    *

    Références bibliographiques.

    [Centre de Recherche Berbère / Inalco] :

    – Actes de la Table ronde internationale « Phonologie et notation usuelle dans le domaine berbère – Inalco, avril 1993 » : 23 contributions + 4 notes [= Etudes et documents berbères, 11, 1994 et 12, 1995].

    – « Propositions pour la notation usuelle à base latine du berbère (Atelier du 24-25 juin 1996, Inalco/Crb ; synthèse des travaux par S. Chaker), Etudes et documents berbères, 14, 1997, pp. 239-253.

    – Aménagement linguistique de la langue berbère, Normalisation et perspectives, Paris, Inalco, 5 au 9 octobre 1998, Paris, (publication provisoire réalisée par Tamazgha, Paris, février 2000), 15 p.

    – Achab Ramdane, 1979, Langue berbère. Initiation à l’écriture, Paris, Imedyazen-GEB.

    – Achab Ramdane, 1990, Tira n tamazight, Tizi-Ouzou, Tafsut.

    – Achab Ramdane, 1998, Langue berbère. Initiation à l’écriture, Paris, Editions Hoggar.

    – Castellanos Carles, 1998, El procés de standarditzacio de les llengües. Estudi comparatiu i aplicacio a la llengua amazigha (berber): Thèse de doctorat, Universitat Autonoma de Barcelona (Dept. de Traduccio i d’Interpretacio).

    – Chaker Salem, 1982, « Propositions pour une notation usuelle du berbère (kabyle) », Bulletin des Etudes Africaines de l’ Inalco (Paris), II/3, 1982, pp. 33-47 [repris dans le suivant].

    – Chaker Salem,1984, Textes en linguistique berbère. (Introduction au domaine berbère), Paris, CNRS.

    – Chaker Salem, 1989/1998, Berbères aujour’hui, Paris, L’Harmattan.

    – Chaker Salem, 1994, « Pour une notation usuelle du berbère à base tifinagh », Table-ronde « Phonologie et notation dans le domaine berbère », Paris, Inalco, 26-27 avril 1993 [= Etudes et Documents Berbères, 11, pp. 31-42].

    – Chaker Salem, 1995, Linguistique berbère. Etudes de syntaxe et de diachronie, Paris/Louvain, Editions Peeters.

    – Chaker Salem, 2002, « Variation dialectale et codification graphie en berbère. Une notation usuelle pan-berbère est-elle possible ? », Codification des langues de France, édité par D. Caubet, S. Chaker et Jean Sibille, Paris, L’Harmattan, p. 341-354.

    – Chaker Salem, 2009, « Structuration prosodique et structuration (typo-)graphique en berbère : exemples kabyles », Etudes de phonétique et linguistique berbère. Hommage à Naïma Louali, Paris/Louvain, Peeters, p. 69-88.

    – El Mountassir Abdellah, 1994, « De l’oral à l’écrit, de l’écrit à la lecture. Exemple des manuscrits chleuhs en graphie arabe », Etudes et documents berbères, 11, p. 149-156.

    ‒ Fichier de Documentation Berbère, 120, 1973 (IV) : « A propos de quelques changements de transcription », p. 45-50.

    – Galand Lionel, 1989, « Les langues berbères », La réforme des langues. His­toire et avenir, IV, Hamburg, H. Buske Verlag.

    – Mammeri Mouloud, 1976, Tajerrumt n tmazight (tantala taqbaylit), Paris, Maspéro [= Grammaire berbère, dialecte kabyle].

    – Naït-Zerrad Kamal, 1994, Manuel de conjugaison kabyle : le verbe en berbère, Paris, L’Harmattan, 318 p.

    – Naït-Zerrad Kamal, 2001, Grammaire moderne du kabyle, Paris, Karthala, 225 p.

    – Naït-Zerrad Kamal, 2001, « Les systèmes de notation du berbère », Codification des langues de France, édité par D. Caubet, S. Chaker et Jean Sibille, Paris, L’Harmattan, p. 331-340.

    [1] Je me situe ici dans une perspective de la longue durée : la prise en charge par l’institution étatique date seulement de 1995 en Algérie et de 2002 au Maroc. Et pendant la période coloniale, la codification du berbère était une problématique totalement inexistante pour l’administration comme pour l’Université françaises.

    [2] On sait qu’il sera suivi dans cette position par le Président Bouteflika qui a fait le même type de déclarations publiques.

    [3] Qui, avant les années 1920, avait déjà publié : une méthode de langue kabyle (dont 350 pages de textes imprimées en kabyle), un recueil de poésies, une histoire de la Kabylie et une description d’un parler berbère marocain. Cf. S. Chaker (dir.) : Hommes et femmes de Kabylie…, Aix-en-Provence, Edisud/Ina-yas, 2001.

