Édition du
25 March 2017

Réflexions sur le Congrès de la Soummam


Benyoucef BEN KHEDDA

Rappelons brièvement le contexte historique de l’époque.

Rappel historique

On sait que l’insurrection algérienne a été déclenchée par les éléments du CRUA (Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action) tous issus de l’OS (Organisation Spéciale) branche armée du PPA-MTLD, à la suite de l’éclatement de la direction de ce parti en deux factions :

Comité central et Messali.

1 . Liste des «22» du CRUA (juin 1954)

– Mokhtar BADJI

– Othmane BELOUIZDAD

– Ramdane BEN ABDELMALEK

– Ben Mostefa BEN AOUDA

– Mostefa BEN BOULAID

– Mohammed-Larbi BEN M’HIDI

– Lakhdar BEN TOBBAL

– Rabah BITAT

– Zoubir BOUADJADJ

– Slimane BOUALI

– Ahmed BOUCHAIB

– Mohammed BOUDIAF

– Abdelhafid BOUSSOUF

– Mourad DIDOUCHE

– Abdesselam HABBACHI

– Abdelkader LAMOUDI

– Mohammed MECHATTI

– Slimane MELLAH

– Mohammed MERZOUGHI

– Boudjemaâ SOUIDANI

– Youcef ZIGHOUD

Les noms sont cités par ordre alphabétique

La direction de la Révolution passe alors aux «6» du CRUA qui sort au grand jour le 1er Novembre 1954 sous l’appellation du FLN (Front de libération nationale).

Le partage des responsabilités entre eux, après leur réunion du 23 octobre 1954 à Bologhine (ex-Saint-Eugène), s’était fait ainsi :

Zone 1, Aurès-Némencha, Mustapha Ben Boulaïd,

Zone 2, Nord-Constantinois, Mourad Didouche,

Zone 3, Kabylie, Belkacem Krim,

Zone 4, Algérois, Rabah Bitat,

Zone 5, Oranie, Mohammed Larbi Ben M’hidi.

(Les zones seront remplacées par les wilayate après le Congrès de la Soummam).

Quant à Boudiaf, désigné par ses pairs «coordonnateur», il s’envole pour le Caire porteur de la Proclamation du 1er Novembre 1954 qui sera lue sur les ondes de Sawt-El-Arab, la Radio du Caire, dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 1954 par Ben Bella.

Ben Bella, Aït Ahmed et Khider, établis dans la capitale égyptienne où ils représentaient la délégation extérieure du PPA-MTLD avaient entre-temps opté pour le CRUA et avec les «6» ils constituaient à «9» la première  direction du FLN.

Avant de se séparer à Bologhine, les premiers s’étaient donnés rendez-vous au 12 janvier 1955 pour faire le point de la situation, malheureusement les événements surgis de la guerre ne leur ont pas permis de se rencontrer.

Didouche meurt le 12 janvier dans un combat face à l’ennemi.

Ben Boulaïd est arrêté le 12 février 1955 à la frontière tuniso-libyenne, en se rendant au Caire afin d’activer l’entrée des armes promises.

Boudiaf et Ben M’hidi se déplacent entre le Maroc et l’Egypte en vue de prospecter les armes et organiser leur acheminement en Algérie.

Abbane libéré le…janvier 1955, après 6 ans de détention, regagne son village natal, où il est rejoint par Krim et Ouamrane.

Bitat est arrêté le…mars 1955. Ouamrane lui succède à la tête de la zone 4 et confie, en accord avec Krim, la responsabilité d’Alger à Abbane.

Le PCA (Parti communiste algérien) a éclaté, à cause de sa composition mixte formée d’Européens et de Musulmans et de sa sujétion au PCF (Parti communiste français) allié au parti socialiste de la SFIO au sein du Front républicain qui votera la loi sur «les pouvoirs spéciaux» destinés à renforcer l’armée de répression en Algérie. Le PCA sortira discrédité aux yeux des masses algériennes.

Les messalistes sont majoritaires en France où une lutte sanglante et meurtrière est engagée entre leur parti : le MNA et le FLN, dont l’enjeu est l’émigration algérienne forte de 300 000 et d’où ils envoient fonds et instructions à leurs maquis, actifs en Kabylie, au Sud et à Alger-ville.

Mais le gros problème demeure la minorité européenne, forte d’un million d’habitants (sur 10) qui ont fait de l’Algérie une colonie de peuplement et où ils tiennent les leviers de commande. La Révolution grandissante inquiète ce bloc raciste et colonialiste qui commence à se fissurer.

Des individus et des groupuscules appartenant aux trois confessions catholique, protestante et juive (catholique surtout), émus par les massacres des civils musulmans prennent position contre la répression. Cependant, la grande majorité fait confiance à l’armée et au gouvernement de Paris.

Sur le plan politique

En dehors des tracts et des communiqués paraissant occasionnellement, le FLN n’avait pas de journal pour s’affirmer sur le plan public, faire connaître ses positions politiques, relater les exploits de l’ALN, les massacres et tortures de la police et de l’armée françaises.

Il y avait un vide syndical dû à la faillite de la CGT (Confédération générale des travailleurs) d’obédience communiste.

Les étudiants et les quelques intellectuels qui avaient adhéré au Front posaient déjà des questions d’ordre idéologique: nature de l’Etat algérien indépendant, réforme agraire, problèmes sociaux, etc.

Abbane créa alors une commission dont le résultat se traduira dans le Projet de la «Plate-forme de la Soummam». Parallèlement se poursuivait grâce à un noyau de militants d’Alger l’encadrement de la population, dans une infrastructure spécifique : la zone autonome d’Alger avec deux volets politique et militaire.

Sur le plan militaire

Les maquis avaient fini par faire leur jonction. Cependant des conflits frontaliers éclataient à l’exemple de la zone 2 s’opposant à la base de l’Est pour le contrôle de la bande frontalière.

Dépassements, encadrement déficient, structures différentes d’une zone à l’autre caractérisaient l’ALN. Son extension dépendait étroitement de l’armement et les promesses faites à l’extérieur ne se réalisaient pas. Les armes manquaient terriblement. Ce fut la cause principale de l’arrestation de Ben Boulaid, et c’est pour armer les djounoud que Zighoud Youcef lança sa fameuse opération du 20 août 1955.

En France

En France l’Algérie est devenue la première préoccupation du gouvernement et de l’opinion publique.

En mars 1956, le Front républicain socialocommuniste a remporté les élections législatives et Guy Mollet, chef de la SFIO, est porté au pouvoir. Grâce aux «pouvoirs spéciaux» qui lui furent votés par la nouvelle assemblée, le gouvernement de gauche augmente le potentiel

de son armée. De 200 000 hommes en 1956, l’effectif de cette dernière va s’élever à 400 000. En même temps, Guy Mollet lance son triptyque : cessez-le-feu, élections, négociations. Son idée était d’obtenir la reddition de l’ALN. Après quoi, il organiserait des élections en vue de

dégager des «élus» avec lesquels il «négocierait». Un moyen d’imposer une solution militaire.

Pour le FLN, il n’y avait pas d’autres perspectives que la guerre.

Sur le plan international

A l’ONU, lors de la 10e session, les délégués arabes ont tenté d’inscrire la «question algérienne» à l’ordre du jour. Elle a été repoussée par la majorité acquise à la France et ses alliés.

L’attitude des gouvernements arabes, bien que favorable à l’Algérie, particulièrement de l’Egypte, est sujette à des fluctuations sous la pression de la France qui monnaie l’aide économique et financière. Le porte-parole du FLN à la radio Sawt el Arab, libre jusque là, est censuré. Le danger est grand de voir la Révolution algérienne instrumentalisée

par Djamel Abd-Ennasser qui jouit d’un immense prestige auprès des masses arabes du Golfe à l’Atlantique.

Le colonel Fethi Dhib, chef des services spéciaux égyptiens, manoeuvre dans ses rapports avec les membres de la délégation extérieure où il privilégie Ben Bella s’ingérant

directement dans les affaires du groupe, créant animosité et disputes entre eux.

Un gros problème se posait à la direction du FLN partagée entre Alger et le Caire, celui des positions officielles devant tel ou tel événement, telle ou telle question pesant sur le cours de la Révolution : ainsi l’ouverture des négociations qui pouvaient ébranler la cohésion politique du FLN et semer la division, cette maladie mortelle des révolutions.

Jusqu’ici, l’identité de formation des dirigeants issus tous du même parti : le PPA-MTLD, avait empêché l’éclatement. Mais le danger pouvait survenir devant les initiatives de la France.

Déjà des dissonances apparaissaient entre Abbane qui affirmait : «Pas de négociations sans la reconnaissance préalable par la France de l’indépendance algérienne», pendant que de son côté Khider au Caire parlait d’«Assemblée nationale constituante».

La France ne se privait pas d’exploiter ces contradictions. Et quand les journalistes posaient aux officiels français la question des «négociations», ceux-ci répondaient invariablement «Avec qui ? », et parlaient de «fait national algérien», de «table ronde» destinée en réalité à noyer le FLN dans un magma de partis sans représentativité : MNA, PCA et autres formations et personnalités musulmans et européens.

S’il existait des commandements à l’échelle zonale, si au Caire la délégation extérieure assurait avec plus ou moins de bonheur la représentation du FLN, par contre il n’existait pas une direction centrale coordonnant les activités du FLN, politiques et militaires, nationales et internationales constituant une autorité en mesure de se poser en interlocuteur valable vis à vis de l’adversaire, porte-parole de la Révolution et du peuple algérien.

A un moment donné il fut question d’une direction de «12» membres : six de l’intérieur (Ben Boulaïd, Zighoud, Krim, Bitat, Abbane, Ouamrane) et six de l’extérieur (Ben M’hidi, Ben Bella, Aït Ahmed, Khider, Debbaghine, Boudiaf).

Un des sujets de discorde qui ne cessait de tendre les rapports entre Alger et Le Caire, c’était les éléments envoyés d’Alger pour représenter le FLN sur la scène internationale et qui étaient contestés par ceux du Caire : Ferhat Abbas, Tewfik El Madani, Kiouane.

Dans chaque lettre adressée au Caire, Abbane revient à la charge sur la question des armes où il parle de «carence». C’est pour tenter de régler tous ces problèmes politiques, militaires et autres et désigner la direction officielle du FLN absente de la scène politique depuis 2 ans

qu’Abbane finit par prendre l’initiative de s’adresser aux chefs de maquis en vue d’une rencontre. Il avait déjà l’accord de Krim (Kabylie), Ouamrane (Algérois) ; il n’arrive pas à joindre Ben Boulaïd évadé de la prison de  Constantine depuis novembre 1955. A Youcef Zighoud (Nord –Constantinois) il délègue Saâd Dahlab ; et c’est ainsi que le futur négociateur d’Evian inaugure son activité diplomatique au FLN. Zighoud adhère pleinement à l’idée.

Les éléments qui étaient à l’extérieur sont également touchés.

Seul Ben M’hidi rentrera à Alger en mai 1956. Je ne connais pas exactement les motifs pour lesquels les membres de la délégation extérieure n’ont pas suivi l’exemple de Ben M’hidi. Ceux d’entre eux qui sont encore en vie peuvent nous éclairer.

Le Congrès et ses décisions

Le Congrès se réunit, comme chacun sait, dans la maison forestière d’Ighbal, à Ifri, non loin d’Ighzer Amokrane, sur la rive gauche de la Soummam, à quelques kilomètres d’Akbou, le 20 août 1956.

Le procès-verbal de la première séance donne la liste des membres présents.

« Les membres présents étaient :

BEN M’HIDI, représentant de l’Oranie (président de Séance),

ABBANE, représentant le F.L.N. (secrétaire de séance),

OUAMRANE, représentant de l’Algérois,

KRIM, représentant de la Kabylie,

ZIROUT, représentant le Nord-Constantinois,

BENTOBBAL, adjoint de Zirout.

Membres absents :

BEN BOULAID, représentant des Aurès- Nemenchas,

SI CHERIF, représentant le Sud (excusé après avoir adressé son rapport à la réunion). »

Les congressistes n’avaient pas la certitude absolue de la mort de Ben Boulaid, qui remontait à cinq mois, ce qui explique que son nom figure dans cette liste.

Comme on le voit, le Congrès se réduit à six membres. En dehors des séances, ceux-ci se retrouvaient chacun avec d’autres membres de sa zone : Ali Kafi et Mostefa Ben Aouda avec Zirout et Ben Tobbal, Saïd Mohammedi et Aït Hamouda Amirouche avec Krim (zone 3), Déhilès, Si M’hammed Bouguerra et Ali Mellah avec Ouamrane  (zone 4). Chaque chef de zone présenta un état de la situation : effectif des moudjahidine, armement, état d’esprit des

combattants et de la population.

Les décisions organiques

Les zones furent remplacées par six wilayate découpée chacune en zone (mintaka), secteurs (nahia), région (kasma), chacune d’entre elles dirigée par quatre membres selon le principe de la direction collective.

Le Conseil de wilaya comprenait un colonel politico- militaire assisté de trois commandants : militaire, politique, liaisons et renseignements.

Le secteur sanitaire était rattaché au Conseil de wilaya.

Pour les unités, elles allaient depuis le demi-groupe composé de 4 hommes commandés par un caporal jusqu’au bataillon de 350 hommes commandés par un colonel. Allergiques au culte de la personnalité qu’ils venaient de vivre récemment dans le conflit Messali-Comité central, les congressistes décidèrent qu’il n’y aura pas de grade de «général» jusqu’à la libération.

A la tête de chaque douar fut désignée l’assemblée du peuple de 4 membres avec un Président s’occupant de l’état-civil, de la justice, des finances, du ravitaillement et de la police. En réalité cette infrastructure subira des transformations au cours de la guerre mais le cadre général sera maintenu.

Le problème crucial de l’armement revenait sans cesse dans les débats, et le bilan de la délégation extérieure à ce sujet fut jugé négatif. Le congrès se résolut à la seule décision révolutionnaire : prendre les armes là où elles sont, c’est à dire chez l’ennemi.

CNRA et CCE

Le Congrès procéda à la désignation des organes de direction : CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) et le CCE (Comité de coordination et d’exécution).

Le CNRA, parlement du FLN, joue le rôle de direction suprême du mouvement. Il prend des décisions d’orientation politique, militaire, économique et sociale, en même temps que celle d’une assemblée législative, symbole de la souveraineté nationale. Il désigne l’exécutif : CCE. Il engage des négociations avec l’adversaire, se prononce sur la guerre et la paix.

Le CNRA, désigné par le Congrès de la Soummam se composait de 34 membres : 17 titulaires et 17 suppléants :

Membres titulaires                            Membres suppléants

1 – Mostefa Ben Boulaïd                 1 – L’adjoint de Ben Boulaïd

2 – Youcef Zirout                            2 – Lakhdar Ben Tobbal

3 – Belkacem Krim                         3 – Saïd Mohammedi

4 – Amar Ouamrane                      4 – Slimane Dhiles

5 – Med Larbi Ben M’hidi               5 – Abdelhafid Boussouf

6 – Rabah Bitat                                6 – Ali Mellah

7 – Mohammed Boudiaf                 7 – Saâd Dahlab

8 – Ramdane Abbane                     8 – Salah Louanchi

9 – Ahmed Ben Bella                     9 – Mohammed Ben Yahia

10 – Mohammed Khider               10 – Abdelhamid Mehri

11 – Hocine Aït Ahmed                11 – Tayeb Thaalibi

12 – Med Lamine Debbaghine         12 – Mohammed Lebdjaoui

13 – Idir Aïssat                              13 – Ahmed Francis

14 – Ferhat Abbas                           14 – UGTA à désigner par le CCE

15 – M’hamed Yazid                      15 – Aïssa…

16 – Benyoucef Ben Khedda

17 – Ahmed Tewfik El Madani

Si l’on examine la liste du CNRA, titulaires et suppléants,  34 membres, elle est composée des

– 6 chefs de wilaya et leurs adjoints sauf la wilaya 6 sans adjoint (11),

– Abbane : représentant du «FLN» (cf. le PV),

– Les membres de la délégation extérieure : AïtAhmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider (4),

– Les «centralistes» : Ben Khedda, Dahlab, Aïssat, Yazid, Louanchi, Mehri (6),

– L’UDMA : Abbas, Francis (2),

– L’association des oulama : Tewfik El Madani, Mezhoudi (2).

Les éléments du PPA-MTLD sont nettement majoritaires. Les membres appartiennent à différents milieux : paysans, intellectuels, étudiants, syndicalistes, islamistes, image de l’Union nationale réalisée en pleine guerre. Le parti communiste algérien a été écarté ayant refusé de se dissoudre comme les autres partis.

L’ALN fut uniformisée dans sa structure et sa hiérarchie.

Sur le plan de la justice, aucun officier, quel que soit son grade, n’a le droit de prononcer une condamnation à mort. Des tribunaux furent crées à l’échelle secteur et zone pour juger civils et militaires. L’accusé avait le droit de choisir sa défense. Egorgement et mutilation de cadavres étaient formellement interdits, de même que l’exécution de prisonniers de guerre (précautions de principes qui malheureusement seront souvent violées).

La plate-forme de la Soummam

La plate-forme de la Soummam analyse la situation politique 20 mois après le déclenchement de l’insurrection, fixe les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir. En outre, elle pose le problème des négociations et les conditions de cessez-le-feu qui serviront de base, cinq ans plus tard, aux négociations d’Evian :

1 – Reconnaissance de la Nation Algérienne une et indivisible (opposée à la fiction coloniale de «l’Algérie française» et à toute idée de partage ethnique ou confessionnel).

2 – Reconnaissance de l’Indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté pleine et entière, dans tous les domaines, y compris la Défense nationale et la diplomatie (contre le principe de l’autonomie interne concédé par la France à la Tunisie et au Maroc).

3 – Libération de tous les Algériens et Algériennes emprisonnés, internés ou exilés pour activité politique ou armée.

4 – Reconnaissance du FLN comme seul représentant du peuple algérien et seul habilité à toute négociation. En contre-partie le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien. «Seul le CNRA est habilité à ordonner le cessez- le-feu dans le cadre fixé par la Plate-forme». Proclame la Plate-forme de la Soummam.

L’étude d’un «gouvernement provisoire» et sa proclamation fut laissée à l’initiative du CCE.

Face à la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la Plateforme de la Soummam définit ainsi la Révolution : «La Révolution

algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni a Washington». L’allusion au «Caire» déplut fortement à Abd-Ennasser qui voulait se faire passer pour le «tuteur de la Révolution algérienne».

Certes il n’y a pas eu de doctrine mais un effort pour combler le vide idéologique et politique existant : ce n’était qu’une plate-forme : Elle ne pouvait que fixer les objectifs stratégiques de la guerre et les moyens d’y parvenir, notamment les conditions du cessez-le-feu. Son mérite aura été d’avoir fourni aux militants et aux cadres du FLN, à l’extérieur comme à l’intérieur, des repères d’orientation clairs et fermes pour la poursuite du combat.

Le principe de la nation algérienne, partie intégrante du Maghreb arabe, fut solennellement proclamé.

Vis à vis de la minorité européenne et juive le droit d’opter pour la nationalité algérienne est reconnu à titre individuel et sur demande de l’intéressé.

Ce qui a honoré la Révolution algérienne, c’est qu’il n’y a jamais eu de pogrom anti juif. Le boycott des commerçants juifs fomenté par des provocations fut étouffé dans l’oeuf par le FLN dès 1956. Pas de profanation de synagogues, ni d’églises au cours des 7 années et demi de guerre, malgré la participation active d’éléments juifs et chrétiens à la répression.

La Plate-forme de la Soummam a fait connaître au monde le visage d’une Algérie luttant pour une cause juste, dépourvue de chauvinisme et de haine raciale, ouverte à tous ses habitants, y compris aux non-musulmans, tournée vers l’avenir.

On a reproché au Congrès de la Soummam de n’avoir pas approfondi l’idéologie de la Plate-Forme, notamment son côté social. Le problème qui se posait alors n’était pas d’ordre idéologique mais une question de survie pour le peuple algérien ; le problème était : «colonialisme» ou «indépendance».

On a reproché aussi au Congrès de ne pas s’être prononcé pour le «socialisme». Le problème n’était pas dans l’alternative «colonialisme» ou «socialisme» mais encore une fois dans l’alternative «colonialisme» ou «indépendance».

Des islamistes, aujourd’hui, ont reproché de leur côté au Congrès de ne pas s’être prononcé pour «Etat islamique». S’il en avait été ainsi, le Congrès se serait séparé entre pro-islamiques et anti-islamiques, entraînant l’éclatement du FLN, pour la plus grande joie du colonialisme,

les armes se seraient retournées entre frères ennemis.

Les insuffisances du Congrès

Il y a eu d’abord les absences : celle de la wilaya des Aurès-Némencha et celle du chef de la base de l’Est, Amar Bouglez. Le conflit opposant ce dernier à la wilaya 2 pour le contrôle de cette route des armes va s’en trouver aggravé. Boussouf, l’adjoint de Ben M’hidi à la tête de la wilaya 5 et pratiquement le chef, contesta les décisions du Congrès et reproche à Ben M’hidi d’avoir engagé la wilaya pour des questions «engageant l’avenir du pays», alors qu’il

aurait été délégué pour «des questions d’ordre organique et de coordination».

Pour Boudiaf, le Congrès de la Soummam fut un véritable «magma». Ben Bella contestera la présence de «certaines personnalités» au CNRA («centralistes», UDMA, les oulama), la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et la primauté du politique sur le militaire. Cet avis fut partagé par Mahsas.

Le point de la situation militaire ne fut pas fait. L’on se contenta de dresser le bilan de chaque wilaya en armes, hommes, finances sans tenter d’évaluer l’ensemble des forces en présence, algérienne et françaises, d’étudier le problème de la guérilla et son évolution. Certes, la force de l’ALN c’était la connaissance du terrain, les unités légères, la mobilité, l’appui de la population, mais il n’y avait pas une stratégie pour la simple raison qu’il n’y avait pas encore

de commandement militaire unifié. La grande préoccupation des maquisards et du Congrès était de se procurer des armes et d’étendre le conflit à tout le territoire. On était à la veille d’une guerre d’extermination. L’élaboration d’une stratégie militaire dans ces conditions était une impossibilité; les congressistes n’avaient pas une claire vision des étapes à parcourir.

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à mort par l’armada française et la multitude de ses services de renseignement et d’espionnage, d’accomplir des prouesses. Leur mérite a été de se réunir en peine guerre,

au milieu de mille dangers, et d’avoir fondé une légalité révolutionnaire qui durera jusqu’à l’indépendance. Le Congrès a doté la Révolution d’une autorité nationale : le CNRA et d’un organe d’exécution : le CCE ; il a tranché le conflit intérieur-extérieur par deux décisions capitales :

– Primauté de l’intérieur sur l’extérieur,

– Primauté du politique sur le militaire,

Deux décisions qui furent reprochées par les membres de la délégation extérieure au Congrès et à Abbane et qui continuent, jusqu’à maintenant à alimenter les polémiques chez les moudjahidine et dans la classe politique.

Et là, il nous faut nous étendre un peu plus sur la personnalité de Abbane et l’oeuvre qu’il a accomplie dans la Révolution. En plus du rôle d’architecte du Congrès de la Soummam, il a été le coordinateur du CCE et le bâtisseur de la zone autonome d’Alger, véritable maquis urbain, qui a été entre 1956 et 1957 la capitale de l’Algérie en guerre.

ZONE AUTONOME D’ALGER

A. Historique

Au lendemain du 1er Novembre 1954 Alger et sa banlieue étaient comprises dans la zone dite de «l’Algérois» confiée à Rabah Bitat au cours de la réunion des «6», et qui fera partie peu à peu de la wilaya 4. Bitat, arrêté le … mars 1955, Amar Ouamrane prendra la succession, remplacé ensuite par Ramdhane Abbane.

Se développent alors les premiers réseaux du FLN. Une «direction» de fait s’impose avec Abbane, qui en était l’âme, Krim chef de la zone de la Kabylie et Ouamrane, chef de l’Algérois ; j’étais l’assistant de Abbane dès le début de 1956. Abbane lui impulse un souffle nouveau, elle devient la véritable direction nationale de l’Algérie, un centre de coordination entre les chefs de l’intérieur d’une part, entre ces derniers et ceux de l’extérieur d’autre part ; les premiers se consultent mutuellement assez souvent. Abbane la transforme en plaque tournante du FLN, vitrine de la lutte pour l’indépendance. Par les tracts qu’il rédige, il lance des mots d’ordre et des proclamations qui ont des répercussions au-delà des frontières. «L’indépendance de l’Algérie, dira-t-il dans un de ses écrits, sera l’oeuvre de tous les Algériens, et non pas celle d’une fraction d’entre eux».

Autour de lui se forme une équipe qui réalise un travail de mobilisation et de propagande remarquable en direction de la population musulmane, comme des libéraux et des progressistes de la population européenne. Vis à vis de la population musulmane, il déclenche

une dynamique d’union nationale qui se solde entre l’automne 1955 et le printemps 1956 par l’adhésion au FLN des membres du Comité central du PPA-MTLD et de leurs partisans (les «centralistes») , de l’UDMA de Ferhat Abbas, enfin de l’Association des Oulama de Bachir Brahimi, ce qui élargit les assises du Front et son champ d’intervention et culbute les messalistes.

Alger servira de base logistique non seulement à l’Algérois et la Kabylie toutes proches, mais à toute l’Algérie: médicaments, argent, effets militaires y sont collectés et acheminés dans toutes les régions.

L’on assiste alors à une accélération de l’intégration des catégories socioprofessionnelles : 24 février 1956 création de l’UGTA, appel à la grève des étudiants lancé par l’UGEMA pour rejoindre le maquis le 19 mai 1956…

En juin 1956, paraît EI-Moujahid, organe central du FLN, entièrement composé, tiré et diffusé par des militants d’Alger. Il sera diffusé non seulement en Algérie, mais parmi l’émigration algérienne en France, en Tunisie, au Maroc et au Caire. Il fera connaître les positions du FLN dont il augmentera l’audience.

L’appel à la grève des étudiants lancé le 19 mai1957 par l’UGEMA mobilise la jeunesse des lycées et de l’Université en faveur du maquis et contribue à l’enrichir.

A Alger défilent les journalistes internationaux pour leur reportage en ville ou vers les maquis de l’intérieur.

Vient s’ajouter à cette dimension médiatique Kassamene l’hymne du grand poète nationaliste Moufdi Zakaria qui va galvaniser les moudjahidine et le peuple dans le combat pour l’indépendance.

Lorsque le Congrès de la Soummam définit à Alger le statut de «Zone autonome» il tient compte de sa situation spécifique : zone du fait de son exiguïté territoriale, wilaya à part entière de par son potentiel humain, la qualité de ses cadres et les objectifs qui lui étaient assignés par la Révolution. Sur 700 000 habitants, plus de la moitié était d’origine

algérienne embrigadée dans les structures du FLN. La Casbah à elle seule comptait 80 000 musulmans.

B. Les structures organiques de la zone autonome

La ZAA a fonctionné comme telle. Aux yeux du CCE, de par son importance stratégique sur l’échiquier national, de part la portée psychologique nationale et internationale de ses interventions, de par son rôle de caisse de résonance de la Révolution, elle était considérée comme une wilaya, et même un peu plus, elle était la wilaya du CCE lui-même.

Jusqu’à début 1956, l’organisation FLN d’Alger était structurée en réseaux politico-militaires qui, parfois, se chevauchaient et se concurrençaient. Tous ces réseaux gravitaient autour de Krim, mais surtout d’Ouamrane et d’Abbane, ce dernier étant secondé par Ben Khedda.

Parmi les plus importants de ces réseaux, il faut citer :

– les réseaux Lakhdar Rebbah, Mohammed Ben Mokaddem et Rachid Amara,

– le réseau Hachemi Hammoud et Hachemi Touati,

– le réseau Ahcène Laskri et Ben Mohammed Hammada,

– le réseau Ahmed Chaïb (Ahmed Loghrab),

– le réseau Chérif Debbih,

– le réseau Arezki Bouzrina (Hdidouche) et Ahmed Ghermoul,

– le réseau Mustapha Fettal et Belkacem Bouchafa.

Toutes les têtes de file de ces réseaux ont été des adjoints de Abbane.

A partir de mars-avril 1956, l’organisation d’Alger est restructurée en trois régions ; les anciens réseaux étaient dissous et leurs membres intégrés au sein de ces régions.

L’opération de restructuration, confiée à Brahim Chergui à cette date durera jusqu’à août-septembre 1956. En septembre 1956, l’organisation algéroise du FLN prend la nouvelle dénomination de «zone autonome d’Alger», avec toutes les prérogatives d’une wilaya.

Siège du CCE, la ZAA est sous l’autorité statutaire du CCE. Trois des membres de ce dernier en supervisent les activités : Abbane, Ben M’hidi et Ben Khedda.

Sur le plan organisationnel, la ZAA se composait de deux branches distinctes, mais complémentaires :

La branche militaire, dont le suivi des activités est confié à Ben M’Hidi : formée de groupes et de commandos de fidaïne, auxquels s’ajouteront à partir de l’été 1956 les «réseaux bombes».

La branche militaire a été dirigée successivement par :

 Mustapha Fettal (octobre l 955-mars 1956),

 Belkacem Bouchafa (avril1956- août1956),

 Yacef Saâdi (août1956- septembre 1957).

Avant le Congrès de la Soummam, la branche militaire activait sous l’autorité directe d’Ouamrane lequel était, de la sorte, le responsable hiérarchique de Fettal, puis de Bouchafa.

A la fin 1956, l’état-major de la branche militaire était constitué comme suit :

– Responsable : Yacef Saâdi ;

Adjoint: Ali Amar (La pointe)

– Région I : Abderrahmane Arbadji, Adjoint/Hadj Othmane (Kamel)

Région Il : Hammoud Ader, Adjoint : Ahcène Ghandriche,

– Région III : Omar Bencharif (Hadj Omar), Adjoint : Boualem Benabderramane (Abaza).

La branche politique. Confiée à Brahim Chergui, elle était sous la supervision directe d’Abbane et de Ben Khedda ; grosso modo, elle couvrait trois types d’activités : le travail politico-idéologique : diffusion des mots d’ordre du FLN, de sa littérature, de ses tracts ; encadrement psychologique des populations afin de les rendre perméables à la «mystique du Nidham », c’est-à-dire la toute puissance de l’Organisation en tant que symbole et autorité

morale du FLN,

– le travail politico-administratif : encadrement «physique» de la population, sa sensibilisation aux directives du FLN, mise en place des bases minimales d’un contre-pouvoir et d’une contre-administration permettant la symbiose permanente entre le peuple et l’organisation, collecte de l’impôt patriotique, recensement des refuges, etc.,

– enfin, une mission spéciale de renseignement et de police politique, ce qui confère à la branche politique de la ZAA un caractère plutôt politico-militaire que seulement politique, au sens traditionnel de ce terme.

La branche politique créée fin octobre 1956 par le CCE, disposait de ses propres groupes de fidaïne (on lesappelait aussi «groupes d’intervention» pour bien marquer la différence avec les «groupes armés») qui, eux, relevaient de la branche militaire.

A la veille de la grève des huit jours (29 janvier – 5 février 1957), l’état-major de la branche politique se composait comme suit :

– Responsable : Brahim Chergui

– Région I : Akli Ziane (Ouakli) ou encore Hammoud (Si Hocine), Adjoints : Sadek Kéramane et Abderrahmane Naït Merzouk,

– Région II : Hachem Malek, Adjoints : Mahmoud Messaoudi et Toufik Bensemane.

– Région III : Bellouni Si El-Mahfoud, Adjoints : Rachid Benrahmoune et Mohammed Sahraoui.

Les membres des réseaux «bombes», une quarantaine, formaient les unités d’élite dans ce dispositif.

Après la grève des huit jours, les deux branches démantelées de la ZAA sont reprises en main par Yacef qui deviendra, ainsi, seul chef de la zone. Il rassemblera sous son autorité les deux branches et cela jusqu’à son arrestation en septembre 1957.

L’épopée de la première zone autonome prendra fin, début octobre 1957, avec le dynamitage du réduit où s’était barricadé Ali Amar et ses derniers compagnons.

Construite sur le modèle pyramidal la ZAA était composée d’environ 12 000 hommes repartis en 3 régions, chacune gérée par 2 branches : militaire et politique.

La branche militaire comportait 2 à 3 groupes par quartier hormis la Casbah avec ses 80 000 habitants qui, elle, servait de base à une dizaine de groupes évoluant entre 40 et 50 éléments. Les fidaïne, sans attache à un groupe particulier, formaient une espèce de réserve d’une cinquantaine d’hommes par région.

Branche militaire et branche politique formaient un outil qui, avec ses attentats quotidiens, marquait une présence percutante où chaque action perpétrée à Alger avait une portée décuplée par ses effets démoralisateurs sur la population européenne : le moindre acte «terroriste» était fortement médiatisé et les actions particulièrement dévastatrices au plan psychologique et moral. On avait affaire à des militants instruits, formés, issus pour la plupart des rangs du PPA-MTLD.

C’était l’ALN de la ville différente de l’ALN de la montagne ou de la plaine. Le CCE avait ouvert dans la guerre avec la France un front urbain, le seul, qui mobilisa dans la capitale une bonne douzaine de régiments de l’ennemi et qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. La

présence du CCE, installé parmi la population musulmane, quelque part à Alger (en réalité à 5 minutes de marche du Gouvernement général) était un gage de garantie et de confiance pour les combattants.

Par leurs actions individuelles et collectives dans un cadre strictement urbain, les moudjahidine jetaient le discrédit sur les autorités et leur crédibilité et révélaient l’impuissance

de la France à maintenir l’ordre en Algérie, fût-ce à sa porte, malgré une armée suréquipée et plus nombreuse, provoquant chez la population européenne un syndrome de l’isolement, la poussant à un repli sur elle-même, en vérité vers son origine, en direction de la métropole.

Le personnage de Abbane

Comme tous les grands personnages de l’histoire Abbane a eu ses détracteurs, traité tantôt de «régionaliste», tantôt d’ennemi de l’arabo-islamisme, d’ «autoritariste», voire par certains d’  «agent de l’ «ennemi», de «traître».

Régionaliste Abbane ?

Au cours de son itinéraire de militant, que cela soit au PPA-MTLD où il a été membre du Comité central après avoir été chef de wilaya, que cela soit au FLN dont il a dirigé les destinées, il a toujours fait preuve de nationalisme et de patriotisme, condamnant sévèrement toute tentative de division ethnique ou régionale, défendant la ligne officielle arabo-islamique de ces deux formations d’un même parti. Abbane était laïc et n’éprouvait aucun complexe devant qui que ce soit, très respectueux envers les croyances de ses frères connus pour leur piété musulmane. Ce qui lui importait avant tout, c’était l’unité de tous les Algériens

sans distinction, qui seule pouvait libérer l’Algérie de la domination coloniale. Si la victoire de l’indépendance a été possible c’est grâce précisément à cette unité du peuple qui a opposé un front uni à l’adversaire.

S’il a insisté avec vigueur, lui et le Congrès sur le principe de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur, c’était par crainte de voir la Révolution algérienne instrumentalisée par des puissances étrangères, même frères.

Autoritarisme ?

Quel chef, en pleine guerre, ne s’est pas comporté, plus ou moins, en autoritaire ? Mais Abbane savait écouter, discuter, réfuter, lorsqu’il n’était pas convaincu. Il était très

perméable aux idées et ouvert aux suggestions et aux propositions qui lui étaient faites.

Quant à ceux qui l’ont traité d’ «agent de l’ennemi», voire de «traître», et lorsque ces accusations viennent d’un haut responsable de la Révolution, qui a eu à gérer les charges de l’Etat, cela est grave. C’est toute la confiance dans la Révolution qui est ébranlée, le discrédit auprès des jeunes qui risquent de s’en détourner, surtout que ce personnage dans son livre, en dehors d’une conversation rapportée par lui, Abbane lui aurait proposé de faire partie d’un

complot contre la direction du FL N ; à l’appui de ce qu’il avance, aucun témoin n’est cité, aucun écrit n’est produit, seule une lettre d’un chef de wilaya mettant en cause Abbane

et l’accusant d’avoir semé la division entre combattants. Est-ce faire preuve de «division» que de défendre des idées qui n’emportent pas l’assentiment de tous ?

Les idées de Abbane sur la primauté du politique sur le militaire sont connues. L’histoire ne lui a-t-elle pas donné raison pour la période antérieure à 1962 comme pour celle qui lui a succédé ?

Cependant, quelles que soient ses qualités, Abbane ne doit pas faire l’objet d’un culte lorsqu’on voit ses admirateurs lui ériger une statue, on risque là de tomber dans le

culte de la personnalité contraire à nos traditions et à nos valeurs islamiques.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Rezki
    19 août 2010 at 20 h 25 min - Reply

    ALLAH YERAHMEK YA Haj Benyoucef toujours fel Moustawa
    Merci a lqa pour ce texte…




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  • Abdelkader DEHBI
    20 août 2010 at 11 h 41 min - Reply

    قـال الإمـام الـشـافـعـي رحـمـه الله :

    «  »وما من كاتب إلا سيفنـى، ويُبقـي الدٌهر ما كتبت يداه،
    فلا تكتبـنٌ غيـر شـئ، يسـرك فـي القيامة أن تراه » »

    رحم الله الشيخ بن يوسـف بن خدة الشـاهد الأميـن علـى عـصـره




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  • zapata
    20 août 2010 at 19 h 04 min - Reply

    je salut de mon coeur tout les brâves de l’algèrie tout les chouhadas du peuple algèrien pour cètte occassion du 20 aout 1955 la date de l’organisation du congrès de la summam.ABBANE RAMDANE est un symbole nationale parmi ceux que l’algèrie est fière de l’ètre. dommage que son parcours politique à ètè stoppè par un nombre de frères de combat là ou l’algèrie avait besoin des fruits de cètte homme unique en ce genre pour l’intèret du peuple algèrien .les calculs et les complots mal placè à cause du zaimisme par des colonnels analpahabètes assoifè de pouvoir comme les anciens sultats du moyens ages..etc ont dèformer l’èquation de la rèvolution algèrienne primautè du politique sur le militaire et de l’intèrieur sur l’èxtèrieur..et ils ont inventè un mot qui s’appelait (trahison ) pour confondre leurs frères qui ne pensent pas de la même façon qu’eux…voici les brâves benkhèda ,ferhat abbase,lebjaoui,…qui osent dire la vèritè pour le peuple algèrien.peuple qui est devennu mort vivant un tube digèstif pas plus.si ce peuple connaissait bien son histoire et lira des livres et chèrche a connaitre la rèalitè et la vèritè sur la guèrre de rèvolution et ces conflits et l’indèpendance 1962 et la confisquation de son indèpendance je ne penserai jamais que ce règime contuniera a partager le grand gâteaux l’algèrie.dommage dommage c’est triste..que les brâves ont donnè leur vie et leur savoir faire que grâce à allah après eux que je suis entrein d’ècrire d’èrrière cette ècrans dommage walah dommage je me sens lâche et je meurt plusieurs fois par jour.ni qualitè de vie ni projet de sociètè ..ni objèctif clair…286 milliards dans quatre ans immajinnez la suite..le pètrole le sang des chouhadas bradè pour boutèf and co toufik and co nèzar and co..si abbane n’ètait pas asassinè et les choses passè normal tèl qu’elle ètaient programmè dans le congrès..je vous assure que l’algèrie sera parmi les 20 premiers pays du monde….la corèe du sud ,la malysie,le sigapoure..la chine ,l’inde…lorsque l’algèrie à eu l’indèpendance ils n’èxistaient pas èconomiquemment par rapport à l’algèrie..on ne ni pas le savoir faire et la tèchnique française on ne nie pas que les français de l’èpoque ètaients tous pour l èsprit colonial..nom la vèritè rèstera la vèritè..mais le progrès ne vaut que si il est partagè par tous…ils ont pièger l’algèrien par une mentalitè de nom confiance sans aucun bute il vit l’instant pas plus au dètrimment de ces frères..règionalisme sans limite ces dèrniers dècènnies (clan boutèf) mentalitè militaire shizophrène (gaid salah toufik nezzar zerhouni..) ou sont lesjeunes militaire qui possède une consciense et un patriotisme de abbane dommage…une indèpendance confisquè à donnè la naissance à un etat nè dèja mort..ferhat abasse.




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  • Congrès du Changement Démocratique