    [4] Cf. Etudes et documents berbères, 2, 1986 ou Hommes et femmes de Kabylie, Dictionnaire biographique…, vol. I, (sous la dir. de S. Chaker), Aix-en-Provence/Alger, Edisud/Ina-yas, 2001.

    [5] Quasiment toutes celles qui sont publiées en Algérie, en France et en Europe utilisent l’alphabet latin ; la situation est plus contrastée au Maroc où l’alphabet arabe est souvent utilisé ; mais les parutions récentes sont désormais majoritairement en latin dans ce pays aussi.

    [6] Qui lit, qui écrit en berbère ? Existe-t-il un vrai marché ou s’agit-il encore de réalisations portées par le militantisme ? Il est encore difficile de répondre à ces questions faute d’études précises.

    [7] Avec de nombreux digrammes, une non-distinction des voyelles et semi-voyelles.

    [8] Qui considérera donc les frontières de morphèmes comme un contexte clé de l’analyse phonologique en berbère (cf. Chaker 1984, chap. 6).

    [9] Ainsi, je ne crois qu’ l’on ait vraiment intérêt à noter taɣaḍt (« chèvre »), même si l’on sait bien qu’il ne s’agit que la forme féminine de aɣaḍ (« caprin »). Si l’option analytique apporte un plus dans le décodage des syntagmes et des énoncés, elle n’apporte pas grand-chose au sein des mots.

    [10] Notamment par K. Naït-Zerrad, sans doute le chercheur le plus avancé sur le sujet.




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    24 septembre 2010 at 0 h 21 min - Reply

    Je n’ai pas eu la patience de lire la diarrhée (étude) de Salem Chaker, qui confond linguistique, qui le fait pourtant exister et « vivre », avec l’idéologie gréco-latine qui l’inspire, quand il assène des inepties du haut de son perchoir de professeur de linguistique berbère, pour tenter de gruger ceux qu’il croit berner.
    Non son choix idéologique et en aucun cas scientifique, voire a-scientifique, de la graphie latine n’est ni appropriée, ni explicable, car les pays du Maghreb, ou de Tmazgha, appartiennent à la sphère culturelle arabe et islamique, et non pas à la sphère culturelle de Salem Chaker, c’est-à-dire, la France hexagonale et chrétienne.
    Sans avoir à entrer ici dans un débat qui n’a guère lieu d’être, le choix de la graphie doit être avant tout d’ordre pratique et être conduit en fonction de la facilité à transcrire, à lire, et à communiquer.
    Or, en Tamazgha, la langue arabe, a recouvré sa place de vecteur de civilisation, au dépens des langues latines dont le français en particulier.

    Le sérieux des études de Salem Chaker, sont d’une telle notoriété parmi ses admirateurs pâmés et idéologiquement travaillés, que ma répugnance à lire son bréviaire que l’on nous a asséné, me fait sursauter, vu que je n’a lu que le début et la fin de ce « missel » pour les ouailles consentantes et invitées à ne dire qu’Amen, avent le « ITE » final.

    Et bien, je note qu’avant le ITE final, il est écrit ce qui suit et en note (9):

    « [9] Ainsi, je ne crois qu’ l’on ait vraiment intérêt à noter taɣaḍt (« chèvre »), même si l’on sait bien qu’il ne s’agit que la forme féminine de aɣaḍ (« caprin »). Si l’option analytique apporte un plus dans le décodage des syntagmes et des énoncés, elle n’apporte pas grand-chose au sein des mots ».

    En bon locuteur de la langue kabyle, que Salem Chaker ne pratique pas couramment, chez lui en privé, puisque le français est sa langue « vernaculaire », je lui rappelle que :
    « noter taɣaḍt (« chèvre »), même si l’on sait bien qu’il ne s’agit que la forme féminine de aɣaḍ (« caprin ») »
    Le frankabyle aɣaḍ est inexistant dans la langue qu’il est sensé enseigner, mais par contre existe iɣiḍ (caprin) qui n’est donc pas la forme féminine de taɣaḍt (« chèvre »).

    Quand Salem Chaker, s’occupera plus de linguistique que de BOUlitique, peut-être consacrera-t-il plus de temps, à apprendre la graphie arabe, et voir comment l’adapter à défaut de la graphie laborieuse punique (tifinaɣ) et non point comme il le claironne devant des pâmés, ‘notre découverte « tifineneɣ ».

    Il n’y a pas plus borné que le « savant », qui utilise la science au service d’une idéologie, à contre-courant de la marche historique de l’Histoire.




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  • Debat au sujet de la transcription de l’amazigh en Algerie « Eldjoudhi's Blog
    8 octobre 2010 at 15 h 53 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique